Gleamer acquiert Pixyl et Caerus Medical pour élargir son offre IA à l’IRM
La société française Gleamer, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale, a annoncé l’acquisition de deux startups : Pixyl, reconnue pour ses applications d’IRM cérébrale, et Caerus Medical, développeur d’outils pour l’IRM du rachis lombaire. Ces opérations positionnent Gleamer comme fournisseur de quatre modalités d’imagerie : radiographie, mammographie, scanner et IRM.
Pixyl, dont le produit phare Pixyl.Neuro est homologué FDA et CE, propose une analyse IRM pour la détection précoce de pathologies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer. Ses outils sont appelés à bénéficier prochainement de modalités de remboursement aux États-Unis, ce qui pourrait accélérer leur adoption. Caerus Medical est spécialisé dans l’analyse automatisée des IRM lombaires, avec une approche axée sur la détection de pathologies telles que les hernies discales, les sténoses ou le spondylolisthésis. L’intégration à Gleamer va permettre d’accélérer le déploiement de sa solution dans le champ musculo-squelettique.
Ces acquisitions s’inscrivent dans la stratégie de Gleamer de proposer une solution unifiée d’IA pour l’ensemble du parcours en imagerie médicale. L’entreprise compte désormais plus de 100 collaborateurs répartis dans sept pays. L’intégration des deux nouvelles entités au sein de l’IA Factory de Gleamer vise à renforcer la R&D et accélérer la mise sur le marché de nouvelles applications.
Softway Medical accueille Bain Capital Europe
Le Groupe Softway Medical, acteur des systèmes d’information en santé, annonce l’entrée de Bain Capital Europe à son capital. Les investisseurs actuels, Five Arrows et Naxicap Partners, resteront engagés dans le nouveau tour de table. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Il s’agit de la quatrième réorganisation de la structure capitalistique du groupe depuis 2009. Déployé en France, au Canada, en Belgique et ailleurs en Europe, Softway Medical conçoit et intègre des solutions cloud-native pour les établissements de santé publics et privés : Dossiers Patients Informatisés (DPI), systèmes de Gestion Administrative des Patients (GAP) et logiciels de gestion.
Softway Medical ambitionne désormais d’accélérer son développement en Europe, en s’appuyant sur sa plateforme web et sur l’expertise sectorielle de Bain Capital Europe. Le fonds d’investissement possède une expérience dans les logiciels verticaux et les technologies de santé et entend accompagner le groupe dans sa stratégie d’innovation ainsi que dans l’exploitation des données de santé. L’arrivée de Bain Capital marque une nouvelle phase d’expansion, orientée vers l’internationalisation et l’approfondissement technologique.
Levée de fonds réussie pour Poppins, mais incertitudes sur le remboursement
La start-up Poppins, anciennement Mila, a levé 5 millions d’euros en avril 2025, totalisant 20 millions d’euros depuis sa création. Son application destinée à la rééducation de la dyslexie chez les enfants de 7 à 11 ans s’appuie sur des exercices de lecture, de phonologie et de musique interactive. La solution, utilisée par plus de 15 000 familles, est proposée en vente directe, via des complémentaires santé ou en accès solidaire. Une étude publiée en janvier 2024 a révélé des progrès importants, notamment chez les enfants souffrant de TDAH.
Butterfly Therapeutics liquidée, Poppins et Ludocare en quête de remboursement
Un modèle économique fragile sans remboursement dédié
Butterfly Therapeutics, (ex-L’Effet papillon) a été placée en liquidation judiciaire en mars 2025. Basée à Laval, l’entreprise développait des dispositifs médicaux non pharmacologiques pour la gestion de la douleur, dont Bliss DTx, un casque de réalité virtuelle de classe I visant à réduire la douleur via une sédation numérique. Bien que près de 100 000 actes médicaux aient été réalisés avec ce dispositif, et qu’un essai clinique randomisé ait démontré une bonne tolérance et une forte satisfaction des praticiens par rapport au MEOPA, le produit n’a jamais obtenu de remboursement individuel. Il était intégré dans les prestations hospitalières sous le régime Intra-GHS, sans modèle de revenus pérenne identifié.
Ludocare recalée du PECAN, vise un remboursement classique
Ludocare, qui développe JOE, un robot compagnon pour l’observance des traitements chez les enfants asthmatiques, s’est vu refuser en janvier 2025 l’accès au PECAN. Le dispositif de classe I aide les enfants de 3 à 11 ans à mieux gérer leur traitement, avec un suivi en temps réel via application. La HAS a estimé que les données soumises par l’entreprise (issues d’échantillons réduits et d’études à court terme) ne permettaient pas de présumer d’un bénéfice clinique suffisant, notamment pour les cas d’asthme sévère. Toutefois, la HAS a reconnu la pertinence d’une étude en cours qui pourrait aboutir à une prise en charge au titre de la LPPR. Ludocare prévoit de déposer un dossier. En parallèle, un partenariat avec le laboratoire Viatris a permis à 700 familles d’accéder gratuitement à JOE, sans chiffre d’affaires généré à ce jour. Financée par une levée de fonds de 4,2 millions d’euros en 2022, la start-up cherche à sécuriser sa pérennité.
Carmat liquidée, ses activités reprises par une nouvelle structure privée
L’entreprise Carmat, spécialisée dans les cœurs artificiels, a été officiellement liquidée mais ses activités se poursuivent. Le Tribunal des affaires économiques de Versailles a validé fin décembre le plan de reprise présenté par Pierre Bastid, président du conseil d’administration, en partenariat avec la holding Santé Holding de la famille Ligresti, également actionnaire historique. Le plan prévoit le transfert des opérations vers une nouvelle structure juridique : Carmat SAS. Cette transition s’accompagne de la suppression de 39 postes sur les 127 que comptait l’entreprise. L’administrateur judiciaire demandera prochainement la radiation des actions de Carmat SA sur Euronext Growth. La cotation reste suspendue et ne reprendra pas.
Fondée en 2008, Carmat développe un cœur artificiel complet, combinant biomécanique et biocompatibilité. Après une première implantation réussie en 2013, il a fallu attendre décembre 2020 pour que le cœur Carmat obtienne le marquage CE pour les patients en insuffisance cardiaque terminale, ouvrant la voie à sa commercialisation. La première vente est intervenue en juillet 2021, en Italie. Le développement clinique a été marqué par plusieurs incidents. Le décès prématuré d’un patient en 2016 a entraîné une suspension temporaire des essais. Deux autres décès liés à des dysfonctionnements ont conduit à une interruption volontaire des implantations entre fin 2021 et octobre 2022.
Entre faillites, refus de remboursement et financements alternatifs, les entreprises de la santé numérique doivent composer avec un environnement réglementaire complexe. Le dispositif PECAN, pensé comme un accélérateur, peine encore à remplir son rôle. La mise en place d’un écosystème favorable (avec financement, évaluation et distribution) reste une condition nécessaire pour que ces technologies s’intègrent durablement dans les parcours de soins.