Nabil

  • Médicaments : le Parlement européen soutient des investissements ciblés pour relocaliser la production et prévenir les pénuries

    Le rapporteur Tomislav Sokol insiste : « Le prix ne peut plus être le seul critère d’attribution dans les marchés publics. La sécurité d’approvisionnement, la résilience des chaînes de production et la capacité industrielle dans l’UE doivent désormais primer. ». Le Parlement européen a adopté mardi 20 janvier sa position sur la proposition de règlement de la Commission visant à améliorer la disponibilité des médicaments critiques dans l’Union. Avec 503 voix pour, 57 contre et 108 abstentions, les eurodéputés ont validé une série de mesures destinées à réduire la dépendance aux importations, stimuler la production européenne et mieux anticiper les ruptures d’approvisionnement.

    Financer des sites de production stratégiques

    Le rapport soutient la création de projets industriels dits « stratégiques », basés dans l’UE, pour moderniser et accroître les capacités de production. Les États membres ainsi que l’Union sont appelés à y allouer des financements prioritaires, dans le cadre du budget actuel et du prochain cadre financier pluriannuel. Les entreprises qui bénéficient de ces soutiens devront respecter des engagements précis, notamment réserver leur production en priorité au marché européen.

    Favoriser les producteurs de médicaments implantés en Europe

    Les eurodéputés proposent un nouveau cadre pour les appels d’offres publics, obligeant les acheteurs à privilégier les fabricants disposant de capacités de production en Europe. Cette logique dite du « Buy European » vise à renforcer la résilience des chaînes de production et la sécurité d’approvisionnement, au-delà du seul critère de prix. Le rapport souligne également l’intérêt du recours volontaire à des achats conjoints transfrontaliers, notamment pour les traitements onéreux ou spécialisés (maladies rares, antimicrobiens), en abaissant à cinq le nombre minimum de pays participants, contre neuf dans la proposition initiale.

    Coordination européenne des stocks 

    Le Parlement appelle à la mise en place d’un mécanisme européen de coordination des stocks nationaux de médicaments critiques. L’objectif est d’anticiper les ruptures et de renforcer les capacités de réponse collective. la Commission pourrait, en dernier recours, décider de redistribuer des médicaments depuis un stock national vers un ou plusieurs autres pays.

  • Shadow AI : 1 médecin sur 5 utilise déjà l’IA générative hors cadre institutionnel

    22 % des hôpitaux adoptent la GenAI, mais le shadow AI progresse

    D’après un rapport publié par Menlo Ventures, 22 % des établissements de santé ont déjà déployé des outils d’intelligence artificielle générative. Si cette adoption marque un tournant dans la transformation numérique du secteur, elle masque une réalité plus préoccupante : l’essor du shadow AI, c’est-à-dire l’utilisation de ces outils par des cliniciens en dehors de tout cadre validé par leur organisation.

    Faciles d’accès, parfois gratuits, ces outils sont aujourd’hui utilisés pour rédiger des documents médicaux, formuler des décisions cliniques ou dialoguer avec les patients, sans traçabilité ni supervision. Une dynamique qui échappe aux directions hospitalières et aux services de conformité.

    Le recours non encadré à la GenAI fait courir un risque : celui d’erreurs. L’apparente précision des réponses masque souvent un manque de contextualisation, faute de prise en compte des spécificités cliniques du patient. Ce phénomène d’« hallucination » algorithmique, déjà documenté, prend ici une dimension critique, car il touche directement aux décisions de soin.

    Ce que met en lumière le rapport de Menlo Ventures, c’est un décalage entre l’usage réel de l’IA générative et la capacité des établissements à le superviser. Sans cadre clair, les risques sont nombreux : erreurs médicales, perte de confiance des patients, amplification des inégalités si certains publics sont exposés à des décisions non validées.

    Structurer une gouvernance

    Mettre en place une gouvernance adaptée ne signifie pas brider l’innovation. Il s’agit au contraire de fournir un cadre clair sur les outils autorisés, les données exploitables, les responsabilités associées et les mécanismes de contrôle. L’IA générative doit être intégrée dans des environnements sécurisés. Les établissements doivent désormais agir pour encadrer ces usages parallèles. Trois leviers sont identifiés :

    • Former les soignants aux apports mais aussi aux limites de ces outils ;
    • Structurer un système de suivi, de remontée d’incidents et d’évaluation continue ;
    • Accompagner l’évolution des pratiques en lien avec les réalités du terrain et l’état de l’art technologique.

    L’essor du shadow AI est un signal faible, mais révélateur d’un désalignement entre la vitesse de l’innovation et celle des politiques de gouvernance.

     

  • US : un plan pour réduire les prix des médicaments et renforcer la transparence des coûts

    Donald Trump a présenté les grandes lignes de son nouveau plan santé dans une vidéo diffusée sur X, promettant « plus d’argent dans vos poches ». L’initiative intervient alors que les subventions exceptionnelles à l’assurance Obamacare ont expiré le 31 décembre, provoquant une hausse brutale des primes pour des millions d’Américains, dont 1,5 million ont renoncé à renouveler leur couverture pour 2026. Le sujet s’impose comme central dans la campagne des élections législatives de mi-mandat, dans un contexte où 52 % des citoyens estiment que la politique santé du président a jusqu’ici nui à leur budget.

    Des aides redirigées vers les ménages

    Au cœur du plan figure la suppression des subventions supplémentaires aux compagnies d’assurance privées, au profit de transferts directs vers les assurés, via des comptes d’épargne santé. Ces fonds permettraient aux ménages d’acheter eux-mêmes une couverture. Mais ce système, déjà expérimenté à petite échelle, est critiqué pour profiter surtout aux foyers les plus aisés, capables d’alimenter régulièrement ces comptes. Aucun montant d’aide n’a été précisé par la Maison-Blanche, qui privilégie toutefois ce modèle face à une extension des crédits d’impôt liés à l’Obamacare.

    Baisse des prix des médicaments et affichage obligatoire des tarifs

    Le plan de Donald Trump prévoit aussi de codifier le mécanisme du « pays le plus favorisé » pour aligner les prix américains des médicaments sur ceux pratiqués ailleurs. Cette mesure entend prolonger les baisses de prix de l’insuline obtenues lors de son précédent mandat, notamment par des accords volontaires avec le HHS et le CMS. Côté transparence, les compagnies d’assurance devront publier en ligne, en langage clair, les taux de refus de remboursement, les délais moyens pour des soins courants, la répartition entre frais administratifs et prestations, ainsi que des comparateurs de prix. Les hôpitaux et prestataires acceptant Medicare ou Medicaid devront, eux, afficher clairement leurs tarifs pour limiter les « factures surprises ».

    Une stratégie encore floue

    Le Parti républicain ne dispose que d’une courte majorité au Congrès, et les démocrates, farouchement opposés au démantèlement de l’Affordable Care Act, préparent déjà la riposte. Des discussions seraient en cours avec certains élus républicains modérés, notamment autour d’un compromis pour prolonger certaines subventions sous conditions de ressources.

    Opposition structurante à un système public universel

    Le président reste opposé à toute forme d’assurance santé publique universelle. Le plan ne propose pas de couverture élargie mais davantage de flexibilité individuelle, misant sur la responsabilisation du consommateur. Cette approche est jugée inégalitaire par les démocrates, qui pointent une baisse potentielle d’accès aux soins pour les plus modestes.

    Les États-Unis consacrent 17 % de leur PIB à la santé, selon l’OCDE, contre environ 9 % pour les autres pays développés. Pourtant, l’espérance de vie y reste inférieure de 2,7 ans à la moyenne de ces pays. Le plan Trump, qui se présente comme une alternative au modèle Obama, ambitionne de renverser cette tendance, sans remettre en cause le rôle central du marché dans l’organisation du système de soins.

  • Le CHRU de Nancy déploie son entrepôt de données DataSTAN

    Le CHRU de Nancy mettra en service DataSTAN, son entrepôt de données de santé, au cours du premier trimestre 2026. Lancé il y a plus de cinq ans, ce projet a été soutenu par l’État dans le cadre de la stratégie nationale Santé Numérique (France 2030) et vise à structurer l’usage des données hospitalières pour la recherche. Le 20 novembre 2025, la CNIL a donné son autorisation pour le déploiement de cette infrastructure.

    8,6 millions de séjours hospitaliers intégrés dans DataSTAN

    DataSTAN agrège des données pseudonymisées issues des logiciels métiers du CHRU de Nancy, couvrant les séjours hospitaliers depuis 2014. À ce jour, plus d’1 million de patients et 8,6 millions de séjours y sont intégrés. L’objectif est de mettre ces données à disposition pour mieux comprendre les maladies, développer des outils de prévention et améliorer l’organisation des soins. L’entrepôt doit permettre à des équipes formées d’exploiter ces données pour des projets de recherche précis :

    • Analyse de trajectoires de soins.
    • Identification de facteurs de risque.
    • Développement de solutions d’IA appliquées au diagnostic ou au dépistage.

    Toutes les extractions de données sont anonymisées, et l’hébergement se fait en interne. Le CHRU prévoit également la mise en ligne d’un portail de transparence. Accessible depuis son site Internet, ce dernier donnera au public un aperçu des projets de recherche en cours utilisant DataSTAN, en détaillant leurs objectifs et leurs résultats. Le droit d’opposition est bien sur garanti à chaque patient, sans justification à fournir et sans conséquence sur sa prise en charge.

  • Données de santé, IA, modélisation : les briques technologiques encore dispersées des jumeaux numériques

    Données hospitalières, SNDS… des ressources disponibles mais encore peu interopérables

    Le jumeau numérique, issu du monde industriel, trouve désormais des applications en santé. Il s’agit d’un modèle évolutif d’un patient, d’un organe ou d’un processus physiologique, construit à partir de données médicales, biologiques, comportementales et environnementales. Contrairement à une image médicale figée, ce modèle est dynamique : il évolue dans le temps, simule l’évolution d’une maladie ou teste les effets de traitements. Il se distingue ainsi par sa capacité à soutenir une approche prédictive et personnalisée de la médecine, adaptée aux spécificités de chaque patient.

    L’usage du jumeau numérique s’étend également aux industriels du médicament et du dispositif médical. Il offre un levier pour optimiser la R&D, réduire les coûts et les délais d’essais cliniques, simuler l’efficacité d’un produit. Le développement des jumeaux numériques repose sur la qualité et l’accessibilité des données. Or, malgré l’existence en France d’actifs importants comme le SNDS ou les entrepôts de données hospitaliers, les difficultés persistent : hétérogénéité des sources, volumétrie variable, structuration inégale, confidentialité, biais algorithmiques.

    Une croissance mondiale annuelle de 24,35 % prévue entre 2025 et 2030

    Estimé à 1,16 milliard USD en 2024, le marché mondial des jumeaux numériques appliqués à la santé devrait croître jusqu’à 4,69 milliards USD d’ici 2030, selon Next Move Strategy Consulting, avec un taux de croissance annuel moyen de 24,35 % entre 2025 et 2030. Cette dynamique est portée par l’intégration de technologies comme l’intelligence artificielle, l’Internet des objets et le machine learning, qui permettent de modéliser numériquement des patients à partir de données de santé en temps réel. Les pouvoirs publics jouent un rôle dans l’accélération du marché. Aux États-Unis, des initiatives comme la stratégie nationale R&D sur les jumeaux numériques (OSTP/NITRD) ou les programmes du NIH et du FDA posent des bases normatives et encouragent l’adoption en environnement clinique. En Europe, plus de 890 millions USD sont mobilisés via les programmes Horizon Europe, Digital Europe et EU4Health pour favoriser l’intégration des jumeaux numériques.

    Les hôpitaux et les laboratoires pharmaceutiques en tête des usages

    Le marché est segmenté en logiciels (57,6 %) et services (42,4 %), les premiers jouant un rôle grâce aux plateformes de simulation, d’analyse prédictive et de modélisation. Les services (intégration, maintenance, formation) soutiennent les déploiements sur le terrain. Par type, les “process twins” émergent comme leviers d’optimisation des processus hospitaliers, tandis que les applications les plus répandues se concentrent sur la découverte de médicaments, la médecine personnalisée et les essais cliniques virtuels. Les principaux utilisateurs incluent les établissements de santé (30,3 %), suivis des entreprises pharmaceutiques (18,4 %), des fabricants de dispositifs médicaux et du secteur académique.

    Pays et régions : des dynamiques d’adoption différenciées

    • Les États-Unis et le Canada s’illustrent par des stratégies fédérales structurées et des investissements publics pour encadrer le développement de jumeaux numériques fiables et sécurisés.
    • En Chine, une directive de 2024 impose aux hôpitaux publics tertiaires la mise en place de plateformes de gestion intégrées d’ici 2027. Le Japon voit dans les jumeaux numériques une réponse à son vieillissement démographique, tandis que l’Inde et la Corée du Sud investissent dans des plateformes fédérées pour des décisions cliniques en temps réel.
    • En Amérique Latine & Afrique : La modernisation des systèmes hospitaliers et la planification urbaine intelligente favorisent une adoption croissante. Le Moyen-Orient développe également des jumeaux numériques pour améliorer la qualité des soins et la gestion des flux hospitaliers.
    • L’UE, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France multiplient les programmes visant à renforcer l’interopérabilité, la modélisation personnalisée et l’utilisation clinique de ces outils. L’Espagne mise sur l’intégration des systèmes de santé pour favoriser les usages.

    La progression des modèles de soins centrés sur le patient, en particulier dans la gestion des maladies chroniques, alimente la demande pour des solutions de simulation capables de soutenir la décision médicale. Les applications les plus ciblées concernent la cardiologie, l’oncologie et la médecine de précision, dans des environnements où les enjeux de suivi patient sont critiques. Cependant, le pays se heurte à plusieurs défis.

    Souveraineté numérique et ancrage territorial

    La question de la souveraineté des données se traduit par une montée en puissance des infrastructures cloud régionales, avec une volonté d’héberger les données sensibles sur le territoire. En parallèle, les collaborations transfrontalières, notamment au sein de l’Union européenne, soutiennent le transfert de technologies et le développement de solutions hybrides combinant innovation locale et expertise européenne. Pour les investisseurs, les opportunités se situent sur les modules plug-and-play, l’intégration au cœur des flux hospitaliers, et les solutions de télésurveillance alimentées par la simulation.

    Le consentement et la relation de soin reconfigurés

    Cette technologie n’est pas sans risques. Elle pourrait aboutir à une réduction de la personne à un ensemble de données modélisées, et entretenir une confusion entre la réalité humaine et sa représentation numérique. L’adossement à des normes statistiques pourrait enfermer l’individu dans des catégories ou des prédictions qui le dépassent, au risque d’une perte de maîtrise sur sa propre santé. Le patient pourrait alors devenir spectateur d’un modèle qui oriente les décisions cliniques.

    L’usage du jumeau numérique questionne également le cadre du consentement éclairé. Il pourrait glisser vers une adhésion tacite à des protocoles où la décision technique prévaut, rendant invisibles les choix personnels du patient et le discernement du professionnel de santé. La relation patient-médecin elle-même s’en trouve transformée. Elle devient quadrangulaire : aux côtés du patient et du soignant, interviennent le jumeau numérique et ses concepteurs. Cela redéfinit les responsabilités de chacun et redistribue la confiance dans la décision.

    Soutenabilité, accès et équité en question

    Le développement des jumeaux numériques repose sur des infrastructures technologiques lourdes et énergivores. Cette exigence pose des questions de soutenabilité environnementale, mais aussi d’équité dans l’accès aux soins : tous les patients et établissements auront-ils les moyens de bénéficier de ces outils ? Enfin, l’interopérabilité reste un frein, les hôpitaux faisant face à des formats de données hétérogènes et des systèmes d’information cloisonnés. Les travaux du NIST et d’autres organismes visent à résoudre ces obstacles pour soutenir la scalabilité du marché.

    Deux exemples de jumeaux numériques

    Un jumeau numérique pour cartographier les allergies respiratoires en Normandie

    En France, les allergies respiratoires touchent 16 millions de personnes et restent mal diagnostiquées, avec un délai moyen de sept ans. Souvent liées à l’environnement, elles pèsent un milliard d’euros par an en hospitalisations. Pour y répondre, le projet “Jumeau numérique, État de santé d’un territoire” vise à modéliser les liens entre environnement, prescriptions médicales et santé respiratoire à l’échelle locale. Lancé par un consortium piloté par le Groupe VYV, avec le soutien de la Région Normandie et de l’Union européenne, ce projet associe plusieurs partenaires : l’Université de Caen (laboratoire GREYC), le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), les sociétés OREKA Ingénierie et SAAGIE, ainsi que le Health Data Hub.

    Le jumeau numérique s’appuie sur la combinaison de plusieurs sources : délivrances de médicaments en lien avec les allergies (données anonymisées par le Health Data Hub), épisodes polliniques observés par le RNSA, caractéristiques locales (végétation, météo, type de cultures, etc.). Ces données sont agrégées et visualisées dans des cartes interactives 2D et 3D, disponibles à l’échelle communale. La modélisation repose sur des algorithmes d’apprentissage automatique capables d’identifier des corrélations entre exposition aux pollens et délivrances de traitements. Les outils développés permettent ainsi d’estimer l’état de santé allergique d’un territoire donné, et de projeter son évolution en fonction des conditions météorologiques.

    Le démonstrateur a été présenté dans les villes de Caen et Rouen. Les premières analyses, couvrant une période de huit ans, ont révélé de nouvelles informations sur la localisation des allergènes dans la région. Elles laissent entrevoir des usages pour l’alerte pollinique, mais aussi pour l’aménagement urbain et la planification territoriale tenant compte des risques allergènes.

    SimbiotX : un jumeau numérique multiscalaire pour simuler tissus et flux sanguins

    Développé par une équipe franco-allemande, le projet SimbiotX combine modélisation cellulaire et circulation sanguine pour prédire l’évolution des pathologies, optimiser les traitements et limiter les actes invasifs. D’un côté, la modélisation dynamique des tissus multicellulaires à partir d’imageries tissulaires ; de l’autre, la simulation des flux sanguins dans les organes. Ces approches complémentaires permettent de concevoir des modèles hybrides capables de relier le fonctionnement cellulaire aux effets systémiques observés chez les patients.

    Vers des diagnostics et traitements moins invasifs

    Les travaux de SimbiotX ont déjà permis de rapprocher données d’imagerie et coupes de tissus tumoraux. Grâce à cette corrélation, les modèles peuvent être paramétrés pour reproduire la structure, la perfusion et la fonction des organes. Associée à des biomarqueurs, cette approche pourrait à terme limiter le recours aux biopsies dans le diagnostic tumoral. En modélisant la progression des pathologies, elle pourrait également orienter les décisions thérapeutiques. Par ailleurs, l’équipe collabore avec le département de toxicologie du IfADo Leibniz Institute (Allemagne) pour simuler, par exemple, les effets d’un surdosage en paracétamol. En créant un jumeau numérique du foie à l’échelle cellulaire, les chercheurs testent des hypothèses biologiques avant de les confirmer par l’expérimentation, limitant ainsi les essais in vivo.

    Un appui à la chirurgie, d’abord en rétro-analyse

    L’expertise d’Irène Vignon-Clementel, notamment en simulation des maladies cardiaques congénitales, s’étend désormais aux pathologies du foie. En collaboration avec le professeur de chirurgie Éric Vibert (Centre-hépatobiliaire de l’hôpital Paul Brousse, AP-HP), l’équipe cherche à développer des modèles dits « hémodynamiques », capables d’anticiper les effets d’une résection partielle du foie sur la circulation sanguine du patient. Ces outils sont aujourd’hui utilisés a posteriori pour analyser les conséquences d’une intervention. Mais l’objectif, à moyen terme, est de les intégrer directement dans la planification opératoire. Soutenue par une bourse ERC pour le projet MoDeLLiver, Irène Vignon-Clementel table sur un horizon de cinq à dix ans pour leur utilisation prospective par des chirurgiens experts.

    Applications élargies et enjeux de ressources

    Au-delà de la chirurgie et du diagnostic, les champs d’application des modèles SimbiotX incluent la biotechnologie, la conception de prothèses ou encore la recherche en toxicologie. Leur capacité à intégrer biomécanique, biochimie et flux à différentes échelles ouvre de nombreuses perspectives. Mais leur développement exige des compétences pointues et des moyens renforcés.

  • Propriété, responsabilité, cybersécurité : les zones grises du droit face aux jumeaux numériques

    Face à l’utilisation des jumeaux numériques dans des secteurs comme la santé, l’énergie ou l’industrie, les incertitudes juridiques s’accumulent, appelant à une régulation. Tour d’horizon de cinq enjeux : normes, propriété intellectuelle, responsabilité, données personnelles et cybersécurité, ainsi que des réponses potentielles.

    Les jumeaux numériques s’imposent comme des outils dans de nombreux secteurs. Utilisés dans les processus industriels, les services énergétiques, les infrastructures critiques ou la médecine personnalisée, ils favorisent une meilleure gestion des ressources, des risques et des décisions.

    Mais cette hybridation entre réel et virtuel introduit des questions juridiques. En croisant données, algorithmes, interfaces et intelligence artificielle, les jumeaux numériques échappent aux classifications classiques du droit. L’Union européenne, les États-Unis, Singapour ou encore l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) commencent à s’en emparer. En France, chercheurs et juristes, proposent une grille de lecture structurée autour de cinq chantiers.

    Absence de cadre dédié

    L’un des principaux défis est l’absence d’un cadre réglementaire dédié aux jumeaux numériques. Aujourd’hui, ces dispositifs sont encadrés de manière fragmentée, à travers des textes généralistes comme le RGPD ou des référentiels techniques sectoriels. Or, les questions de responsabilité, d’interopérabilité, de sécurité ou encore de portabilité nécessitent une réponse plus ciblée. Plusieurs pistes sont explorées pour structurer une régulation à la fois robuste et évolutive :

    • Adopter une approche technologie-neutre, capable de s’adapter à la diversité des usages et à leur évolution rapide.
    • Harmoniser les initiatives nationales et régionales, par exemple entre le RGPD européen, les dispositifs sectoriels de la FDA aux États-Unis ou les orientations prises par la Chine en matière de cloud et de souveraineté numérique.
    • Créer un cadre de certification pour garantir la fiabilité des systèmes, avec des critères communs de sécurité, de traçabilité et de conformité éthique.
    • Développer des partenariats public-privé pour co-construire des référentiels partagés, à l’image de ce que propose l’OCDE en matière de gouvernance technologique.

    À l’international, l’ISO, le W3C ou l’IEEE travaillent à la définition de normes applicables à la conception, à l’interopérabilité et à la maintenance de jumeaux numériques. Mais ces travaux doivent s’inscrire dans un cadre juridique plus lisible pour les acteurs économiques.

    Licences croisées, registres, etc. Des initiatives émergent

    La complexité technique des jumeaux numériques pose des questions spécifiques en matière de propriété intellectuelle. Leur construction repose souvent sur l’intégration d’éléments hétérogènes : logiciels, modèles prédictifs, bases de données, algorithmes d’IA, interfaces utilisateur, etc. De plus, ces outils résultent fréquemment de collaborations inter-entreprises, avec des contributions multiples, parfois issues de projets open source.

    Les régimes actuels ne couvrent que partiellement cette réalité :

    • Le droit d’auteur protège les codes sources et interfaces graphiques, mais les fonctionnalités logicielles, en tant que telles, sont exclues de la protection.
    • Les brevets peuvent couvrir certaines innovations techniques, à condition de démontrer un effet technique concret, ce qui reste délicat pour des systèmes complexes fondés sur la simulation.
    • Le secret d’affaires, encadré par la directive 2016/943, offre une protection à condition que les entreprises prennent des mesures effectives de confidentialité.

    Face à ces limites, des solutions contractuelles et techniques se développent : mise en place de licences croisées, contrats de copropriété des droits, traçabilité des contributions par blockchain, voire la création de registres spécifiques pour l’innovation intégrée aux jumeaux numériques. L’OMPI mène des consultations pour mieux cerner les contours d’un droit adapté à ces objets hybrides. Certaines initiatives sectorielles, comme Eclipse Ditto dans l’industrie, expérimentent des modèles de gestion ouverts et distribués.

    Une responsabilité difficile à répartir

    En cas de dysfonctionnement d’un jumeau numérique ayant causé un dommage la question de la responsabilité devient complexe. Plusieurs types d’acteurs sont impliqués : concepteurs du logiciel, éditeurs de données, exploitants, intégrateurs, prestataires cloud, utilisateurs finaux. À ce jour, le droit civil peine à attribuer clairement les responsabilités dans ces chaînes d’interdépendance. Quelques décisions judiciaires commencent à émerger.

    Parmi les solutions proposées :

    • Élaboration d’un « Code des jumeaux numériques », précisant les obligations respectives des parties et les régimes de responsabilité applicables selon les scénarios d’usage.
    • Développement de contrats intelligents, avec des clauses automatiques d’ajustement ou d’indemnisation en cas de dysfonctionnement.
    • Création de produits d’assurance sur mesure, couvrant les erreurs de simulation, les pertes de données ou les interruptions de service.
    • Constitution de fonds d’indemnisation sectoriels, sur le modèle des fonds d’assurance mutualisés pour certains risques technologiques.
    • Renforcement des certifications de conformité et mise en place d’audits réguliers.

    Consentement, minimisation, droit à l’effacement… tensions avec le RGPD

    Les jumeaux numériques, notamment dans le domaine médical, manipulent souvent des données sensibles : historiques de soins, données génétiques, biométrie, imagerie, etc. Ce traitement massif entre directement en tension avec plusieurs principes du RGPD, en particulier la minimisation des données, la limitation des finalités ou encore le droit à l’effacement. La CNIL alerte sur ces risques et recommande une approche de consentement dynamique, qui permettrait aux individus de gérer leurs autorisations de manière évolutive. Dans certains cas, comme les jumeaux numériques de patients, la protection doit être renforcée, conformément à l’article 9 du RGPD.

    Parmi les outils et méthodes préconisés :

    • Cartographier les flux de données pour identifier les points de vulnérabilité.
    • Développer des portails de consentement interactifs offrant un contrôle granulaire.
    • Réaliser des analyses d’impact (AIPD) spécifiques pour les cas d’usage sensibles.
    • Mettre en œuvre des solutions d’anonymisation dynamique, combinant IA et gouvernance décentralisée.
    • Clarifier les conditions d’exercice du droit à l’oubli, notamment lorsqu’un jumeau est intégré dans un système d’IA ou une chaîne de traitement scientifique.

    L’ANSSI alerte sur les vulnérabilités des systèmes critiques interconnectés

    Les jumeaux numériques sont souvent directement reliés à des systèmes physiques critiques comme des équipements hospitaliers, des réseaux électriques ou des plateformes logistiques. Leur vulnérabilité peut avoir des effets concrets sur la sécurité des personnes et des infrastructures. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) appelle à renforcer la résilience de ces outils dès leur conception. Elle recommande notamment :

    • Intégration du « Security by Design » dès les premières phases de développement.
    • Microsegmentation des réseaux, pour limiter les mouvements latéraux en cas d’intrusion.
    • Chiffrement systématique des flux et des bases de données.
    • Détection automatisée des menaces via IA, à l’image des dispositifs déployés par Siemens pour la maintenance de turbines.
    • Développement de protocoles d’alerte et de réponse aux incidents, adaptés aux architectures distribuées.

    Des centres d’expertise sectoriels sont également suggérés, afin de mutualiser les ressources et les compétences sur la cybersécurité appliquée aux jumeaux numériques. La standardisation internationale progresse mais reste à consolider.

    L’ensemble de ces chantiers dessine les contours d’une régulation multiforme, fondée sur l’articulation entre droit souple, normalisation technique, contractualisation et coordination internationale. Il ne s’agit pas d’encadrer la technologie elle-même, mais de maîtriser ses usages, ses effets et les relations qu’elle induit. La stratégie numérique européenne pour 2030 intègre d’ores et déjà les jumeaux numériques, tandis que le futur Règlement sur l’IA leur sera applicable en cas d’intégration de modules d’intelligence artificielle. Les recommandations actuelles appellent les acteurs du secteur à : Intégrer le Privacy by Design, structurer une gouvernance des données dédiée, adopter des contrats adaptés aux usages “as a service”, former les juristes aux dimensions techniques et participer aux travaux de normalisation.

  • US : un dispositif numérique en oncologie intégré aux contrats santé des salariés

    Un partenariat pour intégrer la cancérologie au cœur des contrats employeurs

    L’assureur américain Evry Health a annoncé un partenariat avec Color Health pour proposer au sein de ses contrats collectifs un parcours de soins virtuel centré sur le cancer. Destinée aux entreprises de plus de 50 salariés, cette offre permet aux assurés d’accéder à des services couvrant l’ensemble du parcours cancérologique, sans co-paiement ni franchise. La clinique virtuelle de Color Health inclut :

    • le dépistage,
    • l’aide au diagnostic,
    • la coordination des soins en cours de traitement,
    • et l’accompagnement des patients.

    Une équipe médicale pluridisciplinaire est mobilisée 24h/24. Les assurés sont activement identifiés puis engagés dans le parcours via les outils de la plateforme.

    Renforcer la prévention et limiter les diagnostics tardifs

    L’objectif est de faciliter l’accès à un dépistage, de combler les retards de soins et d’orienter les assurés vers les structures conventionnées, afin de limiter les formes avancées de cancer. Le service s’inscrit dans une logique de prévention et d’action précoce, grâce à un accompagnement individualisé. Le choix de Color Health repose sur une approche globale du cancer, intégrée à chaque étape (de la prévention à la gestion des effets secondaires) avec une attention portée à la personnalisation de l’accompagnement.

    En intégrant un service de cancerologie dédié, Evry Health répond à une préoccupation des employeurs : près de 80 % d’entre eux identifient aujourd’hui le cancer comme un facteur fort de dépenses de santé. Alors que quatre adultes sur dix développeront un cancer au cours de leur vie et que les cas chez les jeunes actifs augmentent, l’assureur mise sur une approche proactive et coordonnée.

     Les premières expériences de cliniques virtuelles montrent pourtant qu’une approche structurée peut augmenter fortement l’adhésion au dépistage (+77 %), accélérer l’accès au diagnostic et au traitement (‑55 % de délai), combler la majorité des ruptures de prise en charge (75 % des « gaps »).

    Comment les établissements peuvent proposer des parcours numériques intégrés aux entreprises ?

    Color Health propose plusieurs pistes d’adaptation à d’autres contextes, notamment pour les établissements de santé souhaitant devenir des partenaires des employeurs et assureurs :

    • Développer des cliniques virtuelles thématiques autour des services hospitaliers existants, avec téléconsultations spécialisées, RCP virtuelles et accompagnement post-traitement.
    • Créer une navigation oncologique virtuelle intégrée, via des coordinateurs de parcours connectés au DPI et aux ressources sociales, avec outils de messagerie sécurisée et de visio.
    • Industrialiser le dépistage avec les employeurs, en s’appuyant sur les services de santé au travail et les complémentaires santé pour proposer des campagnes ciblées, des tests à domicile ou des créneaux prioritaires en établissement.
    • Mettre en œuvre des programmes de retour à l’emploi, en lien avec la médecine du travail et les RH, pour organiser l’aménagement du poste et le suivi fonctionnel.
    • Exploiter les données et l’IA pour prioriser les patients à risque et suivre des indicateurs tels que les délais de diagnostic, les stades au diagnostic, ou l’impact sur les arrêts de travail.

    L’expérience de Color Health souligne plusieurs facteurs de réussite :

    • Aligner les incitations économiques autour de modèles contractuels à résultats, avec gratuité au point d’usage pour maximiser l’adhésion.
    • Intégrer ces services dans une équipe clinique forte, avec oncologues référents, protocoles validés.
    • Commencer par un pilote ciblé, sur un ou deux types de cancer ou une population définie, avec des objectifs mesurables.
    • Assurer une gouvernance conjointe entre établissements, assureurs, employeurs et représentants de patients, et être transparent sur l’usage des données et les limites du modèle.

     

  • IA et cybersécurité : l’Europe publie une première norme mondiale avec 72 exigences

    L’Institut européen des normes de télécommunications a officialisé la publication de la norme ETSI EN 304 223, première norme européenne en matière de cybersécurité pour les systèmes d’intelligence artificielle. Ce texte établit un socle d’exigences pour sécuriser l’IA face à des menaces comme l’empoisonnement de données ou l’injection indirecte d’instructions. Structurée autour de cinq phases, conception, développement, déploiement, maintenance, et fin de vie.

    La norme énonce 13 principes et 72 dispositions traçables. Elle cible des risques peu ou mal adressés par les approches classiques de cybersécurité logicielle, notamment ceux liés à la spécificité des pipelines de données complexes ou aux techniques d’obfuscation de modèles. Trois rôles techniques sont concernés par des responsabilités distinctes : les développeurs, les opérateurs de systèmes et les responsables des données.

    Une portée internationale

    Contrairement à la précédente spécification technique TS 104 223, la norme EN 304 223 a été validée par des organismes de normalisation nationaux, ce qui renforce sa légitimité sur le plan international. Elle couvre notamment les systèmes d’IA intégrant des réseaux de neurones profonds, y compris l’IA générative déployée en production, mais exclut les projets strictement académiques. Son adoption s’inscrit dans le paysage réglementaire européen aux côtés de l’ISO/IEC 42001 et en complément de l’AI Act, dont l’entrée en vigueur complète est prévue pour août 2026.

    Données, prompts, désinformation : les nouvelles cibles des normes européennes sur l’IA

    Les types d’attaques considérées par la norme incluent l’empoisonnement des données d’apprentissage, l’injection indirecte de prompts, ou encore les détournements liés à la désinformation. Ces vulnérabilités, critiques dans des secteurs comme la santé, la finance ou les infrastructures, nécessitent des mesures adaptées au contexte d’apprentissage automatique et à la variabilité des données.

    L’ETSI prévoit la publication prochaine d’un rapport technique, ETSI TR 104 159, dédié aux risques spécifiques de l’IA générative : deepfakes, désinformation, confidentialité, droit d’auteur. En parallèle, un projet de norme, TS 104 216, est en cours pour établir des méthodes formelles d’évaluation de la conformité aux exigences de l’EN 304 223.

  • Data : de nouveaux indicateurs en open data pour mieux cibler les actions locales

    Des données territorialisées pour objectiver les constats de terrain

    Face à des inégalités en santé périnatale, l’outil Open Data Périnat IDF s’enrichit de nouveaux indicateurs afin de soutenir les professionnels. Mis à jour début 2026, il propose désormais un accès à des données détaillées sur :

    • le parcours pré- et post-natal,
    • le dépistage de la surdité,
    • le programme régional de suivi des enfants vulnérables (SEV),
    • ainsi que des possibilités de tris croisés entre indicateurs.

    L’échelle géographique est également affinée, avec des données accessibles à l’échelon de l’arrondissement INSEE, soit un niveau infra-départemental, permettant une lecture plus fine des dynamiques locales. Dans le département du Val-d’Oise par exemple, les données révèlent une situation plus dégradée qu’en moyenne régionale. Le taux de mortalité infantile y atteignait 4,6 ‰ en 2024, contre 4,3 ‰ en Île-de-France.

    Un appui pour la coordination et les politiques publiques

    En centralisant les données, l’outil facilite le pilotage des actions. Les indicateurs sont utilisés pour comparer la situation locale à celle des autres territoires, appuyer les échanges avec les maternités, les équipes de PMI, les femmes enceintes, et mobiliser les partenaires institutionnels.

    Open Data en Périnat IDF : mise à disposition de nouveaux indicateurs pour agir sur les enjeux de santé périnatale

  • La FDA et l’EMA publient « 10 principes de bonnes pratiques » pour l’IA

    La Food and Drug Administration et l’Agence européenne des médicaments ont publié un ensemble de 10 principes directeurs pour l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le développement de médicaments et de produits biologiques. Cette initiative marque une étape dans l’encadrement de technologies dont l’usage s’intensifie dans la recherche et la régulation pharmaceutiques. Les principes publiés sont conçus pour s’appliquer à l’ensemble du cycle de vie du médicament, depuis la phase de recherche jusqu’à la surveillance post-commercialisation. L’objectif est double : tirer parti des capacités de l’IA tout en garantissant la sécurité des patients et la fiabilité des données générées.

    Parmi les 10 principes, on retrouve notamment :

    • La conception centrée sur l’humain.
    • Une approche fondée sur les risques.
    • L’adhésion aux standards reconnus.
    • La définition claire du contexte d’usage.
    • Le recours à une expertise multidisciplinaire.
    • Une gouvernance des données rigoureuse.
    • La documentation des modèles.
    • L’évaluation des performances selon les risques.
    • Une gestion sur l’ensemble du cycle de vie.
    • La transparence des informations essentielles.

    Selon les agences, ces principes devraient permettre à l’IA d’accélérer le développement des traitements, réduire les délais de mise sur le marché, renforcer la pharmacovigilance et limiter le recours aux tests sur les animaux grâce à de meilleures capacités prédictives. Ils posent aussi les bases d’une harmonisation internationale des pratiques et pourraient servir de point d’appui à des collaborations futures entre régulateurs, organismes de normalisation et autres acteurs impliqués.