Nabil

  • Resilience Care multiplie les collaborations en oncologie, psychiatrie et uro-oncologie

    Resilience Care a détaillé plusieurs collaborations conclues depuis le début de l’année dans ses différentes aires thérapeutiques. La société spécialisée dans la télésurveillance médicale poursuit son développement autour de partenariats avec des établissements de santé, des industriels et des acteurs de la recherche.

    En oncologie, Resilience Care annonce avoir signé une dizaine de nouveaux partenariats depuis janvier 2026. Parmi les établissements concernés figurent l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO), le CHU de Brest et l’Institut Curie.

    L’entreprise concentre ses développements sur l’intégration de sa plateforme dans les organisations hospitalières, et sur la coordination des parcours de soins. Resilience Care rappelle avoir travaillé dès sa création à l’intégration des ePRO (electronic Patient Reported Outcomes) dans le suivi des patients atteints de cancer et de maladies chroniques.

    En psychiatrie, Resilience Care a conclu une douzaine de partenariats depuis le début de l’année. Ramsay Santé, déjà partenaire en oncologie depuis 2022, étend ainsi sa collaboration avec la société. Inicea, réseau d’établissements du groupe Clariane, prévoit le déploiement de la solution dans dix cliniques.

    En gastroentérologie, l’entreprise poursuit également son déploiement et ses démarches autour de la reconnaissance des bénéfices organisationnels et cliniques de la télésurveillance, ainsi que de son remboursement.

    Des projets de recherche structurés autour des données de vie réelle

    Resilience Care mène plusieurs essais randomisés contrôlés multicentriques afin d’évaluer l’impact de la télésurveillance sur les organisations de soins et les résultats cliniques.

    Les données collectées sont standardisées à partir du référentiel PRO-CTCAE, puis croisées avec les informations issues des dossiers patients informatisés grâce à des technologies de traitement automatique du langage naturel. Elles sont ensuite centralisées dans un entrepôt de données de santé destiné à soutenir des projets de recherche en vie réelle et des publications scientifiques.

    Deux collaborations annoncées en uro-oncologie

    Resilience Care a également présenté deux collaborations récentes dans le domaine de l’uro-oncologie.

    • La première est menée avec Ipsen autour d’une étude nationale rétrospective multicentrique en vie réelle portant sur les traitements combinés de première ligne du cancer du rein métastatique.
    • La seconde est conduite avec l’association ARTIC. Ce projet vise à constituer une base française multicentrique de données de vie réelle sur les cancers urologiques, notamment les cancers de la prostate, de la vessie et du rein.

    Créée en 2021, Resilience Care indique être désormais présente dans plus de 220 établissements partenaires en France, en Belgique et en Allemagne, avec plus de 35.000 patients suivis à distance.

  • Des modèles de raisonnement dépassent GPT-4 et rivalisent avec des médecins sur certains cas cliniques

    Les grands modèles de langage franchissent une nouvelle étape dans le champ médical. Dans un article publié dans Science, Ashley M. Hopkins et Erik Cornelisse reviennent sur les résultats obtenus par des modèles de raisonnement évalués sur des cas cliniques comparés à des médecins. Leur analyse accompagne les travaux de Peter G. Brodeur et de ses collègues, également publiés dans la revue, consacrés à la capacité d’un modèle d’IA à reproduire le raisonnement diagnostique d’un clinicien.

    Les auteurs estiment que les performances observées marquent un tournant : les IA ne se limitent plus à restituer des connaissances médicales ou à réussir des examens théoriques, mais commencent à démontrer des capacités de raisonnement clinique sur des situations proches de la pratique réelle.

    Des performances supérieures à GPT-4 et parfois aux médecins

    L’étude de Brodeur et al. a évalué le modèle de raisonnement o1-preview d’OpenAI, lancé en septembre 2024, à travers cinq expériences portant sur des vignettes cliniques et une sixième consacrée à 76 cas réels issus des urgences.

    Les chercheurs ont comparé les performances du modèle à celles de médecins et à celles de modèles antérieurs, notamment GPT-4. Sur des cas clinicopathologiques publiés, GPT-4 atteignait un diagnostic exact ou très proche dans 72,9 % des cas, contre 88,6 % pour o1-preview.

    Dans les cas réels provenant des services d’urgence, le modèle o1 obtenait 67,1 % de diagnostics exacts ou très proches dès l’étape initiale du triage, contre 55,3 % et 50 % pour deux médecins seniors évalués dans les mêmes conditions.

    Les auteurs soulignent également que les évaluateurs chargés d’analyser les réponses ne distinguaient pas les productions de l’IA de celles des médecins. Les modèles sont comparés directement à des cliniciens sur des tâches authentiques.

    Vers des évaluations multimodales

    Les auteurs rappellent toutefois que l’étude ne portait que sur des données textuelles. Or, la pratique clinique mobilise aussi des informations visuelles et auditives : examen physique, imagerie, voix du patient ou expressions faciales.

    Depuis les travaux évalués par Science, les modèles de raisonnement ont évolué vers des architectures multimodales capables de traiter simultanément texte, image, audio et vidéo. Les auteurs citent notamment GPT-5.3 et Gemini 3.1 Pro.

    Ils considèrent que la prochaine étape consiste à tester ces modèles dans des scénarios intégrant des données multimodales et dans des contextes prospectifs de soins réels.

    Il faudra désormais comparer trois configurations : l’IA seule, le médecin seul et le médecin assisté par IA. Cette question devient d’autant plus sensible que des praticiens utilisent déjà des outils d’IA générative dans leur activité quotidienne.

    Des usages qui dépassent le diagnostic

    L’article rappelle que le raisonnement diagnostique ne représente qu’un des usages en développement. Les auteurs évoquent notamment le cadre Med-HELM, qui distingue cinq domaines d’application :

    • aide à la décision clinique ;
    • génération de notes médicales ;
    • communication avec les patients ;
    • assistance à la recherche médicale ;
    • automatisation administrative.

    Ils soulignent également l’émergence d’agents capables d’analyser les dossiers médicaux, d’écouter les consultations en continu ou d’interagir en temps réel avec des modèles prédictifs.

    Dans ce contexte, les auteurs estiment que la validation des IA médicales ne peut plus reposer uniquement sur des benchmarks techniques. Les preuves attendues doivent désormais porter sur l’amélioration réelle des soins.

    Les risques d’un déploiement plus rapide que l’évaluation

    Hopkins et Cornelisse alertent aussi sur le décalage entre la diffusion des outils et les capacités d’évaluation.

    Ils citent l’exemple de ChatGPT Health, lancé par OpenAI en janvier 2026 comme outil grand public d’information en santé. Selon une première évaluation indépendante mentionnée dans l’article, le système aurait sous-estimé plus de la moitié des situations d’urgence qui lui étaient soumises.

    Ce type de résultats illustre la nécessité de définir précisément les tâches attribuées aux IA et d’établir des comparateurs humains robustes.

    Efficacité clinique, équité et responsabilité

    L’article insiste enfin sur le fait que la précision diagnostique ne constitue qu’un critère parmi d’autres. Pour être déployées dans les soins, les IA devront également démontrer :

    • leur sécurité ;
    • leur efficacité clinique réelle ;
    • leur équité ;
    • leur transparence ;
    • leur capacité à être supervisées et auditées.

    Les auteurs rappellent plusieurs exemples récents de dérives documentées : biais raciaux dans des algorithmes de santé, insuffisance des garde-fous de certains outils accessibles au public ou encore diminution de la précision diagnostique de cliniciens influencés par des IA biaisées.

    *Hopkins AM, Cornelisse E. “AI can reason like a physician—what comes next?” Science. 30 avril 2026 ; 392(6797):466-467.

    Brodeur PG et al. “Performance of a large language model on the reasoning tasks of a physician.” Science. 30 avril 2026.

     

  • Marché du médicament : la croissance pourrait être divisée par deux sous l’effet d’une régulation renforcée

    Dans son édition 2025 de Data et prospective, le Leem décrit un marché pharmaceutique mondial en forte expansion, avec un chiffre d’affaires de 1 737 milliards de dollars en 2024, en hausse de 8,09 % sur un an. Selon les projections citées par l’organisation, ce marché pourrait atteindre 2 400 milliards de dollars d’ici 2029, avec une croissance annuelle comprise entre 5 % et 8 %.

    Les États-Unis concentrent à eux seuls près de 46 % des ventes mondiales, devant la Chine (6,5 %) et l’Allemagne (4 %). La France conserve la cinquième place mondiale, avec environ 3 % du marché en valeur.

    Cette dynamique repose largement sur les médicaments biologiques. Près de 45 % des nouvelles introductions sur le marché européen au cours des cinq dernières années concernent ces traitements, présentés comme un moteur du nouveau cycle d’innovation pharmaceutique. Plus de 1 000 nouvelles substances actives ont été mises sur le marché mondial en vingt ans, dont près de 400 depuis cinq ans.

    La pression américaine sur les prix menace l’équilibre économique du secteur

    Le document souligne également la recomposition géopolitique du secteur. L’administration Trump a engagé en 2025 une politique de réduction des prix des médicaments aux États-Unis via des mécanismes de référence internationale et des accords avec les industriels pharmaceutiques.

    Le Leem estime que ces dispositifs fragilisent le modèle économique mondial de l’innovation pharmaceutique, alors que les États-Unis représentent près de la moitié des dépenses mondiales de médicaments. Selon l’IFPMA, l’impact potentiel sur le chiffre d’affaires du secteur pourrait atteindre entre –25 % et –33 %.

    Dans le même temps, la Chine renforce rapidement sa position dans la recherche clinique et l’innovation thérapeutique. En 2024, elle a conduit 7 100 essais cliniques, contre 6 000 aux États-Unis, et représente désormais près de 40 % des essais mondiaux en oncologie. Plus du tiers des nouvelles molécules issues de la R&D mondiale en 2024 proviennent de Chine, contre sept seulement en 2020.

    L’Inde poursuit également sa montée en puissance industrielle. Le pays est devenu le troisième producteur mondial de médicaments en volume et s’appuie sur une stratégie exportatrice structurée autour des génériques, des biotechnologies et de la sécurisation des chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques.

    En France, un marché sous contrainte budgétaire croissante

    Le rapport décrit un marché pharmaceutique français à nouveau en croissance après une décennie de stagnation.

    Le chiffre d’affaires net du marché régulé a atteint 27,7 milliards d’euros en 2024. Mais cette progression reste fortement encadrée par les mécanismes de régulation liés au déficit de la Sécurité sociale.

    Le Leem souligne qu’en 2025, le médicament supporte près de 50 % des économies demandées à l’Assurance maladie, soit plus de 3 milliards d’euros sur les 6 milliards intégrés à l’Ondam. Les baisses de prix négociées par le Comité économique des produits de santé ont généré 856 millions d’euros d’économies en 2024, avec des objectifs portés à 1 milliard d’euros en 2025 puis 1,4 milliard en 2026.

    La clause de sauvegarde, initialement conçue comme un mécanisme exceptionnel, est devenue un outil structurel de maîtrise des dépenses. Son rendement a atteint 1,76 milliard d’euros en 2024. Le Leem critique un dispositif modifié à huit reprises en huit ans, jugé peu lisible et imprévisible pour les industriels.

    Entre 2010 et 2024, les dépenses relevant de l’Ondam ont progressé de 3,4 % par an en moyenne, contre 1,7 % seulement pour le marché du médicament. La part du médicament dans les dépenses de santé est ainsi passée de 11,6 % en 2012 à 9,12 % en 2024.

    Malgré ces contraintes, l’industrie pharmaceutique reste un secteur structurant pour l’économie française. Elle employait 109 243 salariés en 2024 et compte 256 sites de production. Les investissements de production ont progressé de 38 % entre 2023 et 2024.

    Le secteur a également retrouvé un excédent commercial supérieur à 4 milliards d’euros en 2024. Mais la position française s’érode à l’échelle européenne : sa part dans les exportations pharmaceutiques de la zone euro est passée d’environ 20 % en 2000 à 8 % en 2024.

    Le sous-investissement français dans la prévention pèse sur la soutenabilité

    Le Leem anticipe une hausse durable des besoins de soins liée au vieillissement de la population et à la progression des maladies chroniques.

    Selon les projections présentées, le marché du médicament pourrait croître de 8,2 % à horizon 2030 en l’absence de régulation renforcée, mais seulement de 4,3 % dans un scénario de forte régulation des prix.

    Le rapport met également en avant le sous-investissement français dans la prévention. Celle-ci ne représente que 2,8 % des dépenses de santé, plaçant la France au 20e rang de l’OCDE. Pourtant, une hausse de 10 % des dépenses de prévention permettrait de réduire d’environ 1 % les coûts liés aux maladies chroniques à cinq ans, selon les données citées dans le rapport.

    Enfin, le Leem alerte sur la soutenabilité du modèle français de remboursement. Le taux de prise en charge des médicaments dépasse désormais 90 % en France, l’un des niveaux les plus élevés de l’OCDE.

    L’organisation évoque la possibilité de faire évoluer le modèle vers des mécanismes inspirés de l’Allemagne, avec un plafonnement du reste à charge selon les revenus.

  • Ségur numérique : un arrêté révise le calendrier des financements RIS et DRIMbox de la vague 2 de l’imagerie

    L’arrêté du 6 mai 2026, publié au Journal officiel le 10 mai, modifie les arrêtés du 20 février 2025 relatifs aux programmes de financement destinés à encourager l’équipement numérique des établissements, médecins radiologues et médecins nucléaires ayant une activité d’imagerie médicale.

    Le texte concerne les dispositifs du « couloir imagerie » de la vague 2 du Ségur numérique en santé, pour les fonctions « système d’information de radiologie » (RIS) et « partage d’images médicales » (DRIMbox). Il ajuste le calendrier des financements et précise les modalités d’exécution des prestations de mise à jour financées.

    Des échéances prolongées pour les éditeurs et établissements

    L’arrêté modifie les annexes opérationnelles des deux dispositifs, accessibles sur le site de l’Agence du numérique en santé. Les nouvelles échéances repoussent plusieurs étapes du référencement et du financement des solutions.

    • Pour les deux dispositifs, le dépôt des dossiers administratifs est clos depuis le 10 septembre 2025. Les éditeurs ont désormais jusqu’au 13 mai 2026 à midi pour transmettre un dossier complet de preuves de conformité.
    • Les échanges avec l’ANS pour la validation des dossiers de référencement pourront se poursuivre jusqu’au 16 septembre 2026 à midi. Les demandes de financement et de paiement de l’avance devront ensuite être déposées avant le 10 novembre 2026 à midi.

    Le calendrier du dispositif DRIMbox

    Le dispositif DRIMbox vise à faciliter le partage sécurisé d’imagerie de santé. Dans ce cadre, les prestations Ségur de mise à jour DRIMbox Vague 2 devront être réalisées avant le 15 septembre 2027 à midi. Les demandes de paiement du solde pourront être déposées jusqu’au 15 décembre 2027 à midi.

    Le calendrier du dispositif RIS

    Le dispositif RIS du couloir imagerie a pour objectif de généraliser le partage fluide et sécurisé des données de santé en radiologie et médecine nucléaire, notamment via le partage d’imagerie médicale DRIM-M. Pour ce volet, les prestations Ségur de mise à jour RIS Vague 2 devront être réalisées avant le 9 juin 2027 à midi. Les demandes de paiement du solde devront être déposées avant le 22 septembre 2027 à midi.

    Un ajustement du calendrier de la vague 2

    Pris en application de l’article L.1111-24 du code de la santé publique, l’arrêté entre en vigueur le lendemain de sa publication.

    Le texte acte ainsi un allongement du calendrier de mise en œuvre de la vague 2 imagerie du Ségur numérique, dans un contexte où les éditeurs doivent encore finaliser les travaux de conformité, de référencement et de déploiement des mises à jour financées.

    Le dispositif DRIMbox du Couloir Imagerie du Ségur du numérique en santé

    Le dispositif RIS du Couloir Imagerie du Ségur du numérique en santé

     

  • Leem : 35 nouveaux administrateurs élus avant la désignation d’une nouvelle présidence en juin

    Le Leem a renouvelé son Conseil d’administration à l’issue de son Assemblée générale du 5 mai. Trente-cinq administrateurs ont été élus pour un mandat de trois ans, dont près d’un tiers siègent pour la première fois. Cette nouvelle composition précède plusieurs échéances de gouvernance prévues d’ici l’été, avec l’élection d’une nouvelle présidence et la désignation d’une direction générale.

    Une représentation de l’ensemble de la filière pharmaceutique

    Le nouveau Conseil d’administration du Leem est structuré autour de cinq collèges, organisés selon le chiffre d’affaires des entreprises adhérentes et leur “position dans la chaîne de valeur du médicament”.

    • Le collège des entreprises réalisant moins de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires accueille notamment des représentants de Kyowa Kirin, Jazz Pharmaceuticals, Angelini Pharma ou encore Argenx.
    • Le deuxième collège, regroupant les laboratoires dont le chiffre d’affaires est compris entre 100 et 800 millions d’euros, comprend des dirigeants de Boehringer Ingelheim, AbbVie, Takeda, Novo Nordisk ou encore Gilead Sciences.
    • Le collège des groupes réalisant plus de 800 millions d’euros de chiffre d’affaires réunit notamment des représentants de Pfizer, AstraZeneca, Roche, MSD, Novartis et Amgen.
    • Deux autres collèges représentent les laboratoires en développement et les sous-traitants pharmaceutiques, avec notamment des représentants d’Oncodesign Precision Medicine, GenSight Biologics, Unither Pharmaceuticals et Delpharm.

    Le Leem souligne que cette nouvelle gouvernance vise à refléter « la diversité des entreprises adhérentes », tant par leur taille que par leur ancrage national ou international.

    Une nouvelle présidence attendue le 9 juin

    Le nouveau Conseil d’administration se réunira le 9 juin 2026 afin d’élire le futur président du Leem ainsi que les 12 membres du Bureau. Les présidents des commissions stratégiques, qui siègeront également comme vice-présidents, seront désignés le 7 juillet.

    Le Conseil d’administration conserve un rôle d’orientation politique et stratégique, tandis que le Bureau assure le suivi opérationnel des priorités définies par l’organisation.

    Dans un communiqué, Thierry Hulot, actuel président du Leem et président de Merck Santé, estime que cette nouvelle gouvernance doit permettre de « renforcer la représentativité, la cohésion et l’efficacité de l’action collective de l’industrie du médicament en France », dans un contexte de transformations du secteur.

    L’Assemblée générale a également acté le départ de Laurence Peyraut, directrice générale du Leem depuis près de trois ans.

    Thierry Hulot a salué « une transformation en profondeur » menée dans un « contexte budgétaire et politique mouvementé ». La nomination du futur directeur général relèvera de la prochaine présidence du Leem.

    Dans l’intervalle, Pascal Le Guyader, directeur général adjoint, assurera les fonctions de directeur général par intérim.

  • Projet de loi fraudes : les Libéraux de Santé alertent sur l’accès des complémentaires aux données de santé

    Les Libéraux de Santé ont exprimé, le 5 mai, leur inquiétude après l’adoption en commission mixte paritaire, le 28 avril 2026, du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Le texte final a été publié le 30 avril.

    L’organisation, qui fédère les dix principaux syndicats de professions libérales de santé, estime que le texte introduit des évolutions substantielles dans le traitement et la circulation des données de santé, au nom de la lutte contre la fraude.

    Un accès inédit pour les organismes complémentaires

    Selon les LDS, le projet de loi prévoit que des personnels relevant d’organismes complémentaires puissent accéder à des données personnelles relatives à la santé des patients, notamment dans le cadre du tiers payant et des opérations de contrôle.

    Le texte organise une dérogation au secret médical, qui permet la transmission aux complémentaires des données jugées nécessaires à la gestion du tiers payant. Il prévoit aussi des échanges d’informations entre l’Assurance maladie obligatoire et les complémentaires en cas de suspicion de fraude.

    Pour les Libéraux de Santé, cette évolution fragilise le secret médical.

    Un encadrement jugé insuffisant

    Le texte prévoit que les personnels concernés soient soumis au secret professionnel. Les LDS considèrent toutefois que cette garantie ne peut être assimilée au secret médical applicable aux professionnels de santé. L’organisation souligne que les professionnels de santé sont personnellement dépositaires du secret médical.

    Les LDS estiment que l’élargissement de l’accès à des acteurs ne participant pas directement aux soins introduit une dilution des responsabilités et une rupture dans la chaîne de confidentialité.

    Les Libéraux de Santé dénoncent un texte répondant aux demandes des organismes complémentaires, au risque de remettre en cause les principes éthiques et déontologiques des professions de santé.

    Ils alertent aussi sur les risques de fuite, de détournement ou d’exploitation non autorisée de données de santé.

    Appel à réévaluer le texte

    Les LDS rappellent partager l’objectif de lutte contre la fraude, mais refusent qu’il justifie une atteinte au secret médical et à la protection des données personnelles de santé.

    Ils appellent le Gouvernement et les parlementaires à réévaluer les dispositions relatives aux données de santé dans la suite du processus législatif. L’organisation n’exclut pas de se mobiliser avec d’autres acteurs pour défendre le secret médical.

  • Doctolib entre au UK avec Medicus et prévoit plus de 100 millions de livres d’investissement

    Doctolib poursuit son expansion avec l’acquisition de Medicus, logiciel clinique destiné aux cabinets de médecine générale du National Health Service, le système public britannique. Déjà présent en France, en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas, le groupe s’implante ainsi dans un cinquième pays.

    L’opération s’accompagne d’un engagement financier annoncé à plus de 100 millions de livres sterling au Royaume-Uni dans les prochaines années. Doctolib prévoit aussi d’y recruter 150 personnes et d’y créer un centre de R&D consacré à l’innovation en soins primaires.

    Un positionnement centré sur la charge administrative

    Doctolib présente cette acquisition comme une étape de sa stratégie européenne : réduire la charge administrative des soignants et leur permettre de consacrer davantage de temps aux patients.

    Créé il y a sept ans, Medicus a développé une plateforme destinée aux soignants, avec un ancrage dans les usages des équipes de terrain. L’entreprise revendique une “facilité d’utilisation” au quotidien et une “connaissance des besoins des soins primaires”.

    Medicus est présenté comme le premier nouveau logiciel clinique introduit au sein du NHS depuis 25 ans, dans un marché historiquement dominé par deux acteurs. Le logiciel a été conçu pour se connecter nativement à la NHS App, portail numérique officiel utilisé par des millions de patients pour accéder à leurs informations médicales et prendre rendez-vous.

    L’entreprise continuera d’opérer avec ses équipes britanniques, sous la direction de son fondateur et président Emile Axelrad.

    IA et coordination des soins

    Doctolib prévoit d’apporter à Medicus sa suite logicielle et ses assistants d’IA, avec un objectif de simplification du quotidien des équipes soignantes. Le groupe cite en particulier la coordination, le suivi des patients, la prévention et l’allègement de la documentation clinique.

    Pour Stanislas Niox-Chateau, cofondateur et président-directeur général de Doctolib, l’enjeu est d’associer l’expertise de Medicus sur le système britannique aux solutions développées par Doctolib en Europe. Emile Axelrad estime de son côté que le rapprochement doit permettre d’apporter aux cabinets britanniques une suite plus complète, avec des innovations en IA pensées pour réduire la documentation clinique.

  • Le SI national piloté par la CNSA attendu au plus tard en 2030

    Le système d’information national consacré à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile doit être déployé au plus tard en 2030, a indiqué le directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), Maëlig Le Bayon.

    Le responsable de la CNSA a plaidé pour une mise en œuvre dès 2028. L’objectif est de disposer, au niveau national, d’une vision consolidée des plans d’aide accordés aux personnes âgées bénéficiaires de l’APA vivant à domicile.

    Une branche autonomie encore peu outillée sur le domicile

    Le futur SI APA doit permettre de mieux connaître la réalité des plans d’aide, d’en suivre l’exécution et de renforcer les capacités de pilotage national. Selon la CNSA, le logiciel est conçu et la phase de déploiement doit désormais commencer.

    Maëlig Le Bayon a rappelé que la mise en œuvre reposera sur deux catégories d’acteurs : les directions des systèmes d’information des départements, chargées d’intégrer le SI dans leurs environnements locaux, et les éditeurs des logiciels utilisés par ces collectivités, qui devront créer les interfaces nécessaires.

    Le chantier s’annonce hétérogène, chaque département disposant de son propre écosystème informatique, contrairement à un réseau de sécurité sociale plus homogène.

    La CNSA élargit aussi son soutien aux fédérations du domicile

    En parallèle, la CNSA a fait évoluer en 2026 son programme de conventionnement avec les fédérations et têtes de réseau du domicile, engagé depuis 2008. Deux nouvelles conventions ont été signées début 2026 avec la FEHAP et NEXEM.

    Ce nouveau cadre vise à renforcer la couverture sectorielle et territoriale des conventionnements, à intégrer des réseaux positionnés sur le handicap et le soin, et à cibler les transformations de l’offre, les cultures professionnelles et la qualité du service rendu.

    Les programmes de la FEHAP et de NEXEM s’articulent autour de trois axes : amélioration de la qualité du service rendu, formations professionnalisantes, qualité de vie et conditions de travail des professionnels, incluant la prévention des risques professionnels et l’attractivité des métiers. Ils peuvent bénéficier d’un cofinancement CNSA de 60 % à 80 %.

    Ce programme doit aussi préparer la suite des partenariats dans le cadre de la future convention d’objectifs et de gestion entre la CNSA et l’État.

  • Santé mentale : l’IA redessine les parcours de soutien des jeunes (étude Vyv/CNIL)

    L’enquête conduite par Ipsos BVApour le Groupe VYV et la CNIL met en évidence une adoption large des IA conversationnelles chez les jeunes Européens.

    En France, 86 % des 11-25 ans déclarent y recourir, avec une entrée dans les usages dès 11 ans.

    Initialement mobilisées dans des contextes scolaires et professionnels, ces technologies couvrent aujourd’hui un périmètre élargi. Les usages dominants restent la production de contenus (71 %), l’analyse (66 %) et l’aide aux devoirs (65 %). Mais cette dimension utilitaire s’accompagne d’une diversification rapide : les usagers déclarent en moyenne plus de sept cas d’usage, incluant loisirs, organisation quotidienne et recherche de conseils.

    Trois jeunes sur cinq utilisent ces outils depuis plus d’un an, ce qui traduit une installation dans les pratiques.

    Des usages intimes en progression

    L’étude souligne une évolution vers des interactions plus personnelles. En France, 48 % des jeunes utilisent une IA pour aborder des sujets intimes. Dans le détail :

    • 35 % sollicitent des conseils en cas de stress.
    • 33 % pour des difficultés relationnelles.
    • 32 % lorsqu’ils se sentent en difficulté psychologique.
    • 26 % pour gérer des conflits.

    Cette tendance est accentuée chez les jeunes qui présentent des troubles de l’anxiété, et qui déclarent se tourner plus volontiers vers ces outils que vers leur entourage ou des professionnels.

    La perception des IA s’en trouve modifiée :

    64 % les considèrent comme un conseiller de vie, 61 % comme un confident, 54 % comme un ami et 46 % comme un « psy ». Un jeune sur deux estime qu’elles contribuent à améliorer son bien-être ou sa confiance.

    @CNIL : IA conversationnelle et santé mentale des jeunes : résultats de l’enquête européenne.

    Infographie – Les jeunes européens et l’IA conversationnelle

    Une confiance élevée dans un contexte de vulnérabilité

    Ces usages s’inscrivent dans un contexte marqué par une fragilité psychologique. Si 84 % des jeunes déclarent se sentir bien au quotidien, les résultats du test GAD-7 indiquent que près de deux tiers présentent des signes de troubles anxieux. Dans ce cadre, l’IA est perçue comme accessible en continu et non jugeante. Les niveaux de confiance restent élevés.
    69 % estiment que ces outils peuvent fournir des conseils fiables, 56 % qu’ils garantissent la confidentialité des échanges et 51 % qu’ils protègent les données partagées.

    Un déficit de compréhension des enjeux de données

    L’un des enseignements concerne l’écart entre usage et compréhension. Seuls 32 % des jeunes Français déclarent savoir ce que deviennent les données partagées avec ces outils, un niveau inférieur à celui observé dans d’autres pays européens. Ce déficit se traduit par plusieurs signaux :

    • 34 % des utilisateurs ayant abordé des sujets personnels déclarent une gêne après un conseil reçu.
    • 80 % indiquent ne pas avoir totalement confiance dans l’IA.
    • Un sur deux considère que ces outils peuvent favoriser l’isolement ou dégrader le bien-être.

    Une demande explicite d’accompagnement

    Face à ces constats, les attentes en matière d’information et de régulation sont élevées. 85 % des jeunes souhaitent disposer de davantage d’informations sur les IA. Les besoins portent principalement sur :

    • La compréhension de l’usage des données (75 %).
    • Les informations à ne pas partager (73 %).
    • Les bonnes pratiques d’utilisation (71 %).
    • Les risques associés (69 %).

    Un impact sur les parcours de santé mentale

    Stéphane Junique souligne l’émergence d’un fait de société appelant à renforcer l’information et l’accompagnement. Pour le Groupe VYV et la CNIL, l’essor des IA conversationnelles modifie les parcours d’expression du mal-être, en amont du recours aux professionnels.

    Dans ce cadre, les deux institutions ont lancé l’initiative AI*me, visant à structurer une réponse collective à l’échelle européenne autour de trois axes :

    • Mieux comprendre les usages.
    • Développer des outils adaptés.
    • Définir des repères de confiance.

    L’étude met en évidence un déplacement partiel des enjeux de santé mentale vers des espaces numériques informels. Elle invite à intégrer ces pratiques dans les politiques de prévention, en articulant innovation, protection des données et éducation au numérique.

  • AI Act : blocage du trilogue, tensions politiques et alerte cybersécurité autour du modèle Mythos d’Anthropic

    Les discussions entre le Parlement européen et les États membres n’ont pas permis d’aboutir à un accord pour retarder une partie de l’application du règlement européen sur l’IA.

    Au cœur des négociations figurait une proposition de report à décembre 2027 de certaines obligations, notamment pour les systèmes intégrés aux dispositifs industriels et médicaux. Les discussions ont également abordé l’interdiction des applications de “nudification” par IA.

    Le principal point de blocage concerne le périmètre réglementaire applicable à certains produits. Une partie du Parlement, soutenue par l’Allemagne, défend l’idée que les machines et dispositifs médicaux puissent relever prioritairement de réglementations sectorielles existantes plutôt que du cadre horizontal de l’AI Act. Cette position est contestée par plusieurs États membres et groupes politiques, qui y voient un risque de fragmentation juridique.

    En l’absence d’accord, le calendrier se resserre : les règles applicables aux systèmes d’IA à haut risque doivent entrer en vigueur dès août 2026, augmentant les incertitudes pour les acteurs concernés.

    Désaccord politique en Allemagne sur l’IA industrielle

    Les tensions autour de l’AI Act se reflètent également au niveau national. Le chancelier allemand Friedrich Merz a plaidé pour un assouplissement des règles applicables à l’IA industrielle, qu’il considère comme contraignantes. Dans une communication interne, les sociaux-démocrates alertent sur les conséquences potentielles d’un tel assouplissement : incohérences réglementaires, failles dans la protection des utilisateurs et avantage compétitif pour des acteurs non européens.

    Le modèle Mythos d’Anthropic au cœur des préoccupations

    En parallèle des discussions législatives, le Parlement européen a convoqué Anthropic pour une audition consacrée à son modèle expérimental “Mythos”.

    Ce système, non publié par l’entreprise, est présenté comme capable d’identifier et d’exploiter des vulnérabilités logicielles à grande échelle. L’audition doit porter sur les risques en matière de cybersécurité associés aux modèles d’IA avancés et leur encadrement réglementaire.

    Plusieurs responsables institutionnels sont attendus. La Commission européenne a par ailleurs été directement informée par Anthropic des capacités du modèle, notamment en matière d’exploitation de failles. Ces échanges incluent également le projet Glasswing, une initiative réunissant des entreprises technologiques et de cybersécurité pour corriger les vulnérabilités identifiées.

    Selon plusieurs analyses, le modèle Mythos marque une évolution dans les capacités des systèmes d’IA à automatiser des cyberattaques complexes. Il aurait notamment été capable d’identifier des milliers de vulnérabilités et de mener de bout en bout une simulation d’attaque sur un réseau d’entreprise développée par le UK AI Security Institute.

    Face à ces avancées, deux approches se dessinent :

    • Au UK, une réponse rapide qui repose sur des tests techniques et des échanges avec les acteurs privés.
    • Dans l’Union européenne, un cadre réglementaire structuré couvre l’ensemble du cycle de vie des modèles.

    Pression pour structurer la participation de la société civile

    En parallèle, 35 organisations et chercheurs demandent à l’AI Office de préciser la mise en place de l’Advisory Forum, destiné à intégrer la société civile dans la mise en œuvre du règlement.

    Bien que l’appel à candidatures ait été clôturé en septembre 2025, aucune échéance n’a été communiquée pour son lancement. Les signataires alertent sur un risque de concentration des discussions entre institutions européennes et acteurs industriels, au détriment d’autres parties prenantes.

    Ils appellent à une participation élargie, notamment sur des sujets sensibles comme les usages interdits, la classification des systèmes à haut risque ou les obligations en matière de droits fondamentaux.

    Entre contraintes industrielles, enjeux de souveraineté et montée des risques liés aux modèles, les arbitrages restent ouverts.