539 demandes d’autorisation en santé
Dans son rapport annuel 2025, publié le 18 mai, la CNIL met en avant l’augmentation des sollicitations liées à la santé, dans un contexte marqué par l’essor de l’IA, la multiplication des cyberattaques et le renforcement des obligations européennes.
En 2025, la commission a traité 539 demandes d’autorisation dans le domaine de la santé pour des recherches, études ou évaluations ne relevant pas de ses référentiels. Parmi elles, 406 concernaient directement la recherche en santé.
L’autorité souligne également avoir lancé plusieurs consultations publiques touchant au secteur sanitaire, notamment sur les dossiers médicaux. Ces travaux s’inscrivent dans une stratégie d’accompagnement des professionnels confrontés à des usages en hausse des données de santé, dans les établissements comme dans l’écosystème numérique.
Au total, la CNIL a traité 1 351 demandes de conseil et rendu 90 avis sur des projets de loi ou de textes réglementaires.

Les données de santé dans le viseur des contrôles cybersécurité
La cybersécurité constitue l’un des principaux axes du rapport. La CNIL a reçu 6 167 notifications de violations de données, en hausse de 9,5 % sur un an. Un incident déclaré sur deux relève d’un piratage informatique.
Les données de santé figurent parmi les catégories explicitement citées par l’autorité dans ses priorités de contrôle pour 2026, aux côtés des données bancaires, de localisation ou des fichiers de l’État.
La CNIL indique que les contrôles cibleront notamment les organismes ayant subi une violation, faisant l’objet de plaintes ou traitant massivement des données sensibles. Les manquements en matière de cybersécurité représentent déjà un tiers des contrôles et près de 30 % des sanctions prononcées en 2025.
IA médicale : la CNIL prépare l’application du règlement européen
Le rapport revient aussi sur l’entrée en application progressive du règlement européen sur l’intelligence artificielle. La CNIL devrait devenir autorité de surveillance du marché pour certains systèmes d’IA à haut risque, notamment dans des domaines touchant à la biométrie ou à l’emploi. Dans cette perspective, l’autorité poursuit ses travaux sur l’IA et les données personnelles. Elle a publié en 2025 plusieurs ressources destinées aux concepteurs et développeurs d’IA, après consultation publique.
La CNIL participe également au projet PANAME avec l’ANSSI, Inria et le PEReN. Ce programme vise à développer une bibliothèque logicielle capable d’identifier si un modèle d’IA traite des données personnelles.
Une montée en charge sous contrainte
Le rapport met enfin en avant l’écart entre l’élargissement des missions de la CNIL et ses moyens. L’autorité dispose de 303 agents pour un budget de 30,2 M€ en 2025.
Dans son avant-propos, la présidente Marie-Laure Denis estime que l’IA transforme déjà les pratiques des délégués à la protection des données (DPO), de plus en plus impliqués dans les projets d’IA en santé et confrontés à des besoins de montée en compétence technique et juridique.

