VERDU BISSI Alexandre

  • Le déploiement de solutions de réutilisation des données freiné par une fragmentation des paysages numériques (rapport)

    Un sujet qui intéresse les chercheurs et les industriels

    La réutilisation des données de santé pour d’autres fins que la prise en charge des patients est devenue un enjeu majeur à l’ère du numérique. Pourtant le Forum économique mondial a déclaré que 97% des données de santé produites n’étaient pas réutilisées que ce soit pour la recherche, la mise en place d’innovations ou de politiques. C’est dans ce contexte que des chercheurs et industriels (37 experts en tout) se sont réunis au Einstein Center Digital Future de Berlin en novembre 2023 et ont débattu des possibilités offertes par ces données pour améliorer les systèmes de santé et proposer des innovations. Les points essentiels de cette conférence ont été repris dans le rapport “Creating value from the secondary use of health data : international examples, Best practices, and opportunities to Scale” publié dans le Communications of the Association for Information Systems (CAIS) Journal en septembre 2024.

    L’importance de la qualité des données

    La qualité des données est l’un des sujets abordés lors de cette conférence et les points de vue des experts universitaires et industriels convergent. Les deux perspectives s’accordent sur l’importance d’une approche multidimensionnelle de la qualité des données, reconnaissant qu’il ne suffit pas d’évaluer uniquement les aspects techniques. Une bonne collaboration entre experts métiers et techniques est essentielle pour évaluer pleinement la pertinence des données dans un contexte donné, qu’il s’agisse de recherche ou d’applications industrielles. Ainsi, les deux mondes se rejoignent sur l’idée que la qualité des données ne peut être séparée de leur finalité d’utilisation, et que des partenariats interdisciplinaires sont la clé pour maximiser leur potentiel dans le cadre d’une utilisation secondaire de celles-ci.

     

    Pour Agnieszka Patecka, chercheuse spécialisée sur l’usage secondaire des données à l’European New School of Digital Studies, la qualité des données doit être comprise en fonction de leur “pertinence pour l’usage” : elle comprend une dimension technique, qui inclut des critères objectifs tels que l’exactitude et la complétude des données, et une dimension contextuelle qui concerne l’adéquation des données à un usage spécifique. Une vision que les industriels présents ont rejoint en indiquant que la création de valeur à partir des données de santé repose sur leur qualité ainsi que sur leur usage, et que ceux-ci doivent être assurés tout au long de la vie des données.

     

    Les industriels et les chercheurs s’accordent sur l’idée que la qualité des données ne peut être séparée de leur finalité d’utilisation, et que des partenariats interdisciplinaires sont la clé pour maximiser leur potentiel

    Des obstacles empêchant une utilisation secondaire à grande échelle

    Si les experts ont conscience de l’importance de la réutilisation des données de santé dans le cadre de la recherche ou de la mise en place de politiques industrielles et publiques, de nombreux obstacles, comme l’interopérabilité, la qualité des données et les questions de protection de la vie privée, persistent et freinent une adoption plus globale. Lors de la conférence, ils ont pris l’exemple de l’Espace européen des données de santé (EHDS), qui est une initiative pionnière dans la question de l’usage secondaire des données de santé de manière transfrontalière, mais qui reste confrontée à une fragmentation du paysage numérique européen et aux défis liés à la normalisation des données.

    Plusieurs initiatives internationales

    La conférence a aussi été l’occasion de présenter plusieurs initiatives internationales portant sur l’usage secondaire des données de santé, notamment des initiatives états-uniennes, allemandes et danoises. Vivli est l’une des plateformes qui a été présentée : elle permet le partage de données de haute qualité issues d’essais cliniques afin que les chercheurs et les entreprises pharmaceutiques puissent les réutiliser après la publication des résultats. Avec des données provenant de 3,7 millions de patients au travers de 127 pays, elles ont permis la publication de 265 études dans le monde.

     

    Les experts ont aussi mentionné le gouvernement du Danemark qui a su s’illustrer dans le domaine, notamment pour son avance dans l’utilisation des données des dossiers patients informatisés pour des recherches à l’échelle européenne sur l’intelligence artificielle (IA) et les modèles prédictifs. Ils ont toutefois noté que le déploiement de solutions n’est pas parfait à cause de difficultés liées à l’accès aux données et à l’interopérabilité.

  • Cybersécurité : augmentation de 32 % des cyberattaques en direction du monde de la santé en une année

    Des attaques motivées par le gain pécuniaire

    Compte tenu de l’importance des organisation de santé, qu’elles soient des entreprises privées ou des établissements de soins, elles sont devenus au fil des années les cibles privilégiées pour les cybercriminels qui ont pour objectif de s’enrichir grâce à leurs attaques : c’est ce qu’indique la société spécialisée dans la cybersécurité, Check point research, dans son rapport paru en septembre 2024. Le caractère sensible des données permet aux hackers de les vendre sur le dark web à des prix d’or ou de réclamer aux entités cyber-attaquées une rançon s’ils ne veulent pas voir leurs données rendues publiques. La rançon est aussi fréquemment utilisée lors des attaques par rançongiciels (ransomwares), des attaques qui empêchent la victime d’avoir accès à son système d’information jusqu’au paiement de la somme demandée par les hackers.

    C’est pour cette raison que les entreprises et les établissements de santé se sont hissés à la troisième place des organismes les plus ciblés par les cybercriminels, avec 10 % des cyberattaques en 2024 et un nombre d’attaques hebdomadaires moyen s’élevant à 2 018 entre janvier et septembre 2024, soit une augmentation de 32 % par rapport à la même période de l’année 2023.

    Des cybercriminels s’associent pour attaquer le monde de la santé :

    Dans son rapport, CPR montre que les cybercriminels collaborent pour attaquer les organismes du monde de la santé que ce soit en donnant accès contre rémunération aux systèmes d’information des entreprises ou des établissements qu’ils ont déjà piratés, ou en louant leur infrastructure pour permettre à des hackers moins chevronnés de tenter des cyberattaques. C’est le cas du groupe RansomHub qui a publié une offre sur le dark net proposant un accès à son infrastructure contre une rémunération équivalant à 10 % de la rançon obtenue.

    Annonce sur le dark net du groupe cybercriminel RansomHub qui propose son infrastructure contre rémunération d'une partie de la rançon obtenue par l'utilisateur - @CPR
    Annonce sur le dark net du groupe cybercriminel RansomHub qui propose son infrastructure contre rémunération d’une partie de la rançon obtenue par l’utilisateur – @ CPR

    Sur les 12 derniers mois, les attaques en direction des organismes de la santé ont atteint 15 % des toutes les cyberattaques enregistrées dans le monde, notamment à cause du groupe ALPHV/BlackCat qui a publiquement encouragé les hackers à se concentrer spécifiquement sur les hôpitaux et les entreprises du secteur.

    La transformation numérique accentue les risques de cyberattaques

    Le rapport montre aussi que certaines régions du monde sont plus touchées que d’autres, comme c’est le cas de l’Asie qui est la région la plus visée et où les organismes du secteur de la santé ont subi 4 556 attaques par semaine, soit une augmentation de 54 % sur un an. L’Europe est la région la moins touchée mais elle a connu la plus grande augmentation passant de 1 081 attaques par semaine à 1 686, soit une augmentation de 56 %.

    Pour CPR, l’augmentation de ces attaques est majoritairement dû à la transformation numérique du monde de la santé – notamment avec la généralisation de la télémédecine et l’augmentation du volume des données de santé et des dossiers numériques dans lesquels elles sont stockées – couplée à un manque d’infrastructures de cybersécurité robustes nécessaires pour se protéger contre les menaces avancées.

     

  • EHDS : un cadre adapté aux approches centralisées et décentralisées est nécessaire (rapport)

    L’EHDS, grand chantier de la Commission européenne

    À l’ère de la digitalisation de la santé et de l’accélération de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur, la mise en place d’un espace permettant le partage, l’utilisation et le transfert des données à l’échelle européenne semble indispensable : c’est ce qu’explique Anastasia Natrova, experte en recherche et en innovation à la Commission européenne, et Adam Skali, expert pour EIT Health, dans leur rapport dédié à l’Espace européen des données de santé (EHDS).

    Lancé en 2022, ce projet vise à permettre à l’Union européenne de maîtriser ses données tout en garantissant à ses citoyens un accès direct à leurs informations personnelles de santé. Il a également pour objectif d’assurer la continuité des soins des patients au sein de l’Union européenne et de créer un cadre sécurisé commun à l’échelle de la région. Il s’agit d’ailleurs de l’un des principaux chantiers confiés par la président de la Commission, Ursula Von der Leyen, à son commissaire en charge de la santé et du bien-être animal, Olivér Várhelyi, dans une lettre de mission du 17 septembre 2024.

    La première étape vers une UE de la santé :

    Le rapport des deux experts souligne que l’EHDS constitue une étape importante pour la mise en place d’une Union européenne de la santé. Il devrait avoir un impact à la fois sur les soins et sur la recherche. En plus de permettre aux patients d’être pris en charge de manière continue dans toute l’Union, cet espace favorisera une utilisation secondaire des données à une échelle bien plus large qu’un simple groupe d’hôpitaux, une région ou un pays. Cela offrira aux chercheurs européens une source plus abondante de données de qualité.

    De nombreux défis à surmonter

    Avant la mise en place de l’EHDS, de nombreux défis doivent encore être surmontés, notamment ceux liés à l’interopérabilité des outils utilisés dans les différents pays de l’Union européenne, ainsi qu’aux questions juridiques : sans la possibilité de partager et de consulter rapidement les données de santé entre les pays, l’EHDS ne pourra pas fonctionner de manière viable.

    La nécessité d’un cadre flexible, entre centralisation et décentralisation :

    Le rapport propose différentes pistes pour surmonter les défis identifiés. Chaque pays ayant son propre système de santé, il est difficile de mettre en place un partage fluide des données. Selon leur taille, les pays adoptent des solutions plus ou moins centralisées. Parfois, des systèmes centralisés et décentralisés coexistent, comme c’est le cas en Allemagne. À l’inverse, un pays comme l’Estonie qui compte 1,3 millions d’habitants adopte des systèmes numériques centralisés “en raison d’une décentralisation moindre et de complexités régionales moins importantes”. C’est pourquoi Adam Skali et Anastasia Natrova insistent sur la nécessité de créer un cadre flexible, capable de s’adapter à la fois aux approches centralisées et décentralisées, pour garantir un partage transfrontalier fluide des données.

    La question de l’unification des dossiers de santé électroniques est également primordiale. Sans un accord sur les types de fichiers qu’ils contiennent, le partage fluide des données entre les pays européens est impossible. Si certains d’entre eux utilisent principalement des fichiers au format PDF, d’autres emploient des formats plus complexes. Les États membres devraient donc s’entendre sur des formats de fichiers communs, afin qu’ils puissent être transmis et consultés n’importe où au sein de l’UE.

    Des compétences humaines indispensables :

    Si ces défis sont surmontés à l’avenir, les deux experts soulignent également l’importance de disposer, dans chaque pays, de professionnels compétents capables de gérer ces données. Ils devront être en mesure de les exploiter efficacement pour tirer pleinement parti de l’EHDS.

     

  • IA : seules 20 % des entreprises des sciences de la vie européennes utilisent des outils (étude Expleo).

    Un fort intérêt pour l’IA dans les entreprises européennes, malgré un faible déploiement

    Diminution des coûts, meilleure qualité de travail, gain de productivité et accélération du développement des produits pour une mise sur le marché plus rapide… toutes ces avantages sont permis par l’IA pour plus de 9 dirigeants d’entreprises européennes sur 10 interrogés par Ipsos et Expleo qui ont publié, à la fin du mois d’août 2024, une étude sur l’intégration de l’IA dans les entreprises européennes. Pour ce faire, les deux sociétés ont interrogés 803 dirigeants d’entreprises européennes, dont 201 en France, qui exercent dans 8 secteurs, à savoir l’aéronautique et la défense, l’automobile, les sciences de la vie, les services financiers, les transports, les énergies, la vente et la manufacture.

    La majorité des dirigeants ont montré un fort intérêt pour cette technologie, puisque même si seulement 24% d’entre eux ont indiqué que des outils d’IA sont utilisés au sein de leur société, 72% souhaitent en déployer au cours de l’année qui arrive. Ce faible taux d’utilisation d’outils s’explique notamment par la faible présence d’experts en IA au sein des entreprises, mais  les dirigeants comptent répondre à cette problématique par une délégation externe concernant la question de l’IA, puisque 60% des interrogés ont indiqué qu’ils font déjà appel ou compte faire appel à des experts externes à l’entreprise pour mettre en place une stratégie autour de cette technologie.

    Une priorité urgente pour la majorité des entreprises

    Malgré ce faible taux d’utilisation, l’IA est une priorité urgente pour la grande majorité des entreprises et 50% des dirigeants indiquent que le comité exécutif de leur entreprise souhaitent une intégration rapide de l’IA. En effet, l’étude montre que même si seulement 24% des dirigeants interrogés dirigent une entreprise dans laquelle que des outils d’IA sont d’ores et déjà utilisés, 30% déclarent que l’acquisition d’outils est en cours, quand 33% disent se pencher sur la question d’une acquisition future. Au final, seul 13% des interrogés répondent négativement à la question “votre entreprise investit-elle dans l’IA ?”, même si là encore 9% indiquent que l’entreprise se penchera sûrement sur la question d’un tel investissement au cours des 12 prochains mois : seuls 3% des dirigeants ne souhaitent pas du tout intégrer ces outils au sein de leur société.

    Le taux des entreprises européennes qui utilisent des outils IA
    Le taux des entreprises européennes qui utilisent des outils IA

    Pour une intégration réussie de ces outils dans les entreprises européennes, Expleo a relevé au travers de ses sondages, 6 étapes importantes à suivre :

    1️⃣ tout d’abord, il doit y avoir une identification des besoins réels concernant l’IA pour l’entreprise, pour ne pas utiliser des outils qui coûtent chers et qui n’auraient pas de réel intérêt pour la société ;

    2️⃣ suite à cela, une évaluation technique et financière de la faisabilité de la mise en place d’outils est nécessaire, pour s’assurer que la société à les ressources tant en termes de personnel compétent, qu’en terme financier pour déployer ces outils ;

    3️⃣ l’entreprise doit ensuite s’assurer de choisir la bonne technologie d’intelligence artificielle qui saura le mieux convenir à ses besoins et qui pourra être utilisée le plus facilement possible par ses équipes pour en tirer le maximum d’avantages ;

    4️⃣ après le choix d’une solution qui convient le mieux aux besoins et au budget de l’entreprise, Expleo explique que le choix des données à faire travailler avec ces solutions et tout aussi important, voire plus important, que le choix de la solution : un pipeline doit être mis en place pour indiquer quelles données doivent être utilisées par les outils d’IA, en privilégiant des données qualitatives ;

    5️⃣ une fois la solution et le type de données choisis, il convient de faire entraîner la solution avec des données représentatives pour s’assurer de son intérêt pour l’entreprise ;

    6️⃣ la dernière étape consiste, quant à elle, à s’assurer de la supervision de l’outil et des données qui doivent constamment être mis à jour pour bénéficier d’un meilleur résultat.

    L’IA qui peine à être vue comme un vecteur de transformation dans le secteur des sciences de la vie

    Sur les 8 secteurs présents dans cette étude, celui des sciences et de la vie arrive en avant dernière place concernant le taux des dirigeants d’entreprises qui pensent que l’IA va transformer le secteur (juste avant le secteur des énergies) et en dernière position concernant le taux de dirigeants qui pensent que l’IA va transformer les procédés et l’organisation au sein des entreprises (avec seulement 45% des dirigeants qui pensent cela). Et même si plus de la moitié des entreprises seront prochainement équipées d’outils d’IA (59%) seuls 20% en sont dotées actuellement.

    Perception de l’impact transformationnel de l’IA dans les différents secteurs d’activité par rapport aux niveaux d’adoption des outils d’IA
    Perception de l’impact transformationnel de l’IA dans les différents secteurs d’activité par rapport aux niveaux d’adoption des outils d’IA

    Cela s’explique par de nombreuses barrières qui sont encore présentes dans le secteur et qui nuisent à une meilleure propagation et utilisation des outils d’IA, notamment les difficultés techniques à une telle mise en place – puisque 55% des interrogés indiquent qu’il est difficile d’intégrer l’IA dans les outils actuellement utilisés -, mais aussi le coût des solutions (pour 35% d’entre eux), le manque de compétences des employés (25%), ainsi que la crainte concernant la sécurité des données (25%).

    Une utilisation qui a pourtant fait ses preuves

    Cependant, l’utilisation de l’IA dans le secteur a fait ses preuves et plusieurs initiatives ont montré l’intérêt de cette technologie pour le secteur, surtout dans le monde de la santé. L’étude indique que l’IA permet notamment : aux équipes médicales de gagner en efficacité, en prenant l’exemple de la Mayo Clinic qui utilise un chatbot qui répond aux questions des patients ; d’accélérer la découverte de médicaments en prenant l’exemple de Sanofi qui utilise l’intelligence artificielle et son calcul pour analyser plusieurs cibles médicamenteuses ; ou encore de réduire le temps d’interprétation d’un scanner, comme c’est le cas en Irlande où plusieurs hôpitaux utilisent l’IA pour analyser les radios des patients pour prendre une décision en moins de 3 minutes.

    Les utilisations remarquables de l'IA dans le secteur des sciences de la vie
    Les utilisations remarquables de l’IA dans le secteur des sciences de la vie

     

  • IA : seulement 40 % des start-ups françaises souhaitent recruter des profils spécialisés (rapport HubSpot)

    ChatGPT est l’outil le plus utilisé

    Dans son rapport sur la façon dont l’intelligence artificielle redéfinit la stratégie go-to-market des start-ups, le leader mondial des plateformes de gestion de la relation client (CRM), HubSpot, a interrogé plus de 1 000 fondateurs de jeunes start-ups à travers le monde. Son ambition : comprendre la façon dont ils utilisent les outils d’IA et d’IA générative en vue de lancer un produit ou un service sur le marché.

    Ainsi, ChatGPT s’avère être l’outil d’IA le plus utilisé dans les start-ups, dans les domaines suivants :

    • les ventes (67 %) ;
    • le marketing (63 %) ;
    • l’analyse de données (56 %) ;
    • ou encore l’expérience du client (60 %).

    La majorité des entrepreneurs interviewés se réjouissent de la percée des outils d’IA qui se fait remarquer de plus en plus. Ils pensent qu’il serait dommage de ne pas les utiliser pour accélérer leur entreprise, surtout dans leurs premières phases de leur développement :

    • pour 78 % d’entre eux, l’utilisation de l’IA aura un impact sur la croissance de leur entreprise au cours de la prochaine année ;
    • 34 % considèrent que cet impact sur la croissance sera significatif ;
    • tandis que 44 % pensent que cette utilisation apportera une croissance modérée.

    Une adoption encore partielle en France :

    Pour que l’IA contribue à la croissance des start-ups, il faudrait naturellement que ces dernières y investissent, notamment en recrutant des talents compétents dans le domaince. Dans certains pays, les start-ups prévoient de recruter fortement dans ce secteur : c’est le cas notamment de l’Inde, pays où 89 % des entrepreneurs ont prévu ce type de recrutement. Tandis que 60 % de leurs homologues français ne prévoient pas d’adopter cette stratégie.

    Pour expliquer cela, l’enquête de Hubspot précise que la France est l’un des pays où la croissance d’entreprise permise grâce à l’adoption d’outils d’IA est la plus faible : seulement 52 % des fondateurs de start-ups françaises rapportent avoir observé un tel impact, loin derrière les entrepreneurs indiens (89 %) et singapouriens (88 %).

    Classement des start-ups qui pensent recruter des experts de l'IA et qui ont remarqué une croissance avec l'adoption d'outils d'IA en fonction de leur pays - HubSpot
    Classement des pays où les start-ups comptent recruter des talents de l’IA et qui ont observé un impact sur leur croissance grâce à l’adoption d’outils d’IA – @ HubSpot

    66 % des start-ups de santé investissent dans des outils d’IA

    C’est donc dans un but d’accélération de la croissance que les entreprises investissent dans les outils d’IA. Sans surprise, ce sont des start-ups du numérique qui le font le plus (83 % déclarent l’avoir déjà fait). Elles sont suivies par des start-ups des secteurs suivant :

    • les services (77 % à investir dans des outils d’IA) ;
    • la manufacture (72 %) ;
    • les loisirs et l’hébergement (70 %).

    Les start-ups de la santé arrivent à l’avant-dernière place de classement (66 %). Un chiffre qui confirme les nombreuses recommandations récentes, émises par les acteurs du secteur de la santé qui enjoignent les entreprises à investir plus massivement dans les outils alimentés par l’IA et encouragent les pouvoirs publics à leur apporter leur soutien.

    Classement des start-ups qui investissent le plus dans l'IA, en fonction de leur secteur
    Classement des start-ups qui investissent le plus dans l’IA, en fonction de leur secteur – HubSpot

    Microsoft en avance sur les autres GAFAM

    L’étude de Hubspot souligne un autre point important, celui de l’avance prise par Microsoft par rapport aux autres entreprises des GAFAM. ChatGPT et GitHub Copilot – qui sont respectivement le premier et le troisième outil d’IA les plus utilisés par les start-ups interrogées à travers 21 pays – ont tous les deux été développés par OpenAI qui est partiellement détenu par Microsoft.

    Aucune trace de Gemini, développé par Google, parmi les 10 outils d’IA les plus cités par les entrepreneurs. Cela pourrait se justifier par le fait que cet outil a vu le jour en décembre 2023 alors que l’enquête de Hubspot a été menée en mars 2024, ce qui représente un laps de temps peut-être trop court pour qu’il soit adopté par les entreprises.

    Les outils d'IA les plus utilisés par les start-ups selon leur secteur - HubSpot
    Les outils d’IA les plus utilisés par les start-ups selon leur secteur – @ Hubspot

     

  • C Wolf au Leem et à Sanofi France, N Scotté potentiel remplaçant de T Breton à l’Inca… le point sur les nominations estivales

    Du changement dans les agences régionales de santé

    Depuis la fin du mois de juin, deux agences régionales de santé (ARS) ont opéré des changements au sein de leur direction. C’est le cas de l’ARS de Provence-Alpes-Côte d’Azur dont le nouveau directeur général est Yann Bubien, ancien directeur de cabinet adjoint de la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, mais aussi de l’ARS de Mayotte, dont Sergio Albarello a pris la direction.

    Mais ce ne sont pas les seuls changements remarqués dans ces agences, puisqu’au cours de l’été de nombreuses personnes ont été nommées à des postes importants. Xavier Boulanger a notamment été nommé secrétaire général de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté, quand Élodie Peribois et Pierre-Emmanuel Carchon ont été respectivement nommés comme directrice de l’autonomie et de la santé mentale et directeur de la délégation territoriale de Vendée de l’ARS Pays de la Loire. En août, Cécile Behaghel a quant à elle été nommée directrice de l’offre de soins de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, après avoir occupé ce poste en intérim depuis le départ de Nadège Grataloup (actuelle conseillère établissements de santé et ressources humaines au cabinet du ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention) en mars 2024. Xavier Boulanger a été nommé secrétaire général de cette même ARS, en remplacement d’Eric Virard qui a pris sa retraite, le 1er juillet.

    L’Agence territoriale de santé (ATS) du territoire ultramarin de Saint-Pierre et Miquelon a aussi connu en août le changement de son directeur, puisque Dominique Pascal, qui dirigeait l’agence depuis le 1er janvier 2022, a été remplacé le 1er juillet 2024 par Pascal Godefroy, qui a occupé plusieurs postes importants au sein de l’ARS Guadeloupe, notamment celui d’adjoint au directeur du pôle stratégie, ainsi que celui de directeur territorial de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy.

  • France 2030 : publication des feuilles de route pour les DM implantables et la chirurgie robotique

    Retrouver le leadership de la France en chirurgie

    La Direction générale des entreprises (DGE) et l’Agence de l’innovation en santé (AIS) ont été mandatées par le Gouvernement pour mettre en place des feuilles de route pour l’innovation en santé dans le cadre du plan France 2030. Doté de 54 milliards d’euros (dont 7,5 milliards pour la santé), ce plan a pour objectif de transformer durablement des secteurs clefs de l’économie, dont le numérique et la santé, par l’innovation technologique, de contribuer à réindustrialiser la France et de la positionner comme un leader mondial de ces secteurs.

    C’est dans ce cadre et afin d’accélérer le développement et la mise sur le marché de dispositifs médicaux (DM) innovants pour améliorer la prise en charge des patients et des personnes en situation de handicap, que la DGE et l’AIS ont publié, le 18 juillet 2024, deux nouvelles feuilles de route de Grands défis pour les DM implantables et la robotique en chirurgie :

    • la première, Grand défi “Dispositifs médicaux implantables”, vise à favoriser l’émergence d’innovations de rupture ;
    • tandis que la seconde, Grand défi “Robotique en chirurgie / Bloc augmenté”, vise à replacer la France parmi les leaders mondiaux de la robotique médicale.

    Lever les verrous de la filière robotique

    Même si l’avènement des technologies comme l’intelligence artificielle (IA) ou la robotique dans le secteur de la santé peut offrir des améliorations significatives, tant pour les patients que pour les soignants ou les chercheurs, la robotique reste encore trop peu utilisée, notamment dans le secteur de la chirurgie où elle s’avère pourtant être très plus performante : selon les chiffres de l’AIS, seulement 5 % des interventions chirurgicales en moyenne bénéficient d’une assistance robotique en France (contre près de 10 % aux Etats-Unis).

    L’ambition derrière la feuille de route du Grand défi “Robotique en chirurgie / Bloc augmenté” est claire : développer des robots médicaux pour la chirurgie de demain et faire de la France une nation pionnière en la matière. Pour ce faire, ce plan stratégique propose plusieurs solutions pour “lever les verrous de la filière robotique”.  C’est la concertation de 220 interlocuteurs de la filière DM qui a permis la mise en place de cette feuille de route et de ces 4 principaux objectifs. Ces derniers ont été fixés après avoir pris connaissance des forces et des faiblesses de la filière robotique pour la santé. Et si la France peut se vanter d’avoir une forte expertise technologique en matière de robotique, ainsi que des chirurgiens reconnus à l’international, les principaux problèmes rencontrés l’empêchant d’être le leader mondial sont :

    • les délais et les coûts pour l’obtention de marquage CE ;
    • les coûts d’acquisition des robots ;
    • mais aussi la pénurie d’ingénieurs spécialisés dans la santé qui dure depuis plusieurs années.

    Des APP, AMI et un référentiel pour les données attendus :

    Les 4 objectifs fixés par la feuille de route sont :

    • encourager le développement de robots chirurgicaux innovants et moins coûteux ;
    • favoriser les rapprochements intersectoriels ;
    • optimiser le processus d’accès au marché pour les DM d’équipements innovants ;
    • et développer des programmes de formation.

    Pour y parvenir, l’AIS et la DGE ont prévu de mettre en place des concertations, mais aussi des tiers-lieux d’expérimentation, des appels à projets (AAP) et des appels à manifestation d’intérêt (AMI). Parmi ceux-ci, on retrouve  :

    • un AAP pour le soutien aux innovations de rupture dans la filière DM implantables / robotique chirurgicale ;
    • un AMI pour aider les équipes hospitalières à intégrer les innovations dans leur pratique ;
    • une concertation pour la création d’un référentiel de données attendues en matière de robotique chirurgicale ;
    • et un tiers-lieux d’expérimentation pour les projets medtech à l’hôpital.

    Faire émerger des technologies limitant les risques de rejet

    Comme pour la robotique, la France est aussi bien ancrée dans le secteur des DM implantables mais fait toujours face à de nombreux défis tels que la dépendance aux importations pour les composants des DM et le coût élevé de développement des DM. Mais, comme pour tous les pays, le défi le plus important en termes de DM implantable, qu’il soit actif ou non, reste le risque de rejet dû à son caractère invasif.

    L’autre feuille de route dédiée au Grand défi “Dispositifs médicaux implantables” vise ainsi à faire émerger de nouvelles technologies “essentielles et transverses à l’usage de ces dispositifs médicaux au long cours”. Pour lever les verrous technologiques de la filière, l’AIS et la DGE ont là encore fixé 4 objectifs :

    • accompagner le développement de DM Implantables innovants, efficaces et sûrs ;
    • diminuer l’empreinte environnementale liée à l’utilisation des DM implantables au bloc opératoire ;
    • favoriser les rapprochements intersectoriels pour stimuler l’innovation ;
    • et attirer les ingénieurs au domaine de la medtech.

    Pour atteindre ces objectifs, la feuille de route prévoit notamment une concertation pour la construction de registres de pratiques standardisés, mais aussi le lancement d’un AMI “Compétences et métiers d’avenir” pour former et sensibiliser les acteurs de la filière afin de mieux collaborer et mieux déployer les innovations en medtech. Enfin, dans le cadre des deux nouvelles feuilles de route, l’AIS et la DGE ont prévu la mise en place d’une expérimentation pour une plateforme nationale collaborative sur la medtech.

  • Mon espace santé : des difficultés d’accès limitent son efficacité dans les ESMS (retex)

    56 ESMS pilotes

    Après son lancement le 13 février 2022, l’Agence du numérique en santé (ANS), la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS), la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) et la Caisse nationale de la solidarité pour l’autonomie (CNSA) se sont associées pour mettre en place une expérimentation de Mon espace santé en établissements et services sociaux et médico-sociaux, sur le modèle de la phase pilote lancée en 2022 pour le secteur sanitaire. 56 établissements pilotes ont alors été sélectionnés par les agences régionales de santé (ARS) dans les secteurs :

    • personnes âgées (PA) ;
    • personnes en situation de handicap (PH) ;
    • en établissement ou à domicile (DOM).

    Cette expérimentation qui a commencé en février 2024 doit ainsi permettre :

    • d’accélérer le déploiement de Mon espace santé ;
    • d’identifier les usages pour lesquels il y a un besoin d’échange de données de santé entre la personne prise en charge et les différents professionnels ;
    • et de démontrer l’intérêt de MES dans les ESMS, les fonctionnalités qui sont les plus intéressantes pour eux, ainsi que les freins rencontrés lors de son utilisation.

    Alors que l’expérimentation doit prendre fin en octobre 2024, l’ANS a organisé en juillet un webinaire dans le but de partager un retour d’expérience à mi-parcours de cette expérimentation. Des responsables des établissements pilotes y sont revenus sur la manière dont la solution a été prise en main au sein des ESMS, mais aussi sur les premiers apprentissages observés après 5 mois d’utilisation. Ils ont également abordé les principales difficultés identifiées. De son côté, l’ANS a profité de cette occasion pour présenter des leviers d’action susceptibles d’aider les structures participantes à surmonter ces difficultés.

    Calendrier de l'expérimentation MES dans les ESMS - @ ANS
    Calendrier de l’expérimentation MES dans les ESMS – @ ANS

    L’accessibilité de la plateforme comme principal frein

    Les 5 premiers mois d’expérimentation ont démontré que l’utilisation de MES dans les ESMS doit prendre en compte les spécificités de chaque secteur (PA, PH, DOM) pour adapter la stratégie d’embarquement des parties prenantes et de communication.

    Par ailleurs, des freins, tant techniques qu’organisationnels, ont été identifiés, et ils tiennent principalement à une question d’accès de toutes les parties prenantes, puisque la fracture numérique qui touche les professionnels comme les usagers entrave une utilisation fonctionnelle de MES, de même que le manque d’accès spécifique qui empêche les aidants ou les responsables légaux d’accéder au compte du patient en incapacité de le faire. Il a aussi été remarqué que pour certains établissements, la matrice du dossier médical partagé (DMP) n’est pas encore implémentée, ce qui ne permet pas la consultation de ce dernier par les professionnels à rôle et donc de partager des documents sur MES.

    Les points positifs à retenir concernent la forte capacité des ESMS à embarquer les professionnels de leur structure et de leur écosystème grâce à MES, ce qui peut être un levier pour favoriser une meilleure adoption de l’outil. Les établissements ont aussi commencé un travail de sensibilisation auprès des aidants sur l’importance d’utiliser MES. Une sensibilisation qui touche aussi les usagers directs, à savoir les patients, que les établissements pilotes accompagnent dans leur utilisation de la plateforme, notamment grâce à la mise à disposition de matériel informatique pour activer et consulter son profil, ou encore l’organisation d’évènements pour sensibiliser à MES.

    Premiers apprentissages de l'expériementation MES dans les ESMS - @ ANS
    Premiers apprentissages de l’expériementation MES dans les ESMS – @ ANS

    La phase 2 de l’expérimentation pour pérenniser les usages

    Compte tenu de tout ce qu’a permis de comprendre cette première phase de l’expérimentation, l’ANS et les établissements pilotes ont prévu de centrer sa deuxième phase sur :

    • la sensibilisation des partenaires, à savoir les centres hospitaliers, les pharmacies et les médecins de ville, dans l’alimentation de MES pour permettre une meilleure prise en charge du patient au sein des ESMS ;
    • et la pérennisation et généralisation des usages afin d’assurer leur continuité après l’expérimentation.

    Après cette deuxième phase, la remise de retours d’expérience finaux par les établissements est prévue pour le 15 novembre 2024. Grâce à eux, l’ANS souhaite capitaliser pour publier un guide de déploiement Mon espace santé dans le secteur médicosocial et permettre aux plus grand nombre d’établissements de se lancer dans son utilisation.

     

  • IA : 85 % des médecins appréhendent des erreurs et des incidents critiques (étude Elsevier)

    Des médecins optimistes

    Selon l’enquête d’Elsevier, menée auprès de plus de 1 000 professionnels du secteur de la santé montre, 71 % de ces derniers pensent que l’IA, ainsi que l’IA générative (GenAI), auront à terme un impact significatif sur leur quotidien. Ils vont même jusqu’à parler d’une transformation totale de leurs méthodes de travail.

    La majorité des professionnels sondés (94 % de ceux qui ont indiqué que l’IA aura un impact significatif) pensent que cet effet viendra des assistants intelligents qui permettent de détecter automatiquement les symptômes et de reconnaître les pathologies des patients.

    Lorsqu’il leur a été demandé quels sont les bénéfices les plus probables d’une intégration forte de l’IA en santé, les médecins ont répondu majoritairement que cela permettrait :

    • d’accélérer l’acquisition de connaissances scientifiques, ainsi que d’augmenter le nombre de recherches universitaires et médicales réalisées (96 %) ;
    • de réaliser des économies pour les acteurs du monde de la santé (92 %) ;
    • ainsi que d’augmenter la qualité du travail des professionnels de la santé (88 %).

    De nombreuses craintes qui persistent :

    Malgré une bonne opinion de l’IA chez les médecins, ils restent nombreux à craindre les potentiels risques qu’elles représente. Parmi lesquels :

    • la désinformation, qu’elle concerne les professionnels ou les patients utilisant des chatbots alimenté par l’IA (pour 93 % des répondants) ;
    • des erreurs cliniques ou des incidents critiques (85 %) ;
    • la dépendance des médecins à l’IA  dans leur prise de décision clinique (82 %) ;
    • et enfin des “perturbations sociales” (79 %).

    Pour prévenir ces risques, la majorité des médecins (73 %) souhaitent que les outils basés sur l’IA générative ne doivent s’appuyer que sur des sources de très bonne qualité.

    L’IA encore trop peu utilisée

    Parallèlement à ces craintes, une faible utilisation de l’IA empêche sa prise en main et une bonne assimilation de la technologie par les professionnels de santé. En effet, sur les 1 000 médecins interrogés dans le cadre de l’étude d’Elsevier :

    • seuls 8 % ont déclaré être très familiers avec l’IA ;
    • 5 % déclaraient ne pas du tout être familiers avec cette technologie.
    • cependant 87 % affirment être moyennent familiers avec elle ;
    • et 95 % des médecins connaissent l’IA et son fonctionnement.

    Il est tout de même à noter que, parmi les médecins familiers avec l’IA :

    • 50 % déclarent ne l’avoir jamais utilisée de manière générale ;
    • 24 % ne l’ont jamais utilisé dans le cadre de leur travail ;
    • et seulement 24 % des répondants affirment utiliser l’IA au travail.

    Les médecins américains et chinois à l’avant-garde de l’adoption de l’IA :

    Ce rapport montre, par ailleurs, que les médecins qui utilisent le plus l’IA au travail sont localisés en Chine (35 %) et aux Etats-Unis (24 %).

    Les personnes qui n’ont jamais utilisé l’IA parmi celles sondées pensent à 66 % d’entre elles l’utiliser d’ici 2 à 5 ans dans le cadre de leur travail et au-delà. Là encore, ils s’agit surtout de médecins exerçant en Chine : ils pensent à 93 % y avoir recourt très prochainement.

     

  • DCT/US : la DiME lance un consortium pour promouvoir l’utilisation des « digital endpoints »

    Accélérer l’utilisation d’indicateurs numériques

    Pour l’association américaine Digital Medicine Society (DiME), les indicateurs numériques peuvent rendre les essais cliniques plus centrés sur le patient, basés sur les données et adaptables pour répondre aux besoins changeants de la recherche. Cependant, leur utilisation n’est pas encore généralisée (bien qu’elle tend à l’être comme le montre l’étude Health & Tech Intelligence sur les essais cliniques décentralisés, publié en juin 2024), ce qui peut être perçu comme un manque à gagner pour la recherche.

    C’est dans cette optique que la DiME a lancé un consortium nommé “Building the Business Case for Digital Endpoints” qui a pour objectif de promouvoir l’utilisation d’indicateurs numériques dans la recherche. S’inscrivant dans une logique d’accélération grâce aux nouvelles technologies qui permettent de mener des essais cliniques accessibles à plus de patients, cette annonce survient après l’approbation par la Food and drug administration (FDA) d’un premier indicateur numérique pour un usage dans les essais cliniques. La FDA est d’ailleurs membre de ce consortium, aux côtés de 38 autres partenaires, dont Roche et Sanofi.

    Analyser la rentabilité de l’utilisation de ces outils

    Le consortium va mettre en place une analyse de rentabilité de l’utilisation des indicateurs numériques dans les essais cliniques, afin que leurs promoteurs comprennent son intérêt et son efficacité et, in fine, contribuent à l’amélioration de la prise en charge des patients. Pour ce faire, la DiME prévoit d’établir des référentiels permettant d’évaluer le retour sur investissement (ROI) de l’utilisation des indicateurs numériques dans le développement de médicaments et de dispositifs médicaux.

    Cette initiative prévoit aussi de se tenir aux plus près des acteurs de la recherche en accompagnant les entreprises dans l’élaboration d’analyses de rentabilité de ces outils, afin de faciliter l’avancement, la mise en œuvre et l’adoption généralisée des indicateurs numériques dans les essais cliniques. Les 38 partenaires sont, à leur tour, prêts à aider les entreprises intéressées à prendre des décisions éclairées et à mettre en place des stratégies d’investissements pour un usage des digital endpoints dans les essais cliniques.

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    Partenaires du projet Building the Business Case for Digital Endpoints – @ DiME