VERDU BISSI Alexandre

  • Bilan de l’été 2024 : Iktos, AstraZeneca, UnitySc, Sanoïa… Les principales opérations du marché français

    Iktos intègre les solutions de Synsight à sa plateforme de découverte de médicaments par l’IA

    Accélérer le processus design-make-test pour découvrir de nouveaux médicaments plus rapidement : tel est l’objectif du rachat du français Synsight par Iktos, entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) et la robotique pour la conception de nouveaux médicaments. Alors qu’Iktos est déjà reconnu pour ses solutions permettant de faciliter la découverte de médicament, notamment sa plateforme alimentée par l’IA générative qui permet la conception de molécule ainsi que leur réaction chimique de manière virtuelle, l’acquisition de Synsight va permettre à l’entreprise parisienne de bénéficier d’une licence unique pour une technologie de “criblage in cellulo à haute performance de molécules modulatrices des interactions protéine-protéine et protéine-ARN”.

    Cette technologie appelée MT Bench permet de détecter les interactions protéine-protéine (IPP) et ARN-protéine (IRP) in cellulo et va donc permettre, en s’intégrant à la plateforme d’Iktos, à la société parisienne d’internaliser ses tests biologiques des composés synthétisés et donc de s’assurer plus rapidement de l’efficacité des molécules découvertes grâce à l’IA. Comme l’a indiqué le PDG d’Iktos lors du rachat – dont le prix de vente n’a pas été communiqué -, cette acquisition va renforcer la position d’Iktos sur le marché de la découverte de médicaments par l’IA car elle va”étendre la plateforme au domaine des interactions protéine-protéine (IPP) et ARN-protéine (IPR), des cibles très difficiles, répondant ainsi à des besoins médicaux majeurs non satisfaits dans les domaines du cancer et des maladies neurodégénératives”.

    Ospi renforce sa position d’acteur majeur de la donnée à l’hôpital avec le rachat d’Alicante

    Améliorer l’efficience des établissements de santé et accélérer la recherche clinique au bénéfice des patients : telle est l’ambition de la société lyonnaise Ospi, qui a annoncé le rachat d’Alicante, une entreprise spécialisée en codage médical et valorisation de données de santé grâce à l’IA. Ce rachat fait d’Ospi un acteur français majeur de la donnée à l’hôpital. En effet, moins d’un an après sa création – suite au rapprochement du groupe PSIH, éditeur de solutions décisionnelles sur les données de santé médico-économiques de l’hôpital, avec la start-up Collective Thinking, éditrice d’une plateforme brevetée de traitement des données en vie réelle par l’intelligence artificielle – , Ospi élargit son offre en rachetant la société Alicante, ce qui va lui permettre de bénéficier d’une offre de solutions logicielles – basée sur plusieurs technologies d’IA, telles que le machine learning ou le deep learning – , qui permet de récupérer les données de santé produites par les centres hospitaliers, de les indexer et de les enrichir afin de pouvoir les analyser.

    Si aucun chiffre n’a été communiqué à propos du montant pour le rachat d’Alicante, Ospi a indiqué que ce rapprochement a été rendu possible par le fonds Lauxera Capital Partners qui était déjà “l’acteur principal” de la création d’Ospi en rapprochant le groupe PSIH avec la start-up Collective Thinking en automne 2023. Pierre Moustial, président et fondateur du fonds, avait notamment déclaré que cette étape était “obligatoire et évidente pour permettre au groupe d’atteindre son objectif de création d’un champion français de la donnée de santé à l’hôpital, l’intelligence artificielle étant aujourd’hui fondamentale pour permettre un meilleur traitement et une meilleure gestion des données de santé”.

    Déjà considéré comme un acteur majeur de la donnée à l’hôpital, Jean-Baptiste Angeloglou, CEO d’Ospi, s’est réjoui de ce rapprochement avec Alicante lors de son annonce en expliquant qu’”en intégrant les équipes d’Alicante et leur expertise technologique, Ospi renforce sa position de leader dans le domaine de la donnée de santé et de l’IA à l’hôpital”.

    Astek intègre Sanoïa à sa division Life Sciences 

    Accompagner les chercheurs aussi bien sur l’opération de leurs études cliniques que sur l’exploitation des données de santé en vie réelle : tel est l’objectif de la prise de participation majoritaire du groupe francilien Astek dans la société de recherche contractuelle (CRO), Sanoïa, connue pour son savoir-faire dans la conception, le conseil et le management de grandes cohortes en vue de la réalisation d’études cliniques de manière totalement digitalisée.

    Devenant actionnaire majoritaire de la société originaire d’Aubagne, le groupe Astek va l’intégrer à sa division Life Sciences, afin de compléter son CRO qui permet d’accompagner ses clients aussi bien sur l’opération de leurs études cliniques que sur l’exploitation des données de santé en vie réelle. En effet, le savoir-faire de Sanoïa lui a permis de développer des solutions digitales dont sa plateforme numérique reconnue pour mettre en place des cohortes digitales. En plus de l’intégration au sein d’Astek, cet investissement de la part du groupe francilien va permettre à Sanoïa d’accélérer son développement et d’avoir l’opportunité de travailler avec de nouveaux chercheurs déjà clients du groupe.

    Du côté d’Astek, cette acquisition va lui permettre de renforcer sa capacité à effectuer de la recherche contractuelle et d’être en mesure d’accompagner de manière globale ses clients en France et dans le monde, à déclarer le CEO du groupe Julien Gavaldon au moment de l’annonce de sa participation au capital de Sanoïa.

    Le groupe Merck rachète le Grenoblois UnitySc pour plus de 155 millions d’euros

    Développer plus facilement et plus rapidement de nouvelles solutions intégrées dotées de l’IA pour la santé : telle est l’ambition du groupe allemand Merck qui a racheté l’entreprise grenobloise UnitySc, spécialisée dans les outils de mesure pour la conception de de puces informatiques plus rapides, plus petites et plus efficaces que celles disponibles sur le marché et utilisées dans les solutions d’IA en santé.

    Alors que les solutions d’IA ont besoin d’être toujours plus performantes et de traiter toujours plus de données, la fabrication des puces qui les composent doit être optimisée en vue d’augmenter leur qualité, leur rendement mais aussi de baisser leur coût de production : c’est là qu’UnitySc intervient. En effet, l’entreprise grenobloise propose des solutions de calcul de performance de ces puces pour s’assurer de qualité. Cela permettra à Merck de disposer au sein de son portefeuille d’outils de métrologie pour bénéficier en interne de solutions de contrôle pour le développement de puces “toujours plus rapides, plus puissantes et plus efficaces”.

    Le groupe Merck a annoncé que le montant de l’opération comprend un paiement de 155 millions d’euros, ainsi que d’autres paiements d’étape. L’acquisition finale d’UnitySc doit cependant nécessiter une consultation des comités d’entreprise français et reste soumise à l’approbation des autorités réglementaires et à d’autres conditions de clôture, même si le groupe explique qu’elle devrait être finalisée d’ici fin 2024.

    1,05 milliard de dollars pour le rachat de la biotech Amolyt Pharma par AstraZeneca

    Rester dans la course du développement de traitements pour les maladies rares : c’est l’ambition qu’animait le géant de l’industrie pharmaceutique, AstraZeneca, lorsqu’il a racheté le 15 juillet 2024 la biotech lyonnaise Amolyt Pharma pour près d’un milliard d’euros (960 millions d’euros), ce qui en fait l’un des plus gros montants pour l’achat d’une entreprise de la French Tech.

    Si le groupe pharmaceutique suédo-britannique a racheté totalement Amolyt Pharma pour une telle somme, c’est parce que la biotech française développe des traitements pour les maladies endocriniennes rares, notamment “l’eneboparatide (AZP-3601), un peptide thérapeutique expérimental de phase III avec un nouveau mécanisme d’action conçu pour atteindre des objectifs thérapeutiques clés pour l’hypoparathyroïdie”. Avec ce rachat, Amolyt Pharma a intégré Alexion, branche d’AstraZeneca dédiée aux maladies rares, qui possède donc désormais d’un pipeline plus important pour le traitement des maladies rares.

     

    @ Health&Tech Intelligence

     

     

  • GenAI : le coach de santé développé par la start-up lancée par le fonds d’OpenAI

    Modifier les comportements du quotidien

    Partant du constat que de nombreuses maladies chroniques – telle que le diabète, certains cancers, le cholestérol, l’hypertension, ou encore le syndrome de fatigue chronique – sont la conséquence de mauvaises habitudes de vie, OpenAI et Thrive Global ont créé une entreprise pour développer un coach de santé alimenté par l’IA générative (GenAI) qui permettrait de prévenir les maladies chroniques. Portant le nom de Thrive AI Health, cette nouvelle société a pour principaux actionnaires les deux entreprises spécialisées dans l’IA, bien qu’elle possède comme investisseur stratégique Alice L. Walton Foundation, un fonds pour l’accès à l’éducation, à l’art et à la santé.

    Si l’on ne sait pas grand chose sur le coach de santé virtuel de Thrive AI Health, mis à part qu’il sera alimenté par des données scientifiques, ainsi que par les données du patient pour lui prodiguer les meilleurs conseils, Sam Altman, CEO d’OpenAI, et Arianna Huffington, CEO de Thrive Global et co-fondatrice de la jeune pousse, ont publié une tribune dans le Time pour montrer les façons dont l’IA peut changer les habitudes de vie pour transformer la santé des patients de manière positive.

    Dans cette tribune, les deux gérants expliquent que les maladies chroniques concernent près de 130 millions de personnes rien qu’aux États-Unis et qu’il y a une égalité d’accès pour la prise en charge de ces pathologies du fait de leur nombre qui est important et du manque de personnels médicaux pour l’assurer. L’IA de Thrive AI Health permettrait donc à chaque patient d’avoir quotidiennement des conseils lui permettant d’adopter de bonnes habitudes de vie sur le sommeil, l’alimentation, l’exercice, la gestion du stress et les relations sociales, qui sont, selon Sam Altman, “les comportements du quotidien qui influent sur la santé” ce qui est susceptible d’avoir ” un impact significatif sur les maladies chroniques dans le monde entier”.

    Un ancien de Google comme CEO

    Sam Altman et Arianna Huffington ont choisi DeCarlos Love comme CEO de cette nouvelle start-up. Et la baie de San Francisco n’est pas chose nouvelle pour Love qui a notamment travailler pour Apple, ainsi que pour Google, où il était responsable des produits. C’est de cette entreprise des GAFAM qu’il a démissionné pour rejoindre l’entreprise tout fraichement lancée par OpenAI.

    Lorsqu’il était chez Google, c’est lui qui a été à l’origine de produits dotés de capteurs, d’intelligence artificielle et d’algorithmes d’apprentissage automatique, tels que la montre connectée du géant américain, ainsi que l’application Fitbit pourvue d’un coach virtuel. Dans un communiqué publié sur LinkedIn, il a exprimé sa joie d’intégrer la start-up en tant que dirigeant et se dit prêt à relever le défi d’avoir un impact significatif dans le domaine de la santé.

    Il a expliqué qu’il pense réellement que l’utilisation de l’IA en santé peut “améliorer les vies” des patients et que l’utilisation des dernières technologies va permettre de “créer un coach de santé IA hyper personnalisé qui va aider les individus à atteindre leurs objectifs et à améliorer leurs résultats en matière de santé”.

     

  • VR : le GCS Hugo acquiert un simulateur pour former à la chirurgie en ophtalmologie

    300 000 € d’investissement

    Dans un contexte d’augmentation du nombre de chirurgies en ophtalmologie (notamment celle de la cataracte qui est l’acte chirurgicale le plus réalisé en France avec près d’un million d’interventions par an), ainsi que du nombre d’internes dans cette spécialité, il est devenu urgent de mettre en place une formation qui permet aux apprenants de développer leurs compétences en chirurgie de manière plus rapide et plus sécurisée.

    Pour y répondre, le groupement de coopération sanitaire (GCS) Hugo a lancé un système de financement pour l’achat d’un simulateur alimenté par la réalité virtuelle visant à former les internes du Grand-Ouest à la chirurgie en ophtalmologie. Ce sont donc les agences régionales de santé (ARS) des Pays de la Loire, du Centre-Val de Loire et de la Bretagne qui ont financé à hauteur de 300 000 euros l’achat du simulateur mobile Eyesi Surgical Complete développé par l’allemand Haag-Streit.

    Une solution qui a fait ses preuves

    Cette solution de l’éditeur allemand a été conçue pour la chirurgie intraoculaire. Elle permet aux internes de passer de la formation aux compétences de base à la gestion des procédures chirurgicales et des complications. Par ailleurs, la solution de Haag-Streit établit une courbe d’apprentissage qui permet d’évaluer l’évolution des compétences de l’interne.

    Grâce à la réalité virtuelle, les internes peuvent s’entraîner de la manière le plus sécurisée possible puisqu’ils ne touchent pas à des patients réels. De plus, les capteurs présents sur l’appareil permettent d’évaluer automatiquement la performance de l’apprenant, en mesurant notamment, et cela pour chaque exercice réalisé :

    • le temps de réalisation de l’étape opératoire ;
    • la qualité de réalisation ;
    • ainsi que la quantification des dommages oculaires causés.

    La VR améliore les performances en conditions réelles :

    L’utilisation du simulateur de VR dans la formation chirurgicale initiale a fait ses preuves depuis de nombreuses années. En effet, plusieurs études montrent l’intérêt de son utilisation, notamment la dernière en date (2015), qui montre que l’amélioration des scores sur simulateur confirme l’amélioration des performances en conditions réelles et que l’entrainement sur ce simulateur permet la réduction du taux de complications peropératoires.

    Le simulateur changera de CHU tous les 6 mois

    L’achat de ce simulateur a pour objectif de profiter à tous les internes du Grand Ouest. Ainsi, le dispositif de formation en VR sera transféré d’une faculté de médecine à une autre tous les six mois, soit le temps d’un cycle de formation des médecins en stage interné.

    Depuis son achat à la fin du mois de juin 2024, il est utilisé par les internes de la faculté de Tours. Il sera ensuite mis à la disposition de ceux :

    • de Nantes en novembre 2024 ;
    • de Rennes en mai 2025 ;
    • puis de ceux d’Angers en novembre 2025.

     

  • Remboursement : Continuum+ Connect obtient l’avis favorable de la HAS pour sa prise en charge anticipée

    Un potentiel de 1 100 000 patients suivis

    Chaque année en France, environ 1 100 000 nouveaux cas de cancer, selon les chiffres de l’Institut national du cancer (Inca). Ces patients pourront désormais bénéficier de la solution de télésurveillance de Continuum Plus Santé et être remboursés, partiellement au moins, pour son utilisation. En effet, après avoir obtenu, en avril 2023, un certificat de conformité au référentiel d’interopérabilité et de sécurité des dispositifs médicaux numériques de la part de l’Agence du numérique en santé (ANS), Continuum+ vient de recevoir l’avis favorable de la HAS pour la prise en charge anticipée de son DMN de télésurveillance en oncologie, dans le cadre de la voie de remboursement Pecan.

    La HAS précise que cette prise en charge anticipée pourra se faire dans le cadre du traitement de l’indication retenue, à savoir “l’ensemble des chapitres inclus dans la classe 02 : « Tumeurs » de la 11e version de la classification internationale des maladies publiée par l’Organisation mondiale de la santé (CIM-11), à l’exception des tumeurs bénignes et in situ“.

    La société parisienne attendra désormais de savoir le montant de cette prise en charge par l’Assurance maladie. Pour rappel, Continuum+ Connect est une web-application destinée à la télésurveillance médicale des patients sous traitements anticancéreux. Elle inclut un module d’alerte ayant le statut de dispositif médical qui permet, à partir de la collecte et de l’analyse des constantes physiologiques, des événements indésirables et de la douleur, d’assigner un niveau d’alerte à chaque paramètre collecté et d’avertir l’équipe de soignants qui suit le patient en cas de survenue de ces événements.

    Un avis favorable sur une présomption d’innovation

    Si la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts) de la HAS a donné son avis favorable pour la prise en charge anticipée de Continuum+ Connect, elle précise toutefois que les études présentées par Continuum Plus Santé pour obtenir cet avis ne permettent pas de déceler un “bénéfice clinique ou organisationnel d’une télésurveillance médicale” pour ce dispositif.

    En effet, pour ce qui est des études spécifiques “Onco@dom2” et “Ako@dom-picto”, elles n’ont permis que de “documenter la faisabilité d’une télésurveillance médicale par ce dispositif médical numérique, notamment chez des patients en hétéroévaluation”. Pour ce qui est des études non spécifiques de haut niveau de preuve, elles permettent “d’objectiver le bénéfice clinique et l’impact organisationnel d’une télésurveillance médicale pour le suivi des effets indésirables des patients en cours de traitement”, même si la Cnedimts insiste sur le fait que “des différences existent entre les technologies utilisées dans ces études et la plateforme Continuum+ Connect”.

    La Commission compte donc sur les résultats de deux études en cours (Ako@dom-picto et Fegala) pour apporter des données sur le bénéfice clinique et organisationnel d’une télésurveillance médicale avec Continuum+ Connect. Elle explique que cette solution est “présumée innovante et est susceptible d’apporter un bénéfice clinique et un progrès dans l’organisation des soins sans altérer la qualité des soins par rapport aux technologies de santé utilisées dans les indications revendiquées”, et que les études en cours devraient “apporter des données complémentaires, notamment sur le bénéfice clinique”, dans les délais impartis pour un dépôt de dossier en liste des activités de télésurveillance médicale (LATM).

    Une réussite après l’échec de Moovcare ?

    Continuum Plus Santé devra ainsi prouver l’efficacité de sa solution à la Cnedimts pour se voir inscrite dans la LATM. Sans preuves, cette solution pourra perdre sa prise en charge par l’Assurance maladie, comme cela a été le cas de Moovcare le 17 juin 2024. La Cnedimts avait décidé de retirer la solution de Sivan Innovation de la liste des activités de télésurveillance médicale pour cause d’un manque de données de vie réelle permettant de confirmer les bénéfices avancés par l’étude clinique pivot initialement fournie (voir l’article H&TI ici).

     

  • Données à l’hôpital : Ospi élargit son offre avec le rachat d’Alicante

    Élargir son offre aux données hospitalières

    Moins d’un an après sa création – suite au rapprochement du groupe PSIH, éditeur de solutions décisionnelles sur les données de santé médico-économiques de l’hôpital, avec la start-up Collective Thinking, éditrice d’une plateforme brevetée de traitement des données en vie réelle par l’intelligence artificielle – , Ospi élargit son offre en rachetant la société Alicante, spécialisée dans le codage médical et la valorisation de données de santé grâce à l’intelligence artificielle (IA).

    Créé en septembre 2023, Ospi a depuis pour ambition d’utiliser ses diverses solutions issues des spécialités des deux entités qui le constituent pour permettre aux établissements de santé “d’améliorer et d’accélérer le codage médical, de faciliter la recherche clinique et d’optimiser les parcours patients grâce à plus d’une dizaine d’IA spécifiques développées et entraînées depuis plusieurs années”.

    Analyser et enrichir les données grâce à l’IA

    Comme l’a indiquée l’entreprise lyonnaise dans son communiqué annonçant le rachat d’Alicante, ce dernier répond à trois objectifs clés pour Ospi, puisqu’il va lui permettre :

    • de faciliter le pilotage de l’activité médico-administrative des établissements de santé ;
    • d’augmenter la qualité et la rapidité du codage médical ;
    • d’optimiser la réutilisation de données pour la recherche clinique et participer au développement de l’innovation thérapeutique.

    En effet, Alicante propose une offre de solutions logicielles – basée sur plusieurs technologies d’IA, telles que le machine learning ou le deep learning – , qui permet de récupérer les données de santé produites par les centres hospitaliers, de les indexer et de les enrichir afin de pouvoir les analyser. La société a été fondée en 1999 par d’anciens hospitaliers et universitaires du CHU de Lille et des laboratoires de l’Inserm et du CNRS.

    Le CEO d’Alicante, David Delerue, est devenu directeur de la business unit “Medical Coding” chez Ospi après ce rachat. Il a expliqué au moment de l’acquisition d’Alicante que la complémentarité et l’ADN technique commune des deux entités “faciliteront l’émergence d’une offre unifiée et innovante pour les établissements de santé pour répondre à leurs défis qu’Ospi ainsi renforcé aidera à relever”.

    Faire d’Ospi un champion français

    Si aucun chiffre n’a été communiqué à propos du montant pour le rachat d’Alicante, Ospi a indiqué que ce rapprochement a été rendu possible par le fonds Lauxera Capital Partners qui était déjà “l’acteur principal” de la création d’Ospi en rapprochant le groupe PSIH avec la start-up Collective Thinking en automne 2023. Pierre Moustial, président et fondateur du fonds, avait notamment déclaré que cette étape était “obligatoire et évidente pour permettre au groupe d’atteindre son objectif de création d’un champion français de la donnée de santé à l’hôpital, l’intelligence artificielle étant aujourd’hui fondamentale pour permettre un meilleur traitement et une meilleure gestion des données de santé”.

    Déjà considéré comme un acteur majeur de la donnée à l’hôpital, Jean-Baptiste Angeloglou, CEO d’Ospi, s’est réjoui de ce rapprochement avec Alicante lors de son annonce en expliquant qu’”en intégrant les équipes d’Alicante et leur expertise technologique, Ospi renforce sa position de leader dans le domaine de la donnée de santé et de l’IA à l’hôpital”.

    Désormais, Ospi accompagne plus de 1 100 établissements de santé publics et privés en France dont 25 CHU, 13 centres de lutte contre le cancer et 108 des 135 GHT avec ses différentes solutions, comme :

    • PMSIpilot, qui permet l’analyse du codage PMSI ;
    • i4H et DIMbox, deux solutions dédiées au contrôle, à l’optimisation et à l’aide au codage PMSI par IA ;
    • ou encore i4H Research et ScanSIH, dédiées à la recherche clinique et à la création de cohortes.

     

  • UE : le France au-dessus de la moyenne européenne en termes de développement de la e-santé

    Des efforts encore nécessaires concernant l’IA

    Dans le cadre de la décennie numérique de l’Europe, lancée et pilotée par la Commission européenne, un état des lieux de l’avancée de chaque pays dans le domaine du numérique en fonction des objectifs fixés par la Commission, est dressé chaque année. Ces objectifs concernent :

    • l’acquisition de compétences numériques d’un pourcentage important de la population européenne ;
    • la transformation numérique des entreprises ;
    • la mise en place d’infrastructures numériques sûres et durables ;
    • ainsi que la numérisation des services publics.

    Comme les 26 autres pays de l’Union européenne (UE), la France a eu le droit a un compte rendu de sa situation vis-à-vis de l’objectif fixé par la Commission européenne. Fibre optique, 5G, santé numérique, numérisation des petites et moyennes entreprises, cybersécurité et résilience : ce rapport montre que la France est en avance par rapport à d’autres pays de l’UE concernant bien des points, mais qu’elle doit encore faire des efforts sur certaines spécialités numériques, notamment IA.

    Une bonne progression de la France en e-santé

    Dans son rapport sur la e-santé, la Commission européenne dévoile que l’Hexagone est l’un des meilleurs élèves de l’Union concernant la santé numérique, avec un niveau de couverture à hauteur de 61 %, selon les attentes de la Commission. En effet, la France est au-dessus de la moyenne pour des sujets tels que le déploiement des dossiers électroniques de santé : 79,3 % des Français possèdent ce type de dossier, contre 54,5 % dans le rapport annuel publié par la Commission en 2023.

    Autre fait marquant : 55 % des Français ont consulté des informations médicales en ligne, soit presque autant que la moyenne européenne qui est de 56 %. Avec une avancée pareille, la Commission européenne estime que la France atteindra son plein potentiel en 2030 avec un déploiement de la santé numérique de 100 %.

    4 défis défis à relever en e-santé :

    Malgré ces résultats encourageants, la Commission exhorte la France à :

    • rendre tous types de données accessibles aux citoyens via un service d’accès en ligne ;
    • améliorer la méthode d’authentification pour la connexion au service d’accès en ligne en utilisant une e-ID (pré)notifiée ;
    • introduire une base juridique pour l’accès aux données ;
    • et fournir la fonctionnalité technique permettant aux personnes autorisées d’accéder aux données de santé pour le compte d’autrui.
    Maturité de la e-santé des 27 pays de l'UE
    Maturité de la e-santé des 27 pays de l’UE (+ la Norvège et l’Islande) – @ Digital decade 2024

    Bon élève aussi pour la fibre optique et la 5G :

    La Commission a aussi relevé l’avancée de la France en matière de déploiement de la fibre et de la 5G, secteurs dans lesquels elle est meilleure que ses voisins. Avec une couverture 5G qui atteint les 93, 2 %, la France surpasse la moyenne européenne et ses  89,3 %. Le constat est le même pour la fibre optique : 81,4 % des foyers sont désormais couverts, notamment grâce à une augmentation de 3,5 millions de connexions en fibre optique au cours de l’année 2023.

    IA et cloud parmi les points faibles de la France

    Malgré une progression intéressante en matière de numérique, la France reste en retard sur de nombreux points, notamment l’intelligence artificielle, le cloud et la digitalisation des entreprises. En effet, la Commission révèle que le niveau de déploiement de l’IA et du cloud est encore loin d’être satisfaisant, avec des taux à hauteur de 14 % et 39 % respectivement.

    Ces deux technologies sont, par ailleurs, encore trop peu utilisées par les entreprises : le rapport fait état d’une faible adoption des solutions cloud par les entreprises françaises (22,9 % en 2023, contre une moyenne européenne de 38,9 %), de même que l’adoption de l’IA (5,9 % en 2023 contre une moyenne de 8,0 % au niveau de l’UE).

    Indicateurs clés de performance du numérique en France
    Indicateurs clés de performance du numérique en France – @ Digital decade 2024

    4 recommandations de la Commission européenne pour la France :

    Au vu de ces faibles déploiements, la Commission européenne conseille à la France de :

    • mettre en place des mesures supplémentaires et augmenter les ressources pour les programmes existants afin d’améliorer les performances de numérisation des PME ;
    • fournir plus d’efforts pour numériser les services publics, en accordant une attention particulière à la réutilisation des informations mises à disposition des administrations publiques et au support aux utilisateurs ;
    • revoir la combinaison de mesures visant à soutenir l’adoption de technologies numériques avancées (avec une attention particulière à l’IA et au cloud) :
    • et favoriser la création d’écosystèmes locaux pour permettre aux technologies et aux meilleures pratiques de se diffuser dans l’ensemble du secteur des affaires.

     

  • Santé mentale / USA : les CMS proposent le remboursement des DTx

    Un remboursement pour tous les citoyens

    Preuve que la santé mentale est un réel enjeu de santé publique, l’Agence fédérale du département américain de la santé et des services sociaux (CMS) a publié dans ses propositions du barème des honoraires pour les médecins pour l’année 2025, le remboursement de l’utilisation des DTx pour la santé mentale. Equivalents de l’assurance maladie aux Etats-Unis, les CMS déploient le programme Medicaid couvrant les frais médicaux des personnes aux ressources limitées et qui n’ont donc pas d’assurance privée. Ils sont pourtant connus pour leur faible participation au remboursement des soins des Américains.

    S’il ne s’agit pour le moment que des propositions, l’agence indique que leur application permettra aux patients américains de bénéficier du remboursement de l’utilisation des DTx dans le cadre de la prise en charge de leur maladie mentale, lorsque cette thérapie aura été prescrite par un médecin, en lien avec leur plan de traitement. De plus, ce remboursement ne pourra concerner que l’utilisation de DTx qui auront obtenu préalablement le feu vert de la Food & drug administration (FDA).

    Le marché américain des DTx en expansion

    En cas de mise en place de cette proposition, les patients auront le choix entre plusieurs DTx dédiées à la santé mentale, le marché américain de ces solutions étant en plein essor. En effet, les CMS rapportent que 5 DTx ont déjà obtenu le feu vert de la FDA, parmi lesquelles on retrouve l’application Reset développée par Pear Therapeutics, qui est destinée au traitement de l’addiction à plusieurs stupéfiants ou stimulants, que ce soit le cannabis, l’alcool ou la cocaïne, et dont les résultats cliniques ont montré que la majorité des patients devenaient abstinents au bout de 9 semaines de traitement et de suivi par le biais de l’application. Pour rappel, après une période d’incertitude sur son avenir, Pear Therapeutics s’est libérée de sa faillite, grâce à un plan de réorganisation de l’entreprise approuvé par le tribunal des faillites des États-Unis, qui est entré en vigueur le 23 mai 2024.

    En plus de ces 5 solutions, les CMS ont recensé plus d’une dizaine de développeurs qui proposent des solutions de thérapie numérique destinées au soin dans le champ de la santé mentale, qui pourraient bientôt obtenir eux aussi le feu vert de la FDA.

     

  • Diabète / IA : Roche obtient le marquage CE pour sa solution de surveillance continue de la glycémie

    Une commercialisation pour les diabétiques de 1 et 2

    Plusieurs études montrent que pour éviter une hypoglycémie, les personnes atteintes de diabète de type 1 doivent prendre environ 180 décisions par jour et que de nombreuses solutions de CGM ne leur permettent pas de prédire avec efficacité une baisse de la glycémie et ne leur permet pas d’atteindre leur indice glycémique  ce qui provoque souvent des complications, notamment l’hypoglycémie nocturne difficile à prédire. Pour répondre à ce problème, le géant pharmaceutique Roche a développé une solution de CGM alimentée par l’IA, nommé Accuchek Smartguide, qui permet de mesurer la glycémie des patients et de prédire une hypoglycémie.

    Cette solution a obtenu le marquage CE le 9 juillet 2024, a annoncé l’entreprise suisse, en vue de sa commercialisation en Europe. Roche explique que ce dispositif sera mis à disposition des patients âgés de plus de 18 ans atteints de diabète de type 1 et de type 2 dans le cadre de leur insulinothérapie.

    L’IA pour prédire les hypoglycémie

    Dévoilé lors de l’édition 2024 du congrès Advanced technologies & treatments for diabetes (ATTD),  le CGM de Roche se présente sous la forme d’un capteur placé sur le bras du patient : toutes les 5 minutes, ce capteur envoie les valeurs de glucose mesurées en temps réel à l’application mobile avec laquelle il est connectée. En prenant en compte les données récoltées lors des 14 derniers jours, toutes les données envoyées dans l’application vont ensuite être analysées par les algorithmes d’IA de la solution. Cette analyse va permettre de prédire l’évolution de la glycémie du patient : Roche explique que ses algorithmes permettent de “prédire le risque d’hypoglycémie dans les 30 minutes à venir, de prévoir en continu l’évolution des taux de glucose dans les deux heures à venir et d’estimer le risque d’hypoglycémie nocturne”.

    En cas de risque trop élevé d’hypoglycémie, l’application Accuchek Smartguide predict va avertir le patient pour lui permettre d’avoir le contrôle sur la prise en charge de sa maladie. De plus, la solution est reliée à la plateforme Accuchek Care de Roche qui donne aux professionnels de santé la possibilité de suivre l’évolution du diabète du patient pour mesurer l’impact du traitement et le personnaliser si besoin.

    Des essais qui montrent une grande efficacité :

    Avant d’obtenir le marquage CE pour son CGM, Roche a effectué des essais cliniques qui ont démontré l’efficacité de sa solution : la société suisse dévoile que son dispositif affiche une MARD (mean absolute relative difference) de 9,2 % – la moyenne des dispositifs de mesure du glucose étant de 10 % et la bassesse du résultat montre la fiabilité d’un dispositif dans cette méthode – et que la quasi-totalité des valeurs de glucose mesurées (99,8 %) se situent dans les zones A et B de la grille d’erreur de Parkes, ce qui montre l’efficacité de la prédiction des mesures relevées.

     

  • IA : une impulsion nationale pour systématiser la sensibilisation, parmi les 10 propositions d’Ethik-IA

    La nécessité de mettre en place une action publique

    Alors que l’IA est déjà utilisée dans le secteur de la santé et des soins et les professionnels de santé et que les chercheurs et même les patients commencent progressivement à s’approprier cette nouvelle technologie et les outils de sa régulation, les politiques publiques n’ont pas l’air de vouloir mettre en place des actions qui faciliteraient la diffusion de cette technologie à tous les niveaux dans le secteur. C’est dans ce contexte que David Gruson (Ethik-IA) et Melanie Heard, responsable du pôle santé chez Terra Nova, ont rédigé cette publication sur la nécessité d’une action publique concernant l’IA en santé.

    Dans cette note – pour laquelle ont contribués d’autres acteurs de la santé et de la recherche, tel que le professeur Jean-Jacques Zambrowski (AP-HP) -, il est expliqué que “les initiatives fortes prises depuis 2017-2018 sur le numérique en santé ont plutôt laissé de côté le sujet de l’IA comme levier de renforcement de la prévention et de l’accès aux soins”, alors que cette technologie a le vent en poupe et a montré sa pertinence pour le secteur.

    Éviter que les inégalités ne s’aggravent

    Ce rapport indique qu’au vue des choses déjà réalisables par l’IA, comme  pour l’analyse d’images, et des initiatives émanant de l’action publique concernant l’utilisation de l’IA dans les domaines de la cybersécurité et de l’innovation en santé, il serait dommage de ne pas généraliser cette démarche, notamment pour la prévention et les soins. Il met par ailleurs l’accent sur le besoin absolu que les pouvoirs publiques mènent de telles actions, au risque de voir des inégalités de diffusion, déjà constatées, se renforcer, qu’elles soient territoriales ou matérielles.

    Les auteurs prennent ainsi l’exemple de l’utilisation de l’IA de reconnaissance d’image qui “trouve, en l’état, plus facilement son terrain applicatif dans des zones de sous-densité médicale pour répondre à la demande d’accès aux diagnostics de spécialités”. De plus, en l’absence de leviers financiers de la part des pouvoirs publics, la crainte concerne l’utilisation de l’IA pour la prévention et les soins par les établissements et les entreprises qui pourraient se payer des algorithmes performants, ce qui empêcherait que tous les patients français accèdent aux meilleurs soins.

    Des propositions pour le court et le moyen terme

    De nombreux champs d’application de l’IA en santé sont d’ores et déjà à portée de main, surtout en oncologie et dans l’innovation thérapeutique. Une action publique permettrait, selon ce rapport, de faire de la France et de l’Europe des pionniers dans la recherche et le soin pour ces spécialités. Terra Nova et Ethik-IA proposent donc aux pouvoirs publics dix solutions pour mettre en place une action forte, dont quatre sont à mettre en place à court terme et six sur le moyen terme.

    Les 4 propositions à court terme ont pour objectif de donner une impulsion forte pour accélérer l’entrée de l’IA dans le réel de l’accessibilité des soins, en :

    • 1️⃣ constituant un conseil stratégique de l’IA en santé associant pouvoirs publics, représentants des patients et acteurs de santé et représentants des innovateurs en IA pour structurer la politique publique d’accompagnement de la diffusion de cette technologie sans brider les initiatives de terrain ;
    • 2️⃣ établissant un observatoire de la diffusion de l’IA pour la prévention et l’accès aux soins permettant de réunir le matériau de suivi sur la diffusion des cas d’usage et ses effets dans une logique de responsabilité populationnelle en santé ;
    • 3️⃣ établissant en loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 un modèle médicoéconomique ternaire de diffusion de l’IA en santé et en engageant dès le 1er janvier 2025 les cinq premiers parcours territoriaux de santé avec IA dans une dizaine de territoires pilotes et sous garantie humaine médicale ;
    • 4️⃣ soutenant la structuration des écosystèmes de garantie humaine de l’IA par la valorisation du temps médical dédié à la construction des méthodologies de supervision et le développement de plateformes de conformité permettant de garder la traçabilité du contrôle humain et son “auditabilité” par le régulateur dans le cadre de l’AI Act européen.

    Les 6 propositions à moyen terme ont pour objectif de promouvoir un modèle durable de diffusion de l’IA en santé et en autonomie, fondé sur la garantie humaine des professionnels et des représentants des patients, ceci en :

    • 1️⃣ soutenant le développement et l’hébergement dans un cadre de souveraineté et de confiance de plateformes technologiques d’accès à ces systèmes d’IA en santé et en autonomie au plus près des réalités des professionnels, des patients et de leurs proches aidants ;
    • 2️⃣ engageant une impulsion nationale pour systématiser la sensibilisation à l’IA dans les formations initiales des acteurs de santé et d’autonomie et soutenir les démarches de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences portant sur l’IA en santé ;
    • 3️⃣ généralisant les démarches types collèges de garantie humaine en établissement de santé et en Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ;
    • 4️⃣ initiant d’ici 2026 deux premiers parcours de recours à l’IA combinant les interventions des professionnels paramédicaux et médicaux en dermatologie et dans le domaine du maintien en autonomie à domicile ;
    • 5️⃣ soutenant l’innovation organisationnelle ouverte par la télémédecine et la téléradiologie de garantie humaine de l’IA qui permet de rapprocher l’accès au diagnostic de spécialité pour le patient tout en mettant en place un protocole rigoureux et traçable de contrôle humain par les spécialistes ;
    • 6️⃣ soutenant l’engagement des acteurs français dans la construction du cadre de normalisation européenne et internationale pour l’intelligence artificielle en santé et en autonomie.

     

  • Cybersécurité : éthique, qualité, sécurité des SI… les 7 dimensions du référentiel Maturin SMS 2024

    Répondre à la hausse des cyberattaques dans le secteur médico-social

    Dans la version 2023 de son observatoire des signalements d’incidents de sécurité des systèmes d’information pour les secteurs sanitaire et médicosocial, l’ANS indiquait une hausse de 10 % du nombre d’incidents liés à la menace de rançongiciels, par rapport à 2022, et qui concernait majoritairement des établissements et services médico-sociaux (ESMS). Dans la grande majorité des cas, le chiffrement des données était souvent précédé d’une exfiltration faisant l’objet d’une mise en vente sur Internet. La sécurité des SI s’avère ainsi primordiale.

    Pour s’assurer de la sécurité des SI des établissements médico-sociaux, l’ANS publie régulièrement des référentiels afin d’aider les directeurs des systèmes d’information (DSI) à identifier le niveau de maturité de leurs systèmes. Dans ce sens, le 1er juillet 2024, l’Agence a publié la version 2024 du référentiel Maturin SMS, qui est lui même basé sur un standard commun avec le référentiel du secteur sanitaire, Maturin-H. Il a, entre autres, pour objectifs de permettre aux DSI :

    • d’avoir connaissance des critères d’évaluation de la maturité numérique des établissements ;
    • de simplifier les déclarations de conformité pour l’établissement ;
    • ou encore de se comparer aux différents niveaux internationaux.

    Un référentiel basé sur 7 dimensions

    Le référentiel Maturin SMS se décline sous la forme d’un questionnaire adressé aux établissements qui leur permet de comprendre les attentes en matière de sécurité et de qualité des SI et de mesurer le niveau de maturité du leur. Pour cette version 2024, il se repose sur 7 dimensions, même si seulement 3 d’entre elles (réparties en 15 questions) font partie du socle du référentiel : les pratiques de management des SI, l’adéquation fonctionnelle et l’adéquation de l’infrastructure.

    En répondant aux 64 questions de ces 7 parties, les DSI peuvent noter la maturité de leur SI avec une note allant de 1 à 5, et cela pour chacune de ces 7 dimensions :

    • 1️⃣ les pratiques de management SI ;
    • 2️⃣ l’adéquation fonctionnelle ;
    • 3️⃣ l’adéquation de l’infrastructure ;
    • 4️⃣ la qualité de service ;
    • 5️⃣ la sécurité des SI ;
    • 6️⃣ l’éthique et le développement durable ;
    • 7️⃣ et la performance, l’usage et la satisfaction.