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  • Cartographie des entreprises proposant une offre de téléradiologie : vers une consolidation du marché

    Vers une consolidation du marché de la téléradiologie

    Pour comprendre le paysage français de la téléradiologie, H&TI fait également le point sur les principaux acteurs du secteur dans le pays, et recense par la même occasion les entreprises de la santé numérique qui proposent des solutions sur ce marché.

    En France, au moins 9 entreprises se positionnent en tant que fournisseurs de solutions techniques dans ce domaine restreint, où la consolidation du marché s’illustre par une série d’acquisitions notables :

    • En 2024 : Imadis, leader de la téléradiologie d’urgence en France, et Deeplink Medical, spécialiste des plateformes de gestion des données médicales, ont fusionné pour créer Imadis Groupe. Ce rapprochement stratégique vise à renforcer l’offre de radiologie à distance en combinant l’expertise médicale d’Imadis avec les solutions technologiques de Deeplink ;
    • Face à la financiarisation croissante du secteur de la radiologie, notamment avec l’entrée de fonds d’investissement dans le domaine, Imadis a levé 10 millions d’euros auprès de ses propres radiologues, permettant ainsi à ceux-ci de renforcer leur contrôle sur le capital. Cette décision vise à préserver l’indépendance médicale d’Imadis tout en accélérant sa croissance ;
    • TIM, un opérateur de téléradiologie, et EDL, un éditeur de logiciels RIS, ont signé un partenariat technique et commercial en juin 2024. Cet accord vise à améliorer l’offre d’imagerie médicale en France, en intégrant les services de téléradiologie directement dans le logiciel RIS Xplore d’EDL.

    Un marché à 162,9 M€ de CA

    En 2022, les entreprises du secteur cumulent un CA de plus de 162 M€. Mais ces entreprises ne sont pas uniquement positionnées sur la téléradiologie, elles le sont également pour :

    • les PACS / RIS ;
    • les DRIMbox ;
    • la coordination des soins ;
    • l’optimisation des soins pour les essais cliniques ;
    • les DPI, etc.

    L’IA encore peu intégrée dans les plateformes de téléradiologies

    Les solutions de téléradiologies sont matures, avec des déploiements dès 2006. Toutefois, en termes d’innovation seulement 2 solutions ont de l’IA sur leur plateforme. Il s’agit de Nexus Platform de Nehs Digital (partenariat avec Gleamer) et d’ITIS de Deeplink Medical (partenariat avec Gleamer et Aidoc).

    2 solutions ont obtenu le marquage CE et sont considérés comme dispositif médical de classe I, il s’agit des solutions Covalia de Maincare et ITIS de Deeplink Medical.

    Ecosystème de la téléradiologie

    En France, les 5 plus grandes structures médico-organisationnelle qui proposent une plateforme technologique de téléradiologie à des établissements de santé sont :

    Ces 5 structures sont celles ayant remportés les lots 1 à 5 et le lot unique des centrales d’achat Resah et Uniha respectivement. Elles réalisent à elles seules 2 610 000 actes par an.

  • 56 solutions numériques répertoriées en faveur du bien vieillir : un fort engagement pour prévenir les chutes

    Les grandes tendances de la Silver Tech en 2024

    Pour répondre à l’enjeu du vieillissement de la population, plusieurs approches ont émergé pour améliorer la qualité de vie des seniors et des personnes âgées. Ces tendances visent à offrir des solutions complètes pour favoriser un vieillissement actif, prolonger la durée de vie en bonne santé et mieux traiter les pathologies liées à l’âge.

    • Approche sociale : elle se concentre sur l’amélioration des interactions sociales et de la qualité de vie des seniors, notamment à travers des services comme les résidences adaptées, l’assistance à domicile, et les plateformes permettant de maintenir le lien social. L’objectif est de lutter contre l’isolement et de promouvoir un vieillissement actif et connecté à la société;
    • Approche longévististe : cette tendance vise à prolonger la durée de vie en bonne santé grâce aux avancées biomédicales. Les recherches dans le domaine de la longévité s’intéressent aux solutions permettant de ralentir le vieillissement biologique, notamment via des innovations en génétique, en médecine régénératrice, ou encore dans le domaine de la thérapie cellulaire;
    • Approche curative spécialisée : ici, l’accent est mis sur les soins spécifiques aux maladies liées à l’âge, comme la démence, l’arthrose, ou les maladies cardiaques. Les innovations technologiques, notamment dans les dispositifs médicaux et les thérapies ciblées, jouent un rôle clé pour améliorer le traitement et la prise en charge de ces pathologies, souvent coûteuses et lourdes pour les systèmes de santé;
    • Approche préventive : la prévention reste cruciale pour limiter les maladies chroniques chez les seniors. Cette tendance se traduit par une attention particulière portée à la nutrition, à l’activité physique, et au suivi des signes précoces de maladies. L’adoption d’objets connectés comme les montres de suivi de santé, les appareils de téléassistance, et les outils de suivi des constantes vitales permet de mieux prévenir les risques et de retarder l’apparition de problèmes graves.

    Les solutions dédiées à prévenir les chutes des personnes âgées

    Chaque année en France, plus de 9 300 personnes âgées de 65 ans et plus décèdent des suites d’une chute. Ces incidents sont responsables de nombreuses hospitalisations, avec environ 76 000 admissions annuelles pour des fractures du col du fémur. Les personnes âgées de 65 ans et plus subissent en moyenne trois chutes par an, ce qui souligne l’importance de la prévention des chutes chez cette population vulnérable.

    Plusieurs solutions ont été recensées pour prévenir le risque de chute chez les personnes fragiles, notamment :

    • Life plus et sa solution Dona Care est un dispositif basé sur la surveillance proactive, permettant de suivre en temps réel l’état de santé des résidents tout en respectant leur vie privée. L’objectif est d’alerter les équipes médicales rapidement en cas de détection de signaux préoccupants, comme des chutes ou des variations soudaines dans les habitudes quotidiennes, afin d’assurer une intervention rapide ;
    • Zoe Care propose une solution de télésurveillance non intrusive pour la santé des seniors. Utilisant la connexion Wi-Fi, elle détecte les mouvements, les chutes et les comportements anormaux sans recourir à des caméras ni appareils portables. Elle envoie des alertes aux soignants en cas d’urgence et permet de suivre l’activité quotidienne des personnes âgées, tout en respectant leur vie privée.

    Faire face aux maladies neurodégénératives grâce au numérique

    L’Alzheimer en France, une urgence croissante pour mieux accompagner malades

    La maladie d’Alzheimer, la plus courante des maladies neurodégénératives, touche environ 900 000 personnes en France, avec 225 000 nouveaux cas par an.  Majoritairement présente chez les plus de 80 ans (15 %), elle affecte aussi des personnes plus jeunes. En effet, environ 33 000 patients de moins de 60 ans sont atteints de cette maladie. Ces chiffres soulignent l’urgence de développer des solutions pour mieux accompagner malades et aidants dans leur quotidien.

    À titre d’exemple, Lili Smart a développé une solution connectée pour les patients Alzheimer qui inclut une montre pour le patient ainsi que des capteurs à domicile et une application. La montre affiche des pictogrammes pour rappeler les tâches essentielles (prendre des médicaments, manger), tandis que les capteurs surveillent les habitudes de vie. Les aidants peuvent également être informés en cas de comportement inhabituel.

    Anticiper et relever les défis de la maladie de Parkinson

    Les maladies neurologiques sont aujourd’hui la principale cause d’invalidité et la deuxième cause de décès dans le monde, selon Santé publique France. Parmi elles, la maladie de Parkinson a vu son nombre de cas doubler entre 1990 et 2015, principalement en raison du vieillissement de la population. En 2015, sur 527 423 décès chez les personnes de 50 ans et plus, 1,8 % étaient liés à cette maladie (soit 9 638 décès). D’ici 2030, on estime qu’une personne sur 120 de plus de 45 ans pourrait en être atteinte.

    Des solutions comme NeuroClues proposent une approche basée sur des outils de diagnostic non invasifs pour la détection précoce de troubles neurologiques comme la maladie de Parkinson. Ils utilisent des technologies avancées, notamment des capteurs et des algorithmes d’intelligence artificielle, pour analyser des données physiologiques et comportementales. L’objectif est d’améliorer la prise en charge des patients en permettant une identification rapide des symptômes, facilitant ainsi une intervention médicale plus efficace et précoce.

    La mobilité des seniors un enjeux capital

    La mobilité des seniors en France est un enjeu croissant avec le vieillissement démographique. Actuellement, les seniors se déplacent moins fréquemment que les plus jeunes en raison de la retraite, de la baisse des revenus et de la diminution des capacités physiques. Cependant, la majorité des seniors, notamment les 65-74 ans, restent motorisés, même si l’usage de la voiture en tant que passager augmente avec l’âge. Alors que les personnes de plus de 55 ans effectuent en moyenne au moins 4 déplacements par jour, à 75 ans, ce chiffre passe à moins de 3 par jour.

    Les solutions proposées par les entreprises pour favoriser la mobilité des personnes âgées comprennent celles destinées à la rééducation et à l’activité physique. À ce titre, nous pouvons citer deux solutions développées par EzyGain :

    • EMA, un dispositif de rééducation pour la marche et l’équilibre, destiné aux personnes en perte d’autonomie. Il combine un harnais de sécurité et des capteurs connectés pour analyser les mouvements et les progrès des patients en temps réel. Cette solution est conçue pour des séances de rééducation à domicile ou en centre, permettant un suivi personnalisé et sécurisé des exercices, tout en motivant les utilisateurs grâce à un retour direct sur leurs performances;
    • CycloSense, quant à lui, est un capteur connecté conçu pour transformer un vélo d’intérieur ou un pédalier en un appareil intelligent. Il permet de suivre les performances en temps réel, tout en rendant l’exercice plus ludique grâce à des paysages immersifs et des jeux interactifs. Compatible avec la réalité virtuelle, CycloSense aide à travailler l’endurance, la coordination, la concentration et la mobilité.

    Pour lutter contre l’isolement des personnes âgées, plusieurs initiatives sont mises en place en France. Ces actions incluent des programmes de soutien à domicile, des activités sociales pour favoriser les interactions, ainsi que des dispositifs numériques pour maintenir le lien avec les proches. Des associations locales œuvrent à la création de réseaux de bénévoles pour accompagner les personnes âgées isolées.

    Au-delà de ces initiatives, d’autres solutions proposent de lutter contre l’isolement des personnes âgées en favorisant le lien social :

    • Lumeen propose une solution de réalité virtuelle thérapeutique et sociale destinée aux établissements de santé et médico-sociaux. Elle permet aux patients de vivre des expériences immersives variées (relaxation, voyages, réminiscence) pour améliorer le bien-être, réduire l’anxiété, la douleur et les troubles du comportement. La solution est utilisée par les Ehpad et les hôpitaux pour personnaliser les soins et renforcer le lien social.
    • LiNote est une solution conçue pour faciliter la communication avec les personnes âgées, notamment celles ayant des difficultés avec les nouvelles technologies. Elle permet de passer des appels vidéo sans nécessiter d’interaction de la part de l’utilisateur. Les proches peuvent également envoyer des photos, vidéos et messages, qui s’affichent automatiquement sur l’appareil.

    La technologie pour assister les professionnels de santé

    Les solutions de soutien aux professionnels de santé pour le bien vieillir répondent à l’impératif de qualité et d’efficacité des soins, mais aussi à celui de la prévention. À ce titre, Telegrafik propose une solution de suivi automatisé des températures pour les Ehpad. Des capteurs discrets mesurent en temps réel la température et l’humidité dans différentes zones, comme les chambres et les espaces communs. Les données sont accessibles via un extranet, et des alertes sont configurables lorsqu’une température dépasse un certain seuil.

    Oso-AI propose une solution d’« oreille augmentée » destinée aux professionnels de santé, visant à améliorer la sécurité des résidents et à faciliter le travail des soignants. Grâce à l’intelligence artificielle, le système détecte des événements tels que les chutes, les appels et les cris, permettant une intervention rapide sans nécessiter de rondes régulières. Cela réduit le stress des soignants, améliore les conditions de travail et optimise la qualité des soins.

    Cartographie des solutions destinées aux personnes âgées

    Vous trouverez la liste des solutions répertoriées sur cette cartographie interactive :

     

  • Silver Tech : un marché estimé à 130 milliards de chiffre d’affaire pour 2030

    La silver économique face au vieillissement démographique de la population

    En 2024, selon les chiffres de l’Insee, la France compte 19 millions de personnes de plus de 60 ans, et d’ici 2050, ce chiffre devrait s’élever à 24 millions dans l’Hexagone et à 130 millions dans l’Union Européenne, soit une hausse de 40 % par rapport à 2020. La population des 80 ans et plus, qui nécessite une prise en charge particulière, connaîtra elle aussi une augmentation de 70 % d’ici 2030. Le nombre de personnes dépendantes devrait quant à lui augmenter de 40 %. Cette évolution démographique représente une opportunité certaine pour les entreprises spécialisées, mais aussi de nombreux défis de politiques publiques pour l’État, qui devra faire émerger de nouvelles approches dans la gestion des soins.

    Le marché de la silver économie, estimé à 97 milliards en 2022, devrait atteindre 130 milliards d’ici 2030. Ce dynamisme est principalement soutenu par l’arrivée des baby-boomers dans la tranche des 75 ans et plus, entraînant ainsi une forte augmentation de la demande pour des produits et services adaptés aux personnes âgées.

     

    Dépenses de santé en fonction des tranches d’âge (Researchgate)

    Le PLFSS 2023 annonçait déjà « une forte progression du financement des politiques de soutien à l’autonomie ». En effet, durant cette année, l’objectif global de dépenses (OGD) a augmenté respectivement de 5,1 % et 5,2 % pour la prise en charge des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, atteignant 30 milliards. Le PLFSS 2024 prévoit quant à lui des moyens supplémentaires pour la création de nouvelles places de services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) ainsi que pour le financement en EHPAD de personnes âgées en perte d’autonomie accrue.

    La prise en charge de cette population vieillissante soulève de nombreux défis, à savoir :

    • La prise en charge des seniors en zones rurales et périurbaines ;
    • L’accès aux services spécialisés qui reste limité ;
    • L’offre insuffisante dans des secteurs comme la mobilité ou le lien social.

     

     

    Poids des dépenses effectuées par les plus de 50 ans dans chaque secteur de consommation (Rothschild & Co Asset Management Europe, CREDOC) 

    Les trois axes de la silver économie

    La filière s’organise principalement autour de trois axes :

    • Le maintien à domicile : Cela concerne les services à la personne, l’habitat (aménagement, monte-escalier, domotique…), la sécurité (téléassistance, capteurs…), le transport (accessibilité, mobilité), et la communication (mobile, internet, réseaux sociaux…).
    • La santé : Notamment la nutrition, la prévention, la e-santé et la télémédecine.
    • Le bien-vieillir : Les loisirs (culture, bien-être, sport, tourisme), les commerces, le travail (emploi seniors, formation).

    Les gérontopôles pour dynamiser les acteurs de la silver économique

    Plusieurs gérontopôles en France sont nés sous l’impulsion de l’État, pour répondre aux enjeux de la transition démographique. Les gérontopôles sont issus d’une annexe de la loi « Adaptation de la Société au Vieillissement (ASV) du 28 décembre 2015 ». Le premier a avoir été constitué est celui de Toulouse, puis d’autres ont été créés progressivement au fil des années (9 au total).

    Créés sous l’impulsion de personnalités, de la région, de l’ARS ou des ARS ils disposent tous du statut associatif. Leur mission est de rapprocher et de dynamiser autour du vieillissement les acteurs de la recherche, du soin (en ville, à l’hôpital, en établissement médico-social), de la formation et de l’entreprise. Ils permettent de faciliter le transfert de la recherche, du développement technologique vers le soin, le médico-social et les services apportés aux âgés.

    Le ministère de l’Économie et des Finances et le ministère des Affaires sociales et de la Santé ont signé en 2013 un contrat de filière pour la silver économie dont l’objectif est de « structurer ce secteur en une vraie filière industrielle et de créer un écosystème national et régional pour faire émerger un grand marché et favoriser l’essor de l’industrie française ».

    Lors du lancement du contrat de filière pour la silver économie, les pouvoirs publics ont distingué 3 grands groupes de personnes cibles pour les produits et services développées en silver économie :

    • Les seniors dits « actifs » : autonomes et indépendants ;
    • Les seniors dits « fragiles » : avec quelques limitations ou baisses de capacités ;
    • les seniors dits « dépendants » : qui ont besoin d’aide pour accomplir les actes de la vie courante.

    Les levées de fonds récentes du marché

    En 2023-2024, plusieurs levées de fonds d’acteurs majeurs de la silver économie ont été recensées :

    • Neosilver : l’entreprise a levé près de 4 millions d’euros pour soutenir son développement. Cette levée vise à accélérer l’expansion de ses services de loisirs et d’activités destinés aux personnes âgées, en renforçant son offre et en élargissant sa portée géographique. L’entreprise prévoit également de développer ses partenariats et d’améliorer l’expérience utilisateur via une plateforme numérique ;
    • Jabi : Cette startup spécialisée dans les technologies pour les seniors a levé 400 000 euros pour accélérer le développement de son logiciel Major, utilisé dans les résidences pour seniors afin de faciliter la gestion quotidienne et la communication entre résidents et familles ;
    • Alogia Groupe : 6,5 millions d’euros ont été levés par l’entreprise pour accélérer le déploiement de ses technologies prédictives et préventives. Cette somme permettra de renforcer ses solutions d’assistance aux seniors, basées sur des outils de domotique et d’intelligence artificielle ;
    • Life Plus : l’entreprise a levé 3 millions d’euros pour développer sa montre connectée dédiée aux seniors. Cette montre intelligente permet de surveiller la santé des utilisateurs, notamment en détectant des signes vitaux ou des chutes, et vise à prolonger leur autonomie à domicile. Ce financement permettra à l’entreprise d’accélérer le développement et la commercialisation de cette solution technologique ;
    • NeuroClues : elle a levé 5 millions d’euros pour préparer la commercialisation de sa solution innovante permettant de mesurer et de diagnostiquer les maladies neurologiques. Ce financement vise à accélérer le développement de leur technologie, qui utilise des capteurs et des algorithmes pour identifier rapidement les signes de troubles neurologiques.

     

  • Cartographie des solutions d’IA en prévention présentes en France

    Un contexte national d’accélération de l’innovation

    Dotée de 170 millions d’euros, la stratégie nationale d’accélération de l’innovation en prévention, lancée par l’Agence de l’innovation en santé, s’appuie sur trois axes principaux : le premier dédié à la recherche sur les facteurs environnementaux affectant la santé, un autre à la démonstration de la valeur des innovations en vie réelle, et un troisième à l’industrialisation des technologies innovantes.

    Huit priorités de santé publique ont été identifiées dans le cadre de ce plan :

    • la lutte contre l’infertilité ;
    • la santé de l’enfant ;
    • la santé mentale ;
    • la prévention de la perte d’autonomie ;
    • les maladies chroniques (cancers, diabètes, maladies cardio-neurovasculaires et cardiométaboliques, maladies neurodégénératives …) ;
    • la promotion des comportements favorables à la santé, éducation à la santé, alimentation, activité physique (incluant l’APA), addictions (tabac, alcool, drogues…), sommeil, écrans, éducation à la vie affective et santé sexuelle ;
    • la vaccination et la prévention des maladies infectieuses ;
    • ainsi que les maladies rares et notamment dépistage néonatal et diagnostic des maladies rares.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence propose une cartographie des solutions d’IA présentes en France, réparties sur ces enjeux de la prévention.

    La lutte contre l’infertilité :

    Dans le domaine de l’infertilité, l’IA permet des progrès significatifs dans la prévention et la prise en charge, on décompte 4 solutions dédiées à ce premier axe :

    • Embryoly de Imvitro  permet aux professionnels de santé d’optimiser le processus de sélection des embryons lors de la fécondation in vitro, en améliorant les taux de réussite des procédures ;
    • Sonio Detect aide les praticiens à analyser les images d’échographies pour détecter des anomalies fœtales. La plateforme optimise le processus de décision médicale en fournissant des recommandations  personnalisées et en automatisant certaines tâches administratives liées à la gestion des examens échographiques ;
    • AI Merging Health est un logiciel basé sur l’intelligence artificielle pour l’évaluation des grossesses prénatales. Les produits proposés sont basés sur un service utilisant un algorithme d’IA permettant de détecter les grossesses à haut risque, ainsi qu’une évaluation quantitative du risque de mortalité maternel.
    • Ziwig propose un diagnostic Ziwig Endotest, un test innovant basé sur l’analyse des microARN dans la salive, permettant de diagnostiquer l’endométriose de manière rapide, précise et non invasive.

    La santé de l’enfant :

    L’IA de Crocos Go, développée par United Crocos, est une solution innovante dédiée au dépistage précoce des troubles cognitifs chez les enfants de 6 à 15 ans. Elle utilise une combinaison de neurosciences et d’intelligence artificielle pour identifier et évaluer des troubles comme le TDAH, les troubles de l’apprentissage (dyslexie, dyspraxie), les troubles du spectre autistique, ou encore les capacités liées au Haut Potentiel Intellectuel. La plateforme offre des ateliers ludo-éducatifs où les enfants interagissent avec des outils numériques comme la programmation de robots ou de jeux vidéo. Ces activités permettent de stimuler et évaluer leurs fonctions cognitives de manière automatisée, tout en offrant des outils de remédiation adaptés à chaque enfant.

    La solution de Mindplus quant à elle est un test neurocognitif numérique qui permet de mesurer l’attention, les fonctions exécutives et la prise de décision des utilisateurs. Il vise à détecter rapidement les premiers signes de troubles cognitifs afin d’améliorer la prévention chez les enfants.

    L’IA au service de la santé mentale :

    La prévention en santé mentale bénéficie également des avancées technologiques, avec des solutions innovantes visant à améliorer le suivi et le bien-être des patients. À ce titre, Callyope  propose une technologie basée sur la voix pour surveiller la santé mentale des patients, en particulier dans le domaine de la psychiatrie. Leur solution permet aux psychiatres de suivre à distance l’évolution des troubles psychiatriques à l’aide d’un test vocal d’une minute, analysé par un algorithme d’intelligence artificielle.

    Emocare est une solution centrée sur le bien-être émotionnel et mental, souvent via une application mobile ou un site web. Elle propose des outils de gestion des émotions, du stress et de l’anxiété.

    Cephalgo est une solution innovante qui utilise un dispositif EEG discret intégré dans des lunettes pour suivre les émotions en temps réel avec une précision médicale. Il permet d’analyser les fluctuations émotionnelles, de détecter les déclencheurs émotionnels et de proposer des exercices apaisants personnalisés.

    Logiciel d’aide au diagnostic et de télésurveillance des troubles de l’humeur, Emocare de Emobot analyse en continu les expressions faciales et vocales des patients via leurs appareils numériques. Le dispositif permet de détecter précocement les troubles, d’accompagner les médecins dans le suivi à distance de leurs patients, et d’intervenir en cas de rechute ou de détresse.

    Prévention et surveillance des maladies chroniques :

    Les avancées récentes en intelligence artificielle (IA) révolutionnent la gestion des maladies chroniques en offrant aux professionnels de santé des outils sophistiqués pour améliorer le suivi et la personnalisation des traitements. 22 solutions innovantes émergent dans ce domaine, en voici quelques unes dans le détail :

    • ExactCure propose une solution innovante basée sur l’intelligence artificielle pour personnaliser l’usage des médicaments. Leur technologie crée un “jumeau numérique” du patient, simulant l’efficacité et les interactions des médicaments dans le corps en fonction de paramètres individuels comme l’âge, le sexe, l’état rénal, et d’autres caractéristiques. Cette solution aide à prévenir les sous-doses, les surdoses et les interactions médicamenteuses, tout en optimisant le traitement, notamment pour les maladies chroniques​ ;
    •  Resilience Pro est conçu pour le suivi de patients atteints de cancer, en permettant l’analyse de l’évolution globale de la dynamique bio-médicale dans le but de détecter une évolution, une récidive ou une toxicité thérapeutique ;
    • W’asm et Connect’inh de Kap Code utilisent des technologies connectées pour surveiller les patients à distance atteints d’asthme ;
    • CardioLogs Holter et CardioLogs RPM de Philips apportent des solutions de surveillance cardiaque avancées permettant aux professionnels de santé de traiter plus rapidement les données ECG et d’identifier des anomalies cardiaques et de faciliter la prise de décision clinique ;
    • Zoï  permet un check up et un suivi global des indicateurs de santé. Ces outils s’intègrent dans les pratiques médicales pour améliorer la gestion proactive des maladies et optimiser la prévention ;
    • Hillo AI propose une plateforme d’accompagnement pour la gestion du diabète en utilisant la technologie des jumeaux numériques alimentés par des données réelles de patients. Ces jumeaux numériques permettent de simuler et prédire les niveaux de glucose en fonction de facteurs comme la dose d’insuline ou l’heure des repas ;
    • Siemens Healthineers propose une gamme avancée de solutions d’imagerie médicale. Le Brain MR et le Prostate MR permettent des examens précis par résonance magnétique pour l’évaluation des structures cérébrales et prostatiques, essentiels pour la détection précoce et le suivi des pathologies neurologiques et urologiques. Le Chest CT et le Chest X-ray offrent des outils performants pour l’imagerie thoracique, permettant un diagnostic rapide et détaillé des affections pulmonaires et cardiaques. Enfin, la solution Organs RT est dédiée à la radiothérapie, utilisant une technologie de pointe pour cibler avec précision les organes affectés par des cancers, optimisant ainsi le traitement tout en minimisant les effets secondaires.

    Le rôle essentiel des déterminants de santé :

    5 solutions innovantes basées sur l’intelligence artificielle apportent des réponses aux défis liés aux déterminants de santé

    • Hajime AI propose des solutions basées sur les sciences comportementales, notamment à travers la méthode Kumo. Elle utilise des techniques de profiling comportemental pour comprendre et influencer les comportements humains, en particulier dans le domaine de la santé. Leur approche aide à concevoir des plans d’action personnalisés pour les médecins, patients et industriels ;
    • 1Food1Me est une plateforme dédiée à la  nutrition basée sur l’intelligence artificielle, elle propose des recommandations alimentaires basées sur les besoins spécifiques des utilisateurs ;
    • Quitoxil (Klava Innovation) aide les fumeurs à stoper leur consommation grâce à des programmes personnalisés, combinant IA et approches comportementales ;
    • Fizzup propose une plateforme qui fournit des programmes d’entraînement personnalisés et des conseils de nutrition adaptés aux objectifs et au niveau de condition physique de chaque utilisateur.

    La prévention pour le maintien de l’autonomie :

    Dans le cadre de la prévention de la perte d’autonomie, plusieurs solutions innovantes ont vu le jour :

    • Auxivia a developpé un verre intelligent est conçu pour suivre et analyser la consommation hydrique des personnes âgées en temps réel. Il enregistre automatiquement les volumes de liquide bus par chaque personne et transmet les données au personnel soignant via une plateforme numérique ;
    •  Life plus de Dona Care dédiée aux  personnes âgées, est un dispositif basé sur la surveillance proactive, permettant de suivre en temps réel l’état de santé des résidents tout en respectant leur vie privée. L’objectif est d’alerter les équipes médicales rapidement en cas de détection de signaux préoccupants, comme des chutes ou des variations soudaines dans les habitudes quotidiennes, afin d’assurer une intervention rapide ;
    • Feet Me propose une semelle connectée dotée de capteurs permettant de collecter des données en temps réel sur la pression plantaire et la dynamique de la marche. Ces semelles peuvent être utilisées à des fins médicales pour le suivi des patients, notamment ceux atteints de maladies neurologiques, orthopédiques ou vasculaires.

    Répondre à la complexité des maladies rares :

    Les maladies rares, en raison de leur complexité, nécessitent des outils spécifiques pour améliorer leur prise en charge et accélérer le diagnostic. Des solutions innovantes ont été développées pour répondre à ces besoins.

    • MSCopilot d’Ad Scientiam est une application mobile spécialement conçue pour les patients atteints de sclérose en plaques. Cet outil digital permet de surveiller l’évolution de la maladie en réalisant des évaluations régulières via des tests cliniques validés, mesurant des fonctions clés comme la marche, la dextérité, la cognition, et la vision ;
    • AccelRare produit par Sanofi en collaboration avec  Medical et Intelligence Service (MSI) est une intelligence artificielle conçue pour accélérer le pré-diagnostic de 270 maladies rares, réduisant ainsi l’errance des diagnostiques. C’est un outil gratuit destiné aux professionnels de santé pour les aider à identifier rapidement les maladies rares à partir des symptômes des patients.

    Cartographie des entreprises proposant une solution d’IA en prévention

    Pour accéder à la base données des solutions dédiées à la prévention incluant de l’IA cliquez ici.

  • Initiatives de prévention : les acteurs de la santé s’engagent pour relever les défis du grand âge et des maladies chroniques

    Une priorité pour les acteurs du secteur

    Désormais soutenue par l’innovation technologique, la prévention connait une demande croissante et un intérêt grandissant des grands groupes du secteur de la santé pour des solutions personnalisées et accessibles. En France, e2022, les dépenses de santé dédiées à la prévention atteignaient 12,7 milliards d’euros, soit une baisse de près de 28 % par rapport à 2021, mais un montant largement supérieur aux 5,54 milliards d’euros de 2019, avant la pandémie de Covid-19.

    Avec le vieillissement de sa population, la pays fait face à de nouveaux défis liés à la santé des seniors. D’après l’Insee, la population pourrait atteindre 69,3 millions d’ici 2044, avec une proportion de personnes de plus de 65 ans qui représenteraient 28,7 % en 2070. Ce phénomène entraîne une hausse de la prévalence des maladies chroniques, comme le diabète ou les pathologies cardiovasculaires, lesquelles représentaient déjà 61,9 % des dépenses de santé, soit 104 milliards d’euros, en 2020. D’ici 2030, le nombre de personnes âgées dépendantes pourrait augmenter de 50 %, selon un rapport du Leem.

    D’un autre côté, les modes de vie actuels, tels que la sédentarité, l’alcoolo-tabagisme et les mauvaises habitudes alimentaires, aggravent les facteurs de risque de plusieurs maladies.

    🏥 Les hôpitaux en première ligne :

    Les établissements de soins, qu’ils soient publics ou privés, mettent en place des stratégies pour améliorer la prévention au sein de leurs services. Le passage des soins hospitaliers traditionnels vers des soins ambulatoires, à domicile et virtuels s’est accéléré. Cette transition permet d’atteindre les patients de manière plus flexible et d’offrir des programmes de prévention plus personnalisés. Les systèmes de santé investissent également dans des technologies de santé numériques et des plateformes de soins partagés pour améliorer la coordination des soins préventifs et l’engagement des patients.

    À ce titre, lors de Santexpo 2024, un appel à projet (AAP) pour le prix de l’innovation en prévention a été lancé par la Conférence des directeurs généraux de CHU et le groupe mutualiste européen Relyens. Ce prix a pour but de promouvoir des initiatives qui pourraient être déployées dans d’autres établissements, de renforcer le rôle des CHU dans la prévention en lien avec les acteurs territoriaux et de contribuer à la stratégie nationale de prévention portée par le ministère de la Santé et le programme France 2030. Son ambition est de faire des CHU des moteurs de l’innovation dans la prévention, tout en s’inscrivant dans les priorités de santé publique actuelles.

    L’Hôpital Américain de Paris s’est associé avec la start-up Kiro pour faire progresser la médecine préventive personnalisée. Ce partenariat vise à améliorer l’interprétation des examens biologiques, grâce à l’intelligence artificielle, et à proposer des soins plus ciblés. Kiro utilise des outils d’IA pour combiner les données biologiques et cliniques, facilitant ainsi une détection précoce des maladies et une meilleure gestion des patients. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de l’Hôpital pour 2024-2028, centrée sur la prévention et l’innovation en santé.

    Bien que plusieurs actions actions soient portées par les établissements de santé, la prévention en hôpital reste confrontée à plusieurs défis, à savoir :

    • le manque de ressources financières et humaines nécessaire à une prévention efficace ;
    • une sensibilisation insuffisante du public et des patients ;
    • la coordination des soins  avec des acteurs externes (médecins de ville, associations) ;
    • et le changement de culture notamment le passage d’une approche curative à préventive.

    Les groupes d’hospitalisation privée s’engagent :

    Les actions de prévention du groupe d’hospitalisation privée, Elsan, se concentrent sur plusieurs thématiques de santé publique, visant à sensibiliser et dépister les maladies chroniques. L’entreprise organise des campagnes de vaccination (grippe, HPV), de dépistage des cancers et des risques cardiovasculaires, et propose des bilans de santé complets. Avec des équipes mobiles et des initiatives d’”aller-vers”, Elsan touche plus de 11 000 personnes par an. L’objectif est de promouvoir l’hygiène de vie, de prévenir les maladies chroniques, et d’intervenir de manière proactive sur le terrain.

    Vivalto Santé, à travers ses centres “Vivalto check-up”, propose des bilans de santé personnalisés, adaptés aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. Spécialisés en médecine préventive et dépistage, ces centres visent à préserver une santé optimale grâce à des diagnostics précoces et des suivis adaptés. Implantés sur tout le territoire français, les centres offrent une prise en charge accessible et de qualité, avec pour objectif d’accompagner les patients et les employés dans une démarche de prévention active et durable.

    Les personnes âgées parmi les cibles prioritaires :

    La prévention concerne également les personnes âgées. A titre d’exemple, la maison Saint-Joseph de Quimperlé (de l’HSTV) a mis en place récemment un hôpital de jour dédié à la prévention des chutes chez les seniors. Ce programme vise à :

    • réduire les risques de chutes ;
    • proposer par des évaluations et des exercices spécifiques adaptés ;
    • permettre aux personnes âgées améliorer leur équilibre, leur mobilité et autonomie ;
    • et éviter les accidents domestiques et les hospitalisations.

    D’autres initiatives se concentrent également sur les personnes âgées c’est le cas du projet “Métapsy” a été initié dans le cadre d’une collaboration entre My Family Up, l’Institut de recherche en informatique de Toulouse et le Gérontopôle. Ce programme utilise l’intelligence artificielle pour analyser la voix et détecter des signes précoces d’états émotionnels à risque. Il s’inscrit dans une démarche de prévention, en ciblant la santé mentale des aidants et des familles, en vue de leur offrir un soutien psychologique adapté avant l’apparition de crises. L’objectif est d’anticiper et de prévenir les troubles psychologiques.

    🏛️ La prévention au cœur des enjeux des assureurs :

    Les assureurs jouent un rôle essentiel dans la promotion de la prévention en santé, en intégrant des programmes visant à réduire les risques de maladies et à encourager des comportements sains. Face à l’augmentation des maladies chroniques et des dépenses de santé, les compagnies d’assurance et les mutuelles adoptent des stratégies de prévention pour leurs assurés.

    Ces dernières disposent de nombreux programme afin de favoriser la prévention :

    • Generali : propose le programme Generali Vitaly, visant à encourager ses assurés à adopter un mode de vie plus sain. Il repose sur un système de récompenses pour inciter à l’activité physique, à une meilleure alimentation. Les membres peuvent cumuler des points en fonction de leurs efforts pour améliorer leur santé ;
    • Vivoptim :  une initiative du groupe VYV, dédiée à la prévention des risques cardiovasculaires, propose un programme de bilans réguliers, d’un suivi personnalisé et de recommandations pour améliorer l’hygiène de vie de ses adhérents ;
    • Mon bilan prévention : lancée en 2024, cette initiative est un partenariat entre l’Assurance Maladie, la Mutualité sociale agricole (MSA), et Santé publique France. Elle propose des bilans de santé gratuits à des âges clés et propose des rendez-vous permettant de détecter d’éventuelles maladies chroniques, de surveiller la santé mentale des jeunes, et d’évaluer les risques de perte d’autonomie pour les seniors
    • La Mutualité Française : avec ses différents programmes de prévention (santé environnementale, maladies chroniques, santé de nos aînés autonomes…), la Mutualité vise également à à promouvoir l’activité physique pour améliorer la santé des individus, à travers son programme et son observatoire “sport-santé”. Il consiste en des événements nationaux (marches et courses pour tous) ainsi que des ateliers de sensibilisation à l’importance du sport pour la prévention des maladies chroniques. En partenariat avec des fédérations sportives, la Mutualité Française encourage la pratique régulière d’activités physiques adaptées à différents publics.

    💊 Le médicament comme levier de la prévention :

    Au-delà de la vaccination, les laboratoires pharmaceutiques jouent un rôle central dans la prévention des maladies chroniques et infectieuses, en offrant des solutions innovantes pour atténuer les facteurs de risque et promouvoir la santé :

    • Des entreprises comme Novo Nordisk jouent un rôle important dans la prévention des maladies chroniques. Son médicament anti-obésité Wegovy pourrait bientôt être commercialisé en Europe et permettre ainsi de mieux prévenir la maladie cardiaque. Initialement conçu pour la perte de poids, ce traitement pourrait être utilisé pour atténuer les risques cardiovasculaires.
    • Des programmes comme le Prevent2Care Lab, soutenu par Pfizer et la Fondation Ramsay Santé, visent à promouvoir la prévention à travers des start-ups innovantes qui développent des solutions pour encourager le dépistage précoce et les diagnostics​.
    • Sanofi prévoit de distribuer 600 000 doses de Beyfortus en France pour la campagne de vaccination contre la bronchiolite cet hiver, soit le double des doses fournies l’an dernier. Ce traitement, destiné aux nourrissons, est un anticorps conçu pour prévenir cette infection respiratoire. L’augmentation des doses vise à répondre à une forte demande, notamment après la réussite de la campagne précédente.
    • Dans le cadre de la prévention contre le VIH, le médicament Sunlenca de Gilead représente une avancée majeure. Administré sous forme d’injection semestrielle, il a démontré une grande efficacité dans la prévention de l’infection chez les femmes à haut risque, marquant une révolution pour la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Ce traitement pourrait alléger la contrainte des prises quotidiennes de pilules et constituer une nouvelle arme dans la prévention du VIH, contribuant à réduire les nouvelles infections dans le cadre d’une stratégie de santé publique globale.

    D’autres initiatives en France

    D’autres initiatives ont vu le jour, portées par des centres d’innovation ou d’expérimentation qui font de la prévention une de leurs priorités :

    • Parisanté Campus et Bpifrance  qui ont récemment lancé un accélérateur dédié aux startups innovantes dans le domaine de la prévention en santé. Cette initiative vise à soutenir les jeunes entreprises qui développent des solutions dans des secteurs comme les données de santé, l’intelligence artificielle, ou encore la médecine préventive. L’objectif est de structurer une filière spécialisée pour transformer le système de santé vers un modèle préventif. En plus de l’expertise de Bpifrance, ces entreprises peuvent également s’appuyer sur l’écosystème de PariSanté Campus, qui regroupe chercheurs et universitaires, renforçant ainsi le lien entre la recherche et l’innovation en santé.
    • Depuis 2024, le projet tiers-lieu d’expérimentation (TLE) “Unirein” vise à améliorer la prise en charge des maladies telles que le diabète et l’hypertension. En collaboration avec divers acteurs (patients, soignants, experts et startups), il utilise des outils numériques pour promouvoir l’autonomie des patients, optimiser les soins, et développer des solutions innovantes via un processus de coconception.
    • Les pôles de compétitivité ont également leur rôle à jouer. À ce titre, le “Challenge prévention” de Lyonbiopôle vise à démontrer la valeur des innovations en conditions réelles, en particulier dans le domaine de la prévention santé. Ce programme invite des entreprises innovantes à présenter des projets qui pourront être évalués dans des environnements réels pour en prouver l’efficacité. Les projets retenus bénéficieront d’un accompagnement et d’une mise en relation avec des experts, ainsi que d’opportunités de financement.

     

  • Marché des Medtechs : la France en deuxième place européenne (Facts & Figures 2024 de Medectech Europe)

    Une industrie en pleine croissance et au cœur de l’innovation

    Le secteur de la MedTech, moteur de l’innovation et du progrès scientifique, joue un rôle central dans l’économie européenne. En 2023, le marché des technologies médicales en Europe est évalué à environ 160 milliards d’euros. Les principaux pays en termes de volume de marché sont :

    1. l’Allemagne (26,5 %) ;
    2. la France (14%) ;
    3. Italie (12,3%) ;
    4. Royaume-Uni (6,8%) ;
    5. l’Espagne (6,3%).
    Marché européen des dispositifs médicaux par pays

    Avec une part de 26,1 % du marché mondial, l’Europe se classe en deuxième position derrière les États-Unis, qui dominent le marché avec 47,2 % de parts. Caractérisé par une innovation continue, ce marché est porté par des investissements conséquents en recherche et développement. En moyenne, les entreprises consacrent environ 8 % de leurs ventes à la R&D. La plupart des produits ont une durée de vie relativement courte, entre 18 et 24 mois, avant d’être remplacés par des versions plus avancées.

    En 2023, plus de 15 900 demandes de brevets ont été déposées auprès de l’Office Européen des Brevets (OEB), faisant des technologies médicales le deuxième secteur le plus actif dans ce domaine après celui des communications numériques :

    • 40 % de ces brevets proviennent des pays de l’OEB ;
    • 38 % des États-Unis ;
    • 22 % d’autres régions du monde.

    Notons qu’en 2023, l’Allemagne a remboursé 57 technologies numériques, tandis que la France en a remboursé 56. Ces technologies couvrent des domaines variés, allant de la surveillance médicale à distance à des solutions pour la santé mentale, en passant par l’oncologie et le diabète.

    Le marché européen des dispositifs médicaux a enregistré une croissance annuelle moyenne de 5,4 % au cours des dix dernières années. En 2009, la crise économique a provoqué une baisse de la demande, réduisant le taux de croissance à 1 %, le plus bas observé depuis 14 ans. Toutefois, le marché a repris en 2010, avec des taux de croissance annuels fluctuants entre 2,4 % en 2017 et 9,3 % en 2015, pour s’établir à nouveau à 2,4 % en 2023.

    Taux de croissance du marché européen des dispositifs médicaux

    Un secteur à fort impact économique et sociétal en Europe

    En plus d’être un moteur d’innovation, le secteur des technologies médicales est un employeur majeur en Europe, avec plus de 880 000 personnes employées directement :

    1. L’Allemagne reste le leader en termes d’emplois dans ce domaine avec 257 000 employés ;
    2. l’Italie arrive derrière avec  17 607 employés ;
    3. suivi du Royaume-Uni qui compte 117 200 employés ;
    4. et enfin de la France avec 84 000 employés.

    À titre de comparaison, l’industrie pharmaceutique emploie environ 900 000 personnes dans l’ensemble du continent. En termes de contribution économique, le secteur de la MedTech génère une valeur ajoutée estimée à 177 000 € par employé, ce qui en fait un des secteurs les plus productifs d’Europe. 37 000 entreprises sont actives dans ce domaine en Europe, dont 90 % sont des petites et moyennes entreprises (PME), avec une majorité d’entre elles qui comptent moins de 50 employés.

    Les dépenses en technologies médicales représentent environ 7,9 % des dépenses totales de santé, soit une moyenne de 304 € par habitant en Europe. Malgré une variation entre les pays, les investissements dans ce secteur continuent de croître à un rythme constant. Le marché européen a connu une croissance annuelle moyenne de 5,4 % au cours des 10 dernières années, malgré un ralentissement temporaire en 2009 lié à la crise économique mondiale. Parallèlement, le marché des diagnostics in vitro (IVD) a lui aussi progressé avec un taux de croissance moyen de 4,3 % au cours de la même période, atteignant un pic en 2021 en raison de la pandémie de COVID-19.

    Sur le plan commercial, l’Europe bénéficie d’un excédent commercial de 11 milliards d’euros en 2023 pour les dispositifs médicaux. Les principaux partenaires commerciaux sont :

    • les États-Unis (40,4 %) ;
    • la Chine (11 %) ;
    • le Japon (5,4 %).
    Principales destinations européennes d’exportation des MedTech

    En termes d’importations, l’Europe continue de s’approvisionner principalement auprès des États-Unis (45,4 %) et de la Chine (14,6 %). Ce dynamisme commercial, associé à une régulation stricte et harmonisée à travers l’Union européenne, permet à l’Europe de maintenir sa position de leader dans le secteur de la MedTech tout en garantissant des normes élevées de sécurité et de performance pour les patients.

     

  • Indienov : une ceinture connectée pour prévenir les fractures des seniors

    Prévenir les chutes chez les personnes âgées

    Indienov Medical, la medtech française spécialisée dans le domaine de la prévention des fractures chez les personnes âgées, a développé une ceinture airbag intelligente conçue pour prévenir les fractures du col du fémur chez les seniors. Ce dispositif médical novateur répond à une problématique majeure de santé publique, en particulier chez les personnes âgées, qui subissent chaque année :

    • 80 000 fractures du col du fémur par an à la suite desquels 50% perdent leur autonomie et 30% décèdent ;
    • 600 000 fractures du col du fémur par an en Europe et 300 000 aux USA ;
    •  1,7 millions de fractures par an dans le monde ;
    • 6,3 millions de fractures par an à l’horizon 2050 selon l’OMS.

    La ceinture Indienov, d’un poids de 500 g , fonctionne grâce à un accéléromètre et un gyroscope intégrés qui détectent les signes avant-coureurs d’une chute. Lorsqu’une chute est prédite, l’airbag se déploie en seulement 200 millisecondes pour protéger les hanches et réduire le risque de fracture​. En parallèle, une alerte est envoyée via une application mobile aux proches ou aux soignants​. Grâce aux données collectées par l’intelligence artificielle intégrée, les informations alimenteront l’amélioration du logiciel actuel d’Indienov, avec pour objectif de lancer une version améliorée (V2) d’ici 2025. Notons que la ceinture est réutilisable après une chute.

    Principalement destinées aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), aux prestataires de soins à domicile, aux centres de réhabilitation et aux distributeurs de matériel médical, les ceintures airbag Indienov, protégées par des brevets et certifiées dispositif médical CE, visent à assurer la protection des patients les plus vulnérables. Les seniors mais aussi toutes les personnes atteintes de troubles de l’équilibre ou de maladies comme la spondylarthrite ankylosante.

     

     

     

    Caractéristiques de la ceinture Indienov

     

    Une entreprise à la recherche de nouveaux marchés

    Récemment, INDIENOV a finalisé une levée de fonds de 1,5 million d’euros, portant ainsi le total de ses financements à 4 millions d’euros depuis sa création.

    Ce nouvel investissement permettra à la société :

    • d’améliorer ses capacités en intelligence artificielle ;
    • de renforcer la production et la distribution de son dispositif médical ;
    • de déployer sa ceinture airbag connectée à grande échelle.

    En 2023, la start-up avait déjà levée 2,5 millions d’euros pour industrialiser la production de sa ceinture airbag connectée, poursuivre ses études cliniques en vue d’un remboursement par la sécurité sociale et étendre son déploiement en France et à l’international.

    L’entreprise pionnière dans la prévention des chutes a été saluée pour son caractère novateur, lors d’événements prestigieux comme le CES de Las Vegas et VIVATECH. Sa technologie de pointe a également été reconnue par plusieurs distinctions, notamment le « Coup de Cœur Innovation / Nouvelles Technologies » des Trophées SilverEco, le « Coup de Cœur du Public » du SNITEM, ainsi que le « Coup de Cœur » du Crédit Agricole Alpes Provence.

  • Cartographie de 37 entreprises de téléconsultation présentes en France

    Les plateformes de téléconsultation face à de nouveaux défis

    La téléconsultation est en train de redéfinir les contours de la pratique médicale. Un phénomène qui présente à la fois des opportunités et des défis pour les professionnels de santé en France. Grâce à des solutions de consultation à distance, une réponse prometteuse est proposée à la demande croissante d’accessibilité et de flexibilité dans le parcours de soins, ainsi qu’à la problématique de la pénurie des ressources médicales expertes.

    Cette transformation numérique implique cependant une réévaluation des pratiques cliniques traditionnelles, notamment en ce qui concerne la qualité des diagnostics à distance, la continuité des soins, et la gestion des données patient. Les professionnels de santé, en ville comme à l’hôpital, se trouvent dans l’obligation de s’adapter à un nouvel écosystème où la technologie est omniprésente, tout en veillant à préserver une relation de qualité avec leurs patients. L’intégration de ces outils exige ainsi plusieurs prérequis pour garantir la pérennité et l’efficacité des soins à l’ère numérique, dont :

    • une formation adaptée des soignants ;
    • un modèle de financement clair et viable ;
    • une vigilance accrue sur les questions de cybersécurité ;
    • et une réflexion éthique sur l’utilisation des algorithmes d’intelligence artificielle (IA).

    La recherche de différenciation :

    Dans un contexte aussi compétitif, les entreprises élaborent des stratégies d’innovation et d’expansion rapide pour se distinguer. Une démarche qui positionnent certaines d’entre elles au premier rang d’un marché à la fois en ébullition et en proie à des doutes sur son avenir, comme l’illustrent les trois exemples suivants :

    📌 Doctolib : déjà bien implantée en France, la licorne française spécialisée dans la prise de rendez-vous médicaux continue de se développer à l’international, notamment en Allemagne et en Italie. Elle investit massivement dans la recherche et développement (R&D), avec une enveloppe de 100 millions d’euros en 2024, avec une volonté d’intégrer des algorithmes d’IA afin d’améliorer l’efficacité des consultations et des tâches administratives pour les professionnels de santé​.

    📌 Livi : filiale du groupe suédois Kry, Livi a enregistré une croissance significative en France en 2023 atteignant un chiffre d’affaire de 25,5 millions d’euros (+56 %). Le marché français représente désormais entre 15 % et 20 % des revenus totaux du groupe, qui réalise entre 80 000 et 100 000 téléconsultations par mois dans l’Hexagone. Tout en continuant d’investir dans le numérique et l’IA, Livi prévoit de consolider son modèle hybride en étendant sa présence physique en France, après l’ouverture de deux centres de santé à Paris et Saint-Denis.

    📌 Qare : depuis ses levées de fonds (48 millions d’euros entre 2019 et 2020) et autres opérations de marché (rachat de Doctopsy et de l’application Mon Sherpa), Qare continue d’accroître son réseau de professionnels de santé et d’utilisateurs. En septembre 2023, l’entreprise rapporte le chiffre de 1,5 millions de patients pris en charge​.

    Améliorer l’accès au soins grâce aux cabines de téléconsultation

    Face à la pénurie croissante de médecins, notamment dans les zones rurales, les cabines de téléconsultation apparaissent comme une solution pertinente pour améliorer l’accès aux soins. Ces dispositifs, installés principalement dans des pharmacies mais aussi dans d’autres lieux publics, offrent aux patients la possibilité de consulter un médecin à distance, souvent sans délai. Ces cabines médicales sont équipées de dispositifs médicaux connectés (tensiomètres, dermatoscopes, stéthoscopes…), permettant au médecin de réaliser un examen aussi complet que possible.

    Medadom, l’un des acteurs majeurs du secteur, rapporte que ses installations enregistrent environ 200 000 consultations mensuelles​. Bien que les pharmacies soient le lieu principal d’implantation de ces cabines, des entreprises comme Tessan cherchent à élargir leur présence à d’autres lieux, tels que les cabinets infirmiers, les opticiens, les services d’urgence et même dans des supermarchés (chez Monoprix et Leclerc). Cette diversification vise à rendre les soins encore plus accessibles, en particulier dans les déserts médicaux.

    Les débats autour des cabines de téléconsultation :

    La prolifération des cabines de téléconsultation est tout de même source d’inquiétudes parmi certains professionnels de santé. Ils craignant que ces dispositifs ne conduisent à une « médecine au rabais », où la qualité des soins pourrait être compromise. Pour être véritablement efficaces, des experts suggèrent que ces cabines soient intégrées dans un parcours de soins coordonnés et ne pas remplacer les consultations en personne là où elles sont nécessaires​.

    Malgré les débats, l’impact positif de ces cabines ne peut être ignoré (voir l’article H&TI sur les études scientifiques dédiées aux examens physiques virtuels). Elles représentent une avancée majeure dans la lutte contre les déserts médicaux, offrant un accès rapide et pratique à des soins de qualité, souvent dans des zones où les alternatives sont limitées.

    3 exemples d’entreprises :

    Avec plus de 6 000 cabines installées en France, les entreprises spécialisées dans la téléconsultation jouent un rôle de plus en plus important dans le parcours de soin, en offrant un accès à des soins de qualité dans les régions où les médecins se font rares. Ces cabines, souvent situées dans des pharmacies, permettent aux patients de réaliser des consultations à distance avec des médecins, grâce à une panoplie d’équipements médicaux connectés.

    Les 3 principales entreprises de ce segment sont :

    📌 Medadom : est l’une des plus grandes entreprises de téléconsultation en France, avec plus de 4 000 cabines déployées à travers le pays, principalement dans les pharmacies. Elle réalise plus de 200 000 consultations par mois, ce qui en fait un acteur clé pour lutter contre les déserts médicaux. L’entreprise vise à atteindre 2,5 millions de consultations annuelles d’ici 2025, consolidant ainsi sa position de leader sur le marché.

    📌 Tessan : est un autre leader majeur avec plus de 750 cabines installées, principalement dans les pharmacies, mais aussi dans d’autres lieux de santé. L’entreprise enregistre environ 50 000 consultations mensuelles et travaille en partenariat avec plus de 200 médecins pour offrir une gamme complète de services, y compris des consultations spécialisées.

    📌 H4D : fondée en 2008, H4D est une entreprise pionnière de la télémédecine clinique, avec des publications scientifiques appuyant la validité de ses cabines, certifiées dispositif médical (DM) de classe II. En 2023, elle a enregistré un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros, contre 3,2 millions en 2022 (-21,9%) et 3 millions en 2021. H4D a déjà levé plus de 20 millions d’euros, dont 15 millions en 2020 et a, depuis, développé des fonctionnalités basées sur l’IA et réussi à faire référencer ses cabines sur la plateforme de prise de rendez-vous de Doctolib. Avec 79 salariés, dont 20 CDI infirmiers en santé du travail, et deux filiales en Italie et au Royaume-Uni, la société française a été placée en redressement judiciaire le 4 juillet. A ce jour, deux offres de reprise sont en cours dans le cadre de cette procédure. Les résultats des négociations devraient être connus début octobre.

    Le choix de la spécialisation

    Aujourd’hui, un nombre croissant de plateformes se concentrent sur certaines spécialités médicales. Elles proposent des ressources et des soins adaptés à chaque patient et donnent un accès direct à des médecins spécialistes. Parmi elles, on peut citer les exemples de :

    📌 DoudouCare, plateforme pionnières, dédiée exclusivement à la pédiatrie. Elle permet aux parents de consulter rapidement des pédiatres et autres professionnels de santé de l’enfance, évitant ainsi les déplacements souvent difficiles avec de jeunes enfants. Cette approche garantit un suivi médical adapté, continu et rassurant pour les familles.

    📌 et Medoucine qui s’est imposée comme une référence dans le domaine des médecines douces. Cette plateforme réunit des thérapeutes spécialisés en pratiques alternatives telles que l’acupuncture, l’hypnose ou encore la naturopathie. Elle répond à une demande existante en France d’approches complémentaires à la médecine conventionnelle.

    Panorama

    Cartographie des entreprises de téléconsultation présentes en France :

  • Medtech : IA et ML, principaux leviers pour améliorer la rentabilité (rapport Roland Berger)

    Une réorientation stratégique vers la rentabilité

    Le rapport de Roland Berger souligne qu’avec la baisse de la rentabilité, les entreprises MedTech réorientent leurs priorités stratégiques. Alors que 57 % favorisaient la croissance du chiffre d’affaires ces dernières années, ce taux atteint à peine les 31 % aujourd’hui. En revanche, 65 % des MedTech se concentrent désormais sur l’optimisation des bénéfices. Elles rationalisent leurs portefeuilles de produits et ciblent leurs marchés clés. Le rapport met en lumière que les leviers choisis, comme les ventes, achats et supply chain, ne sont pas toujours ceux offrant les meilleurs potentiels, comme la R&D et le service après-vente, pourtant plus prometteurs pour les marges.

    Les entreprises medtech misaient, dans le passé, “sur la croissance via le lancement de nouveaux produits ou l’entrée sur de nouveaux marchés, où des marges élevées étaient possibles par rapport à l’industrie”. Toutefois, la rentabilité s’est nettement réduite ces dernières années.” Cette baisse de la rentabilité des entreprise s’expliquerait par un contexte macroéconomique particulièrement difficile qui a fortement impacté la rentabilité des société (l’inflation, la hausse des taux d’intérêt ainsi que des incertitudes géopolitiques).

    Les entreprises les moins performantes devancent aux autres :

    Il en ressort que les medtechs adaptent leurs stratégies en se recentrant de plus en plus sur l’amélioration de leur rentabilité. Cette réorientation est particulièrement visible dans les entreprises avec des marges bénéficiaires inférieures à 15 % :

    • autrefois, 48 % de ces sociétés se concentraient sur la croissance du chiffre d’affaires, mais ce chiffre est désormais tombé à 20 % ;
    • actuellement, 72 % d’entre elles se recentrent sur l’optimisation de la rentabilité, contre 44 % auparavant ;
    • pour les entreprises dont les marges dépassent 15 %, 42 % privilégient encore la croissance (contre 65 % auparavant), tandis que 58 % se concentrent désormais sur la rentabilité (contre 35 % précédemment).

    Un écart entre les choix des entreprises et les leviers potentiels d’amélioration de la rentabilité

    Les entreprises interrogées lors de l’enquête réalisée permet de faire ressortir que ces dernières comptent avant tout augmenter leurs profits en se concentrant sur leur cœur de métier en  rationalisant leur portefeuille de produits et en se concentrant sur des marchés clés.

    Pour accroître la rentabilité sur leurs marchés principaux, les entreprises souhaitent se concentrer sur la technologie et la digitalisation, notamment :

    • l’intelligence artificielle (IA) et le machine learning (ML), pour la gestion de la supply chain ;
    • l’automatisation des processus robotisés, dans la production.

    Prioriser R&D et service après-vente ?

    L’enquête met en lumière un déséquilibre notable entre les leviers que les entreprises choisissent pour améliorer leurs performances et leur contribution potentielle à la rentabilité :

    📌 les répondants ont mis en avant l’optimisation des ventes, des achats et de la supply chain comme étant les plus susceptibles d’augmenter les bénéfices ;

    📌 si les ventes montrent un fort potentiel de marge (5 points), les achats et la supply chain sont moins performants, avec respectivement 2,9 et 2,7 points ;

    📌 en revanche, la R&D (6,3 points) et le service après-vente (5,7 points), bien que plus efficaces, sont moins priorisés.

    Classement des innovations technologiques selon leurs potentiels d'amélioration de la rentabilité - @ Roland Berger
    Classement des innovations technologiques selon leurs potentiels d’amélioration de la rentabilité – @ Roland Berger

     

  • Maladies rares : Tekkare facilite l’accès aux connaissances médicales pour accélérer la recherche

    Faciliter l’accès et l’utilisation des connaissances

    Fondée en 2015 par Bruno Sarfati, Tekkare est une start-up française spécialisée dans la Healthtech, avec une mission claire : développer des écosystèmes de données de santé innovants pour faciliter l’accès et l’utilisation des connaissances médico-scientifiques. Grâce à une équipe internationale d’une trentaine de talents répartis entre le numérique, la science des données et la santé, Tekkare s’impose comme un acteur clé dans l’intégration et l’exploitation des données complexes des sciences médicales.

    Dans un monde où les décisions en matière de santé dépendent de plus en plus de la qualité et de la fiabilité des données, Tekkare se donne comme objectifs de :

    • créer une nouvelle source fiable de données de santé ;
    • promouvoir et étendre l’utilisation des données officielles des autorités sanitaires ou des systèmes de santé nationaux comme première étape des recherches opérationnelles ;
    • développer un écosystème numérique de la donnée pour assurer l’intégration à long terme des nouvelles sources ;
    • et faciliter les décisions stratégiques basées sur les données grâce à un accès à des sources fiables en illimité.

    Des bases de données publiques et internationales exploitées :

    Tekkare propose deux plateformes analytiques – l’OIP Healthcare et l’OIP Discovery – qui agrègent des sources de données publiques et scientifiques mondiales. Ces outils permettent aux équipes de recherche et de développement, ainsi qu’aux data scientists, de réaliser des analyses poussées sur les maladies, les molécules et les essais cliniques. Une opportunité pour accélérer la découverte de nouveaux médicaments et renforcer les preuves basées sur des données concrètes dans le domaine de la santé.

    Un autre service d’analyse des données de vie réelle, ReaLifeData, exploite des bases de données publiques pour fournir des informations viables sur divers aspects de la santé, comme les remboursements de médicaments ou les données d’hospitalisation.

    Réduire l’errance thérapeutique dans les maladies rares

    Parmi ses projets phares, Tekkare a co-développé, en partenariat avec Orphanet, le dispositif médical RDK (Rare disease knowledge), qui est distribué par la start-up à mission As we know. Un outil en passe de devenir une “référence mondiale en matière de données sur les maladies rares”. Disponible sous forme d’application et de version web, il offre aux professionnels de santé un accès simplifié aux connaissances sur les maladies rares et utilise un algorithme sophistiqué pour orienter rapidement les patients vers des centres experts.

    Dispositif médical (DM) de classe I, RDK repose exclusivement sur ses connaissances scientifiques. La contribution principale d’Orphanet consiste à fournir des informations de haute qualité pour améliorer le diagnostic, le traitement et la gestion des maladies rares. Cette innovation numérique est gratuite pour les professionnels de santé et propose trois fonctionnalités clés :

    • un outil d’assistance qui associe les signes et symptômes des patients à une liste de maladies rares ;
    • la suggestion de centres d’expertise pertinents pour le diagnostic et la prise en charge des maladies identifiées ;
    • l’accès à des informations actualisées sur les maladies rares, via des fiches pratiques, des  protocoles nationaux de diagnostic et de soins (PNDS) et des publications scientifiques.
    Interface de l'application mobile RDK - @ Tekkare
    Interface de l’application mobile RDK – @ Tekkare

    Une expansion internationale dès la fin 2024 :

    La roadmap pour RDK se décline en deux axes principaux : le développement de l’application et l’expansion internationale.

    Dans le cadre du développement de l’application, l’objectif est d’augmenter la sensibilisation des professionnels de santé grâce à divers moyens, tels que des congrès, des événements privés, la presse et des études scientifiques. De plus, l’équipe recueillera des retours des utilisateurs pour améliorer continuellement les données et l’expérience utilisateur. Un assistant vocal basé sur l’IA est, par ailleurs,  annoncé pour le deuxième trimestre de l’année 2025.

    Concernant l’expansion internationale, plusieurs étapes sont prévues :

    • un lancement en Espagne : dès le quatrième trimestre 2024 ;
    • un lancement aux États-Unis : dès premier trimestre 2025 ;
    • et une expansion vers de nouveaux pays européens : en 2026.