La Finlande s’engage résolument dans la voie de la santé numérique depuis 1995, en mettant en place des stratégies ambitieuses, un cadre réglementaire solide et en favorisant l’innovation à travers ses institutions de santé clés. Cet indicateur est donc divisé en 4 parties :
Contexte et chiffres clés sur le système de santé finlandais
Les centres de santé locaux fournissent des soins primaires, tels que des consultations médicales générales et des services préventifs. Les hôpitaux de district, gérés au des comtés de bien-être, offrent des soins secondaires, tandis que les 5 centres hospitaliers universitaires (CHU) répartis dans le pays assurent les soins tertiaires, y compris les traitements spécialisés et complexes. L’Institut d’assurance sociale Kela, quant à lui, joue un rôle crucial dans la sécurité sociale en Finlande, en remboursant les soins, la santé au travail, les médicaments prescrits et les indemnités de maladie. Tous les résidents permanents en Finlande sont couverts par ce régime national d’assurance maladie.
👉 H&TI dresse un aperçu détaillé de différents aspects du système de santé du pays, notamment son organisation, son financement et ses récentes réformes, dans un article à retrouver ici.
Principales initiatives réglementaires en Finlande en lien avec la santé numérique
Le système de santé finlandais est décentralisé et universel, avec une répartition des responsabilités entre le ministère des affaires sociales et de la santé et les municipalités/comtés de bien-être. Une réforme majeure en 2023 a transféré la responsabilité de l’organisation des services de santé et sociaux des municipalités aux comtés, visant à améliorer la disponibilité et la qualité des services de base.
👉 H&TI dresse un état des lieux des principales initiatives réglementaires sur lesquelles s’appuient les différentes stratégies en santé numérique, dans un article à retrouver ici.
Cartographie des acteurs clés de l’écosystème finlandais de la santé numérique
La collaboration étroite entre les différents institutionnels en Finlande permet la promotion et l’adoption de technologies numériques, ce qui permet d’encourager l’innovation, la recherche et l’accessibilité des services de santé en ligne. Les 5 CHU du pays jouent un rôle crucial dans l’adoption des solutions numériques. Ils sont également impliqué dans des projets de recherche et collaborent étroitement avec les universités pour développer des solutions innovantes. Findata a un rôle important dans cet écosystème car en charge de l’octroi d’autorisations pour l’utilisation secondaire des données de santé à des fins de recherche.
👉 H&TI réalise une cartographie des nombreuses organisations jouant un rôle essentiel dans la réglementation et la mise en œuvre des initiatives numériques, dans un article à retrouver ici.
Quelle stratégie en santé numérique et data ?
La stratégie en santé numérique 2024 intitulé « Stratégie de numérisation et de gestion de l’information dans le domaine de la santé et de la protection sociale » a été annoncé en décembre 2023. Sa mise en œuvre repose sur 4 objectifs principaux :
1️⃣ autonomie des individus dans la gestion de leur bien-être et de leur santé ;
2️⃣ priorité aux canaux numériques dans les services de bien-être ;
3️⃣ allègement de la charge de travail du personnel de santé et des services sociaux ;
4️⃣ accès étendu à l’information pour les dirigeants et les chercheurs.
Pour atteindre ces objectifs, la stratégie prévoit la réalisation de treize tâches clés, telles que la mise en place d’un centre national pour la santé numérique, le développement de modèles opérationnels numériques, la garantie de la qualité des données, et la sécurité numérique.
👉 H&TI réalise une synthèse des principaux points de cette stratégie, dans un article à retrouver ici.
L’objectif de cette réforme est d’améliorer la disponibilité et la qualité des services publics de base à travers le pays. Elle représente le plus grand changement dans le système finlandais depuis 1945.
Les soins hospitaliers sont gérés par 21 districts hospitaliers. En effet, la Finlande est divisée en 20 districts hospitaliers, avec la province autonome des îles Åland formant son propre district distinct. Chacun de ces districts est placé sous la responsabilité de l’un des 5 CHU du pays. Les districts hospitaliers sont des entités administratives coordonné par un CHU et qui ont sur leur territoire de nombreux hôpitaux.
Les CHU sont des acteurs essentiels à la fois pour les soins, mais également dans l’adoption des technologies numériques pour la santé. Par exemple, le CHU de Helsinki (HUS) coordonne un hub appelé le CleverHealth Network dont le rôle est de développer des traitements et diagnostics personnalisés à travers l’innovation. En tant qu’institutions de recherche et d’enseignement, les CHU sont également des moteurs de l’innovation, en participant à des projets de recherche, en développant de nouvelles applications et en formant le personnel de santé à l’utilisation des technologies numériques.
Les projets menés par les 5 CHU en Finlande :
🔷 Helsinki University Hospital (HUS) : Situé à Helsinki, le HUS est le plus grand hôpital de Finlande et l’un des plus grands d’Europe. Il offre une large gamme de soins médicaux spécialisés et agit en tant que centre de référence pour de nombreuses maladies complexes. En santé numérique, le HUS est impliqué dans de nombreux projets comme le système d’information client et patient Apotti. Ce système est fourni par Oy Apotti Ab, une entreprise co-détenue par HUS et les villes d’Helsinki, Vantaa, Kauniainen, Kerava, Loviisa et Tuusula, ainsi que par les municipalités de Kirkkonummi, Inkoo, Lapinjärvi et Siuntio. L’objectif de ce système est d’accélérer le transfert sécurisé des données des patients entre différents acteurs.
Par ailleurs, en tant que précurseur dans l’application de l’IA en médecine spécialisée, le HUS concentre ses efforts sur des domaines spécifiques tels que les soins intensifs et l’imagerie médicale, utilisant des outils basés sur l’IA pour l’analyse prédictive et avancée.
🔷 Turku University Hospital (TYKS) : Situé à Turku, le TYKS est un autre hôpital universitaire de premier plan en Finlande. Il est réputé pour ses compétences en transplantation d’organes, en oncologie et en pédiatrie. Durant la crise Covid, le TYKS a été le 1er hôpital en Finlande à adopter un programme d’oxygénothérapie à domicile avec de la télésurveillance grâce à une application numérique développée par HealthFOX.
Plus récemment, le projet SLIM (soutenir le changement de mode de vie chez les mères enceintes obèses grâce à l’IoT). Le projet vise à surveiller et prédire les complications liées à l’obésité pendant la grossesse. En combinant des données sur le mode de vie et l’environnement avec des signaux biologiques, le système développé permet une surveillance continue et une intervention précoce des professionnels de santé. Le projet est financé à hauteur de 600 000 € par l’académie de Finlande.
🔷 Tampere University Hospital (TAYS) : Situé à Tampere, le TAYS est particulièrement reconnu pour son expertise en cardiologie, neurologie et psychiatrie. En santé numérique, le projet Digital and Physical Immersion in Radiology and Surgery mené conjointement avec l’université de Tampere vise à développer des solutions techniques innovantes pour une utilisation médicale et chirurgicale. L’objectif est de créer des modèles 3D plus réalistes et immersifs à l’aide de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle, fournissant ainsi aux chirurgiens et au personnel médical des données visuelles. Le TAYS possède également un centre de recherche, de développement et d’innovation dont le HealthHub est un lieu d’expérimentation pour des solutions numériques.
🔷 Oulu University Hospital (OYSH) : Situé à Oulu, l’OYSH est le plus grand hôpital du nord de la Finlande. Il est un centre de référence national pour certaines maladies rares. Le projet DigiHealth, en collaboration avec l’Université d’Oulu, se concentre sur le développement et la validation de nouvelles technologies numériques pour la santé basées sur les données. Le projet en cours de « smart hospital » pour le CHU d’Oulu vise à transformer l’hôpital en un établissement de soins intelligent d’ici 2030, en intégrant des technologies numériques de pointe. L’accent est mis sur l’utilisation des dernières technologies et des installations modernes pour améliorer les soins. La santé numérique est un aspect essentiel de ce programme de transformation, avec des solutions telles que l’application mobile Onnikka pour la gestion du poids, qui a prouvé son efficacité dans un récent essai clinique.
🔷 Kuopio University Hospital (KYS) : Situé à Kuopio, le KYS fournit des soins à près d’un million d’habitants de l’est et du centre de la Finlande. Un projet entre la ville de Kuopio et le KYS a permit la mise en place d’un Living Lab pour les entreprises du secteur de la santé numérique afin de tester leurs produits.
Conjointement, les 5 CHU sont impliqués dans la fourniture de services en ligne à destination des patients et des professionnels de santé, notamment grâce au concept de maisons virtuelles.
Ces services spécialisés sont disponibles en ligne via Terveyskylä.fi (le village de la santé), qui propose des services professionnels dans divers domaines spécialisés. Ces domaines sont appelés « maisons virtuelles ». Ces maisons virtuelles offrent des services allant de la santé mentale à la gestion de la douleur, en passant par la réadaptation et l’orientation en cas d’urgence. Ces services sont ouverts et accessibles sans inscription préalable. Une autre plateforme en ligne intitulé Terveyskylä PRO propose également des outils pour la recherche et l’orientation qualité destinée aux professionnels de santé.
Les acteurs clés de l’écosystème
Cartographie des acteurs clés de l’écosystème de la santé numérique en Finlande.
Ce panorama revient sur les principaux acteurs de l’écosystème :
Nom de l’organisation
Autorité nationale de surveillance pour le bien-être et la santé
Sigle
Valvira
Description
Chargé de promouvoir la santé et le bien-être des résidents finlandais par le biais de la supervision et de l’orientation proactive et réactive, avec une attention particulière aux secteurs des soins sociaux et de santé, de l’alcool et de la santé environnementale.
Garantit le respect des normes de qualité, de sécurité et d’éthique, tout en offrant des licences et des orientations pour les professionnels de santé et les fournisseurs de services de bien-être
Nom de l’organisation
Autorité d’autorisation des données sociales et de santé
Sigle
Findata
Description
Autorité d’autorisation des données sociales et de santé chargée de la gestion des autorisations pour l’utilisation secondaire des données de santé et sociales en Finlande. Findata vise à améliorer la sécurité des données, à accélérer l’utilisation des ressources de données de santé et sociales et à réduire les doublons dans le traitement des autorisations. Elle opère en collaboration avec diverses agences et organismes gouvernementaux pour guider et développer ses opérations
Fournit des conseils, accorde des autorisations et de garanti la combinaison et la divulgation sécurisées des données
Nom de l’organisation
Agence finlandaise du numérique
Sigle
DVV
Description
Agence en charge de la numérisation de la société pour l’administration, la sécurité et la maintenance des systèmes d’information ainsi que le développement de services numériques. En 2017, la santé entre dans son scope d’activité. Il gère dès lors les services d’authentification forte et de signature électronique pour les professionnels de la santé et les patients.
Agence gouvernementale opérant sous le ministère des finances
Date de création
2020
Adresse
Lintulahdenkuja 2, Helsinki, Southern Finland 00530, FI
Taille de l’organisation
300
Dirigeant
Mikko Pitkanen
Rôle de l’organisation
Promotion de la digitalisation de la société et sécurise la disponibilité des données
Nom de l’organisation
Agence du médicament
Sigle
Fimea
Description
Autorité nationale compétente pour la régulation des produits pharmaceutiques, favorise la santé et la sécurité de la population en régulant les médicaments, les dispositifs médicaux, les produits sanguins et tissulaires, les biobanques et en développant le secteur pharmaceutique.
En charge de la réglementation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux
Nom de l’organisation
Sailab MedTech Finlande
Sigle
Sailab
Description
Regroupement d’entreprises fabricant ou importateur de DM dont l’objectif est de conseiller, former, représenter les entreprises qui ont des solutions de santé
Coordination et promotion de la collaboration entre les entreprises ayant des technologies médicales en Finlande
Nom de l’organisation
Comité national d’éthique de la recherche médicale
Sigle
Tukija
Description
Autorité indépendante et experte en éthique de la recherche médicale pour les essais cliniques, la biobanque, l’utilisation ds organes, tissus et cellules humaines et participe à la coopération réglementaire ainsi qu’au débat sur les essais cliniques.
Fournit des évaluations éthiques des essais cliniques en Finlande et donne un avis sur la création de biobanque finlandaise
Nom de l’organisation
Fonds d’innovation finlandais
Sigle
Sitra
Description
Fondation dont l’objectif est de favoriser la compétitivité de la Finlande à travers de nouveaux modèles opérationnels et en accélérant les activités commerciales des entreprises
Itämerenkatu 11-13, PL 160, Helsinki, none 00181, FI
Taille de l’organisation
450
Dirigeant
Atte Jääskeläinen
Rôle de l’organisation
Investit dans des projets et des initiatives visant à promouvoir l’innovation dans le domaine de la santé numérique et à améliorer l’efficacité des services de santé.
Nom de l’organisation
CleverHealth Network
Sigle
CHN
Description
Ecosystème pour les technologies de la santé où des entreprises et des professionnels de santé développent des solutions et des traitements innovants. Les innovations en produits et services sont basées sur les vastes données de santé du HUS et l’expertise de pointe des cliniciens. Avec la coordination du HUS et le soutien de Business Finland, les participants de l’écosystème comprennent des acteurs majeurs de l’industrie tels que AstraZeneca, Fujitsu, Microsoft etc.
Développement de traitements et diagnostics personnalisés à travers l’innovation
Nom de l’organisation
Institut finlandais pour la santé et le bien-être
Sigle
THL
Description
Promeut le bien-être, la santé de la population. Ses domaines d’action incluent la prévention des maladies et des problèmes sociaux, le développement du bien-êtrede la population et le soutien aux systèmes de santé et de sécurité sociale. En tant qu’autorité statistique, il recueille des données et fournit des services de santé et de médecine légale.
A pour mission de promouvoir la santé et l’intégrité des individus, des environnements de vie et de travail sains, ainsi que l’égalité des genres, tout en garantissant des services de santé et sociaux suffisants et un niveau de vie équitable à différentes étapes de la vie. Ses responsabilités comprennent la mise en œuvre du programme gouvernemental, l’élaboration de législations et de réformes clés, la coordination des réformes et la gestion des fonctions administratives gouvernementales.
Historique des différentes stratégies mise en place
Depuis la stratégie e-santé 1995-1998, de nombreuses mises à jour et évolution ont été mise en place afin que les stratégies en santé numérique soient en phase avec les besoins changeants du système de santé et en accord avec les avancées technologiques. Le gouvernement finlandais a promu dès le début des années 2000 le dossier électronique patient et a mis en place des législations pour les rendre interopérable.
La stratégie de 2015-2020 intitulé « Information pour soutenir le bien-être et le renouvellement des services, stratégie e-santé et e-social 2020 » était axée sur 6 thèmes :
1️⃣ les citoyens en tant qu’utilisateurs de services ;
2️⃣ les professionnels de santé ;
3️⃣ le système de services ;
4️⃣ la gestion de l’information et des connaissances ;
5️⃣ la gouvernance et la coopération en matière de gestion de l’information ;
6️⃣ et l’infrastructure.
La mise en œuvre de cette stratégie a été poursuivi au-delà de 2020 et des plans d’implémentation ont été mis en place pour améliorer les compétences numériques des citoyens et résidents en Finlande.
Vers une stratégie 2024 plus flexible
La stratégie en santé numérique 2024 intitulé « Stratégie de numérisation et de gestion de l’information dans le domaine de la santé et de la protection sociale » a été annoncé en décembre 2023. Celle-ci met l’accent sur la flexibilité et vise à construire des services numériques qui aident les individus à maintenir indépendamment leur bien-être, leur santé et leur capacité de travail.
Cette stratégie a été développé dans le cadre du Programme du Gouvernement du premier ministre Orpo pour répondre aux objectifs de digitalisation des services afin de promouvoir de nouveaux modes de fonctionnement dans les services de santé tels que la télémédecine et les services mobiles.
Vision pour la santé numérique : « bâtir des fondations numériques solides pour les services de santé et les services sociaux »
L’objectif de cette vision est d’offrir des services flexibles et efficaces, permettant l’indépendance des individus dans le maintien de leur bien-être et de leur santé, tout en garantissant la qualité et la durabilité des services basés sur des données.
Ainsi, les 3 axes de cette vision sont les suivants :
l’indépendance du citoyen : afin que celui-ci puisse prendre soin de lui ou de ses proches de manière autonome ;
la flexibilité et l’efficacité : afin de réduire la charge de travail du personnel médical ;
les données probantes : afin d’avoir toujours des services de meilleur qualité et durables.
4 objectifs stratégiques pour réaliser la vision :
La stratégie a pour objectif de permettre aux citoyens de prendre en charge leur bien-être et santé grâce à solutions numériques efficaces, à ce que tous les comtés de services de bien-être utilisent les canaux numériques pour leurs services, à réduire la charge de travail du personnel de santé et des services sociaux grâce à l’optimisation de l’utilisation de l’information et à l’introduction de solutions numériques, et à assurer un accès étendu à des informations fiables et à jour pour les décideurs et les chercheurs.
1️⃣Autonomie des individus dans la gestion de leur bien-être et de leur santé
2️⃣Priorité aux canaux numériques dans les services de bien-être
3️⃣Allègement de la charge de travail du personnel de santé et des services sociaux
4️⃣Accès étendu à l’information pour les dirigeants et les chercheurs
Les 13 tâches de la stratégie finlandaise
Les tâches
Objectif
Responsables de la tâche
Calendrier prévu
1. Mise en place d’un centre national pour la santé numériques et les services sociaux orienté conseil client et service.
Garantir que les services numériques sont utilisés dans tous les centres de santé et de service sociaux
Coopération régionale, ministère des Affaires Sociales et de la Santé, Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé
2023-2024 à fin 2025
2. Développement de modèles opérationnels et interfaces numériques dans les comtés de services de bien-être.
Etablir des modèles interopérables sur une base opérationnel pour les comtés de services de bien-être
Développement régional et coopération, éventuel soutien et évaluation nationaux
2023-2024 à fin 2027
3. Donner aux patients accès à leurs propres données.
Empowered patient
Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (travail législatif), Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé (modèles opérationnels), Kanta Kela
Mi-2024 à 2026
4. Participation des clients aux services.
Cette tâche vise à réduire les inégalités et l’exclusion numérique en soutenant l’inclusion des individus
Coopération élargie
2024 à 2035
5. Développement de modèles opérationnels numériques pour le bien-être et les tâches de service.
Soutenir la prévention et l’utilisation de services favorisant le bien-être
Développement régional et coopération soutenus par un acteur national
2024 à 2035
6. Garantie de la qualité des données.
Mise en place de normes de qualité pour la collecte et éviter la redondance des données
Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé, Institution d’Assurance Sociale de Finlande, coopération régionale
2023-2024 à mi-2025
7. Politiques d’interopérabilité et sélection des modèles de données.
Garantir l’interopérabilité sémantique en introduisant les modèles de données nécessaires guidant la production, le transfert, le traitement et la distribution d’informations
Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé en tant que coordinateur
2023-2024 à mi-2025
8. Évaluation et mise à jour des services du système d’information Kanta.
Introduire, contrôler et évaluer l’utilisation de la robotique dans le transfert de données dans les services Kanta
Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (achat de l’évaluation auprès d’un tiers), Institution d’Assurance Sociale de Finlande, Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé (mesures de développement); développement régional en ligne avec le développement national
2023-2024 à 2026
9. Renforcement des avantages des données Kanta.
Mise en avant de Kanta comme interface patient en affichant des données patients afin de les rendre plus visible pour eux.
Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé, Kela ; en tenant compte des besoins régionaux dans le processus de développement
Fin 2024 à 2030
10. Pilotage national et régional du système de services par le développement de l’utilisation secondaire des données de santé et de services sociaux.
L’objectif est que le système national de services (santé et bien-être) devienne plus efficient et productif
Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé ; avec la participation de l’Institution d’Assurance Sociale de Finlande et des comtés de services de bien-être
2024 à 2034
11. Utilisation de l’information dans les activités de recherche, de développement et d’innovation.
Soutenir la recherche et l’innovation pour le traitement et l’analyse de données tout en favorisant la coopération internationale.
Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (évaluation, législation), Institut Finlandais pour le Bien-être de la Santé, Findata (responsabilité principale pour le développement); avec la participation des contrôleurs et de la communauté de recherche
2023-2024 à 2032
12. Développement d’un modèle de gestion et de pilotage pour la numérisation et la gestion de l’information.
Clarification du modèle de gestion et de fonctionnement pour le développement de la numérisation dans les services de santé et les services sociaux.
Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, discussion interactive avec les agences gouvernementales et les comtés de services de bien-être
2023-2024 à mi-2025
13. Sécurité numérique.
Garantir la sécurité pour les activités numériques tout en minimisant la survenue d’événements nuisant.
Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, comtés de services de bien-être, prestataires de services privés
De nombreuses lois et décrets ministériels réglementent le système de santé et la santé numérique en Finlande, dans cet article H&TI revient sur les initiatives et les lois qui façonnent l’écosystème de la santé finlandais. Ces lois établissements le cadre juridique du système de santé et des services sociaux finlandais. Elles définissent les responsabilités des différents acteurs tels que les municipalités, les comtés, les hôpitaux et les centres de soins primaires.
Evolution de la réglementation en santé depuis 1972
Textes réglementaires en lien avec la santé publique et la santé numérique
Les lois en lien avec la santé publique influent et régissent la santé numérique à travers son application et sa mise œuvre. Les lois en lien direct avec la santé numérique ont été détaillées.
Principales lois :
The Constitution of Finland 731/1999 :
Act on Primary Health care 66/1972
Act on Specialized Medical Care (1062/1989)
Act on Personal Data (523/1999)
Act on Experiments with Seamless Service Chains in Social Welfare and Health Care Services and with a Social Security Card (811/2000)
Act on Social Insurance Institution 731/2001
Act on Occupational Health Care 1383/2001
Act on Social Welfare 1301/2014
Act on Sickness Insurance 1224/2004
Act on Child Welfare 417/2007
Act on the Electronic Processing of Client Data in Social and Health Care 159/2007 :
Cette législation a été adoptée pour réglementer l’utilisation des données des patients et des clients. Elle couvre les services d’archives centralisées des services Kanta, le cryptage et la certification ainsi que l’accès des patients à leurs propres données. Cette loi a rendu obligatoire l’enregistrement des opérations des prestataires de soins publics au système d’archivage électronique.
Act on Electronic Prescriptions 61/2007 :
Cette législation a été adoptée pour améliorer la sécurité des patients et l’efficacité pour la prise de médicaments. Cette loi était déjà appliquée dans certains pays européens (Danemark et Suède).
Act on Health Care 1326/2010
Act on Information Management Governance in Public Administration 634/2011
Act on Supporting the Functional Capacity of the Older Population and on Social and Health Services for Older Persons 980/2012
Act on changes in the legislation on the Electronic Processing of Client Data in Social and Health Care (250/2014)
Act on Social Care Client Documentation (254/2015)
Act on changes in the legislation on the Electronic Processing of Client Data in Social and Health Care (255/2015) :
Cette législation apporte des changements à celle adoptée en 2007. Ces modifications ont été apportées en raison de difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des formulations initiales de la législation et en raison de l’ajout de nouveaux services à l’infrastructure. Les principaux nouveaux services électroniques ajoutés sont le service Résumé Patient et le portail Web qui donne un accès direct aux services centraux. Ce dernier permet l’accès aux services pour les petits prestataires de services et les praticiens privés. L’autre ajout à cette loi est le système d’archive des données clients pour les services de protection sociale pour inclure les documents clients des services de protection sociale.
Act on Electronic Client Data Processing in Social Welfare and Healthcare (784/2021) :
Cette loi accompagne la préparation d’un référentiel national de données clients pour les services de protection sociale, ainsi que d’autres services nationaux d’information électronique sur le bien-être, dont la mise en œuvre a débuté sur une base volontaire en mai 2018.
Les décrets ministériels :
Ministerial Act 298/2009. Act on patient record documentation. Ministry of Social Affairs and Health (Sosiaali- ja terveysministeriö)
Ministerial Act 11.4. 2012/165. Ministerial Act, Ministry of Social Affairs and Health, on timing of the implementation of the eArchive.
Ministerial Act 13.10. 2015/1257. Ministerial Act, Ministry of Social Affairs and Health, on timing of the implementation of the eArchive
Ministerial Act on social and health care client data electrical handling 300/2018
Toutefois, la responsabilité de l’organisation des services sociaux et de santé est à la charge des municipalités et des autorités intercommunales. Le système de santé finlandais est organisé de cette manière depuis la réforme de 1929 qui a vu le jour des hôpitaux financés publiquement.
Fiche pays- chiffres clés
Organisation des soins
Les centres de santé locaux ou municipaux ont la charge des soins primaires. Ils permettent l’accès au médecin généraliste. Le médecin généraliste est le point d’entrée dans le système de santé. Il oriente les patients qui le nécessitent vers les niveaux de soins secondaires ou tertiaires.
Les hôpitaux de district, gérés au niveau municipal, ont la charge des soins secondaires. Tandis que les soins tertiaires sont assurés par les 5 CHU du pays :
à Helsinki ;
à Turku ;
à Tampere ;
à Kuopio ;
et à Oulu.
Fin 2023, une réforme des soins transfère la responsabilité de l’organisation des soins passant d’une gestion nationale-municipale à une gestion nationale-comté-municipal.
Financement du système de santé
En Finlande, les soins hospitaliers sont financés par les impôts tandis que les soins ambulatoires sont financés par l’Institut d’assurance sociale Kela.
Le financement public est attribué :
aux soins gérés par les 310 municipalités et à présent par les 21 comtés ;
aux 148 hôpitaux qui sont organisés en district hospitalier au nombre de 20 ;
aux soins privés ;
à la santé au travail.
Kela, l’Institut d’assurance sociale ou Kansaneläkelaitos a la charge de la sécurité sociale en Finlande. Financé par les cotisations obligatoires et une aide de l’Etat, Kela soutient financièrement les soins privés (qui concernent 3 à 4% des résidents en Finlande), la santé au travail, les médicaments prescrits en ambulatoire et les indemnités de maladies. Tous les résidents permanent en Finlande sont couverts par le régime national d’assurance maladie (NHI).
En 2022, les frais remboursés par l’assurance maladie s’élèvent à 4,6 Mds € dont :
49,2% pour les dépenses médicales ;
26,7% pour les indemnités de maladies ;
21,8% pour les allocations destinées aux parents ;
2,3% pour les allocations de soins spéciaux et autres compensations patronales, congés annuels, congés familials etc.
Soit 2,26 Mds € pour le remboursement des dépenses médicales.
Réforme 2023 sur l’organisation des soins
À partir du 1er janvier 2023, la responsabilité de l’organisation des soins, des services de bien-être et services sociaux a été transférée aux 21 comtés. Sauf la capitale, Helsinki, qui conserve sa responsabilité pour l’organisation des soins sur son territoire.
La réforme compte 8 objectifs pour la période 2023-2026 :
l’augmentation de la disponibilité, de la continuité et de la coordination des services de base ;
l’assurance de l’adéquation, de la disponibilité et de la permanence du personnel de santé et de bien-être social ;
la viabilité économique des activités et la maîtrise de la croissance des coûts ;
l’accent mis sur l’efficacité dans la direction et la gestion des activités ;
la mise en place de structures de coopération efficaces mettant l’accent sur la prévention ;
la création d’un système de services flexible et résilient aux crises ;
le renforcement des activités de recherche et développement dans le domaine des services de soins primaires et du bien-être social ;
la gestion de l’information et la numérisation soutenant les objectifs et le renouveau des opérations orienté vers les résidents.
Les 8 objectifs de la réforme sur l’organisation des soins
📌 Dans cet indicateur, H&TI revient en synthèse sur les chiffres clés du secteur, les principales initiatives initiées par les autorités de santé et l’évolution de la réglementation, ainsi que sur les entreprises clés présentes en France. Les principales solutions de téléradiologie y sont également présentés dans le détail.
1) Chiffres clés, contexte et réglementation
Comme chaque année, l’observatoire H&TI dédié à la téléradiologie revient sur les chiffres clés et les principales initiatives et événements en lien avec ce secteur, dans l’article à retrouver 👉 ici.
Les chiffres de la Cnam (2022) et de la Drees (2023) font état de 5 454 radiologues libéraux et 2026 salariés hospitaliers pour la spécialité « radio-diagnostic et imagerie médicale ».
On peut également noter que :
en 2022, les honoraires perçus par les radiologues s’élèvent à 3 Mds €, dont 352 M€ en dépassement d’honoraires ;
la file active moyenne des radiologues est de 6 996 ;
le montant total des prescriptions des radiologues libéraux atteint 196 M€, dont 76 % pour des médicaments et 10 % pour des dispositifs médicaux inscrits à la liste des produits et prestations (LPP).
La réglementation, symbolisée par la charte de téléradiologie révisée en 2020, émanant du Conseil National Professionnel de la Radiologie G4 et du CNOM, offre un cadre en harmonie avec les évolutions des pratiques et des normes en vigueur. Cette réglementation robuste garantit des pratiques conformes aux standards de qualité et de sécurité. Une réactualisation de la charte est probable dans les années à venir.
2) Vers une consolidation du marché de la téléradiologie
Pour comprendre le paysage français de la téléradiologie, H&TI fait également le point sur les principaux acteurs du secteur dans le pays, et recense par la même occasion les entreprises de la santé numérique qui proposent des solutions sur ce marché. Les différents panoramas sont à retrouver 👉 ici.
En France, au moins 9 entreprises se positionnent en tant que fournisseurs de solutions techniques dans ce domaine restreint, où la consolidation du marché s’illustre par une série d’acquisitions notables :
le 26 septembre 2023, Enovacom filiale santé d’Orange Business annonce l’acquisition de Nehs Digital ;
en juillet 2023, le groupe italien GPI acquiert Evolucare avec l’objectif de se renforcer sur le marché européen ;
en janvier 2023, Docaposte filiale numérique du groupe La Poste annonce l’acquisition de Maincare ;
Deeplink Medical réalise une levée de fonds de 10 M€ auprès d’IMADIS et d’autres groupes de radiologie pour s’étendre à l’international.
3) Un entretien exclusif avec le Dr Madeleine Cavet, radiologue
Dr Madeleine Cavet
Dans ce troisième article, le Dr Madeleine Cavet, radiologue spécialiste en oséo-articulaire et experte indépendante en santé numérique, a accordé un entretien exclusif à H&TI qui permet d’avoir un point de vue clinique et pratique de la discipline, mis en contexte par rapport aux évolutions du secteur. Cet entretien est accessible en cliquant 👉 ici.
L’entretien avec le Dr Cavet met en lumière les avantages et les transformations induites par la téléradiologie dans le parcours de soins et la pratique médicale. Il vient ainsi approfondir la compréhension des enjeux actuels et futurs de la téléradiologie.
4) Une étude corrobore l’impact positif de l’IA en téléradiologie
H&TI revient sur l’utilisation de la solution d’IA d’Aidoc outre-Rhin, les détails de cette étude sont consultables 👉 ici.
Menée en Allemagne et en Autriche, ladite étude montre que l’utilisation de l’outil Aidoc a conduit à une augmentation du taux de satisfaction des téléradiologues jusqu’à 85 %. Elle sera présentée lors du Congrès européen de radiologie (ECR) 2024, mettant en avant la place grandissante de l’IA dans la radiologie de nouvelle génération.
Téléradiologie : état des lieux, tendances, cartographies et avis d’expert
Publié en décembre 2023 et remise à jour en janvier 2024, la vision met l’accent sur une utilisation de confiance, opportune et accessible du numérique et des données pour la santé des australiens.
Les priorités stratégiques incluent
1️⃣l’accès des australiens à leurs informations de santé ;
2️⃣le renforcement de la santé numérique par le biais de politiques, de législations et de normes proactives et durables ;
3️⃣la confiance dans les données ;
4️⃣ l’utilisation secondaire des données.
Pour concrétiser cette vision, le gouvernement prévoit un plan d’action qui sera continuellement mis à jour. Les initiatives prévues s’étendent sur 3 horizons :
🔹court terme 2023-2025 ;
🔹moyen terme 2025-2028 ;
🔹long terme 2028-2033.
Ce plan d’action dévoilé par le ministère de la santé a été élaborée à la suite de consultations menées auprès des consommateurs, offreurs de soins et de professionnels de santé. Etabli sur une période de 2ans, il vise à réaliser 4 résultats clés afin de répondre aux enjeux stratégiques :
1️⃣ une gestion autonome et un accès facilité aux informations de santé ;
2️⃣les professionnels de santé capables de fournir des soins connectés en toute confiance ;
3️⃣ les données et les informations sont partagées et réutilisées de manière sécurisée ;
4️⃣ un système de santé basé sur des normes pour en assurer sa sécurité et sa fiabilité.
🔴Stratégie de santé numérique :
Afin d’atteindre les résultats escomptés, le plan d’action est consacré aux initiatives à court terme suivantes :
Progression de la réforme nationale en santé numérique avec les partenaires
Efforts continus en matière de politique de santé
Modernisation de My Health Record
Renforcement des capacités de My Health Record
Amélioration de la gestion des médicaments
Normes nationales pour soutenir l’interopérabilité du système de santé
Capacités nationales d’échange d’informations
Développement du personnel médical
Santé mentale
Initiatives numériques soutenant la santé populationnelle
Génomique
Soins aux personnes âgées
My Health Record
Dossier de santé électronique qui permet l’accès au résumé des informations essentielles de santé d’un patient. Les professionnels de santé peuvent y accéder, consulter les informations et ajouter de nouvelles.
Chiffres clés :
• En décembre 2023, 23,7 M de dossiers ont des données enregistrées dessus. Soit 4x plus qu’en janvier 2019 ;
• 1,1 Mds de documents téléchargés dessus ;
• 99% des pharmaciens et des médecins généralistes utilisent MHR ;
• 95% des hôpitaux publics l’utilisent ;
• 26% des spécialistes et 6% des services d’aides aux personnes âgées l’utilisent.
📌 Pour aller plus loin
🌍 Les derniers indicateurs H&TI relatifs aux stratégies de santé numérique & data déployées à l’international :
• en janvier, Docaposte, filiale numérique du groupe La Poste, annonce l’acquisition de Maincare;
• en juillet, le groupe italien GPI acquiert Evolucareavec l’objectif de se renforcer sur le marché européen ;
• et en septembre de la même année, Enovacom, filiale santé d’Orange Business services, annonce l’acquisition de Nehs Digital.
De son côté, Deeplink Medical lève 10 millions d’euros auprès d’Imadis majoritairement, mais également auprès de d’autres groupes de radiologie (dont TIM) pour se développer à l’international.
Cette tendance de concentration d’acteurs qui souhaite renforcer leur positionnement témoigne d’une certaine stabilité du marché.
Le marché de la téléradiologie
Les acquisitions de Nehs Digital par Enovacom, d’Evolucare par le groupe italien GPI, de Maincare par Docaposte et l’entrée d’IMADIS au capital de Deeplink Medical soulignent un dynamisme intéressant car ces mouvements stratégiques et ces investissements démontrent que le secteur de la téléradiologie se consolide avec pour objectifs :
de mutualiser les compétences au sein des groupes ;
et de se développer à l’international.
Certaines entreprises développent des partenariats afin d’implémenter des briques d’IA dans leurs solutions. C’était le cas de Deeplink Medical dès 2020, qui a intégré les algorithmes de la société Aidoc pour sa plateforme ITIS. Aujourd’hui, ITIS a 5 algorithmes d’IA opérationnels notamment pour la détection d’hémorragies intracrâniennes et la détection d’embolies pulmonaires. En 2022 et en 2023, c’est avec la société française Gleamer que Deeplink Medical et Nehs Digital ont signé un partenariat pour le développement de l’IA pour la détection de fractures. Toutefois, les réseaux de téléradiologie sont amenés parfois à proposer des bricks d’IA en offre complémentaire de la plateforme technique.
A noter que la filiale du Groupe Opsise, Prestima a quitté le marché de la téléradiologie à la suite de sa radiation en mars 2023.
Un marché à 162,9 M€ de CA
En 2022, les entreprises du secteur cumulent un CA de plus de 162 M€. Mais ces entreprises ne sont pas uniquement positionnées sur la téléradiologie, elles le sont également pour :
les PACS / RIS ;
les DRIMbox ;
la coordination des soins ;
l’optimisation des soins pour les essais cliniques ;
les DPI, etc.
Dans la cartographie ci-dessous, les entreprises de téléradiologie recensées sont classées selon leur typologie. A ce stade, la seule plateforme de téléradiologie ayant communiqué sur internationalisation est Deeplink Medical.
L’IA encore peu intégrée dans les plateformes de téléradiologies
Les solutions de téléradiologies sont matures, avec des déploiements dès 2006. Toutefois, en termes d’innovation seulement 2 solutions ont de l’IA sur leur plateforme. Il s’agit de Nexus Platform de Nehs Digital (partenariat avec Gleamer) et d’ITIS de Deeplink Medical (partenariat avec Gleamer et Aidoc).
2 solutions ont obtenu le marquage CE et sont considérés comme dispositif médical de classe I, il s’agit des solutions Covalia de Maincare et ITIS de Deeplink Medical.
Ci-dessous, une cartographie des solutions de téléradiologie classées selon leur maturité (ancienneté sur le marché français) :
Solution conçue pour la prise en charge à distance des patients. Principalement destinée à la téléradiologie, elle peut également s’appliquer à d’autres domaines médicaux tels que la télémédecine nucléaire, la téléophtalmologie, et la téléconsultation express aux urgences.
Pays d’origine
France
Pays où la solution est déployée
France
Aires thérapeutiques
Radiologie Médecine nucléaire
Type de solutions
Plateforme web
Type de technologies
Plateformes numériques
Type d’IA
Pas d’IA
Maturité (déployée depuis quand)
2015
Modèle économique
Abonnement
Nombre d’actes
4M de prises en charge
Parmi les clients
GHT de la Nièvre GHT du Rouergue CHU de St Etienne Hôpital de Créteil Hôpital Franche-Comté
Direction/ Top management
Daniel Kuentz (DG délégué) & Laurie-Anne Vigne (DG délégué culture)
Plateforme de téléradiologie certifiée dispositif médical de classe I, permettant l’échange entre professionnels de santé pour encadrer les examens d’imagerie médicale
Solution opérationnelle de téléradiologie. Elle propose un télé-dossier, une planification des actes, un diagnostic avec visualisation à distance, et une visioconférence pour la collaboration entre professionnels de santé
Plateforme de téléradiologie, facilite l’accès aux soins via la téléconsultation, la téléexpertise, et la visiorégulation. Avec des fonctionnalités telles que la prise de rendez-vous en ligne, la visio HD, la téléexpertise avec gestion des demandes prioritaires
Solution de téléradiologie, offre télédiagnostic et télé-expertise pour la prise en charge des patients. Primée pour son efficience dès 2006, elle permet un partage sécurisé des images DICOM et un accès distant aux outils de compte-rendu.
Tablette DICOM de diagnostic portative, elle permet d’afficher les images médicales et d’analyser les images. La IDIAG Mobile vise à dynamiser les projets de téléradiologie.
Solution de téléradiologie intégrée au RIS depuis le RIS Xplore
Pays d’origine
France
Pays où la solution est déployée
France
Aires thérapeutiques
Radiologie
Type de solutions
Plateforme logicielle
Type de technologies
Plateformes numériques
Type d’IA
Pas d’IA
Maturité (déployée depuis quand)
1994
Modèle économique
Licence
Parmi les clients
Hôpitaux du Léman
Direction/ Top management
Frédéric Camboulives
Chiffre d’affaires
12 100 000 (2021)
Nombre d’employés
11 à 49 salariés
Ecosystème de la téléradiologie
L’écosystème s’organise autour de différents acteurs, régulateurs et organisations ainsi que des réseaux de téléradiologues. La régulation du secteur est encadrée par des entités telles que la DGOS et des groupes professionnels tels que le G4 qui édite la charte de la téléradiologie en collaboration avec le CNOM. Les fédérations, comme le Groupe SFR – Téléradiologie, jouent également un rôle essentiel dans le développement et la mise en œuvre de bonnes pratiques.
La cartographie ci-dessous présente les principaux acteurs de cet écosystème :
Cartographie de l’écosystème de la téléradiologie – liste non exhaustive
En France, les 5 plus grandes structures médico-organisationnelle qui proposent une plateforme technologique de téléradiologie à des établissements de santé sont :
TéléDiag qui a sa propre plateforme ;
Medin+ avec sa plateforme Connect’In ;
Imadis avec la plateforme Itis de Deeplink Medical ;
TMF avec la plateforme Nexus de Nehs Digital ;
TIM avec la plateforme Itis de Deeplink Medical et Xplore TR d’EDL.
Ces 5 structures sont celles ayant remportés les lots 1 à 5 et le lot unique des centrales d’achat Resah et Uniha respectivement. Elles réalisent à elles seules 2 610 000 actes par an.
Cette charte présente un ensemble de principes et de bonnes pratiques visant à définir les normes et les procédures garantissant un exercice de la téléradiologie conformes aux standards de qualité et de sécurité.
Définition
Selon le Conseil professionnel de la radiologie française, un acte de téléradiologie est un « acte médical à part entière au sens défini par le code de la santé publique », qui englobe deux volets distincts :
• le télédiagnostic, assimilé à la téléconsultation selon la loi HPST, même en l’absence d’une définition juridique précise du télédiagnostic ;
• et la téléexpertise, impliquant le recours à un deuxième avis médical.
Les deux volets sont soumis aux mêmes obligations en termes de moyens, de sécurité et de qualité, encadrés par les règles de déontologie médicale et les bonnes pratiques professionnelles. A noter que la télétransmission d’images sur le plan technique ou la téléinterprétation sur le plan médical ne représentent que de simples étapes dans la pratique de la téléradiologie.
Selon l’Assurance maladie, la France compte 5 454 radiologues libéraux en 2022, dont 78% en activité exclusivement libérale. En densité, cela représente 8 radiologues pour 100 000 habitants, soit une légère baisse depuis 2010 (cf. graphique ci-dessous). Les régions les moins denses en radiologues libéraux sont la Bretagne et le Pays de la Loire, tandis que Nouvelle-Aquitaine, la région Paca et la Corse présentent les meilleure démographie médicale en radiologie.
En 2022, la répartition de l’effectif par secteur conventionnel se présente comme suit :
En secteur 1
3846
En secteur 2 ayant adhéré à l’Optam/Optam-CO
849
En secteur 2 n’ayant pas adhéré à l’Optam/Optam-CO
759
La même année, les honoraires perçus par les radiologues s’élèvent à 3 milliards d’euros dont 352 millions en dépassement d’honoraires. La file active moyenne est de 6 996, quasiment la même qu’en 2021.
Le montant total des prescriptions des radiologues libéraux s’élève à 196 millions d’euros en 2022, dont :
76% pour des médicaments ;
et 10 % pour des dispositifs médicaux inscrits à la liste des produits et prestations (LPP).
Selon les chiffres de la Drees, au 1er janvier 2023, le nombre de salariés hospitaliers pour la spécialité “radio-diagnostic et imagerie médicale” s’élève à 2 026.
Principales références et réglementations pour la pratique de la téléradiologie
Le tableau ci-dessous reprend les différents textes réglementaires, lignes directrices et références nationales et européennes pour la téléradiologie.
La dernière charte de téléradiologie publiée par le G4 date de 2020, une nouvelle version qui inclurait la notion de garantie humaine est attendue pour 2024 ou 2025.
Acteur
Texte
Date
European Society of radiology
White Papper Teleradiology in the EU
2006
Gouvernement
Décret n° 2007-960 du 15 mai 2007 relatif à la confidentialité des informations médicales conservées sur support informatique ou transmises par voie électronique et modifiant le code de la santé publique (dispositions réglementaires
16-mai-07
Gouvernement
Décret n° 2010-1229 du 19 octobre 2010 relatif à la télémédecine
21-oct-10
G4
Cahier des charges de la convention médicale de téléradiologie
2011
G4 et CNOM
Guide pour le bon usage professionnel et déontologique de la téléradiologie
2011
SNITEM
Téléimagerie – Téléradiologie : Recommandations du SNITEM et du Conseil professionnel de la radiologie
2011
DGOS
Guide méthodologique pour l’élaboration des contrats et des conventions en télémédecine
mars-12
DGOS
Recommandation pour la mise en œuvre de projet de télémédecine. Déploiement technique : urbanisation et infrastructure
mars-12
DGOS
Télémédecine et responsabilités juridiques engagées
mai-12
G4
Fonctions du manipulateur dans le cadre de la téléradiologie
sept-12
ANAP
La télémédecine en action. Tomes 1 & 2
2012
SNITEM
Télémédecine 2020 : Modèles économiques pour le télésuivi des maladies chroniques
avr-13
HAS
Grille de pilotage et de sécurité d’un projet de télémédecine
juin-13
HAS
Efficience de la télémédecine : État des lieux de la littérature internationale et cadre d’évaluation
juil-13
ANAP
L’archivage du dossier patient. Enjeux et principes de mise en œuvre
sept-13
G4
Cahier des charges de la convention médicale de téléradiologie
févr-14
Groupe SFR – Téléradiologie
Télé-expertise radiologique
2018
CNIL
Télémédecine comment protéger les données du patient
2018
Gouvernement
GHT – Cahier des charges pour l’organisation des activités de télémédecine en imagerie au sein des GHT
2018
HAS
Qualité et sécurité des actes de téléimagerie – Guide de bonnes pratiques
mai-19
HAS
Qualité et sécurité des actes de téléconsultation et de téléexpertise
mai-19
G4 et CNOM
Charte de la téléradiologie
avr-20
ANAP
ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ DÉPLOYEZ SEREINEMENT LA TÉLÉRADIOLOGIE (Conseils opérationnels ; Votre projet étapes par étapes ; Rappels juridiques ; Simulation économique ; Comparatif des différents opérateurs de téléradiologie )
févr-24
Evolution de l’innovation en radiologie
Aujourd’hui, dans un contexte de pénuries de médecins radiologues, l’intelligence artificielle (IA) est un outil de plus en plus prisé par les radiologues, afin d’optimiser le temps de travail comme le souligne une étude rétrospective menée en Allemagne et en Autriche.
La frise chronologique ci-dessous reprend les grandes avancées dans le domaine de la radiologie depuis le début du siècle dernier :