Diallo Rayhanatou

  • Pédiatrie : l’application Malo offerte à 200 familles en Sarthe

    De la prévention pour la santé familiale

    Lancée en mai 2021, Malo est une application mobile développée par la start-up lilloise Kelindi. Elle permet aux parents de suivre de manière exhaustive la croissance et la santé de leurs enfants, de 0 à 10 ans. Contrairement au carnet de santé traditionnel qui se base sur les standards de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et manque de nombreux paramètres, Malo enregistre des données complètes sur le développement de l’enfant, incluant un guide sur le neuro-développement de l’enfant.

    Malo offre par ailleurs la possibilité de stocker et de partager les documents médicaux des enfants de manière sécurisée. Les rappels intégrés aident les parents à ne pas oublier les rendez-vous médicaux, les vaccinations et autres échéances importantes. Les données collectées par l’application sont stockées de façon sécurisée et anonymisées chez un hébergeur français certifié par le ministère de la Santé.

    9K € d’investissement municipal

    La municipalité de Champagné a investi 9 000 euros pour permettre à deux cents familles de bénéficier gratuitement de l’application Malo. « C’est une application mobile novatrice portée par une volonté : faciliter la vie des parents », a déclaré Patrick Desmazières, le maire de la ville.

    En facilitant l’accès à des outils de santé préventive, la mairie espère améliorer la qualité de vie des familles et réduire les complications de santé à long terme grâce à une intervention précoce et appropriée.

    Autisme, troubles de l’audition et de la vue 

    Malo est un outil de prévention de santé qui offre un diagnostic initial, capable de détecter des conditions comme l’autisme, ainsi que des problèmes d’audition et de vue chez les enfants. « Il permet de détecter l’autisme, des problèmes d’audition, de vue », a précisé le maire de Champagné, en mettant en avant les capacités de détection précoce de l’application. En plus de ses fonctionnalités diagnostiques, l’application Malo génère des conseils et des contenus personnalisés visant à améliorer le bien-être de toute la famille. 

    L’application permet aux parents de surveiller l’éveil et le développement neurocognitif de leurs enfants, offrant des conseils spécifiques adaptés aux données recueillies. Pour cela, il leur suffit de consacrer cinq minutes chaque mois à remplir un questionnaire élaboré grâce aux travaux du Pr Fabrice Denis et d’une équipe de pédiatres. Ce questionnaire, issu de trois années de recherches et d’échanges, comprend 1 100 questions fréquemment posées lors des consultations de suivi pédiatrique des enfants de 0 à 3 ans, simplifiées et condensées pour une utilisation mensuelle.

    Exemples de l’interface de l’application mobile Malo – @ DR

    Une contribution à la recherche scientifique :

    L’application apporte également une dimension de soutien à la recherche scientifique. Si les parents donnent leur accord, les informations collectées anonymement peuvent être utilisées pour des études afin de mieux comprendre le développement des enfants et les spécificités de chaque région. Cela pourrait aider à améliorer les pratiques pédiatriques et les politiques de santé publique.

     

  • Données de santé : quel rôle pour la norme OpenEHR dans la gestion des données de santé ?

    Une gestion des données centrée sur le patient

    La norme OpenEHR propose un format standard pour le stockage des données qui permet une gestion indépendante des systèmes d’information clinique. Grâce à cette norme, les hôpitaux peuvent exercer un contrôle complet sur leurs données et en faciliter l’accès. Une indépendance grâce à laquelle les fournisseurs de systèmes d’information peuvent se concentrer sur l’amélioration des fonctionnalités et de l’ergonomie de leurs applications.

    Visant à créer un système de gestion des données de santé à la fois flexible, fiable et interopérable, l’approche OpenEHR combine :

    • des standards techniques rigoureux ;
    • des modèles cliniques détaillés ;
    • des outils logiciels open source ;
    • et des ressources éducatives.

     

    Avantages de la norme OpenEHR :

    1️⃣ Les professionnels du secteur définissent directement le contenu et les aspects sémantiques des solutions mises en œuvre.

    2️⃣ Le développement d’applications est grandement facilité et accéléré par l’utilisation d’outils à faible code.

    3️⃣ L’interopérabilité est intrinsèque à l’architecture de la plateforme, éliminant les problèmes de compatibilité au cas par cas.

    4️⃣ L’approche axée sur les composants permet une gestion informatique flexible et évolutive des soins, facilitant un approvisionnement progressif et adaptable.

    Schéma illustrant l’écosystème d’OpenEHR – @ OpenEHR.org

    Une plateforme indépendante pour les dossiers de santé électroniques

    La mission d’OpenEHR repose sur la création d’une plateforme ouverte et indépendante pour les dossiers de santé électroniques ainsi que les données cliniques et de recherche. La Fondation OpenEHR poursuit cet objectif en suivant trois principes directeurs : la rigueur technique, l’engagement clinique et la fiabilité.

    La plateforme OpenEHR présente de spécifications techniques publiées librement, de modèles cliniques, de logiciels open source et de ressources éducatives. La communauté internationale autour de cette norme développe ces ressources à travers quatre programmes de travail, notamment :

    • un programme de spécification : en créant de spécifications rigoureuses validées par des mises en œuvres pratiques et en participant à l’élaboration de normes internationales ;
    • un programme clinique : en développant des modèles cliniques, des sous-ensembles terminologiques, des requêtes réutilisables et des plans de processus cliniques, et en s’engageant dans des projets de mise en œuvre clinique ;
    • un programme logiciel : en développant des composants et des outils logiciels open source et en participant à des “connectathons” et à des essais de mise en œuvre ;
    • ainsi qu’un programme d’éducation : en produisant du matériel éducatif, en le diffusant en ligne auprès des acteurs de la santé et en collaborant avec les organismes nationaux responsable de la standardisation.

     

    Des cours en ligne pour maîtriser OpenEHR

    Les cours proposés sur OpenEHR offrent une formation complète sur les standards et les spécifications techniques pour la gestion des dossiers électroniques. Ils incluent des modules pratiques sur la création et l’utilisation des modèles cliniques, ainsi que sur le développement et l’intégration des logiciels open source dans l’écosystème OpenEHR.

    La Masterclass OpenEHR se décline en cinq cours en ligne et trois webinaires, offrant un apprentissage accessible à tous, sans prérequis nécessaires. Elle permet à ses participants d’apprendre à leur propre rythme avec des interactions entre pairs et la possibilité de poser des questions aux experts de la norme de stockage des données. Actuellement disponibles dans 24 pays, ces cours en ligne mettent en avant une approche alternative et modulaire pour construire des dossiers électroniques de santé et de services sociaux en collaboration avec plusieurs fournisseurs.

    L’exemple des pays nordiques :

    Se positionnant comme leaders en matière de disponibilité des données de santé, les pays nordiques connaissent un développement des concepts de soins basés sur les données et la recherche. Le cours en ligne dédié à la norme OpenEHR, appelé “Nordic Masterclass OpenEHR” permet de découvrir et monter en compétences sur l’utilisation de la norme openEHR pour améliorer la qualité des dossiers de santé électroniques.

    Patrik Georgii-Hemming, directeur médical en chef du Karolinska University Hospital en Suède, a récemment présenté un exposé sur les soins basés sur les données dans le cadre de la série Nordic Masterclass OpenEHR. Des thèmes tels que la mise en œuvre de la norme OpenEHR au niveau local et le développement coopératif d’applications cliniques y sont abordés.

     

  • IA : l’OCDE prône l’harmonisation des politiques et l’adaptation des législations

    Une équation complexe

    Le rapport “AI in Health: Huge Potential, Huge Risks“, publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), traite des opportunités et des risques associés à l’implémentation de l’IA dans le secteur de la santé. Il examine les impacts potentiels de l’IA sur les systèmes de santé, les professionnels et les patients, tout en proposant des actions politiques pour encadrer son utilisation. Le rapport aborde plusieurs thèmes dont les bénéfices et risques majeurs de l’IA et fournit des recommandations pour l’opérationnalisation de ses principes dans les politiques et pratiques de santé.

    Transformer les soins et renforcer la sécurité

    L’intégration progressive de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé offre la possibilité de libérer jusqu’à 36 % du temps des professionnels de santé en automatisant les tâches administratives. Selon les données disponibles, l’utilisation de l’IA aurait potentiellement permis d’éviter jusqu’à 163 000 décès en Europe en 2023. Cette efficacité accrue offre une opportunité unique d’investir davantage dans les interactions humaines, garantissant ainsi une qualité de soins optimale. L’exploitation des vastes réservoirs de données inexploitées ouvre un horizon de possibilités médicales, révélant des percées telles que la détection précoce de la COVID-19. Cette collaboration étroite entre les organisations de santé et les frontières nationales dessine un avenir où les traitements seront plus personnalisés et préventifs. Parallèlement, dans un paysage où les cybermenaces s’intensifient, l’IA se profile comme un rempart incontournable, capitalisant sur les enseignements d’autres secteurs pour prévenir les attaques numériques et renforcer la confiance dans les outils technologiques essentiels.

    Des risques associés à l’utilisation de l’IA

    L’utilisation de l’IA soulève également des préoccupations quant à la nécessité d’une gouvernance efficace pour superviser son adoption, son utilisation et son développement continu. Le tableau ci-dessous résume les objectifs visés, les risques associés et les principes de l’IA adoptés en 2019 par l’OCDE. Chacun de ces objectifs est confronté à des risques spécifiques, nécessitant une approche stratégique pour garantir une intégration harmonieuse et responsable de l’intelligence artificielle en santé.

    Les objectifs Les risques associés Les principes de l’IA fournit par l’OCDE
    Gouvernance efficace de l’IA en santé Manque de responsabilité claire dans la gestion de l’IA Responsabilité
    Amélioration de l’utilisation de l’IA par le personnel de santé Risque de perturbation du personnel médical déjà surchargé Valeurs centrées sur l’humain et l’équité
    Accessibilité des solutions d’IA en santé Solutions d’IA exclusives ne bénéficiant qu’à une partie de la population Croissance inclusive, développement durable et bien-être
    Transparence et compréhension des solutions d’IA en santé Algorithme biaisé ou manque de transparence Transparence et explicabilité
    Utilisation responsable des données de santé Fuites de données personnelles sensibles Robustesse, sécurité et sûreté

    Les recommandations de l’OCDE

    Dans le rapport, l’OCDE émet des recommandations essentielles visant à guider les politiques de santé et les pratiques en matière d’IA.  Pour garantir une utilisation éthique et responsable de l’IA en santé, il est crucial d’opérationnaliser les principes de l’IA dans les politiques et pratiques de santé. Cela nécessite le renforcement des normes éthiques et de gouvernance pour guider l’utilisation responsable de l’IA, en garantissant la transparence et la responsabilité dans son application. L’engagement des parties prenantes est également essentiel pour assurer une adoption éthique et responsable de l’IA. Les recommandations ci-dessous offrent un cadre essentiel pour une intégration responsable de l’IA en santé :

    ➔ Harmoniser les politiques et adapter la législation pour garantir un accès équitable aux données personnelles de santé, tout en assurant leur anonymisation afin de protéger l’identité, la vie privée et la sécurité des individus.

    ➔ Souligner la nécessité d’une coordination transfrontalière et intersectorielle pour faciliter une meilleure compréhension des interactions entre la santé et d’autres domaines tels que l’environnement, les finances ou les programmes sociaux.

    ➔ Mettre en lumière l’urgence d’une action concertée, appelant les décideurs politiques à façonner activement l’évolution de l’IA dans les systèmes de santé pour garantir des résultats de santé équitables et bénéfiques, tout en respectant les droits des individus.

    Une contribution possible dans 3 domaines

    L’OCDE identifie trois domaines dans lesquels elle peut apporter une contribution significative :

    1️⃣ évaluer et quantifier les opportunités et les risques de l’IA sur les résultats de santé, afin d’articuler comment une IA responsable peut sauver des vies et traiter les individus de manière équitable ;

    2️⃣ soutenir les pays dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et de codes de conduite en matière de santé, en éliminant les obstacles inutiles à une IA responsable ;

    3️⃣ et établir des références pour le développement des politiques d’IA en santé, favoriser le partage des connaissances et suivre les incidents liés à l’IA pour un apprentissage collectif et une réponse efficace.

     

  • Panorama des cas d’usage de l’IA au service de l’excellence opérationnelle à l’hôpital

    Les enjeux de l’automatisation en santé

    L’automatisation s’avère être un catalyseur indispensable pour améliorer l’efficience, la qualité des soins et les résultats pour les patients. Au sein des établissements de santé, l’automatisation (qu’elle soit traditionnelle, comme les systèmes de gestion logistique ou les dispositifs médicaux automatisés, ou plus récemment l’IA, qui représente un levier puissant pour accroître l’excellence opérationnelle) englobe un large éventail de technologies visant à simplifier, optimiser et accélérer les processus et les tâches (pour plus d’éléments de contexte sur l’excellence opérationnelle, voir l’article H&TI dédié sur ce lien).

    Dans un contexte où l’utilisation de l’intelligence artificielle prend une importance croissante dans le domaine de la santé avec la volonté de la France de se positionner en tête pour son développement, les établissements de soins doivent se préparer dès maintenant pour intégrer ces technologies de manière harmonieuse, assurant ainsi une amélioration continue de la qualité des soins et une gestion plus efficiente des ressources.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence propose une analyse approfondie des cas d’usage de l’IA dans un contexte d’automatisation au sein des établissements de santé. C’est un panorama de divers cas d’usage qui est proposé, offrant une vision panoramique de l’environnement de l’IA en matière d’excellence opérationnelle.

    Décryptage des cas d’usage de l’IA

    L’IA est principalement utilisée pour l’aide à la planification des soins et à l’allocation des ressources et l’automatisation des flux de travail d’examen manuel et administratifs. Health&Tech a choisi d’étudier les cas d’usage de l’IA à l’hôpital à travers une segmentation sous deux axes stratégiques distincts ci-dessous : la gestion des flux, des ressources et des processus et la gestion médico-économique, financière et des achats avec un focus sur les tendances et les principaux usages est proposée pour une meilleure compréhension et classification des différents cas d’usage de l’IA.

    Gestion des flux, ressources et des processus :

    La gestion des flux, des ressources et des processus au sein des établissements de soins concentre la majorité des cas d’usage de l’IA. On distingue dix-huit cas d’usage, dont dix se rapportent spécifiquement à la prise de décision et au pilotage de l’activité.

    Facilitation de la prise de décision et du pilotage d’activité :

    • l’aide à la planification des soins et à l’allocation des ressources ;
    • la gestion des ressources humaines et de l’absentéisme ;
    • l’identification des populations de patients à haut risque (Triage médical) ;
    • l’intégration hospitalière intelligente et la conformité réglementaire automatisée ;
    • l’optimisation de la performance des achats des dispositifs médicaux et des articles de santé ;
    • le pilotage des approvisionnements et des ruptures de stocks ;
    • la prédiction des flux non programmés et des besoins en lit d’aval ;
    • la prédiction du risque d’hospitalisation de patients porteurs d’une pathologie ;
    • la prévision des ré-hospitalisations non programmées ;
    • le suivi en temps réel des flux à travers différentes unités.

     

    Automatisation des tâches et des flux de travail :

    • l’automatisation des flux de travail d’examen manuel et administratifs ;
    • l’automatisation des tâches médico-administratives chronophages ;
    • la fluidification de l’accueil téléphonique par un agent conversationnel multicanal ;
    • l’identitovigilance et le contrôle administratif du patient ;
    • la surveillance automatisée des conditions d’hygiène.

     

    Gestion des flux et des ressources :

    • la génération de représentations visuelles des aménagements ;
    • la gestion des flux soignants et la qualité de vie et les conditions de travail (QVCT) ;
    • les jumeaux numérique de l’hôpital.

     

    Gestion médico-économique, financière et des achats :

    Au sein de la gestion médico-économique, financière et des achats hospitaliers, l’IA couvre quatre principaux cas d’usage  :

    • l’automatisation de l’admission et de la facturation des parcours patients ;
    • l’automatisation des tâches de facturation ;
    • l’automatisation et l’aide au codage médical ;
    • la politique qualité et prévention des ré-hospitalisations.

     

    👉 Pour accéder à la cartographie des solutions pour chacun des cas d’usage, cliquez ici.

    Focus sur les tendances majeures

    Les cas d’usage suivants sont sélectionnés en considération des besoins actuels du secteur de la santé, notamment le développement croissant de l’ambulatoire et de l’oncologie, la gestion des parcours patients, les défis logistiques et la nécessité de piloter les activités à partir des données disponibles. Ils sont également perçus comme des éléments structurants pour une stratégie globale d’établissement de santé, offrant des solutions potentielles à l’augmentation de l’activité et à l’évolution des pratiques médicales. Ces cas d’usage sont également parmi les plus matures par rapport au nombre de solutions disponibles, assurant une intégration plus aisée dans les environnements de travail. 

    Aide à la décision et au pilotage d’activité :

    L’IA peut être déployée pour analyser de vastes ensembles de données provenant de diverses sources hospitalières, telles que les dossiers médicaux électroniques, les systèmes de gestion des patients, les flux logistiques et les résultats des tests cliniques. Les données sont ensuite utilisées pour générer des tableaux de bord interactifs et des rapports personnalisés.

    À l’image de la solution DemandAMP+ proposé par Muutaa, une solution avancée d’aide à la décision et au pilotage d’activité. La plateforme utilise des algorithmes d’apprentissage automatique pour analyser de vastes ensembles de données médicales et administratives, permettant aux établissements de santé de prendre des décisions stratégiques éclairées. DemandAMP+ offre des fonctionnalités de génération de tableaux de bord interactifs et de rapports personnalisés, permettant aux établissements de santé de visualiser et d’analyser les données clés en temps réel. Ses capacités prédictives aide les établissements de santé à anticiper les tendances futures et à prendre des mesures proactives pour optimiser leurs activités.

    Aide à la planification des soins et à l’allocation des ressources :

    L’utilisation de modèles prédictifs basés sur l’IA permet d’anticiper les besoins en lits, en personnel et en équipements, facilitant une planification plus efficace des ressources hospitalières. Cette approche vise à optimiser l’utilisation des ressources disponibles tout en garantissant une qualité de soins optimale pour les patients.

    La solution de Calyps data intelligence, Calyps Saniia, propose une plateforme d’aide à la planification des soins et à l’allocation des ressources. Elle utilise des modèles prédictifs basés sur l’IA pour anticiper les besoins hospitaliers. La solution intègre des données provenant de diverses sources hospitalières par une collecte de données en temps réel. Elle anticipe les événements imprévus, prévoit les activités qui en découlent ainsi que leur durée, prescrit la meilleure allocation possible des ressources dont les lits et produit un calendrier qui limite l’incertitude au minimum.

    Automatisation des flux de travail d’examen manuel et administratifs :

    L’intégration de l’intelligence artificielle dans les flux de travail d’examen manuel offre une solution prometteuse pour automatiser ces processus. L’IA est employée pour créer des résumés de dossiers médicaux, générer des interprétations préliminaires d’images médicales, et analyser des données de laboratoire pour identifier des tendances ou des anomalies. Ce cas d’usage se concentre sur l’automatisation et l’optimisation des tâches répétitives, permettant aux professionnels de santé de consacrer plus de temps aux aspects critiques de la prise en charge des patients.

    Praxysanté propose une solution d’automatisation des flux de travail d’examen manuel et administratifs. En intégrant l’intelligence artificielle générative, cette solution offre la possibilité de créer des résumés de dossiers médicaux, de générer des interprétations préliminaires d’images médicales, et d’analyser des données de laboratoire pour identifier des tendances ou des anomalies.

    Gestion des flux soignants et QVCT :

    L’IA est utilisée pour évaluer et améliorer les conditions de travail des professionnels de la santé. En analysant les données sur la charge de travail, les déplacements, les interactions interpersonnelles, les alertes et d’autres facteurs, cette technologie permet d’optimiser les flux de travail soignants et de garantir une meilleure qualité de vie au travail (QVCT).

    La solution Kepler night nurse est une solution d’IA développée par Kepler Vision Technologies, spécialisée dans l’évaluation et l’amélioration des conditions de travail des professionnels de la santé. En analysant les données sur la charge de travail, les déplacements, les interactions interpersonnelles et les alertes, cette solution permet d’optimiser les flux de travail soignants. Le logiciel détecte les chutes des patients et permet de repérer les comportements inhabituels chez les personnes atteintes de démence. L’IA est capable de reconnaître et de signaler les actions ou les comportements indésirables, comme les épisodes d’agression. Kepler night nurse permet aux soignants de rester alertes et de réduire leurs déplacements, contribuant ainsi à améliorer la qualité de vie au travail (QVCT) dans les environnements de soins.

    Pilotage des approvisionnements et des ruptures de stocks :

    L’intelligence artificielle (IA) révolutionne la gestion des approvisionnements et des stocks dans les établissements de santé, offrant des solutions avancées pour optimiser les opérations logistiques. En analysant les données d’inventaire, les tendances de consommation, les dates de péremption et les historiques de commandes, ces solutions IA identifient efficacement les besoins en approvisionnement et recommandent des stratégies d’optimisation des stocks.

    Calyps Data Intelligence propose une solution innovante, Stock, qui utilise l’IA pour analyser les données d’inventaire et recommander des actions précises pour maintenir des niveaux de stock optimaux. De même, Bluesight propose KitCheck, un système de gestion d’inventaire basé sur RFID qui automatise le processus de réapprovisionnement tout en minimisant les expirations de médicaments.

     

    Panorama des cas d’usage de l’IA pour l’excellence opérationnelle

    👉 Pour accéder à la base de donnée sur les cas d’usage de l’IA, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :
    

  • Data : Closar AI souhaite révolutionner la santé préventive grâce aux données des objets connectés

    Déjà disponible en France et en Suède

    Face à la multiplication des appareils connectés (IoT), les besoins du système de santé de disposer d’outils efficaces pour exploiter, de manière sécurisée et éthique, les données qu’ils produisent sont de plus en plus croissants. Pour y répondre, Closar AI propose une plateforme permettant aux professionnels de santé d’explorer, traiter et suivre les données des patients à partir de leurs appareils connectés de santé. Avec une approche axée sur la précision et la confidentialité, cette solution offre un accès gratuit et sécurisé aux données des patients pendant les consultations.

    Le 29 avril 2024, Jean-Pierre Nordmann, CEO et co-fondateur de Closar AI, a publié une vidéo de démonstration sur Linkedin pour expliquer le fonctionnement de son produit, en garantissant que les données des patients ne sont partagées qu’avec leur consentement et en se conformant aux réglementations en matière de confidentialité et de sécurité des données de santé. La solution est actuellement disponible en France et en Suède, tandis que l’obtention du marquage CE est en cours (classe IIa).

    Comment ça marche ?

    1️⃣ Installation : le patient télécharge l’application et partage ses données via son téléphone.

    2️⃣ Codification : un code QR unique est généré pour chaque consultation, garantissant la confidentialité des données du patient.

    3️⃣ Utilisation des données : les professionnels de santé, en scannant le code QR, récupèrent toutes les données des objets connectés et peuvent explorer les tendances jusqu’à deux ans en arrière et zoomer sur des événements spécifiques pendant la consultation.

    Aperçu de l'interface de la plateforme d'exploitation des données de santé de Closar AI - @ Closar AI

    Aperçu de l’interface de la plateforme d’exploitation des données de santé de Closar AI – @ Closar AI

    Deux offres proposées aujourd’hui

    Une version accessible gratuitement :

    La version gratuite offre une vue holistique de la santé des patients, couvrant des biomarqueurs tels que le cœur, l’activité, le sommeil et le métabolisme grâce à un partage de données à court terme de 30 minutes. La plateforme est compatible avec tous les types et marques d’appareils connectés. En accédant gratuitement à cette plateforme, les utilisateurs peuvent explorer les données de leurs patients de manière efficace et sécurisée.

    Une version payante pour les professionnels de santé :

    Les professionnels de la santé souhaitant un suivi plus approfondi peuvent opter pour une version premium à 99 euros par mois par utilisateur. Cette option offre des fonctionnalités supplémentaires et un partage de données permanent. Elle inclut :

    • un historique complet des données, permettant aux utilisateurs d’avoir une vision détaillée de l’évolution de la santé de leurs patients au fil du temps ;
    • une fonction de télésurveillance qui permet un suivi à distance, offrant une flexibilité accrue pour les consultations virtuelles ;
    • un accès illimité aux données selon la volonté du patient ;
    • un plan de prévention permettant de fixer des objectifs pour chaque biomarqueur et de jouer un rôle proactif dans la prévention des maladies et la promotion d’un mode de vie sain ;
    • des recommandations médicales provenant du comité scientifique de Closar AI ;
    • ainsi que des recommandations scientifiquement prouvées générées par une IA, se basant sur les tendances de votre patient afin d’aider les professionnels de santé dans le diagnostic, le choix du traitement et la détection précoce de certains troubles.

     

  • Panorama des dispositifs QVCT innovants dans les établissements de santé

    Enjeux de la QVCT dans les établissements de santé 

    La Qualité de Vie au Travail (QVCT) dans le domaine de la santé englobe les efforts visant à améliorer les conditions de travail des employés tout en renforçant la performance globale des établissements de santé. Ces efforts visent à :

    – garantir la sécurité des soins ;
    – assurer la qualité des soins ;
    – et promouvoir la santé des professionnels.

    L’évolution de l’organisation des établissements de santé, notamment l’intégration croissante des outils numériques influence à la fois la structure organisationnelle des établissements et les pratiques médicales elles-mêmes. De plus, certains outils numériques sont spécifiquement conçus pour améliorer la QVCT des professionnels de santé.

    L’enjeu pour les établissements de santé est donc :
    – évaluer l’impact des outils numériques sur les conditions de travail ;
    – comprendre les réactions des professionnels de santé à ces nouveaux outils ;
    – appréhender les changements induits dans le domaine de la santé ;
    – fournir un accompagnement adéquat à l’ensemble du personnel des établissements de santé.

    La qualité des soins menacée

    La healthtech lyonnaise PulseLife, qui vise à accompagner les professionnels de santé dans leur quotidien, a publié le 7 avril son baromètre pour la Journée mondiale de la santé : basé sur les réponses de 1012 professionnels de santé (médecins, infirmiers, spécialistes, chirurgiens, aide-soignant, pharmaciens, kinésithérapeutes, ostéopathes…) interrogés en ligne du 22 au 28 mars 2023, ce baromètre identifie les contraintes qui pèsent directement sur les conditions de travail des praticiens et les soins qu’ils prodiguent aux patients. Parmi lesquelles :

    • la surcharge de travail ;
    • le manque de moyens hospitaliers ;
    • la pénurie d’effectif ;
    • et l’hyper croissance des connaissance.

    La QVCT remise en question :

    Les professionnels de santé sont unanimes pour dire que la qualité de soins se détériore en France, et sont en quête de solutions. Ils sont également nombreux à estimer que l’IA peut les aider.

    • Pour 72 % des répondants à l’enquête de PulseLife, compte tenu des conditions actuelles de pratique de la médecine, la qualité de soins offerte en 2023 se détériore en France ;
    • Les infirmiers, plus pessimistes, sont 81 % à le reconnaître.

    Cette détérioration s’explique principalement par :

    • la surcharge de travail (78 % des professionnels de santé) ;
    • le manque de moyens mis à disposition (46 %) ;
    • le moral en berne des soignants (39 %).

    L’IA plébiscitée mais une défiance vis-à-vis de ChatGPT

    Pour améliorer leur pratique quotidienne, les professionnels de santé considèrent que la clé pour soulager les soulager et répondre à leurs besoins réside sûrement dans l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) dans la santé :

    • 81 % des soignants pensent que l’IA peut les aider au quotidien ;
    • un chiffre qui monte à 86 % chez les médecins ;

    Cependant, un grand scepticisme concernant ChatGPT est enregistré :

    • 73 % des répondants ne font pas confiance au modèle développé par OpenAI ;
    • une défiance encore plus élevée chez les médecins généralistes (80 %).

    Grégoire Pigné, co-fondateur de PulseLife et lui-même médecin en exercice, précise :

    “Les enseignements de cette étude appellent à une urgence. L’urgence d’aider nos soignants qui font face à un appauvrissement du secteur, conjugué à une explosion des connaissances médicales qu’il n’est plus possible d’absorber sans aide. D’un côté, les dépenses de santé évoluent plus vite que le PIB et ne seront plus soutenables d’ici 2050. De l’autre, la charge de travail de nos soignants n’est plus extensible. Il est grand temps de tirer parti de la technologie pour les aider, et les patients que nous sommes doivent en être conscients.”

    Répercussions des nouvelles technologies sur la QVCT des soignants

    Comme toute innovation organisationnelle, le déploiement des outils numériques (à l’image du dossier patient informatisé), nécessite une phase d’acculturation et une phase technique d’appropriation.

    Ces outils, qui ont pour objectif de simplifier les processus et de dégager du temps pour les soins, apparaissent comme des leviers d’amélioration de la QVCT des personnels des établissements de santé, parce qu’ils permettent notamment :

    • une plus grande traçabilité de l’activité ;
    • un accès immédiat à l’information ;
    • une amélioration de la qualité de soins ;
    • le suivi des indicateurs de qualité.

    Dans son rapport datant de 2020, l’Observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé et du médico-social (installé en juillet 2018) s’est penché sur les répercussions des technologies de l’information et de la communication (TIC) sur l’activité des soignants. Il signale que « l’informatisation des processus de soins améliore à première vue la qualité de vie au travail des professionnels de santé ».

    Des outils numériques utilisés au quotidien :

    Beaucoup d’établissements se sont dotés de matériels connectés pour améliorer la QVCT et la sécurité, qui sont devenus le quotidien des soignants :

    • réalité virtuelle pour apaiser le stress ou la douleur ;
    • accompagnement à la télé-médecine ;
    • IA dans la démarche diagnostique ;
    • applications mobiles spécialisées ;
    • piluliers informatisés ;
    • bracelets anti-fugue pour les personnes démentes ;
    • innovations type « oreille augmentée » pour que les aides-soignants de nuit réduisent leurs trajets et aient une surveillance plus efficiente…

    Le métier d’aide-soignant devrait bénéficier des nouvelles technologies :

    Une étude de la direction interministérielle de la transformation publique, publié en juin 2019, identifie l’automatisation des tâches d’assistance et répétitives (distribution des repas et du matériel médical, nettoyage de surfaces, etc.) pourra dégager du temps pour la relation avec le patient et pour la communication avec l’équipe. Une évolution qui sera de plus en plus facilitée grâce aux données collectées et aux objets connectées, pouvant ainsi éviter les allers-retours au poste de soins.

    Les principaux désagréments sont liés aux outils numériques eux-mêmes :

    De nombreux soignants se plaignent du fait que le temps consacré aux TIC est mobilisé au détriment despatients. Ceci est dû à :

    • des problèmes techniques ;
    • la complexité de certains systèmes peu ergonomiques ;
    • des contraintes liées aux mesures de sécurisation et au temps consacré à la saisie ;
    • un risque non négligeable d’erreur lié aux interruptions de tâches.

    L’observatoire conclut :

    • que « les acteurs de santé sont insuffisamment formés à l’usage des TIC » ;
    • qu’« il en découle un manque d’aisance des professionnels dans la manipulation du numérique » ;
    • qu’il existe une « fracture générationnelle » qui peut rendre l’utilisation des systèmes angoissante par crainte de commettre des erreurs.

    En effet, les professionnels les plus âgés peuvent avoir des difficultés face aux nouvelles technologies et doivent être formés afin de ne pas créer de rupture avec les jeunes diplômés.

    Tout de même, les outils ne sont pas toujours responsables :

    Les difficultés rencontrées par les professionnelles résultent d’abord des usages qui sont faits des nouvelles technologies et des choix organisationnels de la structure :

    • les acteurs de santé sont souvent insuffisamment formés à l’usage des NTIC ;
    • la frontière entre vie privée et vie professionnelle est de plus en plus floue (phénomène du blurring) :

    le droit à la déconnexion est prévu par la loi travail du 8 août 2016 ;

    • la télémédecine est à priori un facteur protecteur de la QVCT mais n’est pas sans impact sur la manière de travailler du soignant (efforts de réflexion, de recul sur ses pratiques, d’adaptation et d’évolution de la vision de son exercice), pouvant également être sources de stress.
    • le télétravail a des avantages indéniables pour les professionnels mais est peu pratiqué par les soignants, alors que les outils numériques peuvent pallier ces risques.

    Des pistes d’amélioration pour de meilleures conditions

    Pour protéger les personnels et leur assurer de bonnes conditions de travail, l’Observatoire émet plusieurs recommandations :

    • « lors des journées d’accueil des nouveaux arrivants, un temps devrait être consacré à la présentation des différents logiciels et outils avec lesquels travaillent la structure » ;
    • les établissements devraient se doter d’une charte sur l’usage du numérique pour favoriser les bonnes pratiques ;
    • les changements induits par l’arrivée de l’IA dans les secteurs sanitaire et médicosocial, nécessitent un accompagnement des professionnels de santé afin de prévenir un éventuel conflit éthique, nuisible à la QVCT.

     

    Panorama dispositifs innovants de la QVCT

    L’observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé et du médico-social a recensé plusieurs initiatives et expériences en France comme étant des pratiques innovantes au service de la QVCT des professionnels de santé, « à valoriser, modéliser, voire reproduire » :

    Le groupement de coopération sanitaire (GCS) SARA : un outil numérique au service de la coordination des soins

    Description La plateforme propose un hébergement sécurisé pour les téléconsultations et télé-expertises, ainsi qu’un accompagnement pour les professionnels de santé souhaitant utiliser la télémédecine. Les projets et applications de e-santé de la région sont également accessibles via le même portail.

    PAACO GLOBULE et la plate-forme territoriale d’appui en Nouvelle-Aquitaine : un partage d’outils pour une meilleure coordination des soins

    Description PAACO est l’outil régional de coordination et de communication en santé porté par l’ARS de Nouvelle Aquitaine et déployé par le GIP ESEA NA. Cet outil est un journal de bord du patient permettant le partage d’informations autour du patient avec des PDS. Son utilisation est en lien avec une plate-forme territoriale d’appui, qui coordonne les soins en ville du patient pour une amélioration de l’efficience des prises en charge et un soutien aux professionnels de santé, sociaux et médico-sociaux, afin d’éviter des hospitalisations inutiles et des ruptures du parcours de soins.

    Le Projet Mood Up ARA : la télémédecine pour l’amélioration de la QVT des soignants libéraux

    Description A travers ce projet, les PDS pourront prendre rendez-vous avec des psychiatres. Les PDS peuvent identifier les facteurs de risque et les risques psycho-sociaux liés à leur travail, réfléchir à des aménagements pour préserver leur bien-être et leur qualité de vie au travail grâce à cet outil qui leur permet de prendre des rendez-vous beaucoup plus facilement et d’obtenir un gain de temps sur les déplacements considérables.

    L’institut Analgésia et son dispositif de réalité virtuelle dans la prise en charge et la prévention de la douleur et du stress chez les professionnels.

    Description Le programme E-DOL RV, en partenariat avec l’institut Analgésia, utilise un casque de réalité virtuelle initialement pour traiter la douleur aiguë. Ce dispositif pourrait être utilisé pour soulager la douleur chronique chez les professionnels de santé également. Plusieurs sessions de réalité virtuelle sont en cours de développement pour une meilleure adaptation aux différentes situations de douleur. Le CHU de Clermont-Ferrand envisage de proposer ce dispositif aux professionnels de son site de gérontologie à l’Hôpital Louise Michel. L’objectif est de mesurer l’impact des séances de RV à l’issue de la phase d’expérimentation qui devra débuter début 2020 pour une durée de 12 à 24 mois.

    La prévention du risque psychosocial chez les professionnels par l’utilisation d’une solution informatique en ligne.

    Description Cette solution fournit un baromètre de la qualité de vie au travail pour les directions et des conseils personnalisés pour les utilisateurs. Les professionnels répondent anonymement à un questionnaire en ligne, puis des indicateurs tels que la satisfaction au travail, le stress ou le moral sont suivis. Le CHU de Clermont-Ferrand a expérimenté cet outil début 2020 dans deux secteurs différents (un secteur d’hospitalisation et un secteur administratif). L’application a été considérée comme pertinente en raison de sa facilité d’utilisation et de la possibilité de suivre rapidement les indicateurs de bien-être.

    Diffusion de la culture sport-santé au CHU de Toulouse

    CHU Toulouse | Contact, Service, Recrutement & Formation Description Remise en forme sur la base du volontariat grâce à une plateforme numérique dédiée, coaching sur site pour la prévention des TMS, formation de référents internes : le dispositif est pensé pour être le plus complet possible. À Toulouse, cette initiative se matérialise par un partenariat avec Fiters, visant à encourager une culture sport-santé au sein du CHU. Ce programme complet vise à favoriser la remise en forme, prévenir les blessures et renforcer la cohésion d’équipe.

    Exemples d’innovation dans le secteur privé

    Elsan exploite la solution d’Ayming pour mesurer les accidents de travail et mieux les prévenir :

    Depuis 2021, l’équipe d’Olivier Delpech, directeur QVT/Santé/Sécurité du groupe d’hôpitaux privés Elsan, déploie Acciline +, une plateforme de santé et sécurité au travail développée par la société Ayming. Cette solution permet d’avoir une vision claire de la situation, de l’analyser et de ce fait de pouvoir agir de manière pertinente. L’outil permet d’aider les établissements Elsan dans le management des risques professionnels de l’ensemble de leurs salariés. Il s’agit de l’un des éléments concourant à définir et à mettre en œuvre une politique concrète de prévention des risques.

    Une centralisation de toutes les données sur un même outil :

    La plateforme Acciline + permet de centraliser tous les documents relatifs au management de la politique de prévention des risques professionnels et santé au travail, mais aussi d’analyser les accidents de travail, de trajet et les maladies professionnelles.

    Un outil numérique utile à condition qu’il soit accompagné d’une formation et d’une acculturation des équipes :

    La sécurité au travail est un enjeu majeur dans les établissements de santé, et particulièrement dans un contexte de pénurie du personnel soignant. Un ordre de grandeur : on peut estimer, qu’en moyenne, on compte 4 fois plus d’accidents de travail dans le monde de la santé que dans d’autres secteurs, notamment dans l’industrie, et « ce sans que l’ensemble des acteurs ne soient tous conscients qu’il s’agit d’un vrai sujet », souligne Olivier Delpech. Avant l’utilisation de la solution Acciline +, Elsan n’avait pas de vision structurée de la situation (nombre de jours d’arrêt sur une année, cause de ces jours d’arrêt, métiers touchés, ancienneté des salariés accidentés…). Avoir une vision claire et précise de la situation dans son ensemble et pour chaque établissement grâce aux données remontées sur la plateforme était un point de départ nécessaire pour le déploiement d’une réelle stratégie de sécurité au travail. Résultats : « En 2022, on est passé de 70 000 à 60 000 arrêts de travail cumulés par rapport à 2021, soit 10 000 jours d’arrêt de moins, rapporte-t-il. Ce chiffre est loin d’être idéal… mais le progrès est bien réel. » Un outil nécessaire, donc, mais qui n’est pas une solution en soi, explique Olivier Delpech. « Avoir des données c’est bien mais il faut les comprendre et savoir les exploiter efficacement pour en tirer des plans d’action concrets et pertinents, puis lorsque des équipements sont préconisés, apprendre aux salariés à se servir correctement de ceux-ci et regarder comment on peut accélérer le déploiement de ces équipements à large échelle sur l’ensemble du groupe. » La présence terrain auprès de chaque site est fondamentale, notamment pour les accompagner dans l’utilisation de l’outil Acciline+ et dans la sensibilisation aux enjeux de la sécurité au travail. Pour garantir une boucle de progrès continu, cet accompagnement est poursuivi chaque année, pour s’assurer de la bonne utilisation et de la bonne compréhension de l’outil et former les nouveaux arrivants.

    L’année 2021 a été la phase de déploiement de la solution, 2022 la phase d’actions, avec une analyse de la réalité du sujet sur le terrain et le partage de premières lignes guide, qui seront les mêmes sur plusieurs années. « Un point essentiel, surtout quand le milieu n’est pas acculturé à ces sujets », souligne Olivier Delpech. L’enjeu central est en effet de parvenir à changer progressivement les mentalités et à créer une vraie culture de la sécurité au travail au sein du groupe, y compris avec les partenaires sociaux. Exemple d’actions concrètes menées parmi d’autres : le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) a été revu et mis à jour afin d’en faire un outil le plus opérationnel possible pour tous les acteurs qui l’utilisent.

    Programme Proxim’Elsan : un outil de management innovant

    Elsan a fait le choix de déployer une stratégie QVT/Santé/Sécurité agile, au plus proche du terrain. L’idée est de partir des besoins du terrain et non d’imposer une politique descendante : « L’ADN d’Elsan est de déployer une politique proactive et non subie », synthétise Dorothée Moisy, directrice innovation du groupe. C’est dans cet esprit qu’a été créé il y a un peu plus de 3 ans le programme Proxim’Elsan, une solution concrète adaptée aux professionnels « qui permet aux salariés de chaque service et au Comité de direction du site où il est déployé, d’identifier, de hiérarchiser et de traiter les sujets qui les concernent sur 3 axes : sécurité/ergonomie, attention aux patients et irritants du quotidien ». L’objectif est de former et d’accompagner les salariés des établissements (soignants et administratifs) pour leur apprendre à identifier les problèmes et les aider à les régler ensemble. La direction QVT/Santé/Sécurité accompagne les services pendant plusieurs semaines jusqu’à ce qu’ils soient autonomes.

    Prévention du harcèlement : un pilier de la politique de santé et sécurité chez Ramsay santé

    La prévention du harcèlement moral, sexuel et des agissements sexistes occupe une place centrale dans la politique de santé et sécurité du groupe Ramsay santé. Grâce à un dispositif de recueil d’alertes via un numéro vert et une plateforme de signalement, les employés ont la possibilité de signaler tout comportement inapproprié. Les managers et référents sont spécifiquement formés pour accompagner les victimes et témoins, tandis que des modules de formation sont accessibles à tous pour mieux identifier et réagir face à ces situations. Les coordinateurs prévention, santé et sécurité des pôles analysent régulièrement les indicateurs d’accidents du travail et de maladies professionnelles, afin de mettre en place des actions préventives adaptées. Conscients des impacts du travail de nuit sur la santé, des formations spécifiques et des actions de sensibilisation sont proposées aux travailleurs nocturnes, soulignant l’engagement du groupe envers le bien-être de ses employés.

    Panorama des dispositifs numérique QVCT et santé au travail au sein des établissements de santé

     

  • IA et PUI : cartographie des solutions disponibles en France

    I/ Le digital au service des opérations et de la prescription en PUI

    Le digital fait son entrée en pharmacie hospitalière après des années d’initiatives portées par quelques start-ups et pharmacies à usage intérieur (PUI). Suite aux divers besoins recensés dans certains hôpitaux ou services, certains services de pharmacie sont parvenus à proposer une offre qui vient en soutien aux pharmaciens.

    Il ressort que l’axe le plus novateur en terme de solutions au sein des PUI est la pharmacie clinique qui concentre des outils d’aides à la décision/prescription.

    Dans cet article, Health & Tech Intelligence livre quelques exemples représentatifs des principales solutions d’IA déployés au sein des PUI en France avec un focus sur les solutions destinés à la pharmacie clinique.

    II/ Panorama des solutions

    Le panorama non exhaustif des solutions disponibles en France suit la nomenclature de l’article détaillant les cas d’usage de l’IA au sein des PUI (disponible ici).

    Opérations et logistique

    Dans le secteur des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) en France, plusieurs solutions intègrent l’intelligence artificielle pour optimiser les opérations logistiques et les processus opérationnels. Parmi celles-ci, on compte trois principales solutions.

    • 1 solution améliore la préparation des produits de santé : HDJ Planner est spécialement conçu pour le pilotage en temps réel de l’unité : traçabilité des soignants, coordination avec la pharmacie pour la préparation des traitements médicamenteux.
    • 2 solutions se concentrent sur la gestion des stocks de médicaments : Opta Stock et Tracelink product availability utilisent l’IA pour prédire la demande et optimiser la gestion des stocks et de l’inventaire. 

    Sécurité

    Dans le secteur des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) en France, l’accent est particulièrement mis sur l’amélioration de la sécurité des médicaments grâce à l’intelligence artificielle. L’axe de la sécurité comptabilise 3 solutions dédiées à cette problématique

    • 2 solutions facilitent la traçabilité des médicaments et des dispositifs médicaux : ControlCheck et Serialized Product Intelligence (SPI) utilisent l’IA et sont des solutions de reporting opérationnel avancée permettant une surveillance proactive.
    • 1 solution se concentre sur la pharmacovigilance : Synapse automatise la gestion des déclarations des effets indésirables pour les équipes de pharmacovigilance.

    Tâches administratives

    Dans le domaine des tâches administratives au sein des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) en France, l’automatisation des processus est grandement facilitée par l’intelligence artificielle, avec un total de quatre solutions dédiées à cette fonctionnalité.

    • 3 solutions sont dédiées à l’automatisation du processus de codage médical : Dimbox, Intelligence for health et Sancare visent à réduire les erreurs et à accélérer le traitement des données en automatisant le codage des diagnostics et des interventions grâce à des systèmes d’IA.
    • 1 solution se concentre sur la gestion des commandes et de la facturation : ControlCheck se concentre également sur la minimisation des dépenses, la maximisation des économies dans tous les domaines de l’hôpital et le maintien de la conformité des achats, le tout au sein d’une seule plateforme intégrée. 

    Pharmacie clinique

    Pour la pharmacie clinique, en France, une variété de solutions intégrant des modules d’IA sont disponibles pour améliorer la qualité des soins.

    • 1 solution simule et prédit les réactions aux traitements : ExactCure crée des jumeaux numériques personnalisés pour simuler comment différents traitements peuvent affecter la santé des patients.
    • 4 solutions détectent les erreurs d’administration et les erreurs de prescription : DrugCam est dédié à minimiser les risques d’erreurs d’administration des médicaments, tandis que d’autres solutions se concentrent sur la détection des erreurs de prescription tel que PharmaClass, PharmIA et Vidal.
    • 2 solutions analysent les informations pharmaceutiques : PharmaClass et Posos aident les pharmaciens à analyser et interpréter les informations médicamenteuses et cliniques.
    • 2 solutions sont impliquées dans la détection et prédiction des effets indésirables : PharmIA et Vidal sont des outils qui permettent aux pharmaciens d’identifier les risques iatrogènes. 
    • 1 solutions personnalisent les prescriptions basées sur les analyses génétiques et cliniques : Posos personnalise les prescriptions en analysant les données génétiques et cliniques des patients.

    Pour une comparaison approfondie des différentes solutions d’analyse pharmaceutique disponibles, un benchmark détaillé est disponible ci-dessous.

    III. Cartographie interactive des solutions disponibles en France

     

  • Panorama des cas d’usage de l’IA en pharmacie à usage intérieur (PUI)

    État des lieux de la pharmacie à usage intérieur

    La pharmacie à usage intérieur (PUI) représente un maillon essentiel de la chaîne de soins dans les établissements de santé. Cependant, elle est confrontée à plusieurs défis et difficultés, notamment :

    • La gestion des opérations logistiques : la PUI doit assurer la préparation, l’acheminement et la gestion des stocks de manière efficace et précise pour répondre aux besoins des services de soins tout en minimisant les erreurs et les gaspillages.
    • La sécurité des patients : assurer la sécurité des patients en évitant les erreurs médicamenteuses, en détectant les interactions médicamenteuses potentielles et en minimisant les risques liés à la prise de médicaments.
    • L’optimisation des soins : améliorer la qualité des soins en personnalisant les traitements, en assurant une adhésion thérapeutique optimale et en anticipant les besoins des patients.
    • La gestion administrative : simplifier et automatiser les tâches administratives telles que la gestion des commandes, la facturation et le codage médical pour réduire les coûts et les délais.

    L’émergence de l’IA en PUI

    “La pharmacie, longtemps numérisée, voit émerger une nouvelle ère avec l’intelligence artificielle. l’IA débarque tardivement dans ce domaine, avec seulement 19 publications entre 2000 et 2021. Toutefois, cette tendance s’accélère récemment, avec 63 % de ces études publiées en 2020 et 2021, mettant en avant le traitement automatique du langage naturel et les méthodes d’apprentissage profond.” Selon Pierrick Bedouch, chercheur au CHU de Grenoble.

    Cette étude menée par des chercheurs du laboratoire de recherche translationnelle et innovation en médecine et complexité (TIMC – CNRS / Université Grenoble Alpes) a scruté la littérature scientifique pour évaluer le rôle de l’IA dans l’analyse de prescriptions, l’éducation thérapeutique du patient et la délivrance de médicaments spécifiquement pour les PUI. Les conclusions, publiées dans l’international journal of medical informatics, mettent en lumière la nécessité croissante de solutions numériques pour naviguer à travers les défis posés par une médecine de plus en plus personnalisée au sein des PUI. L’étude révèle également une émergence récente d’outils d’IA, notamment dans le traitement automatique du langage naturel et les méthodes d’apprentissage profond, pour soutenir les professionnels de santé dans leurs décisions thérapeutiques au sein des PUI. En pratique, ces outils visent principalement à faciliter la prescription des médicaments, à anticiper les préparations de prescriptions, à éviter les erreurs lors de la délivrance des médicaments et à renforcer l’adhésion thérapeutique des patients dans le contexte spécifique des PUI. Les chercheurs soulignent la nécessité de développer davantage la recherche dans le secteur ambulatoire des PUI, où l’IA pourrait apporter une contribution significative à la gestion des patients atteints de maladies chroniques et à la médecine de ville en général.

    ➔ Cliquez ici pour découvrir les solutions d’IA disponibles en France destinées aux PUI.

     Optimisation de l’usage des médicaments :

    Une récente étude menée par des chercheurs de l’incubateur Mass General Brigham Mesh a mis en lumière l’importance croissante de gérer efficacement la polypharmacie, un phénomène courant chez les personnes âgées et associé à un risque accru d’interactions médicamenteuses indésirables. Bien que la déprescription des médicaments inutiles puisse réduire ce risque, le processus décisionnel est souvent complexe et chronophage, notamment en raison de la pénurie de personnel dans les soins primaires. Dans une étude récente menée par l’incubateur Mass General Brigham Mesh, ChatGPT émerge comme un outil prometteur pour soutenir la gestion de la polypharmacie et la déprescription. Les résultats, publiés dans le Journal des Systèmes Médicaux, marquent une première dans l’utilisation des modèles d’IA pour la gestion des médicaments. Les chercheurs ont testé ChatGPT avec différents scénarios cliniques impliquant des patients âgés prenant plusieurs médicaments, notant sa tendance à recommander la déprescription chez les patients sans antécédents de maladies cardiovasculaires, mais à être plus prudent en présence de telles conditions. Bien que l’étude soulève des questions sur la cohérence des recommandations et la prise en compte de certains types de médicaments, elle met en évidence le potentiel des outils basés sur l’IA.

    Décryptage des cas d’usage de l’IA en PUI

    La pharmacie à usage intérieur (PUI) est au cœur des établissements de santé, assurant la gestion des médicaments et des dispositifs médicaux, ainsi que des opérations logistiques. Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, la PUI se transforme, offrant de nouveaux cas d’usage et solutions pour optimiser les processus et améliorer les soins aux patients.

    Une nomenclature détaillée en quatre axes, opérations et logistique, pharmacie clinique, sécurité et tâches administratives, avec un focus sur la pharmacie clinique est proposée pour une meilleure compréhension et classification des différents cas d’usage de l’IA.

    Opérations et logistique :

    Dans le segment opérations et logistique, on retrouve trois principaux cas d’usage de l’IA :

    • La préparation des produits de santé ; 
    • l’acheminement des traitements ;
    • et la gestion des stocks. 

    Les systèmes d’IA transforment les opérations et la gestion de la logistique des PUI en accroissant la productivité, en réduisant les erreurs et en optimisant les processus. Grâce à des robots et des systèmes automatisés, pilotés par des algorithmes avancés, la préparation précise et efficiente des médicaments est assurée, minimisant ainsi les risques pour les patients. Les algorithmes d’IA jouent également un rôle important dans la planification des itinéraires les plus efficaces pour l’acheminement des traitements. Cette optimisation logistique contribue à une meilleure gestion des ressources et du temps. La gestion des stocks bénéficie également des avancées de l’IA qui permet l’optimisation des niveaux de stock en prévoyant les besoins futurs et minimisant les gaspillages, assurant ainsi une disponibilité constante des médicaments tout en réduisant les coûts associés à la gestion des stocks.

    Pharmacie clinique :

    L’importance de la pharmacie clinique dans l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) en pharmacie à usage interne (PUI) est démontrée par la diversité des cas d’usage répertoriés. Avec douze cas d’utilisation répartis en trois sous-catégories distinctes, la pharmacie clinique apparaît comme l’axe principal pour l’application de l’IA dans l’amélioration de la prise en charge des patients et de la qualité des soins.  Dans cet article, Health & Tech Intelligence à choisi les trois sous-catégories suivantes pour classifier les cas d’usage de l’IA en pharmacie clinique :

    • L’optimisation du processus de soins ; 
    • l’amélioration de l’observance et de la sécurité des traitements ; 
    • et la personnalisation des soins et soutien aux patients. 

    Grâce à des outils comme le jumeau numérique patient, les pharmaciens peuvent créer des modèles virtuels précis de chaque individu, permettant ainsi une personnalisation inégalée des traitements. L’analyse pharmaceutique utilise également les avancées de l’IA pour affiner les protocoles thérapeutiques, identifier les interactions médicamenteuses et proposer des alternatives pertinentes. De plus, la priorisation des patients via l’IA assure une gestion efficiente des ressources en attribuant les soins en fonction de la gravité des cas. La validation des ordonnances électroniques automatiquement par les systèmes d’IA garantit la conformité aux protocoles cliniques et réduit les risques d’erreurs de prescription. L’optimisation de la conciliation médicamenteuse grâce à l’IA permet d’identifier les incohérences et les risques potentiels liés à la prise de plusieurs médicaments, assurant ainsi une gestion sûre et efficace des traitements.

    L’intelligence artificielle facilite la prévention et la détection des risques pour les patients au sein des PUI. La prévision de l’inobservance des traitements par les systèmes d’IA, basée sur l’analyse des données comportementales et médicales, permet d’identifier les patients à risque et d’intervenir précocement pour favoriser leur adhésion thérapeutique. De même, la détection des erreurs d’administration et des erreurs de prescription grâce à l’IA contribue à réduire les risques pour les patients en identifiant les anomalies potentielles dans la prise de médicaments. La détection et la prédiction des effets indésirables des médicaments représentent une avancée majeure, permettant une surveillance continue et une intervention anticipée pour minimiser les risques pour les patients au sein de la pharmacie interne. Enfin, le renforcement de l’adhésion thérapeutique grâce à des interventions personnalisées et des rappels de médicaments contribue à améliorer la gestion des maladies chroniques et à optimiser les résultats cliniques à long terme au sein de l’établissement.

    L’IA offre des solutions pour répondre aux besoins individuels des patients au sein de la pharmacie à usage interne. L’éducation thérapeutique du patient par les systèmes d’IA fournit des informations personnalisées et des conseils sur les traitements, favorisant ainsi une meilleure compréhension et une adhésion accrue aux recommandations médicales. Le rôle de l’IA est prépondérant dans la personnalisation des traitements, exploitant les données génétiques, physiologiques et comportementales, l’IA permet de recommander des approches thérapeutiques adaptées à chaque patient, améliorant ainsi l’efficacité des interventions médicales dans le cadre de la pharmacie interne. L’IA contribue également au soutien continu aux patients grâce à des outils aidant à renforcer l’adhésion thérapeutique en fournissant un suivi personnalisé et des rappels de médicaments.

    Sécurité :

    La place de l’IA dans la gestion de la sécurité des PUI est essentiel. On distingue deux principaux cas d’usage :

    •  La traçabilité des médicaments ;
    • et la pharmacovigilance. 

    Les systèmes d’IA permettent une traçabilité précise des médicaments et des dispositifs médicaux, de leur fabrication à leur administration, réduisant ainsi les risques de contrefaçon et d’erreur. En terme de pharmacovigilance, l’IA peut détecter plus rapidement les signaux de sécurité des médicaments, permettant une intervention précoce des autorités réglementaires.

    Tâches administratives :

    En matière de sécurité et de tâches administratives, l’IA concentre deux cas d’usage :

    • L’automatisation du processus de codage médical ; 
    • et la gestion des commandes et de la facturation. 

    L’automatisation du processus de codage médical permet d’optimiser la documentation médicale en rendant le processus plus efficient et moins sujet aux erreurs, garantissant une meilleure précision et une réduction des délais. De même, la gestion des commandes et de la facturation bénéficie de l’analyse des données et de la reconnaissance des tendances de consommation, permettant une gestion proactive, une anticipation des besoins et une minimisation des coûts administratifs.

    Référentiel des cas d’usage de l’IA en PUI

    👉 Pour accéder à la base de donnée sur les cas d’usage de l’IA en pharmacie à usage intérieur, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :

  • Gen AI : comment les start-ups françaises se financent-elles ?

    Quelles dynamiques de financement ?

    Dans le marché dynamique de l’IA générative appliquée à la santé, la France compte une quinzaine d’entreprises. On distingue trois principaux modes de financement au sein de ces entreprises à la pointe de la technologie :

    • L’auto-financement ;

    • les levée de fonds ;

    • et le financement par fonds propres.

    Tour d’horizon des dernières levées de fonds :

    Ces dernières années, plusieurs start-ups ont captivé l’attention grâce à des levées de fonds réussies.

    1️⃣ En tête du classement, Mistral AI  se distingue avec une injection de fonds de 385 millions d’euros en 2023, provenant d’un consortium d’investisseurs, comprenant General Catalyst, Lightspeed Venture Partners, Bpifrance, et bénéficiant de la participation de Nvidia et salesforce.

    2️⃣ La start-up parisienne Owkin, spécialisée en biotechnologie IA, a levé 75 millions d’euros en 2022. En partenariat avec Bristol Myers Squibb, cette collaboration avait pour objectif de transformer les essais de médicaments.

    3️⃣ En 2023, Gleamer a conclu une levée de fonds de 27 millions d’euros, dirigée par Supernova invest.

    4️⃣ Iktos a levé 15,5 millions d’euros en 2023 pour développer ses solutions de découvertes de nouveaux médicaments.

    5️⃣ Milvue :  8 millions d’euros investis en 2021 afin de renforcer sa recherche et développement.

    6️⃣ Deeplife : 6 millions d’euros financé par  Mid atlantic bio angels, Entrepreneur first, Kima ventures, Bpifrance et des investisseurs privés.

    7️⃣ Pathway : un financement de 4,2 millions d’euros en 2022 pour  accélérer sur la recherche et développement de ses produits.

    8️⃣ Docaposte, dont la solution d’IA générative est en cours de développement, a levé 3,42 millions d’euros en 2015, marquant sa seule levée de fonds connue à ce jour.

    9️⃣ IA Medical : une levée de fonds de 1,4 million d’euros en 2023 pour diffuser son chatbot destinés aux aidants des patients atteint d’alzheimer.

    🔟 Arcascience a réalisé une levée de fonds en 2020, cependant le montant n’a pas été divulgué.

    D’autres stratégies de financement :

    Parmi les entreprises d’IA générative répertoriées sur le territoire français, la majorité opte pour des levées de fonds pour financer leurs activités. Cependant, quelques-unes, telles que Aalia.Tech, préfèrent l’autofinancement. Opscidia et Praxysanté, explorent des voies alternatives avec le soutien du fonds de l’Institut Mines-Télécom (IMT). Bien que les détails financiers spécifiques concernant ces deux dernières entreprises ne soient pas disponibles actuellement.

    Les Fonds IMT de prêts d’honneur jouent un rôle dans le développement des start-ups en offrant un financement accessible et légitimant les projets. Créer en 2011, le fonds compte à son actif 7 millions d’euros investis dans les start-ups et plus de 150 start-ups accompagnés. Ces prêts agissent comme un catalyseur pour l’amorçage financier, favorisant ainsi la croissance et l’expansion des start-ups en France et à l’étranger. Grâce à ces fonds, l’IMT contribue à dynamiser l’écosystème entrepreneurial et à soutenir l’innovation dans des secteurs clés tels que le numérique et l’industrie. Un exemple concret est celui de Praxysanté, qui a bénéficié d’un fonds de prêts d’honneur IMT Numérique le 6 février dernier, pour un montant total de 180 000 euros partagé avec quatre autres start-ups.

    Un départ prometteur pour 3 start-ups en 2024 :

    Trois entreprises françaises ont amorcé l’année 2024 avec succès dans le domaine de l’IA générative en santé. Aqemia a réalisé une levée de fonds de 30 millions d’euros visant à renforcer ses activités de recherche, notamment dans le cadre de ses partenariats avec Sanofi.

    De son côté, Nabla a également réalisé une levée de fonds significative de 22 millions d’euros, consolidant davantage son empreinte dans le domaine de l’IA générative appliquée à la santé. Avec cette nouvelle injection de capital, Nabla prévoit d’accélérer son expansion dans les systèmes de santé américains et de poursuivre son objectif de transformer la prestation de soins grâce à son assistant d’IA.

    Le début de l’année 2024 marque également l’arrivée de Bioptimus, une start-up française lancé fin 2023 par des anciens salariés de Google et Owkin, qui a levée 33 millions d’euros en février dernier via Sofinnova Partners, Bpifrance et son fonds Large Venture, et d’autres investisseurs européens et américains. Bioptimus a pour objectif de créer “un leader de l’IA en biologie” avec un modèle d’IA générative visant à faire avancer “la recherche scientifique et l’innovation biotechnologie”.

    Levées de fonds des start-ups françaises d’IA générative :

     

  • Expérience patient : l’AP-HP dévoile ses engagements pour améliorer l’accueil et l’accompagnement

    Des engagements pour les 3 prochaines années

    Dans le cadre du plan d’action “30 leviers pour agir ensemble” engagée en janvier 2023 par l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour renforcer ses effectifs et améliorer le bien-être de ses professionnels de santé, l’AP-HP viens de lancer un plan d’actions sur trois ans dédié à l’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement des patients. Ce plan d’action s’articule autour de 10 engagements majeurs, déclinés en 33 actions, qui seront déployés entre mi-2024 et mi-2027.

    La conception de ce plan d’actions s’est appuyée sur une large concertation, réunissant pendant six mois :

    • des patients et leurs représentants ;
    • plus de 900 professionnels issus de tous les métiers de la communauté hospitalière ;
    • les représentants de la communauté de l’AP-HP au sein des différentes instances ;
    • ainsi que des représentants de la Commission médicale d’établissement (CME), de la CSIRMT, des usagers et des organisations syndicales centrales Sud et CFDT au sein d’un cycle de discussion dans un format « quadripartite ».

     

    Une telle démarche collaborative a permis de dresser un état des lieux précis des attentes et des besoins des patients, ainsi que des défis auxquels l’AP-HP est confrontée.

    Les 3 principes directeurs du plan d’actions :

    • Pragmatisme : il est axé sur des avancées concrètes et réalisables sur l’ensemble des dimensions sur lesquelles il est possible et nécessaire d’agir.
    • Progressivité : son déploiement se fera sur plusieurs années afin de garantir des effets durables.
    • Une logique collaborative : Les actions relèveront d’une pluralité d’équipes dont des équipes externes provenant des groupes hospitalo-universitaires (GHU), d’hôpitaux…

     

    Fédérer les équipes autour de l’amélioration de l’expérience des patients

    Les efforts pour améliorer continuellement la qualité des soins et l’expérience patient sont au cœur de la mission des équipes hospitalières. Le plan « 30 leviers pour agir ensemble » vise à optimiser leur temps dédié aux soins et aux initiatives d’amélioration, notamment par l’embauche de 600 professionnels pour les soutenir logistiquement, techniquement et administrativement, ainsi que par le renforcement des outils informatiques. En complément, le plan propose les dispositifs incitatifs suivants, conçus pour encourager et soutenir les projets d’amélioration tout au long de leur mise en œuvre, notamment :

    • l’incorporation de l’amélioration de l’expérience patient dans la prime d’engagement collectif de 2024 ; 
    • la révision du label Hospitalité pour intégrer des critères plus exigeants ;
    • et la relance des trophées patients en 2025 pour valoriser les projets des équipes.

     

    Les 10 engagements de l’AP-HP pour l’expérience patient

    Ce plan d’action s’articule autour de 10 engagements pour améliorer l’accueil et l’accompagnement des patients

    1️⃣ Faciliter le premier contact avec l’hôpital et la prise de rendez-vous :

    Le premier engagement vise à améliorer l’efficacité de la prise de rendez-vous téléphonique grâce à la création prévue de bureaux centralisés de rendez-vous d’ici fin 2025. Il est également prévu d’équiper chaque service d’une plateforme en ligne adaptée à ses besoins pour la prise de rendez-vous, et de faciliter l’accès des médecins de ville aux services de l’AP-HP pour les demandes d’avis spécialisés ou l’orientation des patients d’ici fin 2025 également.

    Pour cela, l’AP-HP annonce un état des lieux des modalités de prise de rendez-vous dans tous les sites et services de l’AP-HP d’ici octobre 2024, ainsi que la préparation d’un plan de déploiement d’une solution de prise de rendez-vous par internet d’ici fin 2025 établi par chaque GHU en adéquation avec les spécificités de chaque service.

    2️⃣ Améliorer l’orientation et l’accueil des patients :

    L’objectif est d’accompagner les 6 premiers hôpitaux où les patients se perdent le plus dans l’amélioration de leur signalétique en 2024. En parallèle, l’AP-HP souhaite une amélioration de la cartographie de ses hôpitaux et un renforcement de l’accueil humain assuré par des professionnels.

    3️⃣ Rendre les parcours intrahospitaliers plus fluides et sécurisants :

    L’AP-HP souhaite rénover et améliorer l’équipement des espaces d’attente d’ici 3 ans en débutant par les plus dégradés, ainsi que mettre en place progressivement des organisations vouées à la coordination des parcours de patients complexes.

    4️⃣ Améliorer la qualité de séjour des patients hospitalisés :

    De nombreux chantiers vont être déployés sur les trois années afin d’accélérer le rythme de rénovation des chambres, facilité l’accès au réseau wifi, améliorer la literie dans les hôpitaux pédiatriques et gériatriques…

    5️⃣ Faciliter le parcours administratif des patients :

    L’AP-HP souhaite faciliter le parcours administratif des patients en supprimant la redondance des démarches à effectuer. Notamment la fin des démarches administratives à accomplir pour les patients ayant été déjà pris en charge à l’AP-HP et la simplification du dépôt d’une réclamation dès la fin d’année.

    6️⃣ Améliorer les conditions de sortie des patients :

    L’objectif est d’optimiser les procédures de décharge hospitalière en définissant des critères clairs pour garantir la sécurité des patients lors de leur sortie, comme l’obligation de fournir des explications détaillées sur les traitements suivis et les soins à poursuivre, de remettre les prescriptions nécessaires et les comptes rendus médicaux, et de communiquer des contacts utiles pour toute urgence ou question. De plus, renforcer l’engagement pour une continuité des soins à domicile, surtout pour les cas les plus complexes.

    7️⃣ Prendre davantage en considération les accompagnants et les aidants :

    L’AP-HP a pour but de valoriser le rôle des proches aidants en soutenant les initiatives qui favorisent leur intégration dans le parcours de soin du patient. Cela inclut la mise en place systématique de solutions d’hébergement pour les accompagnants là où cela est nécessaire et l’amélioration du soutien lors du décès d’un patient.

    8️⃣ Améliorer l’accès aux soins et l’accompagnement des patients les plus vulnérables :

    Le huitième engagement consiste à renforcer l’accès aux soins pour les individus les plus vulnérables en mettant en place des mesures spécifiques pour améliorer l’accessibilité physique des installations hospitalières et l’accès aux soins pour les personnes handicapées, tout en améliorant la prise en charge des personnes en situation de précarité et des victimes de violence intrafamiliale.

    9️⃣ Faciliter la participation des patients à la recherche clinique :

    Le neuvième engagement a pour but d’encourager l’implication des patients dans la recherche clinique par l’intégration de patients partenaires dans l’élaboration des projets de recherche, la suppression des obstacles administratifs et une meilleure communication sur les initiatives de recherche.

    🔟  Mieux prendre en compte l’avis des patients dans les décisions à tous les niveaux :

    Le dernier engagement constitue le fil rouge du plan tout entier et vise à établir comme priorité générale l’écoute et la prise en compte des opinions des patients dans la prise de décision à tous les niveaux de l’hôpital, en augmentant leur représentation dans les instances de gouvernance et en identifiant davantage de patients partenaires pour enrichir les pratiques de soin grâce à leur expérience personnelle et leurs connaissances.

     

    👉 Le plan d’actions détaillé des dix engagements de l’AP-HP pour l’expérience patient peut être consulté ici.