En Alsace, 14 % des enfants de 5 ans souffrent de problèmes de poids. Dans la ville de Strasbourg, le taux d’obésité chez les enfants de grande section de maternelle est en moyenne de 14,3 %. Ce taux est particulièrement élevé dans les quartiers populaires, atteignant les 18,8 %.
Lancée début juillet 2024, Nutrimouv encourage les enfants de 8 à 12 ans à explorer la ville Strasbourg pour capturer des créatures appelées “Nutrimouvs” : elle transforme ainsi les habitudes de bonne santé en avatars tels que “Sédentaria” (pour la sédentarité) et Déshydratos (pour la déshydratation). Pendant chaque session, qui ne dure pas plus de quinze minutes, les enfants attrapent une créature et reçoivent des conseils sur l’alimentation via un quiz. Le jeu, se déroulant dans les rues de Strasbourg, incite à découvrir les équipements sportifs tout en comptabilisant les pas réalisés. Une approche qui vise aussi à remplacer le temps d’écran en une activité bénéfique.
Pour un changement des comportements sans culpabilité :
“On se sert de l’appétence des jeunes pour ces jeux pour les aider à être en meilleur santé”, explique le Dr Alexandre Feltz, président de la Maison sport santé de Strasbourg. Ilsouligne l’importance de renforcer les comportements favorables à la bonne santé. D’où l’idée de ce jeu interactif qui propose des recettes équilibrées, des conseils nutritionnels, des idées d’activités et des défis physiques. Alexandre Feltz explique que, pour encourager les jeunes à bouger, ils ont intégré un compteur de pas et des incitations au mouvement, tout en limitant le temps de jeu à 15 minutes par jour et en prévoyant de restreindre l’accès la nuit.
Le jeu incite également les utilisateurs à se déplacer quotidiennement en offrant des récompenses que les enfants peuvent récupérer. Les points gagnés en réussissant les jeux et en capturant des personnages peuvent être échangés contre des paniers bio, des accès aux bains municipaux, des stages pendant les vacances scolaires, des billets pour des spectacles sportifs, et bien plus encore. Les créateurs de l’application encouragent aussi les parents à participer en aidant leurs enfants à préparer les recettes, à répondre aux questionnaires ou à chercher les récompenses à pied ou à vélo.
Créé en juin 2020 et opérationnel depuis le 1er janvier 2021, le groupement d’intérêt public (Gip) “Maison sport santé de Strasbourg” poursuit l’ambition de la Ville de Strasbourg de promouvoir l’activité physique, auprès notamment :
des personnes souffrant de maladies chroniques ;
des personnes âgées fragiles ;
et des enfants et adolescents en surpoids et/ou obèses.
Vidéo de présentation de l’application éducative Nutrimouv :
L’intégration de technologies de pointe dans la découverte de médicaments transforme profondément l’industrie pharmaceutique. L’accélération de la découverte et du développement de nouveaux traitements, la personnalisation accrue des soins et l’optimisation des coûts sont parmi les bénéfices les plus notables. Les plateformes technologiques permettent de passer plus rapidement de la recherche fondamentale au développement clinique, augmentant ainsi la vitesse et la précision de la découverte de médicaments.
En France, de nombreuses start-ups biotechnologiques se sont lancées dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) appliquée à la découverte de médicaments. En 2023, 22 solutions ont vu le jour, toutes utilisant l’IA pour révolutionner ce processus. Ces solutions, qui adoptent des approches variées, couvrent plusieurs aspects cruciaux de la recherche pharmaceutique : de la conception de nouvelles molécules à l’identification de cibles et de biomarqueurs, en passant par l’optimisation des thérapies géniques. En combinant IA, physique quantique et analyse multi-omique, les entreprises françaises posent les bases d’une nouvelle ère de médecine personnalisée. Cette approche intégrée permet de développer des traitements mieux adaptés aux besoins individuels des patients, augmentant les taux de réussite des thérapies et améliorant la sécurité des médicaments.
77 % des entreprises ont moins de 10 ans :
Les entreprises françaises spécialisées dans la découverte de médicaments sont majoritairement jeunes, reflétant une vague récente d’innovation. La majorité de ces entreprises ont été fondées entre 2016 et 2020. Par exemple, WhiteLab Genomics, Iktos, et Owkin, toutes créées autour de cette période, montrent une tendance claire vers une forte émergence de start-ups biotechnologiques. Seules quelques-unes, comme Ariana pharmaceuticals et Bio-Modeling systems (BMSystems), datent du début des années 2000, démontrant une continuité et une maturation dans le secteur.
Non exhaustif, ce panorama des solutions françaises s’inscrit dans la nomenclature de cet article H&TI détaillant les cas d’usage de l’IA en recherche pré-clinique.
4 grandes catégories
Dans le cadre de son indicateur sur l’IA & la recherche, Health & Tech Intelligence a relevé 22 solutions disponibles en France et réparties en 4 grandes catégories :
l’identification de biomarqueurs ;
la découverte de candidats-médicaments ;
l’identification de cibles ;
et la découverte de nouvelles molécules.
Il convient de souligner que la plupart des solutions ne se limitent pas à une seule de ces quatre catégories et peuvent être utilisées pour accomplir diverses tâches. Par exemple, la solution R.e.a.l.platform proposée par Vidium qui vise à identifier les gènes impliqués dans le choix du destin cellulaire, cartographier les réseaux de régulation génétique (GRN), identifier des cibles thérapeutiques et des marqueurs précoces. La plateforme permet également de modéliser et valider des traitements potentiels en laboratoire.
9 solutions d’identification de cibles disponibles en France :
Les solutions les plus présentes en France sont celles pour identifier des cibles thérapeutiques potentiellement efficaces. Parmi les 22 solutions relevées par H&TI, 9 d’entre elles sont spécifiquement dédiées à l’identification de cibles thérapeutiques, et certaines de ces solutions proposent des fonctionnalités supplémentaires qui améliorent l’efficacité et la précision du processus de découverte.
Parmi ces 9 solutions, on retrouve plusieurs plateformes françaises de pointe, telles que WhiteLab Genomics, Owkin, et BMSystems. Whitelab Genomics, par exemple, propose une plateforme d’intelligence artificielle dédiée à la conception et à l’optimisation de thérapies géniques et cellulaires. Cette solution utilise des algorithmes avancés pour analyser les données génomiques et concevoir des séquences d’ADN/ARN thérapeutiques optimisées, ainsi que des vecteurs de livraison. Ce type de technologie est essentiel pour faciliter la découverte de cibles thérapeutiques, l’ingénierie des payloads et l’optimisation des vecteurs viraux et non viraux.
➡️ La solution Targetmatch d’Owkin est un moteur de découverte de cibles thérapeutiques basé sur l’IA, conçu pour identifier les meilleures cibles thérapeutiques dans des indications spécifiques en exploitant des données patients multimodales. Cette plateforme intègre des données de jeux de données privés et publics, incluant des données cliniques, génomiques et des littératures biomédicales, favorisant une caractérisation approfondie des patients et des cibles.
➡️ Une autre solution notable est Cadi discovery de BMSystems. Cette plateforme utilise une approche de modélisation heuristique et mathématique pour comprendre les systèmes biologiques complexes. Elle permet d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, de découvrir des mécanismes de maladies et de valider des hypothèses biologiques, offrant une compréhension plus profonde des processus biologiques sous-jacents.
➡️ En plus de ces solutions, Virtual cell par Deeplife se distingue par son approche en biologie des systèmes. Cette solution d’IA interprétable permet une compréhension approfondie des mécanismes biologiques, identifiant et priorisant les cibles thérapeutiques et les biomarqueurs exploitables. Elle permet également de réaliser des analyses complètes des voies métaboliques et de former à grande échelle des modèles cellulaires spécifiques aux maladies.
➡️ Scienta lab et One biosciences offrent également des contributions significatives dans ce domaine. La plateforme Scienta Lab vise à identifier rapidement des cibles thérapeutiques et à accélérer le développement de nouveaux traitements grâce à l’intégration de modèles biologiques avancés et d’algorithmes d’apprentissage automatique. One Biosciences combine l’IA et des protocoles de cellule unique pour générer des données de haute qualité à partir de cellules épithéliales de tumeurs congelées, facilitant l’interprétation des insights biologiques complexes pour la découverte de cibles et le développement de médicaments, avec un fort accent sur l’oncologie et la néphrologie.
➡️ La plateforme Oncosniper d’Oncodesign se concentre spécifiquement sur l’oncologie, utilisant l’intelligence artificielle pour identifier et valider de nouvelles cibles thérapeutiques basées sur des signatures moléculaires. Enfin, la plateforme R.E.A.L. de Vidium fournit une analyse de données omiques et une modélisation in silico pour identifier les gènes impliqués dans le choix du destin cellulaire, cartographier les réseaux de régulation génétique et identifier des cibles thérapeutiques et des marqueurs précoces.
➡️ La solution DIS (Drug intelligence science) de Hifibio se distingue également par son intégration de technologies de cellule unique avancées et d’intelligence artificielle pour optimiser la découverte et le développement de médicaments. Cette plateforme permet l’identification de cibles thérapeutiques, la découverte d’anticorps et la stratification des patients grâce à des analyses monocellulaires et bioinformatiques poussées. Les modèles d’apprentissage automatique de la plateforme facilitent la prédiction de la liaison et de l’affinité des anticorps.
Une répartition équitable entre les 3 autres champs :
Les 14 autres solutions se répartissent globalement de manière égale entre l’identification de biomarqueurs et la découverte de nouvelles molécules, chacune comptant 4 solutions. La découverte de candidats-médicaments comptabilise 5 solutions.
👉 Pour en savoir plus sur les autres solutions cliquez sur le tableau interactif ci-dessous :
37 % des IA dédiées à l’oncologie
L’oncologie se révèle particulièrement propice à l’intégration de l’IA en raison de plusieurs facteurs déterminants. D’une part, la recherche sur le cancer bénéficie de flux d’investissements massifs, attirés par l’urgence et la gravité de la maladie. D’autre part, les initiatives comme le Cancer Genome Atlas Project (TCGA) et le Catalogue of Somatic Mutations in Cancer (COSMIC) ont permis de constituer des bases de données d’une richesse et d’une structuration sans précédent. Ces ressources offrent un substrat inestimable pour l’entraînement des modèles d’IA, facilitant non seulement l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques, mais aussi l’optimisation des traitements existants.
En conjuguant ces éléments, l’oncologie et l’IA créent un cadre de recherche et de développement particulièrement dynamique, capable de transformer en profondeur les approches thérapeutiques. Selon le rapport “Unlocking the Potential of AI in Drug Discovery” publié en 2023 par le Boston consulting group (BCG), l’oncologie représente 37 % des domaines thérapeutiques où l’IA est le plus présente.
13 solutions françaises pour l’oncologie :
Parmi les 9 solutions dédiées à l’identification de cibles thérapeutiques, 6 sont principalement orientées vers l’oncologie, illustrant la synergie naturelle entre cette discipline médicale et les technologies de pointe. TargetMatch d’Owkin, par exemple, se distingue par son utilisation avancée de données multimodales pour identifier les meilleures cibles thérapeutiques, avec une attention particulière aux cancers. D’autres solutions notables, telles qu’OncoSNIPER d’Oncodesign, One Biosciences, DIS de Hifibio, Virtual cell de Deeplife, et Scienta lab, contribuent également de manière significative à cette avancée.
En complément, 7 autres solutions que l’on retrouve dans les autres catégories sont également dédié à l’oncologie :
Arca efficacy d’Arcascience, focalisée sur l’évaluation de l’efficacité des médicaments, offrant ainsi des informations précieuses pour le développement de nouvelles thérapies oncologiques ;
Aqemia, qui intègre des techniques de physique et d’intelligence artificielle pour accélérer la découverte de médicaments ciblant les cancers ;
Atlas de Qubit pharmaceuticals, qui utilise des simulations à haute performance pour découvrir et optimiser de nouvelles molécules thérapeutiques ;
KEM d’Ariana pharmaceuticals, spécialisée dans l’analyse de données cliniques et précliniques pour identifier les meilleures combinaisons de traitements contre le cancer ;
Alphanosos, qui développe des traitements basés sur des composés naturels pour cibler les cellules cancéreuses de manière innovante ;
mCUBE d’Epigene labs, une plateforme qui utilise des données épigénétiques pour identifier des cibles thérapeutiques et développer des traitements personnalisés contre le cancer ;
Iktos robotics d’Iktos, qui combine l’intelligence artificielle et la robotique pour accélérer le processus de découverte de médicaments, y compris ceux destinés à l’oncologie.
Les enjeux de l’accès aux données et de la standardisation :
Malgré un nombre de solutions nettement inférieur à celui des États-Unis, l’adoption de l’IA dans la découverte de médicaments en France progresse, particulièrement en oncologie, tout en rencontrant des défis spécifiques. Le pays bénéficie d’un écosystème de recherche solide, avec des institutions renommées et des initiatives de collaboration publique-privée. L’Institut national du cancer (Inca) occupe un rôle clé dans la promotion de la recherche en oncologie, y compris l’intégration de l’IA.
Cependant, des défis subsistent en matière d’accès aux données et de standardisation. Bien que des efforts soient en cours pour améliorer la standardisation et le partage des données, beaucoup reste à faire pour atteindre un niveau de maturité comparable à celui de certains pays leaders dans ce domaine. La France travaille également à renforcer ses capacités en matière de formation et de rétention des talents spécialisés dans l’IA et la bio-informatique.
Cartographie interactive des solutions françaises
À noter : l’entreprise Synsight est en procédure collective en date du 3 juillet 2024.
Autorité compétente qui dispose d’un pouvoir de police sanitaire. L’ANSM peut suspendre et interrompre toute RIPH, investigation clinique, essai clinique ou étude des performances se déroulant en France (art. L. 1121-4). Dans le cadre de son rôle d’autorité compétente elle évalue la qualité et la sécurité des produits et vérifie que la sécurité des participants est assurée.
Les comités de protection des personnes (CPP)
Logo (exemple)
Rôle
Entités qui vérifient l’acceptabilité éthique de la recherche et notamment que la protection des personnes est assurée dans le cadre de la recherche. Elles évaluent la qualité de l’information délivrée pour un projet de recherche donné (document d’information remis aux participants) et la conformité du formulaire de consentement, les modalités de recrutement, les périodes d’exclusion et indemnités, les moyens humains et matériels de la recherche, l’adéquation du lieu de la recherche, la qualification des investigateurs. Les CPP évaluent pour les projets de recherche portant sur le médicament le protocole sur le plan de l’éthique et, pour les autres le protocole dans son intégralité.
Créée par la loi du 5 mars 2012 relative aux recherches impliquant la personne humaine, la CNRIPH coordonne, harmonise et évalue les pratiques des Comités de Protection des Personnes (CPP) (L.1123-1 du code de la santé publique). Elle met à disposition sur le site du ministère de la Santé la liste à jour des CPP.
La CNIL établit les méthodologies de référence pour la protection des informations à caractère personnel dans le cadre de la recherche clinique. Les Agences régionales de santé (ARS) autorisent certains lieux de recherche. La loi dite « Jardé » précise que les directeurs généraux des ARS autorisent certains lieux de recherches et nomment les membres des CPP pour une durée de trois ans renouvelables.
▶️ Les acteurs de la promotion :
Le promoteur
Rôle
Personne physique ou morale prenant l’initiative de la recherche, en assure la gestion (organisation, coordination, surveillance) et vérifie son financement. Établi dans l’Union européenne ou désignant un représentant légal dans l’UE si établi en dehors de l’UE, le promoteur peut être un industriel du médicament, un fabricant de dispositifs médicaux, un établissement de santé ou un organisme national de recherche. Les promoteurs peuvent collaborer avec des Sociétés de Recherche Contractuelle (CRO).
Les attachés de recherche clinique (ARC)
Rôle
Mandaté par un laboratoire ou une CRO, l’ARC assure, sous la responsabilité du médecin de l’étude, le suivi d’un essai clinique et la qualité, la fiabilité et l’authenticité des données scientifiques. Il met en œuvre les procédures opératoires, gère les stocks de médicaments de l’étude, assure le suivi des essais cliniques, détecte les problèmes, recueille les fiches d’observation, contrôle et transmet les données au Data Manager, et sert de liaison entre le médecin responsable et l’investigateur.
Personnes dirigeant et surveillant la recherche sur un lieu. Pour les recherches à moindre risque, l’investigateur peut ne pas être un médecin sous réserve de l’accord du CPP. Ils accompagnent le participant à chaque étape de la recherche, analysent les caractéristiques clinico-biologiques du participant, vérifient l’adéquation aux critères d’inclusion, informent le participant sur les risques et bénéfices, s’assurent de la compréhension des informations et recueillent le consentement avant l’inclusion dans la recherche.
Technicien de recherche clinique
Rôle
Met en œuvre la logistique du protocole, recueille et saisit les données cliniques sous la responsabilité des investigateurs et de l’équipe médicale lors de la réalisation des protocoles de recherche clinique.
Économistes de la santé
Rôle
Recueillent, analysent et évaluent l’information médico-économique nécessaire aux décideurs hospitaliers en collaboration avec les cliniciens. Ils optimisent les prises de décision dans le domaine des technologies de santé et des programmes de santé publique, situant leur métier à l’interface entre l’économie et la médecine.
Centres investigateurs
Rôle
Structures produisant des données scientifiques médicales, ouvertes aux investigateurs et promoteurs pour réaliser des projets de recherche. Exemples incluent les services dédiés à l’investigation clinique, centres d’investigation clinique labellisés DGOS et Inserm, et centres de recherche cliniques labellisés DGOS. Ces lieux sont autorisés par les agences nationales de santé (ARS) et peuvent être inspectés par l’ANSM pour vérifier la conformité aux bonnes pratiques cliniques.
En avril 2024, l’Académie nationale de Médecine publiait un rapport pour “lever les freins au développement de la recherche clinique en France”. Elle y émettait une série de propositions afin de renforcer l’attractivité de la France dans le domaine de l’innovation thérapeutique et de la recherche médicale. Au même moment, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) publiait de son côté un avis dans lequel il appelait à renforcer les moyens des comités de protection des personnes (CPP).
2 097 études cliniques en 2023 :
Une étude scientifique réalisée sur des êtres humains vise à évaluer la non-toxicité, la tolérance et l’efficacité d’une méthode diagnostique, d’un traitement ou d’une stratégie thérapeutique. Il peut s’agir d’un médicament ou d’un dispositif médical. La fiabilité des essais cliniques repose sur une méthode scientifique rigoureuse. Les résultats sont publiés dans des revues médicales et présentés lors de congrès. Quand l’essai porte sur une molécule, il peut constituer une étape avant la validation auprès des autorités sanitaires puis mise sur le marché.
En 2023, la France a enregistré un total de 2 097 études cliniques couvrant toutes les catégories, selon le baromètre de l’Afcros. La tendance globale est à la baisse, à l’exception des études interventionnelles à promotion académique (+10 %). L’association souligne que l’année a été marquée par des difficultés de financement dans les secteurs Biotech et Medtech, retardant le lancement de nombreux programmes de développement. De plus, la mise en œuvre du nouveau règlement européen sur le médicament a entraîné une sous-déclaration des études industrielles, en raison du transfert des déclarations vers la base de l’Agence européenne du médicament (EMA).
Chiffres clés de la recherche clinique– Baromètre AFCROs 2024 – Juin 2024
L’Espagne consolide sa place de leader européen :
L’Europe est au troisième rang mondial en matière de recherche clinique, avec une compétition croissante des États-Unis et de la Chine dans les domaines d’innovation les plus prometteurs. La prochaine législation pharmaceutique européenne aura un impact majeur pour l’attractivité de la région. Au sein de l’Union européenne, l’Espagne continue de se distinguer alors que la France se maintient au troisième rang dans la participation aux essais cliniques internationaux. À l’exception de la cancérologie, où la France occupe une deuxième position dans la compétition européenne, son activité en recherche clinique est comparable à celle de l’Allemagne et du Royaume-Uni dans les autres aires thérapeutiques. Malgré les efforts réalisés en termes de réduction des délais, 160 jours sont encore nécessaires pour démarrer un essai clinique sur le territoire.
La France peine à retrouver sa place :
Deux ans après le lancement du plan Innovation Santé 2030, le bilan est mitigé selon la 13e édition de l’enquête « Attractivité de la France pour la recherche clinique » du Leem. Un nouvel environnement réglementaire européen a émergé et des actions ont été initiées en France pour soutenir la recherche clinique. Cependant, il est désormais urgent de mettre un coup d’accélérateur, face à une compétition internationale qui s’intensifie.
Avec 684 essais promus par 224 industriels sur 18 mois, les entreprises du médicament sont à l’origine de la majorité des essais cliniques sur le médicament en France. Ces essais sont principalement des essais internationaux (94 %). Les essais sont le premier mode d’accès aux médicaments innovants pour les patients, notamment ceux atteints de pathologies graves comme le cancer (42 % des essais initiés) ou encore des maladies auto-immunes (18 %). Les industriels s’engagent également pour des populations spécifiques en participant, au niveau européen, à près de la moitié des essais sur les maladies rares.
La personnalisation des traitements conduit à une évolution des essais cliniques, dont 77 % intègrent désormais une recherche de biomarqueur(s) et 13 % présentent une nouvelle approche (design et méthodologies innovantes, décentralisation). Les médicaments évalués concernent les médicaments biologiques dans 41 % des essais, dont 73 % d’anticorps, 9 % de peptides et 9 % de thérapies géniques et cellulaires. Une attention particulière devra donc être portée sur l’évaluation en vue de la mise à disposition auprès des patients de ces innovations.
Première place en oncologie et maladies rares :
La France est leader en Europe pour les essais cliniques en oncologie et dans les maladies rares. En oncologie, elle maintient cette position depuis 2019 avec un nombre élevé d’essais cliniques chaque année. Concernant les maladies rares, la France est très active et se distingue par une forte initiation de recherches cliniques. Cette position est confirmée pour l’année 2023, malgré une baisse globale des recherches en Europe.
4 leviers identifiés par le Leem
« Un coup d’accélérateur par les autorités pour une vision intégrée de la recherche clinique dans le parcours de soins est indispensable si nous voulons faire de la France le pays leader en Europe sur les essais cliniques, tel que l’ambitionne le plan Innovation Santé 2030 », alerte Thierry Hulot, président des Entreprises du médicament (Leem).
Pour que l’ambition du plan Innovation Santé 2030 de devenir leader européen en recherche clinique soit atteignable, un coup d’accélérateur est nécessaire. Thibaut Victor-Michel, président de la Commission Recherche et Innovation du Leem, reste optimiste : « Le dynamisme de la recherche clinique en France est crucial pour l’écosystème de la santé. Nous nous sommes fixés un double objectif pour atteindre cette ambition : augmenter la participation de la France aux essais multinationaux de 25 % et accélérer le démarrage des essais pour inclure un premier patient en 120 jours », précise-t-il.
Pour y parvenir, les leviers identifiés doivent être mis en place rapidement par les autorités :
supprimer la demande d’autorisation d’exportation et d’importation des échantillons biologiques, une exception française qui allonge les délais d’autorisation ;
simplifier le dispositif de la convention unique en privilégiant une approche forfaitaire par visite du patient ;
mettre en place des « fast tracks » de l’étape d’autorisation à l’inclusion pour garantir le démarrage en 120 jours des essais innovants pour les patients sans alternative thérapeutique ;
et adapter le cadre législatif pour permettre le déploiement des essais cliniques décentralisés.
Ces leviers doivent être accompagnés par la présence de personnels formés et dédiés à la recherche clinique dans les établissements de santé. Enfin, il est indispensable de s’assurer du suivi de la performance de la recherche clinique à l’échelle nationale dans le cadre d’un copilotage public/privé.
Les DCT comme levier d’accélération
Le budget hospitalier dédié à la digitalisation de la recherche est encore très faible :
Moins de 2 % du budget des hôpitaux en France est consacré à la digitalisation, contre 3 % à 5 % aux États-Unis selon IQVIA. La décentralisation et la digitalisation des essais cliniques, ou solutions direct-to-patient, sont désormais une priorité pour les promoteurs en France, vus comme une innovation essentielle. Les agences réglementaires françaises ont majoritairement été flexibles et ouvertes à ces évolutions, surtout en réponse aux défis de la Covid-19. Un expert d’IQVIA note : « Dans le contexte de la Covid, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a été assez réactive et les CPP ont su s’adapter pour favoriser la mise en place d’essais digitalisés et de solutions direct-to-patient », une tendance qui devrait perdurer après la pandémie.
Toutefois, il est nécessaire d’harmoniser les réglementations et de collaborer avec toutes les parties prenantes pour faciliter l’usage des essais cliniques décentralisés (ECDs). Une harmonisation est aussi requise au niveau des hôpitaux pour améliorer l’interopérabilité des systèmes et des données. La stricte réglementation française sur la protection des données, plus rigide que celle d’autres pays de l’UE sous le RGPD, freine l’utilisation des solutions direct-to-patient comme les soins à domicile et l’expédition de médicaments.
La France est actuellement classée troisième en Europe pour la participation aux essais thérapeutiques, derrière l’Espagne et l’Allemagne. La mise en place de réseaux thématiques et la réorganisation des CHU autour de pôles hospitalo-universitaires sont des recommandations clés pour améliorer cette situation.
Composantes des essais décentralisés en réflexion en France :
Afin d’élaborer des recommandations précises sur les méthodes et les composantes des essais décentralisés, ainsi que sur les obstacles réglementaires à surmonter, débats et travaux en France s’intéressent notamment aux éléments suivants :
lieu et domicile du patient ;
responsabilité de l’investigateur dans un cadre décentralisé ;
information et consentement numériques ;
dispensation de médicaments expérimentaux ;
collecte et gestion des données dans des essais numériques ;
télémonitoring.
Les recommandations à formuler devront être partagées au niveau européen pour harmoniser les pratiques sans perturber les législations nationales. Enfin, l’adoption des outils numériques dépendra de leur acceptabilité par les acteurs de terrain et de leur capacité à maintenir la qualité des relations entre chercheurs et participants.
Les DCT parmi les recommandations de l’Afcros pour accélérer la recherche :
1️⃣ Amélioration du parcours réglementaire :
simplification des textes législatifs et mobilisation des autorités de santé.
suppression de l’exception française sur les demandes d’autorisation d’exportation et d’importation d’échantillons biologiques.
implication de la Cnil : l’Afcros suggère un dépôt des demande d’autorisation Cnil en parallèle du dépôt auprès de l’ANSM et du CPP – lorsqu’une telle démarche est nécessaire, afin de raccourcir de deux à trois mois les délais de feux verts réglementaires. Elle revendique, par ailleurs, “une accélération de la décentralisation des essais cliniques pour favoriser le recrutement de plus de patients en mettant en œuvre une méthodologie de référence spécifique”.
2️⃣ Renforcement de l’efficacité des centres investigateurs :
simplification de la grille du contrat unique et rationalisation des coûts par patient ;
utilisation de structures hospitalières pour la revue des coûts.
3️⃣ Valorisation des centres investigateurs :
attribution de crédits Merri aux centres performants et indexation des rémunérations sur les objectifs de recrutement ;
cartographie des centres recruteurs performants pour une meilleure identification.
4️⃣ Accès simplifié au SNDS :
accès direct aux données pour les porteurs de projets, avec responsabilité de la minimisation et sélection des variables.
5️⃣ Transparence et information des patients :
développement de la base de données Eclaire pour une meilleure information des patients et des associations de patients.
Les USA, leader mondial :
Les États-Unis sont à la pointe de l’innovation en matière de DCT, grâce à une infrastructure numérique robuste et à des investissements significatifs dans la télésanté et les dispositifs médicaux connectés. Des essais cliniques décentralisés basés exclusivement sur la réutilisation de données secondaires, couplée à la collecte de données primaires directement auprès des patients (ePRO et dispositifs connectés), ont déjà eu lieu aux États-Unis.
Les régulateurs américains, comme la FDA, ont également mis en place des directives pour encourager les DCT, reconnaissant leur potentiel pour améliorer l’efficacité des essais et réduire les coûts.
Promesses du numérique et des nouvelles technologies
30 à 50 % de DCT depuis la crise du Covid :
Les essais cliniques décentralisés (DCT) connaissent une hausse notable, principalement en raison des avantages qu’ils offrent aux patients. En permettant aux participants de recevoir leurs traitements à domicile ou dans une clinique locale, ces essais réduisent considérablement les contraintes de déplacement imposées par les essais traditionnels. Les technologies de santé jouent un rôle crucial dans cette décentralisation, facilitant le recrutement et la fidélisation des participants tout en permettant une collecte de données plus fréquente et un suivi continu des patients. Ces technologies recueillent des informations durant les activités quotidiennes des participants, fournissant des données précieuses sur l’efficacité et l’innocuité des traitements dans des conditions réelles.
Cependant, il est important de noter que toutes les populations n’ont pas un accès égal à ces technologies. Les patients âgés ou lourdement handicapés peuvent rencontrer des difficultés à utiliser des capteurs portables ou des appareils électroniques, ce qui pourrait les dissuader de participer et les priver de traitements potentiellement bénéfiques.
La pandémie de Covid-19 a agi comme un catalyseur pour l’adoption rapide des DCT, soulignant leur flexibilité et leur efficacité en période de crise. Une étude américaine publiée en 2020 dans la revue Nature partner journals (NPJ) digital medicine révèle que l’utilisation des outils numériques dans les essais cliniques a augmenté en moyenne de 34 % par an, avec un nombre d’essais utilisant ces outils ayant plus que décuplé entre 2000 et 2018.
Apports des DCT :
Les essais cliniques décentralisés (DCT) offrent de nombreux avantages pour les patients, les sites de recherche et les chercheurs. L’infographie suivante met en lumière les améliorations en termes de temps, de confort, et de qualité des données, tout en soulignant les bénéfices économiques et relationnels pour l’ensemble des parties prenantes.
L’adoption croissante des essais cliniques décentralisés a naturellement conduit à une expansion des essais cliniques virtuels, qui représentent une forme avancée et numérique de DCT. En intégrant des technologies plus sophistiquées et en permettant une exécution encore plus flexible des études, les essais cliniques virtuels vont au-delà de la simple décentralisation pour offrir une expérience entièrement numérique et à distance.
Apports des DCT pour les différents parties prenantes de la recherche – @ Health & Tech Intelligence
Quelles perspectives technologiques ?
▶️ Garantir l’acceptabilité des données issues des nouvelles technologies et dispositifs innovants :
développement de moyens pour la collecte directe des données auprès des patients ;
et perfectionnement des méthodes de collecte de données à distance dans les enquêtes cliniques.
▶️ Encourager me développement de nouveaux critères d’évaluation numériques :
création d’algorithmes exploitant un large volume de données générées par les nouvelles technologies ;
agrégation de données synchronisées provenant de divers appareils ;
et prise en compte de la diversité et de l’inclusion, et réduction de la charge pour les patients et les sites.
▶️ Développer des solutions logicielles adaptables aux DMN et applications mobiles :
réduction de la charge pour les sites et les patients ;
et considération du logiciel en tant que dispositif médical (SaMD) lors de la conception des solutions.
Un libre blanc publié en 2022 par Iqvia, intitulé « DCTs deliver big ROI », présente les résultats d’une étude démontrant que les essais cliniques décentralisés (DCT) réduisent significativement le temps et les coûts, offrant ainsi des avantages tangibles aux promoteurs. Parmi les bénéfices mesurés, on note des réductions moyennes de :
49 % du temps d’arrivée du premier patient ;
54 % des écarts de protocole ;
78 % du temps de recrutement, mesuré par le temps écoulé entre le premier et le dernier patient ;
Les PREMs (patient-reported experience measures) et les PROMs (patient-reported outcomes measures) sont promus par la HAS (Haute Autorité de Santé) et permettent de mieux comprendre l’expérience des patients et d’intégrer leurs retours dans l’amélioration continue des soins.
Comme vu dans l’article de contexte de cet indicateur, les PREMs évaluent l’expérience des patients dans les soins, tandis que les PROMs mesurent les résultats perçus par les patients. Les plateformes de gestion des parcours de soins occupent une place prépondérante dans la personnalisation des soins et l’amélioration de l’expérience patient. Des solutions comme Zedoc, Mypath, et Awell health intègrent les PROMs et les PREMs pour recueillir des données en temps réel sur les patients. Ces plateformes permettent une analyse approfondie des données cliniques et des retours des patients, facilitant ainsi l’adaptation des plans de traitement en fonction des besoins individuels.
Des indicateurs qualitatifs pour une meilleure compréhension :
En complément de ces mesures quantitatives, des indicateurs qualitatifs sont également utilisés, tels que des enquêtes de perception et des enquêtes flash. Ces outils permettent de questionner l’organisation et de recueillir des retours immédiats et directs des patients. Par exemple, le questionnaire e-Satis de la HAS est l’outil pour suivre la satisfaction et l’expérience des patients hospitalisés permettant de certifier la qualité des soins. Il offre aux établissements la possibilité de se comparer entre eux et d’identifier des axes d’amélioration à partir de l’analyse des commentaires des patients.
Collaboration avec les start-ups pour des solutions innovantes :
L’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) collabore avec plusieurs start-ups pour développer ces outils. Parmi celles-ci, Skezi, une start-up cofondée par l’AP-HP et l’Université Paris-Cité en décembre 2020, se distingue par son logiciel de collecte de données dynamiques, Skezia. Ce logiciel est utilisé pour suivre la cohorte ComPaRe (Communauté de patients pour la recherche) et est commercialisé sous le nom Skezia.
La start-up a lancé Skethis, un observatoire sous forme de communauté d’individus en ligne. Skethis permet de générer des données sur la qualité de vie et d’identifier les points d’amélioration. Cet observatoire, qui ne cesse de croître, a pour objectif de promouvoir une homogénéité des données en collaborant avec divers centres de l’AP-HP et d’autres établissements de santé.
73 % des Français sont favorables à la mise en place d’outils digitaux pour améliorer leur parcours patient à l’hôpital
La place du numérique dans l’expérience patient est indéniable, selon le « baromètre santé 360 » d’Odoxa, 73 % des Français sont favorables à la mise en place d’outils digitaux pour améliorer leur parcours patient à l’hôpital avec une adoption croissante de solutions innovantes ciblant divers bénéficiaires. En effet, 87 % des solutions de notre panorama passent par l’intermédiaire de plateformes numériques. Parmi les solutions répertoriées, 88,2 % sont destinées aux professionnels de santé, 58,8 % aux administrations de santé, et 19,6 % aux familles. Ces chiffres illustrent une approche holistique visant à améliorer la qualité des soins et l’expérience des patients. Les types de solutions sont également variés, allant des solutions de télésanté, comme celles proposées par Remecare et Datos health, aux solutions de communication médicale, gestion de parcours de soins..
33,8 % des solutions consacrées à l’information et l’éducation des patients :
Un autre chiffre clé est que 33,8 % des solutions sont dédiées à l’information et à l’éducation des patients. Ces plateformes fournissent des contenus éducatifs, des vidéos, des brochures et des outils interactifs pour aider les patients à mieux comprendre leurs conditions de santé et à prendre des décisions éclairées. Cette forte proportion souligne l’importance de l’autonomisation des patients dans le processus de soins.
Répartitions des solutions du panorama par segments :
Répartition des solutions par segments @ H&TI
29 % des solutions axées sur la gestion du parcours de soins :
La gestion du parcours de soins représente une part significative du marché de la santé numérique, avec 29 % des solutions dédiées à ce domaine. Ces plateformes permettent une coordination des soins, intégrant des dossiers médicaux électroniques et facilitant la communication entre les différents acteurs de santé. Elles offrent des parcours personnalisés, améliorant ainsi l’efficacité des traitements et la satisfaction des patients.
Champs d’application des solutions du panorama :
Champs d’application des solutions d’expérience patient @ H&TI
L’expérience patient débute en ligne
L’édition HIMSS2024, placée sous le thème « Créer la santé de demain », a mis en avant les innovations visant à améliorer l’expérience patient. L’expérience patient commence en ligne. De plus en plus de patients attendent des services numériques tels que la prise de rendez-vous, le paiement des factures, et l’accès à des contenus thérapeutiques. Ces technologies doivent faciliter les échanges d’informations et les connexions humaines, renforçant ainsi les relations entre patients et professionnels de santé.
Des plateformes comme PatientsLikeMe offrent un espace où les patients peuvent partager leurs expériences, suivre leurs symptômes et trouver des traitements efficaces. Ces communautés en ligne facilitent le soutien mutuel entre les patients et permettent une participation active à des recherches visant à améliorer les soins de santé. Le partage d’expériences contribue à une meilleure compréhension des maladies et à l’amélioration continue des pratiques cliniques.
Les établissements de santé investissent dans des plateformes interactives et des applications mobiles qui permettent de récolter les retours des patients en temps réel. Cette approche proactive, par opposition aux enquêtes de satisfaction traditionnelles, permet de co-construire les parcours de soins avec les patients.
Les outils bureautiques comme composante fondamentale :
Bien que les outils bureautiques ne soient pas inclus dans le panorama des solutions numériques de santé, ils jouent un rôle important dans la gestion des données des patients. Ces outils permettent de créer des questionnaires personnalisés que les patients peuvent remplir, facilitant la collecte de données PROMS et PREMS. Les plteformes tels que Microsoft forms et Google forms sont encore souvent utilisés pour concevoir et distribuer ces questionnaires. Ils offrent une flexibilité et une simplicité d’utilisation qui complètent les solutions numériques de santé. En intégrant ces outils dans les systèmes de gestion des soins, les professionnels de santé peuvent améliorer l’efficacité de la collecte de données et obtenir des insights précieux pour affiner leurs stratégies de soins.
41 % des solutions intègrent de l’IA :
L’intelligence artificielle (IA) est prépondérante, intégrée dans 41 % des solutions du panorama. L’IA est utilisée pour analyser les données des patients, prédire les résultats de santé, et personnaliser les traitements. Les technologies telles que le machine learning (ML) et le traitement du langage naturel (NLP) sont couramment employées pour traiter de grandes quantités de données et fournir des insights actionnables aux professionnels de santé.
Tableau détaillé du panorama de solutions
👉 Pour accéder à la base de donnée des solutions, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :
L’hypertension artérielle (HTA) est un problème de santé mondial croissant, en raison de l’augmentation de l’âge moyen de la population. Cette condition, souvent asymptomatique, est un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires cérébraux. Le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans la prévention et le traitement de l’HTA est de plus en plus reconnu. L’application de l’IA permet d’améliorer la médecine personnalisée et d’offrir des traitements adaptés à chaque patient.
Cet article présente les cas d’usage de l’IA dans la gestion de l’HTA, en soulignant les améliorations diagnostiques et thérapeutiques apportées par cette technologie.
La clinique concentre la majorité des usages :
L’analyse des cas d’usage révèle une concentration significative d’applications de l’IA dans le domaine clinique. En effet, sur l’ensemble des cas identifiés, sept sont directement liés à des applications cliniques. Cette forte concentration s’explique par l’importance cruciale de l’hypertension dans le cadre des soins primaires et spécialisés, nécessitant des outils avancés pour une gestion optimale.
3 cas d’usage liés à la prévention et la prédiction :
En ce qui concerne la prédiction et la prévention, l’IA est utilisée pour prédire l’évolution de l’hypertension artérielle en identifiant les facteurs de risque cardiovasculaires individuels, qu’ils soient émergents ou préexistants. En exploitant des algorithmes sophistiqués et de vastes ensembles de données, les prédictions concernant l’apparition de l’hypertension sont devenues de plus en plus précises au cours de la dernière décennie.
L’IA permet de réaliser des analyses intégrées en utilisant des données multimodales pour prédire les résultats thérapeutiques, offrant ainsi une compréhension approfondie du pronostic et de la stratification des risques pour les patients hypertendus.
Elle permet également de prédire les effets individuels des traitements, ce qui aide les cliniciens à identifier les patients les plus susceptibles de bénéficier d’un traitement spécifique.
2 cas d’usage liés au diagnostic et suivi :
En matière de diagnostic et de suivi, des études récentes démontrent que les algorithmes de deep learning (DL) et de machine learning (ML) peuvent diagnostiquer des conditions cliniquement significatives telles que l’hypertension masquée non contrôlée ou l’hypertension secondaire. Ces algorithmes exploitent les mégadonnées issues des dossiers de santé électroniques (DSE) ainsi que des caractéristiques cliniques aisément identifiables.
L’IA permet également d’affiner les objectifs de pression artérielle en identifiant les facteurs associés aux résultats cardiovasculaires et aux événements indésirables, permettant de définir des cibles personnalisées et d’améliorer la sécurité et l’efficacité des traitements.
2 cas d’usage pour la prise en charge des patients :
Pour la prise en charge des patients, l’IA analyse les données de santé pour identifier les facteurs influençant l’observance des traitements antihypertenseurs. En examinant les comportements des patients, leurs antécédents médicaux et les données socio-économiques, l’IA peut repérer les obstacles à l’adhésion aux traitements et proposer des interventions personnalisées pour améliorer cette adhésion.
L’IA permet de déterminer des objectifs de tension artérielle spécifiques à chaque patient et d’identifier le régime de médicaments antihypertenseurs le plus efficace, offrant une approche personnalisée pour la gestion de l’hypertension.
3 cas d’usage liés aux soins ambulatoires :
Les soins ambulatoires comportent trois cas d’usage de l’IA :
1️⃣ Pour le diagnostic et le suivi de la maladie, les algorithmes d’IA renforcent la précision, la cohérence et la reproductibilité du diagnostic et de la gestion de l’hypertension artérielle grâce à l’utilisation de technologies portables. Les options pour surveiller la pression artérielle incluent des dispositifs basés sur des brassards et des capteurs mécaniques et optiques qui analysent les caractéristiques des ondes de pouls pour une surveillance efficace. Parmi ces dispositifs, Lifelight propose une solution de surveillance sans contact basée sur des capteurs de caméra.
2️⃣ L’IA est également utilisée pour l’accompagnement et l’éducation du patient. Plusieurs études ont montré que les interventions et outils combinant éducation, conseil et gestion, souvent assistées par l’IA, conduisent à une réduction significative de la pression artérielle. Parmi ces solutions, SuiviHTA se distingue par ses fonctionnalités d’analyse et de rapport, d’alertes personnalisées et de conseils. Elle analyse en profondeur les données collectées pour identifier des tendances et des anomalies, permettant aux utilisateurs de recevoir des rapports détaillés et des graphiques clairs illustrant les variations de leur pression artérielle. En cas de lectures anormales ou de tendances préoccupantes, SuiviHTA envoie des notifications personnalisées, permettant ainsi une intervention rapide et proactive. De plus, l’application propose des conseils de santé basés sur les données collectées, offrant des recommandations personnalisées sur l’alimentation, l’exercice physique et les habitudes de vie pour améliorer la gestion de l’hypertension.
3️⃣ L’IA aide également à améliorer l’adhésion thérapeutique du patient en identifiant les facteurs influençant l’observance des traitements antihypertenseurs et en proposant des interventions personnalisées.
👉 Pour accéder à la cartographie H&TI des solutions numériques destinées à l’HTA, cliquez ici.
La recherche axée sur la prévention et de la compréhension de la maladie :
La prévention et la compréhension de la maladie présente un cas d’usage majeur de l’IA dans la recherche clinique. L’IA explore de vastes ensembles de données pour découvrir de nouveaux facteurs influençant le développement et la gestion de l’hypertension. En utilisant des techniques avancées d’apprentissage automatique et de deep learning, l’IA identifie des corrélations et des tendances non évidentes dans les données génétiques, comportementales et environnementales. Ces découvertes peuvent mener à une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents de l’hypertension, ouvrant la voie à de nouvelles approches thérapeutiques et préventives.
Limites de l’application de l’IA dans l’HTA
La mise en œuvre de l’IA dans la gestion de l’hypertension artérielle présente plusieurs défis selon l’étude “Application of artificial intelligence in hypertension” publié en mai sur Biomedcentral (BMC). En effet, selon l’étude, malgré les directives de la FDA et d’autres organismes, il manque un consensus global et des lignes directrices uniformes. Les algorithmes d’IA nécessitent de vastes ensembles de données pour leur formation, soulevant des préoccupations de confidentialité et de sécurité des données. De plus, les biais potentiels dans les données d’entraînement peuvent conduire à des résultats discriminatoires. L’opacité des modèles d’IA, souvent qualifiée de “boîte noire”, complique l’interprétation des décisions diagnostiques et thérapeutiques, ce qui soulève des questions de responsabilité et de confiance parmi les professionnels de santé. Enfin, la précision des algorithmes d’IA dépend fortement de la qualité et de la diversité des données disponibles, limitant ainsi leur applicabilité et leur fiabilité dans des contextes cliniques variés.
Pour surmonter ces obstacles, la recherche future doit se concentrer sur la médecine de précision pour l’HTA en utilisant des technologies basées sur l’IA. Cette approche vise à réduire le fardeau mondial de l’hypertension en offrant des traitements plus ciblés et personnalisés. Toutefois, il est crucial de ne pas négliger les limites actuelles de cette technologie. Les efforts de recherche doivent inclure le développement de techniques pour atténuer les biais dans les données et les algorithmes, améliorer la transparence des modèles d’IA, et garantir la sécurité et la confidentialité des données des patients.
Cartographie des cas d’usage de l’IA dans l’HTA
👉 Pour accéder à la base de donnée sur les cas d’usage de l’IA, cliquer sur le tableau interactif ci-dessous :
Aktiia utilise des capteurs photopléthysmographiques (PPG) pour mesurer la pression artérielle en continu, offrant une alternative confortable et précise aux méthodes traditionnelles. Ces capteurs, intégrés dans un bracelet, émettent de la lumière Led qui pénètre la peau et permet de détecter les variations du volume sanguin. Les données collectées sont ensuite traitées par des algorithmes pour fournir des mesures précises de la pression artérielle systolique et diastolique. Le dispositif, composé d’un bracelet et d’une application mobile, permet de mesurer la pression artérielle de manière non intrusive. Cette solution évite l’inconfort et les interruptions fréquentes liées aux brassards gonflables, tout en fournissant des données plus représentatives des conditions de vie quotidienne.
L’entreprise rapporte des résultats positifs à la suite de plusieurs études cliniques visant à valider la précision et la fiabilité de sa solution. Elle déclare que les mesures de pression artérielle qu’elle réalise sont comparables à celles des appareils de référence utilisés en milieu clinique.
Une amélioration de l’adhésion des patients :
Le bracelet Aktiia, facile à porter et à utiliser, favoriserait une meilleure adhésion des patients au suivi de leur tension artérielle, réduisant ainsi les oublis et l’inconfort. Contrairement aux appareils traditionnels qui nécessitent des manipulations complexes et peuvent être gênants à utiliser en public, Aktiia se porte comme un accessoire de poignet assurant une surveillance constante et fiable. Les données sont automatiquement synchronisées avec une application mobile, éliminant la nécessité de noter manuellement les mesures, ce qui simplifie le suivi et le partage des informations avec les professionnels de santé.
Un meilleur suivi grâce aux données :
Les mesures prises par Aktiia sont enregistrées en continu, offrant une vue d’ensemble des fluctuations de la pression artérielle au cours de la journée et de la nuit. Cette richesse de données permet de détecter des schémas et des variations que les mesures ponctuelles en cabinet pourraient manquer.
Tableau comparatif des méthodes de mesure de la pression artérielle – @ Aktiia
Le monitoring ambulatoire de la pression artérielle :
Des études récentes montrent que la mesure de la pression artérielle à domicile ou en ambulatoire est plus fiable pour prédire les événements cardiovasculaires. L’étude Jamp (Japan Ambulatory Blood Pressure Monitoring Prospective), cette étude a examiné comment l’hypertension nocturne et ses schémas sont liés aux événements cardiovasculaires, y compris l’insuffisance cardiaque, chez les patients hypertendus. Les résultats indiquent que des niveaux élevés de pression artérielle la nuit et des schémas anormaux de pression nocturne sont associés à un risque accru de problèmes cardiovasculaires, soulignant l’importance de surveiller et de traiter la pression artérielle nocturne. Dans un contexte où la surveillance nocturne, souvent ignorée, peut révéler des épisodes d’hypertension nocturne cliniquement significatifs, l’intégration des données d’Aktiia avec les dossiers patients informatisée (DPI) permet une analyse approfondie des chiffres artériels et une personnalisation des traitements.
Synchronisation des données par bluetooth :
Le tensiomètre Aktiia se connecte par Bluetooth à une application mobile, permettant la synchronisation des données de tension artérielle et leur visualisation. Pendant que l’utilisateur mène ses activités quotidiennes, Aktiia prend des mesures toutes les heures en arrière-plan. Le port continu du tensiomètre permet ainsi de surveiller la pression artérielle en permanence via l’application, offrant une vue d’ensemble de l’impact des actions de l”utilisateur sur sa tension et sa santé cardiovasculaire. Collectées 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les données permettent de mettre en évidence les tendances à long terme en fonction des changements d’habitudes. L’utilisateur peut aisément générer et partager des rapports numériques avec son médecin pour évaluer l’efficacité de son programme de gestion de l’hypertension.
Avec plus de 300 millions de points de données collectés à travers le monde, la base de données sur la pression artérielle d’Aktiia augmente rapidement avec le temps, créant d’innombrables opportunités pour l’apprentissage profond sur les tendances et les modèles de santé publique.
Fonctionnement du bracelet d’Aktiia :
Fonctionnement de la solution – @ Aktiia
Un DM proposé au prix de 230 €
La collecte de données sur la pression artérielle et la modélisation par apprentissage automatique proposée par Aktiia sont fondées sur plus de 20 ans de recherche. Utilisant l’intelligence artificielle, Aktiia fournit “des données personnalisées, continues et de qualité médicale sur la pression artérielle et le rythme cardiaque”. Grâce à son accessibilité et son efficacité pratique, cette technologie est actuellement utilisée par plus de 60 000 clients et des dizaines d’organisations dans le monde.
Le tensiomètre Aktiia est proposé au prix de 229,99 euros. Le bracelet, disponible en trois coloris différents, est vendu au prix de 39,99 euros. Marqué CE, il est disponible sur sept marchés européens et approuvé en tant que dispositif médical (DM) dans 44 pays. Il est directement commercialisé auprès des consommateurs.
Aktiia vise à convaincre les médecins et les assureurs de l’efficacité de son produit, espérant que son produit pourra, à terme, être remboursé par l’Assurance maladie. Selon Olivier Grossenbacher, Core technology lead chez Aktiia, l’entreprise travaille également à perfectionner son produit et à s’implanter sur de nouveaux marchés, notamment aux États-Unis.
315 Mds€, coût annuel mondial de l’HTA
Environ 30 % des adultes souffrent d’hypertension, mais 50 % d’entre eux n’en sont pas conscients. De plus, parmi ceux qui ont été diagnostiqués, 50 % ne parviennent pas à maîtriser leur hypertension. Face à cette situation, les directives récentes de la Société européenne d’hypertension et de la Société européenne de cardiologie recommandent de mesurer plus fréquemment la pression artérielle en dehors du cabinet médical pour plusieurs raisons :
le diagnostic de l’hypertension artérielle repose souvent sur des mesures éparses et non représentatives, ce qui peut nuire à la précision ;
le stress ressenti au cabinet médical peut entraîner des mesures anormalement élevées de la pression artérielle ;
certains patients souffrant d’hypertension ne sont pas détectés lors de visites épisodiques au cabinet médical ;
et le contrôle fréquent permet une gestion optimale de la santé.
L’HTA est une maladie chronique caractérisée par une pression sanguine constamment élevée dans les artères. Elle est généralement définie par une pression systolique supérieure ou égale à 140 mmHg et/ou une pression diastolique supérieure ou égale à 90 mmHg (pour les patients de moins de 80 ans), mesurées lors de plusieurs consultations. Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié en 2023 et intitulé “Global report on hypertension: the race against a silent killer” :
en 2019, la prévalence de l’hypertension parmi les adultes âgés de 30 à 79 ans était de 33 % (32 % dans les pays riches et 34 % dans les pays pauvres), ce qui représente environ 1,3 milliard de personnes souffrant de cette condition à travers le monde ;
seulement 23 % des personnes hypertendues reçoivent un traitement efficace pour contrôler leur pression artérielle ;
on estime que 10 millions de décès chaque année sont attribuables à des complications de l’hypertension, telles que les maladies cardiovasculaires ;
augmenter le pourcentage de personnes dont l’hypertension est sous contrôle à l’échelle mondiale à 50 % empêcherait 76 millions de décès entre 2023 et 2050 ;
une réduction de l’apport en sel de 30 % à l’échelle mondiale pourrait prévenir environ 1,7 million de décès par an liés à l’hypertension ;
seulement 40 % des pays ont mis en place des systèmes de surveillance efficaces pour suivre la prévalence de l’hypertension et l’efficacité des interventions.
Ces données soulignent l’urgence d’intensifier les efforts mondiaux pour améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement de l’HTA. Il s’agit, en effet, de la maladie chronique la plus fréquente dans le monde. Souvent asymptomatique, elle est connue comme un “tueur silencieux” en raison de son association avec un risque accru de divers maladies :
les maladies cardiovasculaires ;
les accidents vasculaires cérébraux (l’HTA est responsable de 62 % des AVC selon l’OMS) ;
l’insuffisance rénale ;
et des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer.
Des objectifs mondiaux fixés par l’OMS en 2023 :
En août 2023, l’Organisation mondiale de la santé a établi une série d’objectifs mondiaux pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles, incluant des cibles spécifiques pour l’hypertension artérielle (HTA). Parmi ces objectifs figure une réduction relative de 25 % de la prévalence de l’HTA ou la stabilisation de sa prévalence d’ici 2025. Ces objectifs sont intégrés dans un cadre plus large visant à réduire les facteurs de risque associés à l’HTA, tels qu’une réduction de 30 % de la consommation de sel et une diminution de 30 % de l’usage du tabac. L’OMS vise également une réduction de 20 % de la consommation nocive d’alcool et une réduction de 15 % de l’insuffisance d’activité physique. En plus de ces objectifs, il est prévu que 50 % des personnes éligibles, notamment celles âgées de 40 ans et plus avec un risque cardiovasculaire élevé, reçoivent des traitements et des conseils pour prévenir les crises cardiaques et les AVC. Enfin, l’OMS aspire à garantir une disponibilité de 80 % des technologies de base et des médicaments essentiels pour le traitement de l’HTA dans les établissements de santé publics et privés.
En France, 17 millions de personnes concernées
Le panorama 2023 de Santé publique Francesur l’HTA montre que cette maladie touche un adulte sur trois en France, soit 17 millions de personnes de plus de 18 ans. Parmi les hypertendus, seulement un sur deux reçoit un traitement pharmacologique, et un sur quatre parvient à contrôler sa pression artérielle. De plus, un hypertendu sur deux ignore qu’il souffre de cette condition. Chaque année, 1,6 million de Français commencent un traitement contre l’HTA, et 84 % de la population a une mesure de la pression artérielle au moins une fois par an. Parmi ceux qui sont traités, 60 % suivent une monothérapie, mais 93 % des patients expriment des réserves lors de la prescription de traitements antihypertenseurs. En termes de suivi médical, 11 % des hypertendus sont suivis par un cardiologue et les hypertendus consultent en moyenne dix fois par an chez leur généraliste. Malgré cela, seulement 43 % des patients reçoivent des conseils hygiéno-diététiques et 40 % des hypertendus traités sont observants.
Les femmes et les + de 65 ans sont les plus touchés :
L’HTA est une maladie longtemps silencieuse, ce qui rend difficile d’avoir une estimation précise du nombre de personnes qui en souffrent. Selon l’étude ENNS (étude nationale nutrition santé), seuls 50 % des adultes ayant une pression artérielle élevée sont au courant de leur hypertension. La mesure de la prévalence passe donc par la mesure du nombre de personnes traitées par médicament anti-hypertenseur.
L’hypertension artérielle constitue l’affection cardiovasculaire la plus fréquente selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), touchant environ 20 % de la population adulte. L’âge est facteur d’augmentation de l’incidence, qui atteint 40 % chez les personnes âgées de 65 ans et 90 % chez celles de 85 ans.
🔍 Prévalence, connaissance, traitement et contrôle de l’HTA par âge et sexe en France :
Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France (16 mai 2023)
Une prévalence élevée chez les femmes dans les Drom :
Le Baromètre de Santé publique France 2021, mené auprès des populations des quatre départements et régions d’Outre-mer (Drom), a révélé une prévalence déclarée de l’hypertension artérielle (HTA) plus élevée dans les Drom qu’en métropole. Notamment, la Martinique affiche un taux de 31,5 % et la Guadeloupe de 29,39 %, avec une prévalence plus marquée chez les femmes. La proportion de patients traités par un médicament antihypertenseur parmi les adultes se déclarant hypertendus ne variait ni selon le territoire, ni selon le sexe, dépassant les 80 % comme en métropole. Entre 65 % et 73 % des adultes hypertendus dans les Drom déclaraient avoir reçu des conseils pour modifier leur mode de vie, contre 58,5 % en métropole. En Guyane, 51,5 % des hypertendus possédaient un appareil d’automesure tensionnelle à domicile, comparé à 53,8 % à La Réunion et plus de 70 % en Guadeloupe et en Martinique.
Malgré que la prévalence de l’HTA reste très élevée dans les Drom et particulièrement chez les femmes, on constate que la prise en charge ne différait pas de la métropole avec plusieurs indicateurs comme la dispensation de conseils hygiénodiététiques ou la possession d’appareil d’automesure tensionnelle qui y sont plus fréquents dans certains Drom. Compte tenu de la fréquence et de la gravité de ses complications, l’HTA constitue un enjeu important pour une amélioration de la santé dans les Drom avec un effort tout particulier de prévention nutritionnelle à fournir chez les femmes.
Comorbidités chez les patients hypertendus :
Parmi les personnes traitées par antihypertenseurs en 2021, une large proportion présente des comorbidités significatives :
26 % des patients ont également un traitement hypolipémiant ;
21 % sont sous traitement psychotrope ;
12 % des personnes sous traitement antihypertenseur ont également un cancer…
🔍 Graphique témoignant de la complexité de la prise en charge des patients hypertendus, souvent confrontés à de multiples pathologies chroniques :
Source : Sniiram/SNDS (tous régimes confondus)
🔍 16 chiffres clés de l’hypertension :
Panorama 2023 de l’HTA – @ Santé publique France
HTA “essentielle” et facteurs de risques
Dans la grande majorité des cas, il est difficile de déterminer une cause précise de l’hypertension artérielle, aussi appelée HTA essentielle. Cependant, divers facteurs peuvent en favoriser l’apparition :
📌 90 % des octogénaires touchés :
Parmi les facteurs non modifiables, l’âge joue un rôle prépondérant. En vieillissant, la paroi des artères perd de sa souplesse, augmentant ainsi le risque d’hypertension. En effet, environ 40 % des personnes âgées de 65 ans et 90 % des octogénaires sont touchées par l’HTA. De plus, certaines populations, comme les Antillais et les personnes originaires du sud de l’Asie, sont plus susceptibles de développer cette condition. Les antécédents familiaux représentent également un facteur de risque important, certaines formes héréditaires d’HTA étant bien documentées.
📌 Réduire la consommation de sel, d’alcool et de réglisse :
L’alimentation joue un rôle crucial dans la gestion de la tension artérielle. Une consommation excessive de sel, souvent caché dans des aliments tels que le pain, les conserves et les produits industriels, peut favoriser l’HTA. Réduire le sel ajouté aux repas et à l’eau de cuisson est une mesure préventive efficace. Par ailleurs, une consommation excessive d’alcool et de réglisse est également associée à une augmentation de la tension artérielle. Le surpoids, l’obésité, et les anomalies du cholestérol sanguin sont des facteurs contributifs.
📌 Sédentarité excessive et stress comme facteurs aggravant :
Le mode de vie influence également la tension artérielle. Une activité physique insuffisante et une sédentarité excessive augmentent le risque d’HTA. En revanche, pratiquer régulièrement une activité physique contribue à la réduction de la pression artérielle. Enfin, la consommation de tabac et un mode de vie stressant sont des facteurs aggravants qu’il est important de contrôler pour prévenir l’HTA.
Facteurs de risque de l’HTA selon l’Inserm – @ Health & Tech Intelligence
10 % des cas sont liés à une autre maladie :
Selon l’Assurance maladie, beaucoup plus rarement, l’HTA est dite « secondaire » et peut être causée par diverses maladies comme par exemple :
une maladie des reins ou des glandes surrénales ;
la prise de certains médicaments (corticoïdes, antidépresseurs…) ;
la consommation de substances toxiques (cannabis, cocaïne) ;
un syndrome d’apnées du sommeil, particulièrement chez les personnes souffrant d’obésité…
Dans ces cas, le traitement de la condition sous-jacente peut aider à réduire la pression artérielle.
Prise en charge de la maladie
3 nouvelles recommandations :
Les recommandations 2023 introduisent plusieurs nouveautés importantes pour la gestion de l’HTA :
1️⃣ Pour les patients dont le débit de filtration glomérulaire (DFG) est inférieur à 30 ml/min/m², il est désormais recommandé d’effectuer un double blocage en utilisant à la fois un diurétique de l’anse et un diurétique thiazidique (niveau de recommandation IIB).
2️⃣ Pour les patients souffrant d’HTA résistante, prouvée malgré une trithérapie bien conduite et sans cause secondaire, la dénervation rénale peut être envisagée si le DFG est supérieur à 40 ml/min/m² (niveau de recommandation IIB).
3️⃣ Enfin, le patient peut désormais choisir l’heure de prise de son traitement antihypertenseur, offrant ainsi une plus grande flexibilité. Les médecins sont également encouragés à simplifier les ordonnances en limitant le nombre de comprimés et de prises par jour pour améliorer l’observance thérapeutique.
Prise en charge de l’HTA chez l’adulte, hors grossesse – @ HAS, SFHTA
L’enjeu de l’observance médicamenteuse :
Le baromètre 2021 de Santé publique France identifiait les 10 raisons les plus fréquentes chez les patients hypertendus qui avaient déclaré ne pas prendre systématiquement leur traitement :
Source : enquête Baromètre de Santé publique France, 2021
La place des médicaments génériques :
Les thérapies initiales pour l’HTA incluent des modifications du mode de vie, telles qu’une alimentation équilibrée, une réduction de la consommation de sel, une augmentation de l’activité physique et la gestion du stress. Si ces mesures s’avèrent insuffisantes, des médicaments antihypertenseurs sont prescrits. Les principales classes de médicaments utilisées sont les diurétiques thiazidiques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II), les inhibiteurs calciques et les bêta-bloquants.
La dénervation rénale dans les cas les plus sévères :
Les patients présentant une HTA résistante malgré une thérapie combinée optimale, des interventions plus invasives peuvent être envisagées. Parmi celles-ci, la dénervation rénale est une procédure prometteuse face à cette forme d’HTA qui ne répond pas de manière adéquate aux traitements pharmacologiques standard et aux modifications du mode de vie, nécessitant des approches thérapeutiques alternatives. Cette technique consiste à utiliser des ondes radiofréquences pour détruire les nerfs sympathiques situés autour des artères rénales, réduisant ainsi l’activité nerveuse qui contribue à l’élévation de la pression artérielle. La dénervation rénale est réservée aux cas d’HTA les plus sévères et résistants aux traitements conventionnels.
La procédure de dénervation rénale consiste à interrompre l’innervation sympathique des reins, un mécanisme clé dans la régulation de la pression artérielle. Cette intervention est réalisée par voie endovasculaire, généralement via l’artère fémorale. Un cathéter équipé d’un dispositif d’émission d’ondes de radiofréquence ou d’ultrasons est utilisé pour délivrer de l’énergie ciblée aux nerfs sympathiques situés autour des artères rénales. En détruisant ces nerfs, la procédure vise à diminuer l’activité sympathique rénale excessive, contribuant ainsi à une réduction de la pression artérielle.
Les études cliniques ont démontré que la dénervation rénale peut entraîner une réduction significative et durable de la pression artérielle chez les patients souffrant d’HTA résistante. Cependant, cette intervention comporte des risques potentiels, notamment des complications liées à la procédure endovasculaire elle-même, telles que des saignements, des infections ou des lésions vasculaires.
La dénervation rénale est actuellement recommandée pour les patients présentant une HTA sévère et réfractaire, souvent après l’échec de multiples combinaisons de traitements antihypertenseurs. Les critères de sélection des patients et les protocoles de la procédure continuent d’évoluer à mesure que de nouvelles recherches et données deviennent disponibles. Les professionnels de la santé doivent suivre de près les développements dans ce domaine afin de fournir les meilleures options de soins à leurs patients.
Coût et remboursement des médicaments
🛈 Les chiffres suivants sont tirés du rapport publié en 2021 par la Caisse national d’assurance maladie (Cnam), intitulé “Les personnes traitées par antihypertenseurs”.
630 € remboursés par personne en moyenne :
Sur les 185 milliards d’euros de dépenses totales pour tous les régimes confondus de la Cnam, 4 562 millions d’euros (2,5 %) sont consacrés à la prise en charge des traitements antihypertenseurs (hors pathologies spécifiques) :
les soins de ville : 3 550 millions d’euros ;
les dépenses hospitalières : 238 millions d’euros ;
et les prestations en espèces (indemnités journalières maladie, AT/MP, maternité et invalidité) : 774 millions d’euros.
La dépense annuelle moyenne remboursée est estimée à 630 euros par personne, tous régimes confondus.
Source : Assurance maladie
Évolution entre 2015 et 2021 :
1️⃣ Entre 2015 et 2021, le nombre de personnes traitées par antihypertenseurs a diminué avec un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de -0,27 %. La prévalence brute a diminué de -0,89 point, et après ajustement selon la structure de la population de l’Insee, la baisse est de -0,62 point.
2️⃣ Pendant la même période, les dépenses annuelles moyennes liées aux traitements antihypertenseurs ont augmenté de 1,88 % par an. En 2021, l’âge moyen au décès des personnes traitées par ces médicaments était de 81 ans, avec un âge médian de 84 ans.
7,26 millions de personnes traitée par antihypertenseurs en 2021 :
En 2021, 7 265 100 personnes étaient traitées par antihypertenseurs, dont 59 % étaient des femmes. L’âge moyen des patients était de 68 ans, avec un âge médian de 69 ans.
Les personnes âgées de plus de 75 ans représentaient 32% des patients, parmi lesquelles 68% étaient des femmes. Le taux brut de traitement antihypertenseur pour l’ensemble des régimes était de 105,73 ‰, calculé sur la base des 68 713 100 personnes ayant bénéficié de soins remboursés au moins une fois dans l’année. Après ajustement selon la structure de la population de l’Institut national de la statistique et des études économiques(Insee), ce taux était de 106,15 ‰.
Chez les moins de 60 ans bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire (C2S), 32,98 ‰ étaient traités par antihypertenseurs, contre 39,58 ‰ dans la population générale de même âge et de même sexe (taux standardisés : 43,68 ‰ contre 39,76 ‰).
🔍 Tableaux des effectifs :
Source : Sniiram/SNDS (tous régimes confondus)
🔍 Âge moyen de décès :
En 2021, l’âge moyen au décès des personnes traitées par antihypertenseurs était de 81 ans, tandis que l’âge médian était de 84 ans.
Source : Sniiram/SNDS/Régime Général (hors Sections locales mutualistes)
🔍 Médicaments les plus remboursés par la Cnam :
Il existe plusieurs classes thérapeutiques pour traiter l’HTA, dont certaines peuvent être associées pour en cumuler les effets. Certains patients ne répondent à aucun traitement malgré l’association de plusieurs classes thérapeutiques incluant un diurétique. On parle d’hypertension résistante. Elle concernerait entre 10 et 30 % des hypertendus selon les études.
Une nouvelle classe thérapeutique pour traiter les hypertensions résistantes, initialement découverte par des chercheurs du Collège de France, de l’Inserm et du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), est en cours de développement par une société privée : les inhibiteurs d’aminopeptidase A.
Fournir des alternatives aux essais cliniques randomisés
Autorisé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) en 2023, cet EDS, développé par Euris health cloud, a été officiellement lancé le 29 mai 2024. Heva y a apporté son expertise dans la constitution du dossier de demande d’autorisation, un élément clé pour garantir la conformité et la sécurité des données. Son savoir-faire a été déterminant dans le choix de l’environnement technologique et dans la mise en place des conditions d’accueil des données du Groupe français de pneumo-cancérologie (GFPC). Heva a également accompagné le GFPC dans la réalisation de diverses études exploitant ces données, notamment à travers :
l’appui dans la constitution du dossier de demande d’autorisation Cnil de l’entrepôt ;
l’expertise et le retour d’expérience dans les choix de l’environnement technologique métier pour la réalisation des études ;
ains que la mise en place des conditions d’accueil des données du GFPC.
Une architecture souveraine et sécurisée :
Le cadre juridique, organisationnel et technique de Matrixlung, garantit une gestion sécurisée des données de santé. Euris fournit une architecture souveraine et sécurisée, conforme au référentiel EDS de la Cnil, qui permettrait au GFPC et à Heva de se concentrer pleinement sur l’analyse des données, accélérant ainsi les avancées dans la recherche clinique. Souvent limités par des difficultés au recrutement de patients, les essais cliniques randomisés dans le domaine de l’oncologie thoracique pourront à l’avenir exploiter ce nouvel entrepôt qui se présente comme une alternative fiable, ouverte également à des projets de recherche externes, encourageant les collaborations internationales.
État des lieux des EDS en France
Depuis la promulgation du règlement général sur la protection des données (RGPD) en 2018, les EDS doivent obtenir une autorisation spécifique de la Cnil avant de commencer à collecter et à traiter des données de santé. En France, les infrastructures sont souvent hébergées sur des clouds souverains, respectant les normes de sécurité les plus élevées. Ces plateformes offrent des capacités de stockage et de calcul nécessaires pour traiter de grandes quantités de données, facilitant de la sorte des analyses complexes et des recherches de grande envergure.
Pour maximiser l’impact des EDS, les autorités encouragent les collaborations entre différents acteurs du secteur de la santé (hôpitaux, centres de recherche, entreprises technologiques et autorités publiques). En témoigne le lancement en 2019 du Health data hub, qui regroupe de nombreuses bases de données de santé pour promouvoir la recherche et l’innovation. Toutefois, les EDS doivent encore surmonter plusieurs défis en France, dont notamment :
l’intégration des données de sources variées ;
l’équilibre entre l’utilisation des données pour la recherche et la protection des droits des patients ;
et la standardisation des formats de données qui restent des problématiques clés.
Avec une prévision de croissance atteignant 135 milliards de dollars d’ici 2030, selon le nouveau baromètre publié par Wavestone, le marché de la Femtech est en pleine expansion au niveau mondial. Cela est notamment marqué dans les segments du suivi menstruel, de la fertilité, de la ménopause mais aussi de la santé mentale.
En 2023, les États-Unis représentaient le principal marché avec plus de 700 entreprises. Un développement dû à plusieurs facteurs, notamment :
une sensibilisation accrue aux besoins de santé spécifiques des femmes ;
l’augmentation des investissements dans les technologies de la santé ;
ainsi que l’essor des start-ups innovantes.
42,8 M€ de chiffre d’affaire en France
De la même manière, le marché français de la femtech est lui aussi en plein essor, avec une croissance exponentielle attendue dans les années à venir. En 2023, le chiffre d’affaire cumulé des start-ups femtech françaises est évalué à 42,8 millions d’euros. En avril 2024, 140 entreprises sont recensés dans le secteur.
Source : Baromètre Wavestone 2024
La France représente le principal marché pour 87 % de ces entreprises, bien que beaucoup adoptent une stratégie de développement international dès le départ. Les régions les plus ciblées après l’Europe sont l’Amérique du Nord et l’Afrique. En termes de pays, les startups visent principalement la France, suivie de la Belgique et de la Suisse.
18 % du marché français sur le segment de la santé menstruel :
Les startups femtech françaises se concentrent majoritairement sur la santé menstruelle, représentant 18 % du marché. Viennent ensuite la santé globale (16 %), les pathologies chroniques hors cancer (14 %) et la santé pelvienne (14 %). En revanche, des segments cruciaux comme la ménopause et les maladies cardiovasculaires, qui constituent la première cause de mortalité chez les femmes en France, sont encore largement sous-exploités. Dans le domaine de la santé menstruelle, les produits de grande consommation sont les plus fréquents. Pour la santé globale, les espaces de santé sont les plus répandus. Les pathologies chroniques sont dominées par les tests diagnostics, tandis que la santé pelvienne voit une prévalence des objets connectés.
Concernant les secteurs d’activité, le bien-être, qui inclut des produits et services visant à améliorer la qualité de vie et la santé des utilisatrices, domine légèrement avec 53 % du marché, devant le secteur de la santé (47 %), qui regroupe les produits et services liés aux soins médicaux.
25 % des innovations concernent les produits de grande consommation :
Un quart des innovations créées par les startups femtech françaises interrogées concerne des produits de grande consommation, tels que les protections menstruelles, les produits nutritionnels ou les infusions. Viennent ensuite les logiciels de santé (10 %), suivis à égalité par les applications mobiles, les compléments alimentaires et les dispositifs médicaux (9 % chacun). Par secteur, les produits et services les plus fréquents en santé incluent les logiciels (Saas), les tests diagnostics et les dispositifs médicaux. En bien-être, les produits de grande consommation, les compléments alimentaires et les applications mobiles sont les plus courants.
Financements, partenariats et initiatives gouvernementales
59% des startups femtech françaises ont levé des fonds :
En 2023, 59 % des startups femtech françaises ont levé des fonds, tandis que 9 % se sont financées exclusivement via des fonds d’investissement. Par ailleurs, 50 % des startups bénéficient de financements combinant plusieurs sources, parmi lesquelles on trouve principalement :
Les fonds d’investissement combinés aux Business angels ;
La combinaison de fonds d’investissement, de la BPI et de Business angels.
L’autofinancement constitue la deuxième source de financement la plus fréquente, représentant 34 % des startups, en raison des difficultés d’accès aux fonds dans ce secteur. 4 % des startups n’ont recours à aucun financement externe, tandis que 3 % bénéficient de bourses ou de subventions. le financement reste un défi pour les startups femtech, qui ont vu un ralentissement en 2023 mais la présence d’entreprises de niveau série A et B sur le marché devrait encourager les acteurs du financement à créer des fonds spécialisés.
Samsung et Pierre Fabre misent sur la femtech :
En mai 2024, Samsung Medison a signé un accord pour acquérir la totalité des parts de Sonio pour 92,4 millions de dollars. Sonio, qui développe des solutions technologiques pour optimiser les soins prénataux, continuera d’opérer de manière indépendante tout en assurant la compatibilité de ses produits avec les dispositifs à ultrasons de différents fabricants. La finalisation de cette transaction est soumise à l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires.
En septembre 2023, MiYé a annoncé l’entrée des Laboratoires Pierre Fabre dans son capital. Ce partenariat stratégique permettra à MiYé de bénéficier de l’expertise médicale et de la connaissance approfondie du marché des Laboratoires Pierre Fabre. Cette collaboration vise à accélérer la croissance de MiYé, à renforcer ses activités de recherche et développement, et à élargir sa présence dans les pharmacies et parapharmacies.
Pour surmonter les défis du secteur, 59 % des startups femtech bénéficient de partenariats stratégiques. Les hôpitaux, les professionnels de santé et les laboratoires de recherche sont les principaux partenaires. Ces collaborations couvrent divers domaines tels que la recherche et développement, l’innovation clinique, ainsi que l’éducation et la prévention. Par exemple, en 2023, Femtech France a noué un partenariat de trois ans avec l’AP-HP pour promouvoir l’innovation en santé des femmes à l’hôpital, réduire les disparités de données liées au genre et encourager les travaux de recherche.
L’Inserm consacre 30 M€ à la recherche en santé des femmes :
Les initiatives gouvernementales sont également essentielles pour soutenir le développement de la femtech. Depuis 2022, le gouvernement français a mis en place une stratégie nationale pour lutter contre l’endométriose, axée sur la recherche, le diagnostic rapide et la sensibilisation. Un programme de recherche “Santé des femmes, santé des couples” financé à hauteur de 30 millions d’euros sur cinq ans a été lancé par l’Inserm. De plus, la région Île-de-France a introduit le plan “Smart-Santé” 2023-2028, avec un accent particulier sur l’innovation en santé des femmes.
20 % des startups françaises ont entamé les démarches de remboursement :
Les startups femtech en France se heurtent à plusieurs obstacles majeurs dans leur développement. Parmi les principaux freins identifiés, la complexité et le coût élevé des démarches pour obtenir le remboursement par l’Assurance maladie constituent un défi significatif. Seulement 20 % des startups ont commencé les démarches de remboursement, tandis que 44 % prévoient de le faire mais n’ont pas encore entamé le processus. Le manque de connaissance des modalités de remboursement et la difficulté d’accès à des cahiers des charges adaptés aux solutions innovantes constituent des obstacles notables.
Glissement vers le B2B2C dans les offres de santé en entreprise :
La santé des femmes en entreprise émerge comme un thème fort, avec un glissement des modèles économiques du B2C vers le B2B2C. Les assureurs montrent un intérêt croissant pour des offres de santé globales, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur. Toutefois, des domaines comme la santé hormonale et la santé mentale des femmes restent sous-adressés, mais représentent des opportunités de croissance future.