L’activité de recherche clinique poursuit son recul en Europe
L’activité de recherche clinique a continué de diminuer en Europe en 2025, prolongeant une tendance observée depuis la fin de la période Covid-19. Selon le Baromètre 2026 de l’AFCROs, cette contraction concerne l’ensemble des principaux pays européens et semble bénéficier aux États-Unis ainsi qu’à la région Asie-Pacifique.
Parmi les facteurs avancés figurent la mise en œuvre des règlements européens sur les médicaments et les dispositifs médicaux, dont l’appropriation apparaît plus lente qu’anticipé, ainsi qu’une concurrence élevée d’autres régions du monde.

La France conserve son leadershaip européen
Avec 2 170 études cliniques recensées en 2025, la France demeure le premier pays européen en nombre d’essais, devant l’Italie (1 417 études), l’Espagne (1 400), le Royaume-Uni (1 170) et l’Allemagne (992). Les auteurs rappellent toutefois que les données 2025 demeurent provisoires et doivent être interprétées principalement en termes de classement.
Cette position repose principalement sur la robustesse de la recherche académique française. Les études interventionnelles à promotion académique sont les seules à progresser en 2025, avec une hausse de 5 %, alors que les études à promotion industrielle diminuent de 20 %. Au total, les études académiques représentent désormais 75 % des études interventionnelles menées en France.
Le nombre total d’études en France est passé de 2 402 en 2024 à 2 170 en 2025. La baisse est particulièrement marquée pour les études observationnelles à promotion académique (-18 %). L’AFCROs souligne qu’une partie de cette activité a pu être transférée vers des travaux exploitant les données du Health Data Hub, qui ne sont pas recensés dans ClinicalTrials.gov.
Les dispositifs médicaux davantage touchés que le médicament
Les études portant sur les dispositifs médicaux ont reculé de 15 % en 2025, contre 11 % pour les études sur les médicaments. Pour les dispositifs médicaux, la baisse concerne à la fois les études interventionnelles (-14 %) et observationnelles (-21 %).
L’AFCROs relie cette évolution aux exigences croissantes des règlements européens sur les dispositifs médicaux et les dispositifs de diagnostic in vitro (MDR et IVDR), qui réduisent l’intérêt de certaines études observationnelles traditionnellement utilisées dans ce secteur.
À l’inverse, dans le domaine du médicament, les études interventionnelles à promotion académique poursuivent leur progression alors que les essais industriels sont orientés à la baisse.
Oncologie et maladies rares : des positions consolidées
La France conserve également son leadership européen en oncologie. Tous types d’études, de produits et de promoteurs confondus, elle occupe la première place pour la sixième année consécutive avec 440 études recensées en 2025. Elle devance l’Italie (378 études) et l’Espagne (319).
La même dynamique est observée dans les maladies rares. Avec 73 études enregistrées en 2025, la France reste en tête devant l’Italie (57) et l’Espagne (52), malgré un recul global de l’activité dans l’ensemble des pays européens.
L’Espagne domine la recherche clinique industrielle
La hiérarchie européenne est différente lorsqu’il s’agit des études à promotion industrielle. Pour la troisième année consécutive, l’Espagne occupe la première place avec 631 études en 2025, devant l’Allemagne (582), le Royaume-Uni (572) et la France (522).
Selon l’AFCROs, cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large de déplacement des initiations d’essais cliniques du nord et de l’ouest de l’Europe vers les pays du sud, notamment l’Espagne, le Portugal et la Grèce.
Accélérer la mise en œuvre des essais pour regagner en compétitivité
Pour améliorer l’attractivité de la France dans les études à promotion industrielle, l’AFCROs identifie plusieurs leviers opérationnels :
- Réduction des délais d’autorisation.
- Ouverture plus rapide des centres investigateurs.
- Et accélération de l’inclusion des patients.
L’association cite notamment les dispositifs Fast-track et le contrat unique parmi les mécanismes susceptibles de renforcer la compétitivité française et estime que ces initiatives devraient être amplifiées.
Au-delà du cadre réglementaire, elle souligne également l’importance de l’interopérabilité, de la mise en œuvre de l’Espace européen des données de santé, de l’adoption de codes de conduite harmonisés et d’un accès facilité aux financements pour les start-up.
Ces conditions sont présentées comme des facteurs déterminants pour soutenir le développement industriel et l’accès aux thérapies innovantes.
