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  • Radiologie : le CNP rejette les conclusions de la CNAM et de l’IGF-IGAS

    60 % des passages aux urgences nécessitent un examen d’imagerie

    Le CNP dénonce une vision comptable menaçant l’accès et la qualité des soins

    Le Conseil National Professionnel (CNP) de radiologie et imagerie médicale, qui rassemble toutes les composantes de la radiologie française, a vivement réagi au dernier rapport « charges et produits » de la CNAM et à celui de l’IGF et de l’IGAS sur la « pertinence et efficience des dépenses de radiologie » . Les radiologues dénoncent des constatations jugées inexactes et des recommandations qui menaceraient l’accès, la qualité et la sécurité des soins.

    Le CNP rappelle que la radiologie constitue une activité de soins essentielle : dépistage, diagnostic, radiologie interventionnelle, suivi des maladies chroniques. Plus de 60 % des patients pris en charge en urgence nécessitent un bilan radiologique dès leur arrivée, permettant de réduire la durée de passage aux urgences. Le CNP souligne aussi le rôle central des radiologues dans les réunions de concertations pluridisciplinaires, notamment en cancérologie.

    Le CNP déplore l’inapplication du décret de 2022

    Le communiqué insiste sur la place de la radiologie interventionnelle, peu abordée dans les rapports officiels. Cette discipline contribue à la prise en charge des cancers, pathologies cardiovasculaires, neurovasculaires et traumatologiques. Depuis 2017, près d’un quart des internes complète sa formation par une option de Radiologie Interventionnelle Avancée (RIA). Les représentants regrettent que le décret d’autorisation de 2022 ne soit toujours pas appliqué.

    Le CNP souligne la nécessité d’un renouvellement régulier du parc d’imagerie pour garantir diagnostics précoces et réduction de l’exposition aux rayonnements. Les auteurs alertent aussi : sans modèle économique adapté, l’ambition de la France de devenir leader en intelligence artificielle médicale risque l’échec.

    Le CNP réclame plus de médecins formés pour répondre aux besoins croissants

    Autre préoccupation : le manque de radiologues. Le CNP appelle à augmenter les capacités de formation pour répondre aux besoins croissants liés au vieillissement et aux recommandations internationales. Les représentants dénoncent également la financiarisation du contrôle des plateaux techniques et la progression des actes réalisés par des firmes de téléradiologie commerciale, jugée dégradante pour la spécialité et dépourvue de contrôle de pertinence.

    Le communiqué est signé par plusieurs responsables : Pr Louis Boyer (CNP/G4), Pr Marie-France Bellin (SFR), Dr Jean-Philippe Masson (FNMR), Dr Thomas Martinelli (SRH) et Pr Christophe Aubé (CERF). Ensemble, ils affirment leur refus de voir leur discipline réduite à une lecture économique, loin de la réalité des soins quotidiens.

    Le CP annonce qu’un argumentaire plus détaillé sera prochainement publié.

  • Agents IA : un potentiel de 450 Mds $ d’ici 2028, mais seulement 2 % des entreprises les déploient à grande échelle

    Confiance en baisse : de 43 % à 27 % pour les agents d’IA totalement autonomes

    L’étude “Rise of agentic AI: How trust is the key to human-AI collaboration”, menée auprès de 1 500 dirigeants de grandes entreprises dans 14 pays, montre un paradoxe. Malgré un potentiel estimé à 450 milliards de dollars de retombées économiques d’ici 2028, seules 2 % des organisations ont déployé des agents d’IA à grande échelle. Deux dirigeants sur cinq jugent que les risques dépassent les bénéfices, citant des inquiétudes sur la confidentialité, les biais et le manque d’explicabilité. Néanmoins, les entreprises ayant déjà mis en place ces agents affichent une confiance supérieure de 10 points à la moyenne.

    Plutôt qu’un remplacement total, le modèle privilégié devient celui d’une collaboration. Près de 60 % des organisations prévoient de mettre en place dans les 12 prochains mois des équipes hybrides, combinant agents et collaborateurs. Les bénéfices attendus incluent une hausse de 65 % de l’engagement humain dans les tâches à forte valeur ajoutée, un gain de 53 % en créativité et une amélioration de 49 % de la satisfaction des collaborateurs.

    IA agentique : 80 % des entreprises jugent leur infrastructure encore immature

    25 % des processus pourraient être confiés à des agents d’IA en 2028

    Malgré l’enthousiasme affiché par 93 % des dirigeants, 80 % des entreprises pointent une infrastructure encore immature et près de quatre sur cinq un niveau insuffisant de préparation des données.
    D’ici 2026, seules 15 % des fonctions devraient intégrer des agents IA à un niveau semi-autonome ou autonome, un taux qui pourrait atteindre 25 % en 2028. Les premiers usages se concentreront sur le service client, l’informatique et les fonctions commerciales, avant de s’étendre aux opérations, à la R&D et au marketing. Le rapport appelle à dépasser l’effet de mode et à repenser les processus et modèles économiques. L’accent est mis sur la transformation organisationnelle et sur la recherche d’un équilibre entre autonomie des agents et implication humaine.

    Recommandations de Capgemini

    Pour dépasser l’effet de mode et passer à une adoption durable, Capgemini identifie plusieurs pistes :

    • Repenser les processus et les modèles économiques : Les entreprises doivent adapter leurs workflows afin d’intégrer les agents d’IA non comme de simples outils, mais comme membres d’équipe capables de gérer des processus de bout en bout.
    • Transformer l’organisation et les compétences : L’étude souligne la nécessité de réorganiser les structures pour accueillir ce nouvel acteur numérique :
      • Réallouer les responsabilités.
      • Intégrer les agents au sein de binômes humains-IA.
      • Mettre en place des programmes de reskilling pour limiter l’anxiété des employés (61 % d’entre eux redoutent un impact sur leur emploi).
    • Trouver l’équilibre entre autonomie et supervision humaine : Capgemini recommande un déploiement progressif, privilégiant les niveaux intermédiaires d’autonomie. L’objectif : garder les humains dans la boucle tout en augmentant la productivité et la créativité.
    • Consolider les fondations technologiques et de données : Avec plus de 80 % des entreprises signalant une infrastructure immature et moins d’une sur cinq se disant prête sur le plan de la donnée, l’institut insiste sur la priorité à donner à la qualité et à la gouvernance des données.
    • Intégrer éthique et transparence dès la conception : La mise en place de garde-fous (explicabilité, sécurité, respect de la vie privée, lutte contre les biais) est jugée essentielle pour instaurer la confiance et permettre aux agents d’atteindre un niveau d’autonomie plus élevé.

     

  • USA : UPMC et Redesign lancent Glimmer Health pour soutenir les médecins face aux douleurs chroniques des patients

    Un quart des Américains souffrent de douleurs chroniques

    UPMC Enterprises et Redesign Health annoncent la création de Glimmer Health, une nouvelle startup destinée à améliorer la prise en charge de la douleur chronique. Cette initiative ambitionne de pallier la pénurie de spécialistes, et de s’intégrer dans les pratiques de soins primaires. Aux États-Unis, un adulte sur quatre souffre de douleurs chroniques, en revanche il n’existe qu’un spécialiste pour environ 20 000 patients concernés. Glimmer propose aux médecins généralistes une solution numérique combinée à une équipe d’infirmières praticiennes formées à la gestion de la douleur. Ces professionnelles interviennent directement dans les cabinets, sur orientation médicale, et collaborent avec les praticiens pour développer des plans de soins personnalisés.

    Téléconsultation, soutien comportemental, coordination : le modèle de Glimmer Health se déploie 

    Selon le Dr Ajay Wasan, directeur médical de Glimmer et vice-président du département de médecine de la douleur à l’UPMC, environ 15 à 20 % des consultations de médecine générale concernent la douleur. Le modèle de Glimmer, fondé sur l’expérience des cliniques de l’UPMC, vise à alléger cette charge via une approche multimodale :

    • Téléconsultation spécialisée.
    • Soutien en santé comportementale.
    • Ressources pédagogiques.
    • Et coordination des parcours de soins.

    Glimmer Health choisit un déploiement dirigé par les médecins

    Contrairement à d’autres entreprises comme Sword Health ou Hinge Health, qui ont d’abord ciblé les employeurs et les organismes payeurs, Glimmer mise sur une stratégie de déploiement dirigée par les médecins. Ryan Schneiter, directeur général de Redesign Health, souligne que l’alliance entre expertise clinique et innovation technologique permet de combler un vide dans le système de santé américain.

    Déployée en premier lieu au sein du réseau UPMC, la solution Glimmer vise un élargissement progressif à l’échelle nationale. L’équipe opérationnelle comprend infirmières, gestionnaires de soins et travailleurs sociaux, tous formés à la douleur chronique. Le suivi patient s’intègre dans le dossier médical existant.

  • Décarbonation des industries de santé : un potentiel de réduction des émissions jusqu’à 72% d’ici 2050

    Empreinte carbone pour les médicaments : 9,1 MtCO₂e émises en France en 2023 selon The Shift Project

    The Shift Project, en partenariat avec la Cnam, le HCAAM et avec le soutien de MGEN, a publié ses rapports finaux « Décarbonons les Médicaments » et « Décarbonons les Dispositifs Médicaux ». Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du programme « Santé, climat, résilience ». Les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées à la production des médicaments consommés en France sont estimées à 9,1 MtCO₂e en 2023. La production des principes actifs pharmaceutiques représente 25% de ces émissions, avec une empreinte moyenne de 65 kgCO₂e/kg, largement supérieure à celle du ciment, en raison notamment de leur fabrication majoritaire en Asie et de la forte consommation énergétique des procédés. Les activités de R&D et les fonctions corporatives (essais cliniques, déplacements, consommation des bureaux) comptent pour 30% des émissions. Les gaz médicaux, tels que le protoxyde d’azote, génèrent quant à eux 7% des émissions. Les dispositifs médicaux représentent 7,4 MtCO₂e. La production des matières premières, notamment les 200 000 tonnes de plastique annuelles, mais aussi l’acier, l’aluminium et les composants électroniques, constitue la principale source d’émissions. Le transport, l’emballage, l’utilisation et la fin de vie des dispositifs ont un impact plus modéré mais significatif pour certains équipements électro-médicaux ou en cas de fret aérien.

    Leviers pour une décarbonation : -68 % possibles d’ici 2050

    Les projections du Shift Project estiment qu’en mobilisant l’ensemble des leviers, les émissions pourraient diminuer de 68% pour les médicaments et de 72% pour les dispositifs médicaux d’ici 2050, sans intégrer les augmentations attendues de consommation. Tous les maillons de la chaîne de valeur sont concernés :

    • Procédés de production : électrification de la production de vapeur industrielle.
    • Logistique : réduction du fret aérien pour l’importation des équipements.
    • Utilisation : recours à des instruments réutilisables, suppression des réseaux hospitaliers de distribution de protoxyde d’azote.
    • Essais cliniques : réduction du gaspillage et optimisation des cohortes.

    Des recommandations pour une transformation : -72 % d’émissions pour les dispositifs médicaux à l’horizon 2050

    The Shift Project recommande l’implication de tous les acteurs industriels, avec une gouvernance intégrée à la direction des entreprises. Plusieurs mesures transversales sont préconisées :

    • Mobiliser les fournisseurs (chimie, plasturgie, métallurgie, logistique, etc.) autour d’objectifs communs.
    • Relocaliser une partie de la production en Europe, permettant une baisse des émissions de 40 à 50% selon les zones.
    • Standardiser les méthodes de calcul de l’empreinte carbone et intégrer un critère environnemental minimal de 10% dans les évaluations.
    • Consolider la recherche académique avec des analyses de cycle de vie rigoureuses.

     

  • Mini‑invasivité, télémanipulation et guidage par l’image, les cas d’usage de la robotique chirurgicale

    De la mini‑invasivité à la télémanipulation : les trois piliers de la robotique chirurgicale

    Les cas d’usage en robotique chirurgicale couvrent des spécialités telles que l’urologie, l’orthopédie, la chirurgie générale ou encore oncologique. Les bénéfices cliniques sont importants : réduction des complications, durées d’hospitalisation raccourcies, précision et ergonomie pour les chirurgiens. Les données retours d’expérience montrent que ces technologies ne sont plus des prototypes, mais bien des pratiques cliniques éprouvées.

    Les modalités d’usage de la chirurgie robotique reposent sur trois approches complémentaires :

    • La chirurgie mini‑invasive coelioscopique ou vidéoscopique : qui permet d’accéder à des zones anatomiques complexes avec de très petites incisions, ce qui réduit la douleur post‑opératoire, les pertes sanguines et accélère la récupération des patients.
    • La télémanipulation, grâce à des consoles robotisées, offre au chirurgien une vision 3D haute définition et une amplification des gestes, tout en filtrant les tremblements et en réduisant la fatigue musculaire, améliorant ainsi la précision et la sécurité du geste opératoire.
    • Enfin, la robotique guidée par l’image : elle permet un positionnement millimétrique des instruments et le suivi de trajectoires prédéfinies, garantissant un alignement optimal et limitant les risques d’erreur. Ensemble, ces modalités élargissent le champ des interventions possibles et optimisent les bénéfices cliniques.

    Robots chirurgicaux : Moins de conversions vers la chirurgie ouverte, moindre saignement et réduction des infections post-opératoires

    Urologie : plus de 18 000 procédures RARP réussies par le Dr Vipul Pate

    • Prostatectomie radicale robot‑assistée (RARP) : La prostatectomie robot-assistée est devenue le standard de soin aux États‑Unis, remplaçant progressivement la chirurgie ouverte et la laparoscopie classique. Le Dr Vipul Patel, du Global Robotics Institute (AdventHealth, Floride), a réalisé plus de 18 000 procédures RARP à ce jour. Une revue extensive de 12 000 cas opérés par Patel montre des taux de continence de 77 % à 6 semaines post-opératoires et de 92 % à un an, avec des marges chirurgicales positives faibles (~6 % pour les cancers T2).
    • Néphrectomie partielle robot‑assistée (RAPN) : Une méta-analyse incluant 17 677 patients compare la RAPN à la néphrectomie partielle ouverte (CPN). Résultat : perte sanguine significativement réduite, hospitalisations plus courtes et taux de complications inférieurs, tout en préservant la fonction rénale sans différence de survie à 5 ans. Pour les tumeurs endophytiques complexes, une revue portant sur 8 572 patients montre que la RAPN présente une durée opératoire plus longue et une perte sanguine légèrement accrue, mais sans différence substantielle sur les marges positives ou les récidives locales

    Chirurgie générale et gynécologie

    Les interventions comme colectomies, cœlioscopies, hernies ou chirurgie bariatrique sont fréquente en mode robotique. Malgré un coût amorti plus élevé, les bénéfices en termes de récupération en font une voie prometteuse. Des revues récentes confirment moins de conversions à la chirurgie ouverte, moins de saignement et moins d’infections Dans la prise en charge des pathologies gynécologiques bénignes et malignes, l’hystérectomie robotisée a montré un impact sur la réduction des complications post-opératoires et sur la rapidité du retour à domicile.

    Orthopédie et cancérologie viscérale : la robotique  réduit les risques opératoires

    Le système Mako permet une planification 3D très précise des arthroplasties de hanche ou genou, réduisant les erreurs de positionnement et améliorant les résultats patient. Les robots orthopédiques réduisent la douleur post-opératoire, les complications et facilitent une récupération plus rapide Les systèmes tels que CyberKnife ou Epione (développé en France) permettent des abordages mini-invasifs et ultra‑ciblés pour traiter des tumeurs du foie, du pancréas ou du rein. Grâce à l’imagerie en temps réel et à la compensation des mouvements respiratoires, ces robots préservent au maximum les tissus sains environnants. Les patients bénéficient ainsi d’une réduction du risque opératoire et de séjours hospitaliers plus courts.

    Neurochirurgie, ORL et transplantation  –  une extrême précision

    La robotique ouvre de nouvelles perspectives en neurochirurgie et en ORL. Des systèmes comme PRECEYES permettent d’atteindre une précision extrême pour les chirurgies de la rétine ou l’implantation cochléaire. Cette précision garantit une plus grande régularité opératoire et une meilleure sécurité pour des interventions jusque-là considérées comme extrêmement délicates, notamment chez les enfants et patients fragiles. Les premières transplantations rénales et pulmonaires réalisées entièrement par robot démontrent la faisabilité de ces procédures même dans des cas très complexes, comme chez les patients obèses ou présentant des antécédents chirurgicaux lourds. La mini‑invasivité de ces approches réduit le traumatisme chirurgical.

    Confort des chirurgiens, hospitalisation réduite et précision, les bénéfices cliniques de la chirurgie robot-assistée sont documentés

    La robotique fait ses preuves malgré un coût initial élevé

    Une méta‑analyse publiée dans PLOS ONE, comparant 27 essais randomisés, montre que ces interventions entraînent significativement moins de saignements que la laparoscopie conventionnelle. Une autre revue rapporte une réduction des complications sévères (7,0 % contre 10,1 % en laparoscopie), notamment des fuites anastomotiques, soit une baisse absolue de 3,1 %. Par ailleurs, plusieurs méta‑analyses confirment que la robotique permet une réduction systématique des séjours hospitaliers de 2 à 3 jours en chirurgie gastro‑entérologique, urologique et gynécologique. La précision est également augmentée: en orthopédie, le système Mako SmartRobotics améliore l’alignement des implants et réduit les risques mécaniques ou de luxation, tandis qu’en urologie, l’usage de la fluorescence infrarouge lors des néphrectomies partielles robotisées optimise la préservation des tissus sains.

    Du côté des praticiens, des études utilisant les scores NASA‑TLX et les mesures EMG montrent une réduction significative de la fatigue physique et cognitive grâce aux consoles ergonomiques. Enfin, l’analyse de 14 ans de données de la FDA révèle que l’autonomie conditionnelle robotisée favorise des gestes plus homogènes et reproductibles, posant les bases d’une standardisation opératoire plus solide.

    Items Bénéfices observés
    Saignement et transfusions Réduction significative
    Complications postopératoires Moins fréquentes, taux de réadmission réduit
    Durée d’hospitalisation Séjours raccourcis
    Précision technique Alignement optimal
    Fatigue opérateur Moins de thérapeutiques, meilleure ergonomie
    Consistance des gestes Moins de variabilité chirurgicale, meilleure reproductibilité

     

    Catégorie Actes chirurgicaux  Bénéfices observés
    Chirurgie mini‑invasive Prostatectomie, hystérectomie, chirurgie digestive, chirurgie cardiaque Incisions réduites, moins de douleurs et d’infections, cicatrices minimes, récupération rapide
    Chirurgie orthopédique Pose de prothèses de genou, hanche, épaule Alignement optimal des implants, meilleure mobilité, réduction des reprises chirurgicales
    Neurochirurgie Implantation d’électrodes (Parkinson), ablation de tumeurs, biopsies stéréotaxiques Précision millimétrique, protection des zones saines, accès à des zones complexes
    Chirurgie cardiaque et thoracique Pontages coronariens, réparation de valves, ablation de tumeurs pulmonaires Moins d’ouverture du thorax, précision des sutures, réduction des complications
    Chirurgie ophtalmologique Chirurgie de la rétine (ex. injections sous-rétiniennes) Mouvements ultra‑précis, sécurité accrue pour des gestes délicats
    Téléchirurgie Interventions à distance (ex. zones isolées, urgences) Accès aux soins spécialisés sans déplacer le patient, gain de temps vital
    Chirurgie pédiatrique / néonatale Interventions sur des organes miniatures ou en espaces très réduits Adaptation aux petits volumes, réduction du traumatisme chirurgical

     

    @ Health & Tech Intelligence

     

     

  • 40 millions d’euros (France 2030) pour accélérer la robotique chirurgicale face aux disparités d’accès entre spécialités

    Un chirurgien opère une tumeur rénale à 8 000 km de son patient

    En vingt ans, la chirurgie robot-assistée a transformé la pratique chirurgicale en permettant des gestes plus précis et moins invasifs, avec des bénéfices prouvés en termes de réduction des pertes sanguines, de durées d’hospitalisation et de satisfaction des patients. En septembre 2024, un patient de 37 ans hospitalisé à Pékin a été opéré à 8 000 kilomètres de son chirurgien. Le Dr Alberto Breda, président de la Société Européenne d’Urologie, dirigeait l’intervention depuis Bordeaux grâce à un système de téléchirurgie. Les mouvements du robot qu’il pilotait à distance étaient retransmis quasi instantanément, avec un décalage mesuré à 132 millisecondes. Si le chirurgien se trouvait en France, une équipe médicale était physiquement présente en salle d’opération à Pékin pour assister le robot et intervenir en cas de besoin. Ce protocole a permis de sécuriser l’intervention, qui consistait en l’ablation d’une tumeur rénale.

    Cette opération n’est que la troisième de ce type réalisée dans le monde. La première avait eu lieu en 2000 entre New York et Strasbourg. La deuxième, en juillet 2024, a précédé celle-ci de quelques semaines seulement. Avant cette nouvelle prouesse, le Dr Breda s’était entraîné en février dernier en opérant à distance sur un animal depuis Orlando, alors que le robot se trouvait à Shanghai, soit 12 800 km de distance. Au-delà de l’exploit technique, le Dr Breda souligne les perspectives offertes par la téléchirurgie : non seulement opérer à distance, mais aussi former des médecins dans des régions où l’accès aux soins spécialisés est limité.

    IA : Le robot chirurgical SRT-H réalise sa première opération humaine complexe en autonomie

    Aux États-Unis, le Surgical Robot Transformer-Hierarchy (SRT-H) a retiré la vésicule biliaire d’un patient sans action directe d’un chirurgien, marquant une étape dans l’autonomie chirurgicale. Le robot SRT-H, conçu par l’université Johns Hopkins, a mené pour la première fois une opération chirurgicale complexe sans qu’aucune manipulation humaine ne soit nécessaire. Supervisé malgré tout par un chirurgien, il a retiré la vésicule biliaire d’un patient. Contrairement aux systèmes actuels qui nécessitent une commande manuelle, ce robot s’appuie sur des technologies d’IA lui permettant de s’autocorriger en temps réel si besoin.

    Équipé de deux bras préhenseurs, le SRT-H a été entraîné grâce à des vidéos d’interventions chirurgicales menées sur des animaux. Capable de répondre à des commandes vocales telles que « attraper la tête de la vésicule biliaire » ou « déplacer le bras gauche », il adapte ses gestes et apprend de ses corrections comme le ferait un interne guidé. Bien que plus lent qu’un chirurgien expert, il a atteint un niveau de précision jugé équivalent. Le robot a exécuté 17 étapes, de l’identification des canaux et artères au positionnement de clips et à la section de tissus, démontrant sa capacité à gérer une procédure imprévisible. Pour Axel Krieger, roboticien médical et concepteur du système, « nous passons de robots capables d’exécuter des tâches chirurgicales spécifiques à des robots qui comprennent véritablement les procédures chirurgicales ».

    L’IA propulse la robotique chirurgicale aux USA : l’exemple d’Intuitive Surgical

    D’après Axa Investment Institute, la robotique chirurgicale a déjà vu ses volumes d’intervention croître de 300 % en dix ans, et l’IA, désormais intégrée aux systèmes, promet d’élargir encore les usages, notamment grâce à des capacités de calcul démultipliées. La robotique chirurgicale bénéficie d’une accélération importante, bien que son taux d’équipement reste encore limité en dehors des États-Unis. Depuis 2024, Intuitive Surgical déploie une nouvelle génération de robots dotés d’une puissance de calcul 10 000 fois supérieure à la précédente, grâce à l’IA.

    Celle-ci permet non seulement de guider plus précisément les chirurgiens mais aussi d’anticiper et de corriger leurs gestes en temps réel. Le spécialiste américain de la robotique chirurgicale a multiplié par plus de quatre le nombre de procédures réalisées, passant de 570 000 en 2014 à 2,6 millions en 2024. L’évolution couvre désormais un large éventail d’interventions, de la chirurgie de la colonne vertébrale à l’ablation de tumeurs. Ces avancées reposent sur des innovations technologiques comme la vision haute définition, les capteurs sensoriels et la 5G, qui ouvrent la voie à des pratiques comme la téléchirurgie.

    Un usage inégal en France : 70 % des prostatectomies sont robot-assistées contre 7 % des hystérectomies

    En France, malgré une croissance du nombre de robots chirurgicaux, la diffusion reste inégale et freinée par l’absence de stratégie nationale de financement, souligne le dossier du Snitem publié au printemps 2025. Le nombre de robots installés dans les hôpitaux et cliniques français est passé de 135 en 2017 à environ 260 aujourd’hui. Pourtant, cette activité ne représente que 15,6 % des séjours dans les spécialités concernées (urologie, gynécologie, chirurgie digestive et thoracique). Selon l’Académie nationale de chirurgie, reprise par le Snitem, la répartition des équipements demeure hétérogène : certaines régions conservent un taux élevé de chirurgie ouverte, trente ans après l’introduction des voies mini-invasives. En urologie, 70 % des prostatectomies radicales sont désormais robot-assistées, contre seulement 7 % des hystérectomies et 5 % des prothèses de genou. L’accès reste donc très variable selon les spécialités et les territoires.

    Un besoin estimé à 16 robots pour couvrir les 13 GHT franciliens

    Les retours d’expérience soulignent des bénéfices pour les patients et les professionnels de santé. À Argenteuil, le robot a permis diminuer la pénibilité pour les chirurgiens. En orthopédie, le robot Rosa a montré une réduction des erreurs osseuses de 75 à 90 %. Lors du séminaire du 25 mars 2022, le Dr Jean-Claude Couffinhal (Académie nationale de chirurgie) a rappelé que la robotique conditionne l’avenir des hôpitaux généraux. Selon une étude commandée par l’ARS, 16 robots seraient nécessaires pour couvrir les besoins des 13 GHT franciliens. La petite couronne dispose déjà d’un robot pour 240 000 habitants, contre un robot pour 1,4 million en grande couronne, où la chirurgie ouverte reste trois fois plus fréquente. Le retard pèse sur la durée moyenne de séjour (+3 jours), soit environ 600 € par patient.

    Un Grand Défi de 40 M€ pour développer des robots chirurgicaux moins coûteux

    Le prix d’acquisition d’un robot Da Vinci varie entre 1 et 2 millions d’euros, auxquels s’ajoutent environ 150 000 € par an pour la maintenance et les consommables, ainsi qu’un coût de 1 500 à 2 000 € par intervention. Le Snitem insiste sur un obstacle important : l’absence de financements spécifiques. Les robots sont actuellement à la charge des établissements, sans valorisation tarifaire dédiée pour les actes réalisés. La procédure de création de nouveaux actes, longue et peu adaptée aux innovations hospitalières, accentue ces difficultés. Cette situation crée des disparités d’accès et ralentit la diffusion, alors même que la chirurgie robot-assistée contribue au développement de l’ambulatoire et à la maîtrise des coûts hospitaliers. Pour soutenir l’innovation, l’État a lancé un Grand Défi « Robotique en chirurgie / Bloc opératoire augmenté », doté de 40 millions d’euros dans le cadre de France 2030. Ce programme vise à favoriser le développement de robots moins coûteux, la co-conception entre ingénieurs et soignants, la structuration des données hospitalières et la création de tiers-lieux d’expérimentation.

    Jean-Claude Couffinhal, président de la commission Innovation de l’Académie nationale de chirurgie, appelle à une stratégie globale : financement dédié, certification et formation des chirurgiens, infrastructures de partage sécurisé des données et soutien à l’industrie française. Il alerte sur le risque pour la France d’être distancée par des pays en Europe comme le Danemark ou la Catalogne, déjà engagés dans des politiques de généralisation des pratiques mini-invasives.

    France 2030 : 40 M€ d’euros pour accélérer la robotique chirurgicale

    Seulement 5 % des chirurgies assistées par robot en France : le plan 2030 veut changer la donne

    Dans son plan France 2030, le pays consacre 7,5 milliards d’euros à la santé, dont une part à la robotique chirurgicale (40 millions). Seulement 5 % des interventions en France recourent aujourd’hui à l’assistance robotique, contre 10 % aux États-Unis. Le marché mondial de la robotique chirurgicale, évalué à 4 milliards d’euros en 2020, devrait croître de 15 % par an d’ici 2028. La France, forte de son excellence chirurgicale et de sa recherche, se positionne pour devenir un acteur de premier plan. La robotique chirurgicale s’étend déjà à de nombreuses spécialités : urologie, gynécologie, chirurgie cardiaque et vasculaire, digestive, orthopédique, thoracique, ORL et neurochirurgie. Elle repose sur des innovations allant de la microrobotique à la réalité augmentée, en passant par l’intelligence artificielle et la téléchirurgie. L’Observatoire robotique lancé par l’ARS en 2020 a confirmé la dégradation de l’activité chirurgicale dans les centres non robotisés, avec un risque de perte d’autorisations et d’équipes

    220 acteurs mobilisés pour bâtir la stratégie française en robotique chirurgicale

    De juillet à décembre 2023, 220 acteurs de l’écosystème MedTech – industriels, pôles de compétitivité, CHU, laboratoires, SATT, fédérations professionnelles et autorités sanitaires – ont contribué à identifier les priorités. Ces échanges ont permis de dresser un état des lieux et de proposer une feuille de route en 4 objectifs et 8 actions.

    Du coût à la formation : comment le Grand Défi veut lever les freins à la robotique chirurgicale

    Le Grand Défi « Développer les robots médicaux pour la chirurgie de demain », coordonné par la Direction générale des Entreprises (DGE) et l’Agence d’innovation en santé (AIS), vise à :

    • Rendre les robots chirurgicaux plus abordables et polyvalents.
    • Améliorer leur intégration en milieu hospitalier.
    • Faciliter l’accès au marché via des procédures adaptées.
    • Renforcer la formation des soignants et des ingénieurs.

    Les freins identifiés concernent :

    • Le coût élevé des robots et consommables (Pour contourner la barrière de l’investissement, certains hôpitaux comme Argenteuil ont opté pour des contrats au coût à l’acte – robot Versius de CMR -, réduisant la contrainte budgétaire et permettant de tester l’outil avant un engagement définitif).
    • La difficulté d’accès à des données hospitalières structurées.
    • La complexité réglementaire (MDR 2017/745).
    • La fragmentation des initiatives.
    • La lente adoption par les équipes hospitalières.
    • La pénurie d’ingénieurs spécialisés.

    Les 8 actions prévues

    • Appel à projets “innovations de rupture” (T2 2024) pour développer des robots moins coûteux et plus efficaces.
    • Appel à projets industrialisation (T3 2024) pour soutenir la production et la pré-commercialisation.
    • Création d’un référentiel national de données hospitalières en lien avec le Health Data Hub.
    • Tiers-lieux d’expérimentation hospitaliers pour favoriser la collaboration entre start-ups et soignants.
    • Plateforme nationale collaborative MedTech pour cartographier les acteurs et mutualiser les ressources.
    • Expérimentation sur les bonnes pratiques d’évaluation pour faciliter l’inscription au remboursement.
    • Formations des équipes hospitalières aux nouveaux robots et à leur impact organisationnel.
    • Programmes de sensibilisation des futurs ingénieurs au domaine des dispositifs médicaux.

    Le financement privé, frein au développement de la robotique chirurgicale en France

    Malgré des avancées et un marché mondial estimé à 218 milliards de dollars en 2023, la France reste en retrait en densité robotique en Europe, freinée par des difficultés d’accès aux financements privés. Certaines start-up françaises se distinguent. À Montpellier, Quantum Surgical développe Epione, un robot chirurgical dédié au traitement du cancer du foie. D’autres pépites illustrent ce potentiel comme eCential Robotics ou bien MinMax medical, mais leur nombre reste limité. La Fédération Française des Clusters de la Robotique (FFC) œuvre à la mutualisation des forces. Pourtant, selon Philippe Roussel, délégué général de la FFC, le financement reste un obstacle majeur : les fonds publics soutiennent le démarrage, mais les levées privées se heurtent à la frilosité des investisseurs, notamment dans le hardware. Le coût élevé des équipements, la complexité de la prise en charge des actes robotisés, les délais d’accès au marché, et les besoins de données hospitalières structurées complexifient le passage à l’échelle.

  • La Cnil autorise Agoria Santé à croiser données biologiques et données du SNDS pour neuf programmes de recherche

    Agoria Santé et Biogroup autorisés à coupler biologie et SND

    Pour la première fois, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) autorise l’association de données issues d’analyses biologiques avec celles du Système national des données de santé (SNDS). Cette décision marque une étape dans l’accès à des bases enrichies mobilisables pour des recherches d’intérêt public. Le projet est porté par Agoria Santé, consortium fondé par Docaposte (filiale numérique du groupe La Poste), AstraZeneca et Impact Healthcare, rejoint récemment par Takeda, et mené en partenariat avec le réseau de laboratoires Biogroup.

    Le SNDS, piloté par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), regroupe des données pseudonymisées couvrant le parcours de soins en France : remboursements médicaux, diagnostics, causes de décès, informations sur le handicap et la maternité. Agoria Santé s’appuie sur son entrepôt de données qualifié “système-fils SNDS”, une infrastructure homologuée par la Cnam, permettant d’accueillir et traiter ces informations dans un cadre sécurisé. Cet accès indirect repose sur des jeux de données pré-approuvés, adaptés à des thématiques de recherche spécifiques.

    Les données biologiques apportées par Biogroup couvrent un large spectre : biomarqueurs tumoraux, métabolites sanguins, dosages hormonaux. Croisées avec les historiques de soins et traitements du SNDS, elles offriront une granularité clinique inédite pour l’évaluation en vie réelle. Jusqu’à présent, les études issues du SNDS manquaient de détails cliniques. L’intégration des résultats biologiques permettra par exemple de relier des traitements à des marqueurs de réponse ou à des stades d’évolution de maladies.

    Neuf programmes de recherche validés par la Cnil

    La Cnil a validé neuf programmes qui bénéficieront de ces données enrichies. Ces projets pourront être portés par des acteurs académiques ou industriels, dans un cadre soumis à la réglementation. Ils couvrent notamment :

    • Les maladies cardio-vasculaires.
    • L’oncologie.
    • La fertilité.
    • Le diabète.
    • Les infections respiratoires.

    Pour Diane-Charlotte Baillet, directrice du consortium Agoria Santé ; “l’association de données de biologie aux données du SNDS ouvre des perspectives scientifiques majeures et répond à une attente forte des acteurs de la recherche, qui ont besoin de données cliniques pour compléter les données médico-économiques du SNDS”.

  • Psychiatrie : l’Unafam remet 48 propositions au ministre Yannick Neuder

    Le 10 juillet, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) a présenté ses recommandations au ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder. Après son manifeste pour l’abolition de la contention, l’association décline ses propositions selon trois priorités : agir précocement, promouvoir le rétablissement, rendre effectifs les droits.

    Vers un plan santé mentale et psychiatrie

    L’Unafam appelle à un plan interministériel sur le modèle des Plans Cancer ou Autisme, articulant prévention, soins et accompagnement dans la société. Selon elle, de nombreuses mesures, telles que l’éducation thérapeutique, la pair-aidance ou les équipes mobiles à domicile, pourraient être financées à moyens constants grâce à un transfert vers l’ambulatoire, réduisant de 50 % les hospitalisations complètes.

    Agir précocement : réduire l’errance et favoriser le diagnostic

    Pour 75 % des personnes vivant avec des troubles psychiques, le diagnostic intervient après plusieurs années. L’Unafam rappelle que la précocité de la prise en charge conditionne le pronostic. Elle propose notamment :

    • La création de numéros nationaux accessibles au grand public pour informer et orienter.
    • Le déploiement des Premiers Secours en Santé Mentale auprès de la population générale.
    • Une formation renforcée en psychiatrie pour les médecins généralistes et les pédiatres.
    • L’augmentation des centres spécialisés et des équipes mobiles pour les pathologies sévères.

    Promouvoir le rétablissement grâce à une psychiatrie ancrée dans la communauté

    L’association souligne que l’hospitalisation ne devrait pas constituer la principale porte d’entrée dans le soin. Elle appelle à une réorganisation territoriale de l’offre, fondée sur la proximité et la continuité. Les mesures proposées incluent :

    • Un accès rapide aux consultations spécialisées et la mise en place d’équipes de soins à domicile.
    • Une offre structurée de réhabilitation psychosociale.
    • Le développement de la psychoéducation pour les familles.
    • La reconnaissance et l’intégration réglementaire de la pair-aidance.

    Rendre effectifs les droits : dignité et alliance thérapeutique

    Alors que le Conseil de l’Europe a déjà alerté sur la difficulté d’accès aux droits pour les personnes vivant avec des troubles psychiques, l’Unafam dénonce des pratiques persistantes jugées contraires à la dignité. Elle recommande :

    • L’abolition de la contention, qualifiée de traitement inhumain par l’ONU.
    • La formation des soignants aux droits des patients et aux principes de la démocratie sanitaire.
    • La fin des mises en pyjama et des interdictions systématiques de téléphones et de visites.
    • Une meilleure association des familles, avec l’accord du patient, pour soutenir le parcours de soins.

    « Nous pouvons et devons modifier en profondeur le système de soins en psychiatrie », conclut l’association.

    Unafam. (2025). Santé mentale et psychiatrie 2025 : La note de position de l’Unafam sur les soins. [PDF]. Unafam. https://www.unafam.org/sites/default/files/fichiers-joints/06-2025/NoteDePositionSoins.pdf

  • Données synthétiques en santé : un sondage du Health Data Hub et de l’Inria pour cartographier les usages

    Alors que l’accès aux données de santé reste complexe, un sondage national vise à recenser les pratiques et besoins autour des données synthétiques pour la recherche, la formation et l’expérimentation en santé numérique.

    Un contexte de contraintes fortes sur les données de santé

    Face aux contraintes réglementaires qui limitent l’accès aux données réelles, les données synthétiques (jeux de données créés artificiellement par des modèles statistiques ou des algorithmes, souvent basés sur l’IA, et qui ont pour but d’imiter la structure et les propriétés des données réelles) représentent une solution alternative. Elles reproduisent certaines caractéristiques statistiques de données de santé existantes, tout en évitant de contenir des informations personnelles. Leur usage est envisagé pour la recherche, la formation ou encore les phases exploratoires de projets numériques en santé.

    Le Health Data Hub et l’Agence du programme santé numérique d’Inria ont lancé un sondage à destination des acteurs impliqués dans la production, l’expérimentation ou l’utilisation de données synthétiques. L’objectif est triple :

    • Mieux comprendre les pratiques actuelles.
    • Identifier les besoins de l’écosystème.
    • Et valoriser les initiatives déjà déployées.

    Les résultats doivent permettre de construire une vision commune et de nourrir des actions pour soutenir le développement de ces pratiques.

    Des initiatives déjà disponibles

    Plusieurs jeux de données synthétiques sont accessibles à la communauté :

    • CHU de Nantes : sept jeux de données issus de son entrepôt hospitalier, dans le cadre d’un projet pilote sur les facteurs de rupture d’anévrisme.
    • Health Data Hub (SNDS) : une base synthétique construite selon le schéma de la base principale du SNDS 2019, simulant environ 50 patients fictifs.
    • Health Data Hub (Top Diabète) : une base dédiée, créée dans le cadre de l’implémentation de l’algorithme Top Diabète, selon la cartographie des pathologies CNAM (version G8).

    Cette enquête devrait contribuer à consolider un socle de pratiques partagées et à renforcer la disponibilité de jeux de données adaptés aux besoins des chercheurs et porteurs de projets en santé numérique. Le Health Data Hub invite les acteurs à signaler d’autres ressources pour enrichir le référencement existant.

  • ICOPE : vers 2 millions de seniors dépistés d’ici 2027

    Icope (Integrated Care For Older People) est un programme à vocation internationale, destiné à repérer précocement les premiers signes de fragilité et de perte d’autonomie chez les seniors de 60 ans et plus. L’objectif est de leur proposer une prise en charge adaptée, afin d’éviter ou de retarder leur perte d’autonomie.

    Expérimentation du programme depuis 2020 : 77 000 seniors déjà suivis en France

    La démarche ICOPE s’adresse aux seniors considérés comme autonomes de 60 ans et plus. Son déroulement comprend 5 étapes :

    • Dépistage
    • Evaluation
    • Plan de soins personnalisé
    • Fléchage du parcours de soins et suivi du plan d’intervention
    • Intervention des collectivités et soutien aux aidants

    Introduit en France par l’institut hospitalo-universitaire (IHU) Healthage de Toulouse à partir de 2019, l’outil Icope avec ces cinq « steps » est expérimenté dans douze régions et trois départements d’outre-mer. Plus de 6 000 professionnels sont formés au test ICOPE. 77 000 personnes sont actuellement suivies et 69 000 alertes ont été générées à la suite du repérage. On estime que l’utilisation d’Icope permet d’éviter ou de retarder 40% des situations de dépendance.

    Lancement de la généralisation de l’étape 1 en juillet 2025

    Prévue par la loi du 8 avril 2024 sur le bien vieillir et l’autonomie et confirmée le 9 juillet dernier lors de la Conférence nationale de l’autonomie, la généralisation du programme a été officiellement lancée le 23 juillet pour ce qui concerne la phase 1 de dépistage. Cette première étape consiste à évaluer, seul ou avec l’aide d’un proche ou d’un professionnel, ses capacités fonctionnelles essentielles. Ce sont celles qui permettent d’effectuer facilement les tâches de la vie quotidienne : la mobilité, la nutrition, la mémoire, l’audition, la vision et la santé mentale.

    Pour réaliser cette autoévaluation, le senior se rend sur la plateforme « Mon espace santé ». Il est orienté, selon son lieu de résidence, vers l’une des trois applications numériques qui ont été développées dans le cadre des expérimentations en cours : Icope Monitor développé par l’IHU de Toulouse, Icope & moi du CHU de Tours, Digicope du CHU de Grenoble. Le site « sante.fr », porté par le ministère, donne des informations détaillées sur le contenu du programme et les moyens d’y accéder.

    La réalisation du test ne dure pas plus de 15 minutes. À la fin du questionnaire, un bilan des capacités fonctionnelles est affiché : « normal » ou recommandation d’effectuer une évaluation complémentaire auprès de son médecin traitant. Si une expérimentation est en cours et si nécessaire, un suivi par l’équipe projet peut se mettre en place. La mise en œuvre de cette étape 1 repose sur les agences régionales de santé (ARS), avec le soutien des dispositifs d’aide à la coordination existants.

    Les professionnels de santé comme les établissements sanitaires et médicosociaux seront informés de cette généralisation. Une communication de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) vers le grand public est prévue cet automne.

    ICOPE vise 2 millions de participants au repérage d’ici 2027

    À horizon 2026 : un outil national unique sera mis en place par l’Assurance Maladie et accessible sur « Mon espace santé ». Cette plateforme permettra d’envoyer des communications ciblées, de générer des messsages automatiques de rappel, ainsi qu’une information aux professionnels de santé de la personne. Objectif 2027 : inclure 2 millions de personnes dans le repérage. Cet objectif nécessite un important travail d’« aller vers », afin d’atteindre une population qui n’est pas naturellement portée vers le numérique. Actuellement seul un assuré de l’Assurance maladie de plus de 60 ans sur quatre a activé « Mon espace santé », ce qui est néanmoins plus élevé que le taux pour tous les âges confondus, qui n’est que de un sur cinq.

    Les autres étapes du programme seront généralisées progressivement et feront l’objet d’un suivi dans le cadre de groupes de travail. Un comité de pilotage national, coprésidé par les ministres des Solidarités, de la Santé et de l’Autonomie et dont la composition sera précisée par décret, veillera à l’organisation, l’évaluation et l’actualisation du programme.

     

    La brochure explicative du programme Icope : https://solidarites.gouv.fr/sites/solidarite/files/2025-07/Flyer-A4-Programme-ICOPE-2025.pdf 

    ICOPE en vie réelle, par l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Healthage de Toulouse : https://ihuhealthage.fr/fr/pilier-1-icope-cohorte-care-permettre-une-longevite-en-sante-pour-continuer-a-faire-ce-qui-est-important-pour-chacun/

    La page dédiée sur le site sante.fr https://www.sante.fr/programme-icope