Nabil

  • L’Andalousie modernise ses services de santé avec 35 M€ d’investissements numériques ciblés

    Hypertension, BPCO, vieillissement : Comorbidité en hausse de 9,48 %

    La région andalouse fait face à une série de défis : vieillissement rapide de la population, répartition territoriale inégale et prévalence croissante des maladies chroniques.

    • En 2023, la population de plus de 64 ans est deux fois plus nombreuse que celle de moins de 16 ans.
    • La prévalence de l’hypertension a atteint 20,81 %, et celle de la BPCO, 5,5 %, des taux supérieurs à la moyenne nationale.
    • La comorbidité a progressé de 9,48 % entre 2019 et 2023.

    Ces évolutions accroissent la demande de soins et complexifient la prise en charge

    À cela s’ajoute une maturité numérique inégale : bien que 63,8 % des Andalous de 16 à 74 ans disposent de compétences numériques de base, les usages liés à la santé en ligne restent modestes, en particulier l’accès aux données de santé personnelles et la prise de rendez-vous par voie numérique.

    Adoptée en décembre par le Conseil de Gouvernement de la Junta de Andalucía, l’Estrategia de Salud Digital de Andalucía 2030 (ESDA) s’appuie sur un processus participatif de grande ampleur. Plus de 1 000 personnes issues de la citoyenneté, du secteur public, des universités, entreprises technologiques et centres de recherche ont contribué à sa conception. Cette gouvernance collaborative s’est articulée autour de consultations publiques, questionnaires, interviews, journées de co-création et groupes de travail impliquant 15 plateformes, fédérations et associations nationales et régionales.

    35 M€ alloués à la santé numérique

    Pour répondre à ces tensions, la région accompagne cette transformation par une hausse de son budget santé, qui atteint 13,89 milliards € en 2024. Sur le volet numérique, les investissements récents ont permis le renouvellement de milliers d’équipements, l’amélioration des systèmes de virtualisation, ainsi que l’extension de l’usage d’applications comme Salud Andalucía ou ClicSalud+

    • 7,7 M€ en 2018 pour le renouvellement de plus de 11 500 équipements.
    • 26,5 M€ en 2020 pour la digitalisation et l’équipement des établissements.
    • 1,2 M€ en 2023 pour améliorer l’accès aux données cliniques en soins à domicile.

    IA, cloud, IoT, données… L’ESDA mise sur 7 piliers

    • Intelligence artificielle pour l’aide à la décision clinique, la détection d’anomalies et la gestion des données.
    • Espaces de données en santé et analytique avancée.
    • Internet des objets pour la télésurveillance.
    • Services en cloud pour l’interopérabilité.
    • Réalité virtuelle et augmentée pour la formation et les soins.
    • Automatisation des processus.
    • Renforcement des compétences numériques des professionnels et citoyens.

    La région andalouse dispose déjà d’une base numérique, avec plusieurs services déployés à grande échelle. Le dossier médical électronique unique Diraya permet la centralisation des données de santé au sein du système public. Côté citoyen, les applications mobiles Salud Andalucía (plus de 7,5 millions de téléchargements) et ClicSalud+ (18 millions d’accès en six mois) facilitent la gestion des rendez-vous, le suivi médical et l’accès aux documents de santé. L’Andalousie est également connectée à l’espace européen de santé numérique grâce à l’EU-Patient Summary, qui permet le partage d’informations cliniques entre pays, et à la Receta Electrónica Europea, qui autorise la dispensation de médicaments dans d’autres États membres.

  • Etude : l’association entre l’IA et l’expertise humaine améliore la qualité des données (Annals of oncology)

    Publiée en décembre 2025 dans Annals of Oncology, l’étude* montre que l’IA réduit les erreurs par rapport aux méthodes manuelles, et que son association à une relecture humaine ciblée améliore encore la fiabilité des données tout en accélérant leur collecte.

    Extraction des données : l’enjeu de l’automatisation

    La recherche clinique en oncologie repose sur l’exploitation de volumes croissants de données issues de dossiers médicaux hétérogènes, majoritairement non structurés. Leur extraction reste grandement manuelle et mobilise fortement les équipes de recherche clinique, avec des pratiques variables selon les centres. Dans une interview précédente à HTI, le Pr Fabrice André, directeur de la recherche à l’IGR, soulignait que la complexification des essais cliniques, marquée par une inflation des procédures et des tâches de recueil, fragilise leur faisabilité et leur équité. Il plaidait pour une automatisation ciblée de l’opérationnel afin de simplifier les processus sans compromettre la qualité scientifique. L’étude publiée dans Annals of Oncology s’inscrit dans cette logique, en comparant de manière structurée différentes méthodes d’extraction de données cliniques.

    Une étude française pilotée par l’IGR

    L’étude rétrospective a été conduite dans le cadre de la cohorte LUCC (Large & Unified Cancer Cohort), consacrée au cancer du poumon. Parmi les 10 000 patients de la cohorte, 311 issus de 10 centres publics et privés ont été sélectionnés aléatoirement. Les chercheurs ont analysé 31 variables cliniques, incluant des données démographiques, des facteurs de risque, des biomarqueurs génomiques et les traitements. Trois approches ont été comparées à partir des mêmes comptes rendus médicaux pseudonymisés : une extraction manuelle réalisée par des attachés de recherche clinique expérimentés, une extraction automatisée par intelligence artificielle et une approche hybride combinant extraction par IA et relecture humaine ciblée. Pour chaque variable, les valeurs extraites ont été comparées. En cas de divergence, un professionnel senior de la recherche clinique, supervisé par des oncologues et aveugle à la méthode utilisée, a établi la valeur de référence.

    Résultats : Deux fois moins d’erreurs grâce à l’IA

    • Taux d’erreur global : 14,2 % pour l’extraction manuelle, contre 7,0 % pour l’IA seule, soit deux fois moins d’erreurs.
    • Approche hybride : le taux d’erreur descend à 4,4 % lorsque l’IA est associée à une relecture humaine ciblée, après révision d’environ 30 % des cas jugés incertains.
    • Efficacité opérationnelle : l’approche hybride permet un traitement des données quatre fois plus rapide que l’extraction strictement manuelle.
    • Homogénéité multicentrique : l’IA réduit la variabilité des données extraites entre centres, par rapport à la saisie manuelle.
    • Variables complexes, notamment génomiques : l’IA extrait ces données avec une fiabilité supérieure à la saisie manuelle, avec un taux de concordance atteignant 0,97, contre 0,86 pour l’extraction réalisée par des professionnels.
    • Analyses de survie : les analyses de survie globale et sans progression réalisées à partir des données extraites par IA sont proches de la valeur de référence définie par expertise humaine.

    Les auteurs indiquent que l’extraction automatisée par intelligence artificielle présente donc une précision plus élevée et une variabilité inter-centres plus faible que l’extraction manuelle, et que l’approche hybride permet d’atteindre le meilleur compromis entre qualité des données et efficacité opérationnelle. Selon eux, ce mode d’organisation, dans lequel l’IA réalise l’extraction initiale et oriente l’intervention humaine vers les cas les plus complexes, pourrait faciliter la constitution de cohortes multicentriques de grande taille et élargir la participation de centres disposant de ressources limitées. Dans une interview précédente à HTI, le Pr Fabrice André rappelait que « si l’on n’a pas l’infrastructure pour délivrer, on ne peut rien faire ». Pour les auteurs, les résultats de l’étude suggèrent que la performance des essais cliniques dépend par conséquent aussi de la manière dont les données sont produites et structurées en amont, et pas uniquement des analyses réalisées a posteriori.

    * Next-Generation Multicenter Studies: Using Artificial Intelligence to Automatically Process Unstructured Health Records of Patients with Lung Cancer across Multiple Institutions

    M. Aldea, L. Zullo, V. Levrat, J. Bennouna, S. Schneider, O. Mercier, E. Mougenot, E. Bergot, C. Dujon, N. Cloarec, C.Audigier Valette, A. Nuccio, M. Deloger, C. Helissey, S. Simon, A. Carpentier, A. Djarallah, P. Rolland, J.C. Louis, L. Ancillon, B. Vignal, F. Rambaud, P. Tessier, L. Chuttoo, K. Siby, A. Poplu, K. Zarca, S. Michiels, F. Barlesi, F. Le Ouay, B. Besse

    Annals of Oncology, publication en ligne le 15 décembre 2025

    https://www.annalsofoncology.org/article/S0923-7534(25)06320-3/abstract

     

  • Usage de la téléconsultation : les pays européens avancent à plusieurs vitesses

    jusqu’à 35 % des consultations à distance, mais seulement 1 % en Allemagne

    Une adoption contrastée selon les pays européens

    La téléconsultation, bien adoptée durant la pandémie de COVID-19, s’est depuis stabilisée à des niveaux élevés dans plusieurs pays européens. En Estonie, elle représente désormais plus d’une consultation sur trois. Le Portugal, la Suède et le Danemark suivent de près, avec environ 25 % des consultations médicales réalisées à distance. L’Espagne atteint également un taux significatif, avec un peu plus de 20 %. Elle reste une partie intégrante et régulière des systèmes de soins.

    Ces pays partagent plusieurs éléments structurels favorables :

    • des systèmes de santé disposant d’infrastructures numériques solides,
    • un remboursement encadré et incitatif,
    • et une intégration de la téléconsultation dans l’organisation habituelle des soins.

    Une utilisation marginale en France et en Allemagne

    À l’inverse, d’autres pays, pourtant dotés de systèmes de santé développés, peinent à maintenir un usage aussi fort de la téléconsultation. En France, seulement 4 % des consultations sont réalisées à distance. En Allemagne, ce chiffre tombe à 1 %, traduisant un recours quasi résiduel.

    Plusieurs facteurs expliquent ces niveaux.

    • L’attachement historique aux consultations en présentiel.
    • Une régulation plus stricte
    • Et une confiance moindre dans les outils numériques (par exemple en  Allemagne).

    Les déterminants structurels de l’implantation durable

    L’essor de la téléconsultation repose sur des choix structurels. Son maintien dans les systèmes de santé dépend des décisions politiques, des capacités technologiques disponibles et de l’adhésion des professionnels de santé. Les pays ayant développé des dossiers médicaux électroniques, des plateformes interopérables et des mécanismes de financement stables sont ceux où la pratique s’est le plus consolidée.

  • « On a reproduit ce qui avait bien fonctionné dans la vague une du Ségur » : Comment Hopital Manager (le DPI de Softway Medical) a-t-il fait la différence ?

    Hopital Manager devient le premier DPI référencé

    L’Agence du Numérique en Santé (ANS) a officiellement référencé Hopital Manager, le dossier patient informatisé (DPI) édité par Softway Medical, comme premier logiciel conforme à la vague 2 du Ségur numérique. Avec 1 300 établissements équipés (CHU, GHT, ESPIC et cliniques privées), l’éditeur digitalise aujourd’hui près de 30 % des parcours de soins hospitaliers en France.

    Ségur du numérique : un passage pour accéder aux financements publics pour les éditeurs

    Lancé en 2021 avec 2 milliards d’euros d’investissement, le Ségur du numérique vise à fluidifier le partage des données de santé entre professionnels et usagers. Pour les entreprises du numérique en santé, le Ségur offre l’opportunité de faire référencer leurs logiciels par l’ANS, condition pour bénéficier des financements SONS de l’Etat. Le référencement ouvre aussi l’accès à d’autres dispositifs (forfait structure, exigences COFRAC, etc). La vague 2, en cours, complète la première en renforçant l’intégration des documents reçus via MSSanté et la consultation du DMP, et en étendant le périmètre à de nouveaux professionnels et logiciels.

    Un DPI modulaire, conçu avec les établissements pour répondre aux besoins du terrain

    Hopital Manager est un système d’information, conçu pour accompagner les établissements de santé dans la gestion numérique du parcours de soins. La solution intègre des fonctions comme la gestion des admissions, la prescription, en passant par le pilotage des activités médicales et la facturation. “On gère la totalité du spectre d’un système d’information hospitalier […] dans tous les rouages et dans tous les services, que ce soit administratifs, médicaux ou médico-techniques” déclare Carmen Giannucci. Multi-établissement et multi-entités juridiques, sa conception modulaire permet de s’adapter aux structures de tailles et de natures variées : CHU, clinique privée, groupements hospitaliers, etc. Le référencement Ségur V2 atteste donc de la compatibilité avec les services socles (INS, DMP, MMSanté, Pro Santé Connect).

    Hopital Manager dispose d’autre fonctionnalités, développées avec les établissements partenaires et utilisateurs sur le terrain.

    No-code (pour la personnalisation) et IA générative (pour les CR) ouvrent de nouveaux usages

    Hôpital Manager a été conçue dès l’origine pour répondre à la complexité des organisations hospitalières. Déployé dans les secteurs public et privé, il prend en charge aussi bien les activités MCO que la santé mentale, le SMR ou encore les lits d’EHPAD. Sotfway Medical insiste sur un développement centré sur les usages, construit en lien avec les utilisateurs métiers.

    L’entreprise met, par exemple, à disposition des DSI une plateforme de développement de type « no-code », qui permet aux établissements de santé de modifier ou d’enrichir les fonctionnalités du DPI Hôpital Manager sans recourir à des développeurs. Ce dispositif renforce l’autonomie technique des structures, et répond à une demande de personnalisation des outils numériques. Les établissements peuvent donc ajuster leurs environnements logiciels au terrain, tout en gardant un socle standard.

    Aussi, le groupe intègre les technologies d’IA générative. Basées sur des modèles de langage (LLM), les premières applications permettent de générer automatiquement des résumés cliniques (CR de consultations médicales ou de passages aux urgences) à partir des données du DMP. Ce travail de synthèse automatique allège la charge documentaire des médecins.

    Une task force dédiée, composée de 200 experts

    Dès le lancement du Ségur du numérique en santé, Softway Medical a mis en place une organisation spécifique (calquer sur les modèles industriels) pour répondre aux exigences du programme. “On a reproduit ce qui avait très bien fonctionné dans la vague une du Ségur” affirme Carmen Giannucci. Pour une meilleure exécution, le groupe a constitué une task force structurée par domaines — développement, sécurité, juridique-financier, déploiement. Cette organisation transversale, coordonnée par la responsable, a permis d’anticiper les contraintes du calendrier réglementaire et de respecter les délais. Ce modèle, reproduit pour la vague 2, a permis à l’entreprise de travailler simultanément sur plusieurs couloirs, dont celui de l’hôpital, et de mutualiser les outils et les méthodes.

    Un hébergeur aguerri aux exigences de sécurité

    La vague 2 du Ségur marque une transition vers un usage plus ergonomique et opérationnel du DMP, avec un accent mis sur la consultation (en plus de l’alimentation). Carmen Giannucci indique avoir anticipé cette évolution en initiant, il y a deux ans, des travaux sur la visualisation des documents externes. Hébergeur de données de santé certifié depuis 2011, l’éditeur maîtrisait déjà les exigences de sécurité attendues pour cette seconde vague. Les tests d’intrusion et contrôles associés n’ont donc pas constitué de difficultés.

    Résultats : un calendrier maitrisé de bout en bout, sans demande de report

    L’une des principales difficultés évoquées n’a pas été technique, mais liée au cadre spécifique du Ségur, à savoir que les éditeurs ne sont pas seuls décideurs du calendrier. L’avancement est conditionné par des arrêtés réglementaires et un contrôle strict des livrables par des auditeurs externes. Dans ce contexte, la qualité du dialogue entre éditeurs et autorités a été essentielle. Bien que l’absence de contact direct avec les auditeurs, lors des phases de dépôt de preuves, ait parfois allongé les délais de validation, la tenue de sessions d’échange bimensuelles entre les instances et les éditeurs a contribué à fluidifier le processus.

    Nexus/France rejoint la liste avec sa solution Emed

    Il y a quelques jours, c’était au tour de la société Nexus/France d’être référencé Ségur V2. Nous apprenions via une publication LinkedIn que la solution Emed est désormais le deuxième DPI officiellement référencé dans le cadre de la deuxième Vague du Ségur. Rappelant, via Jean Christophe Turbatte (directeur du programme Ségur à l’ANS), que “les dépôts de preuves s’accélèrent” et que “plus de la moitié des solutions candidates ont désormais franchi le seuil des 80 % d’avancement”.

    Le calendrier fixait au 15 décembre 2025 la 1er date limite de dépôt des dossiers de référencement des DPI. La 2ème date limite de dépôt de dossier est fixée au 31 mars 2026 (arrêté du 9 décembre 2025), marquant ainsi la fin du Ségur numérique pour les éditeurs concernés.

  • Cancers : le registre national est lancé

    Ce décret vient en application de la loi du 30 juin 2025 “visant à mettre en place un registre national des cancers”, issue d’une proposition de loi déposée en avril 2023. Le député Yannick Neuder salue sur X la mise en œuvre d’un projet qu’il a porté en tant que ministre de la Santé, “créant enfin un outil national structurant au service des patients, de la recherche et des politiques publiques”. Circonspecte dans sa délibération datée du 11 décembre, la Cnil a obtenu plusieurs modifications du texte.

    Un outil de centralisation des données

    Le registre a pour objet de “centraliser les données populationnelles relatives à l’épidémiologie et aux soins dans le domaine de la cancérologie et qui concernent les personnes entrant dans un dispositif de prévention ou de dépistage d’un cancer, suspectées d’être atteintes d’un cancer, bénéficiant de soins relatifs au cancer ou étant ou ayant été atteintes d’un cancer”.

    Il s’agira de “recueillir au moins annuellement et systématiquement les données populationnelles” en question, de les “rassembler, apparier et pseudonymiser” dans une base de données, de permettre à l’Institut national du cancer de conduire des études “dans le cadre de ses missions d’observation et d’évaluation du dispositif de lutte contre le cancer”. L’outil pourra ainsi contribuer “à la recherche, aux études, à l’évaluation et à l’innovation dans le domaine de la cancérologie”, ainsi qu’à “la surveillance de l’état de santé des populations”, et à “la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques relatives à la lutte contre le cancer”.

    11 catégories de données concernées

    Le décret liste 11 catégories de données susceptibles d’être traitées dans le registre, des données d’identification, mais aussi les résultats d’examens et d’analyses, les caractéristiques des tumeurs, les caractéristiques “sanitaires, médico-sociales et financières de la prise en charge des soins et prestations” servies par les organismes d’assurance maladie obligatoire, ainsi que des informations liées aux expositions et aux maladies professionnelles ou “relatives aux déterminants sociaux et environnementaux”.

    Les données concernées seront issues de neuf catégories de sources, la base principale du SNDS mais aussi les registres locaux des cancers et leur base de données commune “dont l’Institut national du cancer assure l’hébergement et la responsabilité de traitement”. Seront également mis à contribution les entrepôts de données de santé à des fins de recherche, de cohortes ou de registres mis en œuvre par “un ou plusieurs établissements de santé publics ou privés, ou tout organisme collectant des données intéressant pour tout ou partie le domaine de la cancérologie” et les bases de données “constituées dans le cadre de projets de recherche, d’essais cliniques, d’études, d’évaluations”.

    Les données seront conservées pendant une durée maximale de 24 mois s’agissant des données “directement identifiantes”, “vingt ans à compter de la dernière inclusion des données concernant une même personne s’agissant des autres données”. Dans le projet de décret transmis à la Cnil.

    Création d’un “comité scientifique et éthique”

    Le décret précise qu’un “comité scientifique et éthique du registre national des cancers” est mis en place par l’Institut national du cancer avec pour missions de “veiller à la cohérence de la stratégie scientifique” portée dans le cadre du registre , de “rendre un avis sur un rapport scientifique annuel” du registre “avant sa présentation au conseil d’administration” de l’Inca, et enfin d’”évaluer et rendre des avis sur les protocoles qui lui sont soumis préalablement à l’accès aux données du registre national des cancers pour mettre en œuvre une recherche, étude ou évaluation dans le domaine de la cancérologie”.

    La Cnil obtient plusieurs avancées en matière de protection des données

    La Cnil estimait dans sa délibération datée du 11 décembre que “la nécessité et la proportionnalité de collecter certaines données dans le registre national n’ont pas été suffisamment justifiées”. Soulignant que les traitements induits “conduiront à la collecte et au traitement de données particulièrement sensibles”, elle demandait notamment que “trois garanties” soient être ajoutées dans le décret, “applicables à l’ensemble des traitements envisagés” , à savoir “l’hébergement des données sur le territoire de l’Union européenne”, “l’interdiction de transferts en dehors de l’UE, sauf accès ponctuel”, et la nécessité de sélectionner des prestataires “présentant des garanties à l’encontre de tout accès par des autorités publiques d’État tiers non autorisées”. Elle n’a obtenu que la première garantie.

    Si le ministère s’est engagé à ce que l’hébergement des registres soit réalisé par des prestataires certifiés « hébergeur de données de santé », la Commission rappelle, que les critères de certification “ne comportent pas de garanties similaires à celles prévues par la certification ‘SecNumCloud’” de l’Anssi.

    La Cnil juge par ailleurs que n’est “pas suffisamment justifiée” la nécessité de collecter la date de naissance complète des patients, l’adresse de résidence précise, les données identifiantes des professionnels de santé ayant pris en charge des patients, l’identifiant permanent du patient (IPP) ou l’identifiant de l’épisode de soin (IEP). Elle a obtenu que les “données directement identifiantes” soient traitées “exclusivement à des fins de recueil exhaustif des cas de cancers et d’appariement en l’absence du numéro d’inscription au répertoire d’identification des personnes physiques”.

    La Cnil a également obtenu que l’INCa soit chargé de réaliser l’appariement, après pseudonymisation des données “dans un environnement d’intégration spécifique comprenant des mesures de sécurité techniques et organisationnelles renforcées afin de garantir un cloisonnement par rapport à l’entrepôt de données de santé”. S’étonnant d’une durée maximale de conservation des données de “cinquante ans à compter de la dernière inclusion de donnée relative à une personne”, la Cnil l’a jugée “particulièrement longue” et obtenu qu’elle soit ramenée à vingt ans.

    Décret: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053177576

    Délibération Cnil: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053178125

    Loi: https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000047691860/

     

  • Le CNOM lance un livre blanc pour refonder le système de santé à l’horizon 2027

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) a réuni à deux reprises les élus syndicaux et professionnels représentatifs de la médecine (libéraux, hospitaliers, salariés, universitaires, jeunes médecins et étudiants) pour initier une démarche unitaire. Cette mobilisation se veut une réponse aux mutations du système de santé, jugées insuffisamment anticipées par les politiques publiques, et à une gestion perçue comme guidée par des logiques “comptables” et “court-termistes”. Le Cnom défend l’élaboration d’une vision commune de la santé, articulée autour des principes déontologiques : liberté d’exercice, indépendance professionnelle et qualité des soins pour tous.

    Le Conseil souligne que l’indépendance médicale n’est pas un privilège, mais une condition essentielle à des décisions prises dans l’intérêt exclusif des patients, à l’abri de toute pression externe, qu’elle soit administrative, économique ou organisationnelle.

    Une feuille de route jusqu’à 2027

    Dans la perspective des échéances électorales de 2027, le Cnom souhaite faire émerger des propositions de réforme de long terme. L’objectif est de poser les bases d’un nouveau pacte de santé. Un livre blanc, rédigé par les médecins, étudiants et internes, sera publié à l’automne 2026. Il visera à formaliser une plateforme de propositions à soumettre aux décideurs politiques. Sa préparation sera jalonnée de plusieurs temps forts dès le premier semestre 2026 :

    • Organisation de 103 forums départementaux pour recueillir les réflexions locales ;
    • Réunions régionales autour de l’organisation des soins et de la prise en charge des patients ;
    • Assises nationales de la représentation médicale ;
    • Enquête nationale auprès des 330 000 médecins ;
    • Séminaire des élus ordinaux, enrichi par les contributions d’un groupe d’experts ;
    • Création d’un think tank, qui mènera des auditions régulières d’acteurs du système de santé.

    Par cette initiative, le Conseil ambitionne de redonner sens à l’action médicale dans une logique d’intérêt général.

  • Accès aux soins, santé publique, pratiques professionnelles : quelles réformes en vigueur depuis le 1er janvier ?

    Soins sans prescription, prévention renforcée, taxation modulée

    Une nouvelle taxe sur les édulcorants

    Depuis le 1er janvier 2026, la taxe sur les boissons édulcorées a été réformée dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) 2025. Elle repose sur un barème progressif calculé selon la teneur en édulcorants de synthèse : 4,5 €/hectolitre pour les boissons contenant jusqu’à 120 mg/l, et 6 €/hectolitre au-delà. Ce dispositif vise à limiter l’usage des édulcorants en substitution du sucre.

    Infirmiers : extension du rôle et consultations élargies

    Le décret du 24 décembre 2025 modifie le rôle des infirmiers. Ils peuvent désormais initier certains soins relevant de leur rôle propre sans prescription, réaliser des consultations incluant bilan clinique et diagnostic infirmier, prescrire certains produits de santé et examens complémentaires, et assurer la prise en charge autonome des plaies simples. Ces mesures renforcent leur implication dans la coordination des parcours, la prévention, l’éducation à la santé et la vaccination.

    Une nouvelle version du carnet de maternité en mars

    Un arrêté publié le 24 décembre 2025 annonce une nouvelle version du carnet de maternité à partir du 1er mars 2026, conforme aux recommandations du Haut Conseil de la santé publique. Cet outil de prévention intègre des informations médicales partagées et des ressources pour le suivi de la grossesse et du post-partum.

    Déploiement du registre national des cancers et nouvelles garanties pour les usagers de santé

    Détection de la soumission chimique : expérimentation en quatre régions

    Un décret du 1er janvier 2026 lance une expérimentation de trois ans dans les régions Hauts-de-France, Île-de-France, Pays de la Loire et Guadeloupe pour le remboursement des examens de biologie médicale destinés à détecter une soumission chimique, sans nécessité de dépôt de plainte. Ce dispositif, s’appuyant sur le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS), permet aux personnes munies d’une ordonnance d’effectuer ces analyses en laboratoire.

    Remboursement élargi des prothèses capillaires

    Dans le cadre du dispositif « 100 % santé », une nouvelle nomenclature des prothèses capillaires entre en vigueur. Classées en quatre catégories selon leur qualité et composition, les classes I et II sont désormais intégralement prises en charge, tandis que les classes III et IV bénéficient d’un meilleur remboursement, réduisant le reste à charge.

    Eau potable : renforcement du contrôle sanitaire

    Le contrôle sanitaire de l’eau potable, assuré par les ARS, est renforcé à partir de 2026. Le programme d’analyses, ses modalités d’adaptation et la fréquence des prélèvements sont révisés pour se conformer aux normes européennes. La liste des paramètres analysés s’élargit, avec l’intégration de nouveaux contaminants comme les PFAS ou les acides haloacétiques.

    Registre national des cancers

    Instauré par la loi du 30 juin 2025, un registre national des cancers est mis en place le 1er janvier 2026. Piloté par l’Institut national du cancer, il centralise les données issues des registres existants, des soins, du dépistage et des analyses biologiques. Les données, strictement sécurisées, serviront à suivre les parcours des patients, détecter les inégalités territoriales, améliorer les politiques de dépistage et soutenir la recherche.

    Revalorisation des actes médicaux et forfaits

    La convention médicale de 2024 prévoit plusieurs revalorisations à partir du 1er janvier 2026, ciblant notamment les spécialités de pédiatrie, gériatrie, psychiatrie, gynécologie médicale, dermatologie et les urgences. Des majorations spécifiques concernent les consultations longues des patients de plus de 80 ans ou les visites à domicile dans le cadre du service d’accès aux soins (SAS). Un nouveau forfait unique est introduit pour les médecins généralistes, ajusté selon la taille et les caractéristiques de leur patientèle. L’ensemble de ces mesures représente une dépense annuelle supplémentaire de 350 M€, prévue dans le PLFSS 2026. Par ailleurs, l’avenant 21 pour les orthophonistes libéraux permet la généralisation de la plateforme « Prévention et soins en orthophonie ». Côté chirurgie dentaire, des mesures de la convention de 2023 entrent en vigueur pour renforcer la prévention et l’accès aux soins bucco-dentaires.

  • 77 % des algorithmes d’IA approuvés par la FDA en 2025 relèvent de la radiologie, mais peu sont cliniquement évalués

    Une domination de la radiologie

    En 2025, la radiologie concentre 77 % des autorisations de dispositifs médicaux embarquant de l’intelligence artificielle aux États-Unis, selon la dernière mise à jour de la FDA.

    • La cardiologie arrive en deuxième position,
    • suivie par la neurologie, qui progresse.

    Toutefois, nombre de ces solutions dites « radiologiques » sont en réalité utilisées dans d’autres spécialités cliniques, comme l’oncologie ou la médecine cardiovasculaire, en raison de leur nature image-guidée. Une classification plus fine de la FDA est attendue pour refléter les usages réels.

    @JAMA Netw Open – FDA Approval of Artificial Intelligence and Machine Learning Devices in Radiology A Systematic Review

    Peu de dispositifs (29%) évalués avant autorisation

    Une étude* publiée le 7 novembre dans JAMA Network Open souligne que la majorité de ces dispositifs d’IA n’ont pas fait l’objet d’une évaluation clinique rigoureuse. Sur les 723 dispositifs d’imagerie homologués entre novembre 1995 et juin 2024, 717 disposaient d’une documentation publique : seuls 208 (29 %) ont été testés cliniquement. Moins de 10 % ont été évalués sur des humains, et seulement 5 % de manière prospective. Les auteurs de l’étude, dont Ram Sivakumar (Institut de radiologie Mallinckrodt, université Washington de St. Louis), relèvent qu’à peine 15 dispositifs ont été testés à la fois de façon prospective, clinique, et sur des humains. La grande majorité des autorisations repose sur la procédure 510(k), qui ne requiert pas de données cliniques indépendantes démontrant les performances ou la sécurité du dispositif.

    Les chercheurs appellent à une gouvernance institutionnelle renforcée pour valider la qualité des tests réalisés et vérifier que les dispositifs fonctionnent comme attendu. Ils recommandent également d’intégrer des cadres réglementaires post-market, à l’image de l’évaluation des technologies de santé en Europe, afin de mieux cerner la valeur clinique et économique des solutions d’IA.

    Des géants du MedTech dominants, mais sous pression

    Les entreprises en tête des autorisations restent les grands groupes historiques du secteur. Toutefois, trois tendances pourraient affaiblir leur position :

    • La volonté des établissements d’éviter le verrouillage fournisseur,
    • la limitation du choix induite par les plateformes propriétaires,
    • et l’impossibilité pour ces acteurs d’agir comme des agrégateurs neutres, leurs solutions étant perçues comme concurrentes par d’autres développeurs.

    Concurrence internationale et ralentissement de la croissance : 46 % de croissance annuelle des algorithmes d’IA en santé depuis 2015, mais un net ralentissement depuis 2022

    Si les États-Unis demeurent largement en tête, des entreprises issues d’Allemagne, du Japon, des Pays-Bas et de Corée du Sud apparaissent désormais dans le top 30 mondial. Par ailleurs, le rythme d’approbation ralentit : de +46 % par an depuis 2015, il est passé à +17 % par an depuis 2022. Chaque mise à jour d’un algorithme nécessitant une nouvelle approbation, les contraintes réglementaires apparaissent de plus en plus inadaptées au rythme de développement du machine learning. Des ajustements réglementaires sont attendus.

    L’approbation ne garantit pas l’adoption clinique

    Enfin, l’autorisation de la FDA signifie que l’algorithme est « sûr », mais pas nécessairement qu’il est efficace en pratique clinique. Plusieurs établissements hospitaliers rapportent des problèmes d’intégration et de performances, notamment en lien avec des alertes inappropriées ou des interférences avec les workflows. L’autorisation réglementaire n’est qu’une étape dans un processus d’adoption bien plus long, qui dépend de la démonstration de la valeur ajoutée réelle.

    *Sivakumar R, Escobar M, Ziegler E, et al. Evaluation of Clinical Testing of FDA-Authorized Artificial Intelligence Algorithms for Medical Imaging. JAMA Netw Open. 2024;7(11):e2440305. doi:10.1001/jamanetworkopen.2024.40305

  • Assises HU : les CHU gagnent en impact scientifique, mais alertent sur la concurrence internationale et la trajectoire budgétaire jugée intenable

    • Les CHU concentrent 60% des publications médicales françaises et 20% de l’ensemble des publications scientifiques du pays.​
    • Entre 2014 et 2023, ces productions ont augmenté de 20%, avec un indice de citations normalisées (ICN) passé de 1,25 à 1,63.
    • Déficit cumulé des CHU passé de 200 M€ en 2021 à 950 M€ en 2024, jugé intenable.​
    • Absentéisme dans les 32 CHU français à 8,47% fin août 2025, contre 8,55% en 2019.
    • Postes vacants de chefs de clinique-assistants approchent 5% au niveau national.
    • Effectifs hospitalo-universitaires reculent de 3% entre 2019 et 2024, malgré triplement du nombre d’étudiants formés.​

    À l’occasion de la conférence de presse d’ouverture des 19e Assises Nationales Hospitalo-Universitaires, Philippe El Saïr (Conférence des directeurs généraux de CHU), Isabelle Laffont (Conférence des doyens de médecine) et Rémi Salomon (Conférence des présidents de CME-CHU) ont présenté les six grands thèmes structurant cette édition :

    • Stabilité institutionnelle.
    • Recherche et innovation.
    • Attractivité des carrières.
    • Convergence territoriale.
    • Redressement financier et souveraineté sanitaire.

    + 20% publications médicales : une dynamique à préserver malgré la concurrence internationale

    Les CHU concentrent 60 % des publications médicales françaises et 20 % de l’ensemble des publications scientifiques du pays. En neuf ans, entre 2014 et 2023, ces productions ont augmenté de 20 %, avec une progression de leur impact mondial, mesuré par l’indice de citations normalisées (ICN) passé de 1,25 à 1,63. Au-delà des chiffres, les CHU revendiquent une ambition renouvelée en matière de collaboration avec les soins primaires et de valorisation des entrepôts de données de santé. Ils portent le projet SéData, une fédération des entrepôts de données hospitaliers, appuyée par des partenariats industriels, visant à structurer un socle commun d’accès à la donnée. L’objectif : renforcer la recherche, notamment en intelligence artificielle, à partir de données maîtrisées, de qualité, conservées sur le territoire.

    Innovation : le coût des progrès thérapeutiques questionne la soutenabilité

    L’innovation thérapeutique, portée pour partie par les CHU, soulève des inquiétudes quant à son coût. De nombreuses molécules onéreuses, par exemple en oncologie, augmentent fortement les dépenses hospitalières. Cette inflation interroge la soutenabilité du système et la capacité à garantir l’accès à l’innovation sans fragiliser les équilibres budgétaires. Les CHU, engagés dans des partenariats avec des entreprises du médicament et du numérique, demandent une réflexion sur la régulation des coûts, la pertinence des prescriptions et la souveraineté de la production, y compris sur les algorithmes d’IA utilisés en santé. L’appel à une production européenne de certains traitements, comme les CAR-T cells, est réitéré. Des algorithmes aident au diagnostic, à la lecture d’imagerie et à la robotique chirurgicale. L’intelligence artificielle soutient l’enseignement en évaluant les étudiants via des interfaces numériques. Elle analyse des données multiomiques pour une médecine personnalisée. Les CHU développent des partenariats avec des industriels pour l’innovation en médicaments et intelligence artificielle.​ 25% des CHU prennent des participations dans des startups. ​

    3 % de baisse des effectifs hospitalo-universitaires malgré un triplement du nombre d’étudiants

    L’absentéisme dans les 32 CHU français tombe à 8,47% fin août 2025, contre 8,55% en 2019. Le solde entrée-sortie s’améliore pour les infirmières avec un gain net fin août 2025.  La perte d’attractivité du modèle hospitalo-universitaire inquiète les responsables. Le nombre de postes vacants de chefs de clinique-assistants approche les 5 % au niveau national. En parallèle, les effectifs hospitalo-universitaires ont reculé de 3 % entre 2019 et 2024, alors que le nombre d’étudiants formés a triplé sur la période. Ce déséquilibre s’accompagne d’une perte de pouvoir d’achat de 19,6 % sur 30 ans pour les PU-PH et d’un manque de lisibilité des carrières. Les CHU demandent une refonte urgente du statut des jeunes universitaires pour garantir un vivier de futurs enseignants-chercheurs.

    Universitarisation des territoires : une stratégie concertée plutôt qu’une multiplication des structures

    Les responsables insistent ; il ne s’agit pas de multiplier les UFR ou les CHU, mais de territorialiser l’enseignement via des stages de cycle 2 et 3, et d’implanter des enseignants hospitalo-universitaires dans les territoires. Cette dynamique est jugée plus soutenable et cohérente avec l’exigence de qualité académique. Les CHU s’impliquent aussi dans la structuration des parcours de soins territoriaux via les postes partagés et la coordination avec les centres hospitaliers. En revanche, ils attendent un approfondissement de la politique des GHT, jugée inaboutie, ainsi qu’une réforme de la carte hospitalière pour une gradation des soins plus rationnelle.

    Déficit CHU à 950 millions d’euros

    Le déficit cumulé des CHU s’est creusé, passant de 200 M€ en 2021 à 950 M€ en 2024. Les revalorisations salariales du Ségur ont été en partie financées par des mécanismes inadaptés aux CHU, dont seulement 38 % des recettes proviennent de la tarification à l’activité. Un rapport commandé à l’IGAS aurait confirmé cette perte de recettes. La trajectoire budgétaire actuelle est jugée intenable. Les CHU plaident pour une politique active de prévention des pathologies chroniques, responsables de 70 % des dépenses de l’Assurance maladie, et pour une régulation renforcée de l’offre de soins sur les territoires.

    Souveraineté : des pénuries croissantes de médicaments courants

    La multiplication des pénuries de médicaments courants et le poids croissant des traitements très coûteux remettent à l’agenda la question de la souveraineté pharmaceutique. Les CHU plaident pour des capacités de production européennes communes, comme le font déjà certains pays (ex. l’Espagne pour les CAR-T cells). Sur le numérique, la dépendance aux fournisseurs industriels d’IA pose une question de contrôle, de coût et de confidentialité des données. Les CHU veulent promouvoir la création d’algorithmes en interne, à partir de données françaises, dans une logique de souveraineté technique et scientifique. Enfin, en matière de recherche et d’enseignement, la dépendance à des bases de données scientifiques non-européennes (PubMed, Web of Science) et le besoin de coalition entre acteurs européens et francophones sont présentés comme deux chantiers majeurs.

  • Ambient AI : « l’assistant médical réduit la charge de rédaction et améliore le temps de consultation » (Dr Samiya Abi Jaoude, Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild)

    L’entretien avec le Dr Samiya Abi Jaoude et Félix Motosso précise les modalités de déploiement, les impacts sur la pratique et les conditions de reproductibilité dans d’autres hôpitaux.

    Les points clés de l’entretien :

    • 75% des soignants estiment que l’IA améliore leur qualité de vie au travail, 63% des patients jugent qu’elle libère du temps pour les soignants (étude Time to Care) ;
    • une étude européenne indique que les Assistants Médicaux IA réduisent de 29 % le temps administratif ;
    • environ 1 000 établissements européens utilisent déjà la solution Tandem Health, une cinquantaine de pilotes sont en cours en France ;
    • à HFAR, plus de 1 500 consultations ont été couvertes lors du pilote estival avant la décision d’adoption ;
    • les principaux cas d’usage concernent la génération de comptes rendus structurés, les courriers d’adressage et certains modèles d’ordonnances ;
    • la solution n’est pas encore intégrée au dossier patient informatisé (DPI) et fonctionne aujourd’hui comme dispositif médical de classe I, en attente de certification MDR de classe II.

    L’adoption de la solution Tandem Health par l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild (HFAR), après un pilote estival portant sur plus de 1 500 consultations, illustre concrètement ces bénéfices en visant à améliorer le quotidien des soignants, diminuer le temps administratif et renforcer la qualité du temps médical auprès des patients. L’entretien du 12 décembre 2025 avec le Dr Samiya Abi Jaoude et M. Félix Motosso documente précisément la mise en œuvre de cet assistant médical à HFAR et ses conditions de reproductibilité.​

    Contexte et présentation des intervenants

    Le Dr Samiya Abi Jaoude est neurochirurgienne adulte à l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, au sein du service de neurochirurgie adulte, distinct de la neurochirurgie pédiatrique. Ses surspécialités couvrent la chirurgie de la base du crâne, la chirurgie vasculaire et les pathologies du liquide cérébrospinal, avec notamment une forte activité autour de l’hydrocéphalie à pression normale (HPN). Elle se décrit comme « curieuse » et volontiers testeuse de nouveautés numériques, mais jusqu’ici rarement convaincue par les solutions proposées sur le terrain, souvent jugées déconnectées de la réalité du terrain médical français.​

    Elle rappelle son parcours à l’AP-HP (internat puis clinicat), où elle a connu successivement la dictée sur cassette, la dictée sur carte SD avec transcription externalisée, puis la dictée directe aux secrétaires ou via Dragon, avec un niveau de satisfaction limité, notamment du fait de son accent mal reconnu et de la nécessité de corrections massives. Cette trajectoire nourrit sa sensibilité au sujet des outils de documentation médicale et à leur impact sur le temps clinique et la qualité des comptes rendus.​

    Félix Motosso est directeur général de Tandem Health France, en charge du développement de la solution d’assistant médical IA dans les établissements de santé français. Le double positionnement de Tandem est mis en avant : d’une part comme solution de rédaction et de documentation (dispositif médical de classe I aujourd’hui, en cours de certification MDR de classe II), d’autre part comme futur levier d’aide au diagnostic et de prise de décision une fois la donnée patient accessible dans un cadre réglementaire renforcé. À l’échelle européenne, il indique que Tandem est déjà utilisée dans environ 1 000 établissements, et qu’en France une cinquantaine de pilotes sont en cours, incluant CH, ESPIC et groupes privés, avec une dynamique de contractualisation en fin 2025.​

    HFAR : un projet inscrit dans une stratégie numérique

    HFAR est décrit comme un établissement fortement engagé dans la digitalisation, sans dossier papier depuis plusieurs années, avec un recours exclusif au dossier informatique. La direction est jugée très motrice sur les sujets de transformation numérique, avec une volonté de digitaliser le parcours patient et d’optimiser les ressources secrétariales.​

    Avant Tandem, HFAR a testé une autre solution IA, expérience jugée globalement négative par le Dr Abi Jaoude. Elle souligne plusieurs limites : trame de consultation pensée pour le système américain et mal adaptée au contexte français, absence de personnalisation pour les surspécialités, et surtout des hallucinations importantes (ex. apparition d’un contenu de chirurgie digestive dans un compte rendu de neurochirurgie), conduisant à l’abandon du test jugé chronophage et peu utile. Cet échec a renforcé l’exigence d’une solution mieux adaptée à la pratique de spécialité, structurée et fiable, sans surcharge de corrections.​

    Le projet Tandem est porté conjointement par la direction (dynamique de digitalisation, recherche d’efficience, réduction de la charge secrétariale) et par une partie du corps médical, dont la cheffe de service et le Dr Abi Jaoude, volontaires pour tester des solutions innovantes. L’objectif explicite est de réduire le temps consacré à la frappe et à la rédaction, de fiabiliser et structurer les comptes rendus, et de redonner du temps d’échange en face à face avec le patient en consultation.​

    Génération automatique de comptes rendus structurés en consultations programmées

    Le cas d’usage principal déployé à HFAR avec Tandem est la génération automatique de comptes rendus de consultation à partir de l’audio capté pendant l’échange médecin–patient. Dans le service du Dr Abi Jaoude, un cas emblématique est la consultation d’hydrocéphalie à pression normale (HPN), nécessitant un interrogatoire très structuré pour décider d’une éventuelle dérivation, avec des rubriques précises (troubles de la marche, troubles sphinctériens, troubles cognitifs, troubles de l’humeur, « red flags »).​

    Plus largement, Tandem est utilisé dans plusieurs spécialités de l’hôpital, notamment en neurochirurgie adulte, en cardiologie et en pédiatrie, avec des modèles adaptés selon les besoins. Les types de consultations couverts concernent principalement les consultations médicales programmées, incluant des consultations de première fois et des suivis, particulièrement dans des contextes chroniques ou de surspécialités où un compte rendu structuré est critique (ex. pathologies neurochirurgicales complexes).​

    Figure 3 Exemple de compte-rendu sur Tandem Health

    Pour l’instant, les documents majoritairement générés sont :

    • des comptes rendus de consultation structurés ;
    • des courriers d’adressage ou de réponse entre spécialistes et médecins traitants ;
    • des courriers patients ;
    • et, pour certains médecins, des ordonnances, même si Tandem n’est pas positionné comme outil de validation automatique de prescriptions.​

    « Quelques minutes gagnées par consultation et une interaction patient plus directe »

    Le Dr Abi Jaoude estime que Tandem lui fait gagner quelques minutes par consultation, principalement sur la frappe et la mise en forme, ce qui, sur des journées de 25 à 30 patients, représente un gain de temps significatif. Elle ne parle pas de « 10–12 minutes » gagnées par consultation, mais insiste sur l’effet cumulé de ces minutes et sur le confort apporté par la disparition de la frappe en continu pendant l’échange. La consultation HPN, souvent longue (entre 15 et 25 minutes), devient plus fluide puisque l’attention peut se porter davantage sur le patient que sur l’écran.​

    Concrètement, elle ne tape plus ses comptes rendus « en live » pendant la consultation, ce qui modifie la posture d’échange : moins de regards vers le clavier, moins d’interruptions pour rédiger, plus de contact visuel et de continuité dans le dialogue. Elle souligne que Tandem produit des textes globalement corrects en français, sans fautes d’orthographe majeures, avec une bonne reconnaissance des termes médicaux, même si quelques ajustements restent nécessaires (modification de formulations ou de détails cliniques). Ce fonctionnement réduit aussi la frustration liée aux corrections de langue ou aux erreurs massives rencontrées avec la dictée vocale traditionnelle.

    ​

    Du point de vue de Tandem, les études internes récentes menées auprès d’environ 1 000 médecins et patients montrent que les patients sont au moins aussi demandeurs que les soignants de solutions permettant de rétablir une interaction directe, face à face, en consultation. Ces résultats rejoignent les données “Time to care” sur la perception positive de l’IA pour la libération de temps médical, suggérant une convergence d’attentes entre professionnels et patients.​

    Un workflow en quatre étapes, de l’enregistrement audio à la validation du compte rendu

    Une consultation type avec Tandem se déroule selon un schéma standard, modulable selon les spécialités. Avant la consultation, le médecin se connecte à l’interface Tandem sur son ordinateur via une double authentification (envoi d’un code par e-mail), puis sélectionne le modèle de consultation souhaité (par exemple « consultation HPN » dans le cas de la neurochirurgie). Un micro d’ambiance, branché sur l’ordinateur et adapté aux salles de consultation (également utilisable en bloc opératoire pour d’autres cas d’usage), capte l’échange audio pendant la consultation.​

    Pendant la consultation, le médecin conduit l’entretien de manière habituelle, en suivant mentalement sa structure clinique mais sans avoir à la formaliser en temps réel au clavier. Le modèle de Tandem, configuré à partir des trames transmises par le médecin (rubriques et sous-parties souhaitées), transforme la conversation en un compte rendu structuré, en respectant les sections propres à la pathologie (ex. HPN) et en intégrant les éléments cliniques clés (symptômes, imagerie commentée à voix haute, conclusion). La consultation peut rester libre dans l’ordre des questions, Tandem se chargeant de reclasser l’information dans la structure prévue.​

    Après la consultation, le médecin clique sur « créer le compte rendu » et obtient un document structuré modifiable ligne par ligne. La relecture-correction intervient immédiatement après le départ du patient, souvent en 1 à 2 minutes, pendant la préparation des ordonnances ou une courte pause. Le praticien peut ajuster certains passages, corriger quelques formulations (par exemple transformer une phrase approximative sur un trouble moteur en formulation clinique plus précise) puis valider le texte. Ce document est ensuite intégré directement dans le DPI en un clic depuis Tandem.​

    Les variations de workflow entre spécialités sont limitées : l’interface et les étapes restent identiques, la principale différence tenant au choix du modèle de consultation (modèle générique, modèle HPN, etc.). Le workflow est également similaire pour seniors et juniors, la logique étant la même ; toutefois, la facilité d’appropriation peut varier selon la familiarité des praticiens avec les outils informatiques.​

    Intégration au système d’information et contraintes techniques

    À HFAR, Tandem est branché de manière indirecte au système d’information : l’outil transfère les CR générés directement dans le DPI mais ne peut pas encore y récupérer les données médicales et ne traite pas de données d’identification patient dans sa version actuelle en classe I. Aucun identifiant patient n’apparaît dans l’interface Tandem, tant que le document n’est pas transféré dans le système hospitalier ; cela est présenté comme une garantie de non-traitement de données de santé nominatives à ce stade. Le flux opérationnel consiste donc à générer le compte rendu dans Tandem puis à le transférer en un clic dans le DPI ainsi que (copier-coller) dans l’outil de courrier / compte rendu utilisé à la Fondation.​

    Les contraintes techniques principales évoquées relèvent de la sécurité, de la conformité (RGPD, hébergement HDS), des contraintes de réseau et de la diversité des postes (salles de consultation, blocs, services d’urgences), ainsi que de l’équipement audio. M. Motosso considère la conformité RGPD et l’hébergement HDS comme des prérequis « de base », nécessaires mais non différenciants ; la vraie complexité réside dans l’intégration dans des DPI parfois anciens (années 1990) et dans la capacité à couvrir des cas de figure variés (consultations fixes, mobilité, différentes salles, urgences, bloc, etc.).​

    Pour un pilote dans un autre hôpital, Tandem met en avant une architecture technique « souple », capable de s’intégrer soit via l’éditeur du DPI, soit directement au niveau établissement quand l’intégration profonde est plus complexe ou plus longue. Cette approche permet de démarrer en quelques jours ou semaines selon le contexte SI, sans exiger un niveau de maturité IT très avancé, à condition que les éléments de base soient en place (DPI, infrastructure réseau suffisante, DSI mobilisée).​

    À moyen terme, la certification MDR de classe II doit permettre à Tandem d’accéder aux données patients (antécédents, consultations antérieures) et de pré-remplir des comptes rendus, notamment pour les consultations de suivi, en réutilisant les informations structurées déjà présentes dans le DPI. Cette évolution est envisagée comme un levier pour aller au-delà du seul gain administratif, vers des fonctionnalités plus « médicales » (pré-remplissage, suivi longitudinal, assistance au diagnostic).​

    Adoption facilitée par le volontariat médical, des parcours de formation courts et la co‑construction des modèles

    Le choix des services pilotes à HFAR repose sur le volontariat et l’appétence pour le numérique, avec un ciblage de spécialités fortement exposées à la charge de documentation (neurochirurgie, cardio, pédiatrie, etc.). Le Dr Abi Jaoude et sa cheffe de service se positionnent comme référentes et utilisatrices précoces, ce qui facilite l’appropriation par les équipes.​

    Sur la formation, la prise en main de Tandem est décrite comme quasi immédiate pour les praticiens : l’outil « écoute et crée », avec très peu d’étapes (connexion, choix du modèle, démarrage et arrêt de l’enregistrement, création du compte rendu). Pour des utilisateurs comme le Dr Abi Jaoude, à l’aise avec l’informatique, la courbe d’apprentissage est évaluée à « zéro jour » ; pour des médecins moins familiers du numérique, M. Motosso estime la montée en compétence à une dizaine de consultations. En revanche, la personnalisation des trames (définition de modèles spécifiques HPN, etc.) se fait de façon progressive, sur quelques jours ou quelques consultations, via des retours à l’équipe Tandem, avec la perspective d’un futur mode « do it yourself » permettant aux médecins de créer eux-mêmes leurs modèles.​

    Les freins rencontrés relèvent principalement :

    • de la résistance culturelle à la technologie et à la remise en question des habitudes de rédaction  ;
    • des craintes initiales de perte de temps en phase de test, renforcées par les expériences négatives avec des outils antérieurs.​

    Pour lever ces freins, Tandem mise sur :

    • des démonstrations in situ, y compris avec des chefs de service initialement sceptiques, en leur montrant la différence avec la dictée vocale classique ;
    • une très faible friction d’usage (interface simple, trois clics clés) ;
    • la co-construction des trames avec les médecins pour coller à leur pratique. Les éléments qui favorisent l’adoption incluent la perception concrète du gain de temps, le confort d’avoir des comptes rendus structurés, l’amélioration ressentie de la relation patient, ainsi que l’engagement de la direction dans la transformation numérique.​

    Information systématique des patients et sécurisation des données

    En consultation, le Dr Abi Jaoude informe les patients que leur compte rendu sera généré par un outil d’IA, en début d’échange. Elle rapporte n’avoir reçu à ce jour aucune objection explicite de la part des patients, ni retour négatif structuré sur l’usage de l’IA en consultation.​

    Du côté de Tandem, plusieurs garde-fous sont mis en avant : hébergement HDS, conformité RGPD, dispositif médical de classe I ne traitant pas directement de données patients identifiantes, et absence de réutilisation non conforme de la donnée pour l’entraînement des modèles, dans le respect du cadre réglementaire européen jugé plus strict que le contexte américain. La non-visibilité des identifiants patients dans l’interface Tandem à HFAR est présentée comme une mesure de conformité, en attendant la certification MDR de classe II qui permettra l’accès au DPI dans un périmètre encadré.​

    À ce jour, aucune catégorie spécifique de cas d’usage explicitement « interdits » n’est détaillée pour HFAR dans l’entretien (par exemple certains contenus extrêmement sensibles ou certaines situations), en dehors des limites réglementaires liées à la classe I (pas d’accès direct à la donnée patient, pas d’aide au diagnostic). Les perspectives évoquées incluent toutefois un encadrement renforcé des usages à mesure que la solution évoluera vers plus d’intégration et de fonctionnalités médicales.​

    3 conditions pour reproduire le cas d’usage : pilotage partagé, DSI mobilisée, médecins référents impliqués

    Pour un autre hôpital français souhaitant reproduire ce cas d’usage en 2026, Félix Motosso met en avant trois conditions principales :

    • un « attelage » solide entre les équipes administratives (direction générale, DSI, direction de l’innovation, direction médicale) et les équipes soignantes, avec une vision claire des objectifs (gains d’efficience, amélioration de la qualité de vie au travail, impact sur le temps patient) ;
    • la mobilisation de quelques ressources DSI pour travailler en ping-pong sur l’intégration et l’accès au logiciel (accès, sécurité, modalités d’intégration au DPI) ;
    • la présence de médecins motivés, pas nécessairement « experts » en informatique, mais prêts à tester et à co-construire, afin de démontrer l’utilité de la solution pour différents profils.​

    Du point de vue du Dr Abi Jaoude, les évolutions souhaitées pour que l’IA devienne un allié encore plus fort dans la pratique quotidienne portent sur :

    • l’extension au-delà de la consultation, avec la capacité à synthétiser l’ensemble du séjour hospitalier dans une lettre de liaison structurée (type LBD / lettre de liaison de sortie) ;
    • une intégration plus profonde avec le DPI, permettant de pré-remplir les documents à partir des données déjà présentes, en particulier pour les consultations de suivi (réutilisation automatique du compte rendu précédent, historique, etc.) ;
    • la génération d’ordonnances bien structurées, adaptées au contexte clinique du moment. Elle souligne également l’intérêt d’outils IA dans d’autres domaines (imagerie, radiologie), déjà présents via des projets internes et externes de radiologues pour l’entraînement de modèles, même si ceux-ci relèvent plus de la création de solutions que de leur usage routinier par les cliniciens.​

    Dans ce cadre, l’expérience HFAR avec Tandem confirme les résultats de “Time to care” : un assistant médical IA, correctement intégré et accompagné, peut à la fois alléger la charge documentaire des soignants et soutenir une relation patient plus directe, à condition de respecter les contraintes de sécurité, de construire le cas d’usage avec les équipes cliniques et de maintenir un dialogue étroit entre DSI, direction et médecins.