Nabil

  • Un programme de suivi virtuel des patients atteints de cancer aux USA

    Un nouveau modèle pour répondre aux tensions sur les soins en oncologie

    95 % des préoccupations des patients sont résolues à distance

    Face à l’augmentation de la demande en cancérologie et à la pénurie de personnel médical, Tampa General Hospital (en Floride) expérimente un programme de suivi à distance des patients en traitement du cancer. Ce dispositif s’appuie sur les services de Reimagine Care, une startup fondée en 2020, spécialisée dans le suivi virtuel personnalisé. La plateforme permet un accompagnement à domicile, en dehors des consultations, en combinant IA et intervention humaine. L’assistant virtuel « Remi » assure la gestion initiale des demandes, tandis que des infirmières et praticiens formés en oncologie prennent le relais pour la coordination clinique, la réponse aux symptômes et, si besoin, l’orientation vers le médecin référent.

    Reimagine agit comme une extension du centre de cancérologie, en assurant le tri et la réponse aux symptômes 24/7. Environ 95 % des préoccupations des patients sont résolues à distance. Toutes les interactions sont intégrées dans le dossier médical électronique du partenaire hospitalier. La responsabilité du plan de soins reste à la charge de l’hôpital, tandis que Reimagine prend en main les aspects opérationnels du suivi.

    Indicateurs de suivi et perspectives d’extension

    L’hôpital mesurera l’impact du programme à travers plusieurs indicateurs :

    • Diminution des passages aux urgences et des hospitalisations non planifiées,
    • Satisfaction et expérience des patients,
    • Engagement avec les outils numériques (messagerie, télésoins),
    • Délais de réponse à la symptomatologie,
    • Et réduction du « pajama time » des oncologues (temps de coordination en dehors des heures de travail).

  • Psoriasis : Takeda vise jusqu’à 6 milliards de dollars avec une pilule développée par IA

    Une alternative orale aux biothérapies injectables

    Le laboratoire japonais Takeda annonce des résultats positifs pour le zasocitinib, un traitement oral contre le psoriasis en plaques découvert à l’aide de l’IA. Dans deux essais cliniques de phase III, la molécule a atteint ses objectifs, avec plus de 50 % des patients ayant obtenu une peau nette ou quasi nette après 16 semaines de prise quotidienne. Le groupe prévoit de déposer des demandes d’autorisation aux États-Unis et dans d’autres régions en 2026.

    Alors que le marché du psoriasis est dominé par des traitements injectables comme Tremfya de Johnson & Johnson, Skyrizi d’AbbVie ou Cosentyx de Novartis, Takeda mise sur une voie orale avec le zasocitinib. Ce positionnement l’aligne avec d’autres alternatives orales telles que Sotyktu de Bristol Myers et Otezla d’Amgen. Le laboratoire met en avant la simplicité d’une prise quotidienne en comprimé, une demande pour des traitements moins contraignants que les injections.

    Une molécule conçue par IA, acquise pour un montant pouvant atteindre 6 milliards

    Le zasocitinib a été découvert par la biotech américaine Nimbus Therapeutics en utilisant des technologies d’intelligence artificielle. Takeda a acquis les droits du traitement en 2022 dans le cadre d’un accord estimé jusqu’à 6 milliards de dollars. Le groupe fait de l’IA un axe stratégique, intégrant ces outils dans l’ensemble de ses processus de R&D.

  • La situation financière des ESMS sur le portail de la CNSA

    Une exploitation statistique facilitée pour tous les ESSMS sur Data Autonomie

    Les résultats sont agrégés et présentés sans données individuelles, par territoire (France, régions, départements), par catégorie d’établissement et par statut juridique (public, privé sans but lucratif, privé commercial). La base comporte les données des trois derniers exercices comptables achevés : 2022, 2023 et 2024. Elle est présentée sous trois approches :

    • Ensemble : avec une catégorisation par type d’établissement ;
    • La base établissement : par type de public (PA, PH, PA/PH), par catégorie d’ESMS et par région ;
    • La base dossier : par région ou statut juridique, tous publics et types d’établissements confondus.

    Les données de la base sont exploitées au travers d’une dizaine d’indicateurs financiers, en particulier :

    • Le taux de CAF : capacité d’autofinancement / total des recettes ;
    • Le taux de MBE : excédent brut d’exploitation (EBE) / total des recettes ;
    • Le taux de résultat net : résultat net / total des recettes.

    La restitution s’effectue par tableau statistique et par histogramme. Les résultats statistiques sont présentés autour de la médiane, du premier et du dernier déciles (D1 et D9), du premier quartile Q1 (valeur en-dessous de laquelle se situent 25% des établissements ayant les indicateurs financiers les plus faibles) et du 3ème quartile Q3 (valeur au-dessus de laquelle se situent 25% des établissements ayant les indicateurs les plus élevés).

    Zoom sur la situation financière des Ehpad

    Les statistiques concernant les Ehpad sont présentées plusieurs angles :

    Des situations financières selon le caractère lucratif ou non des Ehpad

    Le taux de MBE qui mesure la marge financière dégagée par l’activité diffère selon le statut juridique : l’extraction de données correspondante qui figure dans le tableau ci-dessous établit un taux d’EBE médian pour tous les Ehpad de 2,4% en 2024, mais  il est supérieur (4,3%) pour le privé commercial, et seulement de 1,9% pour le privé non lucratif et de 1,8% pour le public.

    Ehpad : taux de MBE selon le statut juridique

    Base établissement / Statut juridique
    Année : 2023
    Indicateur : Taux de marge brute d’exploitation
    Type de public : PA
    Statut juridique Nb D1 Q1 Médiane Q3 D9
    Total – Périmètre sélectionné 6548 -8.2 % -2.7 % 2.4 % 6.9 % 11.1 %
    France – Privé commercial 1688 -11.5 % -2.1 % 4.3 % 9.4 % 13.6 %
    France – Privé non lucratif 2217 -7.5 % -2.7 % 1.9 % 6.3 % 10.2 %
    France – Public 2643 -7.5 % -2.8 % 1.8 % 5.8 % 9.7 %
    Privé commercial 1688 -11.5 % -2.1 % 4.3 % 9.4 % 13.6 %
    Privé non lucratif 2217 -7.5 % -2.7 % 1.9 % 6.3 % 10.2 %
    Public 2643 -7.5 % -2.8 % 1.8 % 5.8 % 9.7 %

    Des disparités régionales

    Le même ratio financier de taux de marge brute d’exploitation selon les régions fait ressortir une médiane assez uniforme autour de la valeur moyenne de 3,4% ; la dispersion des résultats permet de discerner les situations particulières, comme en Corse, en Guadeloupe et en Ile-de France.

    Ehpad : taux de MBE par région

    Base établissement / Région
    Année : 2024
    Indicateur : Taux de marge brute d’exploitation
    Type de public : PA
    Région Nb D1 Q1 Médiane Q3 D9
    France 6144 -7.3 % -1.3 % 3.4 % 8.0 % 11.8 %
    Total – Périmètre sélectionné 6144 -7.3 % -1.3 % 3.4 % 8.0 % 11.8 %
    Auvergne-Rhône-Alpes 819 -7.7 % -1.7 % 2.8 % 7.0 % 10.7 %
    Bourgogne-Franche-Comté 317 -9.3 % -2.1 % 2.9 % 7.1 % 11.5 %
    Bretagne 389 -4.9 % -1.0 % 2.3 % 6.2 % 9.5 %
    Centre-Val-de-Loire 226 -5.5 % 0.1 % 5.9 % 10.6 % 14.8 %
    Collectivité de Corse 27 -25.5 % -6.2 % 2.1 % 5.4 % 13.4 %
    Collectivités d’Outre-Mer 1 NC NC NC NC NC
    Grand-Est 473 -5.9 % -1.2 % 3.8 % 8.1 % 11.6 %
    Guadeloupe 15 -13.6 % -5.0 % 2.8 % 8.9 % 11.3 %
    Hauts-de-France 459 -7.5 % -1.6 % 3.1 % 7.4 % 11.2 %
    Île-de-France 643 -10.8 % -2.3 % 3.9 % 8.8 % 13.0 %
    La Réunion 15 -3.1 % 0.2 % 4.4 % 9.7 % 11.8 %
    Martinique 8 -6.4 % 2.0 % 4.3 % 5.9 % 7.3 %
    Normandie 312 -5.6 % -0.8 % 3.1 % 7.7 % 11.0 %
    Nouvelle-Aquitaine 773 -7.2 % -1.4 % 3.4 % 7.9 % 11.4 %
    Occitanie 683 -4.0 % 0.5 % 4.8 % 8.6 % 11.9 %
    Pays-de-la-Loire 460 -5.8 % -0.1 % 4.3 % 9.1 % 12.3 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur 524 -11.3 % -3.2 % 3.1 % 8.1 % 12.1 %

    30% Ehpad en difficulté

    Les établissements dont le taux de déficit net est supérieur à 3% des recettes sont considérés par la CNSA comme étant en difficultés. En 2024, 30% des Ehpad étaient dans cette situation, en amélioration par rapport à 2023 (33%). Cela apparaît clairement dans le tableau à la lecture du premier quartile, dans lequel 25% des établissements avaient en moyenne un déficit d’au moins 4,6% et 10% d’au moins 10,2% de leurs recettes.

    Ehpad : taux de résultat net 2024

    Base établissement / Région
    Année : 2024
    Indicateur : Taux de résultat net
    Type de public : PA
    Région Nb D1 Q1 Médiane Q3 D9
    France 6144 -10.2 % -4.6 % -0.2 % 3.0 % 7.0 %
    Total – Périmètre sélectionné 6144 -10.2 % -4.6 % -0.2 % 3.0 % 7.0 %
    Auvergne-Rhône-Alpes 819 -9.9 % -4.9 % -0.7 % 2.4 % 6.7 %
    Bourgogne-Franche-Comté 317 -13.2 % -5.8 % -1.4 % 2.0 % 6.7 %
    Bretagne 389 -6.3 % -3.5 % -0.3 % 2.5 % 5.6 %
    Centre-Val-de-Loire 226 -8.3 % -3.4 % 0.0 % 4.4 % 8.2 %
    Collectivité de Corse 27 -23.3 % -9.9 % 0.2 % 4.0 % 8.9 %
    Collectivités d’Outre-Mer 1 NC NC NC NC NC
    Grand-Est 473 -8.4 % -4.7 % -0.3 % 2.9 % 6.0 %
    Guadeloupe 15 -4.6 % -2.2 % 0.1 % 1.9 % 6.4 %
    Hauts-de-France 459 -10.4 % -4.9 % -0.7 % 3.5 % 7.5 %
    Île-de-France 643 -14.6 % -6.2 % -0.3 % 3.4 % 8.3 %
    La Réunion 15 -8.0 % -4.9 % -0.4 % 2.9 % 4.8 %
    Martinique 8 -0.8 % 0.5 % 1.5 % 3.3 % 4.9 %
    Normandie 312 -8.7 % -4.6 % -0.7 % 2.8 % 8.2 %
    Nouvelle-Aquitaine 773 -9.9 % -4.2 % -0.4 % 2.8 % 6.6 %
    Occitanie 683 -7.3 % -2.8 % 0.2 % 3.3 % 6.7 %
    Pays-de-la-Loire 460 -7.8 % -3.8 % 0.0 % 2.3 % 5.5 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur 524 -14.4 % -5.5 % 0.2 % 3.8 % 8.3 %

    L’ANAP lance le programme Perf Ehpad pour accompagner les Ehpad fragilisés

    L’outil Perf Ehpad a été lancé en 2025 par l’Agence nationale d’appui à la performance (Anap), à la demande des pouvoirs publics, après avoir été testé sur 30 établissements.

    Il a pour objectif de renforcer le pilotage budgétaire des Ehpad les plus fragilisés, afin d’améliorer leur situation financière et leur performance globale. L’objectif est de soutenir 1800 Ehpad d’ici 2027 par un accompagnement sur une durée de 4 mois  afin qu’ils retrouvent des marges de manœuvre financières.

    Les établissements sont identifiés comme étant le plus en difficulté sur leur territoire par les agences régionales de santé (ARS) et les conseils départementaux. La priorité est donnée aux établissements qui ont reçu des aides financières les années précédentes. En 2025 600 Ehpad ont bénéficié de ce dispositif et les premiers retours sont positifs.

    Sur la situation financière des Ehpad

     

  • Obésité : Mieux repérer et orienter les personnes à risques en France (nouvelle feuille de route 2026-2030)

    Mieux repérer et orienter les personnes à risques

    Alors que près d’un adulte français sur cinq est en situation d’obésité en Frannce, le ministère de la Santé lance une nouvelle feuille de route pour 2026-2030. Conçue pour répondre à l’augmentation des formes sévères et complexes de la maladie, elle s’inscrit dans la continuité des plans précédents tout en corrigeant les fragilités identifiées par les bilans récents et les recommandations de la HAS ou du rapport Laville. L’obésité, maladie chronique multifactorielle, reste marquée par des inégalités sociales et territoriales fortes. Sa prévalence est plus élevée en outre-mer (22,4 %) qu’en métropole (17,9 %), et touche davantage les femmes, en particulier à Mayotte où plus de 50 % des femmes de plus de 45 ans sont concernées. La feuille de route fixe quatre cibles prioritaires :

    • Réduire la progression de l’obésité et améliorer la santé des personnes concernées.
    • Elargir l’accès à des soins de proximité, personnalisés et continus.
    • Accroître le nombre de professionnels formés à la prise en charge.
    • Renforcer l’exploitation des parcours et dispositifs innovants à tous les niveaux de soins.

    Trois axes et 22 actions 

    Le cadre s’organise autour de trois grands axes, traduits en huit mesures et 22 actions :

    Orientation précoce et amélioration des données : 

    • Détection dès la petite enfance via les PMI, le milieu scolaire, les examens de santé et la médecine du travail.
    • Renforcement du recueil de données, notamment épidémiologiques, sur les formes sévères et l’hyperphagie boulimique.

    Renforcement des filières territoriales de prise en charge

    • Accompagnement de l’extension des filières Obésité régionales grâce aux CSO.
    • Intégration de nouveaux traitements, encadrement du parcours bariatrique, amélioration de l’accès au transport adapté et à l’expertise médico-sociale à domicile.

    Formation et outils pour les professionnels

    • Refonte des formations médicales avec l’augmentation des flux en EDN et l’introduction de modules spécifiques dans d’autres spécialités.
    • Déploiement de formations transversales pour les soignants, patients experts et diététiciens.

    Un déploiement amorcé dès 2025

    Trois actions ont préparé le terrain :

    • Extension du maillage territorial : cinq nouveaux CSO ont été créés, portant leur nombre à 42 et couvrant désormais l’ensemble des régions, y compris la Corse, la Guyane et l’outre-mer.
    • Encadrement des prescriptions médicamenteuses : une position nationale pilotée par le GCC-CSO, endossée par 11 sociétés savantes, encadre l’usage des traitements contre l’obésité pour prévenir les mésusages.
    • Généralisation d’un Parcours Coordonné Renforcé (PCR) : un dispositif intégrant soins médicaux et non médicaux pour les adultes en situation complexe sera déployé en 2026. Des parcours dédiés aux enfants et à la chirurgie bariatrique sont en préparation.

    Cette feuille de route est conçue comme un cadre évolutif, co-construit avec les acteurs de terrain, les patients et les professionnels. Elle articule prévention secondaire et tertiaire avec le futur PNNS5 (prévention primaire) pour garantir une continuité d’action. Les agences régionales de santé joueront un rôle dans la déclinaison territoriale. Objectif  : faire de la prise en charge de l’obésité une offre de soins accessible, équitable, coordonnée et durable, à la hauteur des besoins des populations concernées.

    Lancement de la feuille de route 2026-2030 pour la prise en charge des personnes en situation d’obésité – Ministère de la Santé, de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

  • Gleamer, Softway, Carmat : tour d’horizon des fusions-acquisitions et des faillites en 2025

    Gleamer acquiert Pixyl et Caerus Medical pour élargir son offre IA à l’IRM

    La société française Gleamer, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale, a annoncé l’acquisition de deux startups : Pixyl, reconnue pour ses applications d’IRM cérébrale, et Caerus Medical, développeur d’outils pour l’IRM du rachis lombaire. Ces opérations positionnent Gleamer comme fournisseur de quatre modalités d’imagerie : radiographie, mammographie, scanner et IRM.

    Pixyl, dont le produit phare Pixyl.Neuro est homologué FDA et CE, propose une analyse IRM pour la détection précoce de pathologies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer. Ses outils sont appelés à bénéficier prochainement de modalités de remboursement aux États-Unis, ce qui pourrait accélérer leur adoption. Caerus Medical est spécialisé dans l’analyse automatisée des IRM lombaires, avec une approche axée sur la détection de pathologies telles que les hernies discales, les sténoses ou le spondylolisthésis. L’intégration à Gleamer va permettre d’accélérer le déploiement de sa solution dans le champ musculo-squelettique.

    Ces acquisitions s’inscrivent dans la stratégie de Gleamer de proposer une solution unifiée d’IA pour l’ensemble du parcours en imagerie médicale. L’entreprise compte désormais plus de 100 collaborateurs répartis dans sept pays. L’intégration des deux nouvelles entités au sein de l’IA Factory de Gleamer vise à renforcer la R&D et accélérer la mise sur le marché de nouvelles applications.

    Softway Medical accueille Bain Capital Europe

    Le Groupe Softway Medical, acteur des systèmes d’information en santé, annonce l’entrée de Bain Capital Europe à son capital. Les investisseurs actuels, Five Arrows et Naxicap Partners, resteront engagés dans le nouveau tour de table. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Il s’agit de la quatrième réorganisation de la structure capitalistique du groupe depuis 2009. Déployé en France, au Canada, en Belgique et ailleurs en Europe, Softway Medical conçoit et intègre des solutions cloud-native pour les établissements de santé publics et privés : Dossiers Patients Informatisés (DPI), systèmes de Gestion Administrative des Patients (GAP) et logiciels de gestion.

    Softway Medical ambitionne désormais d’accélérer son développement en Europe, en s’appuyant sur sa plateforme web et sur l’expertise sectorielle de Bain Capital Europe. Le fonds d’investissement possède une expérience dans les logiciels verticaux et les technologies de santé et entend accompagner le groupe dans sa stratégie d’innovation ainsi que dans l’exploitation des données de santé. L’arrivée de Bain Capital marque une nouvelle phase d’expansion, orientée vers l’internationalisation et l’approfondissement technologique.

    Levée de fonds réussie pour Poppins, mais incertitudes sur le remboursement

    La start-up Poppins, anciennement Mila, a levé 5 millions d’euros en avril 2025, totalisant 20 millions d’euros depuis sa création. Son application destinée à la rééducation de la dyslexie chez les enfants de 7 à 11 ans s’appuie sur des exercices de lecture, de phonologie et de musique interactive. La solution, utilisée par plus de 15 000 familles, est proposée en vente directe, via des complémentaires santé ou en accès solidaire. Une étude publiée en janvier 2024 a révélé des progrès importants, notamment chez les enfants souffrant de TDAH.

    Butterfly Therapeutics liquidée, Poppins et Ludocare en quête de remboursement

    Un modèle économique fragile sans remboursement dédié

    Butterfly Therapeutics, (ex-L’Effet papillon) a été placée en liquidation judiciaire en mars 2025. Basée à Laval, l’entreprise développait des dispositifs médicaux non pharmacologiques pour la gestion de la douleur, dont Bliss DTx, un casque de réalité virtuelle de classe I visant à réduire la douleur via une sédation numérique. Bien que près de 100 000 actes médicaux aient été réalisés avec ce dispositif, et qu’un essai clinique randomisé ait démontré une bonne tolérance et une forte satisfaction des praticiens par rapport au MEOPA, le produit n’a jamais obtenu de remboursement individuel. Il était intégré dans les prestations hospitalières sous le régime Intra-GHS, sans modèle de revenus pérenne identifié.

    Ludocare recalée du PECAN, vise un remboursement classique

    Ludocare, qui développe JOE, un robot compagnon pour l’observance des traitements chez les enfants asthmatiques, s’est vu refuser en janvier 2025 l’accès au PECAN. Le dispositif de classe I aide les enfants de 3 à 11 ans à mieux gérer leur traitement, avec un suivi en temps réel via application. La HAS a estimé que les données soumises par l’entreprise (issues d’échantillons réduits et d’études à court terme) ne permettaient pas de présumer d’un bénéfice clinique suffisant, notamment pour les cas d’asthme sévère. Toutefois, la HAS a reconnu la pertinence d’une étude en cours qui pourrait aboutir à une prise en charge au titre de la LPPR. Ludocare prévoit de déposer un dossier. En parallèle, un partenariat avec le laboratoire Viatris a permis à 700 familles d’accéder gratuitement à JOE, sans chiffre d’affaires généré à ce jour. Financée par une levée de fonds de 4,2 millions d’euros en 2022, la start-up cherche à sécuriser sa pérennité.

    Carmat liquidée, ses activités reprises par une nouvelle structure privée

    L’entreprise Carmat, spécialisée dans les cœurs artificiels, a été officiellement liquidée mais ses activités se poursuivent. Le Tribunal des affaires économiques de Versailles a validé fin décembre le plan de reprise présenté par Pierre Bastid, président du conseil d’administration, en partenariat avec la holding Santé Holding de la famille Ligresti, également actionnaire historique. Le plan prévoit le transfert des opérations vers une nouvelle structure juridique : Carmat SAS. Cette transition s’accompagne de la suppression de 39 postes sur les 127 que comptait l’entreprise. L’administrateur judiciaire demandera prochainement la radiation des actions de Carmat SA sur Euronext Growth. La cotation reste suspendue et ne reprendra pas.

    Fondée en 2008, Carmat développe un cœur artificiel complet, combinant biomécanique et biocompatibilité. Après une première implantation réussie en 2013, il a fallu attendre décembre 2020 pour que le cœur Carmat obtienne le marquage CE pour les patients en insuffisance cardiaque terminale, ouvrant la voie à sa commercialisation. La première vente est intervenue en juillet 2021, en Italie. Le développement clinique a été marqué par plusieurs incidents. Le décès prématuré d’un patient en 2016 a entraîné une suspension temporaire des essais. Deux autres décès liés à des dysfonctionnements ont conduit à une interruption volontaire des implantations entre fin 2021 et octobre 2022.

    Entre faillites, refus de remboursement et financements alternatifs, les entreprises de la santé numérique doivent composer avec un environnement réglementaire complexe. Le dispositif PECAN, pensé comme un accélérateur, peine encore à remplir son rôle. La mise en place d’un écosystème favorable (avec financement, évaluation et distribution) reste une condition nécessaire pour que ces technologies s’intègrent durablement dans les parcours de soins.

  • US : l’engagement patient, parent pauvre de l’IA hospitalière selon une étude

    Les outils d’IA n’améliorent pas l’adhésion aux soins selon les hôpitaux

    Alors que les investissements dans les technologies d’intelligence artificielle se multiplient dans les hôpitaux (notamment pour les scribes médicaux automatisés), leur usage pour renforcer l’engagement patient reste à la traîne. C’est ce que révèle une étude publiée en décembre 2025 par le cabinet Sage Growth Partners.

    Sur les 75 dirigeants interrogés, seuls 5 % affirment que leurs outils répondent efficacement aux enjeux d’engagement, comme l’adhésion au traitement ou la réduction des rendez-vous manqués. Ces lacunes ont des conséquences cliniques et financières, en raison du coût élevé des soins évitables. Le problème tient au manque de personnalisation réelle dans les approches actuelles. L’usage de champs standards comme le prénom ou l’âge pour segmenter les messages revient à produire des communications génériques. Comme par exemple envoyer le même rappel de dépistage du cancer du sein à toutes les femmes de plus de 40 ans, sans tenir compte de leurs freins individuels à l’action.

    L’IA peut adapter les messages aux freins individuels, mais les hôpitaux peinent à l’exploiter

    Le rapport plaide pour une approche dite « N-of-1 personalization », qui s’appuie sur les motivations, comportements et obstacles spécifiques à chaque patient. L’IA peut aujourd’hui rendre ce niveau de personnalisation grâce aux avancées récentes comme l’IA agentique et l’apprentissage par renforcement. Cette méthode permet de générer des messages qui prennent en compte des contextes variés : charge mentale liée au travail, besoin de garde d’enfants, anxiété liée au dépistage, etc.

    L’IA appliquée à l’engagement patient reste un champ largement sous-exploité, alors même qu’il recèle un potentiel pour améliorer les parcours de soin et la performance des établissements. La condition : dépasser la personnalisation de façade pour cibler les freins réels.

  • Évaluation des ESSMS : la HAS encadre le recours à la cotation « non concerné » pour plus d’homogénéité

    Dans une démarche d’amélioration de la qualité des évaluations menées dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS), la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié début janvier de nouvelles précisions sur son système de cotation. Ces ajustements interviennent après l’analyse des premiers retours d’expérience liés au déploiement du dispositif national d’évaluation, en vigueur depuis 2022.

    La HAS rappelle que la cotation des critères du référentiel d’évaluation repose sur une analyse croisée des entretiens, des observations sur site et des éléments documentaires. Cette méthode vise à restituer les pratiques professionnelles ainsi que les situations vécues par les personnes accompagnées.

    Le référentiel étant commun à tous les ESSMS, certaines exigences peuvent ne pas s’appliquer à tous les types de structures, selon leur activité, leur organisation ou le public accueilli. Pour répondre à cette hétérogénéité, la HAS précise désormais les conditions d’utilisation de la cotation « non concerné ». Son recours sera encadré pour éviter les interprétations divergentes et garantir une lecture homogène des résultats.

    Deux fiches pratiques ont été mises en ligne.

    • La première présente les principes généraux de la cotation.
    • Tandis que la seconde est dédiée spécifiquement à la cotation « non concerné ».

    Ces supports s’adressent aussi bien aux organismes évaluateurs qu’aux ESSMS, avec un objectif de lisibilité et de comparabilité des évaluations. Ces compléments s’intègrent au manuel d’évaluation des ESSMS, qui reste le document de référence pour la mise en œuvre du dispositif.

    https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-10/fiche_pratique_-_le_systeme_de_cotation_du_dispositif_devaluation_de_la_qualite_des_essms.pdf

     

  • Accès aux soins, prescriptions, démographie : la Drees publie ses données régionales et départementales pour 2025

    Inégalités territoriales dans l’accès aux endoscopies digestives

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) revient dans son premier numéro 2026* du Focus Régions et Départements sur plusieurs études publiées au quatrième trimestre 2025. Parmi les enseignements, le recours aux endoscopies digestives, en particulier à la coloscopie, demeure fortement inégal selon les territoires. En 2023, le taux de recours varie du simple au double selon les départements. Les délais avant la réalisation de ces actes sont également en hausse depuis dix ans, avec de nettes disparités géographiques.

    Suivi des prescriptions d’antibiotiques

    La Drees actualise son outil de datavisualisation portant sur les prescriptions d’antibiotiques en médecine générale. Il repose sur 11 proxy-indicateurs associés à des objectifs cibles et permet désormais des visualisations à l’échelle départementale. Cet outil vise à accompagner les professionnels et autorités locales dans la mise en œuvre d’interventions adaptées au contexte territorial.

    Mise à jour de la statistique annuelle des établissements de santé

    La SAE 2024, source de données sur les établissements publics et privés, a été enrichie d’analyses régionales, notamment sur l’évolution des lits de réanimation néonatale. Les données consolidées de la base statistique pour 2024 sont disponibles et feront l’objet d’un panorama approfondi prévu pour l’été 2026.

    Démographie des élèves en santé et social

    Les données de l’enquête annuelle sur les écoles de formation aux professions sanitaires et sociales ont été publiées. Elles détaillent les effectifs inscrits et diplômés par formation, année et région. Ces chiffres éclairent les dynamiques régionales de formation dans ces secteurs.

    Données sur les solidarités : de nouveaux outils d’analyse

    Vilas : 100 indicateurs sociaux visualisables par département

    L’outil Vilas (développé par la Drees) permet de visualiser plus d’une centaine d’indicateurs liés à l’action sociale à l’échelle départementale, avec des fonctions de comparaison entre territoires.

    Projections sur le vieillissement : près de 23 millions de seniors en 2025

    Selon les projections du modèle LIVIA, 22,9 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus vivaient en France en 2025. Ces projections s’étendent jusqu’en 2070, par sexe, tranche d’âge, niveau de perte d’autonomie et lieu de vie, avec une déclinaison régionale et départementale. Une datavisualisation accompagne cette publication. En collaboration avec l’Insee, une autre étude estime à 2,8 millions le nombre de seniors en perte d’autonomie en 2050 selon un scénario médian.

  • Désinformation en santé : un observatoire, un comité citoyen et un dispositif d’infovigilance prévus en 2026

    Une réponse publique

    Le 12 janvier 2026, la ministre de la Santé et de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, a annoncé le lancement officiel de la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé*. Cette initiative vise à répondre aux risques engendrés par la propagation de fausses informations, souvent amplifiées par les réseaux sociaux, qui touchent notamment la vaccination, les traitements médicaux ou encore certaines pratiques de soins non conventionnels.

    Trois experts, le Pr Mathieu Molimard, la Pr Dominique Costagliola et le Dr Hervé Maisonneuve, ont été mandatés pour mener une mission d’analyse préparatoire, avec 156 entretiens réalisés. Le rapport de cette mission, également publié ce jour, sert de socle aux orientations gouvernementales. Quatre axes structurants pour une action coordonnée

    Écoute et participation citoyenne

    Des enquêtes d’opinion, un baromètre national et des communautés citoyennes en ligne permettront de mieux comprendre les mécanismes de diffusion et de réception de la désinformation. Un Comité citoyen sera chargé de formuler des recommandations sur le rôle des pouvoirs publics dans ce domaine.

    Création d’un Observatoire de la désinformation en santé

    Cette nouvelle instance assurera une veille continue, produira des données de suivi et coordonnera des groupes de travail thématiques. Elle devra documenter les phénomènes de désinformation et accompagner les professionnels de santé et de l’information.

    Déploiement d’un dispositif d’infovigilance

    Opérationnel dès la fin janvier 2026, ce dispositif visera à détecter précocement les fausses informations en santé, à en analyser les ressorts et à diffuser des réponses validées et pédagogiques, notamment via le site Santé.fr et des formats adaptés aux réseaux sociaux. Il reposera sur un réseau d’experts, journalistes, institutions et créateurs de contenus.

    Renforcement du socle de confiance à long terme

    Enfin, la stratégie prévoit également des actions : intégration de l’éducation critique à la santé dans les parcours scolaires, responsabilisation accrue des plateformes numériques et inscription de la désinformation en santé dans les priorités de recherche.

    *Stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé : une priorité du ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

     

  • Prévention : des bénéfices cognitifs sur 3 ans grâce à un outil numérique

    L’étude*, publiée dans une revue à comité de lecture, et coordonnée par des chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, a comparé deux groupes :

    • L’un bénéficiant d’un accompagnement personnalisé via un coaching en ligne sur deux à quatre modules (activité physique, nutrition, activité cognitive, gestion de la dépression ou de l’anxiété).
    • L’autre recevant uniquement des informations générales sur ces thématiques.

    Les modules du programme s’appuient sur les axes reconnus de la prévention comportementale : activité physique, nutrition, santé mentale et stimulation cognitive. Cette approche multidimensionnelle, à distance et adaptable, renforce la faisabilité d’un déploiement à grande échelle, y compris dans une logique de santé publique populationnelle. Les participants ont été répartis de façon équitable entre un groupe bénéficiant du programme en ligne et un groupe témoin. Les femmes représentaient 64 % des personnes suivies. Le critère principal de l’étude était l’évolution des performances cognitives globales. Après trois ans, celles-ci se sont améliorées en moyenne près de trois fois plus dans le groupe ayant reçu l’intervention. L’écart observé entre les deux groupes est jugé statistiquement significatif.

    Une intervention peu risquée et potentiellement généralisable

    Les événements indésirables liés à l’étude sont restés rares : 19 dans le groupe intervention (0,60 %) contre un seul dans le groupe témoin (0,03 %). Le caractère numérique, individualisé et à distance de l’intervention ouvre la voie à une généralisation à grande échelle. Le protocole de l’étude est enregistré sous ACTRN12618000851268 sur le registre australien et néo-zélandais des essais cliniques. Plusieurs institutions académiques et hospitalières ont contribué à ce travail, parmi lesquelles Neuroscience Research Australia, l’Université de Melbourne, le Royal Melbourne Hospital, Monash University, Flinders University, l’Université de Sydney et l’Université de Bristol.