Nabil

  • Accès précoce aux médicaments : la HAS précise ses exigences

    La HAS précise les données exigées pour valider la présomption d’innovation

    Depuis 2021, le dispositif d’accès précoce permet aux patients en impasse thérapeutique de bénéficier, de manière temporaire et encadrée, de traitements présumés innovants, avant ou après leur autorisation de mise sur le marché. Ce dispositif repose sur une évaluation qui comporte une part d’incertitude, car elle s’appuie sur une présomption d’innovation sans que celle-ci ait été formellement démontrée. Pour sécuriser cette démarche, la Haute Autorité de santé (HAS) a actualisé sa doctrine d’évaluation des demandes d’autorisation d’accès précoce. L’objectif est de mieux définir les données minimales attendues afin de confirmer ou infirmer l’existence d’un bénéfice clinique supplémentaire par rapport aux traitements disponibles.

    Cette révision s’appuie sur quatre années de recul et une consultation publique menée en 2024, qui a suscité une approbation unanime.

    Les données cliniques comparatives désormais requises

    La nouvelle doctrine précise que l’appréciation de la présomption d’innovation doit se fonder sur le plan de développement du médicament, en comparaison avec les alternatives existantes. Ce plan devra désormais inclure :

    • Des données cliniques dès la première demande permettant d’étayer la présomption d’innovation ;
    • Des données probantes attendues pour confirmer ou non le bénéfice clinique supplémentaire dans un délai jugé raisonnable.

    Les données préliminaires nécessaires à l’octroi de l’accès précoce devront être comparatives (directes ou indirectes) et concerner spécifiquement la population ciblée. Les données non comparatives ne seront recevables que si le bénéfice clinique du traitement apparaît manifeste.

    La HAS exige des essais comparatifs et randomisés dans la majorité des cas

    La HAS renforce également ses attentes sur la qualité des données probantes. Celles-ci devront, dans la majorité des cas :

    • Être issues d’études cliniques robustes, comparatives et randomisées avec un comparateur cliniquement pertinent ;
    • En cas de recours à une comparaison indirecte, l’industriel devra justifier ce choix et satisfaire aux exigences méthodologiques détaillées dans une annexe spécifique.

    Cette annexe précise également les conditions d’acceptabilité de critères de jugement alternatifs aux critères cliniques traditionnels, ainsi que les modalités d’utilisation de schémas d’étude autres que les essais contrôlés randomisés.

    Une doctrine évolutive

    La HAS indique que cette doctrine reste évolutive : elle pourra être révisée à l’aune des retours d’expérience de la Commission de la transparence, des décisions de son Collège et de l’évolution des connaissances scientifiques. L’objectif demeure de concilier accès rapide à l’innovation pour les patients et exigence de preuve suffisante pour garantir un rapport bénéfice/risque acceptable.

  • 200 millions d’euros pour intégrer le DMP dans les logiciels hospitaliers d’ici 2027 (bilan du CNS)

    GT clôturés (2025)

    • Portabilité des LGC : accord sur export gratuit en 30 jours, référentiel opposable à venir.
    • IA et données de santé : livrable publié sur les usages.
    • Santé environnementale : feuille de route intégrée à Mon Espace Santé.

    GT en cours (livrables attendus en 2026)

    • IA dans Mon Espace Santé : cadrage en cours, livraison T1 2026
    • EHDS : travaux sur gouvernance, interopérabilité et redevances
    • Urbanisation des SI : GT coporté avec la FHF, livrable fin 2026
    • Données périnatales : 17 établissements pilotes, dématérialisation des certificats CS8 prévue en 2026

    GT à venir (2026)

    • Cybersécurité et sécurité des données
    • IA clinique et aide à la décision
    • Financement et contractualisation numérique
    • Sensibilisation des citoyens à l’EHDS
    • Portabilité (suite), interopérabilité, parcours coordonnés

    Le 14e CNS fait le point sur les avancées du numérique en santé et fixe les priorités à venir

    Partage des données et gouvernance au cœur du 14e Conseil du Numérique en Santé

    Le 14e Conseil du Numérique en Santé (CNS) s’est tenu le 17 décembre au ministère de la Santé, en présence de près de 300 participants. L’événement a permis de dresser un bilan des six derniers mois de la feuille de route du numérique en santé et d’annoncer des mesures en matière de partage de données, de gouvernance et d’organisation des systèmes d’information.

    Plusieurs sujets ont été abordés dans un format resserré :

    • la nouvelle gouvernance du numérique en santé,
    • la portabilité des données en médecine de ville,
    • le partage des données à l’hôpital,
    • l’urbanisation des SI pour les parcours,
    • le numérique au service de la périnatalité.

    DMP à l’hôpital : financement consolidé, déploiement visé en 2027

    L’un des axes reste la consultation du Dossier Médical Partagé (DMP) à l’hôpital. Cette fonctionnalité, déjà amorcée dans certains établissements, doit désormais être généralisée dans les pratiques courantes d’ici 2027. Un financement de 200 millions d’euros est mobilisé à travers HospiConnect et le programme HOP’EN2 pour accompagner les établissements dans cette transition :

    • Généralisation des moyens d’identification électronique (MIE) compatibles avec Pro Santé Connect.
    • Mise à jour des logiciels de Dossier Patient Informatisé (DPI).
    • Intégration du DMP dans les SI hospitaliers avec navigation simplifiée et accès aux données à jour.
    • Déploiement prévu entre 2026 et 2028, avec accompagnement national et régional (ARS, GRADeS).

    Un dernier délai jusqu’à mars 2026 est accordé aux éditeurs pour sécuriser leur référencement « vague 2 » ; les déploiements devront être effectifs à juin 2027.

    Médecine de ville : portabilité des données actée, export gratuit et délai de 30 jours

    Le CNS a également validé les résultats des groupes de travail 2025 sur la portabilité des données en médecine de ville. Piloté par la DNS, la FEIMA et les professionnels de santé, ce groupe a posé les bases d’un cadre opérationnel visant à sécuriser la continuité des soins et garantir un droit effectif au changement de logiciel.

    Les engagements actés :

    • un export gratuit des données pivot.
    • un délai maximum de 30 jours.
    • une couverture des principaux cas de vie (changement de LGC, départ à la retraite, décès, demande patient).
    • une documentation technique partagée entre éditeurs.

    Le tout sera formalisé dans un référentiel opposable publié selon les articles L.1470-5 et L.1470-6 du Code de la santé publique. Ce modèle de co-construction est destiné à être répliqué pour d’autres professions et structures coordonnées.

    Urbanisation des SI et structuration des données périnatales parmi les nouveaux chantiers du CNS

    Le Conseil a lancé un groupe de travail sur l’urbanisation des systèmes d’information au service des parcours, coporté avec la FHF, avec 10 thèmes ciblés (interopérabilité, orchestration des parcours, structuration des données sociales et administratives). Un livrable est attendu fin 2026. En parallèle, un appel à projets spécifique a été lancé pour structurer les données périnatales dans les établissements. Dix-sept établissements ont été retenus, représentant 12 régions et 11 éditeurs. Les travaux visent à verser automatiquement les données de naissance dans Mon Espace Santé et à dématérialiser les certificats de santé (CS8). La montée en puissance est prévue sur 2026.

    Prochaine échéance : programme de travail 2026

    Le programme de travail 2026 du CNS est organisé autour de deux axes :

    • régulation (cybersécurité, interopérabilité, évaluation des demandes d’accès aux données),
    • innovation (aide à la décision médicale, IA, urbanisation des parcours, financement).

    Les membres intéressés sont invités à se manifester avant le 15 janvier via dns-concertation@sante.gouv.fr.

    La Délégation du Numérique en Santé (DNS) poursuivra la publication semestrielle de l’état d’avancement des 65 objectifs de la feuille de route, consolidant ainsi le pilotage collectif de la transformation numérique en santé.

  • IA médicale : 29 % de temps de documentation en moins selon une étude menée en Suède

    Une étude sur 1 295 soignants : l’IA réduit le stress de 30 %

    Une étude européenne de grande ampleur sur les assistants médicaux à base d’IA, conduite par Capio Ramsay Santé et Tandem Health en Suède, met en évidence l’intérêt de ces technologies dans la lutte contre la surcharge administrative des professionnels de santé. Basée sur l’analyse de 375 000 comptes rendus médicaux réalisés par 1 295 soignants issus de 44 professions, l’étude explore l’impact des assistants IA sur le quotidien clinique, la productivité et la qualité de vie au travail.

    4,7 minutes pour un compte rendu grâce à l’IA, contre 6,7 sans

    L’étude révèle une réduction de 29 % du temps de rédaction des comptes rendus, dès la première utilisation de l’assistant IA. Le temps moyen consacré à la documentation passe de 6,69 à 4,71 minutes par note, avec un temps médian d’édition de 93 secondes. Cette performance est constante, quel que soit le métier, et s’accompagne d’un fort taux d’adhésion : 91 % des professionnels souhaitent continuer à utiliser l’outil et le recommandent à leurs collègues.

    Les soignants témoignent d’une amélioration de leur quotidien 

    Au-delà du gain de temps, les bénéfices perçus incluent une amélioration de la présence auprès des patients (+16 %) et une baisse du stress lié aux tâches administratives (–30 %). Ces résultats soulignent le potentiel des assistants IA dans la prévention du burnout et la rétention des professionnels, dans un contexte européen de pénurie de soignants. La recherche combine une analyse quantitative des données d’usage avec une enquête qualitative auprès de 177 utilisateurs réguliers. Bien que les médecins généralistes représentent les deux tiers du panel, l’outil a été utilisé par des kinésithérapeutes, psychologues, chirurgiens orthopédiques ou encore infirmiers, permettant de mesurer son efficacité dans des contextes variés.

    L’étude met en avant plusieurs conditions nécessaires à une intégration réussie :

    • Une formation initiale structurée.
    • Le rôle de « super utilisateurs » en appui des équipes.
    • Et une plateforme adaptée aux différents modes de consultation (physiques, numériques ou téléphoniques).

    L’usage sur postes fixes reste plus efficace, l’édition mobile nécessitant en moyenne deux fois plus de temps.

    Certification CE, ISO, MDR 

    La solution IA Tandem s’impose à l’échelle européenne dans 11 pays

    La solution Tandem est conforme aux exigences réglementaires européennes : certification CE, conformité MDR, sécurité ISO 27001 et 13485. Présente dans plus de 1 000 établissements répartis dans 11 pays, elle pourrait permettre en Suède une économie estimée à un million d’heures médicales par an en cas de généralisation.

    L’étude suédoise, fondée sur une co-conception avec les utilisateurs et une adaptation aux spécificités locales, pourrait servir de modèle pour d’autres systèmes de santé. Si l’acceptation professionnelle se confirme à grande échelle, les prochaines évaluations porteront sur l’impact en matière de qualité des soins, de satisfaction des patients et d’intégration des assistants IA dans une gouvernance de la donnée de santé.

  • US : le télésuivi à distance booste de 20% les revenus des cabinets de soins primaires

    +20 % de revenus Medicare pour les cabinets ayant adopté le télésuivi à distance

    Selon une étude parue en novembre 2025 dans Health Affairs, l’adoption du télésuivi à distance des patients, ou remote patient monitoring (RPM), s’est traduite par une augmentation des revenus des cabinets de soins primaires américains. Les cabinets ayant mis en œuvre cette pratique entre 2019 et 2021 ont vu leur chiffre d’affaires Medicare croître de 20 % en deux ans, par rapport à des cabinets témoins ne l’ayant pas adoptée. Les chercheurs ont analysé les données nationales de Medicare traditionnel, identifiant 754 cabinets ayant commencé à facturer des actes RPM durant cette période. La grande majorité d’entre eux (98,1 %) ont pu être appariés à 2 215 cabinets n’ayant pas adopté le RPM. Ces premiers étaient plus fréquemment affiliés à une organisation de soins responsables (ACO), proposaient des services de gestion des soins, et prenaient en charge davantage de patients issus de minorités ou éligibles à la double couverture Medicare-Medicaid.

    Plus de patients, plus de consultations

    Au-delà des revenus, les cabinets ayant adopté le RPM ont vu leur activité croître globalement. En moyenne, ils ont élargi leur patientèle de 2,9 % par trimestre, et réalisé 4,2 % de consultations ambulatoires supplémentaires, en grande partie grâce au recours à la télésanté. L’augmentation d’activité s’est accompagnée d’une hausse de 2,7 % du nombre de professionnels de santé facturants au sein des structures concernées. Les auteurs suggèrent également que cette hausse pourrait être soutenue par le recours à des assistants médicaux, infirmiers, ou encore à des prestataires externes de services RPM.

    Les résultats de l’étude soulèvent des implications pour la politique de financement de Medicare. Si l’ensemble des cabinets de soins primaires adoptaient le RPM, la hausse de dépenses annuelles pour Medicare pourrait avoisiner les 6 milliards de dollars. Face à cette projection, les auteurs plaident pour la mise en place de garde-fous. Des limites fondées sur les preuves, concernant la durée de surveillance ou les critères d’éligibilité des patients, pourraient permettre d’atteindre un juste équilibre.

    Une dynamique déjà amorcée et renforcée par les nouveaux codes de facturation

    La montée en puissance du RPM au sein de Medicare n’est pas nouvelle. Mais cette tendance pourrait s’accentuer avec l’introduction, dans la finalisation de la grille tarifaire Medicare 2026, de nouveaux codes de facturation. Ceux-ci permettront de rémunérer les professionnels pour des collectes de données sur des périodes plus courtes (dès 10 minutes et dès 2 à 5 jours de suivi), contre un minimum de 20 minutes et 16 jours actuellement requis.

     L’enjeu sera de permettre un déploiement pertinent et efficient du RPM, sans induire une inflation non maîtrisée des dépenses publiques.

  • Près de 70 % des dirigeants de santé aux US misent sur le numérique et l’IA pour rester compétitifs d’ici 2026 (Deloitte)

    L’impact des incertitudes réglementaires en 2026

    Selon le rapport 2026 U.S. Healthcare Outlook publié par Deloitte, 67 % des dirigeants de systèmes de santé et d’assureurs aux États-Unis estiment que leur organisation surpassera ses concurrentes en 2026. Toutefois, 43 % d’entre eux déclarent une perception qualifiée de « neutre » ou « incertaine » de l’avenir du secteur, contre 28 % en 2024. Ce recul de confiance est principalement lié à des incertitudes politiques et réglementaires : fin des subventions de l’Affordable Care Act, flou autour des assouplissements du télésoin via Medicare. Pour Alicia Janisch, vice-présidente et responsable du secteur santé chez Deloitte, les stratégies classiques ne suffiront pas à affronter les pressions financières et réglementaires croissantes, l’étude montre une inquiétude face aux mutations politiques, aux enjeux d’accessibilité et à un moment de transformation pour les modèles de soins et la santé numérique.

    60 % des dirigeants santé américains prévoient d’investir dans le numérique

    L’étude — menée auprès de 120 dirigeants d’organisations de santé — montre que les investissements se concentrent fortement sur les services numériques. En réponse à la demande des usagers, 60 % des répondants prévoient d’investir dans des services de santé numériques, notamment dans une optique de prévention. Côté usagers, l’adoption est déjà forte : plus de 90 % des patients ayant eu recours à une téléconsultation se disent prêts à renouveler l’expérience. Par ailleurs, 47 % des consommateurs utilisent des dispositifs de suivi de la forme ou de la santé, et 37 % des objets de suivi pour des pathologies.

    IA en santé : seuls 33 % des établissements américains ont franchi le cap du déploiement à l’échelle

    Plus de 80 % des dirigeants interrogés considèrent que l’intelligence artificielle générative et agentique pourrait apporter une valeur modérée à “significative” dans les fonctions cliniques, opérationnelles et administratives. Cependant, seuls 33 % des établissements utilisent l’IA à l’échelle de leur organisation. La majorité (49 %) est encore en phase d’expérimentation, et 18 % n’ont pas encore amorcé d’adoption. Le rapport souligne que l’impact réel de l’IA repose sur son déploiement global, au-delà des silos organisationnels, afin de réduire la charge administrative, améliorer les prises de décision et renforcer l’expérience des patients et des professionnels.

    Ouverture aux partenariats intersectoriels

    Enfin, 80 % des dirigeants considèrent les partenariats hors secteur santé comme une priorité stratégique. Les collaborations avec des acteurs du retail, de la tech ou de la grande distribution visent notamment à répondre aux déterminants sociaux de santé. Les coopérations avec des organisations communautaires sont envisagées pour agir sur les besoins économiques et sociaux, tandis que les alliances avec les enseignes alimentaires visent à mieux prendre en compte les besoins nutritionnels. Pour Alicia Janisch, il est nécessaire de « penser les innovations en dehors du périmètre classique de la santé ».

  • IA en santé : les usages augmentent, les cadres peinent à suivre

    L’IA en santé reste opaque pour les usagers (4 patients sur 10 savent pas que les médecins l’utilisent)

    Le baromètre Data & IA en santé, réalisé par Toluna pour l’Acsel, révèle une adoption massive de l’intelligence artificielle (IA) par les professionnels de santé : 90 % déclarent l’utiliser dans leur pratique quotidienne. Les cas d’usage sont variés, allant de l’aide au diagnostic à la planification des soins, en passant par la formation ou l’analyse épidémiologique. Pourtant, cette réalité technologique reste largement méconnue du grand public. Quatre Français sur dix ne savent pas si leur praticien utilise l’IA, et 20 % pensent que ce n’est pas le cas. Seul un professionnel sur deux informe ses patients de cet usage, alors que 84 % des citoyens aimeraient en être avertis.

    Des usages qui précèdent les cadres

    Le phénomène de « Shadow IA » est souligné dans l’étude : l’utilisation des outils devance l’encadrement institutionnel. Les cadres de gouvernance, les standards de formation et les dispositifs d’information sont encore en construction. La confiance reste nuancée : l’IA est perçue comme une opportunité, mais la supervision humaine et la protection des données sont attendues comme des garanties minimales. 91 % des soignants demandent un cadre d’usage clair et contrôlé. La confidentialité, les biais et la responsabilité en cas d’erreur figurent parmi les principales préoccupations exprimées lors de l’événement de restitution organisé le 11 décembre à Paris.

    Structurer la formation et l’accès aux données

    Le baromètre pointe également le besoin d’une formation neutre, universitaire et transversale. L’objectif est de donner les bases pour une utilisation responsable. Plusieurs intervenants ont évoqué l’idée d’un « permis de conduire de l’IA » en santé. Autre point critique : l’accès aux données de santé, jugé encore trop lent et trop complexe pour permettre un développement fluide de l’innovation. Les enjeux d’interopérabilité et de qualité des données, notamment pour les usages en prévention et en gestion des maladies chroniques, sont considérés comme prioritaires.

    Vers une nouvelle gouvernance numérique en santé

    L’étude met en lumière un virage déjà amorcé : l’IA s’inscrit dans une logique de parcours de soins, au service de l’identification précoce des risques, de la personnalisation de la prévention, et de la réduction de l’errance thérapeutique. Les messages clés convergent vers trois impératifs : des données accessibles et fiables, une formation structurée, et un climat de confiance encadré par des principes opérationnels.

  • Vivalto Santé digitalise plus de la moitié des préadmissions avec son application « Espace Patient »

    Vivalto Santé, groupe hospitalier privé, poursuit la transformation numérique de son organisation avec le déploiement de l’« Espace Patient ». Accessible sur mobile et en ligne, cette application facilite le parcours des patients en centralisant les démarches liées à leur séjour hospitalier, et en allégeant la charge des équipes soignantes et administratives. Co-construite avec les professionnels de terrain, l’application répond à un triple objectif : organiser les soins, améliorer l’expérience patient et renforcer l’efficacité opérationnelle.

    Depuis janvier 2023, elle est progressivement déployée au sein du Groupe, avec une dynamique de livraison toutes les trois semaines. Vingt établissements sont déjà équipés.

    Des fonctionnalités pensées pour les patients

    L’« Espace Patient » propose plusieurs services pour simplifier la préparation des séjours hospitaliers. Il permet notamment de :

    • Réaliser la préadmission en ligne et formuler des souhaits en matière de prestations hôtelières ;
    • Saisir ses informations de couverture sociale ;
    • Identifier un praticien ou un établissement du Groupe via un moteur de recherche ;
    • Recevoir des notifications pratiques par SMS, e‑mail ou push (convocation, rappels, etc.).

    Un accompagnement téléphonique est également prévu pour les patients moins familiers avec le numérique, afin de garantir l’inclusivité du dispositif. Vivalto Santé est éditeur de sa propre solution. L’application repose sur une architecture développée et pilotée en interne. Les données sont hébergées dans un environnement certifié HDS (Hébergeur de Données de Santé). Cette centralisation rend possible la continuité du dossier patient, quel que soit l’établissement fréquenté.

    Un back-office conçu pour les équipes de terrain

    Côté établissements, un logiciel de back-office accompagne la personnalisation de l’application (livrets d’accueil, prestations hôtelières, etc.). Il permet de suivre les préadmissions, de gérer les échanges avec les mutuelles et d’intégrer automatiquement les informations dans le système d’information hospitalier du Groupe. La fluidité des démarches contribue à la réduction des tâches répétitives.

    Vivalto Santé franchit le cap des 55 % de digitalisation

    Dans les établissements équipés depuis plus de six mois, le taux de préadmissions entièrement digitalisées dépasse 55 %. Les retours patients sont également positifs, avec des notes moyennes de 4,5 sur l’App Store et de 4,4 sur Google Play. Le déploiement régional est en cours : les Hauts-de-France et l’Île-de-France sont entièrement couverts, la Bretagne approche la fin du processus et la Normandie devrait être intégrée d’ici fin 2025.

    Les développements à venir portent sur l’accessibilité numérique, les questionnaires ambulatoires pré- et post-opératoires, ainsi que l’amélioration continue de l’ergonomie et de la maintenance applicative. À terme, le Groupe ambitionne de faire de cette application un standard d’hospitalité numérique en santé.

  • Protection sociale : en 2024, les prestations progressent plus vite que le PIB et l’inflation

    Protection sociale : 932,5 milliards d’euros dépensés en France en 2024, en hausse de 4,8 %

    En 2024, les dépenses de prestations sociales connaissent une accélération importante à l’échelle européenne. En France, elles augmentent de 4,8 % en euros courants, atteignant 932,5 milliards d’euros, contre +4,1 % en 2023 et +1,5 % en 2022. Dans l’Union européenne à 27, la hausse s’élève à 6,9 %, après +6,5 % en 2023. Ces croissances dépassent nettement l’inflation, établie à 2,3 % en France et à 2,6 % dans l’UE. Pour la première fois depuis le pic de 2020 lié à la crise sanitaire, les prestations sociales augmentent plus rapidement que le produit intérieur brut. En France, leur part dans le PIB progresse de 0,4 point pour atteindre 31,9 %, contre 27,3 % en moyenne dans l’UE-27, en hausse de 0,6 point. Les données préliminaires indiquent que la Finlande se positionne en tête des pays européens en part de dépenses de protection sociale.

    La retraite et la santé concentrent 80 % des dépenses

    Les risques vieillesse-survie et santé expliquent l’essentiel de cette hausse. Le vieillissement démographique généralisé en Europe contribue à l’augmentation des pensions de retraite, malgré les réformes engagées. En France, l’évolution des dépenses de santé est également marquée par la revalorisation des honoraires médicaux et la progression des coûts liés aux traitements innovants. Tous les postes de dépenses sociales augmentent, à l’exception du risque pauvreté-exclusion sociale. La diminution de ces dépenses en 2024 résulte de la suppression de dispositifs exceptionnels instaurés en réponse à la crise inflationniste, comme le chèque énergie exceptionnel. À l’inverse, les prestations liées à l’emploi, au logement ou à la famille poursuivent leur progression, portée par des mécanismes d’indexation différée.

    Un montant par habitant supérieur à la moyenne européenne

    13 650 € par habitant en France en 2024, en hausse de 2,2 %

    En moyenne, les prestations sociales atteignent 13 650 euros par habitant en France en 2024, soit une hausse de 2,2 % en euros constants. Les prestations vieillesse-survie en représentent 46 %, soit 6 250 euros. En parité de pouvoir d’achat, la France dépasse la moyenne de l’UE (12 200 euros), mais reste en deçà de pays comme l’Allemagne, le Danemark ou le Luxembourg, dont les dépenses par habitant peuvent atteindre 24 300 euros.

    Du côté des recettes, les ressources de la protection sociale progressent à un rythme plus modéré : +3,9 % en 2024, contre +4,7 % en 2023. Cette décélération est surtout portée par le ralentissement des contributions publiques (+1,5 % après +5,7 %), plus sensibles aux variations immédiates de l’inflation. En revanche, les cotisations sociales (+4,6 %) et les impôts et taxes affectés (+3,5 %) maintiennent une dynamique soutenue.

  • Une étude internationale montre qu’éliminer cinq facteurs de risque cardiovasculaires peut faire gagner jusqu’à 14 ans d’espérance de vie

    Une vaste étude mondiale pilotée depuis Toulouse

    Menée par le Pr Jean Ferrières, cardiologue au CHU de Toulouse, professeur à l’Université de Toulouse et chercheur à l’Inserm, une étude internationale vient de démontrer que les maladies cardiovasculaires pourraient devenir rares si les principaux facteurs de risque modifiables étaient éliminés. L’étude repose sur l’analyse de données issues de plus de 2 millions de personnes adultes, réparties dans 39 pays sur six continents et suivies pendant 30 ans. Au cours de ce suivi, plus de 1,2 million de cas de maladies cardiovasculaires ont été recensés (infarctus, AVC, angines de poitrine, revascularisations coronariennes), ainsi que plus de 2 millions de décès. L’objectif des chercheurs : mesurer précisément l’impact de cinq facteurs de risque modifiables – hypertension, tabagisme, cholestérol, diabète et surpoids – sur l’espérance de vie et la probabilité de survenue d’un événement cardiovasculaire.

    Résultat : jusqu’à 14 ans d’espérance de vie gagnée

    • Les résultats montrent des écarts nets selon la présence ou l’absence de ces facteurs de risque. À 50 ans :
    • Une femme sans aucun des cinq facteurs de risque peut espérer vivre 14,5 années de plus qu’une femme les cumulant tous ; chez les hommes, le gain est de 11,8 années.
    • La probabilité de développer une maladie cardiovasculaire est de 13 % chez les femmes et 21 % chez les hommes sans facteur de risque, contre respectivement 24 % et 38 % en cas de cumul des cinq.
    • La probabilité de décès avant 90 ans varie de 53 % à 88 % chez les femmes, et de 68 % à 94 % chez les hommes, selon la présence ou non de ces facteurs.

    Les chercheurs soulignent qu’agir sur un seul de ces facteurs permet déjà de gagner entre 4 et 6 ans d’espérance de vie, selon le facteur ciblé et le sexe.

    Une prévention à portée individuelle

    Ces résultats renforcent les messages de prévention primaire. Pour le Pr Jean Ferrières, « protéger son cœur est à la portée de tous : arrêter de fumer, surveiller sa tension, son cholestérol, son poids et son diabète ». Cette approche individuelle pourrait à terme faire reculer l’incidence des maladies cardiovasculaires dans le monde.

  • Mon espace santé : un kit de déploiement dédié pour le médico-social

    Deux boîtes complémentaires : professionnels et usagers

    L’Agence du Numérique en Santé met à disposition un kit de déploiement de Mon espace santé, conçu pour les établissements sociaux et médico-sociaux ainsi que leurs professionnels. Objectif : faciliter l’appropriation du service par les équipes et les personnes accompagnées, grâce à des ressources prêtes à l’emploi et réutilisables. Ce kit s’appuie sur une phase d’expérimentation conduite en 2024 dans des établissements pilotes et dans cinq régions volontaires. Il combine des documents issus du secteur sanitaire, des productions des établissements impliqués et de nouvelles ressources élaborées à partir des besoins exprimés pendant cette phase.

    Le kit se structure autour de deux volets :

    • La boîte “professionnels”, qui propose des outils pour organiser en interne le déploiement de MES, informer les équipes, et communiquer avec les partenaires.
    • La boîte “usagers”, qui contient des supports accessibles pour accompagner les personnes accompagnées et leurs aidants, y compris des contenus en Facile à Lire et à Comprendre (FALC).

    Ces ressources ont été conçues en co-construction avec le terrain, intégrant les retours d’expérience des établissements et des régions pilotes. Plusieurs canaux ont nourri le développement du kit :

    • Les enseignements de l’expérimentation de 2024, notamment le sondage “Expérimentation Mon espace santé, 6 mois après”.
    • Les retours des ambassadeurs Mon espace santé dans les cinq régions engagées.
    • Les tests conduits par huit structures médico-sociales.
    • Les contributions de cinq membres du Cercle des experts médico-sociaux.