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  • Obésité complexe : un arrêté encadre les parcours coordonnés renforcés et lance un premier dispositif remboursé

    Un dispositif national opérationnel avec un premier cahier des charges

    L’arrêté du 26 février 2026, pris pour l’application de l’article R. 4012-1 du code de la santé publique, fixe le cadre commun des parcours coordonnés renforcés et rend opérationnel un premier dispositif remboursé : le parcours « obésité complexe chez l’adulte ».

    Le texte définit le modèle national de projet à déposer, les modalités de sélection des structures, les règles de facturation, ainsi que le cahier des charges clinique et organisationnel du parcours.

    Le dispositif s’inscrit dans la filière territoriale de prise en charge de l’obésité organisée par les agences régionales de santé.

    Il vise les patients relevant des deuxième et troisième niveaux de l’obésité, selon les référentiels de la Haute Autorité de santé.

    Critères d’inclusion et déploiement limité à 269 structures

    L’inclusion se fait sur prescription d’un médecin spécialiste de l’obésité référencé par la structure, après une évaluation multidimensionnelle préalable. Le patient doit avoir au moins 18 ans, ou 16 ans avec autorisation parentale, ne pas avoir bénéficié du parcours dans l’année précédente et répondre aux critères cliniques de phénotypage.

    Quatre profils sont définis : obésité complexe seule, avec limitation à l’activité physique adaptée, avec troubles du comportement alimentaire, ou avec cumul de ces deux situations.

    Le parcours ne pourra être déployé que par des structures autorisées après appel à candidatures régional. Sont éligibles les maisons de santé pluriprofessionnelles sous forme de SISA, les centres de santé et les établissements de santé, à condition qu’un médecin spécialiste de l’obésité y coordonne le parcours. Deux structures peuvent aussi être conjointement habilitées.

    La téléprocédure de dépôt des projets sera ouverte à compter du 5 mai 2026. Les régions où la prévalence de l’obésité complexe dépasse la moyenne nationale devront publier un premier appel à candidatures avant le 30 juin 2026 ; pour les autres, l’échéance est fixée au 31 décembre 2026.

    L’annexe fixe un plafond de 269 structures au niveau national, dont 40 en Île-de-France, 32 en Auvergne-Rhône-Alpes, 30 dans les Hauts-de-France et 26 dans le Grand Est.

    Une équipe minimale et un parcours sur deux séquences

    La structure doit être capable de délivrer un programme d’éducation thérapeutique du patient déclaré auprès de l’ARS. L’équipe-socle minimale comprend un médecin spécialiste de l’obésité, un infirmier, un diététicien, un psychologue clinicien et un professionnel autorisé à dispenser l’activité physique adaptée.

    Le parcours commence par une évaluation multidimensionnelle, puis se déploie en deux temps :

    • Une séquence initiale intensive, d’une durée moyenne de douze mois et maximale de dix-huit mois.
    • Puis une séquence de suivi renforcé jusqu’à douze mois.

    Pour tous les profils, sont prévues des interventions individuelles médicales, diététiques, psychologiques et d’activité physique adaptée. Les profils avec troubles du comportement alimentaire bénéficient d’un renforcement psychologique, ceux présentant des limitations fonctionnelles ont en plus 24 séances collectives d’activité physique adaptée au début du parcours.

    Des forfaits différenciés et une facturation encadrée

    Le forfait global varie selon le profil : 1 126 euros pour le profil A, 1 286 euros pour le profil B, 1 609 euros pour le profil C et 1 769 euros pour le profil D. Une majoration transitoire de 20 euros est prévue pendant les deux premières années de déploiement, et une majoration de 20 % s’applique en outre-mer. La participation de l’assuré est fixée à 40 % du forfait, sauf exonération. La facturation passe par le téléservice de l’assurance maladie, avec dépôt des pièces justificatives, traçabilité des interventions et attestation de service fait signée.

    Avec ce texte, les parcours coordonnés renforcés entrent dans une phase de déploiement concret, sur un champ où l’enjeu porte autant sur la coordination clinique que sur l’organisation territoriale, la traçabilité et l’articulation entre ARS, assurance maladie et structures autorisées.

    Journal Officiel : Arrêté du 26 février 2026 pris pour l’application de l’article R. 4012-1 du code de la santé publique Est pris en charge par l’assurance maladie le parcours coordonné renforcé suivant : – le parcours de l’obésité complexe chez l’adulte dont le cahier des charges est défini en annexe 2.

  • (Etude) Cancer : une IA identifie la couverture santé universelle et la radiothérapie comme déterminants majeurs de la survie dans 185 pays

    Une IA pour analyser les performances des systèmes de santé

    Une étude publiée en janvier 2026 dans Annals of Oncology explore les déterminants de la survie au cancer à l’échelle mondiale à partir d’un modèle d’apprentissage automatique appliqué à 185 pays.

    Des chercheurs de l’University of Texas et du Memorial Sloan Kettering Cancer Center ont croisé les données d’incidence et de mortalité issues de la base GLOBOCAN 2022 avec des indicateurs décrivant les systèmes de santé nationaux. Ces variables proviennent notamment de l’Organisation mondiale de la santé, de la Banque mondiale, des Nations unies et d’un répertoire mondial des centres de radiothérapie.

    L’indicateur utilisé pour mesurer la performance des pays est le ratio mortalité/incidence (MIR), souvent mobilisé comme approximation de la survie au cancer. Les chercheurs ont entraîné un modèle d’apprentissage automatique pour prédire ce ratio pour chaque pays, avant d’appliquer une méthode d’interprétation permettant d’estimer la contribution relative de chaque variable aux résultats observés.

    L’objectif est de déterminer quels éléments des systèmes de santé sont les plus associés aux écarts de survie.

    Trois facteurs dominants à l’échelle mondiale

    L’analyse met en évidence trois déterminants particulièrement associés à une meilleure survie au cancer :

    • La couverture santé universelle.
    • La densité de centres de radiothérapie.
    • Le produit intérieur brut (PIB) par habitant.

    À l’inverse, l’augmentation globale des dépenses de santé n’est pas systématiquement liée à une amélioration du ratio mortalité/incidence. Selon les auteurs, ces résultats suggèrent que les écarts entre pays s’expliquent moins par le volume total de ressources mobilisées que par leur organisation et leur accessibilité pour les patients.

    Des déterminants différents selon les pays

    L’étude met également en évidence des profils nationaux différenciés.

    • Au Brésil, la couverture santé universelle apparaît comme le facteur le plus contributif à de meilleurs résultats en matière de cancer, devant les services de pathologie et la densité infirmière.
    • En Pologne, les performances sont principalement associées à la densité de services de radiothérapie, au PIB par habitant et à l’indice de couverture universelle.
    • Au Japon, la densité de centres de radiothérapie se distingue comme variable dominante. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le PIB par habitant est le facteur le plus influent parmi les variables analysées.
    • En Chine, les facteurs les plus liés à de meilleurs résultats sont le PIB par habitant, la couverture santé universelle et la densité de centres de radiothérapie.

    À l’inverse, les dépenses directes des patients, la densité de chirurgiens et les dépenses de santé rapportées au PIB contribuent moins aux différences observées.

    Vers des politiques de santé guidées par la donnée

    Pour les auteurs, ce type de modèle ouvre la voie à des outils d’aide à la décision destinés aux responsables publics. En hiérarchisant l’impact des différents éléments des systèmes de santé, il devient possible d’orienter plus précisément les priorités d’investissement. Dans les pays disposant déjà d’une couverture universelle et d’une offre hospitalière dense, les marges de progression se situeraient davantage dans l’accès effectif aux soins et l’organisation des parcours, notamment dans les territoires sous-dotés et pour les cancers de mauvais pronostic.

    L’étude suggère ainsi que l’analyse de données à grande échelle peut transformer des ensembles complexes d’indicateurs en instruments de planification pour les politiques de lutte contre le cancer.

    Machine learning reveals country-specific drivers of global cancer outcomes

     

  • Télémédecine, IA, données : où les systèmes de santé investissent vraiment (étude McKinsey)

    L’étude met en lumière un paradoxe : si près de 90 % des dirigeants considèrent l’IA et le digital comme prioritaires, une large majorité reconnaît ne pas avoir les moyens de concrétiser ces ambitions. Le véritable enjeu ne semble donc plus être la prise de conscience ou la pertinence des technologies, mais la capacité des systèmes de santé à les déployer à grande échelle dans des organisations contraintes par des budgets limités, des systèmes informatiques hérités et des pénuries de talents.

    Elle révèle aussi un déplacement des investissements vers des services numériques visibles pour les patients (télémédecine, prise de rendez-vous en ligne ou “digital front doors”) tandis que l’IA, malgré un potentiel économique estimé entre 200 et 360 milliards de dollars, reste encore difficile à industrialiser.

    Les ambitions se heurtent aux contraintes du terrain

    Le cabinet de conseil McKinsey a interrogé 200 dirigeants de systèmes de santé dans le monde afin d’évaluer leurs priorités d’investissement et l’état d’avancement de leurs transformations digitales. L’analyse s’inscrit dans un contexte de tensions structurelles : hausse des coûts, pénuries de personnels, vieillissement des populations, progression des maladies chroniques et concurrence d’acteurs non traditionnels.

    À ces contraintes s’ajoutent des attentes des patients en matière de services numériques ; prise de rendez-vous en ligne, télémédecine, parcours fluidifiés, etc

    Près de 90 % des dirigeants interrogés (qu’ils occupent des fonctions techniques ou exécutives) considèrent la transformation numérique et l’IA comme une priorité élevée, voire prioritaire. Cependant, 75 % déclarent ne pas être en mesure de délivrer à la hauteur de cette priorité, en raison d’un manque de ressources ou d’une planification insuffisante.

    Si 88 % des dirigeants estiment que l’IA présente un fort potentiel d’impact, près de 20 % n’envisagent pas d’y investir dans les deux prochaines années. À l’inverse, des domaines comme la santé virtuelle et les “digital front doors” concentrent davantage les intentions d’investissement, avec environ 70 % des répondants anticipant un impact élevé.

    McKinsey souligne également que l’absence d’investissement dans des plateformes modernes de données et d’analytique pourrait retarder la création de valeur dans des cas d’usage tels que la réduction des écarts de prise en charge, l’amélioration des délais d’orientation ou l’optimisation des blocs opératoires.

    51 % des dirigeants de la santé citent les contraintes budgétaires

    Legacy, budgets, talents : les principaux freins

    Dans un contexte macroéconomique tendu, 51 % des dirigeants classent les contraintes budgétaires parmi les trois principaux freins à l’investissement numérique à grande échelle.

    Les systèmes legacy constituent le deuxième obstacle cité. Les architectures historiques, souvent construites autour de solutions monolithiques, compliquent la modernisation. S’y ajoutent des enjeux de qualité des données (33 %), de recrutement de talents technologiques (30 %) et de capacité organisationnelle à adopter et déployer de nouvelles solutions (34 %).

    Parmi les systèmes ayant investi dans le numérique, 72 % des dirigeants déclarent être satisfaits des résultats obtenus. Ce taux atteint 82 % pour la robotique et 81 % pour l’analytique avancée. Pour McKinsey, ces niveaux de satisfaction suggèrent moins un problème de pertinence des investissements qu’une difficulté à les déployer à l’échelle.

    Quatre axes d’action mis en avant

    Le cabinet identifie plusieurs leviers pour accélérer la transformation :

    • Nouer des partenariats (alliances, joint ventures) afin d’atteindre une masse critique. McKinsey rappelle que figurer parmi les 20 premiers systèmes mondiaux par chiffre d’affaires suppose aujourd’hui plus de 13 milliards de dollars de revenus, un seuil souvent atteint via des croissances externes.
    • Repenser les processus cliniques au-delà du simple déploiement d’outils. L’optimisation des flux de travail pourrait générer un gain net de temps de 15 à 30 % sur un service de 12 heures, contribuant à réduire un déficit estimé à 300 000 infirmiers en hospitalisation.
    • Moderniser les environnements de données via le cloud, en structurant des produits de données identifiés et des plateformes centrées sur les utilisateurs.
    • Transformer les modes de fonctionnement, avec des équipes transversales, des financements orientés résultats, une gestion par produit et des architectures modulaires moins dépendantes des dossiers médicaux électroniques monolithiques.

    McKinsey recommande d’intégrer des équipes juridiques et de gestion des risques aux côtés des équipes IA et data, et de mettre en place des stratégies structurées de priorisation des risques.

  • Doctrine du numérique en santé 2026 : plus de 130 contributions et de nouveaux repères sur l’EEDS, la cybersécurité et les services nationaux

    La doctrine du numérique en santé 2026 est désormais accessible en ligne. Élaborée par la Délégation au numérique en santé, l’Agence du Numérique en Santé, l’Assurance Maladie et le GIE SESAM-Vitale, cette nouvelle version actualise le cadre de référence national qui organise le développement des services numériques en santé en France.

    Le document fixe les principes d’urbanisation et les règles communes destinés à soutenir des services interopérables, sécurisés et utilisables par les professionnels de santé.

    Plus de 130 contributions émanant d’acteurs publics et privés du numérique en santé ont été recueillies. Ces retours ont servi à enrichir et à actualiser les fiches de la doctrine, avec l’objectif de mieux refléter les enjeux actuels du secteur ainsi que les trajectoires des services numériques nationaux.

    @ANS : Doctrine du numérique en santé

    EEDS, cybersécurité, éthique … Les orientations mises en avant

    Cette nouvelle version précise plusieurs orientations pour 2026. Elle intègre d’abord l’impact de l’Espace européen de données de santé, en particulier sur le cadre réglementaire du numérique en santé et sur les futurs référentiels d’interopérabilité et de sécurité.

    Le texte revient aussi sur la sécurité du numérique en santé, en tenant compte des effets attendus de la régulation européenne en matière de cybersécurité. Sont notamment mentionnées la directive NIS2 et la directive sur la résilience des entités critiques, ainsi que les évolutions des référentiels d’identification électronique et leurs conséquences sur la politique générale de sécurité des systèmes d’information de santé. Autre axe mis en avant : l’éthique du numérique en santé. La doctrine annonce des travaux prévus en 2026, en particulier sur l’usage de l’intelligence artificielle.

    Le document fait également évoluer le volet consacré à l’identité numérique des professionnels. Pro Santé Connect s’ouvre à de nouveaux moyens d’identification. La doctrine acte la création de Pro Santé Identité afin de permettre l’enregistrement du personnel administratif. Elle mentionne en parallèle l’usage de l’application carte Vitale comme moyen d’identification électronique dans les services numériques en santé.

    La version 2026 actualise les trajectoires de plusieurs services nationaux. Mon espace santé est concerné, avec notamment la délégation d’accès à un proche ou à un aidant et des évolutions autour de la prévention personnalisée. La Messagerie Sécurisée de Santé figure aussi parmi les services appelés à évoluer, avec une mise à jour du cadre réglementaire de l’Espace de confiance MSSanté. La doctrine mentionne également l’ordonnance numérique, le Hub Santé et le portail SI-Samu. Elle intègre enfin un nouveau service national de partage d’images entre professionnels de santé et avec les patients : le réseau DRIM-M.

    Au-delà de l’actualisation réglementaire et technique, cette édition 2026 donne à voir les priorités des pouvoirs publics sur l’année à venir : articulation avec le cadre européen, renforcement des exigences de cybersécurité, évolution des dispositifs d’identité numérique, intégration de nouveaux usages et poursuite de la structuration des services nationaux.

  • Dessintey change de dimension avec l’acquisition de l’activité de rééducation d’Axinesis

    Déjà présente dans près de 30 pays et forte de près de 500 équipements IVS installés, la medtech stéphanoise a dépassé 10 M€ de chiffre d’affaires en 2025.

    Trois mois après l’entrée du fonds ARLANE à son capital, Dessintey annonce l’acquisition de l’activité rééducation de la société belge Axinesis. L’opération, dont le montant n’est pas communiqué, permet à l’entreprise française d’élargir son portefeuille technologique et de renforcer sa présence dans les centres de rééducation neurologique et orthopédique.

    Dessintey indique avoir un CA supérieur à 10 millions d’euros, en hausse de plus de 50 % par rapport à 2024. Cette acquisition constitue sa première opération de croissance externe.

    Dessintey construit une plateforme complète de rééducation

    Cette acquisition marque un changement de dimension pour Dessintey. Il ne s’agit pas seulement d’élargir un catalogue de dispositifs, mais de franchir une étape en passant à la croissance externe, quelques mois à peine après l’entrée du fonds ARLANE à son capital. En intégrant les technologies d’Axinesis, l’entreprise construit progressivement une plateforme de rééducation, capable de couvrir plusieurs étapes du parcours thérapeutique. Cette approche renforce sa valeur stratégique auprès des centres de soins, qui peuvent désormais s’appuyer sur une offre plus complète et intégrée.

    Partenaires depuis 2021, Dessintey et Axinesis avaient déjà déployé plus de 150 dispositifs dans des centres hospitaliers français. Désormais, Dessintey reprend l’ensemble de la gamme de rééducation développée par Axinesis (à savoir : REAplan, REAtouch et REAtouch Lite2)

    Ces dispositifs viennent compléter les technologies déjà développées par Dessintey : IVS (Intensive Visual Simulation), STIIMP (Stimulation Induite Implicite) et SRT Lab. L’objectif est de proposer un continuum de soins couvrant l’ensemble du parcours de rééducation neurologique et orthopédique.

    Sur le plan industriel, Axinesis continuera de produire les dispositifs REAplan et REAtouch pour le compte de Dessintey depuis son site d’assemblage en Belgique. De son côté, Dessintey maintiendra à Saint-Jean-Bonnefonds, ses activités de recherche et développement ainsi que l’assemblage de ses propres dispositifs.

    Dessintey structure son offre autour de trois parcours de soins :

    • ARM Lab pour la rééducation des membres supérieurs,
    • GAIT Lab pour les membres inférieurs et la marche,
    • et SRT Lab pour augmenter le temps d’activité des patients en séance collective et en auto-rééducation.

    L’entreprise explique pouvoir ainsi accompagner les patients depuis leur entrée en centre de rééducation jusqu’au retour à domicile, avec des outils ajustés à leur progression.

    Une accélération à l’international

    Dessintey prévoit de commercialiser directement les dispositifs REAplan, REAtouch et REAtouch Lite2 en France, en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Dans les autres marchés, leur diffusion passera par son réseau de distributeurs.

    Cette opération s’inscrit dans une stratégie d’internationalisation plus large. L’entreprise cite notamment le programme « Rehab for Ukraine », destiné à renforcer les capacités locales de prise en charge des traumatismes liés au conflit. Selon Dessintey, 23 hôpitaux civils et militaires sont déjà équipés ou en cours d’équipement, avec un objectif de 45 établissements à mi-2026.

  • Etude : les LLM améliorent la compréhension des comptes rendus de radiologie pour les patients

    LLM et comptes rendus de radiologie : une méta-analyse de 38 études montre +87 % de compréhension perçue par les patients, avec 0,9 % d’erreurs cliniquement significatives

    Les LLM améliorent fortement la compréhension des comptes rendus

    Les comptes rendus de radiologie sont traditionnellement rédigés pour les cliniciens et utilisent un vocabulaire technique difficile à comprendre pour les patients. Une revue systématique avec méta-analyse publiée en février 2026 a évalué la capacité des grands modèles de langage à simplifier ces documents.

    L’étude a identifié 38 travaux publiés entre 2022 et 2025, représentant 12 922 comptes rendus simplifiés et 508 évaluateurs (387 personnes issues du public et 121 professionnels de santé). La majorité des études (92 %) utilisaient des modèles de la famille GPT.

    Les résultats montrent une amélioration nette de la compréhension perçue par les patients et les lecteurs non spécialistes. Les comptes rendus originaux rédigés par les radiologues obtenaient un score moyen de 2,16 sur 5, contre 4,04 sur 5 pour les versions simplifiées par LLM. La méta-analyse estime l’écart moyen à +2 points, soit une amélioration de 87 % de la compréhension perçue. Les patients déclarent également un niveau de satisfaction plus élevé avec les comptes rendus simplifiés.

    Des évaluations positives des cliniciens sur l’exactitude

    Les comptes rendus générés ou reformulés par les modèles de langage ont également été évalués par des professionnels de santé. Au total, 121 cliniciens, dont 80 radiologues, ont participé aux évaluations.

    Les notes attribuées aux rapports simplifiés sont globalement élevées :

    • Exactitude : 4,45 / 5
    • Complétude : 4,53 / 5
    • Simplicité : 4,32 / 5

    Les modèles GPT-4 obtiennent des scores d’exactitude supérieurs à ceux de GPT-3.5 dans les analyses de sensibilité. Les évaluateurs se montrent en revanche plus prudents concernant la diffusion directe aux patients et l’absence de risque clinique, avec des scores légèrement plus faibles (respectivement 3,93 et 3,79).

    Une amélioration marquée de la lisibilité des rapports

    Les analyses de lisibilité confirment l’effet des LLM sur la complexité linguistique des comptes rendus. Les scores Flesch-Kincaid Grade Level diminuent en moyenne de :

    • –6,20 points pour les scanners (CT)
    • –5,07 points pour les radiographies
    • –5 points pour les IRM

    Ces évolutions correspondent à un passage d’un niveau de lecture universitaire vers un niveau proche de celui d’un élève de 11 à 13 ans. Les scores Flesch Reading Ease augmentent parallèlement, indiquant un texte plus accessible. Les auteurs notent toutefois que les comptes rendus simplifiés deviennent souvent plus longs, les modèles ajoutant des explications ou des analogies pour clarifier les termes médicaux.

    Des erreurs rares mais non négligeables

    L’un des enjeux centraux reste la fiabilité des modèles. Parmi les études ayant analysé les erreurs, la méta-analyse estime :

    • 7,2 % d’erreurs au total (inexactitudes, omissions ou informations fabriquées)
    • 0,9 % d’erreurs cliniquement significatives

    Ces erreurs peuvent modifier l’interprétation d’un diagnostic ou la gravité d’une pathologie. Les auteurs considèrent donc qu’un contrôle humain reste nécessaire avant toute diffusion des rapports simplifiés.

    Des questions ouvertes sur l’intégration clinique

    L’introduction de comptes rendus simplifiés générés par IA soulève plusieurs questions organisationnelles.

    Les radiologues pourraient théoriquement valider les versions générées avant diffusion aux patients, mais ce modèle de supervision pourrait augmenter la charge de travail. La responsabilité de validation pourrait aussi être partagée avec les médecins prescripteurs, qui disposent d’une vision plus globale de la situation clinique.

    La question du moment de diffusion des résultats est également sensible. Une publication immédiate pourrait provoquer anxiété ou incompréhension chez les patients, tandis qu’un accès différé pourrait limiter la préparation des consultations.

    Vers des comptes rendus radiologiques plus centrés sur les patients

    Au-delà des performances techniques, les travaux inclus dans la revue montrent que les patients attendent des comptes rendus :

    • rédigés en langage clair
    • expliquant la signification clinique des résultats
    • indiquant les étapes suivantes du parcours de soins
    • accompagnés de glossaires ou d’aides visuelles

    Les auteurs soulignent que peu d’études ont intégré les patients dans la conception de ces formats, alors même qu’ils en sont les principaux utilisateurs.

    *Large language models for simplifying radiology reports: a systematic review and meta-analysis of patient, public, and clinician evaluations

  • CHU de Lille : la pharmacie centrale robotise la délivrance nominative des médicaments et vise 80 % des lits équipés

    Une délivrance médicamenteuse automatisée et nominative

    Le CHU de Lille a engagé l’automatisation d’une partie du circuit du médicament avec le dispositif “Duna”  (pour “Délivrance Unitaire Nominative Automatisée“). Déployé par la pharmacie centrale, ce système robotisé prépare des traitements individualisés destinés aux patients hospitalisés.

    La solution est actuellement testée dans deux unités de soins de longue durée de l’hôpital Les Bateliers et dans deux unités de soins médicaux et de réadaptation gériatriques de l’hôpital Calmette. L’établissement prévoit ensuite une extension progressive à la majorité des services.

    Les piluliers individualisés sont expédiés une à deux fois par semaine vers les unités participantes. Ce fonctionnement vise à sécuriser la prise en charge médicamenteuse tout en limitant les stocks de médicaments dans les services de soins, dont la gestion reposait en grande partie sur les équipes soignantes, notamment de nuit.

    Quatre automates connectés au système de prescription :

    Le dispositif repose sur quatre automates directement reliés au système de prescription informatisée du CHU, via le logiciel Sillage, édité par le groupement d’intérêt public MipihSIB.

    Deux machines produisent les doses unitaires, comprimés, gélules ou sachets, et les conditionnent avec une étiquette assurant leur traçabilité. Deux autres automates assemblent ensuite les piluliers nominatifs correspondant aux prescriptions de chaque patient. Les piluliers sont ensuite livrés de façon hebdomadaire ou bi-hebdomadaire dans les services concernés par les équipes de transport de l’hôpital. À ce stade, environ 4 500 doses sont produites chaque semaine par le système DUNA. L’objectif du CHU est de déployer cette organisation pour près de 80 % des lits.

    Une évolution du circuit du médicament dans les services

    Avec ce modèle, les médicaments ne sont plus stockés en grandes quantités dans les armoires des unités de soins. Auparavant conditionnés en boîtes et soumis à un suivi régulier des dates de péremption par les soignants, ils arrivent désormais pré-emballés et directement associés à la prescription du patient.

    Le dispositif vise ainsi à réduire la gestion logistique au sein des services et à permettre aux équipes soignantes de se concentrer davantage sur l’administration des traitements et la prise en charge des patients.

    Le projet intègre également des objectifs environnementaux. Les doses unitaires peuvent être réutilisées et un circuit de retour est organisé pour les médicaments non utilisés. Les équipes travaillent par ailleurs sur un système d’emballage biodégradable.

    Une organisation construite avec les équipes de soins :

    La mise en place du dispositif a été préparée avec les unités gériatriques impliquées dans l’expérimentation afin d’adapter l’organisation aux pratiques des services.

    Malgré une livraison espacée, qui est hebdomadaire ou bi-hebdomadaire, le système permet de prendre en compte rapidement les modifications de prescription réalisées par les médecins. Les services de soins peuvent ainsi déléguer la préparation des traitements tout en conservant la responsabilité de leur administration.

    Cette évolution a également impliqué les services logistiques et de transport de l’établissement, les modalités d’approvisionnement des unités étant profondément modifiées. Selon le CHU, les équipes soignantes utilisatrices mettent en avant le temps gagné sur la gestion des stocks ainsi que l’amélioration de la traçabilité des prescriptions médicamenteuses. Les conditions de travail des agents de la pharmacie affectés au secteur DUNA ont également été étudiées, notamment via une analyse acoustique et la mise en place de mesures de prévention liées à l’utilisation des automates.

    Une première étape vers la future pharmacie du CHU

    Pour l’établissement, ce dispositif constitue une première étape vers la future pharmacie hospitalière dont l’ouverture est prévue d’ici 2029. Le projet doit intégrer plusieurs systèmes d’automatisation et de sécurisation du circuit du médicament. L’enjeu concerne l’ensemble de l’activité hospitalière : le CHU de Lille prend en charge environ 1,4 million de patients chaque année.

    L’automatisation de la délivrance nominative des médicaments au CHU de Lille illustre l’évolution du circuit du médicament vers un modèle plus sécurisé, centralisé et industrialisé. En préparant automatiquement des doses individualisées à partir de la prescription informatisée, le dispositif vise à réduire les risques d’erreur médicamenteuse tout en améliorant la traçabilité des traitements.

    Au-delà de l’aspect technologique, le projet transforme l’organisation hospitalière : la préparation et la gestion des stocks de médicaments sont progressivement transférées des unités de soins vers la pharmacie centrale. Cette évolution permet aux équipes soignantes de se concentrer davantage sur l’administration des traitements et la prise en charge des patients.

    L’initiative s’inscrit également dans une logique de modernisation à long terme. Le déploiement progressif du système, avec un objectif de 80 % des lits équipés, constitue une étape vers la future pharmacie hospitalière automatisée prévue au CHU d’ici 2029. Elle témoigne de la montée en puissance des solutions robotisées et logistiques dans le fonctionnement des grands établissements hospitaliers.

  • (Etude) Autisme : jusqu’à 40 % de patients répondeurs identifiés par analyse algorithmique

    Une étude publiée en février 2026 dans Translational Psychiatry propose une relecture de deux essais cliniques de phase 3 portant sur le bumétanide chez des enfants et adolescents présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). À l’aide d’un algorithme de machine learning, les chercheurs identifient plusieurs profils cliniques susceptibles de répondre au traitement, alors même que les essais n’avaient pas démontré d’efficacité globale.

    L’analyse suggère que certains sous-groupes de patients, représentant jusqu’à 40 % des participants, présentent un bénéfice thérapeutique significatif. Ces résultats illustrent les limites d’une approche uniforme dans les pathologies hétérogènes comme l’autisme et ouvrent la voie à des stratégies d’essais plus ciblées.

    Malgré des phases 2 positives, deux essais de phase 3 du bumétanide échouent à démontrer un effet

    Le bumétanide est un inhibiteur du co-transporteur NKCC1 qui agit sur l’équilibre excitation-inhibition du cerveau en restaurant l’inhibition GABAergique. Ce mécanisme est impliqué dans plusieurs troubles neurologiques, dont l’autisme.

    Neuf essais cliniques de phase 2 menés par sept équipes indépendantes avaient montré une amélioration significative des symptômes du TSA chez plus de 1 000 enfants traités.

    Pour confirmer ces résultats, deux essais internationaux de phase 3 ont ensuite été menés dans environ 50 centres répartis dans 13 pays :

    • Un essai chez des enfants de 7 à 17 ans.
    • Un essai chez des enfants de 2 à 6 ans.

    Les participants ont été randomisés pour recevoir soit du bumétanide sous forme orale deux fois par jour, soit un placebo, pendant 26 semaines.

    Malgré les résultats encourageants des phases précédentes, les analyses globales n’ont montré aucune différence significative entre le traitement et le placebo, quel que soit l’indicateur clinique utilisé. Les auteurs avancent que cette absence d’effet pourrait s’expliquer par la forte hétérogénéité clinique du TSA, susceptible de diluer les effets thérapeutiques lorsqu’on analyse l’ensemble des patients comme un groupe homogène.

    Un algorithme pour identifier les profils répondeurs

    Pour explorer cette hypothèse, les chercheurs ont appliqué l’algorithme de découverte de sous-groupes Q-Finder, développé par la société Quinten. Cet outil d’apprentissage supervisé explore systématiquement les combinaisons de variables cliniques afin d’identifier des sous-populations pour lesquelles l’effet d’un traitement diffère significativement. L’analyse repose uniquement sur des variables cliniques collectées au début des essais, notamment :

    • scores des échelles CARS2 (Childhood Autism Rating Scale) et SRS-2 (Social Responsiveness Scale),
    • critères diagnostiques du DSM-5,
    • évaluations fonctionnelles Vineland-II,
    • échelle Clinical Global Impression,
    • données démographiques et cliniques.

    Pour limiter les faux positifs, les chercheurs ont regroupé certaines variables cliniques en domaines symptomatiques et appliqué plusieurs filtres statistiques : taille minimale des sous-groupes, seuil d’effet clinique, significativité statistique et validation croisée entre les deux essais.

    Au total, l’algorithme a généré plus de 2 400 sous-groupes potentiels dans le premier essai et plus de 3 000 dans le second, avant de retenir ceux présentant un effet thérapeutique crédible.

    Des sous-groupes avec un bénéfice clinique significatif

    Dans l’essai incluant les enfants de 7 à 17 ans, l’analyse a identifié :

    • 9 sous-groupes répondeurs lorsque l’échelle CARS2 est utilisée comme critère principal.
    • 13 sous-groupes répondeurs lorsque l’échelle SRS-2 est utilisée comme critère secondaire.

    Le sous-groupe le plus large, représentant 40 % des patients, associe :

    • Un score modérément anormal dans le domaine neurosensoriel du CARS2.
    • Un score sévère en communication sociale dans le SRS-2.

    Dans ce groupe, l’effet du traitement atteint une taille d’effet de 0,53 avec une différence statistiquement significative entre le bumétanide et le placebo.

    Dans l’essai portant sur les enfants de 2 à 6 ans, les chercheurs ont identifié :

    • 9 sous-groupes répondeurs sur l’échelle CARS2.
    • 20 sous-groupes répondeurs sur l’échelle SRS-2.

    Certains profils représentent jusqu’à 36 % de la population étudiée et présentent un effet thérapeutique significatif.

    Trois sous-groupes validés entre les deux essais

    Afin de limiter les biais liés à l’exploration de multiples combinaisons, les chercheurs ont procédé à une validation croisée entre les deux essais.

    Résultat :

    • deux sous-groupes identifiés dans l’étude des 7-17 ans ont été confirmés dans l’étude des plus jeunes,
    • un sous-groupe identifié dans l’étude des 2-6 ans a également été validé.

    Ces sous-groupes partagent un point commun : un score légèrement anormal dans le domaine “adaptation aux changements environnementaux” du CARS2. Selon les auteurs, ce critère pourrait servir de base pour définir de futurs critères d’inclusion dans des essais ciblés.

    Les auteurs soulignent toutefois plusieurs limites :

    • La réduction du nombre de variables pour limiter le sur-apprentissage.
    • Le nombre élevé de tests statistiques inhérent à la recherche de sous-groupes.
    • Les différences d’âge entre les deux populations utilisées pour la validation.

    Les résultats devront donc être confirmés dans des cohortes indépendantes avant de servir de base à de nouveaux essais cliniques.

  • Appel à projets SESAME : 34 établissements retenus pour automatiser le circuit des médicaments et dispositifs médicaux

    L’appel à projets SESAME vise à soutenir l’automatisation du circuit des médicaments et des dispositifs médicaux au sein des établissements de santé, sociaux et médico-sociaux.

    Plus de 160 dossiers ont été déposés auprès de la Direction générale de la santé. À l’issue d’un jury national et après avis des ARS, 34 projets bénéficieront d’un accompagnement financier et méthodologique pour automatiser le circuit des produits de santé.

    L’objectif est double : renforcer la sécurité et le bon usage des produits de santé, et améliorer l’efficience des organisations, notamment en recentrant les professionnels sur les activités de soins.

    Des critères centrés sur la transformation des organisations

    Les projets ont été sélectionnés par le ministère après examen par un jury national et avis des agences régionales de santé. Quatre critères ont guidé l’analyse des dossiers :

    • La capacité à décrire la transformation attendue des soins et des organisations après mise en place de l’automatisation, en s’appuyant sur des indicateurs chiffrés.
    • La prise en compte des enjeux de coopération territoriale.
    • Le portage institutionnel et la dimension transversale du projet.
    • L’adéquation du calendrier de mise en œuvre avec celui de l’évaluation prévue.

    L’appel à projets prévoit un soutien financier et méthodologique.

    Les 34 dossiers retenus couvrent l’ensemble du territoire et portent majoritairement sur la dispensation nominative des médicaments, le stockage et la délivrance au sein des unités de soins, ainsi que la traçabilité des dispositifs médicaux implantables.

    Parmi les établissements sélectionnés figurent notamment :

    Un suivi national pour orienter les politiques publiques

    La mise en œuvre des projets fera l’objet d’un suivi et d’une évaluation coordonnés par la DGS et l’ANAP. L’enjeu est d’améliorer la connaissance des tutelles sur les conditions de déploiement de l’automatisation du circuit des produits de santé et d’alimenter l’orientation des politiques publiques dans ce domaine.

     

  • Un décret précise les sanctions financières en cas de non-conformité aux référentiels d’interopérabilité, d’éthique et de sécurité

    Un dispositif de contrôle inscrit dans le code de la santé publique

    Le décret n° 2026-153 du 3 mars 2026 précise les modalités de sanction prévues au III de l’article L.1470-6 du code de la santé publique. Il s’adresse aux personnes physiques ou morales, publiques ou privées, qui mettent en œuvre des services numériques en santé au sens de l’article L.1470-1. Le texte encadre la possibilité pour le ministre chargé de la santé d’appliquer des pénalités financières lorsque les éditeurs :

    • Ne disposent pas du certificat de conformité requis.
    • Ou ne respectent pas les référentiels d’interopérabilité, d’éthique et de sécurité définis à l’article L.1470-5.

    Ce décret s’inscrit dans l’application de l’article 53 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023.

    Un portail de signalement et un programme annuel de contrôle

    Le décret confie un rôle central au groupement d’intérêt public mentionné à l’article L.1111-24 du code de la santé publique. Celui-ci doit administrer un portail permettant de recueillir les signalements relatifs aux manquements des éditeurs de services numériques en santé.

    Ce groupement est également chargé de :

    • Porter à la connaissance des éditeurs et des utilisateurs l’existence de ce portail.
    • Définir chaque année un programme de contrôle du respect des référentiels et de l’obligation éventuelle de certification.

    Ce programme est approuvé par arrêté du ministre chargé de la santé. Le groupement doit transmettre au ministère un bilan annuel détaillant :

    • Le nombre de contrôles réalisés.
    • Les manquements constatés.
    • Leurs caractéristiques.
    • Et les suites données.

    Ce bilan est rendu public sur son site internet. La Caisse nationale de l’assurance maladie participe au dispositif en signalant les manquements observés chez les professionnels ou établissements utilisant ces services.

    Des pouvoirs de contrôle sur les éditeurs

    Afin de vérifier la conformité des services numériques en santé, le groupement d’intérêt public peut mener différentes actions :

    • Visites sur site.
    • Démonstrations des outils.
    • Examen des spécifications techniques.

    Les éditeurs concernés doivent être informés à l’avance du motif du contrôle ainsi que de l’identité et de la qualité des personnes chargées de l’inspection.

    Une procédure graduée avant sanction

    Lorsqu’un manquement est constaté à la suite d’un signalement, d’un contrôle ou d’un audit, le groupement peut adresser une injonction à l’éditeur afin qu’il corrige la situation. Si le manquement persiste, il peut proposer au ministre chargé de la santé d’engager une procédure de sanction.

    La proposition de sanction doit inclure :

    • Une appréciation de la gravité du manquement.
    • Un montant de pénalité, dans la limite prévue par la loi.
    • Le cas échéant, une proposition d’astreinte.

    L’évaluation de la gravité repose notamment sur :

    • La nature du référentiel non respecté.
    • Le nombre et la nature des non-conformités.
    • L’impact potentiel sur la prise en charge des patients.
    • Les risques pour la santé publique.
    • Les conséquences financières pour l’assurance maladie.

    Lorsque l’auteur présumé est un éditeur, les autorités prennent aussi en compte l’effet du manquement sur la capacité des professionnels ou établissements utilisateurs à respecter leurs propres obligations.

    Une pénalité décidée par le ministre

    Lorsque le ministre est saisi d’une proposition de sanction, il demande à l’auteur présumé du manquement de présenter ses observations écrites dans un délai d’un mois. L’éditeur peut également solliciter une audition. Le ministre peut ensuite prononcer une sanction financière dont le montant ne peut excéder celui proposé par le groupement. Lorsqu’un éditeur est sanctionné, il doit transmettre au ministère, dans les quinze jours suivant la notification, le chiffre d’affaires hors taxes réalisé en France lors du dernier exercice clos. À défaut de communication dans ce délai, la pénalité peut atteindre un million d’euros. La sanction peut être assortie :

    • D’une mise en demeure de mise en conformité.
    • D’une astreinte journalière jusqu’à régularisation.

    Une publicité des sanctions et des non-conformités

    Le décret prévoit également un mécanisme de transparence. Les sanctions prononcées à l’encontre des éditeurs de services numériques en santé sont publiées sur le site internet du groupement d’intérêt public chargé du contrôle. Ce même site doit tenir à jour la liste des services numériques en santé ne respectant pas les obligations réglementaires.

    Le décret est entré en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel, soit le 5 mars 2026.

    Décret n° 2026-153 du 3 mars 2026 relatif aux sanctions mentionnées au III de l’article L. 1470-6 du code de la santé publique – Légifrance