Nabil

  • Déploiement du DUI dans le médicosocial : plus de 1000 nouveaux ESSMS embarqués en 2025 et une réforme à venir du modèle de financement

    Le volet social et médico-social de la stratégie nationale du numérique en santé, lancée en 2021, vise à équiper tous ESSMS d’un dossier usager informatisé (DUI) et à accélérer les usages du numérique au bénéfice des professionnels et des usagers.

    Un appel à projet national est lancé chaque année par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et la Délégation du numérique en santé (DNS). Des appels à projets régionaux sont par ailleurs publiés par les agences régionales de santé afin de déployer cette stratégie.

    40 projets nationaux, embarquant près de 4500 ESSMS, ont ainsi été financés, essentiellement en investissement, mais selon des modalités différentes suivant la taille des structures.

    En 2024 suite au nouvel appel à projets national lancé en mai, les ESSMS ont pu de nouveau déposer un dossier de demande d’adhésion au programme ESMS numérique.

    « Pour sécuriser ces projets, qui sont par nature complexes et risqués », les ESSMS ont été invités à se regrouper. L’appel à projet visait à « encourager les organismes gestionnaires de grande taille ou des regroupements de 50 ESSMS ou plus à déployer une solution de DUI dans leurs établissements et services sur plusieurs régions voire sur l’ensemble du territoire ».

    La commission de sélection des projets nationaux a retenu 7 projets, qui seront financés pour un montant de plus de 8 millions d’euros. Ils embarquent 1019 structures sur tout le territoire :

    • Près de 700 services à domicile gérés par la Croix Rouge Française, l’Union nationale des ADMR et DomusVi ;
    • Plus de 260 établissements ou services du secteur de l’insertion, avec des projets portés par Cités Caritas, Emmaüs Solidarités et l’association Aurore ;
    • Plus de 70 établissements et services pour personnes en situation de handicap, gérés par la Croix Rouge Française.

    Le prochain appel à projets national sera publié le 15 février 2025 pour poursuivre la généralisation du programme ESMS numérique sur tout le territoire. Il s’agira du dernier financé par le Ségur.

    La DNS en faveur d’une refonte du modèle de financement des programmes du numérique dans les ESSMS

    Plusieurs dispositifs de financement soutiennent la transformation numérique des établissements de santé et médico-sociaux:

    • SONS (système ouvert et non sélectif), qui finance la mise à jour des logiciels respectant des critères établis par les pouvoirs publics ;
    • SUN-ES (Ségur usage numérique en établissements de santé), qui finance sa suite Hop’EN 2 dans les établissements, sous réserve de l’atteinte de cibles d’usage, ;
    • HospiConnect, qui vise à sécuriser et simplifier l’identification électronique des professionnels dans les établissements sanitaires et médico-sociaux ;
    • Les différentes vagues d’appels sur les tiers-lieux d’expérimentation.

    « Une grande partie de ces programmes se base sur un modèle de calcul basé sur l’activité », qui génère « quantité de situations qui ne paraissent pas adaptées » et parfois même des « aberrations que nous remonte l’écosystème », a expliqué Matthieu Faure, directeur de projets, lors du Conseil du numérique en santé (CNS) le 17 décembre dernier. La DNS lancera au premier trimestre 2025 des travaux afin de « remettre à plat le modèle de financement actuel ».

    Sur l’appel à projet 2024 :

    https://www.cnsa.fr/appels-projets/esms-numerique-appel-projets-national-2024

    Sur le Ségur du numérique en santé pour le secteur social et médico-social :

    https://esante.gouv.fr/sites/default/files/media_entity/documents/fiche-pratique-segur-numerique-medicosocial-mars24-%281%29.pdf

  • AWS et General Catalyst : une alliance stratégique pour transformer la santé grâce à l’IA

    Déployer l’IA pour des soins personnalisés et une efficacité accrue

    AWS et General Catalyst s’allient pour codévelopper des outils intégrés qui exploitent les capacités de l’IA générative et des technologies cloud. Cette collaboration vise des avancées dans plusieurs domaines, soins prédictifs et personnalisés, interopérabilité des données de santé, efficacité opérationnelle et clinique, diagnostics avancés, engagement des patients tout au long de leur parcours de soins.

    Les solutions seront alimentées par des technologies comme Amazon Bedrock, Anthropic et Mistral AI, avec des modèles spécifiques. Selon AWS, cette alliance permet de tirer parti de l’étendue de ses services cloud et de son expertise en IA, offrant flexibilité et sécurité pour des déploiements rapides à grande échelle.

    General Catalyst prévoit d’intégrer ses entreprises partenaires, telles que Commure et Aidoc, aux capacités d’IA et de données d’AWS. Commure apporte sa suite Copilot, qui centralise les flux de travail des soins de santé pour une meilleure coordination. Et Aidoc, avec sa plateforme aiOS, propose des solutions de diagnostic assistées par l’IA, particulièrement utiles pour les images médicales.

    Une vision commune pour transformer les soins

    Matt Garman, PDG d’AWS, souligne que cette collaboration répond à un objectif commun, à savoir “améliorer les résultats des patients et démocratiser l’accès à des soins de qualité grâce à l’IA”. De son côté, Hemant Taneja, PDG de General Catalyst, affirme que l’IA, lorsqu’elle est déployée à grande échelle, peut “révolutionner” les systèmes de santé.

    Des initiatives alignées sur une tendance plus large

    • En 2024, GE HealthCare a collaboré avec AWS pour intégrer l’IA dans ses flux de travail diagnostiques, en utilisant notamment les modèles d’Amazon Bedrock et SageMaker.
    • General Catalyst a levé 8 milliards de dollars pour financer des projets innovants, incluant l’IA et les soins de santé.
  • QALO dévoile un anneau intelligent (sans frais d’abonnement) en silicone pour le suivi de la santé

    Un nouvel acteur sur le marché des anneaux intelligents

    Après Oura ou Happy Health, c’est au tour de QALO, entreprise spécialisée dans les anneaux en silicone, d’annoncé la sortie de son anneau connecté QRNT, un dispositif de suivi de santé sans frais d’abonnement. L’anneau, équipé de nanotechnologie, permet de mesurer plusieurs paramètres biométriques comme la fréquence cardiaque et sa variabilité, la saturation en oxygène, les phases de sommeil, ou encore le niveau de stress.

    Les données collectées sont accessibles via une application gratuite, ce qui distingue le QRNT de nombreux concurrents nécessitant des abonnements mensuels. Pour une touche esthétique, QALO propose des housses interchangeables pour personnaliser son anneau.

    « En combinant notre matériau en silicone signature avec une technologie de pointe, nous avons créé un produit qui incarne notre vision de rendre le style personnalisé et le bien-être accessibles à tous. » Jacob Brewer, président de WIN Brand Group, propriétaire de la marque QALO.

    Reste à voir si cette stratégie saura séduire un public de plus en plus attentif à la simplicité d’usage et à la gestion des données personnelles dans les dispositifs connectés.

    Selon Research and Markets, le marché des anneaux intelligents est évalué à 232,12 millions de dollars en 2023, et devrait atteindre 455,56 millions de dollars d’ici 2029, avec un taux de croissance annuel de 11,90 %.

     

  • Santé : François Bayrou annonce un soutien budgétaire renforcé et des priorités pour 2025

    Une hausse budgétaire pour répondre à la crise des établissements de santé

    Entre inflation, hausse des charges et déficit structurel, les établissements de santé connaissent une crise financière profonde. En 2024, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) prévoit un déficit de 460 millions d’euros, reflétant une situation généralisée dans le secteur. Pour y répondre, François Bayrou a annoncé une augmentation notable de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM), qui passera à 3,3 % en 2025, contre 2,8 % initialement prévus. Cette hausse représente près d’un milliard d’euros supplémentaires pour les hôpitaux, l’équivalent de 15 000 postes de soignants. Les établissements médico-sociaux, notamment les EHPAD et structures pour personnes handicapées, bénéficieront également de cette augmentation, dans un contexte marqué par des attentes fortes en matière de revalorisation salariale et de financement.

    Une logique budgétaire pluriannuelle pour plus de visibilité

    Pour pallier l’instabilité chronique du financement de la santé, François Bayrou propose d’adopter une logique de financement pluriannuelle. Ce cadre permettra aux acteurs de la santé publique et privée de planifier leurs investissements et leurs priorités stratégiques sur le long terme. Le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem) et le Leem (Les entreprises du médicament) saluent cette mesure, soulignant qu’elle pourrait renforcer l’innovation et la résilience du système de santé face aux mutations sociétales et technologiques.

    Santé mentale, formation et équité dans l’accès aux soins

    La santé mentale, qui touche un Français sur cinq selon les données nationales, est confirmée comme grande cause nationale pour 2025. Cette priorité, déjà amorcée par le prédécesseur de François Bayrou, Michel Barnier, devrait s’accompagner d’une coordination interministérielle pour agir sur l’éducation, le logement et le sport. La question de la formation des soignants est également une des priorités. François Bayrou souhaite travailler avec les élus locaux et réformer les études médicales et infirmières pour répondre aux besoins de santé des territoires. En matière d’accès aux soins, le gouvernement renonce à la mesure de déremboursement de certains médicaments et consultations médicales envisagée par le précédent exécutif. La part de remboursement par l’Assurance Maladie reste fixée à 70 %, une bonne nouvelle pour les patients et les professionnels.

    Autres annonces liées à la santé et au social

    • Handicap : remboursement intégral des fauteuils roulants dès 2025.
    • Sport santé : 100 000 bilans d’activités physiques pour les malades chroniques.
    • Enfance : création d’un Haut-Commissariat à l’enfance.
    • Précarité étudiante : construction de 15 000 logements étudiants par an pendant trois ans.

    Professionnels de santé et citoyens attendent désormais des précisions chiffrées sur la répartition de ces crédits et sur les réformes envisagées.

     

  • L’ANSM lance une phase pilote de notices dématérialisées pour améliorer l’information et l’usage des médicaments

    Un projet pilote pour moderniser l’information sur les médicaments

    L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) initie un projet de notices numériques enrichies pour faciliter l’accès à des informations pédagogiques et actualisées en temps direct sur certains médicaments. Ce projet, lancé depuis le 17 décembre, repose sur la collaboration avec des laboratoires volontaires sélectionnés à la suite d’un appel à candidatures.

    Le dispositif a pour ambition de répondre à plusieurs besoins :

    • Un accès facilité à l’information : grâce à un QR code imprimé sur les boîtes de médicaments, les patients pourront accéder à la version numérique de la notice à tout moment, via la Base de Données Publique des Médicaments (BDPM).
    • Une information actualisée : les notices dématérialisées seront régulièrement mises à jour, garantissant l’accès aux informations les plus récentes.
    • Des contenus pédagogiques complémentaires : des vidéos explicatives validées par l’ANSM, des dossiers thématiques et des mesures additionnelles de réduction des risques (MARR) seront accessibles depuis l’interface numérique.

    Des expérimentations ciblées et progressives

    La phase pilote prévoit des tests à la fois en ville et à l’hôpital, avec des approches adaptées à chaque contexte :

    • En ville : 93 médicaments seront concernés, incluant le paracétamol, des statines, des vaccins et des inhibiteurs de la pompe à protons. Les boîtes comporteront un QR code renvoyant vers la notice numérique, tout en conservant la notice papier.
    • À l’hôpital : 474 médicaments seront inclus, avec une suppression complète des notices papier, le QR code devenant le seul support d’information.

    Les industriels impliqués devront modifier leurs conditionnements et produire des vidéos validées par l’ANSM, accessibles via un nouvel onglet “bon usage” de la BDPM.

    Pour garantir l’efficacité de cette phase pilote, un comité de suivi composé de représentants des patients, professionnels de santé et industriels se réunira régulièrement. Les indicateurs d’évaluation incluront :

    • L’accessibilité des notices numériques.
    • L’utilisation effective des vidéos pédagogiques.
    • L’impact sur la compréhension et l’usage des médicaments.

    Un calendrier structuré et des engagements précis

    • 17 décembre 2024 : Lancement officiel de la phase pilote.
    • 1er octobre 2025 : Déploiement progressif dans les pharmacies et établissements de santé, date à laquelle un volume suffisant de boîtes modifiées sera disponible.
    • Durée totale : 2 ans à partir du 1er octobre 2025.

    L’ensemble des éléments est disponible sur ce lien : Appel à candidatures – ANSM

  • Remboursement des DMN : quelles démarches pour être certifié par l’ANS ?

    Trois modes de financement pour les dispositifs médicaux numériques certifiés

    Les dispositifs médicaux numériques (DMN) intègrent des fonctions de collecte de données qui permettent d’analyser et de transmettre des informations médicales, parfois sous forme d’alertes selon des seuils prédéfinis. Les données de vie réelle générées permettent une médecine plus personnalisée. Depuis le 31 décembre 2023, les DMN doivent être certifiés conformes au Référentiel d’Interopérabilité et de Sécurité de l’Agence du Numérique en Santé (ANS) pour prétendre au remboursement par l’Assurance Maladie.

    Les modes de financement qui sont disponibles pour les DMN :

    • Droit commun : après inscription sur une liste de remboursement (LPPR ou Liste des Activités de Télésurveillance Médicale – LATM) en nom de marque ou en ligne générique.
    • Prise en charge anticipée (PEC-AN) : pour les DMN à caractère innovant.
    • Prise en charge transitoire (PEC-T) : pour les produits de santé présumés innovants ayant une finalité thérapeutique ou de compensation du handicap.

    DMN : comment obtenir le certificat de conformité de l’ANS ?

    Les exploitants de DMN doivent déposer une candidature sur la plateforme Convergence, développée par l’ANS, pour obtenir une certification. Le processus comprend plusieurs étapes, notamment la vérification de l’éligibilité du dispositif, la soumission des preuves de conformité et l’évaluation par un collège de certification.

    Le certificat de conformité au Référentiel d’Interopérabilité et de Sécurité de l’ANS (prévu à l’article L. 1470-5 du Code de la Santé Publique) est délivré aux dispositifs médicaux numériques (DMN) avant leur remboursement par l’Assurance Maladie. Il concerne : les DMN de télésurveillance avant inscription à la LATM (nom de marque ou ligne générique), les DMN hors télésurveillance avant inscription à la LPPR, ainsi que les DMN avant prise en charge anticipée (PEC-AN) ou transitoire (PEC-T).
    Nota : Ce référentiel concerne les DMN à un usage individuel, ayant obtenu le marquage CE (2017/745 ou 2017/746), et impliquant un traitement de données à caractère personnel conformément au RGPD (règlement général relatif à la protection des données n°2016/679 du 27 avril 2016).

    Guide pratique pour les exploitants

    L’ANS met à disposition un schéma et une matrice afin de vérifier si la certification du DMN est possible. Outre une première description des informations utiles à l’ANS pour évaluer la recevabilité (comme la documentation fonctionnelle, la liste des composants, ou encore les pathologies concernées), les candidats devront s’assurer de la validité de plusieurs critères (une réponse négative entraîne une non-recevabilité du DMN) :
    • Le DM est-il pris en charge ou candidat à la prise en charge via la LPPR ?
    • Les fonctionnalités numériques sont-elles incluses dans le périmètre d’un marquage CE ?
    • Le DM est-il à usage individuel (c’est-à-dire à usage d’un seul patient) ?
    • L’utilisation du DMN implique-t-elle soit un traitement des données à caractère personnel soit un hébergement des données de santé ?
    Les certifications de conformité actuellement disponibles pour les Dispositifs médicaux numériques (ANS)

     

    En conclusion, pour prétendre à la certification, les DMN doivent respecter le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et être conformes aux protocoles d’interopérabilité et de sécurité (PORT) du référentiel de l’ANS. Si un DMN utilise un hébergement de données hors stockage local pour ses fonctionnalités, médicales ou non, il doit disposer d’un certificat HDS (Hébergement de Données de Santé). Ce certificat garantit que l’hébergement est conforme aux articles R1111-8-8 à R1111-8-11 et L1111-8 du Code de la Santé Publique. Si le DMN prévoit un accès réservé aux patients nécessitant une identification, il doit répondre aux exigences du PGSSI-S IEU (hors IEU7 et IEU8). Pour les dispositifs prévoyant un accès réservé aux professionnels de santé, des règles spécifiques s’appliquent, notamment le respect des normes PGSSI-S IEPS. Les professionnels concernés incluent :

    • Les professions médicales : médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes (articles L4111-1 à L4163-10 du CSP).
    • Les professions pharmaceutiques et physiques médicales : pharmaciens d’officine et hospitaliers, physiciens médicaux (articles L4211-1 à L4252-3).
    • Les auxiliaires médicaux : infirmiers, kinésithérapeutes, aides-soignants, orthophonistes, etc. (articles L4311-1 à L4394-4).

    Autres exigences techniques

    Les DMN doivent également respecter des critères supplémentaires, tels que le PSC (Protocole de Sécurisation des Communications), l’utilisation de l’INS (Identifiant National de Santé) et d’autres standards spécifiques comme IEU7, IEU8, et ADM.

    Les exploitants sont donc invités à entamer leur démarche de certification, le dépôt et l’analyse des preuves pouvant se faire section par section sans attendre la fin de tous les développements.
  • Cybersécurité : 1,9 million de dollars de pertes par jour pour les établissements hospitaliers aux US

    Des pertes financières massives

    Depuis 2018, 654 cyberattaques individuelles ont ciblé des organisations médicales. Rien qu’en 2024, 143 attaques ont été recensées, exposant plus de 26,2 millions de dossiers patients. L’accès aux données médicales et la prestation des soins deviennent presque impossibles jusqu’à la suppression du ransomware ou le paiement de la rançon exigée. Le coût moyen de cette rançon s’élève à 1,18 million de dollars, mais les pertes totales englobent également des dépenses indirectes, liées à la récupération des systèmes, au recrutement d’experts en cybersécurité, et à la gestion des violations de données.

    Une menace en constante évolution : Rebecca Moody, responsable de la recherche sur les données chez Comparitech, prévoit une augmentation de ces attaques en 2025. La complexité croissante des ransomwares, comme la dernière version de LockBit, renforcent cette menace.

    Un impact systémique pour la santé numérique

    Les interruptions de services ralentissent l’adoption des outils numériques par crainte d’insécurité, tandis que la violation des données nuit à la confiance des patients et des professionnels. La numérisation des soins requiert des investissements importants dans des infrastructures sécurisées et des plans d’urgence efficaces.

    Des mesures de prévention indispensables

    Pour limiter ces impacts, le rapport recommande aux prestataires de santé de se préparer en amont. Les actions prioritaires incluent :

    • La mise en place d’équipes d’intervention en cas d’incident.
    • L’élaboration de plans de communication adaptés aux crises.
    • La réalisation de sauvegardes régulières des données sensibles.

    Ces efforts doivent s’accompagner de formations continues en cybersécurité pour le personnel et de collaborations renforcées avec les autorités et experts en technologies de l’information.

    Selon un rapport publié par l’Anssi, trente hôpitaux français ont été ciblés par des cyberattaques entre 2022 et 2023.

     

  • Santé numérique en 2024 : 337 000 applications, mais des financements sous pression (rapport IQVIA)

    Un marché en mutation, mais sous tension

    Les entreprises de santé numérique ont traversé des périodes difficiles. Les startups ont vu les financements diminuer, tandis que les entreprises disposant de produits approuvés peinent à augmenter leurs revenus et à élargir leur base d’utilisateurs. Certaines ont même cessé leurs activités. Par exemple H4D, spécialisée dans les cabines de téléconsultation médicale, a fermé ses portes après sa mise en liquidation judiciaire. L’innovation ne faiblit pas malgré tout. Les nouvelles technologies numériques destinées à diagnostiquer, traiter et surveiller les patients à distance se lancent sur un marché mondial plus structuré. L’augmentation des voies d’approbation et de remboursement offre de meilleures chances de succès.

    Des solutions intégrées pour une meilleure adoption 

    Les développeurs combinent divers outils en solutions intégrées, avec des interfaces destinées à la fois aux patients et aux médecins. Cette approche favorise leur adoption par les systèmes de santé. Dans la recherche, les entreprises biopharmaceutiques exploitent des capteurs portables et des outils numériques pour mieux comprendre les effets des médicaments et réduire les risques. Le rapport Digital Health Trends 2024 Implications for Research and Patient Care d’IQVIA (anciennement Quintiles et IMS Health), entreprise mondiale spécialisée dans les données, la technologie et les analyses appliquées au secteur de la santé, nous donne quelques enseignements et des tendances sur le marché.

    Éléments clés du marché de la santé numérique

    • 337 000 applications : le nombre d’applications de santé numérique continue d’augmenter, avec un focus croissant sur des maladies spécifiques et rares, au-delà de la santé mentale et des maladies chroniques.
    • 140 thérapies numériques sur ordonnance sont approuvées pour un usage à domicile, et plus de 220 sont utilisées en clinique ou dans des soins numériques.
    • Biomarqueurs numériques : les capteurs permettant de surveiller les patients sont désormais intégrés dans les soins et la recherche. Les premiers marqueurs numériques validés comme points d’évaluation ont été approuvés par les régulateurs américains et européens.
    • 103 diagnostics numériques : ces outils permettent d’évaluer les risques, de diagnostiquer rapidement et de surveiller la santé des patients, souvent grâce à l’IA et au machine learning.

    Des segments en pleine diversification

    La santé numérique, longtemps centrée sur les applications grand public, évolue vers des solutions pour les professionnels de santé. Parmi elles :

    • Outils d’aide à la décision clinique intégrant des algorithmes et l’IA ;
    • Dispositifs médicaux connectés pour le diagnostic ;
    • Plateformes numériques pour les soins ou la recherche.

    Une forte croissance des thérapies et soins numériques

    Depuis 2021, le nombre de thérapies numériques sur ordonnance a été multiplié par cinq, tandis que les programmes de soins numériques ont presque doublé. Certaines applications validées par des études cliniques apportent des bénéfices tangibles aux patients.

    Surveillance à distance (des outils en pleine expansion) : Les outils de surveillance des patients, comme les capteurs ou les résultats signalés électroniquement (ePRO), s’imposent dans les soins et les essais cliniques. Ces technologies permettent de gérer les maladies chroniques et d’offrir des soins personnalisés grâce à des capacités prédictives avancées.

    Défis pour les thérapies numériques sur ordonnance : Depuis mai 2021, 94 nouvelles thérapies numériques sur ordonnance ont été approuvées dans le monde. Cependant, plusieurs produits ont perdu leur statut de remboursement ou disparu en raison de faillites. Malgré ces défis, de nouveaux produits émergent, comme Luminopia, Leva Pelvic Health System ou encore Rejoyn, récemment lancé pour traiter les troubles dépressifs majeurs.

     

  • Programmes d’éducation thérapeutique patient : L’ARS IDF dévoile une nouvelle version de CART’EP

    Un outil modernisé pour structurer l’offre d’éducation thérapeutique

    L’éducation thérapeutique du patient (ETP) vise à acquérir ou maintenir les compétences nécessaires à la gestion des maladies chroniques.

    Créée en 2009 à l’initiative de l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France, la plateforme CART’EP (CARTographie des programmes d’Éducation Thérapeutique du Patient) a été conçue pour répertorier et partager les programmes d’ETP disponibles sur le territoire francilien.

    En collaboration avec le GIP Sesan, le LEPS (Laboratoire Éducations et Promotion de la Santé) de l’Université Sorbonne Paris Nord et d’autres partenaires régionaux, l’ARS a lancé en 2025 une nouvelle version de la plateforme pour mieux répondre aux besoins des professionnels de santé et des patients.

    Trois objectifs clés pour cette version

    La nouvelle mouture de CART’EP poursuit ses objectifs, à savoir :

    • Identifier des programmes ETP de proximité : Faciliter la recherche de programmes adaptés selon la localisation et la pathologie du patient.
    • Favoriser l’interaction entre patients et équipes de soins : Les utilisateurs pourront se mettre en relation avec des équipes formées, y compris des patients experts et partenaires.
    • Proposer des ressources actualisées et validées : Accès à des articles scientifiques, ressources pédagogiques et actualités sur l’ETP.

    Cet outil est destiné aux professionnels de santé qui souhaitent orienter leurs patients vers des programmes adaptés. Et aux responsables de programmes ETP qui souhaitent structurer et visualiser l’offre existante.

    Un projet collaboratif et évolutif

    Depuis sa création, CART’EP est pilotée par le LEPS et a été enrichie au fil du temps pour mieux répondre aux attentes des acteurs du soin. Le projet de refonte lancé en 2024 implique désormais d’autres partenaires, comme le GIP Sesan en tant que maître d’œuvre, le Pôle de ressources ETP Île-de-France et la Coordination 95.