Nabil

  • L’assistanat territorial : une solution pour améliorer l’accès aux soins dans les zones sous-denses

    La crise de la démographie médicale en France

    La pénurie de professionnels de santé, particulièrement dans les zones médicalement sous-denses, est une problématique structurelle. Selon une étude de l’INSEE (novembre 2024), les médecins généralistes s’installent le plus souvent près de leur lieu de naissance ou d’internat. Cette réalité renforce l’urgence de développer des stratégies innovantes pour inciter les jeunes médecins à s’installer temporairement ou durablement dans ces territoires.

    Parmi les mesures évoquées, l’idée de stages en périphérie des centres hospitaliers universitaires (CHU) pour les étudiants en médecine est prometteuse, mais elle se heurte à la nécessité d’un encadrement adapté, souvent absent dans ces zones. Une autre initiative complémentaire, celle du “docteur junior ambulatoire”, repose sur des étudiants en fin d’internat, mais reste limitée par la rareté des maîtres de stage universitaires (MSU) et la faiblesse des structures locales.

    Une proposition ambitieuse : l’assistanat territorial

    Pour aller plus loin, un collectif propose la mise en place d’un assistanat territorial basé sur le volontariat. Ce dispositif s’adresserait à des médecins ayant terminé leur formation (thèse et diplôme validés) pour une durée d’un à deux ans.

    Ce modèle présente plusieurs atouts :

    • Autonomie médicale : Ces médecins n’ont pas besoin d’encadrement direct, bien qu’ils restent en lien avec des équipes universitaires pour garantir un suivi et une progression dans leur carrière.
    • Renforcement de l’attractivité : Les assistants territoriaux pourraient devenir maîtres de stage à terme, formant ainsi la relève pour les générations suivantes.
    • Impact rapide : Avec des promotions d’internes estimées à 10 500 dès 2026, ce dispositif pourrait mobiliser rapidement plusieurs milliers de jeunes médecins dans les territoires en tension.
    • Adaptabilité : L’assistanat territorial concernerait toutes les disciplines médicales, répondant ainsi aux besoins globaux en matière d’accès aux soins.

    Des incitations pour un contrat “gagnant-gagnant”

    Pour rendre ce dispositif attractif, les collectivités territoriales devraient offrir des avantages concrets :

    • Soutien matériel et logistique : Facilités de logement, garde d’enfants, aides à l’installation, et guichet unique pour accompagner les démarches administratives.
    • Avantages financiers : Les assistants territoriaux bénéficieraient d’une prime d’exercice territorial et de droits comparables à ceux des assistants hospitaliers, renforçant ainsi la motivation des jeunes médecins à participer à ce programme.
    • Évolutions de carrière : Les médecins libéraux pourraient accéder au contrat de début d’exercice, tandis que ceux optant pour l’hospitalier verraient leur ancienneté reconnue, avec des primes et des échelons de carrière supérieurs.

    Une alternative à la contrainte

    Contrairement à des mesures imposant l’installation en zones sous-denses, souvent inefficaces et contournables, cette approche repose sur l’incitation et la formation. Inspirée de dispositifs similaires ayant prouvé leur efficacité à l’international, elle mise sur un engagement volontaire et valorisant pour les jeunes médecins. Enfin, il est important de préserver l’attractivité des carrières hospitalo-universitaires, en alignant les avantages des chefs de clinique-assistants des hôpitaux (CCU-AH) sur ceux des assistants territoriaux. Cette cohérence est indispensable pour garantir la pérennité du système de formation et de recherche médicale.

    Une réponse rapide à une crise urgente

    L’assistanat territorial pourrait jouer un rôle pour améliorer rapidement l’accès aux soins dans les territoires en difficulté. En construisant un cadre attractif et bien accompagné, il permettrait de pallier la pénurie médicale tout en offrant une expérience formatrice et valorisante aux jeunes professionnels. Cette solution, loin d’être une contrainte, se veut un levier pour un système de santé plus équilibré et accessible.

     

  • Servier et Google renforcent leur partenariat pour accélérer l’innovation en R&D grâce à l’IA

    Un contrat stratégique axé sur la GenAI

    Deux ans après un premier partenariat autour de la data et de l’IA, Servier renouvelle et étend son alliance avec Google via un contrat de cinq ans. Ce nouvel accord se concentre sur l’intelligence artificielle, en particulier l’IA generative (GenAI). Son ambition principale : améliorer l’efficacité et la productivité de la recherche et développement (R&D), un domaine important pour un groupe qui consacre 70 % de ses investissements à l’oncologie et aux maladies rares. Ce partenariat repose sur une soixantaine de cas d’usage identifiés, notamment dans la R&D. Parmi ces applications figurent l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques, le criblage moléculaire, la compréhension biologique des pathologies, la numérisation des essais cliniques ou encore le développement de la médecine de précision.

    Vers une recherche plus efficace et rapide

    Le coût moyen pour développer un nouveau médicament avoisine aujourd’hui 2 milliards d’euros, avec un taux d’échec de 90 % et une durée moyenne de mise sur le marché de 10 à 15 ans. En réponse à ces défis, Servier s’appuie sur l’IA pour augmenter les probabilités de succès des projets thérapeutiques et réduire les délais. Un exemple concret de cette stratégie est la plateforme analytique Axe (Advanced Analytics Environment), développée avec Google Cloud. Grâce à cet outil, certaines études cliniques sont désormais analysées en une demi-journée, contre deux à trois semaines auparavant, tout en augmentant la capacité de traitement et d’analyse des données.

    Une transformation digitale au service de la chaîne de valeur

    L’accord avec Google s’étend aussi à d’autres activités stratégiques. L’IA est mobilisée pour optimiser la maintenance prédictive des infrastructures industrielles, améliorer la supply chain, et renforcer les interactions avec les patients et les professionnels de santé. En parallèle, Servier déploie un programme ambitieux de transformation numérique nommé Jazz, basé sur SAP S/4 Hana, pour harmoniser ses opérations à l’échelle mondiale. Ce projet est complété par des solutions dédiées à la planification et à l’exécution industrielles, garantissant une couverture logicielle intégrée.

    Une infrastructure hybride, pensée pour l’efficacité et la sécurité

    Côté infrastructures, Servier mise sur une approche hybride combinant cloud public et datacenters on-premise. Si le partenariat avec Google constitue le socle de sa plateforme de données, le groupe utilise également Azure pour d’autres déploiements. Cependant, Servier maintien des datacenters stratégiques, notamment au siège à Suresnes et dans son usine principale à Gidy, dans le Loiret. Pour des raisons de sécurité et de latence, certains sites industriels et laboratoires conserveront de petites infrastructures locales, alors que la stratégie « serverless » est appliquée à l’international.

    Un partenariat au cœur de l’innovation en santé numérique

    En renouvelant sa confiance en Google, Servier renforce sa position dans la course à l’innovation en santé numérique. Ce partenariat illustre comment l’intelligence artificielle peut transformer les modèles de R&D, réduire les coûts et, à terme, améliorer les résultats pour les patients. Une alliance stratégique qui pourrait bien dessiner l’avenir du développement pharmaceutique.

     

  • AÉSIO Santé déploie des infirmiers en pratique avancée pour renforcer les soins en EHPAD

    Une réponse aux défis des EHPAD

    Introduite par la Loi de modernisation de notre système de santé, la pratique avancée élargit les compétences des infirmiers après une formation complémentaire de deux ans. Ces infirmiers en pratique avancée (IPA) peuvent :

    • Renouveler et adapter des traitements.
    • Prescrire des examens complémentaires.
    • Assurer un suivi clinique approfondi.
    • Mener des actions de prévention ou de dépistage.

    Placés sous la supervision des médecins traitants et coordonnateurs, les IPA interviennent auprès de patients dont l’état de santé est stabilisé, avec leur consentement et dans le cadre d’une équipe soignante.

    Déploiement dans cinq EHPAD de l’Ardèche et de la Drôme

    Pour répondre aux besoins croissants en soins des résidents âgés et polypathologiques, AÉSIO Santé a introduit les IPA dans cinq de ses EHPAD :

    • Résidence Les Vergers à Thueyts.
    • Résidence Rochemure à Jaujac.
    • Résidence Roussillon aux Vans.
    • Résidence Les Peupliers au Teil.
    • Résidence Émile Loubet à Montélimar.

    Les IPA y assurent un suivi clinique régulier, ajustent les traitements, et mettent en œuvre des mesures préventives. Leur expertise permet également de gérer des situations complexes et d’éviter des hospitalisations inutiles.

    Un soutien médical renforcé

    Les IPA sont intégrés aux équipes soignantes et collaborent étroitement avec deux médecins du groupe :

    • Dr Alexandra Meneses, médecin coordonnateur dans deux EHPAD de la Drôme.
    • Dr Philippe Terrat, médecin coordonnateur à Saint-Étienne et directeur médical de la filière EHPAD.

    Cette supervision garantit une prise en charge optimale, tout en apportant un soutien aux médecins traitants ayant accepté l’intervention des IPA auprès de leurs patients. Si cette expérimentation s’avère concluante, le groupe envisage d’étendre ce dispositif à d’autres EHPAD.

  • Illumina et Nvidia : un partenariat pour intégrer l’IA dans la recherche multiomique et la génomique

    L’IA au service de la recherche multiomique

    La collaboration entre Nvidia, acteur des technologies de calcul, et Illumina, leader du séquençage génomique, marque une avancée significative dans l’intégration de l’intelligence artificielle dans les sciences de la vie. L’objectif est de combiner les capacités de calcul accéléré et d’IA de Nvidia avec les logiciels et plateformes d’analyse génomique d’Illumina, tels que Dragen et ses outils d’analyse connectée. La recherche multiomique, qui intègre des données provenant de diverses sources biologiques, telles que la génomique, la transcriptomique et l’épigénétique, repose sur des volumes massifs de données. Ce partenariat permettra d’optimiser le traitement et l’interprétation de ces données grâce à des modèles d’IA avancés.

    Applications et bénéfices pour la santé numérique

    Des outils pour les chercheurs et les industries pharmaceutiques : Grâce à cette collaboration, Illumina intégrera les outils d’IA de Nvidia dans ses flux de travail pour :

    • Améliorer l’analyse des données multiomiques,
    • Faciliter l’accès des chercheurs et entreprises pharmaceutiques à des analyses avancées,
    • Soutenir la découverte de nouveaux médicaments en optimisant l’exploitation des données biologiques.

    Steve Barnard, directeur de la technologie d’Illumina, souligne que ce rapprochement “transformer la compréhension des maladies et à améliorer les chances de succès dans le développement de thérapies innovantes”.

    Développement de modèles biologiques

    Le partenariat prévoit également la création de nouveaux modèles biologiques fondamentaux qui exploiteront la puissance de l’IA générative. Ces modèles seront conçus pour améliorer les processus de découverte de médicaments et renforcer les approches de médecine personnalisée. En parallèle de son partenariat avec Illumina, Nvidia s’est récemment associé à d’autres organisations telles que la Mayo Clinic, Iqvia et l’Arc Institute afin de promouvoir l’usage de l’IA dans des domaines comme la recherche en pharmacologie

     

  • Évaluation médico-économique de la télésurveillance : quels bénéfices avérés et quelles limites ?

    Du programme ETAPES à la généralisation : l’essor de la télésurveillance médicale

    Avec le vieillissement de la population et l’augmentation des pathologies chroniques comme le diabète, l’insuffisance cardiaque ou les maladies respiratoires, les systèmes de santé doivent relever le défi d’assurer un suivi régulier et personnalisé.  Les maladies chroniques touchent environ 15 millions de personnes en France. Un quart des 45 – 54 ans cumule au moins deux pathologies chroniques.

    La télésurveillance médicale, définie comme un acte de télémédecine permettant à un professionnel médical d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi d’un patient, connaît un essor ces dernières années. Cette pratique associe une surveillance médicale à l’utilisation de dispositifs médicaux numériques (DMN) capables de collecter, analyser et transmettre des données physiologiques, cliniques ou psychologiques du patient.

    Les expériences menées, notamment dans le cadre du programme ETAPES (Expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé), ont permis de s’apercevoir que la télésurveillance s’est révélée bénéfique pour le suivi des patients atteints de maladies chroniques, comme l’insuffisance rénale, en permettant une détection précoce des complications et une réduction des hospitalisations non programmées, et a montré son intérêt en compensant un relatif isolement médical.

    Sur le plan médical, la télésurveillance vise à améliorer la qualité des soins en permettant une prise en charge plus réactive et personnalisée. D’un point de vue organisationnel, elle pourrait optimiser le parcours de soins, notamment pour les patients géographiquement isolés ou à mobilité réduite. Économiquement, elle pourrait contribuer à réduire les coûts liés aux hospitalisations évitables et aux transports. Enfin, à noter la nécessité de développer des DMN fiables, interopérables et respectueux de la protection des données personnelles.

    Dans cette étude, nous analyserons les enjeux, les évolutions et les bonnes pratiques de la télésurveillance médicale, en mettant en lumière les défis liés à son déploiement, son cadre réglementaire, son impact sur l’organisation des soins et les perspectives qu’elle ouvre pour l’avenir du suivi médical à distance.

    @ Health & Tech Intelligence

    Contenu de l’étude :

    1. Télésurveillance et maladies chroniques : les leçons du programme ETAPES

    Après plusieurs années d’expérimentation, le programme ETAPES a permis d’analyser les bénéfices cliniques et économiques de la télésurveillance pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale ou de diabète. Depuis juillet 2023, son remboursement en droit commun marque une étape dans l’intégration de la télésurveillance médicale.

    2. Télésurveillance : 72 % des études montrent une amélioration de la qualité de vie (des solutions efficaces mais encore à structurer)

    La télésurveillance médicale s’impose progressivement dans les parcours de soins, notamment en faveur des maladies chroniques. Des études récentes montrent des réductions importantes en termes de mortalité et d’hospitalisations, tout en optimisant les coûts. Son application varie cependant en fonction des pathologies ciblées, chaque aire thérapeutique bénéficiant de résultats spécifiques.

    3. Comprendre la télésurveillance médicale : dispositifs, opérateurs et conditions de prise en charge

    Il y a 3 conditions à réunir pour que la télésurveillance soit prise en charge par l’assurance maladie. La pathologie doit faire partie de la liste des pathologies ayant reçu un avis favorable de la HAS, l’opérateur de la télésurveillance doit être enregistré auprès de l’ARS, et le dispositif médical numérique (DMN) doit avoir été validé par des instances de contrôle.

    4. Vers un modèle économique plus global et intégré de la télésurveillance

    La télésurveillance médicale (TLS) est une technologie qui transforme les systèmes de santé en répondant aux besoins liés à la prise en charge des maladies chroniques, à la pénurie de professionnels de santé et à la réduction des coûts dans un contexte de pression budgétaire. Son déploiement soulève des questions, notamment en matière de financement et d’organisation.

    5. 33 solutions numériques de télésurveillance médicale : les dispositifs pour les pathologies cardiaques dominent

    Les maladies cardiaques, le diabète et l’oncologie font parties des pathologies pour lesquelles des solutions de télésurveillance médicale sont déployées en France et utilisées par les médecins pour le suivi de leurs patients. Dans cette étude, Health and Tech Intelligence dresse la cartographie de ces 35 solutions numériques de télésurveillance médicale.
  • IA dans les hôpitaux US : 65 % utilisent des modèles prédictifs, mais seulement 44 % évaluent les biais

    65 % des hôpitaux intègrent l’IA à leurs dossiers de santé électroniques (DSE)

    Selon les données de l’enquête annuelle de l’American Hospital Association Information Technology Supplement, 65 % des hôpitaux américains utilisent l’intelligence artificielle ou des modèles prédictifs intégrés dans leurs systèmes de dossiers de santé électroniques (DSE). Ces outils sont principalement employés pour :

    • Prédire les trajectoires de santé ou les risques des patients hospitalisés (92 % des cas).
    • Identifier les patients à haut risque nécessitant des soins de suivi (79 %).
    • Optimiser la prise de rendez-vous (51 %).

    En termes de provenance, 79 % des modèles proviennent des développeurs de DSE, 59 % d’outils tiers, et 50 % des hôpitaux ont développé leurs propres modèles.

    Un manque d’évaluation des biais et de la précision

    Parmi les hôpitaux qui utilisent des modèles prédictifs, 61 % ont évalué leur exactitude avec des données locales, et 44 % ont procédé à une analyse des biais. Les chercheurs soulignent que les modèles prédictifs entraînés sur des données spécifiques peuvent ne pas être efficaces ou appropriés dans d’autres contextes, augmentant ainsi les risques d’inégalités de santé. L’absence de telles évaluations est particulièrement sensible pour les modèles administratifs, souvent perçus comme moins risqués, bien que des études aient montré leur impact négatif potentiel sur les patients, notamment en matière de gestion des paiements ou de planification des soins.

    Un cadre réglementaire encore insuffisant

    Les régulateurs commencent à adresser ces problématiques. La FDA a récemment publié des directives sur les informations que les développeurs d’IA doivent inclure dans leurs soumissions pour appareils médicaux. Une règle adoptée en janvier 2023 exige également que les entreprises informatiques de santé fournissent des détails sur la validation des modèles et les approches visant à réduire les biais, même pour les outils non réglementés en tant que dispositifs médicaux. Les chercheurs estiment que ces mesures ne couvrent pas l’ensemble des risques liés aux modèles prédictifs, notamment ceux développés en interne par les hôpitaux, qui échappent parfois à la réglementation fédérale.

    Soutenir les hôpitaux indépendants

    Les hôpitaux indépendants ou disposant de ressources limitées sont vulnérables face à ces enjeux. L’étude appelle à un soutien accru pour garantir que tous les établissements puissent déployer une IA précise et impartiale. Elle invite également les décideurs à considérer l’impact croissant des modèles prédictifs internes, encore peu encadrés, pour prévenir les risques d’iniquités.

     

  • Bow Medical et Enovacom : une collaboration pour optimiser les données biomédicales en soins critiques

    Une intégration au service des soins critiques

    Bow Medical, spécialiste des logiciels pour les soins critiques, intègre la solution Enovacom Patient Connect à sa plateforme Diane. Cette collaboration centralise et d’intégrer en temps réel les données biomédicales issues des équipements présents dans les blocs opératoires et les unités de réanimation. La solution assure une corrélation immédiate entre les données des dispositifs médicaux et les événements cliniques consignés dans Diane. Résultat : un affichage précis sur la feuille d’anesthésie et le module de réanimation, réduisant ainsi les risques d’erreurs et soutenant des décisions médicales éclairées.

    Interopérabilité et sécurité des données au cœur du partenariat

    Depuis sa création, Enovacom se distingue dans l’interopérabilité des données de santé. Ce partenariat avec Bow Medical traduit cet engagement, en connectant de manière fluide les dispositifs biomédicaux aux systèmes d’information hospitaliers (SIH). Selon Laurent Moulin, directeur de la Business Line Échange et Partage chez Enovacom, cette synergie permet “de simplifier les processus, d’éliminer les erreurs de transcription et de libérer du temps pour les soignants”. En outre, Enovacom, filiale d’Orange Business, garantit la souveraineté et la sécurité des données transmises, un enjeu central pour les établissements de santé.

    Un impact concret pour les professionnels de santé

    Grâce à cette collaboration, les équipes médicales bénéficient d’une visualisation en temps réel des données biomédicales, renforçant ainsi l’identitovigilance et l’efficacité clinique. Cette intégration contribue à :

    • Optimiser les parcours de soins en rendant les données accessibles et cohérentes,
    • Faciliter la recherche clinique grâce à une collecte structurée des informations,
    • Améliorer la précision des diagnostics et traitements dans les contextes critiques.

    Bow Medical équipe aujourd’hui 70 % des consultations d’anesthésie informatisées en France via sa solution Diane, utilisée dans plus de 450 établissements.

     

  • OPTI-DEPIST-MUT : Une étude pilote pour intégrer l’IA dans le dépistage du cancer du poumon

    Un enjeu de santé publique majeur

    Le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer en France, avec un diagnostic souvent tardif. Plus de 50 % des cas sont détectés à un stade métastatique, où les chances de survie à 5 ans sont très faibles. Pourtant, un dépistage précoce, suivi d’une intervention chirurgicale lorsque cela est possible, offre une survie de plus de 85 % à 5 ans. Malgré les résultats d’études internationales démontrant que le suivi par scanner peut réduire de 20 à 40 % la mortalité liée au cancer du poumon, aucun programme de dépistage organisé pour ce cancer n’existe en France. L’étude OPTI-DEPIST-MUT, lancée le 6 janvier 2025, s’inscrit dans le cadre de la stratégie décennale de lutte contre le cancer de l’INCa pour répondre à cette lacune.

    Un modèle innovant pour le dépistage organisé

    Recrutement et parcours patient optimisés : L’étude, pilotée par l’Institut Curie et l’Institut Mutualiste Montsouris, prévoit de recruter 500 participants sur 18 mois via une campagne d’information et une plateforme en ligne. Les personnes à risque (50-74 ans, fumeurs ou anciens fumeurs sevrés depuis 10 ans ou moins) pourront vérifier leur éligibilité grâce à une auto-évaluation numérique. Les participants éligibles seront orientés vers l’un des 10 centres investigateurs pour effectuer un scanner dans un délai de 4 semaines. Les suivis sont programmés à 1 an, 3 ans et 5 ans, offrant une analyse détaillée des résultats à long terme.

    L’apport de la santé numérique dans l’étude

    Au-delà du dépistage, l’étude met en avant les possibilités offertes par les outils numériques pour :

    • Optimiser la lecture des scanners : Grâce à l’intelligence artificielle et à l’analyse d’images, il sera possible d’améliorer la détection des anomalies et de réduire les erreurs d’interprétation.
    • Mieux cibler les populations à risque : L’IA permettra d’affiner les critères de sélection et d’identifier les personnes les plus susceptibles de développer la maladie.
    • Faciliter la prise en charge : Les outils numériques intégreront les données des scanners pour accompagner les équipes médicales dans le suivi des patients ayant un dépistage positif.

    Ces innovations répondent aux enjeux d’organisation et d’efficacité d’un programme de dépistage à grande échelle, tout en soutenant la personnalisation des soins.

    Une opportunité pour structurer un dépistage national

    L’étude OPTI-DEPIST-MUT, unique en France, offre une opportunité d’évaluer les conditions nécessaires pour généraliser le dépistage du cancer du poumon. Les résultats attendus contribueront à déterminer les leviers et obstacles à une telle initiative, notamment en matière de logistique, de sensibilisation et d’évaluation des outils numériques. Le Professeur Nicolas Girard, coordinateur de l’étude, souligne l’enjeu de santé publique : « Réduire l’incidence du cancer du poumon passe par la prévention, mais aussi par un diagnostic précoce rendu possible grâce à des programmes de dépistage bien structurés. »

    L’étude OPTI-DEPIST-MUT : curie.fr/opti-depist-mut

     

  • L’UE lance un plan d’action pour renforcer la cybersécurité des hôpitaux

    Digitalisation et menaces croissantes 

    La digitalisation transforme le secteur de la santé avec des innovations telles que les dossiers de santé électroniques, la télémédecine et les diagnostics pilotés par l’IA. Cette transition s’accompagne de risques importants. Les cyberattaques perturbent les services vitaux, retardent des interventions médicales, et mettent en danger des vies. En 2023, les États membres ont signalé 309 incidents significatifs de cybersécurité dans les infrastructures de santé, un nombre supérieur à tout autre secteur critique. La Commission européenne a donc présenté un plan d’action de cybersécurité spécifique au secteur de la santé.

    Un plan en quatre priorités

    Le plan repose sur quatre axes principaux pour protéger les infrastructures de santé :

    1. Renforcer la prévention

    L’UE vise à améliorer la capacité des hôpitaux à prévenir les incidents, notamment via :

    • La mise à disposition de guides pratiques sur les bonnes pratiques en cybersécurité.
    • Le lancement de cybersecurity vouchers, une aide financière pour les petits et moyens hôpitaux.
    • Le développement de ressources pédagogiques pour sensibiliser les professionnels de santé.

    2. Mieux détecter et identifier les menaces

    L’Agence européenne pour la cybersécurité (ENISA) jouera un rôle en établissant un Centre paneuropéen de soutien à la cybersécurité pour les hôpitaux et prestataires de soins. Ce centre sera opérationnel d’ici 2026 et proposera un service d’alerte précoce à l’échelle européenne pour détecter les menaces en temps réel.

    3. Réagir rapidement pour minimiser l’impact

    Une réserve européenne de cybersécurité, prévue dans le cadre de l’Acte de solidarité numérique, fournira un service de réponse rapide aux incidents.
    Les États membres sont encouragés à :

    • Réaliser des exercices de cybersécurité réguliers.
    • Élaborer des playbooks pour guider les hôpitaux dans la gestion de menaces spécifiques comme les ransomwares.
    • Mettre en place des mécanismes de signalement des paiements de rançons pour permettre un suivi par les autorités.

    4. Dissuader les cybermenaces

    Pour protéger les systèmes de santé européens, l’UE mobilisera son Cyber Diplomacy Toolbox, permettant une réponse diplomatique coordonnée face aux cyberactivités malveillantes.

    Une mise en œuvre progressive et collaborative

    Le plan sera déployé progressivement à partir de 2025, avec des actions s’étendant jusqu’en 2026. Une consultation publique sera lancée dans les prochains mois pour affiner les mesures proposées et inclure les contributions des citoyens, des professionnels de santé et des acteurs du numérique. L’objectif de la Commission est de créer un environnement numérique sûr pour les patients et les professionnels de santé, tout en consolidant la résilience des infrastructures critiques face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées.

     

  • Compétences élargies des infirmiers en pratique avancée (IPA) : ce que prévoit le nouveau décret

    Une “victoire” pour l’ordre des infirmiers 

    Depuis le 22 janvier 2025, les infirmiers en pratique avancée (IPA) disposent de nouvelles prérogatives leur permettant de recevoir directement des patients et de prescrire des soins, sans validation médicale préalable. Cette mesure, prévue par la loi Rist de 2023 et traduite par un décret, répond à l’urgence d’améliorer l’accès aux soins, notamment pour les patients atteints de pathologies chroniques sans médecin traitant. Ces compétences élargies concernent les IPA exerçant dans des structures coordonnées telles que les hôpitaux, les centres de santé, et les maisons de santé. Les IPA en exercice libéral restent exclus du dispositif.

    @ Compte X du Ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder

    L’Ordre national des infirmiers (ONI) qualifie cette évolution de « victoire » pour la profession et les patients. Selon l’ONI, cette mesure est une réponse directe à la saturation des structures de soins et à la diminution du nombre de médecins disponibles, particulièrement dans les zones sous-dotées.

    Des compétences renforcées 

    Le métier d’infirmier en pratique avancée, créé en 2018, nécessite deux années de formation supplémentaires. Ces professionnels interviennent dans des domaines variés tels que les pathologies chroniques stabilisées, l’oncologie, la néphrologie, et les urgences. Le décret élargit également leurs possibilités en supprimant l’obligation de faire signer un protocole d’organisation des soins par un médecin. Toutefois, la liste des médicaments et soins accessibles à leur primo-prescription devra être précisée dans un arrêté ministériel à venir. Malgré cet élargissement, la formation des IPA reste insuffisante. En 2023, seulement 1 700 professionnels avaient été formés, loin de l’objectif gouvernemental initial de 3 000 prévu pour 2022. La Cour des comptes qualifiait alors la mise en œuvre de cette profession de « laborieuse ».

    Réactions contrastées au sein des professions de santé

    Si les infirmiers saluent majoritairement cette avancée, les critiques sont nombreuses chez certains médecins. Le Dr Sophie Bauer, présidente du Syndicat des Médecins Libéraux, met en garde contre des risques de « perte de chance pour les patients » en raison de prescriptions réalisées sans diagnostic médical préalable. Le ministre de la Santé a déclaré que « les concertations se poursuivent » afin de préciser les modalités d’application et d’assurer une coordination efficace entre IPA et médecins.

    Un potentiel encore à concrétiser

    Le décret marque une étape dans l’évolution des compétences des infirmiers, mais sa portée reste conditionnée à une mise en œuvre effective et à une concertation approfondie. Avec une formation encore insuffisante en nombre et des zones d’exclusion pour les IPA libéraux, cette réforme, bien que prometteuse, ne résoudra pas à elle seule les problèmes structurels du système de santé français. Les attentes sont désormais tournées vers les prochains textes, notamment sur la liste des prescriptions autorisées, pour consolider cette évolution.