Placée sous le haut patronage d’Emmanuel Macron, cette initiative bénéficie du soutien stratégique de partenaires tels que le ministère de la Santé, PariSanté Campus et l’Hôtel-Dieu. L’objectif du HIIT est d’offrir aux startups des ressources, des expertises et des réseaux pour relever les défis technologiques et sociétaux de la médecine de demain. Alexandra André, Directrice Générale de la French Tech Grand Paris, met en avant la mission du programme : “Dans un contexte où l’intelligence artificielle et les technologies numériques redéfinissent la médecine, notre rôle est d’accélérer l’impact des startups pour répondre aux enjeux de santé publique.”
Une semaine d’accompagnement intensif et pluridisciplinaire
La troisième édition du HIIT se déroulera du 19 au 23 mai 2025. Pendant ces cinq jours, les participants bénéficieront d’une combinaison de :
Conférences et tables rondes en matinée, avec des experts partageant leur vision stratégique.
Ateliers personnalisés en après-midi, pour approfondir les problématiques spécifiques des startups.
Parmi les thématiques abordées :
Collaboration avec les utilisateurs (patients et soignants).
Contraintes réglementaires (marquage CE, SMQ, AI Act).
Accès au marché (modélisation des prix, remboursement).
Feuilles de route du numérique et politiques de santé.
Financements dilutifs et non dilutifs.
Des opportunités au-delà de la session intensive
Le HIIT va au-delà de cette session intensive en proposant des événements tout au long de l’année :
Une soirée partenaires, lors de l’annonce des lauréats.
Des rendez-vous réguliers pour les alumni, afin de favoriser les échanges et la collaboration.
Les startups sélectionnées bénéficieront ainsi d’un accompagnement continu, intégré dans un écosystème dynamique d’experts, de chercheurs et de soignants.
Modalités et critères de sélection
L’appel à candidatures est ouvert aux startups francophones de la e-santé en phase préclinique, présentant un potentiel de développement élevé. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 28 février 2025 pour déposer leur dossier.
Les 24 startups sélectionnées seront dévoilées le 10 mars 2025 au salon MedInTechs, au Parc Floral de Paris.
Pour candidater et rejoindre le programme : Postulez ici.
Diversifier les revenus et anticiper les tendances futures
Le secteur de la santé numérique est un marché dynamique, avec une valeur mondiale estimée à plus de 250 milliards USD et une croissance prévue à deux chiffres dans les années à venir. De la prévention à la médecine personnalisée, en passant par l’assurance santé et la recherche médicale, les GAFAM investissent largement ce secteur. En 2023, ces entreprises technologiques capturent un tiers des investissements dans ce domaine, essentiellement dans l’intelligence artificielle (IA) et le machine learning. Les GAFAM adoptent une approche combinant hardware, software et logistique. Leur vision est de transformer un secteur encore fragmenté en un écosystème intégré, où les technologies numériques facilitent plusieurs pans de la santé, comme la prévention, le suivi, ou même l’organisation. Le contexte sanitaire mondiale est favorable à l’émergence de ces stratégies. Epidémies, accès inégalitaire aux soins, soutenabilité financière des systèmes de santé, vieillissement de la population, les GAFAM apportent leur réponse, malgré des barrières importantes (réglementaire, technologiques) pour accéder à ce type de marché. Ces entreprises bénéficient de plusieurs avantages compétitifs, notamment une grande quantité de données, des modèles d’analyse développés grâce à leurs activités première, ainsi qu’une notoriété et une base d’utilisateurs acquises depuis plusieurs années.
Données de santé, interopérabilité ; les moteurs stratégiques des GAFAM
Les choix stratégiques des GAFAM s’appuient sur trois axes :
Collecte et exploitation des données : La capacité des GAFAM à capter et analyser les données constitue leur principal avantage concurrentiel. Ces données permettent de construire des modèles prédictifs, d’offrir des services adaptés tout en optimisant les coûts. Avec son application Health par exemple, Apple stocke plus de 150 types de données de santé et collabore avec 800 structures de soins pour simplifier l’accès aux dossiers médicaux.
Intégration verticale et diversification : En multipliant les acquisitions stratégiques, comme Fitbit pour Google ou Nuance pour Microsoft, les GAFAM visent une intégration verticale de leurs services. Ils explorent la diversification, à l’image d’Amazon qui passe de la logistique à la gestion des soins.
Une vision à long terme : Leur stratégie repose sur une vision à long terme de la santé. Apple, par exemple, ambitionne de transformer ses produits phares en dispositifs médicaux certifiés, ouvrant la voie à des opportunités dans la recherche clinique et le suivi patient.
Les GAFAM investissent plus de 25 milliards de dollars dans l’innovation médicale
Google : Intelligence artificielle et médecine de précision
Alphabet, maison mère de Google, concentre ses efforts sur la recherche médicale, l’intelligence artificielle (IA) et la médecine de précision. Sa filiale Verily, dédiée aux sciences de la vie, a levé 1 milliard de dollars pour développer des solutions de médecine personnalisée. Des partenariats stratégiques ont été établis, notamment avec la Mayo Clinic et HCA Healthcare, pour utiliser l’IA dans l’optimisation des traitements et la personnalisation des soins médicaux.
Apple : Intégration des technologies de santé dans les dispositifs grand public
Apple se distingue par l’intégration de fonctionnalités de santé dans ses produits, notamment l’Apple Watch, qui permet le suivi de la fréquence cardiaque et la détection des irrégularités. L’entreprise a également développé des applications dédiées aux professionnels de santé et a créé en 2018 la filiale AC Wellness Network, chargée de tester des solutions numériques innovantes et de gérer des centres de santé pour ses employés.
Amazon : Expansion dans les services de santé et la distribution pharmaceutique
Amazon développe une stratégie en santé. Après le rachat de PillPack pour 753 millions de dollars, Amazon a lancé Pharmacy pour livrer des médicaments sur ordonnance. RxPass, un service d’abonnement à 5 dollars par mois, propose des médicaments génériques illimités. Avec l’acquisition de One Medical pour 3,9 milliards, le géant s’attaque aussi aux soins primaires et investit dans la télémédecine via Amazon Care, un service initialement réservé à ses employés, pour le moment.
Microsoft : Solutions cloud et interopérabilité des données de santé
Microsoft se concentre sur l’interopérabilité des données de santé et le développement de solutions logicielles. Son cloud Azure a été retenu en France comme prestataire d’hébergement du Health Data Hub. Aux États-Unis, des partenariats avec des groupes hospitaliers, tels que Providence St. Joseph Health, visent à exploiter les données de santé pour des études cliniques, soutenant une médecine axée sur les résultats. En parallèle, l’acquisition de Nuance pour 19,7 milliards de dollars permet d’exploiter la reconnaissance vocale en milieu hospitalier.
Facebook : Initiatives en santé publique et recherche médicale
Facebook explore les opportunités dans le secteur de la santé par l’intermédiaire de sa filiale Calico, qui se concentre sur la recherche sur la biologie du vieillissement et le développement de thérapies pour prolonger la durée de vie humaine. La plateforme utilise également son réseau social pour soutenir des initiatives de santé publique, telles que le don d’organes et le don de sang. Globalement, Meta se concentre sur la santé publique et le suivi des maladies chroniques. Des initiatives telles que les alertes au don de sang sur Facebook et les recherches de Calico, une filiale dédiée à la biologie du vieillissement, illustrent son intérêt pour l’allongement de la vie et les applications sociétales.
@ Health and Tech Intelligence
Rôle des GAFAM dans la santé : un tiers seulement des patients en France en est conscient
Difficile d’évoquer ces stratégies sans parler des craintes en matière de confidentialité des données, de souveraineté des systèmes de soins nationaux, ou plus globalement, de l’accessibilité de ces technologies au plus grand nombre, en évitant l’écueil d’une médecine à deux vitesses. Ces questions se discutent sur plusieurs terrains.
L’opinion publique vis à vis des GAFAM : un rôle méconnu pour deux tiers du grand public
Une étude Ipsos pour la MACSF révèle que seuls 34 % des patients connaissent le rôle des GAFAM dans la santé, contre 64 % des professionnels de santé. Si 62 % des soignants estiment que les investissements des GAFAM n’apportent aucun bénéfice, seulement 44 % des patients partagent cet avis. La sécurité des données est le principal risque pour 48 % des professionnels, mais seulement 28 % des patients s’en inquiètent. Enfin, 47 % des patients et 34 % des professionnels craignent que ces innovations technologiques contribuent à déshumaniser les relations dans les soins.
Les instance réglementaires : un manque de prestataires européens.
En février 2024, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a autorisé Microsoft à héberger les données de santé des Français sur son cloud pour une durée minimale de trois ans dans le cadre du projet EMC2. Cette plateforme centralisera des données médicales et personnelles pour soutenir la recherche, notamment sur les traitements à long terme. Malgré les inquiétudes liées à la souveraineté des données et à leur possible transfert vers les États-Unis, la Cnil invoque un choix pragmatique, soulignant l’absence d’alternatives françaises ou européennes répondant aux exigences techniques. Une pétition contre l’attribution du contrat à Microsoft a recueilli un millier de signatures en 24 heures.
Les géants du numérique s’attaquent à des segments stratégiques. Amazon cherche à couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de la télésanté à la distribution de médicaments, en passant par les soins primaires avec l’acquisition de One Medical. Google, de son côté, mise sur l’intelligence artificielle et les données de santé, consolidant sa position avec des outils d’analyse avancés et des objets connectés comme Fitbit. Plus largement, les données de vie réelle deviennent un enjeu , permettant à ces acteurs d’améliorer la personnalisation des soins et d’alimenter la recherche clinique.
Vers une transformation numérique coordonnée des systèmes de santé
Le Conseil scientifique de l’OMS soulignait que les technologies numériques peuvent “transformer les systèmes de santé mondiaux en améliorant l’accès, la qualité et l’efficacité des services”. Toutefois, l’intégration de ces outils reste inégale, limitée par des infrastructures fragmentées, une connectivité insuffisante et un financement inadapté, particulièrement dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI).
Le rapport de janvier 2025, intitulé Advancing the Responsible Use of Digital Technologies in Global Health – A report of the World Health Organization Science Council, appelle à une approche coordonnée et centrée sur les individus pour intégrer ces solutions. Les gouvernements, les institutions internationales et le secteur privé doivent agir ensemble pour surmonter les obstacles identifiés, notamment le manque de normes d’interopérabilité, l’insuffisance de la formation des professionnels de santé et l’absence d’évaluation systématique des investissements numériques.
Gouvernance, investissement … Les obstacles à surmonter
Les consultations ont identifié plusieurs freins majeurs :
Infrastructure numérique insuffisante : Manque de systèmes interconnectés et de normes pour partager et analyser les données de santé.
Formation et adoption : Absence de programmes structurés pour doter les professionnels de santé de compétences numériques adaptées.
Disparités d’accès : Inégalités géographiques et socio-économiques limitant l’accès équitable aux technologies numériques.
Manque de gouvernance : Cadres réglementaires inadéquats pour garantir la sécurité et la confidentialité des données.
Sous-investissement chronique : Faiblesse des ressources financières nationales et privées, entravant le développement des infrastructures numériques.
Recommandations pour une adoption responsable
Connecter : Promouvoir des écosystèmes numériques interopérables
Normes et interopérabilité : L’OMS recommande le développement de cadres internationaux soutenant l’intégration des données de santé, basés sur des standards comme Fast Healthcare Interoperability Resources (FHIR).
Approche centrée sur les individus : Déployer des dossiers de santé personnels interopérables pour améliorer la qualité et la continuité des soins, y compris à l’échelle transfrontalière.
Renforcement des capacités de surveillance : Utiliser des outils numériques pour collecter des données populationnelles et renforcer la résilience face aux menaces sanitaires.
Éduquer : Former les professionnels et les patients
Compétences numériques : Intégrer des formations sur les technologies de santé dans les cursus des professionnels de santé et créer des parcours professionnels pour les spécialistes en santé numérique.
Sensibilisation du public : Développer des initiatives pour améliorer la littératie numérique des patients, en réduisant les barrières d’accès.
Investir : Augmenter les ressources et stimuler les partenariats privés
Infrastructures publiques numériques : Mobiliser des financements pour développer des plateformes nationales de santé numérique, notamment dans les PRFI.
Engagement du secteur privé : Créer un cadre réglementaire stable et transparent pour inciter les entreprises à investir dans des solutions numériques sûres et efficaces.
Évaluer : Suivre et optimiser les impacts
Recherche et évaluation continue : Intégrer des mécanismes d’évaluation des impacts économiques, sociaux et éthiques dès la conception des politiques numériques.
Inclusion des PRFI dans la recherche globale : Encourager une collaboration internationale pour inclure ces pays dans les efforts de recherche et les bases de données mondiales.
Une opportunité de contribution, ouverte à tous
Le rapport met en évidence que la santé numérique ne doit pas être perçue comme une dépense, mais comme un investissement stratégique.
Focus des retours : Les sections de contexte et d’introduction sont ouvertes uniquement aux corrections factuelles, tandis que les conclusions et recommandations peuvent faire l’objet de commentaires plus approfondis.
Instructions précises : Les contributeurs doivent fournir leur nom, titre, affiliation et des propositions claires, en citant le numéro de page et de ligne concerné.
Confidentialité assurée : Les noms des contributeurs resteront confidentiels.
Les soumissions doivent être envoyées par courriel à sciencecouncil@who.int à l’aide du formulaire prévu, disponible sur la page dédiée de l’OMS.
Une croissance de l’emploi malgré les défis sectoriels
Avec 108 600 salariés répartis sur l’ensemble du territoire, l’industrie pharmaceutique connaît une progression constante de l’emploi salarié depuis six ans. En 2023, la croissance de 2,4 % dépasse largement celle de l’ensemble de l’industrie (1,1 %) mentionne le Leem dans son dossier publié le 19 janvier. Cette tendance repose sur plusieurs facteurs :
Une proportion élevée de cadres (58 % des effectifs),
Un turnover faible et stable à 9,7 %,
Une création nette de 2 000 postes en CDI et 200 en CDD en 2023.
Ces résultats traduisent la capacité du secteur à s’adapter et à anticiper les mutations sociétales et technologiques, en intégrant des besoins croissants dans les domaines du numérique et de l’environnement.
Nouveaux métiers et opportunités pour l’avenir
L’intégration des technologies numériques et des enjeux environnementaux génère des besoins spécifiques. D’ici à 2030, l’industrie prévoit la création de 3 000 emplois dans le numérique et de 2 000 dans l’environnement. Ces nouveaux métiers, ainsi que l’émergence d’innovations comme les thérapies géniques ou cellulaires, offrent des opportunités pour diversifier les profils des salariés recrutés. Le secteur s’appuie également sur des transitions sociétales, telles que l’insertion des jeunes en alternance et l’allongement des carrières des séniors, pour renouveler et enrichir ses compétences.
Des perspectives fragilisées par un environnement défavorable
Malgré cette dynamique, le secteur alerte sur les menaces pesant sur sa compétitivité. Des décisions en matière de fiscalité et de régulation pourraient réduire les perspectives d’emploi, comme le souligne le baromètre d’attractivité publié en 2024 par le Leem :
La France recule au 3e rang européen pour les essais cliniques,
Moins de 10 % des nouveaux médicaments sont produits en France, contre 25 % en Allemagne.
La mise en œuvre des recommandations du rapport « Financement et régulation des produits de santé », publié en août 2023, est jugée indispensable pour maintenir l’attractivité du secteur et soutenir l’innovation.
Un appel à une régulation mesurée pour pérenniser la croissance
Pour préserver cette dynamique, les entreprises du médicament insistent sur l’importance d’un environnement économique stable et compétitif. Laurence Peyraut, directrice générale du Leem, souligne la nécessité d’une visibilité à long terme pour anticiper les transitions et mettre en place des programmes de formation et de transformation adaptés.
Dans ce contexte, le secteur appelle à une régulation mesurée qui permette de conjuguer innovation, création d’emploi et stabilité économique. Sans cela, les gains observés ces dernières années pourraient être rapidement remis en cause.
Une enquête représentative pour une meilleure compréhension des organisations
La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a publié en début d’année les résultats d’une enquête nationale sur la permanence des soins en établissements de santé (PDSES). Menée au printemps 2024, cette étude offre un panorama inédit depuis plus de dix ans. Avec une participation élevée de 743 établissements, représentant 985 sites, et 11 339 lignes recensées (dont 9 906 exploitables), les résultats sont jugés représentatifs des organisations en place. Cette étude prend en compte la permanence des soins (prise en charge de nouveaux patients) et la continuité des soins (suivi des patients hospitalisés) pendant les nuits, week-ends et jours fériés, permettant ainsi une vision complète de l’activité.
Une charge de travail concentrée dans le secteur public
Les chiffres clés : Les établissements publics jouent un rôle central dans la permanence des soins.
69 % des lignes de garde et d’astreinte sont assurées par le public,
85 % des patients sont pris en charge par ces structures pendant les plages de permanence (83 % pour les nouveaux cas).
En comparaison, les établissements à but non lucratif prennent en charge 6 % des patients et les structures privées à but lucratif 9 %. Ces chiffres révèlent une inégale répartition des charges et des ressources entre les différents secteurs, avec une concentration des efforts sur le secteur public, notamment pour les urgences psychiatriques, où il est l’unique acteur.
Focus sur les urgences psychiatriques : Les passages aux urgences psychiatriques ont augmenté de 21 % depuis 2019 selon l’enquête. Ce domaine, déjà sous tension, nécessite une attention particulière et une mobilisation renforcée de l’ensemble des acteurs de santé.
Vers une réorganisation territoriale de la permanence des soins
L’enquête met en lumière des disparités entre les moyens mobilisés et les réalités des besoins locaux. Ces constats appellent, pour la FHF, une révision des schémas territoriaux de PDSES autour de principes clés :
Adapter les moyens aux lignes les plus actives pour garantir une répartition juste et efficace des ressources.
Réunir les conditions techniques et humaines nécessaires pour couvrir toutes les obligations de permanence des soins, sans refus ni transfert évitable de patients.
Assurer la prise en charge complète des besoins des patients, incluant le traitement des comorbidités, dans un contexte de vieillissement démographique et de progression des maladies chroniques.
Ces réorganisations devront s’appuyer sur une transparence pour favoriser une meilleure allocation des ressources.
Un appel à l’action pour soutenir le secteur public
Les responsables médicaux et les directions hospitalières insistent sur l’urgence de ces réorganisations. Sans une redistribution équitable des charges et des ressources, les tensions actuelles risquent de s’aggraver, compromettant la qualité et la sécurité des soins. Dans cette perspective, et selon la FHF, l’enquête de la DGOS peut constituer une base pour engager des discussions au sein des territoires et adapter les schémas de PDSES aux besoins réels de la population.
Le conseil de surveillance de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a approuvé le 20 décembre 2024 son état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) pour 2025. Pour 2024, un déficit de 460,6 M€ est attendu, soit une dégradation de 62 M€ par rapport à 2023 et un écart de 166 M€ par rapport aux objectifs fixés dans son plan global de financement pluriannuel (PGFP). Ce déficit intervient malgré une hausse de l’activité et des gains de performance interne à hauteur de 143 M€, notamment grâce à l’amélioration du codage, de la facturation et à des mesures de sobriété énergétique.
Une stratégie de relance des effectifs en marche
Depuis fin 2021, l’AP-HP a entrepris une restructuration pour pallier la crise des ressources humaines. Entre mai 2019 et mai 2023, la perte de 2 000 infirmiers a réduit les effectifs de 11 %, entraînant une baisse des capacités de soin. En réponse, la stratégie « 30 leviers pour agir ensemble » a été lancée fin 2022. Objectif : attirer et fidéliser le personnel soignant. En deux ans, l’AP-HP a reconstitué plus de 50 % des effectifs infirmiers manquants, permettant la réouverture de 600 lits. Des tensions subsistent dans des filières comme la gériatrie, la psychiatrie ou la neurologie, ainsi que parmi les manipulateurs en électroradiologie médicale (MERM), les infirmiers de bloc opératoire et les préparateurs en pharmacie.
Les causes d’un déficit
Trois facteurs expliquent la détérioration des comptes pour 2024 :
Charges structurelles des CHU : L’insuffisante compensation des hausses salariales du Ségur de la santé, combinée à l’inflation de 2022-2023, représente 121 M€ de charges supplémentaires.
Masse salariale : Les écarts entre dépenses de personnel (intérim, heures supplémentaires) et recettes d’activité ont ajouté 20 M€ au déficit.
Amortissements comptables : Une part accrue des investissements allouée aux équipements plutôt qu’aux travaux lourds a augmenté les charges d’amortissement de 23 M€.
Objectifs 2025 : réduction du déficit et soutien à la relance
Pour 2025, l’AP-HP prévoit de réduire son déficit à 358 M€, grâce à un plan d’action structuré :
Recrutement ciblé : Une augmentation de 1 040 équivalents temps plein (ETP) non médicaux est prévue, dont 600 infirmiers, 100 aides-soignants et 115 autres professionnels paramédicaux pour répondre aux tensions. 250 postes renforceront les équipes de suppléance, limitant le recours à l’intérim.
Capacité d’accueil accrue : 500 lits supplémentaires, dont 330 en médecine-chirurgie-obstétrique, seront rouverts.
Optimisation des performances internes : Un objectif de gain de 121 M€ est fixé, notamment via des améliorations en codage et facturation.
Maintien des investissements : 650 M€ seront consacrés à la modernisation des infrastructures et des équipements.
Un nouveau plan de financement attendu en 2025
Face à l’alourdissement structurel des charges, l’AP-HP repousse sa trajectoire de retour à l’équilibre. Un nouveau PGFP pour 2025-2029, prenant en compte le sous-financement des mesures salariales décidées depuis 2020, sera présenté en juin 2025.
Les discussions avec l’État seront déterminantes pour assurer la soutenabilité de la dette et maintenir les investissements nécessaires à la modernisation des CHU.
Un outil contre la désinformation médicale en ligne
Les réseaux sociaux, qui constituent aujourd’hui une source d’information importante en matière de santé pour le grand public, amplifient les risques de propagation de contenus inexacts et/ou dangereux. Ces risques concernent par exemple les pratiques de soins non conventionnelles et les actes à visée esthétique.
Pour répondre à ces enjeux, le CNOM, en partenariat avec des médecins actifs sur ces plateformes et des experts de YouTube, a élaboré une charte déontologique. Ce document propose dix principes destinés à encadrer la production de contenus médicaux sur les réseaux sociaux, en rappelant les obligations éthiques des professionnels de santé dans ce domaine.
Des implications pour la santé numérique
Dans un contexte où le numérique en santé occupe une place notable, ce dispositif pourrait renforcer la confiance des utilisateurs envers les informations médicales diffusées en ligne. Les plateformes numériques nécessitent une régulation adaptée à ces usages. Une étude de l’Institut Pew (2023) montre que 72 % des utilisateurs recherchent des informations médicales sur internet avant de consulter un professionnel de santé. Cette tendance met en lumière l’importance d’un cadre éthique pour structurer les interactions.
Le secteur médico-social, aussi exposé aux cyberattaques et aux crises organisationnelles, bénéficie maintenant d’un outil conçu pour garantir la continuité et la reprise d’activité en cas d’incident. Le Plan de continuité et de reprise d’activité (PCRA), initialement conçu pour le secteur sanitaire, a été adapté et enrichi pour répondre aux spécificités des structures médico-sociales. Après une phase pilote réalisée en 2024 auprès d’organismes représentatifs (Adef Résidences, APF France Handicap, IRSAM et Aidera.Var), ce kit a été finalisé et publié par l’ANS. Il intègre des outils et des méthodologies ajustés aux besoins des secteurs ; “Personnes âgées”, “Personnes en situation de handicap” et “Domicile”.
Les contenus et objectifs du kit PCRA
Le kit PCA/PRA inclut les outils nécessaires pour accompagner les établissements dans la rédaction et la mise en œuvre de ces plans :
Cadrage du projet : présentation du PCRA, mode d’emploi du kit, lexique, fiche de mission pour le responsable PCRA et retours d’expérience (RETEX) issus de la phase pilote. Consultez le Kit PCA/PRA : Cadrage
Méthodologie d’élaboration : fiches pratiques, modèle de Bilan d’Impact sur l’Activité (BIA), trame de PCRA, et autres outils méthodologiques. Consultez le Kit PCA/PRA : Méthodologie
Gestion et mise à jour du PCRA : méthodologie pour maintenir le PCRA opérationnel et à jour.
Ce kit s’adresse aux gestionnaires d’organismes médico-sociaux qui souhaite sécuriser les activités critiques face aux crises susceptibles d’entraîner l’indisponibilité des systèmes d’information, des infrastructures, des ressources humaines ou des prestataires. Il contient les éléments suivants :
Une note de présentation synthétique pour sensibiliser les décideurs ;
Une introduction aux concepts et principes du PCRA ;
Une méthodologie pour élaborer un plan de continuité ;
Des modèles de PCRA cadre et des fiches pratiques ;
Un outil BIA (Bilan d’Impact sur l’Activité) accompagné d’exemples concrets issus de la phase pilote.
Les professionnels peuvent accéder à ces ressources en ligne pour initier ou améliorer leur démarche de résilience : Téléchargez le kit PCA/PRA.
Une innovation au service du diagnostic neurologique
NeuroClues, société européenne de MedTech, a reçu la certification MDR en janvier 2025, autorisant la commercialisation de son dispositif d’eye tracking en Europe. Ce système utilise l’intelligence artificielle pour analyser les mouvements oculaires, identifiés comme des biomarqueurs fiables des maladies neurodégénératives. L’approche cherche à réduire les retards diagnostiques, souvent liés à la complexité des observations cliniques actuelles, où les erreurs de diagnostic concernent près de 30 % des cas. En 10 minutes, le dispositif extrait des données précises, permettant d’appuyer les décisions des professionnels de santé.
Une intégration clinique soutenue par la recherche
NeuroClues repose sur des décennies de travaux scientifiques concernant les mouvements oculaires et s’associe à plusieurs institutions en Europe et aux États-Unis. En France, l’entreprise collabore avec l’Institut du Cerveau de Paris et explore l’intégration de sa solution dans la méga-cohorte Constances, qui regroupe 220 000 participants. Ce projet, s’inscrivant dans le cadre de France 2030, prévoit l’enregistrement de 25 000 sujets pour établir des normes de mouvements oculaires et améliorer les capacités diagnostiques.
Un déploiement ciblé
La certification MDR ouvre la voie à une commercialisation auprès des neurologues, neuro-ophtalmologues et spécialistes des troubles du mouvement. En plus des syndromes parkinsoniens, l’appareil trouve des applications potentielles dans les diagnostics liés aux démences, aux affections cérébelleuses ou encore en médecine sportive.
Une levée de fonds pour soutenir le projet
NeuroClues prévoit de lever 10 millions d’euros pour structurer ses activités et accélérer son déploiement. L’entreprise ambitionne de renforcer son équipe commerciale et de développer sa présence sur le marché européen. Pour accompagner cette phase, Bart Stulens, ancien cadre de Medtronic, a été nommé directeur commercial. Son expérience dans la gestion des lancements de dispositifs médicaux sera mise au service de l’expansion de l’entreprise.
Le dispositif de NeuroClues, conçu pour être utilisé en complément des pratiques cliniques actuelles, pourrait améliorer la détection précoce et le suivi des maladies neurologiques. Il s’inscrit dans une approche visant à réduire l’errance diagnostique.
Maiia, plateforme développée par Cegedim Santé, ajoute une nouvelle fonctionnalité à son service Agenda premium grâce à son partenariat avec deuxiemeavis.fr. Les professionnels de santé pourront demander un avis spécialisé directement depuis le dossier patient. Ce service s’adresse aux cas médicaux complexes nécessitant l’expertise d’un spécialiste. Il repose sur une méthodologie structurée : le patient complète son dossier médical (questionnaire, comptes rendus, imageries) qui est transmis à un expert sélectionné parmi 350 médecins référencés. L’avis est rendu sous 7 jours et transmis au médecin via MSSanté ainsi qu’au patient via un espace sécurisé.
Un service intégré dans le parcours de soins : Après la demande du médecin, le patient prend ensuite en charge la constitution de son dossier en ligne. Ce fonctionnement offre :
Une continuité dans la prise en charge médicale ;
Une implication active du patient dans son parcours de soins ;
Une assistance pour les professionnels confrontés à des cas complexes.
Un outil pour renforcer les décisions médicales
Cette intégration améliore l’accès à l’expertise médicale pour les patients en réduisant les contraintes géographiques ou financières, tout en simplifiant la pratique des professionnels grâce à une interface simple pour gérer les demandes et les retours. Dans 75 % des cas, l’avis spécialisé est conforme à celui du médecin demandeur, apportant une confirmation utile dans des situations souvent délicates. Les divergences donnent lieu à des échanges entre les professionnels et le patient pour ajuster la stratégie de prise en charge.