Nabil

  • L’espace européen des données de santé : un cadre unifié pour l’accès et l’utilisation des données de santé en Europe

    Un accès facilité aux données de santé pour les patients et les professionnels

    Le principal objectif de l’EEDS est d’améliorer la gestion des dossiers médicaux électroniques (DME) à l’échelle de l’Union. Les citoyens européens disposeront d’un accès direct, immédiat et gratuit à leurs données de santé sous format numérique, quel que soit leur pays de résidence ou de soin. L’interopérabilité entre systèmes de santé nationaux sera renforcée via un format européen d’échange des DME, permettant une continuité des soins transfrontaliers. Les patients pourront également contrôler l’accès à leurs informations médicales, en limitant le partage de certaines données sensibles. En cas d’urgence vitale, ces restrictions pourront être levées pour garantir une prise en charge optimale.

    Interopérabilité et sécurité : des exigences renforcées pour les systèmes de DME

    Le règlement impose aux fabricants de systèmes de DME de respecter des normes communes d’interopérabilité et de cybersécurité. Un système d’autoévaluation de la conformité sera instauré pour garantir que les logiciels traitant les données de santé répondent aux exigences européennes. De plus, un cadre réglementaire est prévu pour l’intégration des intelligences artificielles médicales et des dispositifs de diagnostic in vitro, assurant une validation coordonnée avec les autres réglementations en vigueur.

    Un cadre structurant pour l’innovation et la recherche en santé

    L’EEDS facilitera l’utilisation secondaire des données de santé à des fins de recherche, de santé publique et d’élaboration des politiques de santé. Des mécanismes d’anonymisation et de pseudonymisation seront mis en place pour garantir la protection des données personnelles. L’infrastructure MaSanté@UE (MyHealth@EU) sera élargie pour permettre un échange sécurisé des données de santé entre États membres, avec une obligation d’adhésion pour tous les pays de l’UE.

    Perspectives et mise en œuvre

    L’application progressive de l’EEDS vise une couverture complète d’ici 2030, conformément aux objectifs de la décennie numérique européenne. Les États membres devront adapter leurs infrastructures et garantir une formation des professionnels de santé à ces nouveaux outils. Avec ce règlement, l’UE ambitionne de bâtir un cadre harmonisé pour l’exploitation des données de santé.

    RÈGLEMENT (UE) 2025/327 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 11 février 2025 relatif à l’espace européen des données de santé et modifiant la directive 2011/24/UE et le règlement (UE) 2024/2847 (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE).

  • Owkin déploie ATLANTIS : un programme IA pour décloisonner les données patients

    Un programme pour briser les silos de données

    L’un des principaux obstacles à l’avancée de la recherche en IA est le cloisonnement des données médicales au sein des institutions. ATLANTIS ambitionne de lever ces barrières en harmonisant et consolidant les données patients multimodales. Les données ainsi collectées alimenteront Owkin K, le logiciel d’intelligence artificielle de l’entreprise, afin d’accélérer les découvertes et d’améliorer les résultats cliniques.

    Un large spectre de pathologies couvertes

    ATLANTIS cible les domaines thérapeutiques suivants :

    • Oncologie : cancer du poumon non à petites cellules, carcinome épidermoïde de la tête et du cou, cancer du sein, cancer de la prostate, cancer de l’ovaire, cancer du pancréas et myélome multiple.
    • Immunologie et inflammation : rectocolite hémorragique, maladie de Crohn et lupus érythémateux systémique.
    • Neurologie : maladie d’Alzheimer.

    Un réseau de collaboration international

    Démarré en septembre 2024 et prévu pour se finaliser en mai 2025, le programme mobilise 20 institutions de santé en France, Allemagne, Israël, Italie, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis. Ces partenaires bénéficieront de l’expertise IA d’Owkin pour optimiser leurs capacités de recherche et favoriser des avancées scientifiques. Agathe Arlotti, Vice-Présidente Senior des Partenariats chez Owkin, souligne l’importance de cette collaboration : “Owkin s’engage à favoriser la collaboration entre les scientifiques des données et les données patients pour atteindre des niveaux inédits d’analyse et d’innovation. Ensemble, nous accélérons les découvertes pour les patients.”

    Avec ATLANTIS, Owkin renforce son engagement pour une recherche médicale plus ouverte et collaborative. En structurant et partageant les données des patients à grande échelle, le programme entend favoriser des innovations et améliorer les soins grâce à l’IA.

     

  • Santé, égalité, protection : un plan gouvernemental pour les femmes, jusqu’en 2027

    Santé, travail, éducation : des mesures au cœur de l’action publique 

    ​Le Gouvernement français a lancé le 8 mars 2023 le plan « Toutes et tous égaux » pour la période 2023-2027, visant à concrétiser l’égalité entre les femmes et les hommes sur les plans professionnel, économique et social. Ce plan s’articule autour de quatre axes principaux : Le plan interministériel comprend 161 mesures destinées à assurer une égalité réelle entre les femmes et les hommes dans tous les domaines de la société, notamment la santé. ​

    • Lutte contre les violences faites aux femmes : Mise en place de structures médico-sociales dans chaque département pour une prise en charge globale des victimes, généralisation du recueil de plaintes dans les hôpitaux dotés de services d’urgence ou gynécologiques d’ici fin 2025, et lancement de campagnes de sensibilisation aux outrages sexistes et sexuels.
    • Égalité professionnelle et économique : Promotion de l’égalité salariale avec des initiatives comme la série de podcasts « 13,9 % » pour sensibiliser aux inégalités salariales persistantes, et soutien à l’entrepreneuriat féminin à travers des programmes d’accompagnement dédiés.
    • Culture de l’égalité : Diffusion de la culture de l’égalité dès le plus jeune âge, notamment à l’école, pour combattre les stéréotypes de genre, et valorisation des figures féminines historiques, comme les héroïnes de la Résistance, pour offrir des modèles inspirants.
    • Et enfin, la santé des femmes : Renforcement de l’accès à la santé pour les femmes, notamment en situation de précarité, avec des consultations de santé sexuelle, de contraception et de prévention entièrement prises en charge par l’Assurance Maladie pour les jeunes femmes.

    Le plan gouvernemental en faveur de la santé des femmes 

    Précarité menstruelle, accès à la contraception, prise en charge des fausses couches : la santé des femmes reste un enjeu pour lutter contre les inégalités. Le Gouvernement déploie une stratégie visant à améliorer la prise en charge spécifique des femmes et à renforcer leur accès aux soins.

    @ Source : Service d’information du Gouvernement (Toutes et tous égaux, comment suivre sa santé quand on est une femme ?)

    Un meilleur accompagnement après une fausse couche

    Chaque année, environ 15 % des grossesses se terminent par une fausse couche, un événement souvent traumatique pour les femmes et leurs partenaires. Pourtant les dispositifs d’accompagnement sont encore insuffisants. Pour y remédier, le Gouvernement a décidé de supprimer le délai de carence en cas d’arrêt maladie consécutif à une fausse couche, permettant aux femmes d’être indemnisées dès le premier jour d’arrêt. Un soutien psychologique renforcé sera également mis en place pour accompagner les femmes et leurs conjoints face à cette épreuve. En complément, des parcours pluridisciplinaires associant professionnels hospitaliers et libéraux seront créés afin d’assurer un suivi adapté et coordonné.

    Accès élargi aux moyens de contraception et à la prévention des IST

    L’accès aux méthodes contraceptives et aux outils de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) demeure inégalitaire, notamment pour les jeunes. Si le préservatif masculin est déjà accessible gratuitement en pharmacie pour les moins de 25 ans, le préservatif féminin, pourtant plus fiable dans certains cas, reste méconnu et jusqu’à 15 fois plus cher. Pour corriger cette inégalité, le Gouvernement prévoit désormais un accès gratuit et sans ordonnance aux préservatifs féminins pour les jeunes. Dans une logique de sensibilisation, la plateforme numérique Tumeplay, qui propose des contenus éducatifs et interactifs sur la santé sexuelle, sera généralisée pour toucher un plus large public.

    Intensifier la lutte contre la précarité menstruelle

    Selon une étude de l’IFOP réalisée en 2021, plus d’un million et demi de femmes en France souffrent de précarité menstruelle, une réalité qui pousse certaines à utiliser des protections de fortune. Le Gouvernement entend amplifier ses efforts en rendant les protections périodiques réutilisables remboursables par la Sécurité sociale pour les jeunes jusqu’à 25 ans dès 2024. Par ailleurs, le budget alloué à la lutte contre la précarité menstruelle sera doublé afin de renforcer la distribution gratuite de protections hygiéniques, en particulier dans les épiceries solidaires et auprès des femmes en situation de grande précarité. Les établissements scolaires seront également incités à installer des distributeurs de protections périodiques pour garantir un accès facilité aux collégiennes et lycéennes. En parallèle, des campagnes de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle seront déployées.

    Une prise en charge renforcée des spécificités de la santé des femmes

    Certaines pathologies féminines restent sous-diagnostiquées ou insuffisamment dépistées. On estime, par exemple, que 90 % des cancers du col de l’utérus et 80 % des maladies pourraient être évités grâce à un dépistage régulier. Or, la nécessité de ces examens et les symptômes spécifiques des maladies cardiovasculaires féminines restent encore trop méconnus. Pour sensibiliser la population et encourager les dépistages précoces, une Semaine Santé des femmes sera instaurée chaque année. Cet événement s’accompagnera de campagnes nationales d’information, avec un thème spécifique décliné sur l’ensemble du territoire (ménopause, maladies cardiovasculaires, santé au travail, etc.). Par ailleurs, 30 bus itinérants de prévention et de dépistage gynécologique et cardiovasculaire seront déployés dans les territoires où l’accès aux soins est le plus difficile. Afin de mieux répondre aux contraintes des femmes, notamment des parents isolés, des rendez-vous communs parent-enfant seront proposés, et des solutions de garde seront mises en place pour faciliter les consultations médicales.

    Un soutien pour les femmes en situation de grande précarité

    Les femmes sans domicile sont particulièrement vulnérables face aux violences et aux risques sanitaires. Environ 115 000 femmes en France vivent sans abri, souvent dans des conditions de santé physique et mentale très dégradées. Pour leur offrir une prise en charge adaptée, le Gouvernement prévoit d’améliorer le repérage et l’accompagnement des femmes à la rue ou en hébergement d’urgence. Des Lits Haltes Soins Santé spécialisés pour la périnatalité seront également développés pour accueillir les femmes enceintes et leurs nourrissons nécessitant une prise en charge médicale. Enfin, des dispositifs adaptés seront mis en place pour les femmes sans domicile souffrant d’addictions, afin de leur proposer un parcours de soins mieux structuré.

    Un engagement durable pour la santé des femmes

    En levant les tabous et en mettant en place des dispositifs concrets, ce plan gouvernemental vise à réduire les inégalités persistantes en matière de santé des femmes. De l’accès à la contraception à la lutte contre la précarité menstruelle, en passant par le renforcement du dépistage et la prise en charge des femmes les plus vulnérables, ces mesures ambitionnent de garantir un accès équitable à la santé pour toutes.

    Endométriose : la France déploie une stratégie nationale 

    Un plan national pour lutter contre une maladie qui touche 1 femme sur 10 : L’endométriose, maladie gynécologique chronique encore mal connue, affecte près de 2,5 millions de femmes en France. Face à un retard diagnostique moyen de sept ans et un manque criant de solutions curatives, le gouvernement français a lancé une Stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, articulée autour de trois axes prioritaires : la recherche, l’amélioration de l’offre de soins et la sensibilisation de la société.

    Un investissement massif dans la recherche : Sous l’impulsion de l’Inserm et du ministère de la Recherche, un programme et équipement prioritaire de recherche (PEPR) dédié à la santé des femmes a été doté de 20 millions d’euros. Ce projet vise à comprendre les causes de la maladie, améliorer son diagnostic et développer des traitements innovants. Une base de données épidémiologique unique au monde sera constituée à partir des six cohortes de patientes déjà existantes en France.

    Un parcours de soins structuré et accessible : Pour réduire l’errance diagnostique et garantir un accès équitable aux soins, des filières territoriales spécifiques à l’endométriose seront mises en place dans chaque région, avec un financement annuel de 4,5 millions d’euros. Ces structures permettront d’informer, de diagnostiquer et d’orienter les patientes vers des centres de référence pour les formes complexes. Par ailleurs, le dispositif de reconnaissance en affection de longue durée (ALD 31) sera harmonisé sur l’ensemble du territoire pour une meilleure prise en charge financière.

    Former et informer pour briser le tabou : Une campagne de sensibilisation nationale a été déployée afin d’améliorer la connaissance de l’endométriose parmi les professionnels de santé, mais aussi au sein de la société. L’endométriose sera intégrée aux programmes scolaires dès le collège et abordée dans la formation initiale et continue des médecins, sages-femmes et infirmiers scolaires. Des outils numériques tels que le site Santé.fr recenseront les professionnels qualifiés et les structures de soins spécialisées.

    Un engagement interministériel pour une approche globale : Au-delà du ministère de la Santé, plusieurs ministères sont impliqués dans cette stratégie : l’Éducation nationale intégrera la maladie dans les plans d’accueil individualisés pour les élèves concernées, le ministère du Travail sensibilisera les employeurs à l’impact de l’endométriose sur la vie professionnelle, et le ministère de l’Égalité des chances luttera contre les tabous liés aux règles douloureuses.

    Un programme de recherche de 30 M€ sur 5 ans pour lutter contre l’endométriose et l’infertilité

    Le Gouvernement a confié à l’Inserm le pilotage du programme “Santé des Femmes, Santé des Couples” pour structurer la recherche et répondre aux objectifs de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose et l’infertilité.

    S’inscrivant dans le cadre de France 2030, ce programme vise à renforcer la communauté scientifique et à approfondir les connaissances sur les causes de l’infertilité. L’augmentation de l’âge de la procréation, l’impact environnemental et nutritionnel, ainsi que des causes médicales liées au système endocrinien et à l’appareil reproducteur sont autant de facteurs identifiés. Pour soutenir cette dynamique, 30 millions d’euros seront investis sur cinq ans. Ce financement permettra de déployer des actions de recherche stratégiques en lien avec les objectifs fixés par la Stratégie nationale de lutte contre l’endométriose et le rapport “Vers une stratégie nationale de lutte contre l’infertilité”.

     

    @ Health & Tech Intelligence

     

  • Un test salivaire pour l’endométriose : une expérimentation lancée dans 80 hôpitaux français

    Un test innovant pour une maladie difficile à diagnostiquer

    L’endométriose est une maladie inflammatoire chronique caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus, provoquant des douleurs pelviennes, des troubles menstruels et des problèmes de fertilité. En France, entre 600 000 et 700 000 femmes sont concernées. Le délai moyen de diagnostic est estimé à sept ans en raison des limites des examens d’imagerie traditionnels (échographie pelvienne, IRM) et de la nécessité, dans certains cas, d’une cœlioscopie exploratoire, un acte chirurgical invasif. Endotest (par Ziwig) propose une alternative en s’appuyant sur l’analyse des microARN salivaires, des biomarqueurs moléculaires spécifiques de l’endométriose. Grâce à l’IA et au séquençage de nouvelle génération (NGS), ce test permettrait un diagnostic rapide, fiable et non invasif, évitant ainsi des examens plus longs.

    Une validation clinique à grande échelle

    L’Assurance Maladie finance temporairement ce test, à hauteur de 849 € par patiente dont l’imagerie est normale. Cette phase d’expérimentation prévoit l’inclusion de 25 000 patientes, dont 2 500 dans une étude clinique spécifique visant à confirmer la fiabilité du test. Les analyses se dérouleront dans 80 hôpitaux français, dont des établissements de référence comme l’Hôpital Lyon Sud, l’Hôpital de la Croix-Rousse, ainsi que les CHU de Rouen, Saint-Étienne et Lille. Le protocole prévoit plusieurs étapes :

    • Prélèvement salivaire sur des patientes présentant des symptômes évocateurs d’endométriose, mais pour lesquelles l’imagerie médicale ne permet pas d’établir un diagnostic clair.
    • Analyse des microARN via la technologie Endotest, qui repose sur une signature spécifique de 109 biomarqueurs.
    • Comparaison des résultats avec des examens de référence (IRM, cœlioscopie) pour valider le diagnostic.

    Des résultats prometteurs mais encore à confirmer

    Les premières études sur Endotest ont mis en avant une sensibilité de 95 % et une spécificité de 94 %, réduisant le nombre de cœlioscopies inutiles de près de 47 %. Cependant, la Haute Autorité de Santé (HAS) estime que des données supplémentaires sont nécessaires avant une prise en charge généralisée par l’Assurance Maladie. L’expérimentation en cours doit donc permettre d’évaluer l’impact du test sur la prise en charge des patientes et de mesurer sa capacité à améliorer le parcours de soins. En janvier 2024, la HAS avait rendu un premier avis sur Endotest, soulignant son caractère innovant et son potentiel à répondre à un besoin médical non couvert. Toutefois, l’organisme avait jugé les données disponibles insuffisantes pour justifier un remboursement immédiat. La mise en place du forfait innovation permet aujourd’hui d’accélérer l’accès des patientes à ce test tout en poursuivant son évaluation clinique.

    • “Si Endotest présente un caractère novateur indéniable, un très fort potentiel souligné par les experts et des performances diagnostiques validées, une étude diagnostique comparative et interventionnelle complémentaire d’impact avant-après le résultat du test sur la décision et la prise en charge des patientes (notamment en termes de réduction du nombre des coelioscopies inutiles) s’avère maintenant nécessaire pour démontrer l’utilité clinique du test et ainsi pouvoir répondre aux attentes importantes des patientes et des cliniciens, quant à son usage dans la pratique.” – Évaluation du test salivaire Endotest® dans les situations complexes de diagnostic d’endométriose (HAS).

    Vers une intégration durable dans le parcours de soins ?

    Si les résultats de l’étude clinique sont concluants, Endotest pourrait être intégré durablement dans le parcours de soins des patientes souffrant d’endométriose. Cela permettrait de réduire les délais de diagnostic, d’éviter des interventions chirurgicales inutiles et d’améliorer la qualité de vie des femmes atteintes. Par ailleurs, la technologie développée par Ziwig pourrait ouvrir la voie à d’autres avancées diagnostiques. L’entreprise travaille déjà sur des applications similaires pour la détection précoce du cancer de l’ovaire, une pathologie souvent diagnostiquée à un stade avancé. L’évaluation du test salivaire Endotest s’inscrit ainsi dans une démarche plus large visant à moderniser le dépistage et la prise en charge de l’endométriose. La HAS poursuivra son suivi afin d’assurer une analyse des résultats obtenus et de statuer sur une éventuelle généralisation du remboursement du test.

     

  • UniHA et CAIH lancent une offre de service pour déployer l’IA dans les établissements de santé

    L’IA au service des soins et de l’organisation hospitalière

    Déjà intégrée dans les solutions UniHA et CAIH, l’IA assiste les radiologues dans l’analyse d’imagerie, optimise les protocoles de soin et facilite la détection des anomalies. En pharmacologie, elle soutient les pharmaciens hospitaliers dans l’analyse des prescriptions et la prévention des risques iatrogènes. L’IA générative apporte aussi une aide précieuse au personnel soignant en automatisant la rédaction de comptes rendus et la synthèse des données patients. Elle améliore la gestion hospitalière en optimisant les plannings et en renforçant la sécurité des données.

    “InitIAtive” : un accompagnement en trois volets

    UniHA et CAIH structurent leur offre autour de trois axes essentiels :

    • Pédagogie : sensibilisation et formation des acteurs hospitaliers à l’IA générative via conférences, webinaires et accès à des solutions du marché UniHA et CAIH.
    • Déploiement opérationnel : soutien technique et financier des projets innovants, avec un appel à projets prévu en 2025.
    • Évaluation : création d’un observatoire pour suivre l’impact et la diffusion des solutions IA.

    Un pilotage stratégique

    Dirigé par Thomas Jan, Directeur général adjoint en charge de l’innovation chez UniHA et CAIH, le programme “InitIAtive” bénéficie de partenariats industriels et institutionnels. Il s’inscrit dans une stratégie globale de transformation numérique des établissements de santé.

     

  • Cybersécurité des hôpitaux : 7 actions urgentes imposées aux établissements de santé

    Un renforcement nécessaire face à une menace croissante

    Les cyberattaques contre les hôpitaux se sont multipliées ces dernières années, menaçant la confidentialité des données patients et la continuité des soins. En réponse, l’instruction du 22 janvier 2025 impose des mesures renforcées de prévention et de résilience.

    Sept actions obligatoires pour les établissements

    • Exercice de crise annuel : Tous les hôpitaux doivent organiser au moins une simulation de cyberattaque par an, impliquant les décideurs de l’établissement. Un retour d’expérience devra être formalisé et les améliorations intégrées dans le plan de qualité.
    • Auto-évaluation des mesures cyber : Chaque établissement devra déclarer annuellement son niveau de maturité en cybersécurité sur une plateforme nationale et intégrer les actions correctives dans son plan de qualité.
    •  Audits de sécurité réguliers : Les infrastructures IT doivent être auditées périodiquement pour identifier et corriger les vulnérabilités. Les établissements devront s’inscrire au club SSI de l’ANSSI et utiliser le service SILENE pour améliorer leur sécurité.
    • Plans de continuité et de reprise d’activité : Un PCA et un PRA devront être formalisés d’ici juin 2025. Un bilan d’impact sur l’activité sera exigé pour les services critiques en 2026 et pour l’ensemble des services en 2027.
    • Intégration du volet cyber dans la gestion des risques : Les actions cyber devront être suivies dans le plan d’amélioration de la qualité, notamment les mesures de remédiation issues des audits et des exercices de crise.
    • Renforcement de l’identification et de l’authentification : Les établissements doivent se conformer au référentiel d’identification électronique de la PGSSI-S, notamment via l’utilisation de cartes CPS ou de Pro Santé Connect et la mise en place d’un répertoire d’identité local.
    • Calcul du budget cyber : Les hôpitaux doivent déterminer la part de leur budget consacrée au numérique et au moins 5 % doivent être dédiés à la cybersécurité, selon la recommandation présidentielle de 2021.

    Vers une cybersécurité hospitalière renforcée

    Ces obligations visent à structurer la sécurité numérique des établissements de santé en les préparant aux futures crises. La mise en conformité avec la directive NIS 2, attendue d’ici fin 2025, placera la cybersécurité hospitalière au cœur des enjeux de santé publique et de protection des patients.

     

  • Sopra Steria et Mistral AI unissent leurs forces pour une IA générative souveraine

    Une alliance pour la souveraineté numérique

    Dans un contexte où le marché de l’IA est dominé par des acteurs américains et chinois, la question de la souveraineté numérique est plus que d’actualité. Sopra Steria et Mistral AI entendent répondre à cet enjeu en proposant des solutions d’IA générative déployables sur des clouds souverains. Sopra Steria apporte son expertise en systèmes d’information et en processus numériques, tandis que Mistral AI met à disposition la performance et la flexibilité de ses modèles d’IA avancés.

    Des secteurs stratégiques en priorité

    Les domaines sensibles tels que la défense, l’aéronautique, l’énergie et le secteur public sont au cœur de cette initiative. Sopra Steria intégrera la plateforme et les modèles d’IA de Mistral AI dans ses offres de services afin de proposer des solutions sur mesure pour ces secteurs critiques. Cette démarche vise à renforcer l’indépendance technologique européenne tout en répondant aux exigences réglementaires locales. Le déploiement massif de l’IA demeure conditionné par la fiabilité, l’adaptabilité et le respect des réglementations. Le partenariat entre Sopra Steria et Mistral AI répond à ces défis en proposant une alternative européenne solide face aux offres des géants mondiaux.

    Un tournant pour l’Europe ?

    Cyril Malargé, PDG de Sopra Steria, souligne l’importance de cette alliance : “Face à l’essor rapide de l’intelligence artificielle générative, les organisations européennes se retrouvent à un tournant décisif. Si les phases d’expérimentation ont permis d’explorer le potentiel de ces technologies, l’enjeu est désormais triple : réussir à passer à l’échelle, garantir la souveraineté des données stratégiques et s’appuyer sur les modèles les plus performants du marché. En scellant ce partenariat, nous répondons à ces enjeux et proposons une alternative européenne aux géants mondiaux.”

     

  • Qualiscope : la HAS lance une campagne pour promouvoir la transparence sur la qualité des hôpitaux

    Un outil au service de la transparence hospitalière

    Depuis plus de vingt ans, la HAS évalue la qualité des soins dans les hôpitaux et cliniques français, en s’appuyant sur des indicateurs rigoureux et un dispositif de certification standardisé. Depuis son ouverture en juin 2022, Qualiscope regroupe ces données et les met à disposition du public et des professionnels de santé. Accessible en ligne, la plateforme permet de visualiser les décisions de certification des établissements et les résultats de 19 indicateurs de qualité et de sécurité des soins, collectés en 2024. Qualiscope intègre également les avis des patients à travers l’enquête nationale e-Satis, qui a recueilli et analysé 1,35 million de questionnaires en 2024. Ces évaluations sont mises à jour en temps réel pour garantir une information fiable et actualisée.

    Une campagne pour une information plus accessible

    La nouvelle campagne de communication vise à renforcer la notoriété de Qualiscope et à encourager son usage par les professionnels de santé et le grand public. L’outil permet aux médecins de ville d’orienter leurs patients vers des établissements de qualité, tandis que les usagers peuvent s’informer sur les hôpitaux et cliniques proches de chez eux. Le message de la campagne : la qualité d’un établissement de santé ne peut se résumer à une simple note, comme un produit de consommation courante. Qualiscope propose une analyse détaillée, basée sur des critères objectifs, pour une prise de décision éclairée. Que l’on soit patient, proche de patient ou professionnel de santé, Qualiscope s’impose comme un outil pour accéder à des données fiables sur la qualité des soins. La recherche peut s’effectuer par nom d’établissement, ville ou région, offrant une vision complète du paysage hospitalier français.

     

     

    @ HAS : affiches de la campagne

     

    Short #1 – YouTube : Qualiscope | On ne se fait pas un avis sur un hôpital comme sur un salon de coiffure

    Short #2 – YouTube : Qualiscope | On ne se fait pas un avis sur un hôpital comme sur un spa

    Short #3 – YouTube : Qualiscope | On ne se fait pas un avis sur un hôpital comme sur une salle de sport

     

  • Medtronic et Brainomix s’allient pour accélérer l’adoption de l’IA dans la prise en charge de l’AVC

    Une plateforme d’IA pour un diagnostic et une prise en charge plus rapides

    La plateforme Brainomix 360 Stroke, anciennement connue sous le nom d’e-Stroke, utilise des algorithmes d’intelligence artificielle pour analyser les scanners cérébraux. Ces algorithmes permettent de détecter un AVC ischémique aigu, d’identifier les blocages des gros vaisseaux et d’évaluer l’état des tissus cérébraux. L’objectif ; accélérer la prise de décision médicale et améliorer les résultats cliniques. Des études ont démontré l’efficacité de cette technologie. Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) au Royaume-Uni a recommandé Brainomix parmi trois outils d’IA sur les 13 évalués. Une analyse menée sur 70 600 patients a révélé que l’utilisation de la plateforme augmentait le nombre de patients référés pour une thrombectomie mécanique. Près des deux tiers des cliniciens interrogés ont constaté une amélioration de l’identification des patients éligibles.

    Grâce à cet accord, Medtronic met à profit son réseau hospitalier et ses relations avec les prestataires de soins en Europe occidentale pour faciliter l’adoption de Brainomix 360 Stroke. La société est déjà bien implantée dans la distribution de dispositifs de thrombectomie mécanique, comme son système de revascularisation Solitaire X.

    L’AVC a représenté un axe de croissance pour Medtronic ces dernières années. Lors de la publication de ses derniers résultats trimestriels, l’entreprise a mis en avant le rôle moteur de ses produits neurovasculaires, notamment dans le traitement de l’AVC hémorragique, en dehors de la Chine. La poursuite du développement et de l’adoption du dispositif Solitaire X est d’ailleurs un élément de sa stratégie neuroscientifique.

     

  • Ségur numérique : une nouvelle étape pour l’imagerie médicale et la médecine de ville

    Un nouvel élan pour le numérique en santé

    Après le succès de la première vague, le Ségur numérique entre dans une nouvelle phase avec la vague 2, visant à renforcer l’usage des outils numériques par les professionnels de santé et les patients. La vague 1 a permis une adoption du numérique en santé : aujourd’hui, 97 % des Français disposent d’un profil Mon espace santé et plus de 400 millions de documents y sont versés chaque année. “En vingt ans, le DMP avait accumulé 11 millions de documents. En un an, Mon espace santé en recueille 400 millions. C’est un changement de rythme radical.” — Annika Dinis, Cnam. Cette nouvelle étape vise à moderniser les outils numériques pour améliorer l’accès aux données de santé et renforcer la coordination des soins.

    L’imagerie médicale

    La vague 2 introduit deux dispositifs :

    • DRIM-Box : un réseau national permettant aux radiologues et médecins d’accéder aux images sans duplication.
    • RIS (Systèmes d’Information Radiologique) : accès simplifié à l’historique des patients et meilleure intégration des documents MSSanté.

    La médecine de ville

    Les logiciels de gestion de cabinet (LGC) seront modernisés pour :

    • Faciliter l’accès à l’historique médical des patients.
    • Envoyer automatiquement les documents clés vers Mon espace santé (carnet de santé de l’enfant, vaccination, etc.).
    • Optimiser la gestion des documents MSSanté et déployer l’ordonnance numérique. “L’enjeu est simple : permettre aux médecins d’accéder en un clic aux informations essentielles de leurs patients.” — Jean-Christophe Turbatte, ANS.

    Un projet collectif et ambitieux

    Fruit d’une collaboration entre professionnels de santé, industriels et pouvoirs publics, cette vague 2 renforce la digitalisation du système de santé. “Nous avons tiré des enseignements de la vague 1 pour améliorer encore davantage l’expérience des soignants et des patients.” — Hela Ghariani, DNS. D’ici les prochains mois, ces dispositifs seront étendus aux officines, biologistes, chirurgiens-dentistes, sages-femmes et professionnels paramédicaux.

    Un engagement de l’État

    Doté d’un budget de 2 milliards d’euros, le Ségur numérique est un levier stratégique pour l’avenir de la santé en France. “Garantir aux soignants un accès simple et sécurisé aux données de santé des patients est essentiel pour une meilleure prise en charge. C’est tout l’enjeu de cette deuxième vague du Ségur numérique.” — Yannick Neuder, Ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins.