Nabil

  • Recherche clinique en Europe : un retard qui limite l’accès aux innovations (Leem)

    Une compétitivité à restaurer

    L’Europe représente 19 % des essais cliniques mondiaux, derrière l’Asie (60 %) et l’Amérique du Nord (28 %). La France conserve sa place dans le classement européen principalement grâce aux essais de phase précoce en oncologie, mais demeure distancée par l’Espagne et l’Allemagne. D’après la note du Leem, cette situation menace l’accès aux innovations thérapeutiques, en particulier dans des domaines comme l’oncologie, les maladies rares et les médicaments de thérapie innovante.

    @ 14 ème enquête annuelle du Leem : Recherche clinique : la France stagne, l’Europe recule. Comment préserver l’innovation ?

    L’alerte a déjà été donnée au niveau européen. Dans un rapport publié en septembre, Mario Draghi soulignait le retard de l’Europe face aux autres régions du monde et appelait à une nouvelle stratégie industrielle. Le secteur pharmaceutique, moteur de la R&D et de la balance commerciale, y est reconnu comme un pilier nécessitant un engagement renforcé. D’autres pays européens ont déjà pris des mesures pour faciliter la recherche clinique : accélération des procédures d’autorisation, intégration des essais décentralisés… L’Allemagne, avec son German Medical Research Act, va encore plus loin en simplifiant la contractualisation et en reliant le prix des médicaments à la présence d’essais cliniques sur son territoire.

    En France, la complexité administrative et réglementaire freine la compétitivité du secteur. « Il est impératif d’agir rapidement pour simplifier, accélérer et harmoniser les processus afin de garantir aux patients un accès rapide aux innovations », insiste Thierry Hulot, président du Leem.

    Quatre leviers pour relancer l’attractivité

    Face à cette situation, des réformes sont nécessaires pour retrouver un leadership européen et garantir un accès rapide aux innovations. Parmi les mesures proposées :

    • Mise en place d’un fast track européen pour réduire à 31 jours les délais d’autorisation des essais cliniques (contre plus de 100 jours aujourd’hui).
    • Meilleure coordination des réglementations européennes, notamment entre le médicament et le diagnostic in vitro.
    • Simplification de la contractualisation au niveau national, avec une approche forfaitaire par visite de patient.
    • Accélération de la digitalisation et de la décentralisation des essais cliniques pour faciliter leur réalisation à domicile.

     

    @ 14 ème enquête annuelle du Leem : Recherche clinique : la France stagne, l’Europe recule. Comment préserver l’innovation ?

     

    Le projet de loi de simplification de la vie économique, bientôt examiné à l’Assemblée nationale, constitue une première étape vers un cadre plus attractif pour les industriels du médicament. Des actions complémentaires seront indispensables pour repositionner la France et l’Europe dans la compétition mondiale de la recherche clinique.

  • Les Français et la téléconsultation : 42% ont franchi le pas en 2024 (Baromètre Qare 2024)

    14 millions d’actes en 2024

    Avec plus de 14 millions de téléconsultations réalisées en 2024, la téléconsultation n’est plus perçue comme un simple recours ponctuel mais comme un complément essentiel à la médecine présentielle. Le Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (PLFSS) et la Proposition de loi contre les déserts médicaux visent d’ailleurs à renforcer son intégration dans le parcours de soins. Les Assises de la téléconsultation, initiées par l’Assurance Maladie, réuniront bientôt les acteurs du secteur afin de définir les contours de son déploiement futur. Sylvie Nhansana, CEO de Qare, estime que “la téléconsultation transforme concrètement l’accès aux soins pour tous” en facilitant le lien entre patients et professionnels de santé.

    66 % en IDF, 28 % dans le Grand Est : la téléconsultation à deux vitesses

    L’Île-de-France affiche le taux d’adoption le plus élevé (66%), contre une moyenne nationale de 42%. Cette forte utilisation s’explique par la densité de population et la présence de nombreuses Zones d’Interventions Prioritaires (ZIP), où l’accès aux soins est limité. La Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Bretagne suivent avec des taux d’utilisation de 39% et 38%. En revanche, certaines régions restent en retrait. Le Grand Est affiche un taux d’adoption de seulement 28%, soit 14 points en dessous de la moyenne nationale. Julie Salomon, directrice médicale de Qare, rappelle que “cette solution doit rester un complément au présentiel, particulièrement dans les territoires sous tension”.

    Un usage installé, porté par les 25-39 ans

    Les femmes représentent 54% des utilisateurs, et les 25-39 ans constituent la tranche d’âge la plus utilisatrice (36%), suivie des 40-54 ans (30%). L’usage progresse chez les plus de 55 ans (22%) et les jeunes adultes de 18-24 ans (12%). Par régions, l’Île-de-France concentre 39% des utilisateurs, contre 20% dans le Sud-Est, 15% dans le Sud-Ouest, 14% dans le Nord-Est et 12% dans le Nord-Ouest. La fréquence d’utilisation atteste d’une adoption installée : 48% des utilisateurs ont téléconsulté plusieurs fois par an et 63% ont eu recours au service au cours des 12 derniers mois.

    L’Île-de-France concentre 39 % des utilisateurs, 1,5 million de Franciliens sans médecin traitant

    • Île-de-France : 39% des utilisateurs, dont 20% de 18-24 ans. 96% des habitants vivent en zone sous-dense, et 1,5 million de personnes n’ont pas de médecin traitant.
    • Nord-Ouest : 12% des utilisateurs nationaux, avec 34% des habitants ayant téléconsulté. L’usage est majoritairement masculin (54%).
    • Nord-Est : 14% des utilisateurs, avec un usage marqué chez les 40-54 ans (36%). La fréquence d’utilisation y est plus faible (18% dans les trois derniers mois).
    • Sud-Est : 20% des utilisateurs. L’usage est surtout féminin (60%) et concerne principalement les 25-39 ans et les seniors.
    • Sud-Ouest : 15% des utilisateurs. L’adoption est forte chez les actifs (32% des 25-39 ans et 33% des 40-54 ans), avec un usage moins régulier (19% dans les trois derniers mois).

    Vers une généralisation de la pratique

    La téléconsultation s’inscrit progressivement dans les habitudes de soins des Français. Si elle est plus utilisée dans les grandes agglomérations, elle constitue aussi une réponse aux difficultés d’accès aux soins dans les zones sous-dotées.

     

  • Hôpitaux : comment l’IA optimise la gestion des flux et réduit l’épuisement des soignants

    Les hôpitaux sont confrontés à une double crise : un afflux massif de données et une pénurie de personnel médical. 36 % des données numériques mondiales proviennent du secteur de la santé, entraînant des inefficacités dans les flux de travail et des retards de soins. Par ailleurs, la pandémie de COVID-19 a aggravé la situation, avec la perte de 100 000 infirmiers et un taux de burn-out élevé parmi les soignants.

    L’IA pour optimiser la gestion hospitalière

    Pour répondre à ces enjeux, plusieurs établissements de santé ont adopté le Command Center de GE HealthCare, un outil basé sur l’intelligence artificielle. Contrairement aux dossiers médicaux électroniques (EMR), qui se limitent à la documentation, cette plateforme centralise et analyse les données hospitalières en temps réel pour améliorer la prise de décision et fluidifier les admissions.

    Les bénéfices constatés sont significatifs :

    • Duke Health : gain de 6 % en productivité, réduction de 66 % du temps d’attribution des lits et baisse de 50 % du recours aux intérimaires, permettant d’accueillir 500 patients supplémentaires par an.
    • The Queen’s Health Systems : diminution de 0,7 jour de durée moyenne de séjour, meilleure gestion des flux sans extension d’infrastructure.
    • Children’s Mercy Kansas City : réduction de 86 % des attentes d’admission, libération de 300 lits supplémentaires en sept mois.
    • Humber River Health : baisse de 23 % des temps d’attente aux urgences et amélioration de 58 % du suivi des dates de sortie prévues.
    • Deaconess Health System : augmentation de la capacité d’accueil de 2 000 patients par an sans ajout de ressources.

    Un changement organisationnel nécessaire

    L’adoption de l’outil nécessite une transformation des processus et un accompagnement des équipes hospitalières. Bree Bush, directrice du Command Center chez GE HealthCare, souligne l’importance d’une approche progressive et collaborative pour garantir des résultats durables. Les établissements qui réussissent cette transition s’appuient sur une définition claire des objectifs, une écoute des besoins du personnel soignant et un partenariat avec des experts ayant une connaissance approfondie des défis hospitaliers.

    Vers une gestion hospitalière augmentée

    L’IA se révèle un levier efficace pour améliorer la gestion des flux hospitaliers sans investissement massif dans de nouvelles infrastructures. Les premiers résultats montrent que l’intégration d’outils intelligents, associés à une approche centrée sur l’humain, contribue à réduire l’épuisement des soignants tout en augmentant la capacité d’accueil des établissements.

    The AI-driven strategies unlocking capacity at Duke Health, The Queen’s Health Systems, Children’s Mercy Kansas City

  • Etude : la santé mentale reste la grande adepte des soins à distance

    Télésanté : un usage en recul mais toujours élevé

    Totalement marginale, la télésanté a connu un développement accéléré à cause de la pandémie de Covid 19. En effet, avant les confinements à répétition, la télésanté représentait moins de 1% des consultations. Après la réduction des options de soins en présentiel et l’assouplissement des restrictions liées à la télésanté, la donne a complètement changé. Epic Research a publié plusieurs études décrivant l’évolution de l’utilisation de la télésanté dès les premiers stades de la pandémie. En mars 2020, l’entreprise américaine spécialisée dans les logiciels de santé avait publié des statistiques à partir des dossiers médicaux électroniques de 22 systèmes de santé aux États-Unis, couvrant 17 États et 7 millions de patients sur ce boum de la télésanté : ils avaient constaté que le nombre de consultations en télésanté avait été multiplié par 300 en début d’année 2020. En août 2020, Epic Research publiait de nouvelles données qui contredisaient l’idée selon laquelle les volumes de consultations en télésanté resteraient élevés pendant toute la pandémie et peut-être même au-delà. Les données des dossiers médicaux électroniques montraient qu’un pic avait été atteint à la mi-avril avec 69 % du total des visites en distanciel. En août, le taux de visites en télésanté était retombé à 21 %. Ce qui restait cependant nettement plus élevé qu’avant la pandémie.

    Un usage trois fois plus élevé en santé mentale que dans les autres spécialités

    Si le pourcentage de consultations à distance a continué de diminuer, il n’est pas revenu au niveau d’avant le Covid. En novembre 2023, Epic Research a continué d’analyser l’évolution de l’utilisation de la télésanté selon les spécialités et constaté que les départements de santé mentale avaient une proportion plus importante de leurs patients en télésanté que toute autre spécialité. Afin de fournir un aperçu des tendances d’utilisation de la télésanté au fil du temps et dans diverses spécialités médicales, ils ont lancé un nouvel outil de suivi des données.

    Les résultats d’Epic Research ont été publiés le 4 mars. « Comme nous l’avons constaté dans notre précédente analyse, les départements de santé mentale continuent à proposer des soins via la télésanté à un taux presque trois fois supérieur à celui de la plupart des autres spécialités, avec près d’un tiers des consultations réalisées à distance », précisent les auteurs. En effet, dans la plupart des autres spécialités, le taux de consultations de télésanté tourne autour de 10%. Certaines, comme l’obstétrique ou la chirurgie, sont même en-dessous des 5%. Epic Research a indiqué qu’il allait régulièrement mettre à jour cet outil de suivi.

    Si la télésanté facilite sans doute l’accès aux soins de santé mentale, une étude récente vient cependant semer le doute. Une étude, publiée le 14 février dans PNAS Nexus, menée par des chercheurs de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health vient de révéler que les patients atteints de dépression issus des quartiers aisés du Maryland avaient significativement plus de chances d’avoir recours à la télésanté pour leurs consultations en santé mentale que les patients venant de quartiers défavorisés, entre mi-2021 et mi-2024. Pour leur étude, les chercheurs ont analysé des dossiers médicaux électroniques anonymisés du Johns Hopkins Health System couvrant la période de mi-2016 à mi-2024 pour des patients diagnostiqués avec une dépression. Ils ont ensuite classé les patients en fonction du niveau de richesse moyen de leur quartier.
    Résultat : Les patients issus des quartiers aisés avaient 1,62 fois plus de chances d’avoir recours à la télésanté pour des soins primaires que ceux des quartiers défavorisés. Pour les consultations psychiatriques, l’écart était encore plus marqué (1,67). “Il est essentiel d’examiner comment la télésanté améliore l’accès aux soins et ce que nous pouvons apprendre des groupes qui en ont le plus bénéficié afin d’ajuster et de soutenir les patients qui ont besoin de plus de services en santé mentale,” ont conclu les auteurs.

    *Telehealth Utilization Has Stabilized, Mental Health Departments Continue to See Highest Rates

    https://www.epicresearch.org/articles/telehealth-utilization-has-stabilized-mental-health-departments-continue-to-see-highest-rates

    **Trends in mental health care and telehealth use across area deprivation: An analysis of electronic health records from 2016 to 2024

    Ettman, Grace V Ringlein, Priya Dohlman, Jason Straub, Carly Lupton Brantner, Elizabeth T Chin, Sazal Sthapit, Elena Badillo Goicoechea, Ramin Mojtabai, Michael Albert, Stanislav Spivak, Theodore J Iwashyna, Fernando S Goes, Elizabeth A Stuart, Peter P Zandi,

    PNAS Nexus, Volume 4, Issue 2, February 2025, pgaf016

    https://academic.oup.com/pnasnexus/article/4/2/pgaf016/8003900

     

  • 20 ans après la loi de 2005 : les associations du handicap en attente

    Le Collectif Handicaps, qui regroupe 54 associations, a exprimé des réserves particulièrement sur les sujets suivants :

    Une accessibilité imparfaite

    À ce jour, l’accessibilité est encore loin d’être effective dans la plupart des domaines (bâti, transports, numérique). Les objectifs et les échéances fixés par les lois successives (1975 et 2005) ne sont toujours pas respectés. La loi du 11 février 2005 avait prévu que, sauf dérogation exceptionnelle, l’ensemble des établissements recevant du public (ERP) existants devaient être rendus accessibles au plus tard en 2015. Mais, constatant en 2015 l’impossibilité de tenir cette échéance, le gouvernement décida alors d’accorder un délai supplémentaire aux exploitants d’ERP, sous condition de s’engager dans un agenda d’accessibilité programmée. A ce jour, seuls 50% des ERP seraient aux normes.

    De plus, il n’est pas envisagé de réviser l’article 64 de la loi ELAN de 2018 portant sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique. Cet article de la loi avait réduit le taux de logements accessibles dans les constructions neuves, fixé à 100% dans la loi de 2005, à 20%, les 80% restant devant simplement répondre à une norme d’évolutivité, pour être rendus accessibles ultérieurement, transformant « l’accès au logement des personnes en situation de handicap en parcours du combattant ».

    Les aides à l’autonomie difficiles à obtenir

    Le guichet unique que constituent les maisons départementales du handicap (MDPH) constituent un progrès pour la lisibilité des multiples aides (PCH, AAH, aides locales, aides à l’emploi) offertes. Mais les démarches sont jugées trop lentes : les délais de traitement dans les MDPH atteignent en moyenne cinq mois avant l’obtention d’une réponse. Elles sont aussi trop complexes, ce que reconnaît le gouvernement dans le dossier de presse du CIH.

    Pour faciliter l’accessibilité des prestations, une série de mesures de simplification des processus d’attribution des aides a été décidée, comme le renouvellement des allocations pour les personnes dont la situation de handicap n’a pas évolué sans remplir régulièrement un dossier de renouvellement. Les associations souhaitent aller plus loin, vers « l’ouverture de droits à vie pour les personnes dont le handicap est insusceptible d’évoluer favorablement ».

    Lors du précédent CIH, l’engagement avait été pris de rendre accessibles en ligne toutes les démarches essentielles d’ici à 2025. Cet engagement n’a été atteint que pour la moitié de ces démarches.

    Pour l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux (Uniopss), le principal problème est celui des sous-dotations  des MDPH, qui font face à un volume de demandes en constante augmentation (+12% entre 2015 et 2022). Par ailleurs deux questions restent posées : l’hétérogénéité entre le fonctionnement des MDPH et la transmission des informations entre départements, en cas de changement de résidence.

    Pour prendre la mesure de ces différents problèmes, la ministre déléguée, Charlotte Parmentier-Lecocq, a annoncé son intention de faire le tour des MDPH.

    Le remboursement des fauteuils roulants, qui concerne plus d’un million d’usagers de ces équipements, est effectif depuis décembre 2024. Désormais, l’assurance maladie sera l’unique financeur et prendra en charge intégralement le coût du fauteuil préconisé pour chaque personne. Selon le dossier de presse, « le besoin de l’usager, identifié par un professionnel de santé, sera soumis au remboursement par l’assurance maladie ». Le Gouvernement promet des délais de traitement réduits : une réponse de l’assurance maladie en deux mois et « en l’absence de réponse, le silence vaut accord ».

    L’école insuffisamment inclusive

    Actuellement 520 000 enfants en situation de handicap sont scolarisés (151 000 en 2005) dans les classes, avec l’aide de 300 accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Se mettent aussi en place des pôles d’appui à la scolarité (PAS), qui sont des organisations territoriales apportant une aide aux enfants en situation de handicap, à leurs parents et aux enseignants, au sein des classes ou dans des lieux dédiés. Il en existe 100 actuellement, le CIH fixe l’objectif d’en créer 500 dès la rentrée prochaine.

    Pour rendre l’école véritablement inclusive, APF France handicap et l’Uniopss font une proposition radicale : passer les établissements éducatifs du secteur médicosocial sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale. Dans cette hypothèse, les professionnels du médicosocial seraient détachés à l’école ordinaire, alors qu’actuellement ce sont des enseignants qui le sont dans les établissements d’enseignement spécialisé.

    Les associations formulent 200 propositions

    Le Collectif Handicaps estime que beaucoup reste à faire pour atteindre une véritable égalité des droits. Il formule 200 propositions dont 20 prioritaires parmi lesquelles le renforcement des sanctions en cas de non-respect des normes d’accessibilité des EPR, l’abrogation de l’article 64 de la loi ELAN ayant réduit le taux de logements accessibles et le renforcement des prérogatives de la CNSA et la place des associations en son sein pour améliorer le fonctionnement et harmoniser les pratiques des MDPH

     

     

    Sénat : Bilan de l’application de la loi du 11 février 2005.
    Rapport d’information fait au nom de la commission des affaires sociales par Mmes Chantal DESEYNE, Marie-Pierre RICHER et Corinne FÉRET :
    https://www.senat.fr/notice-rapport/2024/r24-306-notice.html

    Défenseur des droits : Handicap : 20 ans après la Loi de 2005, et maintenant ? https://www.defenseurdesdroits.fr/handicap-20-ans-apres-la-loi-de-2005-et-maintenant-811

    Sur l’école inclusive

    APF France handicap : Note pour une éducation inclusive de la petite enfance à l’enseignement supérieur
    https://actionspolitiques.apf-francehandicap.org/actualites/presidentielle-2022-publication-dune-note-politique-theme-leducation

    Les propositions du Collectif handicaps

    Collectif handicap : Loi du 11 février 2005 : Quel bilan 20 ans plus tard ? https://www.collectifhandicaps.fr/wp-content/uploads/2025/01/Bilan-de-la-loi-de-2005-Version-numerique-compressee-v2.pdf

     

  • VBHC : Bluebird Kids Health lève 31,5 millions de dollars pour étendre ses cliniques pédiatriques dans les zones mal desservies

    Des cliniques pédiatriques pour combler les déserts médicaux

    Aux États-Unis, près de la moitié des enfants sont couverts par Medicaid. Pourtant, dans de nombreuses communautés à faibles revenus, trouver un pédiatre acceptant cette assurance relève du défi. Ce manque d’accès pousse de nombreuses familles à recourir aux urgences pour des soins courants, générant des coûts élevés et une surcharge des hôpitaux.

    Fondée en 2023, Bluebird Kids Health veut répondre à cette problématique en ouvrant des cliniques pédiatriques dans ces zones mal desservies. La startup vient de lever 31,5 millions de dollars en série A, avec le soutien de fonds tels que F-Prime, .406 Ventures, AIF et Juxtapose. Ces capitaux permettront d’accélérer l’expansion du réseau de cliniques, actuellement implanté en Floride, avec des projets d’ouverture à Jacksonville et dans le comté de Broward.

    Un modèle basé sur la prévention et la coordination des soins

    Bluebird adopte un modèle de soins basés sur la valeur. Plutôt que de facturer chaque consultation, l’entreprise est rémunérée en fonction de la qualité des soins et des économies générées, notamment en réduisant les hospitalisations évitables. Ce modèle s’appuie sur une prise en charge intégrée des besoins physiques, comportementaux et sociaux des enfants.

    Les outils numériques jouent un rôle clé dans cette approche. Bluebird a développé des solutions d’analyse de la santé de la population pour identifier précocement les enfants à risque et favoriser une intervention proactive. L’intelligence artificielle est également utilisée pour optimiser les flux de travail cliniques et réduire la charge administrative des professionnels de santé.

    Un accès facilité grâce aux outils numériques

    Pour simplifier l’accès aux soins, Bluebird mise sur une plateforme numérique offrant une prise de rendez-vous facilitée, un canal de communication direct avec les professionnels de santé et un service d’accompagnement après les heures d’ouverture. Cette stratégie vise à éviter que les familles ne se tournent vers les urgences pour des consultations qui pourraient être prises en charge en cabinet.

    Vers une expansion nationale

    Bluebird Kids Health ambitionne de s’étendre au-delà de la Floride et d’implanter son modèle dans d’autres États confrontés aux mêmes défis d’accès aux soins pédiatriques. Contrairement aux approches concurrentielles classiques, la startup considère que son principal défi est la « non-consommation » des soins, c’est-à-dire le fait que de nombreux enfants ne bénéficient pas de suivi médical préventif.

  • HIMSS 2025 : Dragon Copilote de Microsoft, Intersystems lance son lance un DSE optimisé par l’IA… six annonces marquantes de la conférence

    Epic élargit son offre au-delà des DSE

    Epic, acteur majeur des dossiers de santé électroniques (DSE), a annoncé le développement d’un système de planification des ressources d’entreprise (ERP) dédié au secteur de la santé. Cette expansion positionne l’entreprise en concurrence avec Oracle et Workday. L’objectif : fournir aux décideurs des analyses issues des données financières, opérationnelles et cliniques pour une meilleure gestion des établissements de santé.

    Baxter mise sur l’IA avec un dispositif portable pour cliniciens

    Baxter a présenté un badge connecté intégrant son assistant vocal basé sur l’IA, Scotty. Cet appareil permet aux professionnels de santé d’interagir vocalement pour coordonner les soins, en donnant des commandes telles que « Hey Scotty, appelle une infirmière pour le patient A ». Une innovation visant à améliorer la communication entre soignants.

    Microsoft déploie un copilote IA pour les cliniciens

    Microsoft a introduit Dragon Copilot, un assistant doté de capacités d’écoute ambiante et de dictée vocale. Conçu pour accompagner les soignants dans la collecte et l’organisation des données patient, cet outil facilite également la génération de documentation clinique et l’envoi de lettres de référence. Une avancée dans l’automatisation des tâches administratives.

    InterSystems lance un DSE optimisé par l’IA

    InterSystems a dévoilé IntelliCare, un nouveau DSE intégrant des fonctionnalités d’intelligence artificielle. L’objectif : optimiser les flux de travail et réduire le temps passé devant un écran au profit du temps d’interaction avec les patients. Ce système s’adresse aux établissements en pleine transformation numérique et vise à surmonter les limites des DSE existants.

    Zoom se positionne sur la santé numérique avec une plateforme dédiée

    Zoom a annoncé le lancement en phase bêta de Zoom Workplace pour les cliniciens. Cette plateforme, intégrée aux DSE, vise à alléger la charge administrative grâce à une technologie de scribe ambiant. Un AI Companion, proposé en complément, facilite la documentation, la planification et la coordination des soins.

    Talkdesk automatise l’accueil des patients avec l’IA

    Talkdesk a présenté une suite d’agents IA destinée aux entreprises de santé. Ces agents automatisent des tâches telles que la prise de rendez-vous et l’accès aux informations patient. En cas de besoin, l’IA peut transférer l’appel à un agent humain, garantissant une prise en charge adaptée aux situations complexes.

    Ces annonces confirment la montée en puissance de l’IA et des solutions intégrées dans la santé numérique, visant à optimiser les flux de travail et améliorer l’expérience des soignants et des patients.

  • Industrie pharmaceutique : entre croissance et pressions économiques

    Un marché en expansion malgré les contraintes

    En 2023, l’industrie pharmaceutique mondiale a généré un chiffre d’affaires de 1 607 milliards de dollars, avec une projection dépassant 2 200 milliards d’ici 2028. La France conserve sa place de cinquième marché mondial, avec un chiffre d’affaires total de 73,3 milliards d’euros, dont 47,1 % réalisés à l’export. Le secteur évolue dans un cadre réglementaire strict, marqué par 779 millions d’euros de baisses de prix et une clause de sauvegarde de 1,64 milliard d’euros.

    Une balance commerciale pharmaceutique sous tension

    Le secteur du médicament demeure un contributeur majeur à l’économie française, mais l’excédent commercial pharmaceutique a chuté à 2 milliards d’euros en 2023, soit une baisse de 67 % par rapport à 2022. En cause, une forte hausse des importations (+12,7 %), principalement en provenance d’Irlande et de Corée du Sud. La France se classe désormais 11e en Europe pour le solde commercial pharmaceutique, loin derrière l’Allemagne et l’Irlande.

    Un marché intérieur sous pression budgétaire

    En 2023, 26,2 milliards d’euros de médicaments ont été pris en charge par l’Assurance maladie, représentant 8,8 % des dépenses de santé. Malgré une croissance de 7,7 % des médicaments remboursables, les politiques de régulation continuent de peser sur les laboratoires. Le marché hospitalier régulé a atteint 10,6 milliards d’euros, en hausse de 13,9 %.

    Les génériques en léger recul

    Les génériques représentent 83,9 % des volumes du répertoire, un taux en baisse de 0,9 point par rapport à 2022. Cette tendance s’explique par l’arrivée de nouvelles molécules et un cadre réglementaire encadrant la substitution.

    Défis et perspectives pour 2024-2025

    Face à l’augmentation du déficit de l’Assurance maladie (prévu à 14,7 milliards d’euros en 2024), des mesures d’efficience sont en discussion, notamment un plan d’économies de 1,1 milliard d’euros sur le médicament. La nécessité d’un équilibre entre régulation et attractivité est au cœur des préoccupations du secteur. L’avenir de l’industrie pharmaceutique française dépendra de sa capacité à innover, à préserver sa compétitivité à l’international et à s’adapter aux évolutions des politiques de santé publique.

  • Prix du médicament : le Leem et le CEPS prolongent l’Accord-Cadre jusqu’en 2026

    Une continuité dans la régulation des prix

    La prorogation vise à garantir une meilleure lisibilité et simplification des règles tarifaires. Elle englobe plusieurs avenants récents :

    • Médicaments orphelins (6 avril 2022)
    • Crédits CSIS (21 juillet 2022)
    • Hausses de prix et accès direct (20 juin 2024)
    • Tarification des combo-thérapies (31 juillet 2024)

    Jusqu’en mars 2026, de nouveaux avenants pourront être intégrés pour adapter le cadre tarifaire aux évolutions du secteur.

    Vers un nouvel Accord-Cadre en 2026

    Les discussions sur un futur Accord-Cadre ont repris début 2025, sous l’impulsion de Virginie Beaumeunier, nouvelle présidente du CEPS. Ce travail vise à redéfinir l’espace conventionnel en tenant compte des évolutions législatives et économiques récentes. Thierry Hulot, président du Leem, souligne que cette prorogation permettra d’anticiper les transformations industrielles et environnementales du secteur, tout en garantissant un accès équitable aux médicaments. Virginie Beaumeunier insiste sur la nécessité de cadrer ces discussions en fonction des orientations gouvernementales à venir. Ce prolongement offre une stabilité réglementaire en attendant la mise en place d’un nouveau cadre pour la régulation des prix du médicament en France.

  • Softway Medical intègre Dragon Copilot de Microsoft dans son DPI

    Un partenariat technologique pour renforcer l’efficacité clinique

    Cette avancée s’inscrit dans un contexte favorable, alors qu’Hôpital Manager vient d’être récompensé pour la deuxième année consécutive par le prix Best in KLAS Acute Care EHR en France. L’intégration de Dragon Copilot vise à améliorer l’expérience des professionnels de santé en simplifiant la documentation clinique et en fluidifiant leur interaction avec le DPI. L’assistant vocal développé par Microsoft permet une saisie automatisée des données médicales en temps réel, libérant ainsi du temps pour la relation patient.

    Ce partenariat repose sur une collaboration de longue date entre Softway Medical et Microsoft. Kenneth Harper, General Manager de Dragon Product chez Microsoft, souligne que l’intégration de Dragon Copilot « renforce l’efficience du parcours de soins, de la ville à l’hôpital ».

    Une architecture ouverte pour une intégration agile de l’IA

    Hôpital Manager, solution web couvrant plus de 30 spécialités médicales, se distingue par son architecture ouverte, conçue pour accueillir les innovations en intelligence artificielle. Cette modularité a contribué au développement du Groupe Softway Medical, aujourd’hui classé 6e éditeur mondial de DPI, avec plus de 1 400 établissements équipés en Europe et au Canada. L’intégration des capacités d’écoute ambiante dans Hôpital Manager marque une étape vers l’automatisation de la documentation clinique, offrant aux professionnels de santé une expérience plus fluide et intuitive.

    eNov30 : une stratégie d’innovation sur cinq ans

    L’adhésion de Softway Medical à l’écosystème Dragon Copilot s’inscrit dans une feuille de route stratégique, eNov30, déclinée en cinq axes :

    • Soutien des médecins par des solutions d’IA sécurisées avec supervision humaine ;
    • Réduction de la charge administrative pour recentrer les soignants sur le patient ;
    • Amélioration des conditions de travail grâce à des outils ergonomiques et adaptés ;
    • Valorisation des données de santé pour soutenir la recherche clinique ;
    • Transition vers une médecine préventive, axée sur l’anticipation des besoins de santé.

    Softway Medical : un acteur clé de la transformation numérique en santé

    Avec plus de 1 100 collaborateurs en France, en Belgique et au Canada, Softway Medical équipe 200 000 professionnels de santé, en établissements publics et privés, ainsi qu’en médecine de ville. Éditeur, intégrateur et hébergeur de données de santé, le groupe se positionne comme un acteur majeur de la transformation numérique du secteur. En misant sur l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies, il entend accélérer l’émergence d’une médecine plus efficiente et préventive.