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  • France Digitale Day : Doctolib, Alan et Bioserenity sélectionnés au sein de l’indice Next40

    « Le secteur médical est très régulé, il y a beaucoup de contraintes, on est en train de les lever une à une. » C’est ce qu’a déclaré le président de la République Emmanuel Macron lors de l’ouverture du France Digital Day le 17 septembre 2019 à l’Élysée, en présence de nombreux dirigeants de société technologiques. « Chaque année, au moins une fois par an, je réunis les administrations et les acteurs des dispositifs médicaux et du médicament pour lever les contraintes, accélérer les délais« , a-t-il rappelé.

    Au cours de la soirée, le chef de l’État a présenté la première édition du Next40, cet indice annoncé par Mounir Mahjoubi en janvier 2019 : il réunit les 40 start-ups françaises jugées les plus prometteuses par un jury présidé par Céline Lazorthes, la fondatrice de Leetchi. Inspiré du rapport remis en juillet par Philippe Tibi, l’exécutif promet pour ces sociétés « un accompagnement sur mesure de l’État », avec l’ambition d’avoir « au moins 25 licornes en 2025 ».

    L’indice Next40 compte 3 sociétés issues du secteur de la e-santé :

    • Doctolib, plateforme de télémédecine ;
    • Alan, compagnie d’assurance santé numérique ;
    • Bioserenity, société spécialiste des dispositifs médicaux connectés.

    Le secrétaire d’État au Numérique Cédric O annonce par ailleurs que les investisseurs institutionnels français investiront « dans les mois à venir » 5 milliards d’euros afin de « structurer à Paris un écosystème complet de financement pour les start-ups » (source : Les Échos, 18 septembre). Selon lui, ces fonds « vont permettre de faire levier sur des financements internationaux qui attendent une masse critique de financements locaux pour investir dans les gros fonds français ». De plus, grâce à eux, « les investisseurs institutionnels français vont se familiariser avec cette classe d’actifs [et] des équipes spécialisées s’implanteront à Paris », ajoute-t-il.

  • AP-HP : partenariat d’innovation pour automatiser le codage des diagnostics de séjours courts via IA

    L’AP-HP s’engage dans un partenariat d’innovation afin de parvenir à l’automatisation du codage des diagnostics de séjours courts (zéro, une ou deux nuits, hors séances) de médecin, chirurgie et obstétrique (MCP) sur le base des documents médicaux produits par les professionnels à l’occasion de ces séjours.

    L’idée est d’utiliser un système basé sur intelligence artificielle (IA) pour réduire le travail de codage nécessaire dans le cadre de ces séjours et « libérer des ressources humaines qui pourront notamment se concentrer sur les séjours longs au codage plus complexe », explique l’AP-HP dans un communiqué publié le 12 septembre 2019. Améliorer la qualité des données du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) pourrait avoir un impact positif sur la recherche biomédicale et le pilotage des organisations de soins, estime l’établissement.

    La démarche concerne 600 000 séjours (en 2018), soit 43 % de l’activité « séjours » de l’AP-HP.

    Pour concevoir une solution adaptée, l’AP-HP recherche des entreprises spécialisées en IA afin de l’épauler. Un appel à candidatures (AAC) va être lancé au cours du mois pour sélectionner ces sociétés partenaires :
    • le démarrage de la recherche et développement avec les lauréats de l’AAC est programmé pour janvier 2020 ;
    • 3 phases de développement sont ensuite prévues jusqu’à fin 2021, pour un objectif d’acquisition finale et de mise en place de la solution en 2022-2023.
    La procédure sera pilotée par le pôle d’intérêt commun Achat de l’AP-HP.

    Partenariat d’innovation : des collaborations encadrées entre acheteurs publics et opérateurs économiques

    Le partenariat d’innovation, prévu à l’article L. 2127-3 du code de la commande publique, « a pour objectif de faciliter la passation de marchés publics à visée innovante et d’aider les acheteurs publics à faire une meilleure utilisation stratégique de leurs marchés pour stimuler l’innovation », synthétise le ministère de l’Économie (site web). Son but est de développer des collaborations encadrées entre les acheteurs publics et des opérateurs économiques sur des projets à élaborer.

    Dans le contexte présent, il permet de structurer le projet d’automatisation du codage des séjours courts en travaillant sur plusieurs phases avec divers partenaires sélectionnées afin de développer à terme la solution la plus adaptée possible.

    « Il s’agit d’une véritable démarche de recherche et développement »

    « Il s’agit d’une véritable démarche de recherche et développement, car les produits informatiques existant actuellement ne sont pas encore adaptés à l’objectif de qualité du codage de ces séjours », commente l’AP-HP.

    Dans le cadre de ce partenariat :

    • les entreprises retenues à l’issue de l’appel à candidatures apporteront leur savoir-faire dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) ;
    • l’AP-HP mettra à disposition son entrepôt de données de santé, le plus grand disponible actuellement en France, et l’expertise de ses équipes d’information médicale.

    Les partenaires collaboreront en ces termes pour concevoir la meilleure solution possible de codage automatisé des diagnostics de séjours courts.

  • 1ère journée francophone Snomed CT sur la terminologie clinique : le 27 novembre 2019 à Paris

    La première journée francophone Snomed CD est dédiée à la terminologie clinique. L’événement est organisé par la société Phast, en partenariat avec l’association Interop’Santé, le 27 novembre 2019 à Paris.

    Snomed CT est un ensemble de termes médicaux pouvant être traités par ordinateur et organisés de manière systématique. Ils fournissent des codes, des termes, des synonymes et des définitions utilisés dans la documentation médicale et les rapports cliniques.

    Au programme : des conférences et un pitch de start-ups sur le thème « Snomed CT : quelles perspectives pour les acteurs de la e-santé ? ».

    Les inscriptions à cette journée, gratuites mais obligatoires, sont à réaliser par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

    Programme

    09h00-09h30

    Accueil des visiteurs et café

    09h30-09h45

    Allocution introductive

    09h45-10h05

    Conférence SNOMED CT assessment by Europe, current strategies of adoption in some European countries. Sylvia THUN, Professeur vacataire à l’hôpital de la Charité, Université BIH des sciences appliquées de Basse-Rhénanie

    10h05-10h25

    Conférence The value of SNOMED CT in the national EHR of Austria and plans for the future implementation. Stefan SABUTSCH, Manager standards et usages, ELGA Gmbh, Chair de HL7 Autriche et de DICOM Autriche

    10h25-10h45

    Conférence SNOMED CT et les promesses du Big Data : la production de soins dévoilée. Marc CUGGIA, PUPH Informatique Médicale Biostatistique, Université de Rennes 1 et CHU de Rennes, Co-rapporteur de la mission de préfiguration Health Data Hub

    10h45-11h05

    Conférence SNOMED CT, visite guidée en accéléré. Rory DAVIDSON, Directeur des services techniques, SNOMED International

    11h05-11h30

    Pause-café

    11h30-12h30

    Table ronde SNOMED CT en Français : une traduction unique pour l’ensemble de l’espace francophone. Linda PARISIEN, Experte en terminologie clinique, Inforoute Santé du Canada David OP DE BEECK, Chef de projet terminologies, Direction Générale Soins de Santé, Ministère fédéral de la Santé, Belgique Luc MOTTIN, Collaborateur scientifique, Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) Modérée par François MACARY, Responsable des projets internationaux, PHAST

    12h30-14h00

    Déjeuner et café

    14h00-14h45

    Conférence De l’intégration à l’exploitation de SNOMED CT.

    • « STS : un serveur multi-terminologique pour un accès en temps réel à SNOMED CT » François MACARY, Responsable des projets internationaux, PHAST
    • « CIOct : intégration de SNOMED CT dans les DPI » Olivier BOUX, Médecin, Directeur Scientifique, PHAST
    • « Inauguration d’Off-label, les indications fondées sur les preuves cliniques » Emilie NGUYEN, Pharmacien, Responsable unité CIOdc, PHAST
    • « CIOdc et CIOlab : des données croisées sur les circuits de biologie et du médicament » Valérie DESBOIS-PELISSIER, Médecin biologiste, Responsable production et qualité CIOlab, PHAST
    • « Faciliter les flux d’informations Ville / Hôpital pour les médecins en mobilité » Yohann POIRON, Responsable interopérabilité et mobilité, OpenXtrem

    14h45-15h40

    Démonstrations Les usages de SNOMED CT à l’hôpital.

    • « Portail d’archétypes cliniques mutualisés » Lise MARIN, Coordonnateur médical des développements, Groupe DEDALUS
    • « Le serveur terminologique HeTOP » Stefan DARMONI, MD, PhD, Service d’Informatique Biomédicale (SIBM), CHU de Rouen
    • « SNOMED CT et exploitation du traitement automatique du langage (TAL) : retour sur investissement et statistiques d’implémentation » Brice de BEHAULT, Fondateur, EarlyTracks
    • « Gestion multilingue des référentiels médicament SNOMED CT pour améliorer la sécurité, la qualité et l’efficience des services de prescriptions et de dispensation : cas d’usages internationaux »Paul BONNET, Directeur Général, VIDAL Espagne
    • « Traduction automatique du langage médical Français en SNOMED CT » Christophe GAUDET-BLAVIGNAC, Médecin, Doctorant en Santé Globale, Expert en sémantique des données médicales, Université de Genève

    15h40-16h10

    Pitchs start-up SNOMED CT : quelles perspectives pour les acteurs de la e-santé ?

    • « SNOMED CT pour la photographie médicale » Matis RINGDAL, CEO & Co-Fondateur, Pixacare
    • « Apport de l’intégration de SNOMED CT dans la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse et le développement d’étude en vie-réelle dans les pharmacies d’officine » Pierre RENAUDIN, Pharmacien et Co-fondateur, Bimedoc
    • « Enjeux de l’interopérabilité sémantique en réanimation » Pierre WEILL-RAYNAL, associé et membre du conseil scientifique, AiiNTENSE
    • « Pré-évaluation anesthésique en ligne avec iAnesthesie.com : quel usage de SNOMED CT ? » Yassine MOUSSALI, CEO, Intelligence Anesthesia
    • « Solution de prélèvement en mobilité » Serge PAYEUR, CEO, SIL-LAB Experts

    16h10-17h30

    Clôture de la journée

  • Challenges IA – santé : appel à candidatures de start-ups (deadline : le 29 octobre 2019 à 12h00)

    Le CHU de Toulouse et le GCS Sesan ont été sélectionnés comme porteurs des 2 challenges IA « santé » retenus dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêts (AMI) ouvert au 1er trimestre 2019. La Direction générale des entreprises (DGE) et Bpifrance lancent à présent l’appel à projets (AAP) « lauréats des Challenges IA » : l’objectif est de sélectionner des start-ups IA pour développer les solutions attendues, décrites dans les cahiers des charges.

    Le ou les lauréats devront construire dans un délai de 3 à 12 mois une solution innovante à la problématique posée basée sur l’IA. Le but du dispositif est d’encourager l’innovation ouverte entre acteurs aux compétences complémentaires en :
    • permettant à des start-ups et PME de développer leurs offres de produits et services : en accédant à des jeux de données et en favorisant les opportunités commerciales ;
    • favorisant la transformation numérique des entreprises dans une démarche d’open innovation avec des start-ups ou PME expertes en IA.

    Les dossiers de candidature doivent être adressés exclusivement sous forme électronique sur l’extranet des projets innovants collaboratifs de Bpifrance, accessible via ce lien, avant le 29 octobre 2019 à 12h00 (date et heure de réception faisant foi). Le cabinet Care Insight a été choisi pour aider les start-ups à répondre à cet AAP (contact : Béatrice Falise-Mirat).

    Health & Tech Intelligence présente en détails les modalités de l’appel concernant les 2 challenges « santé » retenus à l’issue de l’AMI vague 1 :
    • « AIS » – sponsor public : CHU de Toulouse – Hôtel Dieu Saint-Jacques : le challenge a pour objectif de trouver une solution au frein à l’échange de données de santé. Il s’agit de développer un procédé d’anonymisation permettant de partager et de transférer les données de santé dans le respect du cadre règlementaire ;
    • « ONESELF » – sponsor : Sesan : le challenge propose d’appliquer l’intelligence artificielle au domaine de la formation pour l’appropriation et la prise en main des outils numériques régionaux en santé.

    Rappel : les Challenges IA

    Les Challenges IA s’inscrivent dans le cade du plan « Intelligence artificielle » et le Programme d’investissements d’avenir (PIA) du Secrétariat général pour l’investissement (SGPI). Ils sont pilotés par la DGE et opérés par Bpifrance.

    Chaque challenge « identifie une entreprise porteuse d’une problématique applicative précise et disposant de jeux de données (désignée sous le terme « sponsor »), explique la DGE. Dans le cas où le sponsor est un acteur public (administration, collectivité locale, établissement public…), le challenge visera à mobiliser l’IA pour améliorer les services publics et le fonctionnement de la démocratie ».

    Un challenge conduit à sélectionner une ou plusieurs PME ou start-up(s) (désignée(s) sous le terme « lauréat(s) »).

    Challenge « AIS » et « ONESELF » : modalités

    CONTEXTE ET OBJECTIF

    • « AIS » : CHU de Toulouse

    L’enjeu principal du moment dans la santé est l’exploitation des données de vie réelle (hospitalière),qu’elles soient rétrospectives ou prospectives. Le CHU de Toulouse dispose d’une très grande quantité de données dans différentes spécialités médicales.

    L’intelligence artificielle est un levier de l’utilisation et de l’exploitation de ces données. Elle permet d’atteindre des objectifs d’amélioration de prise en charge des patients. Ces nouveaux outils faciliteront le développement de nouveaux usages autour de la donnée et des pratiques médicales (aide au diagnostic, médecine personnalisée, e-santé, analyse automatique d’image…).

    Afin d’exploiter ces données, plusieurs défis techniques restent à résoudre et notamment le partage et le transfert des données dans un cadre réglementaire protecteur de la vie privée.

    • « ONESELF » : Sesan

    Afin d’assurer à l’apprenant une expérience d’apprentissage aussi complète en formation à distance qu’en formation présentielle, il est nécessaire de compléter le dispositif de formation à distance d’une personnalisation dynamique, qui s’applique en temps réel à l’utilisateur en fonction de son profil, de son expérience de formation sur le site de e-learning de ses usages de la solution métier et de ses attentes. Cette personnalisation dynamique, possible grâce à l’IA permettra de rendre le parcours de formation adaptatif à l’apprenant.

    Ce challenge aura donc pour objectif de construire les outils numériques permettant d’obtenir dynamiquement des parcours de formation personnalisés, en fonction des besoins des professionnels de santé, de leur niveau et de leur rythme d’apprentissage.

    RÉSULTATS ATTENDUS

    • « AIS » : CHU de Toulouse

    L’objectif est de fournir une solution viable d’anonymisation de jeu de données en exploitant les mécanismes de représentation de la donnée utilisée en intelligence artificielle (par exemple en utilisant des mécanismes d’ »embeddings« ). Ces représentations abstraites de la donnée pourraient permettre d’anonymiser efficacement nos données de santé sans endommager leurs propriétés statistiques. Elles resteront donc utilisables facilement par des entreprises pour développer des produits innovants.

    • « ONESELF » : Sesan

    Le prototype devra comprendre le besoin de l’apprenant et lui proposer dynamiquement les pages répondant à ce besoin. Le résultat attendu sera donc la construction de parcours utilisateurs, définis en fonction des interactions de l’apprenant, de son profil identifié préalablement, de ses navigations antérieures voir de ses usages dans la solution métier.

    Le produit du POC devra s’intégrer dans le CMS (WordPress) de manière standardisée,respectant le fonctionnement du cœur du CMS, par exemple sous la forme d’un module ou plugin.

    La construction préalable des liens entre « besoin théorique » et contenus (pages tutoriels,vidéos du CMS) ne fait pas partie du périmètre du POC. Le corpus de données sera fourni parle sponsor dans le cadre d’une démarche pédagogique pilotée par Sesan.

    Démarche d’évaluation : il sera nécessaire dans le cadre du PoC de mettre en place les outils et moyens nécessaires au suivi et l’évaluation de la pertinence des suggestions faites par l’IA en réponse au besoin de l’apprenant. Cette démarche d’évaluation reposera notamment sur la satisfaction de l’utilisateur à l’issue du parcours de formation mais aussi d’une analyse de son comportement dans la solution métier.

    EXIGENCE ET CRITÈRES DE SÉLECTION

    • « AIS » : CHU de Toulouse
      • expérience dans le traitement des données massives ;
      • expérience dans la diversité des données de santé (standards et formats) ;
      • expertise dans l’IA ;
      • culture du développement agile ;
      • culture de la sécurité des données ;
      • expertise sur les problématiques liées à l’anonymisation.

    Ouverture pour une proposition partenariale et commerciale entre le lauréat et le CHU pour l’accès à la solution développée, son utilisation et sa promotion.

    • « ONESELF » : Sesan

    Les candidats devront avoir des connaissances en outils web (CMS, PHP, HTML…) afin d’être en capacité de proposer une solution dont l’architecture technique est compatible avec les contraintes du site e-learning en place.

    L’environnement technique du POC devra être évalué en fonction des impacts de performance et devra pouvoir supporter les variations de fréquentation du site. Une connaissance en socle technique web et hébergement sera également nécessaire au lauréat.

    Si les travaux réalisés par le lauréat dans le cadre d’un challenge demeurent la propriété du lauréat, Sesan souhaite disposer de conditions d’accès privilégiées au produit co-développé entre Sesan et le lauréat. Les conditions d’accès au produit développé feront l’objet d’échanges entre Sesan et les candidats durant les phases d’auditions et seront entérinées avec le lauréat dans les phases du cadrage du challenge.

  • Traitements des données psy : vers une censure partielle du décret Hopsyweb par le Conseil d’État

    Le Conseil d’État a examiné 3 recours engagés contre le décret « Hopsyweb » du 23 mai 2018, qui autorise les ARS à procéder à des « traitements de données à caractère personnel relatifs au suivi des personnes en soins psychiatriques sans consentement ». Le rapporteur public de la haute juridiction, dont l’avis est suivi dans la très grande majorité des cas par les magistrats, a recommandé la censure de 3 articles du texte. Le Conseil a examiné les recours le 16 septembre 2019.

    Le rapporteur public demande l’annulation de l’article 6 du décret, qui autorise la conservation des données et informations relatives aux patients internés en psychiatrie « pendant trois ans à compter de la fin de l’année civile suivant la levée de la mesure de soins sans consentement ». Selon la réponse du Conseil d’État fournie à Health & Tech Intelligence (H&TI), il a proposé de considérer qu’« une fois la mesure de soins sans consentement définitivement levée, il n’est plus justifié de conserver les données nominatives qui figurent dans le fichier ».

    Le rapporteur demande également l’annulation de l’article 5 qui prévoit que la ministre en charge de la Santé habilite des personnels à accéder aux données « aux fins de réalisation [de] statistiques » ainsi que de l’article 4 qui livre la liste des destinataires de ces données « nécessaires à l’exercice de leurs attributions ». « Les fonctionnaires chargés d’établir des statistiques n’ont pas vocation à accéder aux données identifiantes, précise la haute juridiction à H&TI. Seules des données anonymisées ou « pseudonymisées » doivent leur être accessibles. »

    André Bitton, président du Cercle de réflexion et de proposition d’action sur la psychiatrie (CRPA), association à l’origine d’un recours contre le décret, estime sur son site que l’annulation préconisée par le rapporteur, si elle est prononcée, « rendra inopérant » le croisement des données du fichier Hopsyweb avec celles du FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste) prévu par un décret du 6 mai 2019, également attaqué par plusieurs organisations.

  • 88 % des PS français ouverts aux usages de l’IA dans des domaines spécifiques (Future Health Index)

    54 % des professionnels de santé (PS) français utilisent l’intelligence artificielle (IA) dans leur établissement ou lieu d’exercice, contre 46 % au niveau mondial (31 % aux États-Unis, 41 % en Allemagne et 88 % en Chine) : la France se place ainsi en 5e position. C’est l’un des éléments clés qui ressort du Future Health Index (FHI) 2019, une étude sur l’usage du numérique en santé au niveau international commandée par Philips.

    Par ailleurs, 88 % des PS exerçant en France se disent favorables à l’utilisation de l’IA dans certains domaines spécifiques. Dans le détail : 73 % des professionnels de santé français ont confiance dans l’usage de l’IA pour le signalement d’anomalies, contre 38 % des professionnels allemands, 36 % des professionnels chinois et 22 % des professionnels américains. Ils sont 68 % à partager la même opinion pur la recommandation des traitements, 66 % pour le suivi des patients et 63 % pour le diagnostic.

    Autres informations centrales de l’étude côté français :
    • « seuls 23 % des professionnels de santé (…) indiquent que le lancement du dossier médical partagé (DMP) a eu des répercussions positives sur leurs pratiques alors que pour 51 %, cela n’a rien changé et que pour 13 %, cela aurait même eu des conséquences négatives », indique Philips dans un communiqué présentant le FHI publié le 16 septembre 2019 ;
    • l’usage par les Français des technologies numériques ou des applications mobiles de santé pour surveiller leurs indicateurs de santé (patients ou en bonne santé) « reste faible » ;
    • les Français sont plus ouverts au partage de leurs données médicales avec des professionnels de santé lorsqu’ils ont eux-mêmes accès aux informations : 90 %, contre 68 % de ceux qui n’ont pas accès à leurs données.

    Les PS français sont plus nombreux à faire confiance dans l’IA qu’en Chine

    73 % des PS français ont confiance dans l’usage de l’IA pour le signalement des anomalies

    IA et santé en France : de nombreux partenariats menés par les industriels avec les établissements

    « Ce fort usage [de l’IA côté français] est certainement lié aux nombreux partenariats menés par les industriels avec les établissements de santé, commente David Corcos, président de Philips France (communiqué). À titre d’exemples, en juin [2019], nous avons signé un partenariat de recherche avec le CHU de Lille autour de nos algorithmes d’intelligence artificielle. Encore plus récemment, nous avons contractualisé, pour 10 ans, avec le CHU de Nancy afin de moderniser l’ensemble du système d’information d’imagerie en s’appuyant sur l’IA. D’autre part, il faut souligner que Philips consacre 60% de son effort en R&D à l’informatique de santé, à l’IA. »

    Des pôles d’excellence scientifiques en IA présents en France

    « Cette confiance des professionnels de santé français peut être expliquée par la présence en France de pôles d’excellence scientifiques en IA, qu’il s’agisse des pôles liés aux grandes écoles d’ingénieurs, aux facultés… mais également des pôles de recherche privés comme le Hub IA de Philips, intégré au sein de notre siège de Suresnes, analyse de son côté Nicolas Villain, directeur du Hub AI Paris Philips. Tous ensemble, nous participons à créer des connaissances – près de 10 % des dépôts de brevets mondiaux liés à l’IA en 2019 sont le fait de Philips – mais aussi une culture et une confiance propres à favoriser les usages de demain. »

    84 % des PS français partagent des données

    • 84 % des professionnels de santé français partagent des données au sein de leur établissement ou lieu d’exercice, contre 80 % pour l’ensemble des 15 pays étudiés, révèle le Future Health Index 2019 ;
    • ils ne sont que 45 % à le faire vers l’extérieur, contre 32 % pour la moyenne des pays étudiés, est-il précisé.

    Frein au partage des données : le manque d’interopérabilité cité par 61 % des PS

    Le problème de l’interopérabilité des systèmes dissuade les professionnels de santé français à généraliser le partage des données médicales de leurs patients, bien qu’ils soient plus nombreux à le faire que la moyenne de leurs confrères étrangers, note Philips.

    DMP : un bilan mitigé

    • 23 % des professionnels de santé français indiquent que le lancement du dossier médical partagé (DMP) a eu des répercussions positives sur leurs pratiques ;
    • pour 51 %, cela n’a rien changé ;
    • pour 13 %, cela aurait même eu des conséquences négatives.

    « Pourtant, ils sont 75 % à reconnaître que le DMP permet une meilleure coordination et continuité des soins et 65 % un meilleur suivi médical », complète Philips.

    Techno numériques et applis mobiles : un usage qui reste faible

    L’usage par les Français des technologies numériques ou des applications mobiles de santé pour surveiller leurs indicateurs de santé (patients ou en bonne santé) « reste faible », constatent les auteurs de l’étude :

    • 21 % les utilisent dans le cadre d’activités physiques, contre 29 % pour la moyenne des pays étudiés ;
    • 20 % pour surveiller leur poids, contre 25 % en moyenne ;
    • 15 % dans le cadre d’un suivi de traitement médical, contre 18 % en moyenne ;
    • 13 % pour suivre leur tension artérielle, contre 20 % en moyenne.

    « Ce faible usage est directement lié au taux de recommandation de ces technologies par les professionnels de santé », analysent les auteurs du FHI :

    • seuls 2/5e des professionnels de santé français ont déjà recommandé à leurs patients de surveiller des indicateurs clés tels que le poids (39 %) et la tension artérielle(44 %).

    Par ailleurs :

    • seuls 10 % des PS exerçant en France indiquent que la majorité de leurs patients partagent régulièrement leurs données de santé à l’aide de ces technologies numériques ou applications mobiles.

    « La France a un environnement propice pour réussir cette transformation numérique »

    « Cette nouvelle édition du FHI s’inscrit dans un contexte particulier : la transformation numérique de notre système de santé telle qu’elle est annoncée et décrite dans le plan Ma Santé 2022. Il est d’ailleurs intéressant de noter que si certains résultats semblent indiquer qu’il existe des marges de progression, je pense notamment au domaine de l’interopérabilité et du partage de données, d’autres résultats montrent clairement que la France a aujourd’hui un environnement propice pour réussir cette transformation numérique et même devenir l’un des leaders mondiaux dans différents domaines: l’IA, la télémédecine… », synthétise Frédéric Bouvier, directeur des activités systèmes de soins et solutions de Philips France.

  • La start-up française Keranova lève 24 M€ pour robotiser l’opération de la cataracte

    La société stéphanoise Keranova, spécialiste des équipements d’ophtalmologie chirurgicale, annonce avoir levé 24 millions d’euros à l’initiative de ses actionnaires de longue date, Mérieux Equity Partners et Supernova Invest, avec la participation de nouveaux partenaires comme la Financière Arbevel et Tourrette Investissement. Selon le communiqué daté du 10 septembre 2019, les fonds permettront à la start-up d’accélérer le développement de ses outils : Keranova espère notamment d’obtenir le marquage CE et l’homologation FDA pour sa solution de robotisation de l’opération de la cataracte. Cette intervention chirurgicale est la plus fréquemment pratiquée dans le monde avec plus de 25 millions de patients opérés par an (chiffres du communiqué).

    Le laser ultra-rapide robotisé développé par Keranova permet d’automatiser des procédures traditionnellement réalisées manuellement : il traite actuellement les patients atteints de cataracte et pourrait à l’avenir s’attaquer à la myopie et à l’astigmatisme. Ce robot chirurgical sera présenté à Paris lors du congrès de l’ESCRS (Société européenne de chirurgie réfractive et cataracte), organisé à Paris jusqu’au 18 septembre. Le fabricant vise une commercialisation de la solution vers la fin de l’année 2021.

    Depuis sa création en 2015, Keranova a levé 4 millions d’euros lors d’un premier tour de table, auquel Bpifrance a ajouté 1 million d’euros. Le premier prototype clinique, protégé par 11 familles de brevets, a traité avec succès ses premiers patients en décembre 2018.

  • Tic Meeting Santé : « l’IA en santé : pour quels usages ? », le 26/09/2019 à Bordeaux

    « L’intelligence artificielle (IA) est actuellement partout en santé comme ailleurs. Mais entre fantasmes et réalités : Où en est-on ? Qu’entend on par intelligence artificielle ? Quelles en sont les applications en santé ? Quels en sont les usages ? » Ces interrogations rythmeront les échanges du Tic Santé Meeting organisé le 26 septembre 2019 à partir de 18 heures à Bordeaux par Tic Santé Nouvelle-Aquitaine.

    Les inscriptions pour participer à l’événement, gratuites mais obligatoires, doivent être réalisées par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

    Programme :

    • 18h00 : accueil

    • 18h30 : mot d’accueil

    • 18h45 : Qu’entend-on aujourd’hui par « intelligence artificielle » dans le domaine de la santé ? Quelles applications, quelles thématiques, quelles évolutions ?

      • Dr Béatrice Falise-Mirat, de Health and Tech Intelligence (Care Insight)

    • 19h15 : La médecine orientée par les données :

      • Thierry Colin, PhD, VP imaging applications à Sophia Genetics
    • 19h30 : Quels usages, quelles enjeux ?

      • retour d’expérience du Pr Stéphane Lafitte, professeur de cardiologie au CHU de Bordeaux, aux cotés de Bertrand Moal, P.-D.G. de la start-up Deski (IA et imagerie médicale) ;
      • notion de confiance autour de l’IA par le Dr Jean-Arthur Micoulaud-Franchi, MCU PH en physiologie au CHU de Bordeaux/Sanpsy.
  • Rencontres du progrès médical : l’impact éco des innovations organisationnelles doit être anticipé

    Les nouveaux dispositifs médicaux ont un impact sur l’organisation des soins, le parcours de soins et la pratique médicale. L’efficience de cette nouvelle organisation doit d’ailleurs être évaluée sur le plan du bénéfice patient mais aussi sous le prisme médico-économique. Tel était l’enjeu de la table ronde portant sur l’impact de l’innovation dans l’organisation des soins, organisée le 10 septembre 2019 à l’occasion des 7èmes Rencontres du progrès médical du Snitem.

    Anticiper l’impact organisationnel de l’innovation

    Selon Norbert Nabet, directeur général d’activité à Nehs, mettre à disposition un écosystème favorable au changement prend du temps. « Cela ne peut pas prendre moins de 10 ans entre l’innovation, la réglementation et la formation, d’autant que l’innovation est souvent vécue comme un perturbateur », commente-t-il.

    Certaines innovations bouleversent les organisations et les pratiques. Ces bouleversements doivent être anticipés dans l’appréciation économique globale le plus en amont possible. « Cela met en relation des acteurs, grâce au partage de données, qui n’étaient pas en lien précédemment : patients, industriels et plusieurs professionnels de santé », explique Marie-Anne Jacquet, sous-directrice du pilotage de la performance des acteurs de l’offre de soins à la DGOS. La Cnedimts (Haute autorité de santé) a d’ailleurs publié un guide qui explique en quoi le volet organisationnel peut-être une dimension de l’appréciation du bénéfice clinique des dispositifs.

    Tester et évaluer l’efficience

    À noter que différents pays d’Europe utilisent des « champions cliniques de l’innovation », soit des utilisateurs précoces d’une innovation. « Ils sont les mieux placés pour aller voir leurs collègues et leur dire que ce cela est possible. Cela peut s’organiser spontanément avec les sociétés savantes », indique Daniel Szeftel, directeur de Care Factory. Cette encouragement peut venir de la communauté clinique elle-même mais aussi des patients qui peuvent inciter les professionnels de soins à adopter de nouveaux outils, de nouvelles pratiques.

    « Nous avons besoin de pouvoir évaluer en vie réelle, sans faire d’analyses randomisées »

    Ces changements d’organisation doivent également être évalués et cela ne se passe pas comme dans un essai clinique classique. « Nous avons besoin de pouvoir évaluer en vie réelle, sans faire d’analyses randomisées. Pour autant, nous avons besoin de beaucoup de patients et de beaucoup de données pour faire du comparatif avec des techniques statistiques sophistiquées », poursuit Daniel Szeftel. L’objectif est de savoir si l’organisation a fait gagner de l’efficience en termes de qualité de vie mais aussi d’économies à l’Assurance maladie.

    Pour Anne-Marie Jacquet de la DGOS, cette évaluation n’est pas la première préoccupation dans le cadre du déploiement d’un nouveau dispositif mais cette question d’efficience de l’organisation peut enter en ligne de compte dans le cadre de la valorisation CEPS. « Nous soutenons d’ailleurs des programmes de recherche pour évaluer l’impact organisationnel et globale de certaines solutions de prise en charge dispositifs médicaux ou autre traitement », note-t-elle. Les expérimentations effectuées dans le cadre de l’article 51 vont d’ailleurs intégrer des modèles d’analyse d’impact organisationnelle avec la construction de groupes témoins.

  • Diabète : accord entre Abbott et Sanofi pour un « écosystème numérique » autour du FreeStyle Libre

    Les laboratoires pharmaceutique Abbott et Sanofi signent un partenariat visant à intégrer l’outil Freestyle Libre dans un « écosystème numérique » avec l’objectif de simplifier la gestion du diabète. Abbott commercialise FreeStyle Libre, qui revendique la place de « numéro 1 mondial des systèmes de surveillance de la glycémie par capteur », tandis que Sanofi possède un large portefeuille de médicaments pour les personnes atteintes de diabète. Selon le communiqué daté du 16 septembre 2019, la solution globale interconnectée imaginée par les 2 laboratoires devrait être opérationnelle d’ici à quelques années, le temps d’obtenir le feu vert des autorités.

    L’accord vise à rendre possible le partage de données, avec l’accord de l’utilisateur, entre d’une part l’application mobile et le logiciel cloud FreeStyle Libre d’Abbott, et d’autre part les stylos à insuline, les applications mobiles et les logiciels cloud actuellement en cours de développement par Sanofi. Ce partage d’informations devrait permettre aux diabétiques et à leurs médecins de prendre des décisions plus pertinentes en matière de médicaments, d’alimentation et de mode de vie.

    Ce partenariat s’inscrit dans un mouvement qui pousse les sociétés technologiques et pharmaceutiques à connecter leurs solutions respectives en direction des patients diabétiques. Abbott a déjà annoncé en février un accord pour connecter à Freestyle Libre les stylos à insuline de Novo Nordisk. De son côté, Sanofi a lancé en décembre 2018 via OnDuo, sa coentreprise avec Verily (Google), une application de gestion connectée du diabète.