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  • Cœur artificiel : Carmat lève 60 M€ et vise le marquage CE en 2020

    Carmat, concepteur et développeur français d’un projet de cœur artificiel, réalise une levée de fonds de 60 millions d’euros, coordonnée par Oddo BHF SCA, au prix de 19 euros par action. Stéphane Piat, le directeur général de la société, cite parmi les contributeurs Matra Défense SAS (premier actionnaire privé) et le groupe Therabel ainsi que les family offices Lohas SARL et Santé Holdings SRL. Carmat accueille par ailleurs parmi ses actionnaires les holdings d’investissements de la famille Gaspard (propriétaire du groupe Lyreco) et de Pierre-Edouard Stérin (fondateur de Smartbox).  

    La somme récoltée devrait permettre à la société de « couvrir ses besoins en fonds de roulement jusqu’à mi-2021 », indique la société dans un communiqué daté du 19 septembre 2019. Elle servira à :

    • finaliser l’étude pivot actuellement en cours en vue d’obtenir le marquage CE en 2020 ;
    • lancer une étude clinique de faisabilité aux États-Unis, rendue possible par le récent feu vert conditionnel de la FDA ;
    • préparer la commercialisation des produits Carmat : amélioration des processus de production dans l’usine de Bois d’Arcy, augmentation de la cadence de production, adaptation de l’organisation.

    À noter également : Carmat a déclaré à l’occasion de la publication de ses résultats semestriels 2019, le 18 septembre, avoir soumis début juillet son dossier technique de marquage CE à l’organisme notifié Dekra. Le résultat net au 30 juin 2019 se traduit par une perte de 24,0 millions d’euros, contre une perte de 18,9 millions d’euros au 30 juin 2018.

  • Débat du Cnom : « Ma Santé 2022 : quel hôpital demain ? », le 15 octobre 2019 à Paris

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) organise un débat sur le thème : « Ma Santé 2022 : quel hôpital demain ? » le 15 octobre 2019 à Paris.

    « L’hôpital, dont un récent sondage Harris [fait ressortir] que 71 % des Français ont une bonne image, est plus que jamais au cœur de l’actualité, contextualise le Cnom, citant la crise des urgences, « cristallisée par une grève qui s’installe dans la durée » mais aussi la refonte de la carte hospitalière, « source d’inquiétude pour nos concitoyens et leurs élus locaux », ou encore « les débats animés sur le rôle et le périmètre des futurs hôpitaux de proximité créés par la loi Ma Santé 2022 ».

    Face à ces différents enjeux, le Conseil estime qu’il est « important de donner la parole aux principaux acteurs du débat sur l’hôpital, pour évoquer ses difficultés, ses transformations, son rôle dans le système de santé de demain et la place que doivent occuper les médecins en son sein, pour que décisions administratives et stratégies médicales soient alignées au service des patients et des territoires« . Tel sera l’objectif de ce débat.

    Les inscriptions pour assister à l’événement sont à réaliser avant le 11 octobre 2019 par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien (dans la limite des places disponibles).

    Intervenants :

    • Un représentant de la Conférence nationale des URPS-ML ;
    • Rachel BOCHER, présidente de l’INPH ;
    • Lamine GHARBI, président de la FHP ;
    • Thierry GODEAU, président de la conférence nationale des présidents de CME ;
    • Thomas LE LUDEC, directeur du CHU Montpellier, membre du bureau de la Conférence des directeurs généraux de CHU ;
    • Thomas MESNIER, député de Charente, membre de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, auteur d’un rapport sur l’organisation des soins non programmés dans les territoires en mai 2018 et actuellement chargé d’une mission relative à l’amélioration de la situation dans les services d’urgence ;
    • Gérard RAYMOND, président de France Assos Santé ;
    • Frédéric VALLETOUX, président de la FHF.

    Introduction par :

    • Patrick BOUET, président du Cnom.

    Modération par : 

    • François SIMON, président de la section exercice professionnel du Cnom.

    Animation par :

    • Mickaël SZAMES, rédacteur en chef de Public Sénat.
  • Singapour : une localisation en temps réel des patients pour lutter contre les maladies infectieuses

    Un système de localisation en temps réel (Real-Time Location System, RTLS) des patients va être testé au sein du nouveau Centre national des maladies infectieuses de Singapour (The National Centre for Infectious Diseases, NCID) : il devrait être déployé à la fin 2019. Cette annonce a été émise lors de l’ouverture officielle du NCID le 7 septembre 2019, en présence du ministère de la Santé singapourien Gan Kim Yong.

    Le système RTLS permettra de suivre les patients, les visiteurs et le personnel de l’établissement lors de l’éclosion d’une maladie infectieuse mais aussi de localiser rapidement et de manière fiable les personnes concernées à contacter pour que les mesures nécessaires puissent être prises rapidement afin d’enrayer la transmission de la maladie.

    La conformité des travailleurs de la santé aux règles relatives à l’hygiène des mains sera également surveillée par le biais de l’outil, un élément essentiel dans le contrôle des infections au sein d’un espace de soins. Le RTLS améliorera également le suivi des actifs, en facilitant la localisation et le rappel des équipements clés, tels que les lits et les fauteuils roulants en cas de situations extrêmes ou d’apparition d’une épidémie.

    NCID : une approche globale et intégrée de la gestion des maladies infectieuses

    Marqué par une utilisation importante des nouvelles technologies de santé, le National Centre for Infectious Diseases de Singapour (NCID) est un établissement construit par le ministère de la Santé et doté de 330 lits, répartis sur 14 étages, afin d’améliorer la gestion des éclosions de maladies infectieuses et la prévention auprès de la population par les organismes de santé publique de la cité-État.

    Le NCID regroupe diverses activités (services cliniques, organismes de fonctions de santé publique, formation en matière d’éclosion des maladies, éducation du public et participation de la communauté à la prévention des épidémies) afin de permettre une approche globale et intégrée de la gestion des menaces de maladies infectieuses.

    Exploiter les technologies pour mieux protéger la population

    « Les installations nouvelles et améliorées en cas d’épidémie, la recherche constante de l’excellence dans la prestation des soins, l’expertise de notre personnel ainsi que l’intégration des fonctions cliniques et de santé publique du NCID pour faire face à une épidémie de maladie infectieuse ont été mis à l’essai en quelques mois à peine après notre déménagement au sein du NCID, commente le Pr Leo Yee Sin, directeur exécutif du NCID (communiqué). Nous continuerons de renforcer notre volonté de faire face à une épidémie en formant du personnel soignant et en exploitant les technologies permettant de protéger la population de Singapour des maladies infectieuses. »

  • Blockchain en santé : cas d’usages et création de valeur pour le secteur de la recherche

    Health & Tech Intelligence lance une série de notes et entretiens dédiés à la blockchain afin de présenter des cas d’usage de cette technologie en santé et de permettre aux acteurs d’en tirer avantage. Les publications et rendez-vous, réalisés en partenariat avec Issao Ueda, expert blockchain, auront lieu tout au long de l’année 2019. Cette troisième et dernière analyse est centrée sur le domaine de la recherche.

    Nous avons présenté dans nos articles précédents (1 et 2) les raisons de la pertinence de l’utilisation de la blockchain dans le secteur de la santé avec un point d’attention sur le secteur pharmaceutique puis sur le milieu médical.

    Dans cet article, nous allons nous focaliser sur le secteur de la recherche. Les attentes auxquelles répond la blockchain sont principalement le besoin de transparence, la décentralisation, la facilité de révision des publications par des pairs et l’immuabilité des enregistrements.

    Les initiatives françaises ne sont pas les plus communes dans le domaine de la recherche, aussi nous concentrerons nous sur des organismes internationaux, à l’image de l’IBFS (International Society of Blockchain For Science), de l’initiative MyHealthMyData, du projet conjoint mené par Digital Science et Katalysis, de l’initiative portée par le laboratoire de recherches Q² avec HealthShareBlox et R3 et du dépôt de brevet d’IBM pour la recherche publique.

    1 – Quels atouts de la Blockchain pour la recherche ?

    La particularité du domaine de la recherche, par rapport à de nombreux cas d’usages concernant la blockchain, est qu’il existe des tiers de confiance que l’on ne souhaite pas remplacer. Par conséquent, les blockchains publiques sont moins concernées par les réflexions qui sont menées autour de l’utilisation de cette technologie dans la recherche. Les usages peuvent en revanche s’appliquer sur l’ensemble du cycle de recherche, présenté ci-dessous.

    Les idées :

    La blockchain permet de tracer l’origine d’une idée dès sa déclaration. Tout contenu (texte, vidéo, présentations) peut ainsi être horodaté et rattaché à son propriétaire de façon indiscutable. Les notions de propriété intellectuelle et industrielle sont alors encore plus simples à traiter.

    Les financements :

    Des règles préétablies de financements peuvent garantir des accès à des fonds de façon semi-automatisées en vérifiant directement l’éligibilité et la pertinence des demandes soumises grâce à une structure décentralisée et automatisée (on parle de DAO : decentralized autonomous organisation). De plus, l’usage de cette technologie ouvre la porte à de nouvelles modalités de distribution des fonds liés à la recherche (comme proposé par l’European Open Science Cloud dès 2016).

    L’expérimentation :

    L’immuabilité des enregistrements dans une blockchain permet de garantir un stockage de données d’expérimentation inaltérable. Un suivi des états successifs de ces données permet également une historisation immédiate.

    De plus, ces enregistrements dans une base décentralisée peuvent également permettre une mise à disposition automatique et immédiate de données certifiées, tracées et immuables pour l’ensemble de la communauté scientifique. Attention cependant : la certification n’est pas assurée par un enregistrement dans la blockchain mais par le laboratoire effectuant cet enregistrement. La blockchain ne garantit que l’immuabilité une fois la donnée enregistrée !

    L’acquisition des résultats :

    La progression de l’utilisation des objets connectés dans le secteur de la recherche (depuis la France, jusqu’en Inde) nécessitent la mise en place de nouveaux outils pour surveiller et protéger les usages de ces objets. La blockchain permet cette surveillance et cette protection. C’est notamment grâce à l’usage de smart contracts (des scripts automatisés déployés sur l’ensemble des nœuds de la solution) que cette technologie assure un traitement similaire et fiable des enregistrements et opérations réalisées par les machines connectées.

    Le traitement des données :

    Plusieurs projets permettent de mettre en commun de la puissance de calcul grâce à la technologie blockchain (IEXEC, Golem ou SOMN), permettant un traitement de données scientifiques décentralisé et performant. La mutualisation de ressources informatiques inter-laboratoires pourrait répondre aux exigences de contrôle du gaspillage des ressources (comme exprimé dans une série de recommandations dans le secteur biomédical et de santé publique). Enfin, une procédure semi-automatisée d’enregistrement et suivi de la validation d’hypothèses basée sur des données de recherche permettrait de gagner un temps considérable. Les conditions de validation d’une étude clinique pourraient ainsi être validées en amont et stockées dans un registre immuable.

    Publication et révision par les pairs :

    Une structure décentralisée pour la réalisation de revues de pairs a été proposée en 2017 et plusieurs articles récents défendent toujours ce besoin en 2018.

    L’ensemble de ces réflexions mettent en avant l’ensemble des atouts que représente la solution blockchain pour ce système : structuration, semi-automatisation, transparence des processus et confidentialité des informations. Grâce aux solutions techniques liées à la blockchain (le zero knowledge proof par exemple), ces deux dernières propriétés ne sont pas incompatibles et peuvent mener à une ouverture de la recherche tout en garantissant aux équipes leurs propriétés intellectuelles.

    2 – Quelles sont les initiatives en cours ?

    Les initiatives sont nombreuses mais encore au stade d’expérimentation. La recherche est un secteur complexe et les révolutions comme celles que peut apporter le blockchain doivent faire leur preuves avant d’être déployées à grande échelle. Nous pouvons citer les initiatives les plus pertinentes aujourd’hui :

    • MyHealthMyData : ce projet européen s’est structuré sur la base du règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD). Il vise en priorité à faciliter l’accès et le partage de données de santé dans le cadre d’essais cliniques.
    • Un projet conjoint mené par Digital Science et Katalysis : annoncé en mars 2018, ce projet pose les premières pierres d’un système d’examen et de validation par les pairs. Il met en place un prototype de fonctionnement présenté sur le site de Katalysis. 
    • un projet mené par le laboratoire de recherches Q² Solutions avec HSBlox et le consortium R3 : la traçabilité des échantillons sensibles peut être enregistrée sur la Blockchain et garantir un accès en temps réel à l’ensemble des acteurs de la recherche. Un Poc (Proof of Concept) a été déployé pour être testé en conditions proches de celles du marché.
    • Et, enfin, IBM a déposé une demande de brevet concernant l’usage de la blockchain pour la recherche publique. Notons que IBM est cité dans la totalité de ces articles, car toujours à la pointe de la réflexion sur les cas d’usages associés à une technologie identifiée par le Gartner comme pouvant être le moteur de la transformation digitale des 10 années à venir.
  • Cancer : la technologie, 1er critère de performance des hôpitaux pour les Français (Viavoice-Curie)

    « La qualité des équipements, le haut niveau des machines [et] le fait d’avoir des technologies de pointe » est selon les Français le premier des critères permettant de déterminer « si un établissement de soins est performant dans sa prise en charge des cancers ». C’est ce qui ressort d’un sondage* réalisé pour l’Institut Curie sur la perception des inégalités face au cancer dans le cadre de la 7e édition de l’Observatoire Cancer Institut Curie-Viavoice, publiée le 11 septembre 2019. « Les gens vont aller là où il y a le robot et pas là où il y a un nombre d’actes suffisant » alors que c’est « l’enjeu n°1 », commente Thierry Philip, président de l’Institut Curie (source : APM). Cité par 19 % des personnes interrogées, « le nombre d’actes réalisés tous les ans » n’arrive qu’en 6e position.

    En outre selon l’enquête, 73 % des Français estiment que les technologies de santé permettent d’« améliorer les délais de réponses aux questions que se pose un patient » ; 64% qu’elles permettent de « réduire les délais de prise en charge par un spécialiste » ; 62% qu’elles « permettent d’ améliorer la prise en charge des patients » et d’«avoir plus facilement accès aux spécialistes adaptés ». Seuls 51% pensent qu’elles ont le potentiel d’« améliorer la qualité des échanges entre les médecins et les patients ».

    « La e-santé commence à être perçue comme un atout pour faciliter le parcours de soins des malades et l’accès aux expertises médicales, notamment les plus rares » conclut Thierry Philip. Le dossier de presse relatif au sondage présente la e-santé comme « une solution d’avenir » dont l’usage est à même d’« améliorer le suivi médical et la transmission d’informations entre médecins et patients » et met en avant le fait qu’elle réduirait l’inégalité d’accès aux soins, notamment « dans les déserts médicaux grâce à la télémédecine, la téléassistance, la téléexpertise ou encore la télésurveillance médicale ».

  • Digitalisation, IA et protection des datas au centre des priorités d’Unicancer (rapport d’activité)

    « Unicancer et les centres de lutte contre le cancer (CLCC) se sont mobilisés pour rester à la pointe des évolutions, dans un environnement de santé qui évolue fortement : digitalisation pour une santé connectée, intelligence artificielle (IA), programmes de recherche ambitieux, équipements de pointe (…) », déclarent le Pr Patrice Viens, président de la fédération, et Pascale Flamant, déléguée générale, dans l’éditorial du rapport d’activité Unicancer 2018. L’organisation met notamment en avant dans ce document, publié le 19 septembre 2019, les innovations les plus significatives développées au sein des CLCC, avec un focus sur le développement de l’IA, présentée comme une « priorité », et de projets relatifs au numérique.

    Parmi les initiatives figurant dans le rapport se trouvent :

    • le programme Esmé (Épidemio-stratégie médico-économique), un outil d’aide à la décision en santé permettant de mesurer l’apport réel des traitements : il s’agit du premier programme en Europe visant à améliorer la prise en charge des patients à partir d’une base de données de vie réelle. Après avoir conclu des accords avec les laboratoires Roche, Pierre Fabre, Pfizer, Astrazeneca et Eisai, Unicancer a signé un partenariat de 5 ans avec le laboratoire MSD France pour le soutien de la plateforme Esmé ainsi qu’un partenariat de 2 ans avec les laboratoires Daïchi ;

    • Consore (continuum soins-recherche) : en 2018, le Centre Paul Strauss a été le 11ème CLCC à rejoindre Consore. L’outil, basé sur un système d’intelligence artificielle et du machine learning (apprentissage automatique), a été conçu pour traiter des informations présentes dans les centaines de milliers de dossiers patients des centres de luttes contre le cancer.

    IA : une « priorité » pour Unicancer et les CLCC

    « Unicancer et les CLCC agissent pour mettre les nouvelles technologies, et en particulier l’intelligence artificielle (IA), qui va bouleverser les pratiques, au service du patient, est-il noté dans le rapport d’activité de la fédération. L’IA était au cœur des débats de la convention nationale organisée par Unicancer et qui réunit, chaque année, la communauté des CLCC autour d’une thématique différente. »

    Un partenariat scientifique avec la start-up DOSIsoft

    Unicancer a signé un partenariat scientifique avec la start-up DOSIsoft autour de la solution logicielle EPIbeam pour optimiser la sécurité du patient en radiothérapie.

    6 CLCC (le Centre Jean PERRIN, le Centre Georges-François Leclerc, l’Institut Godinot, l’Institut Curie, l’Institut Claudius Regaud – IUCT Oncopole de Toulouse et le Centre Léon Bérard) ont participé à l’évaluation de l’outil pendant 9 mois dans des conditions d’usage clinique. Cela a permis de démontrer la précision de la capacité d’EPIbeam à réaliser de manière fiable les contrôles en routine clinique.

    • À l’avenir, la fédération souhaite développer les partenariat avec des start-up et des industriels « pour intégrer l’IA au cœur de ses projets et de ceux des centres, afin de tirer profit des algorithmes pour mieux soigner et guérir des patients », commente-t-elle.

    Consore : exploiter le big data pour améliorer l’offre de soins et la recherche

    En 2018, le Centre Paul Strauss a été le 11ème Centre à rejoindre Consore (Continuum soins-recherche), un outil développé par Unicancer et utilisant les technologies de l’intelligence artificielle et du machine learning afin de traiter des informations présentes dans les centaines de milliers de dossiers patients des CLCC.

    Consore est identifié comme un outil d’intérêt dans le rapport sur la mise en place du futur Health Data Hub, indique Unicancer. Il donne notamment aux patients l’opportunité de bénéficier rapidement des avancées thérapeutiques. « Des dossiers partagés avec les CHU sont testés, ainsi que la recherche de traitements à partir des comptes rendus ou courriers qui permet de retrouver des informations sur des actes thérapeutiques effectués en dehors du centre », précise la fédération.

    • Le Centre Antoine Lacassagne, le Centre Henri Becquerel et l’Institut Claudius Regaud – IUCT Oncopole de Toulouse ont exprimé leur intérêt d’installer Consore en 2019.
    • Parmi les évolutions en cours :
      • une amélioration de l’ergonomie de l’outil pour faciliter la prise en main de l’outil et son utilisation par les médecins des centre ;
      • un travail sur des évolutions permettant de cadrer parfaitement avec les normes réglementaires.

    Digitalisation et e-santé : « des opportunités majeures pour innover »

    L’un des objectifs d’Unicancer est de « créer de la synergie sur la digitalisation au sein et entre les centres de lutte contre le cancer ».

    La digitalisation et la e-santé « représentent des opportunités majeures pour innover dans la recherche, les traitements, mais également pour fluidifier la relation ville-hôpital et les parcours de soins, faciliter le virage ambulatoire et associer le patient à toutes les étapes de sa prise en charge », est-il expliqué dans le rapport d’acivité.

    • Le recensement des projets e-santé des Centres sera actualisé en 2019.
    • Des « Pitch’Unicancer », webinars de 30 minutes seront organisés tous les 15 jours pour présenter les outils et les projets e-santé développés dans les CLCC afin de les faire connaître, de favoriser leur essaimage et de développer des partenariats.
      • Internes dans un premier temps, ils seront dans un deuxième temps ouverts à des start-up souhaitant présenter leur projet aux Centres.

    Numérisation de l’outil Premaco, outil d’aide à la préparation de la consultation médicale

    Unicancer a testé en 2018 un premier recueil de résultats rapportés par les patients (PROMs – patient-reported outcome measures) par l’intermédiaire d’un outil d’aide à la préparation de la consultation médicale appelé « Premaco » (« PREparer MA Consultation). Il permet aux patients pris en charge dans un centre de préparer en amont leur consultation afin d’optimiser ce temps avec leur médecin.

    « L’objectif de Premaco est de faciliter le dialogue entre le patient et son médecin en aidant le patient à mieux exprimer ses besoins et en facilitant le partage de la décision sur la prise en charge, précise Unicancer. À moyen terme, il s’agira de contribuer à améliorer l’observance des traitements et l’orientation du patient dans son parcours. »

    L’outil a été testé en 2018 sous la forme d’un questionnaire papier, auprès de patients traités pour une leucémie myéloïde chronique (LMC) ou par hormonothérapie (sans distinction sein ou prostate) dans 6 CLCC : l’Institut Bergonié, le Centre Georges-François Leclerc, l’Institut Curie, l’Institut Paoli-Calmettes et le Centre Antoine Lacassagne. « Les retours des patients et des médecins ont été particulièrement positifs, ouvrant la voie au développement de l’outil dans le réseau des CLCC, en l’adaptant à chacun d’entre eux », commente la fédaration.

    • En 2019, Unicancer souhaite digitaliser l’outil Premaco. Les étapes prévues sont les suivantes :
      • rédaction d’un cahier des charges ;
      • publication d’un appel d’offres et choix des prestataires ;
      • prototypage de l’outil ;
      • mise en œuvre.

    De manière concrète, les patients rempliront un questionnaire numérique d’aide à la préparation de la consultation médicale et d’orientation du parcours du patient. À partir de ce dernier, une synthèse des résultats sera réalisée. Elle donnera lieu à des observations et à des conseils personnalisés. À terme, l’objectif est de déployer Premaco pour qu’il soit disponible dans tous les centres de lutte contre le cancer.

    Protection des données : une autre priorité pour Unicancer et des CLCC

    « La sécurisation des données personnelles de santé représentant un sujet majeur auquel Unicancer et les CLCC sont particulièrement sensibles, le réseau était prêt pour l’entrée en vigueur, en mai 2018, du Règlement général sur la protection des données (RGPD) », note Unicancer.

    Un data protection officer (DPO) a été nommé au sein de la fédération, avec un périmètre incluant les données patients mais aussi celles des salariés, des donateurs et des mécènes. Le DPO intervient de manière transversale avec l’ensemble des directions d’Unicancer, est-il précisé.

    Un DPO a également été désigné dans chaque CLCC et un groupe de travail dédié a été créé. Il s’est réuni pour la première fois en mai 2018. Il suit notamment les évolutions de la réglementation (RGPD et Loi informatique et libertés).

    Recherche : des projets pour innover dans le traitement des cancers

    « L’année 2018 a consacré, avec la certification ISO 9001, la qualité de la recherche clinique d’Unicancer et des Centres, déclarent la fédération. Elle a également permis la poursuite de nombreux projets de recherche ainsi que le développement de partenariats stratégiques pour améliorer les traitements proposés aux patients, faire progresser les connaissances, innover dans le traitement des cancers, dans le respect de la confidentialité et de la sécurité des données personnelles. »

    Esmé : 1er programme en Europe visant à améliorer la prise en charge sur la base de données de vie réelle

    Esmé est un outil d’aide à la décision en santé permettant de mesurer l’apport réel des traitements. Il s’agit du premier programme en Europe visant à améliorer la prise en charge des patients à partir d’une base de données de vie réelle.

    Esmé mesure l’apport des traitements innovants. Actuellement, le programme a été développé dans 3 domaines : poumon (le programme comprendra à terme plus de 26 000 patients pris en charge dans des CLCC, des CHU et des CHG)/immunothérapie, ovaire (le programme centralisait l’ensemble des données de vie réelle de plus de 6 000 patientes en 2018) et sein métastatique (plus de 20 000 patientes).

    Après avoir conclu des accords avec les laboratoires Roche, Pierre Fabre, Pfizer, Astrazeneca et Eisai, Unicancer a signé un partenariat de 5 ans avec le laboratoire MSD France pour le soutien de la plateforme Esmé ainsi qu’un partenariat de 2 ans avec les laboratoires Daïchi.

    • Unicancer et les centres de lutte contre le cancer envisagent de « poursuivre rapidement le développement de nouveaux partenariats, qui porteront sur d’autres pathologies », est-il indiqué dans le rapport. Les premiers appels à projets pour Esmé Poumon/Immunothérapie et ESMÉ Ovaire pour valorisation scientifique auront lieu en 2019.

    Focus sur 4 projets innovants développés au sein des CLCC

    Centre Paul Strauss (Strasbourg) : vidéo-assistance au service de la qualité et de la sécurité des chimiothérapies

    Le Centre Paul Strauss s’est équipé du dispositif de vidéo-assistance Drugman de la société Eurekam : il vise à améliorer la qualité et la sécurité du processus de préparation des chimiothérapies.

    Il s’agit du premier établissement de santé de la région Grand Est à s’être doté de cette technologie de reconnaissance faciale appliquée aux reconstitutions de chimiothérapie sous hotte à flux laminaire.

    Institut Paoli-Calmettes (Marseille) : une nouvelle plateforme d’imagerie de la femme

    La nouvelle plateforme d’imagerie de la femme de l’Institut Paoli-Calmettes a été élaboré afin d’améliorer l’accessibilité au dépistage et au diagnostic du cancer du sein et favoriser le bien-être des patientes.

    « Plus grande, avec plus d’équipements de pointe, elle renforce l’offre intégrée de dépistage proposée aux femmes de la région PACA et de Corse, détaille Unicancer. La réduction des délais d’attente pour un rendez-vous permettra d’éviter des pertes de chances et des soins plus lourds. »

    Centres de Reims, Dijon, Nancy : la réalité virtuelle au service de la formation et des traitement

    L’Institut Godinot (Reims) et le Centre Georges-François Leclerc (Dijon) ont acquis 2 casques de réalité virtuelle utilisant des techniques d’hyphnose clinique (auprès de la start-up Oncomfort pour le premier et de C2Care pour le second). Ils ont été mis au point pour faire vivre aux patients qui les portent une expérience immersive relaxante avant la réalisation d’actes anxiogènes ou douloureux.

    L’Institut de cancérologie de Lorraine (Nancy) est partenaire du projet européen NHL Chir-Ex, une approche de simulation virtuelle ayant pour but d’améliorer et d’harmoniser la formation multiprofessionnelle en radiothérapie.

    Centres de Montpellier, Angers-Nantes : un nouveau robot chirurgical dédié à la recherche clinique

    L’Institut du cancer de Montpellier a été sélectionné, avec 4 autres établissements français, pour mettre en place un nouveau robot chirurgical dédié à la recherche clinique, le Da Vinci Xi (Intuitive Surgical).

    Le robot CHIP-e (Consultation hospitalière individuelle pharmaceutique) assistée par robot, a été intégré à l’Institut de cancérologie de l’Ouest (Angers-Nantes) afin d’améliorer la prise en charge des patients traités pour leur pathologie cancéreuse par voie orale. « Un e-assistant permet de valider la compréhension globale du traitement et d’habituer, en plein développement de la e-santé, le patient aux outils informatiques », explique Unicancer.

  • L’Institut Montaigne propose de lancer « un Health Data Hub européen » (rapport)

    Un « pilotage de l’innovation en santé à l’échelle européenne ». C’est ce que recommande le rapport publié par l’Institut Montaigne le 19 septembre 2019 sous le titre « Médicaments innovants : prévenir pour mieux guérir ». Dans la proposition 12 de ce document, l’organisme propose aux pays membres de collaborer autour des 4 axes complémentaires suivants :

    • l’accélération des réflexions autour d’une politique européenne d’évaluation des produits de santé via le Health Technology Assessment (HTA)* ;
    • la mise en place d’ un « horizon scanning européen de l’innovation en santé », qui donnerait « une vision prospective des innovations à venir » ;
    • l’harmonisation des méthodologies d’impact budgétaire au niveau européen ;
    • « un Health Data Hub européen afin d’agréger les données de vie réelle » : les registres de données de vie réelle des pays membres seraient consolidé « afin de mutualiser les coûts et [d’] élargir les populations étudiées », et le dispositif copiloté avec les acteurs publics et privés.

    À l’échelon national, l’institut envisage (proposition 10) « un grand hub des technologies de santé inspiré de celui de la ville de Boston ».  Il s’agirait de « réunir une fois par an responsables politiques et administratifs, autorités de santé, patients, professionnels de santé et laboratoires pharmaceutiques » pour « un pilotage stratégique de l’innovation en santé tenant compte des grands objectifs de santé publique et des innovations sur lesquelles les laboratoires travaillent ».

    Dans la proposition 7 est lancé l’idée d’« expérimenter de nouveaux modèles de financement en s’appuyant sur des registres de vie réelle » et le Health Data Hub. Il s’agirait d’envisager « la fixation d’un prix conditionnel qui serait révisé en fonction des résultats postérieurs à la mise sur le marché » grâce à  un suivi systématique de l’usage des traitements innovants, mis en place « dès lors que ceux-ci ont des impacts sanitaires et/ou économiques significatifs[, ]dès la mise à disposition de l’innovation thérapeutique via le mécanisme d’ATU ». 

    Le rapport recommande également de « promouvoir le développement d’outils numériques d’aide à la prescription afin d’améliorer le bon usage des innovations thérapeutiques » (proposition 9 ). L’objectif serait de fournir un guide aux médecins « afin qu’ils puissent bénéficier des recommandations les plus actualisées et prescrire les médicaments les plus pertinents pour un patient donné ». Ces mêmes outils pourraient être utilisés pour « mesurer l’observance et collecter des données de vie réelle ».

  • Stratégie e-santé de l’Australie

    L’Australie a adopté une stratégie nationale e-santé pour 2018-2022. L’Agence de la santé numérique du pays (Australian Digital Health Agency), créée en 2016 par les gouvernements territoriaux et étatiques de l’Australie, mène cette feuille de route. En Australie, les progrès en matière de e-santé ont souvent été réalisés en silo, notamment du fait de la complexité de la gouvernance et du financement du système de santé. L’objectif pour 2022 est de s’appuyer sur le numérique pour harmoniser et intégrer le système de santé au niveau national.

    Les directions stratégiques pour 2022 ont été définies selon les principes suivants :
    • mettre l’utilisateur au centre ;• garantir l’intimité et la sécurité ;
    • favoriser la collaboration agile ;
    • animer une culture de sécurité et de qualité ;
    • améliorer l’équité de l’accès ;
    • s’appuyer sur les atouts et capacités existants ;
    • utiliser l’argent des contribuables de façon judicieuse.

    Elles s’organisent autour de 4 thèmes :
    • aider à la décision et proposer des solutions ;
    • aider tous les professionnels de santé à mieux comprendre le patient et, ensemble, prodiguer des soins de manière sécurisée et personnalisée ;
    • créer un environnement où le patient et son soignant peuvent bénéficier de technologies innovantes ;
    • préserver la confiance et protéger les droits.

    Le dossier patient national, My Health Record, est placé au cœur de la stratégie australienne. Le patient et tous ses professionnels de santé y ont accès. My Health Record remplace le Personally Controlled Electronic Health Record (PCEHR) lancé en 2012. L’utilisation du PCEHR par les professionnels a été freinée par la méfiance des professionnels de santé envers les systèmes informatiques (SI), l’absence d’une intégration complète avec les SI cliniques, le manque d’information clinique utile, des préoccupations sur la sécurité et la faible adoption du PCEHR par les patients. Une enquête lancée par ministre de la Santé fédéral en 2014 sur les difficultés rencontrées par le PCEHR et les moyens d’y résoudre a recommandé le changement du modèle d’inscription pour un modèle de désinscription ainsi que le changement de nom du dossier patient et de la gouvernance (ce qui a conduit à la création de l’Australian Digital Health Agency) mais aussi de se concentrer sur les informations cliniques significatives et de renforcer la transparence autour de la sécurité.

  • DATA – Stratégie e-santé de l’Australie

    L’Australie a adopté une stratégie nationale e-santé pour 2018-2022. L’Agence de la santé numérique du pays (Australian Digital Health Agency), créée en 2016 par les gouvernements territoriaux et étatiques de l’Australie, mène cette feuille de route. En Australie, les progrès en matière de e-santé ont souvent été réalisés en silo, notamment du fait de la complexité de la gouvernance et du financement du système de santé. L’objectif pour 2022 est de s’appuyer sur le numérique pour harmoniser et intégrer le système de santé au niveau national.

    Les directions stratégiques pour 2022 ont été définies selon les principes suivants : 
    • mettre l’utilisateur au centre ;
    • garantir l’intimité et la sécurité ;
    • favoriser la collaboration agile ;
    • animer une culture de sécurité et de qualité ;
    • améliorer l’équité de l’accès ;
    • s’appuyer sur les atouts et capacités existants ;
    • utiliser l’argent des contribuables de façon judicieuse.

    Elles s’organisent autour de 4 thèmes : 
    • aider à la décision et proposer des solutions ;
    • aider tous les professionnels de santé à mieux comprendre le patient et, ensemble, prodiguer des soins de manière sécurisée et personnalisée ;
    • créer un environnement où le patient et son soignant peuvent bénéficier de technologies innovantes ;
    • préserver la confiance et protéger les droits.

    Le dossier patient national, My Health Record, est placé au cœur de la stratégie australienne. Le patient et tous ses professionnels de santé y ont accès. My Health Record remplace le Personally Controlled Electronic Health Record (PCEHR) lancé en 2012. L’utilisation du PCEHR par les professionnels a été freinée par la méfiance des professionnels de santé envers les systèmes informatiques (SI), l’absence d’une intégration complète avec les SI cliniques, le manque d’information clinique utile, des préoccupations sur la sécurité et la faible adoption du PCEHR par les patients. Une enquête lancée par ministre de la Santé fédéral en 2014 sur les difficultés rencontrées par le PCEHR et les moyens d’y résoudre a recommandé le changement du modèle d’inscription pour un modèle de désinscription ainsi que le changement de nom du dossier patient et de la gouvernance (ce qui a conduit à la création de l’Australian Digital Health Agency) mais aussi de se concentrer sur les informations cliniques significatives et de renforcer la transparence autour de la sécurité.

    Le tableau présentant la stratégie e-santé de l’Australie est accessible dans la rubrique « Data » via ce lien.

  • Étude : 1ère chirurgie cardiaque à distance grâce à un robot (EClinicalMedicine)

    C’est une première mondiale. Un chirurgien indien a réalisé la toute première angioplastie coronaire à distance par voie robotique. Le robot CorPath GRX System de la société Corindus Vascular Robotics a été testé sur 5 patients qui se trouvaient à une trentaine de kilomètres du chirurgien. Aucune complication ni effet indésirable n’a été enregistré, comme en témoigne l’étude* publiée le 3 septembre 2019 dans la revue EClinicalMedicine du groupe The Lancet. Dans le futur, ces chirurgies robotisées à distance pourraient faciliter l’accès aux soins dans les pays en développement.

    L’inégal accès aux soins cardiovasculaires

    Le taux de mortalité des maladies cardiovasculaires s’est stabilisé mais seulement dans les pays développés. Dans les pays pauvres, le fardeau reste très lourd. Plus des trois quarts des décès liés aux maladies cardiovasculaires interviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

    Lorsque les artères sont obstruées par des plaques d’athérome, l’angioplastie coronaire percutanée (ICP) constitue le soin de référence : un ballonnet est positionné dans l’artère au niveau du rétrécissement ou de l’occlusion puis gonflé pour dilater la sténose et écraser la plaque d’athérome afin d’obtenir un flot normal dans l’artère coronaire. Ensuite, un stent, une sorte de mini-ressort, qui empêche l’artère de se reboucher, est posé. Cependant, la disponibilité des hôpitaux dotés d’installations de cathétérisme cardiaque et d’intervenants qualifiés est extrêmement limitée dans les zones reculées et sous-développées.

    En conséquence, très peu de patients reçoivent un traitement.

    Le chirurgien à 30 km de son patient

    Cette intervention, assistée par robot, est pratiquée avec succès aux États-Unis depuis 2011. En 2019, la clinique Pasteur de Toulouse a réalisé la toute première opération de ce type en Europe.

    Un chirurgien indien de renom a souhaité évaluer la faisabilité de l’angioplastie coronaire percutanée par télémédecine. 5 patients atteints de lésions coronariennes ont été inclus dans une étude unicentrique, à un bras, menée à l’Apex Heart Institute à Ahmedabad, en Inde. Les patients se trouvaient à environ 32 kilomètres du lieu où était le Dr Patel, installé dans le temple Swaminarayan Akshardham à Gandhinagar, dans le Gujarat, en Inde. Son partenaire, le Dr Sanjay Shah, était sur place dans la chambre avec chaque patient de l’Institut de cardiologie Apex.

    La plate-forme CorPath de la société Corindus est le premier dispositif médical autorisé par la FDA dans les procédures coronariennes et vasculaires percutanées. Il comprend l’unité de chevet et un poste de travail robotique. L’unité de chevet est connectée via des câbles au poste de travail de contrôle robotique local situé dans le laboratoire de cathétérisme cardiaque, à plusieurs mètres du patient. Pour cette étude, un deuxième poste de travail de contrôle robotique identique et distant a été placé à 20 miles dans un complexe culturel et religieux doté d’une infrastructure de technologie de l’information et de réseaux moderne de haute qualité.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 3 septembre 2019 dans la revue EClinicalMedicine du groupe The Lancet.

    Résultats : une robotisation sans effet secondaire

    Le critère d’évaluation principal était le succès de la procédure sans événement cardiaque indésirable majeur et sans passage en mode manuel.

    • L’intervention robotisée à distance a été réussie dans 100 % des cas.
    • 24 heures après la procédure, les 5 patients n’avaient connu aucun événement cardiaque indésirable majeur.
    • La surveillance électrocardiographique continue du rythme cardiaque après la procédure à la sortie n’a révélé aucun signe d’arythmie chez aucun patient.
    • L’évaluation par l’opérateur du temps de réponse, le contrôle du périphérique et la capacité de communiquer avec l’équipe locale du laboratoire ont tous été évalués comme étant satisfaisants ou extrêmement satisfaisants.

    Une réussite qui dépend de la connectivité

    « Je suis honoré d’avoir participé à cette étape médicale », commente le Dr Patel. « L’application de la télérobotique pour le traitement à distance peut avoir un impact sur un nombre important de vies en offrant un accès à des soins spécialisés qui ne seraient peut-être pas possibles autrement, ajoute-t-il. Les procédures à distance ont le potentiel de transformer la manière dont nous prodiguons des soins lorsque nous traitons les maladies les plus sensibles au facteur temps, telles que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux. »

    Ces procédures robotiques à distance n’en sont cependant encore qu’aux premiers stades de développement. Et cette étude de faisabilité, bien que positive, ne portait que sur 5 patients. Par ailleurs, le succès de ce type d’intervention en télémédecine repose sur une connectivité fiable et un système de télécommunication audiovisuel avancé entre les stations de travail de contrôle robotique locales et distantes. Or, dans les pays en développement, ces conditions sont loin d’être toujours réunies.