Améliorer l’efficacité des médicaments et limiter leurs effets secondaires, c’est ce que pourraient permettre les travaux de la société Synthorx qui a réalisé des percées en termes de design de médicament en fabriquant des protéines encore jamais retrouvées dans la Nature, apprend dans la revue technologique du MIT du 6 septembre 2016.
La start-up biotech de La Jolla en Californie designe des microbes grâce à un alphabet génétique contenant six lettres, ajoutant les synthétiques lettres X et Y aux naturels A, T, G et C.
Ces bactéries n’ont aucun équivalent naturel, Synthorx les utilise pour designer de nouvelles protéines qui offrent de réelles promesses quant aux futurs antalgiques, antibiotiques et composés ciblant le cancer.
Création d’un X et d’un Y synthétiques
Le fondateur chimiste de la société, Flyd Romesberg, de l’Institut de Recherche Scipps à San Diego, élabore depuis plus de 15 ans une paire de lettres d’ADN artificiel qu’il perfectionne afin de pouvoir les faire fonctionner de consort avec la machinerie génétique de la vie, sans pour autant qu’elles se confondent avec les lettres déjà existantes. Il a créé un X et un Y synthétiques qu’il a introduit dans des cellules bactériennes qui pourraient se répliquer et propager des gènes contenant X et Y aux futures générations.
En théorie, ajouter simplement les lettres X et Y de l’ADN permet hypothétiquement aux cellules de fabriquer des protéines constituées de 172 acides aminés différents, par rapport à la série des 20 naturels existant.
Repousser les limites du naturel
Nombreux sont les amino-acides redondants selon le scientifique. En utilisant des acides aminés synthétiques les scientifiques repoussent les limites du naturel et pourraient créer des protéines qui se lient à une cible spécifique en évitant des cibles ressemblantes, ce qui pourrait limiter les effets secondaires. Un de projets de la société consiste à convertir le venin d’une araignée en un antalgique non opioïde non addictif.
De nouveaux antibiotiques ou médicaments des troubles métaboliques sont en projet. » L’insuline serait une excellent cible », selon Court Turner, le CEO e Synthorx. « Elle est déjà produite par la bactérie E. Coli mais nécessite d’être injectée quotidiennement ». Incorporer l’amino-acide adéquat aux molécules d’insuline pourrait permettre de fabriquer une version longue durée qui bénéficieraient aux diabétiques ne nécessitant alors qu’une injection pour plusieurs jours voire pour toute une semaine.