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  • PLF 2020 : la gestion de l’ANSM et de Santé publique France transférée à la Sécurité sociale

    « La gestion de deux opérateurs de l’État, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Agence nationale de santé publique [dite Santé publique France], est transférée à la Sécurité sociale. » C’est ce qu’indique le projet de loi de finances (PLF) pour 2020 au titre des « mesures de périmètre liées à une clarification de la répartition des compétences entre l’État et les administrations de sécurité sociale ».
     
    Il est précisé dans le document que « cela donne lieu à deux mesures de périmètre sortantes d’un total de 268,6 millions d’euros ». Cependant, les opérateurs en question demeurent des établissements publics administratifs et leur gouvernance est inchangée.  

    Inversement et afin de répondre aux recommandations de la Cour des comptes, l’État reprend sur le budget de la mission « Santé » les dépenses effectuées auparavant par la Sécurité sociale pour le financement de l’accompagnement des groupements hospitaliers de territoires (GHT) dans le cadre d’un programme de performance des achats hospitaliers (le dispositif Phare, pour « Performance hospitalière pour des achats responsables »). Cela « donne lieu à une mesure de périmètre entrante de 2,3 millions d’euros sur la mission « Santé » ».

  • La T2A a redirigé des actes chirurgicaux du privé vers le public sans en créer davantage (Insee)

    La tarification à l’activité (T2A) a redirigé des séjours chirurgicaux des cliniques privées vers les hôpitaux publics sans augmenter l’activité totale. C’est ce qui ressort d’une étude menée par l’Insee, publiée le 2 octobre 2019 dans le n°47 de la revue Insee Analyses. L’Institut précise que la T2A « aurait bénéficié aux patients en permettant d’améliorer l’attractivité des hôpitaux publics », ajoutant cependant que cette amélioration « aurait entraîné une augmentation substantielle de l’effort des établissements en direction de leurs patients, pouvant occasionner des coûts financiers ou non financiers ».

    La tarification à l’activité (T2A) a été introduite de manière graduelle entre 2004 et 2008 dans les établissements de soins publics ; « elle était déjà en vigueur dans les cliniques privées », rappellent les auteurs de l’étude. Une augmentation de l’activité de 8,6 % est observée entre 2005 et 2008 dans les établissements concernés par la réforme. Cependant, « il reste à savoir si cette hausse a résulté d’une augmentation de l’activité globale du secteur ou si l’activité a été redirigée des cliniques privées vers les hôpitaux publics », contextualise l’Insee. Les résultats de l’enquête menée par l’institut penchent en faveur de la deuxième option.

    Cette étude sur la T2A se concentre sur la chirurgie entre 2005 et 2008, « une période qui permet une évaluation de la réforme », note l’Insee. « Elle simule la situation qui aurait prévalu en 2005 si les incitations tarifaires liées à la T2A avaient été intégralement mises en place afin de pouvoir la comparer à la situation observée et d’en inférer l’impact causal de la T2A, explique l’institut. La reconstitution de cette situation contrefactuelle nécessite en particulier de neutraliser les évolutions, observables ou non, inhérentes à la patientèle et à l’offre de soins. »

    Constat : hausse de l’activité chirurgicale de 8,6 % dans les hôpitaux publics (2005-2008)

    • « Déployée progressivement entre 2004 et 2008, la réforme relative à la tarification à l’activité (T2A) a assis les budgets des hôpitaux publics directement sur leur activité, indiquent les auteurs de l’étude. Cette période permet d’évaluer la réforme, le mode de financement du secteur privé étant resté par ailleurs globalement inchangé ».
    • La répartition des capacités en chirurgie entre hôpitaux publics et cliniques privées est stable sur la période.
    • Entre 2004 et 2008, l’activité a augmenté graduellement dans les hôpitaux publics, et davantage dans les zones où ils sont confrontés à une concurrence importante des cliniques privées*.
    • « Sur le champ de l’étude, l’activité a ainsi augmenté de 8,6 % dans les hôpitaux publics, tout en diminuant de 0,7 % dans les cliniques privées », synthétise l’Insee.

    L’objectif de ces travaux était de déterminer dans quelle mesure ces évolutions de l’activité chirurgicale étaient imputables à la mise en place de la T2A.

    Évolution de l’activité chirurgicale entre 2005 et 2008

    Impact de la T2A sur l’activité : une redirection des patients, sans augmentation de l’activité totale

    « La comparaison entre la situation contrefactuelle, dans laquelle les incitations tarifaires liées à la T2A auraient été intégralement mises en place, et la situation observée en 2005, dans laquelle ces incitations n’étaient que partiellement mises en place, conduit à la conclusion suivante », notent les auteurs des travaux :

    • la T2A a redirigé les actes existants des cliniques privées vers les hôpitaux publics  ;
    • les incitations tarifaires générées par la T2A s’accompagnent d’un transfert de patients entre les secteurs sans variation du volume global d’activité.

    Impact de la T2A sur l’activité :

    « Des effets opposés sur les patients et sur les hôpitaux »

    L’amélioration de l’attractivité des établissements de soins, notamment des hôpitaux publics mais aussi des cliniques privées en concurrence avec les précédents, « aurait bénéficié aux patients », observe l’Insee.

    L’augmentation de la qualité perçue est exprimée en un gain équivalent de temps de trajet entre domicile et hôpital. « Tout se passe comme si la distance domicile-hôpital, à service égal, avait été réduite », expliquent les auteurs de l’étude, indiquant par exemple qu’en orthopédie, ce gain de temps équivalent aurait été d’au moins 2,6 % dans la moitié des communes de résidence. 

    Impact de la T2A sur les patients : comparaison avec la situation contrefactuelle :

    « En revanche, si l’effet direct de la T2A sur les recettes totales des établissements a pu être limité par l’évolution concomitante de la part fixe (celle-ci diminuant chaque année entre 2005 et 2008 de manière à compenser approximativement les ressources supplémentaires générées par l’activité), la T2A a entraîné une hausse substantielle de l’effort de ces établissements en direction de leurs patients, pouvant occasionner des coûts financiers ou non financiers », ajoute l’Insee.

    Cet effort supplémentaire peut être estimé, en moyenne annuelle sur la période 2005-2008, entre 4,4 % et 9,1 % des revenus d’activité d’une année pleine.

    Impact de la T2A sur les hôpitaux : comparaison avec la situation contrefactuelle

    Limites de l’étude : un champ restreint à la chirurgie, pas de conclusion sur les effets à long terme

    • Le champ est restreint à la chirurgie, « ce qui permet de raisonner à structure de marché constante », commente l’Insee.
      • Ce n’est pas le cas en obstétrique notamment : les cliniques privées se sont retirées en partie de cette activité parce qu’elle est devenue moins rentable ;
      • de plus, un mouvement amorcé dans les années 1970 pour rendre l’accouchement plus sûr a entraîné la fermeture de nombreuses petites maternités, appartenant souvent au secteur privé.
    • L’étude n’établit par de conclusion sur les effets de long terme de la T2A : elle est centrée sur les effets de court à moyen terme.
    • Les coûts des établissements de soins ne sont pas observés.
    • L’étude ne comporte pas de préconisation normative.
  • Novartis lance un laboratoire d’innovation en IA en partenariat avec Microsoft

    Novartis signe un accord de collaboration avec Microsoft pour transformer et « réinventer la médecine grâce à l’intelligence artificielle » (IA), une alliance qui intervient quelques semaines après la signature d’un partenariat entre le géant américain et le groupe biopharmaceutique français Astrazeneca. Plus précisément, les premiers sujets d’analyses relatifs à cette collaboration seront « les traitements personnalisés de la dégénérescence maculaire (thérapie cellulaire et génique) et la conception de médicaments », indique le groupe pharmaceutique suisse dans un communiqué publié le 1er octobre 2019.

    Dans le cadre de cet accord, Novartis annonce la création de Novartis IA, un laboratoire d’innovation en intelligence artificielle dont l’objectif est de permettre aux professionnels d’utiliser l’IA dans l’ensemble de l’entreprise. Microsoft apportera son savoir-faire en matière d’analyse des données et d’intelligence artificielle, notamment avec Microsoft Azure, sa plateforme applicative basée sur le cloud, et Microsoft Artificial Intelligence, une offre de solutions IA. Des équipes vont être formées dans les laboratoires de la société pharmaceutique en Suisse et en Irlande, à Dublin, ainsi que dans le Microsoft Research Lab au Royaume-Uni.

    La fondation de ce nouveau laboratoire a pour objectif de renforcer les capacités d’IA du groupe suisse, aussi bien dans le champs de la recherche que celui de la commercialisation, pour améliorer les processus d’innovation et de développement de médicaments.

    Depuis plus d’un an, Novartis a mis en œuvre une nouvelle stratégie centrée sur l’utilisation des nouvelles technologies, et notamment de l’IA, pour réinventer le médicament, sous l’égide de son nouveau P.-D.G., Vasant Narasimhan. Le groupe est ainsi en train d’évoluer « pour devenir une société pharmaceutique centrée sur les plateformes de thérapie avancée et de science des données », commente ce dernier (communiqué).

    Un effort commun de recherche et développement

    L’IA pour optimiser les thérapies cellulaires et génétiques

    Dans le cadre de cet accord, Novartis et Microsoft se sont engagés dans un effort commun de recherche et développement basé sur 2 objectifs centraux :

    • permettre aux professionnels de Novartis d’améliorer leur compétence dans le domaine de l’intelligence artificielle : grâce aux capacités des systèmes d’IA de Microsoft permettant de traiter les grandes quantités de données de Novartis, le groupe pharmaceutique envisage de créer de nouveaux modèles et applications de cette technologie pour augmenter les capacités de ses experts afin de mieux faire face aux nouveaux et futurs défis médicaux ;
    • explorer grâce à l’intelligence artificielle : Novartis utilisera la puissance de l’IA pour relever certains des défis informatiques les plus complexes et s’améliorer dans des domaines tels que la chimie générative, la segmentation et l’analyse d’images pour la mise en œuvre de traitements avancés et l’optimisation des thérapies cellulaires et génétiques.

    Les 2 partenaires travailleront également sur le développement et l’application de plateformes basés sur IA de nouvelle génération et de processus pour l’instauration de programmes dans ces 2 domaines.

    Dans le cadre de ce partenariat, les 2 sociétés investiront notamment pour financer les experts, les projets et les technologies.

  • L’outil eNephro (Pharmagest) réduit « significativement » les hospitalisations non programmées en IRC

    Le dispositif de télémédecine eNephro, destinée aux patients atteints d’insuffisance rénale chronique (IRC), donne des résultats « encourageants », notamment en matière d’évitement des hospitalisations non programmées. C’est la conclusion du groupe Pharmagest sur les premiers résultats de son étude médico-économique, présentés le 2 octobre 2019 au congrès de la SFNDT (Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation) à Nancy.

    Le système de télémonitoring d’eNephro recueille à distance les paramètres cliniques et biologiques du patient. Les systèmes experts effectuent ensuite une analyse automatique des données collectées quotidiennement, et un algorithme basé sur intelligence artificielle (IA) est capable de détecter les situations de risque.

    Pharmagest met en avant les enseignements suivants :
     
    • une « diminution significative » de 12 % des hospitalisations non programmées et des consultations comparativement à une prise en charge traditionnelle ;

    • une « tendance à la diminution » du nombre de patients nécessitant une hospitalisation non programmée : 57,4 % dans le groupe télésurveillance contre 63,5 % dans le groupe contrôle ;

    • une « tendance à la diminution » de la durée cumulée des hospitalisations non programmées : 9,8 ± 10 jours dans le groupe télésurveillance contre 12 ± 11 jours dans le groupe contrôle ;

    • une augmentation de la satisfaction des patients : 89 % des patients transplantés se disent « très satisfaits ».

    « 1ère étude médico-économique sur la prise en charge de l’IRC par télémédecine »

    L’étude eNephro, « première étude médico-économique sur la prise en charge de l’IRC par télémédecine », a débuté en mars 2013, dans le cadre de l’appel à projets « e-santé 2″ du Programme d’investissements d’avenir » (PIA). Pharmagest affirme qu’elle a permis le déploiement de sa solution de télémédecine dans 3 régions: le Grand Est, les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine.

    La solution eNephro peut être remboursée depuis 2018 dans le cadre d’Etapes

    La solution eNephro peut être remboursée depuis 2018 dans le cadre du dispositif Etapes sur les patients traités par dialyse en UAD/UDM et en suivi post greffe.

  • Dreem : les projets de Harvard/MIT et des universités de Californie et d’Ottawa remportent l’AAP

    3 projets – 2 portés par des universités américaines et 1 par une université canadienne – remportent le premier appel à projets (AAP) mondial lancé par Dreem, une société française qui développe un bandeau visant à lutter contre les troubles du sommeil. Les lauréats ont été dévoilés à l’occasion du World Sleep Congress, qui se déroulait du 20 au 25 septembre 2019 à Vancouver (Canada).

    « L’objectif de notre initiative est d’accompagner des projets de recherche qui seraient impossible de mener sans un appareil de mesure du sommeil tel que Dreem. Nous permettons ainsi à des chercheurs d’utiliser notre solution pour réaliser des études à grande échelle qui seraient impossibles avec la PSG (polysomnographie) », explique Eden Debellemanière membre de l’équipe de recherche de Dreem, dans un communiqué publié le 1er octobre.

    Les 3 lauréats sont les suivants :

    • Jerome Siegel, de l’université de Californie à Los Angeles (États-Unis) : recevra 20 bandeaux pour son projet sur les déterminants environnementaux du sommeil humain, une étude sur les chasseurs-cueilleurs de San, Hadza et Tsimane ;
    • Rebecca Robillard, de l’université d’Ottawa (Canada) : recevra 40 bandeaux pour son projet sur la surveillance multisystémique des patients insomniaques et la potentialisation des oscillations lentes durant le sommeil chez ces patients ;
    • Richa Saxena, Joyita Dutta et Dimitrios Pantazis, de la faculté de médecine de Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (États-Unis) : recevront 20 bandeaux pour le développement de biomarqueurs basés sur le sommeil pour le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer.

    Dreem propose ses bandeaux à 3 autres projets (UK et USA)

    « Compte tenu du nombre considérable de candidatures de grande qualité, Dreem a également attribué des bandeaux à trois autres projets particulièrement prometteurs », indique la société.

    Ces projets sont les suivants :  

    • Katherine Sharkey et ses collaborateurs de l’Alpert Medical School of Brown University et de la Brown University School for Public Health (États-Unis) : recevront 15 bandeaux pour leur travail sur l’étude longitudinale du sommeil des femmes pendant la grossesse et le post-partum ;
    • Elizabeth Coulthard et ses collaborateurs de l’université de Bristol (Royaume-Uni) : recevront 10 bandeaux pour leurs travaux sur la compréhension du sommeil, des rythmes circadiens et de la dopamine dans les maladies neurodégénératives ;
    • Zanna Voysey, Alpar Lazar et Roger Barker de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) : recevront 5 bandeaux pour leur travail pilote sur les enregistrements longitudinaux et l’amélioration du sommeil chez les patients atteints de la maladie de Huntington.

    Des candidatures de « grande qualité »

    L’ensemble des candidatures de l’appel ont été examinées par le comité scientifique de Dreem, qui s’est basé sur des critères de sélection comme la justification et l’importance du projet, l’innovation, l’approche, l’environnement scientifiques et la chronologie.

    La « grande qualité » des dossiers a rendu complexe la décision finale, commente Raphaël Heinzer, membre du jury et directeur du Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil de Lausanne.

    Troubles du sommeil : Dreem souhaite devenir « le leader mondial »

    L’objectif de Dreem est de fournir « un accompagnement efficace » aux patients souffrant de trouble du sommeil ainsi qu’aux prestataires de soins suivant ces personnes, explique la société (communiqué), ajoutant que « sa mission est de devenir le leader mondial du dépistage, du diagnostic et du traitement des troubles du sommeil ».

    60 millions $ (55 M€) recueillis

    Depuis sa création en 2014, Dreem a levé 60 millions de dollars US (environ 55 M€) auprès de divers investisseurs, dont Johnson & Johnson. L’entreprise emploie actuellement 90 personnes réparties entre New York, Paris et Taipei (Taïwan).

  • Kheiron lève 20 M€ pour lancer à l’international son logiciel de détection du cancer du sein via IA

    La société britannique Kheiron Medical Technologies lève 22 millions de dollars (20,19 millions d’euros) en série A afin de lancer à l’international Mia, son logiciel de détection du cancer du sein par apprentissage automatique (machine learning). L’opération a été dirigée par le fonds Atomico avec la participation de Connect Ventures, Greycroft, Hoxton Ventures et Exor, est-il précisé dans un communiqué daté du 23 septembre 2019. Kheiron prévoit d’utiliser cette somme pour le lancement d’une série d’essais cliniques en Europe, en Asie et aux États-unis.

    Mia est conçu pour analyser des images de mammographie numérique plein champ (full-field digital mammography) : la solution aide les radiologues à décider si une femme ayant subi une mammographie doit être suivie ou non. La société souligne que son outil a été élu meilleur nouveau logiciel de radiologie 2019 par le plus important éditeur de radiologie, AuntMinnie, et meilleur outil d’intelligence artificielle (IA) en santé des CogX 2019 Innovation Awards. Kheiron affirme par ailleurs que le logiciel a été en 2018 le premier outil d’apprentissage profond (deep learning) en radiologie à avoir obtenu le marquage CE.

    « Nous avons investi dans Kheiron parce que nous estimons [que la société] compte parmi l’une des meilleures équipes d’apprentissage automatique au monde », déclare Irina Haivas, directrice du fonds Atomico, qui rejoint le conseil d’administration de la start-up. Kheiron souligne de son côté qu’Atomico a travaillé avec « de nombreuses entreprises du secteur de la santé », notamment AccuRx, Hinge Health et ZocDoc.

  • Tour de France de la e-santé : un engouement des Régions plus fort qu’attendu, rapporte l’Asip

    Des salles combles (entre 200 à 600 participants selon les Régions), des acteurs motivés, en attente d’une mise en place concrète des initiatives, et des remontées « globalement positives », exceptées quelques craintes émises notamment sur l’identifiant national de santé* (INS). À l’issue des premières étapes du Tour de France de la e-santé, l’Asip Santé, avec qui s’est entretenu Health & Tech Intelligence le 1er octobre 2019, constate une « bonne adhésion » à la feuille de route du numérique en santé présentée en avril par le gouvernement. L’Agence se dit même quelque peu « étonnée » par l’engouement généré par l’événement : « On ne s’attendait pas à remplir systématiquement les salles. Cela montre qu’il y a une véritable attente sur le sujet de la part des acteurs. »

    L’Asip rappelle que les ARS ont la liberté d’organiser ces journées comme elles l’entendent : ce sont elles qui mobilisent les intervenants et qui choisissent quelles initiatives locales seront présentées. L’Asip n’intervient qu’en tant qu’accompagnateur, indique-t-elle, précisant que Dominique Pon, responsable ministériel du numérique en santé, présente à chaque étape les orientations de la feuille de route. « L’objectif est d’écouter les acteurs sur les terrains, de faire remonter les éventuelles problématiques et interrogations. »

    Les éléments principaux qui ressortent de ces premières étapes :
    • un engagement des acteurs : professionnels de santé (médecins, infirmières, etc.), présence de beaucoup d’industriels (start-ups mais pas seulement), locaux et représentant de patients (France Assos Santé est présente à toutes les étapes) ;
    • des questionnements concrets : de manière générale, pas de remise en cause des mesures annoncées (si ce n’est des questionnements sur l’INS et la formation) mais plutôt une volonté de démarrer au plus vite les actions en palliant rapidement les éventuels freins techniques ;
    • une attente de la part des Régions vis-à-vis du gouvernement : elles ne souhaitent pas seulement un passage mais un vrai suivi de la part du National.

    Prochaine étape : l’Occitanie, à Montpellier et Toulouse, le 3 octobre 2019. Le deuxième Conseil du numérique en santé sera par ailleurs organisé d’ici la fin de l’année (le compte rendu du premier conseil vient d’être finalisé et sera prochainement envoyé aux participants).

    « Les Régions nous demandent un suivi »

    L’une des sujets qui se posent dans le cadre de ce tour de France est celui de l’autonomie des Régions. Certaines d’entre elles, comme les Hauts-de-France (HDF) avec Prédice, déploient leur propre feuille de route à échelle régionale. Ne risquent-elles pas de délaisser de ce fait le plan national pour se concentrer uniquement sur leur programme ? « Non », répond l’Asip, expliquant justement que les HDF ont indiqué lors de l’étape organisée début septembre à Lille que le but, avec Prédice, était de « se loguer sur les services socles proposées par la feuille de route nationale ».

    « Le National a besoin des régions et en même temps les régions ont besoin du National »

    « Les Régions ne veulent pas un simple passage. Elle nous demandent un suivi, complète l’Agence. Il y a un lien qui se crée avec l’Asip Santé, les ARS et tous les corps de métier. Notre référent régional est présent à chaque étape et assure le relai avec les ARS. Il va y avoir un suivi. Le National a besoin des régions et, en même temps, les régions ont besoin du National. »

    Ce qui ressort par ailleurs de ces premières étapes est que les échéances fixées dans le cadre la feuille de route sont respectées. « Dominique Pon et Laura Létourneau (en charge de la transformation numérique en santé) y tiennent, même si cela ne répond pas à 100 % aux exigences initialement souhaitées. Leur idée est simple : « On se lance et on affinera ensuite sinon on n’avancera pas » », commente l’Asip.

    La formation, un sujet récurrent

    « Peu de critiques » ressortent des échanges avec les acteurs, avance l’Agence. En dehors des inquiétudes portant sur l’identifiant national de santé (INS), dont la mise en place n’est pas assez rapide selon certains professionnels de santé, un autre sujet qui revient souvent au centre des discussions est celui de la formation, un point qui est, selon les acteurs, peu abordé.

    Dominique Pon et Laura Létourneau vont inclure le sujet dans la feuille de route, note l’Asip, rappelant qu’il avait déjà été abordé lors du premier Conseil du numérique en santé en juin : un groupe de travail va être mis en place. L’Asip ajoute qu’il existe des initiatives au niveau local, comme une formation « e-santé » proposée à l’université de Caen et présentée lors du Tour de France, mais qu’il est important de « réfléchir à quelque chose de plus global ».

    D’autres problématiques devraient par ailleurs ressortir lors des étapes organisées en Outre-mer. L’Asip cite notamment la Guyane, où, « avant même de parler de e-santé se pose la question de la couverture numérique ». Un sujet qui se dégage aussi en métropole, comme en Bourgogne, où les acteurs indiquent que certaines zones n’ont pas la fibre ou un accès limité à la 4G. « C’est pour cela qu’il est important d’aller sur le terrain, pour faire remonter ce genre de problèmes », commente l’Asip.

    Mise en ligne des premiers éléments de la doctrine technique

    Quid de l’après-Tour de France ? L’Asip explique que le but n’est pas de présenter un retour global en faisant venir tous les acteurs à Paris, l’idée étant justement de se déplacer régulièrement en région et de proposer un accompagnement en formant des « groupes de travail » avec des « focus métier ».

    Le suivi se fera notamment via l’espace de concertation en ligne, pour permettre de poursuivre les discussions, avec comme point d’appui la doctrine technique, qui est « très attendue ». « On note en effet un besoin de soutien et d’accompagnement pour la mise en place de la doctrine au niveau régional », indique l’Agence.

    Les premiers éléments de cette doctrine technique ont été mis en ligne le 30 septembre.

    Un Lab e-santé pour accompagner les start-ups

    Autre initiative : le Lab e-santé va être lancé dans les mois à venir pour accompagner les start-ups. « La e-santé est assez complexe et le fait d’avoir un cadre au niveau du ministère est une vraie attente. C’est ce qui manque aujourd’hui », explique l’Asip.

    Assises citoyennes : une autre initiative pour donner la parole aux patients

    Bien qu’ils soient eux aussi invités à participer au Tour de France, les patients bénéficient d’une prise de parole spéciale dans le cadre des « Assises citoyennes », une autre initiative prévue dans le cadre de la feuille de route.

    L’idée est de faire intervenir en petit comité des patients à travers des cas concrets (femme enceinte, personne atteinte de diabète, etc.) pour mieux connaître et comprendre leurs attentes et leurs besoins, par exemple du point de vue des informations qu’ils souhaitent avoir à disposition au sein de l’espace numérique de santé. « Il s’agit de groupes de discussions où on les aiguille, un peu selon le modèle du « grand débat », indique l’Asip. On les fait réfléchir et on les aide. »

    La première assise est en train de se dérouler à Toulouse. Une autre session sera organisée en région avant la fin de l’année.

    Dates du Tour de France de la e-santé

  • Service d’accès aux soins : l’équipe projet est nommée, des propositions sont attendues fin novembre

    « Définir un nouveau service d’orientation et de guidage dans le système de santé, simple et facilement accessible », apportant à tous les Français « une réponse à toute demande de soins ou toute question sur la santé ». C’est l’objectif assigné par le ministère des Solidarités et de la Santé à l’équipe chargée de conduire les travaux sur le Service d’Accès aux Soins (SAS), selon un communiqué publié le 1er octobre 2019.

    Cette « équipe projet » composée de 4 membres mènera une concertation de 2 mois auprès des professionnels de santé sur « les différentes organisations possibles du SAS ». La ministre Agnès Buzyn choisira fin novembre un modèle d’organisation « afin de pouvoir mettre en place ce service à l’été 2020 ».

    Lancée par la ministre en présence du député Thomas Mesnier (LREM) et du Pr Pierre Carli, responsables de la mission sur la refondation des urgences, l’équipe est composée de :

    • Vanessa Solviche, cadre de régulation au Samu 57 et infirmière de formation ;
    • Laurent Brechat, médecin libéral à la maison de santé pluridisciplinaire d’Avoine (Indre-et-Loire) ;
    • Patrick Goldstein, médecin chef du Samu 59 ;
    • Alain Prochasson, médecin libéral à Metz et président de l’Association départementale de permanence des soins de Moselle.

  • Australie : plus de 850 000 rapports de diagnostic téléchargés dans My Health Record chaque semaine

    Plus de 850 000 rapports de diagnostic sont téléchargés chaque semaine dans My Health Record (MyHR), le dossier de santé électronique australien (récemment déployé), rapporte l’Australian Digital Health Agency (ADHA), qui précise que tous les professionnels de l’imagerie diagnostique du secteur public utilisent MyHR et que le nombre de professionnels du privé se servant de l’outil augmente par ailleurs. Le dispositif contient désormais 31 millions de documents cliniques et plus de 1,3 milliards de documents Medicare, note l’ADHA dans un communiqué publié le 30 septembre 2019.

    Ces chiffres ont été présentés en parallèle d’une mise à niveau du système annoncée le même jour. Cette dernière permettra de regrouper les rapports de pathologie et d’imagerie diagnostique ainsi que les résultats des tests médicaux des Australiens, à condition que les applications soient à même d’intégrer la liste des documents disponibles sur My Health Record.

    Les capacités améliorées de flux de travail clinique apportées par cette actualisation « permettront aux fournisseurs de soins d’identifier plus facilement et de regrouper [sur un même espace] les tests et les résultats pertinents, et ainsi de fournir les meilleurs soins possibles, notamment en suivant les réalisations de tests, pour savoir quand ils ont été réalisés, afin de surveiller les résultats des patients au fil du temps« , commente l’agence australienne.

    L’ADHA est actuellement en train de réorganiser l’infrastructure de tous les services dont elle a la charge.

  • Arthrose de la main : Quantic Nanotech lance une série d’essais pour son gant thérapeutique

    Quantic Nanotech, division du groupe espagnol Demac SA, lance une série d’essais pilotes à destination des patients de plusieurs hôpitaux de Madrid pour son gant QNano Glove, présenté au CES de Las Vegas en janvier 2019 et destiné à traiter l’arthrose de la main. Le gant est contrôlable par smartphone ou via internet et permet un contrôle à distance par les professionnels de santé.

    « Ce dispositif permet l’application à domicile, dans la main affectée, de différents traitements à l’efficacité clinique prouvée, pendant le repos ou la nuit », précise le Dr Luis Villa, de l’hôpital madrilène Puerta de Hierro-Majadahonda, cité dans un communiqué daté du 30 septembre 2019. Il ajoute que le traitement de l’arthrose des mains est ordinairement très coûteux, reposant sur une thérapie présentielle et une médication locale et orale, et qu’un traitement à domicile serait « plus facile et moins cher ».

    Les premières conclusions des études cliniques chez les patients souffrant d’arthrose de la main devraient être publiées au cours du quatrième trimestre 2019 et du premier trimestre 2020. La société finalise actuellement une levée de fonds en série A visant à une commercialisation rapide de son produit.