La difficulté de l’industrie pharmaceutique d’évoluer d’un système centré sur le client vers un système centré sur le patient, tel est l’un des principaux enseignements d’une étude réalisée par le cabinet de conseil Roland Berger, rendue publique le 24 novembre 2016.
Des nouvelles sources de données telles que le patient lui-même, le pharmacien d’officine, les dispositifs médicaux connectés et les nouvelles technologies offrent pourtant, selon cette étude, des opportunités d’innovation organisationnelle permettant de dépasser le produit pharmaceutique « classique ».
Le cabinet Roland Berger souligne aussi des obstacles comme la complexité d’interconnexion entre les différents professionnels de santé, la réglementation et la réticence de certains patients ou médecins à partager les données personnelles.
1) Manque d’adaptabilité de l’industrie pharmaceutique
L’industrie pharmaceutique entretient un modèle traditionnel classique : développement, production, marketing et vente de médicaments en masse.
Sa stratégie n’est pas adaptée au système de soins numériques et à la médecine personnalisée, qui sont pourtant les nouveaux modes de traitement.
2) Nouvelles sources de données (centralisation)
Par le patient
- Appétence pour les objets connectés.
- Collecte d’informations possible via les wearables et les applications.
- Soucieux de sa santé et attentif à l’impact de son mode de vie sur son état de santé, conscient de l’importance et de l’impact de la prévention.
Par les dispositifs médicaux connectés
- Fournissant une surveillance médicale continue et en temps réel de certains paramètres cliniques et pouvant être combinés à des médicaments ils permettraient de ne pas se cantonner à des pathologies comme le diabète et tendre vers les thérapeutiques de pointe.
Par le pharmacien d’officine
- Il a toujours été la clef de voûte entre l’industrie pharmaceutique et les patients. De par sa proximité avec le patient, les conseils personnalisés fournis, il pourrait être un moyen de collecter les informations « à la source ».
3) Passer à la médecine des « 4P »
L’editing génomique, les cellules souches, l’impression 3D permettant un dosage personnalisé reflètent la tendance globale de l’évolution de la médecine « 4P » : prédictive, préventive, personnalisée et participative.
4) Dépasser le produit pharmaceutique classique
En incluant le patient dans le cycle de développement de la production d’un médicament, les laboratoires pharmaceutiques adapteraient ainsi leur innovation en ciblant ses besoins spécifiques.
Ils inventeraient par conséquent des produits centrés sur le patient, innovant « à la source ».
5) Les obstacles
- La complexité d’interconnecter tous les professionnels de santé (médecin, pharmacien etc.)
- La réticence de certains médecins et patients quant au partage de leurs données personnelles.
- la réglementation reste un frein à l’innovation, même si FDA et EMA ont approuvé en août 2015 le premier médicament anti-épileptique imprimé en 3D
- la présence des grossistes qui seraient pénalisés par des évolutions offrant l’opportunité de distribuer directement le médicament au « client ».