Primaa, une start-up française fondée en 2018, recueille 2 millions d’euros dans un tour de table réalisé auprès de Bpifrance, du fonds des Entrepreneurs Investis, de 50Partners, du réseau Angels Santé et de plusieurs business angels. Avec cette levée de fonds, annoncée à la mi-octobre 2019, la société va pouvoir accélérer le développement commercial de sa solution, un logiciel basé sur intelligence artificielle (IA) conçu pour aider les anatomopathologistes à diagnostiquer les différentes pathologies liées au cancer à partir de prélèvements biologiques. L’outil repose précisément sur l’histologie, soit la structure des tissus vivants.
Primaa, qui compte actuellement une dizaine de salariés, souhaite doubler son effectif d’ici la fin 2020. La jeune pousse envisage un déploiement à l’international, en Europe mais aussi aux États-Unis.
Une numérisation du travail des anatomopathologistes
Les anatomopathologistes, spécialisés dans l’étude des tissus, travaillent avec les oncologues et les radiologues. Dans le cas où l’équipe médicale suspecte un cancer chez un patient, ils analysent le prélèvement biologique de la personne afin de confirmer ou infirmer le diagnostic. Ils peuvent notamment déterminer si la tumeur est bénigne ou non et quel est le type de la pathologie pour que le médecin puisse proposer un traitement adapté.
Un outil conçu pour aider et non remplacer le médecin
Actuellement, ces experts travaillent de façon manuelle. Les prélèvements sont transférés sur des lames puis observés au microscope.
Primaa cherche à faciliter les démarches en numérisant les lames de prélèvements puis en regroupant les millions d’images recueillies sur un base de données formée avec le soutien de plusieurs anatomopathologistes.
Par un procédé de marchine learning (apprentissage automatique), l’outil a appris à reconnaître les différentes pathologies liées aux lésions des tissus et à établir un diagnostic. Il est programmé pour éviter les faux négatifs mais n’est pas infaillible. L’objectif n’est pas de remplacer les médecins mais de les épauler pour leur faire gagner du gain : le professionnel de santé aura la charge de vérifier le diagnostic proposé par l’intelligence artificielle (IA).
1ères pathologies ciblées : les cancers du sein et de la prostate
La solution de Primaa a été dans un premier temps centrée sur la détection du cancer de sein, qui comprend de nombreuses pathologies différentes et qui est donc compliqué à diagnostiquer.
Depuis l’été 2019, elle est également adaptée pour le cancer de la prostate, plus simple à diagnostiquer, du moins en théorie.
Objectif : diagnostiquer tous les types de cancers
À terme, la start-up souhaite que son logiciel puisse diagnostiquer tous les types de cancer, en se diversifiant « en fonction du nombre de patients touchés par chacune des pathologies », précise Fanny Sockeel, co-fondatrice et P.-D.G. de la société (source : Maddyness.com). L’IA doit en effet être entraînée avec des millions d’images donc il faut un certain nombre de données pour qu’elle soit efficace.
Un développement en Europe et aux États-Unis
Afin de faciliter son déploiement, la solution est compatible avec tous les logiciels de traitements d’images. Elle peut donc être utilisée par tous les acteurs déjà présents dans ce domaine et les anatomopathologistes non équipés peuvent l’adopter directement.
La solution est en test dans 3 établissements de soins
Primaa est en train de se développer en dehors de la France. « Les groupements de santé s’organisent à l’échelle européenne. Nous avons noué des liens avec des établissements en Europe mais aussi aux États-Unis pour transformer [les] PoC en produit commercialisable », indique Fanny Sockeel (source : Maddyness.com).
Le Logiciel de la start-up est actuellement testé dans 2 hôpitaux et 1 établissements de soins privé.