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  • #FranceIA : la filière santé doit établir sa stratégie sectorielle en IA avant fin 2017

    • Une cinquantaine de propositions issues du rapport élaboré par les groupes de travail thématiques mobilisés entre janvier et mars 2017,
    • Une liste d’actions qui seront engagées en 2017,
    • Une cartographie des entreprises françaises de l’IA, des formations et des équipes de recherche,
    et 250 millions d’€ d’investissements dans des startups françaises sur 5 ans,

    Telles sont les orientations présentées le 21 mars 2017 par France Stratégie en présence du Président de la République, François Hollande.

    Lancée le 20 janvier 2017, #FranceIA visait à mobiliser la communauté française de l’intelligence artificielle pour valoriser ses capacités et élaborer une stratégie nationale en la matière. La santé fait partie des secteurs à haut potentiel ciblés par la démarche.

    Les grandes recommandations issues du rapport

    • Affirmer l’excellence de la recherche française en préservant sa diversité, en développant l’interdisciplinarité, et en valorisant les talents.
    • Améliorer l’environnement et l’appropriation des questions d’IA dans la société, pour permettre la compréhension des enjeux de l’IA et créer des vocations, susciter l’envie d’innover, et pour former à des métiers transformés en continu.
    • Permettre un transfert efficace de la recherche vers les applications industrielles et économiques.
    • Développer une stratégie industrielle fondée sur les écosystèmes d’innovation et une «verticalisation » de l’IA dans chaque filière.
    • Poursuivre le débat public sur l’IA et développer des outils en facilitant la compréhension.

    Les mesures engagées en 2017

    • Mise en place d’un comité stratégique FranceIA, rassemblant sphère académique, scientifique, économique et société civile, pour mettre en œuvre les recommandations des groupes de travail.
    • Candidature à un « projet phare de technologie émergente » (« FET flagship ») sur l’IA, co-financé par l’Union européenne (1 milliard d’euros).
    • Lancement d’un nouveau programme mobilisant les institutions de recherche pour identifier, attirer et retenir les meilleurs talents en IA, dans le cadre de l’action Programmes prioritaires de recherche du PIA3.
    • Financement d’une infrastructure mutualisée pour la recherche.
    • Constitution d’un consortium public-privé en vue de l’identification ou de la création d’un centre interdisciplinaire pour l’intelligence artificielle.
    • Inclusion systématique, d’ici fin 2017, de l’IA dans les priorités de l’ensemble des dispositifs publics de soutien à l’innovation.
    • Mobilisation des ressources publiques (Bpifrance, PIA) et privées pour atteindre l’objectif d’ici 5 ans d’investir dans 10 start-ups françaises pour plus de 25 M€ chacune.
    • Mobilisation des filières automobile, relation client, finances, santé et transport ferroviaire pour que chaque filière définisse une stratégie sectorielle IA d’ici fin 2017.
    • Lancement d’un appel à projets pour des plateformes sectorielles de partage de données pour 3 à 6 secteurs, d’ici la fin 2017.
    • Conclusion du débat éthique sur les « algorithmes » animé par la CNIL en octobre 2017
    • Lancement d’ici l’été d’une concertation de France Stratégie sur la question des effets de l’intelligence artificielle sur l’emploi.

    Les principaux points de la cartographie de l’IA

    La cartographie de l’IA réalisée dans le cadre du rapport permet de dégager les points suivants :

    • 270 start-up dans l’IA ont été créées entre 2000 et 2016, dont 25 dans la santé ;
    • 80 ETI et PME spécialisées dans l’IA en France, dont, 5 PME et ETI pour la santé : Arcan, Medasys, H2AD, Carestream et Synovo.
    • Environ 250 équipes de recherche en intelligence artificielle pure mais aussi en sciences humaines et sociales.
    • La France compte parmi les 4 premiers pays au monde pour la production mondiale d’articles sur l’intelligence artificielle, avec la Chine, les Etats-Unis, et le Royaume-Uni.
  • Les six membres du nouveau collège de la Haute Autorité de Santé désignés

    – Anne-Marie Armanteras de Saxcé, directrice générale de l’offre de soins,
    – Christian Thuillez, conseiller recherche et enseignement auprès de la DGOS
    – Gérard Pouvourville, professeur d’économie à l’Essec
    – Isabelle Adenot, présidente du conseil national de l’Ordre des Pharmaciens
    – Elisabeth Bouvet, infectiologue à l’hôpital Bichat
    – Cédric Grouchka, déjà membre du collège,

    Sont les six membres du nouveau collège de la Haute Autorité de Santé, dont la composition a été divulguée lundi 20 mars 2017. Ils entreront en fonction début avril 2017.

    Le Collège est responsable des orientations stratégiques, de la programmation et de la mise en œuvre des missions assignées à la HAS. Il délibère notamment sur les avis, recommandations et décisions de certification, la procédure de certification des établissements de santé.

    Le collège de la HAS était précédemment composé de 8 membres, désignés par le président de la République (2), le président du Sénat (2), le président de l’Assemblée nationale (2), et le président du CESE (2).

    Il est désormais composé de 6 membres. Trois ont été désignés par Marisol Touraine, ministre de la Santé : Anne-Marie Armenteras de Saxcé, Christian Thuillez et Gérard de Pouvourville. Isabelle Adenot a été proposée par le président du Cese, Elisabeth Bouvet par le président de l’Assemblée nationale, et Cédric Grouchka par le président du Sénat.

    La CSMF a réagi à cette composition en regrettant l’absence de médecins libéraux parmi les membres du Collège.

  • IBM Heaths Corp. s’engage avec Taïwan et le Panama pour lutter contre la dengue et le virus zika

    IBM va apporter son soutien aux organismes de santé publique du Panama et de Taïwan pour lutter contre la dengue et le virus zika, deux maladies transmises à l’homme par les moustiques, très présentes dans les régions tropicales et subtropicales.

    Ces collaborations sont réalisées dans le cadre de l’initiative IBM Health Corps, un programme de conseil pro bono visant à améliorer la santé publique à travers le monde lancé en 2016.

    Taïwan : des technologies pour analyser l’impact des solutions développées pour lutter contre la dengue

    IBM va aider les Centers for Disease Control (CDC) de Taiwan à créer des modèles informatiques permettant de prédire l’effet des systèmes de lutte contre la dengue, l’une des principales causes de décès dans les régions tropicales et subtropicales.

    La dengue est le virus propagé par les moustiques qui s’est le plus rapidement répandu : le nombre de cas à été multiplié par trente dans le monde au cours des cinquante dernières années. À Taïwan, un peu moins de 2 000 cas annuels ont été recensés entre 2003 et 2013. Ces dernières années, des dizaines de milliers de nouveaux cas ont été enregistrés.

    • L’une des stratégies à l’étude par les CDC taïwanais est d’utiliser la bactérie Wolbachia pour rendre plus difficile le transport du virus par les moustiques. Des modèles informatiques développés par IBM vont pouvoir simuler l’impact de cette solution sur la population de moustiques et sur le nombre de cas de dengue humaine.
    • IBM a également mis au point des modèles qui analysent les corrélations entre divers facteurs, tels que la relation entre le niveau d’éducation d’un village et le nombre d’œufs de moustiques porteurs du virus repérés dans la région ou la relation entre la température d’une zone donnée et le nombre de larves recensées.

    À travers le déploiement de ces solutions, l’objectif est de permettre aux CDC de prendre des décisions plus éclairées pour lutter contre la maladie.

    « L’équipe de Health Corps que nous avons accueillie à l’automne [2016] a non seulement amélioré la capacité d’analyse des données de mon organisme mais a également encouragé mon personnel à utiliser des systèmes analytiques pour accélérer la lutte contre la menace de maladies infectieuses émergentes et réémergentes », explique le Dr. Jih-Haw Chou, directeur général des Centers for Disease Control de Taïwan.

    Panama : un système de surveillance pour mieux observer les sites de reproduction des moustiques

    Au Panama, en collaboration avec l’Instituto Conmemorativo Gorgas, IBM a mis au point en février 2017 un système de surveillance ainsi qu’une application mobile pour transmettre des informations sensibles en temps réel aux chercheurs sur le terrain, aux responsables de la santé et aux décideurs politiques.

    Les scientifiques des organismes de santé publique commencent à utiliser l’application pour recueillir des informations plus précises sur les foyers de maladies et les sites de reproduction des moustiques vecteurs de la dengue et du virus zika.

    Ils transmettront dans un deuxième temps ces informations au ministère de la Santé du pays afin de faciliter une prise de décision des acteurs politiques plus rapide et plus efficace pour lutter contre les maladies infectieuses.

    Le Panama va procéder à des essais pilotes de l’application dans trois cantons au cours des six prochains mois et prévoit un déploiement à l’échelle du pays d’ici avril 2018.

    « Cet outil permettra une collecte plus précise, géo-référencée et opportune des informations sur les sites de reproduction des moustiques qui (…) entraînera une réponse plus rapide [de la part des équipes luttant contre la propagation du virus] et un meilleur contrôle des éclosions », a déclaré le Dr. Nestor Sosa, directeur général de l’Instituto Conmemorativo Gorgas.

    IBM Health Corps lutte contre les inégalités d’accès aux soins

    Le lancement d’IBM Health Corps a été annoncé en 2016. Il s’agit de l’exemple le plus récent de services de conseil et de technologie pro bono d’IBM centrés sur la résolution de problèmes dans l’entreprise.

    Health Corps déploie des équipes interdisciplinaires qui s’appuient sur les capacités d’IBM en matière d’analyse de données, d’informatique cognitive et de cloud computing mais aussi de développement d’applications mobiles, d’IoT et de conseils en matière de santé et de météorologie pour concevoir des stratégies qui aident les collectivités à améliorer un aspect donné de la santé publique.

    L’objectif est de remédier aux disparités en matière d’accès aux soins de santé, d’améliorer les services du secteur et d’accroître l’impact des solutions développées dans l’industrie.

  • Japon : la start up Welby développe une application pour améliorer l’observance avec Janssen

    L’entreprise japonaise de santé numérique Welby a dévoilé en mars 2017 s’être associée à Janssen, division pharmaceutique du groupe US Johnson & Johnson, dans le but de développer une application mobile pour les personnes atteintes du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

    Appelée Aozora, l’application créée par Welby sera disponible au Japon sur iOS et Android et distribuée par Janssen aux personnes atteintes de TDAH sous traitement médicamenteux. La start up Welby a commencé par déployer une plateforme de collecte de données patients pour les autorités nippones avant d’enrichir son offre de solutions e-santé avec les indutriels.

    Une application pour améliorer l’observance thérapeutique des personnes atteintes de TDAH

    L’outil envoie des notifications aux utilisateurs pour leur rappeler de prendre leurs médicaments et propose la mise en place d’objectifs pour les encourager à changer certaines de leurs attitudes et à progresser jour après jour.

    Si la réduction des comportements problématiques est l’un des objectifs de Welby, le principal but de l’application est avant tout d’améliorer l’observance thérapeutique.

    Welby compte actuellement dix clients pharmaceutiques, dont Janssen et AstraZeneca. L’entreprise japonaise fabrique des applications et des plateformes ouvertes de collecte et d’agrégation de données pour les médecins, les systèmes de santé et les groupes pharmaceutiques afin de gérer directement des maladies.

    L’application fait partie du programme Janssen’s Healthy Mind, une initiative visant à combattre la stigmatisation des personnes souffrant d’une maladie mentale dans la région Asie-Pacifique. La société américaine a auparavant développé des applications avec Welby à destination des patients atteints de cancer de la prostate et de douleur chronique, et cherche à élargir son activité dans davantage de domaines thérapeutiques.

    Welby a créé une plateforme ouverte pour centraliser les données des patients

    L’action de Welby et l’utilisation de son application sont limitées à l’Asie-Pacifique mais leur impact est important. La société a mis en place une approche unique des outils de santé numérique en travaillant directement avec de grandes sociétés pharmaceutiques mondiales pour la distribution du dispositif au Japon.

    Fondé en 2011, Welby est reconnu comme entreprise de dispositifs médicaux mais a également été impliquée dans différents domaines du secteur des technologies de la santé. La start-up a développé une plateforme ouverte pour centraliser les dossiers de santé personnels des patients et les diverses données de santé. L’espace de stockage peut se connecter à des dispositifs médicaux, des traqueurs d’activité et des systèmes agrégeant manuellement des données recueillies à partir de tests effectués en laboratoire ou à partir de prescriptions.

    L’utilisation d’applications mobiles dans le domaine de la santé est encore marginale au Japon

    « La situation au Japon est différente de celle des États-Unis, en particulier [en ce qui concerne le marché des technologies mobiles], a déclaré Hideki Inoue, directeur général de l’unité de solution médicale de Welby (source : MobiHealthNews.com). Nous travaillons avec la plupart des groupes pharmaceutiques étrangers. Une majeure partie d’entre eux cherche à développer une application mobile au Japon mais il y a très peu d’entreprises capables de le faire. »

    De plus, l’interopérabilité entre les systèmes d’information n’est pas aussi avancée au Japon qu’aux États-Unis, raison pour laquelle l’utilisation de la plateforme mis au point par Welby n’est pas encore très importante. « Par le biais de [notre] application utilisable au quotidien, [notre] objectif est d’améliorer (…) l’engagement et l’adhésion des patients en leur permettant de transmettre clairement leurs symptômes [aux professionnels de la santé] et de les enregistrer, un processus (…) difficile à suivre lorsque l’on ne dispose que d’un rendez-vous de suivi de cinq minutes chaque semaine », explique M. Inoue.

    Prochaine étape :  développer des partenariats en recherche clinique

    L’entreprise a commencé à vendre ses produits aux systèmes de santé du Japon afin de former des dossiers médicaux de patients plus complets. Elle a ensuite étendu ses ventes aux sociétés pharmaceutiques du pays au cours des deux dernières années.

    Prochaine étape : développer son réseau de partenariats en recherche clinique. Welby n’envisage pas pour l’instant une expansion en dehors du Japon mais souhaite étendre son rôle dans l’ensemble du secteur des soins de santé.

    « Une fois que nous aurons démontré l’efficacité de nos solutions pour répondre à certains [des] plus grands problèmes de santé au Japon, comme le vieillissement de la population, nous [réfléchirons à une application] dans d’autres pays. »

  • Le GCS e-santé Picardie annonce son attribution de marché pour Comedi-e 2.0

    Le GCS e-santé Picardie a annoncé, le 20 mars 2017, l’attribution de marché pour Comedi-e 2.0. Ce marché a vocation de trouver une solution pour garantir la continuité des services déjà utilisés tels que la télémédecine et la prise en charge de patients en cancérologie, de répondre aux besoins de coordination transverses des différents professionnels de santé et aux exigences d’outillage des nouvelles organisations aussi bien à l’échelle locale, qu’à l’échelle d’un territoire avec les GHT.

    Comedi-e: COopération MEDicale Innovante en e-Santé

    L’objectif de Comedi-e est de proposer aux acteurs de la santé des solutions pour favoriser la mise en place de la télémédecine et améliorer le maillage régional de l’offre de soins.

    Débutée en 2011 sous l’impulsion de l’ARS pour développer la télémédecine en fonction des différentes spécialités médicales, la plateforme Comedi-e était notamment opérée par Inovelan, Spie et le Mipih.

    Le marché attribué en mars 2017 vise à garantir la continuité des services via l’établissement de la seconde génération de la plateforme Comedi-e utilisée par une trentaine de membre du GCS.

    Quatre industriels pour Comedi-e

    Quatre industriels se partagent sept lots composant le marché :

    • OSPITEL (composé de société SPIE ICS, société Inovelan, GIP MIPIH, PARSYS Télémédecine, MEDIANTEC et CGTR):
      • partage temporaire des données patients
      • workflows de télémédecine et de RCP
      • coordination des acteurs sanitaires, médicaux sociaux et sociaux
      • fournir les chariots de télémédecine, les valises de télémédecine et les dispositifs biomédicaux
    • le Groupement d’Intérêt Public e-SiS59/62, hébergeur de données de santé:
      • outils des dispositifs d’échange et de partage temporaire d’imageries médicales
    • La Compagnie Générale de TéléRadiologie (CGTR):
      • services liées spécifiquement aux activités de Téléradiologie.
    • La société CAP VISIO:
      • fourniture des dispositifs de visio-conférence d’extrémité.
  • DMP : la CNAMTS publie l’appel d’offres pour l’hébergement, l’exploitation et la maintenance du DMP

    La Cnamts a publié le 18 mars 2017 l’appel d’offres pour l’hébergement national, l’infrastructure, l’exploitation et la tierce maintenance administrative du système du dossier médical partagé (DMP).

    Estimé à une valeur de 33,5 millions d’€, le marché sera conclu pour une durée de 36 mois non renouvelables. Il n’est pas divisé en lots. La valeur technique de l’offre et son coût compteront respectivement pour 50 % des critères d’attribution.

    Les dossiers doivent être remis avant le 25 avril 2017 à 12h00.

    La CNAMTS indique se réserver « le droit de passer un marché sans publicité ni mise en concurrence préalables, ayant pour objet la réalisation de prestations similaires ».

    En 2010, un premier appel d’offres pour l’hébergement du DMP, lancé par l’Asip Santé, alors en charge du dossier, avait été remporté par un consortium mené par Atos et La Poste. Le marché avait été évalué à 40 millions d’euros.

  • Adista obtient l’agrément hébergeur de données de santé et annonce une offre dédiée santé

    ADISTA a annoncé, le 20 mars 2017, avoir obtenu l’agrément « Hébergeur de Données de Santé » et lancer une offre santé. Dénommée Oppidom, cette offre propose à ses clients du secteur santé (hôpitaux, cliniques, EHPAD…) des solutions et des services identiques à ceux de ses clients entreprises et collectivités, en matière d’hébergement de systèmes d’information, à partir de ses propres datacenter situés en France.

    Adista indique proposer aux établissements une offre santé permettant le partage des données entre professionnels tout en assurant un certain niveau de protection via des technologies d’accès et des réseaux hybrides.

  • Un ordinateur ADN, une nouvelle avancée vers les médicaments « intelligents » (Eindhoven University)

    Des chercheurs de l’Université de Technologie d’Eindhoven ont élaboré une méthode visant à permettre l’administration contrôlée de médicaments dans la circulation sanguine à l’aide d’ « ordinateurs ADN ».

    Une des applications potentielles du système élaboré par les chercheurs serait de mesurer la quantité d’anticorps thérapeutiques présents dans le sang et de décider s’il est nécessaire d’administrer tout médicament supplémentaire.

    Or, l’utilisation d’anticorps thérapeutiques, notamment monoclonaux, s’applique à de nombreux domaines dans le cadre de thérapies ciblées : pathologies auto-immunes (SEP, polyarthrite rhumatoïde, lupus), pathologies tumorales (oncologie – cancer colorectal, hématologie – lymphome, pathologies infectieuses, les maladies inflammatoires ou encore le rejet de greffe.

    L’étude « Antibody-controlled actuation of DNA-based molecular circuits » relatant les travaux des chercheurs a été publiée dans Nature Communications le 17 février 2017.

    L’ADN, système intelligent distributeur de médicaments

    Connu pour son rôle de support de l’information génétique, l’ADN est une molécule également appropriée pour effectuer des « calculs moléculaires » : les chercheurs expliquent que la séquence au sein d’une molécule d’ADN détermine avec quelles autres molécules d’ADN elle peut réagir, ce qui permet aux scientifiques de programmer les circuits de réaction désirés.

    La méthode développée par les chercheurs repose sur un « ordinateur » ADN capable de détecter plusieurs anticorps dans le sang et d’effectuer des calculs en conséquence.

    Afin d’expliquer ce nouveau concept, les chercheurs s’appuient sur l’analogie d’un système de sécurité ouvrant une porte en fonction de la personne qui s’y présente : si la personne est reconnue par le système de sécurité, la porte se déverrouille. Maarten Merkx l’ingénieur biomédical dirigeant l’équipe de chercheurs, explique que « la recherche sur les tests diagnostiques tend à se concentrer sur la ‘reconnaissance“, mais ce qui est spécial dans ce système c’est qu’il peut penser et être connecté à l’actionnement comme la délivrance de médicaments. »

    Pour mémoire, le diagnostic de certaines pathologies repose sur la détection et la mesure de la concentration d’anticorps spécifiques, produits par notre système immunitaire lorsque nous sommes malades. Or, le système mis au point par les chercheurs pourrait contrôler l’activité d’un anticorps thérapeutique. Par ailleurs, face à des pathologies chroniques comme la maladie de Crohn, ces anticorps sont utilisés comme traitement médicamenteux.

    Le procédé élaboré permet de traduire la présence de chaque anticorps en un seul élément ADN : « l’ordinateur ADN » décide ensuite, en fonction de la présence d’un ou plusieurs anticorps si l’administration de médicament est nécessaire. L’étudiant doctorant auteur principal de l’étude indique que « la présence d’une molécule d’ADN particulière provoque une série de réactions conduisant à l’exécution par l’ordinateur ADN de divers programmes ».

    Une des applications potentielles du système élaboré par les chercheurs serait de mesurer la quantité d’anticorps thérapeutiques présents dans le sang et de décider s’il est nécessaire d’administrer tout médicament supplémentaire.

    Maarten Merkx précise qu’ « en liant directement la mesure des anticorps au traitement de la maladie, nous pouvons être en mesure d’éviter les effets secondaires et de réduire les coûts à l’avenir. »

  • Dossier patient en Suisse : état des lieux et création d’une plateforme de e-santé suprarégionale

    Les cantons suisses de Berne et de Zurich ont annoncé le 16 mars 2017 étudier la mise en place d’une plateforme de cybersanté via un organisme commun.

    Tous deux dotés d’hôpitaux universitaires et aspirant à une approche commune quant au dossier électronique du patient, ils souhaitent collaborer et exploiter les synergies en vue de l’application de la loi fédérale sur ce sujet.

    Une première étape consiste à la mise en place d’une plateforme de cybersanté suprarégionale, afin de simplifier les échanges d’informations dans l’optique d’améliorer la qualité de la prise en charge et de renforcer le pouvoir de décision des patients. L’objectif est d’aboutir à une solution ouverte également à d’autres cantons.

    Le DMP suisse doit entrer en vigueur en 2017

    Le Conseil fédéral a adopté la stratégie « Cybersanté Suisse » en 2007. La loi fédérale sur le dossier électronique du patient (LDEP) a été adoptée le 19 juin 2015 et doit être appliquée en 2017.

    La loi ne donne pas de définition exhaustive des « informations pertinentes pour le traitement ». C’est au patient et à son médecin de décider ce qui l’est et doit donc être accessible aux autres professionnels de la santé.

    La loi précise que chaque patient peut choisir librement d’ouvrir un dossier électronique. Chacun décide aussi ce qu’il veut voir apparaître dans le dossier et qui peut utiliser ces données. Chacun a, en outre, la possibilité d’enregistrer lui-même des données dans son dossier électronique et de les mettre à disposition de professionnels de la santé.

    Autorisation de consultation : le patient décide des autorisations d’accès
    Seul le patient et les professionnels de la santé auxquels il aura donné son autorisation pourront accéder au dossier électronique. Le patient pourra révoquer son consentement en tout temps et sans motif. Il peut en tout temps consulter les historiques et contrôler qui a accédé à quel moment à son dossier électronique. Assureurs et employeurs n’auront aucun droit de regard sur le dossier.

    Sécurité des données
    La protection des données est strictement réglementée. Un numéro spécifique est attribué à chaque patient, ce qui lui permet d’accéder à son dossier électronique via un portail Internet sécurisé.

    Il n’y a aucune banque nationale de données, l’enregistrement des informations a lieu de manière décentralisée. Les prestataires de soins autorisés seront identifiés de façon sécurisée sur le réseau grâce à une clé personnelle.

    Etat des lieux

    Tous les cantons n’en sont pas au même point. Une dizaine a déjà développé des projets à l’échelle locale avant même l’adoption de la stratégie « Cybersanté Suisse » par le Conseil fédéral en 2007.

    Vaud : un dossier ciblé sur les patients chroniques

    Depuis 2012, le canton s’est doté d’une stratégie eHealth qui se trouve en phase pilote. Le service de la santé publique vaudois a pris l’option de cibler les patients souffrant de maladies chroniques. L’idée est surtout de connecter médecins et pharmaciens. Un projet pilote mené dans le Nord-Vaudois implique une cohorte de patients. Ceux-ci n’ont pas encore un accès direct à leur e-dossier mais ils peuvent le consulter en s’adressant à leur médecin ou leur pharmacien. Un autre projet pilote est en cours dans l’Est vaudois pour améliorer la prise en charge des diabétiques.

    Genève : un dossier cantonal

    En 2013, Genève a joué un rôle pionnier en élargissant à l’échelle cantonale un projet pilote initialement limité aux communes de Lancy, Onex, Bernex et Confignon. Le système sécurisé de dossier médical partagé en ligne s’appelle MonDossierMedical.ch. Il est à disposition de tous les patients et prestataires de soins du canton de Genève. Fin 2016, ce dossier concernait 1200 professionnels de santé et 16 000  patients.

    Jura : un pilote démarré en 2016

    Le canton du Jura a débuté en2016 un projet de « cybersanté ». La première étape a consisté à sélectionner une solution technique, puis à la tester dans le cadre d’un projet pilote.

    Neuchâtel : au stade d’étude en 2016

    La politique sanitaire cantonale 2015-2022 prévoit l’élaboration d’une stratégie cantonale de cybersanté. Le canton procède actuellement à une pré-étude des besoins et ressources.

    Fribourg : du dossier pharmaceutique au dossier patient

    Dès 2014,le canton a commencé par développer un dossier pharmaceutique qui contient l’ensemble des médicaments prescrits dans le but d’éviter des prescriptions à double ou des interactions dangereuses. Dans le cadre de la stratégie cybersanté 2016-2020, une version plus vaste est en train d’être lancée.

    Valais : le dossier infomed réservé aux professionnels de santé

    Initié en 2014,  le dossier médical électronique valaisan Infomed est accessible à 130 médecins du canton. Le projet d’accès aux patients a été suspendu en août 2015 pour des raisons de failles de sécurité. Après plusieurs audits, l’agence e-santé du Valais a confirmé en février 2017 maintenir Infomed pour les professionnels de santé et rejoindre la réflexion intercantonale pour le dossier patient.

    Calendrier : 2020 pour les hôpitaux, 2022 pour le médico-social, 2027 pour l’ambulatoire.

    Le délai de mise en oeuvre a été fixé à trois ans pour les hôpitaux à compter de l’entrée en vigueur de la nouvelle législation prévue en 2017. Les EMS et les maisons de naissance disposeront d’un délai de cinq ans. Le domaine ambulatoire aura dix ans. Les médecins ne seront pas soumis à cette obligation. Les patients resteront libres de disposer ou non d’un dossier électronique

  • Robot chirurgical gynécologique : première opération télé-assistée en France

    L’opération, une hystérectomie, annoncée le 8 mars 2017, a eu lieu au CHU de Saint Etienne en février 2017, sous la direction du Pr. Cécile Chauleur. La technologie SenHance a été utilisée pour cette intervention dans le cadre d’une pathologie cancéreuse.

    Le CHU de Saint-Etienne pionnier des robots chirurgicaux en France

    L’hôpital stéphanois est le seul CHU en France à disposer de deux robots chirurgicaux:

    • le robot chirurgical Da Vinci Xi acquis en octobre 2016 : assistant chirurgical pour réaliser des actes, doté d’une double console et d’un module de simulation pour la formation des chirurgiens;
    • la technologie SenHance acquise en décembre 2016 : inspirée de la cœlioscopie et intégrant des technologies de pointes:
      • retour de force pour appréhender la résistance et augmenter la sécurité du geste,
      • colonne vidéo avec caméra 3D et fluorescence X,
      • système d’eye-tracking suivant le mouvement des yeux du chirurgien;
      • instruments spécifiques.

    Ce type d’équipement permet de réduire la durée de l’intervention et d’augmenter la sécurité lors de gestes complexes, etc. Le Pr Céline Chauleur est le premier chirurgien en France à utiliser ce robot.  Cette machine restitue une notion tactile au médecin qui tient les manettes. Le praticien guide la caméra en déplaçant son regard sur l’écran de l’ordinateur, l’image est restituée en 3 dimensions.

    L’usage de cette technologie va s’étendre à la chirurgie thoracique et chirurgie générale.

    Le CHU de Saint-Etienne s’inscrit dans la mouvance internationale de développement des robots chirurgicaux et consolide sa place d’établissement de référence au sein de la région.