Le réseau européen d’excellence en hématologie et en big data, Harmony Alliance, créé en janvier 2017, agit en faveur d’un accès plus rapide aux thérapies innovantes dans le cadre du traitement des patients souffrant d’hémopathies malignes en constituant un entrepôt de données censé faire avancer la recherche plus rapidement.
La solution résiderait dans une plateforme de données cliniques harmonisées permettant aux acteurs internationaux de partager, croiser, analyser et interpréter les données grâce aux outils capables d’analyser des lots de données complexes et hétérogènes.
Tout au long des huit étapes jalonnant l’avancée du projet des questions techniques et légales liées à exploitation des métadonnées vont être adressées.
Dépasser les freins de développement de produits innovants pour les populations de patients limitées
Harmony croit en l’apport du big data d’aujourd’hui dans l’accélération du développement de médicaments plus efficaces et de l’évaluation règlementaire et par conséquent dans l’accès aux traitements innovants.
Créée en janvier 2017 et financée par les fonds européens, l’alliance Harmony réunit 51 partenaires à échelle européenne provenant d’établissements universitaires, de réseaux nationaux de maladies cliniques, d’organisations européennes, de groupes de défense des patients, de l’industrie pharmaceutique et d’agences règlementaire qui regroupent des cliniciens, des experts en économie, éthique et les TIC.
Sa durée de vie est de 5 ans au cours desquels l’association va s’atteler à l’amélioration de la gestion de la médecine personnalisée en dépassant l’actuel manque de qualification et de coordination des résultats obtenus lors des essais cliniques – le frein clé dans la mise à disposition de nouveaux traitements à destination des patients souffrants de cancers hématologiques.
La mission et les contraintes techniques du projet
D’ici 2022, l’association espère réunir, analyser, harmoniser et livrer des séries de données intégrées sur les traitements des cancers hématologiques grâce à une base de données supranationale, livrable fixé comme l’objectif à atteindre.
Afin de relever le défi d’identification des tendances qui amélioreront le traitement des patients et contribueront à une meilleure prise de décision et à un diagnostic plus rigoureux, le travail a été divisé en 8 volets ou « work packages » (WP).
La phase WP1 vise à poser un cadre harmonisé du projet et par conséquent à qualifier les résultats existant dans la littérature scientifique en identifiant la façon dont ils ont été mesurés et rapportés. Cette première phase est étroitement liée aux phases cruciales du projet, à savoir:
- WP3, intitulée « Accès aux données », qui a pour but de l’homogénéisation des données avec un modèle commun permettant de combiner des séries de données provenant de sources hétérogènes pour établir des pools de données démographiques, cliniques, épidémiologiques, moléculaires, etc. C’est lors de cette phase qu’est prévue la normalisation du format et du contenu des données d’observation et l’harmonisation du traitement des données afin d’établir un système structuré catégorisant les résultats grâce aux algorithmes et moteurs de règles.
- WP4, intitulée « Plateforme de donnée » doit aboutir à l’établissement d’une plateforme-pilote de partage de données qui exploitera efficacement les données extraites de diverses sources. Des techniques d’apprentissage automatique et des modèles statistiques seront mis en place afin de générer une analyse descriptive, comparative et prédictive en contribuant à une meilleure prise de décision. Ce sera également le moment d’identifier les bonnes pratiques dans la transformation des données recueillies en résultats spécifiques.
- WP5 correspond à l’analyse des données, épidémiologiques et cliniques notamment, et la façon dont elle contribue à l’évaluation des traitements. Il faudra créer des outils capables d’analyser des lots de données comportant plusieurs couches d’informations, caractériser les variables ayant un impact sur les données collectées, modéliser les résultats liée en particulier au progrès de la maladie, les facteurs de réponse, la qualité de vie, les ressources et le coût des soins et enfin recourir aux outils d’analyse économique afin de comparer la valeur des soins, aussi bien du point du vue économique que social. Ces lots de données serviront à établir une approche globale dans le cadre de la médecine personnalisée.
- WP8 est la phase finale du projet qui en se fondant sur les avancées des phases antérieures pour résoudre des problèmes de nature juridique et éthique que suscitent la gestion de donnés à cette échelle et leur partage. Un examen des contraintes règlementaires liées au partage, au stockage et à la protection des données dans tous les pays participants s’imposera. Il permettra d’encadrer l’exploitation secondaire des données médicales et de fournir l’assistance légale nécessaire aux différents acteurs.