Proposer l’innovation en réponse aux difficultés financières, organisationnelles et d’efficience du système de santé actuel, tel est l’objectif du rapport « Innover c’est bon pour la santé » publié par le think-tank l’Institut des entreprises en juin 2017.
Six axes de propositions ont été dégagés par l’étude : • Fluidifier l’arrivé des innovations dans notre système de santé, • Assurer un financement précoce, progressif et contrôlé de l’innovation, • Faciliter la captation par le système de santé des rentes détruites par l’innovation, • Faciliter l’adoption des innovations par les pionniers et les adoptants précoces, • Diffuser les bonnes pratiques auprès de la majorité des utilisateurs et enfin • Permettre la diffusion entre acteurs de la mesure d’impact des innovations.
L’étude met en avant 10 propositions en 6 axes thématiques autour de l’innovation en santé afin de répondre aux problématiques et enjeux actuels du système de santé.
Chaque proposition détaille la problématique à laquelle elle répond, ce qui se fait à l’étranger, la façon dont cela pourrait se faire en France ainsi que les impacts concrets sur notre système de santé.
Problèmes d’organisation, d’efficience mais aussi de coûts et de financement, le système de santé actuel doit changer de paradigme et intégrer l’innovation en réponse à ses difficultés.
Synthèse des propositions
Fluidifier l’arrivée des innovations dans notre système de santé
Il s’agit dans un premier temps de lever les freins à l’innovation dans notre système de santé.
- Produire et adapter rapidement les méthodologies d’évaluation aux vagues d’innovations.
- Substituer un contrôle ex post aux autorisations préalables pour toutes les innovations organisationnelles et/ou liées à la transformation numérique.
Assurer un financement précoce, progressif et contrôlé de l’innovation
Attendre les résultats de l’essai clinique pour financer une innovation est un retard considérable sur les marchés plus dynamiques tels que l’Amérique. Il s’agit de mettre en place des financements plus précoces, et temporaires.
- Permettre un financement précoce de l’innovation sur l’ensemble des technologies de santé.
- Développer le remboursement temporaire des innovations.
Faciliter la captation par le système de santé des rentes détruites par l’innovation
Les investissements publics dans ce nouveau paradigme seraient amortis par les gains de la captation des rentes par le système de santé.
- Construire des modalités innovantes de financement de l’innovation organisationnelle et de la transformation numérique.
- Favoriser l’évaluation en vie réelle et le paiement à la performance des technologies innovantes en mettant en place des registres contraignants, alimentés au besoin par les données médico-administratives.
- Généraliser le paiement au parcours sur les pans du système où la prise en charge est particulièrement standardisée pour augmenter les marges d’investissement sur les processus innovants.
Faciliter l’adoption des innovations par les pionniers et les adoptants précoces
Il s’agit de mettre en place les outils nécessaire au repérage des innovations et à l’anticipation de leurs impacts.
- Mettre en place un système de veille capable d’anticiper les impacts des innovations avant leur arrivée sur le marché.
Diffuser les bonnes pratiques auprès de la majorité des utilisateurs
Il s’agit d’accompagner l’implémentation et l’utilisation de l’innovation.
- Mettre en place des programmes de conduite du changement pour favoriser l’adoption rapide des technologies à fort impact organisationnel et accompagner la transformation numérique inhérente.
Permettre la diffusion entre acteurs de la mesure d’impact des innovations
Il s’agit de mettre en place les outils ou les accès nécessaires pour mesurer l’impact des innovations et en faciliter la diffusion.
- Libéraliser l’accès aux données médico-administratives pour permettre la diffusion plus large des analyses sur les parcours de soins.