La Fédération de la santé de l’Inde (NATHEALTH) a organisé fin juin 2017 sa deuxième table ronde à Bombay et a délibéré sur de nombreuses questions liées au secteur de la santé en Inde, notamment sur le développement du numérique au sein de l’industrie.
Les experts invitent le gouvernement indien à développer en urgence le secteur de la health tech
Selon le rapport dit de « NATHEALTH Aarogya Bharat », les maladies non transmissibles coûteront à l’Inde 6,2 billions de dollars américains (5,3 billions €) d’ici 2030. Par conséquent, les besoins uniques de l’Inde dans le secteur imposent au gouvernement d’intégrer à sa liste des priorités le déploiement des nouvelles technologies dans le domaine de la santé.
Vers une autorité nationale de la santé numérique en Inde ?
Les experts ont mis l’accent sur l’importance d’une mise à l’échelle de la santé numérique afin de réduire les coûts et d’améliorer les résultats du secteur. Ils estiment que la création proposée d’une autorité nationale de la santé numérique (National Digital Health Authority, NDHA) devrait conduire à l’utilisation des technologies de l’information dans l’écosystème de la santé.
« La santé numérique peut être d’une grande aide en Inde, [un pays] qui doit lutter contre le double fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles et des maladies chroniques. En vue d’une adoption plus large de la santé numérique dans le pays, la NDHA jouera un rôle essentiel dans le renforcement de tout l’écosystème de soins », a déclaré Anjan Bose, secrétaire général de NATHEALTH.
Focus sur l’État du Maharashtra
L’accent a été mis sur les opportunités et les défis actuels du secteur de la santé du Maharashtra, un État de l’ouest de l’Inde, et sur la façon d’améliorer son infrastructure sanitaire et son système de délivrance de soins.
L’importance des partenariats public-privé
Le ministre de la Santé publique et du Bien-être de la famille du gouvernement du Maharashtra, le Dr. Deepak Sawant, a informé que le Département de la santé allait ouvrir 31 centres de radiographie dans plusieurs districts de l’État mais qu’il aurait besoin d’un système de soutien supplémentaire, qui pourrait être obtenu sur le modèle d’un partenariat public-prive (PPP). « Le gouvernement de l’État assure un soutien total aux acteurs privés et toute l’assistance nécessaire sera fournie. Nous voulons géré tous nos hôpitaux et centres de santé de manière efficace et cet objectif peut être atteint sur la base des PPP. »
Pour les dépenses les plus importantes dans le secteur de la santé, les projets PPP seront étendus et mis en œuvre dans tout le pays, a annoncé le Dr. Arvind Lal, président de NATHEALTH. Une feuille de route détaillée sur les PPP concernant le domaine des diagnostics a été transmises au National Institution for Transforming India (ou NITI Aayog), un groupe de réflexion sur la politique du gouvernement indien, qui présentera dans un deuxième temps des lignes directrices afin de conseiller les différents États du pays.
Health tech : le secteur prometteur des soins à domicile
Les experts se sont également attardés sur le secteur des soins à domicile, lié au domaine de la health tech. « Nous avons un énorme potentiel dans ce secteur car les entreprises spécialisées dans les soins à domicile permettent aux patients de bénéficier de services de soins et d’un soutien de haute qualité dans le confort de leurs foyers, en réduisant leurs visites à l’hôpital, leurs déplacements et leurs frais de santé, tout en leur permettant d’être surveillés à distance par leur famille, analyse M. Bose. Avec une transformation centrée sur le déploiement des nouvelles technologies, le marché de la santé à domicile en Inde devient un espace intéressant pour combler les lacunes du système de santé national. »
Selon un rapport sur les soins à domicile réalisé par la société de conseil indienne CyberMedia Research (CMR), le marché mondial de la santé à domicile devrait atteindre les 368 milliards de dollars américains (317 Mds €) d’ici 2020, avec un TCAC de 8 % pendant la période de prévision. En Inde, il devrait atteindre les 6,2 milliards d’US$ (5,3 Mds €) d’ici 2020, avec un TCAC de 18 %.