Des ingénieurs américains ont mis au point un casque de football qui contient une mousse nanocomposite capable de mesurer l’impact d’un choc. Relié à une tablette en bluetooth, ce casque a été évalué scientifiquement dans le cadre d’une étude* publiée en septembre dans la revue Annals of Biomedical Engineering. Les résultats montrent que ce dispositif est capable d’évaluer le risque de commotion cérébrale.
Rugby, foot : les risque à long terme des commotions cérébrales
La violence des chocs en football américain, mais aussi en rugby, est à l’origine d’un nombre important de commotions cérébrales. Les joueurs ont, en outre, tendance à retourner trop précocement sur le terrain. Et les études prouvant que ces chocs à répétition laissent de lourdes séquelles se multiplient. Ils favorisent notamment l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Récemment, des chercheurs ont aussi mis en évidence un lien entre les commotions cérébrales et le risque de développer une sclérose en plaques.
Décoder les caractéristiques mécaniques des impacts dont sont victimes ces sportifs s’avère donc nécessaire pour les protéger. C’est la raison pour laquelle des ingénieurs de la Brigham Young University ont tenté de concevoir un casque capable de mesurer en temps réel, pendant les matchs, le risque de commotion cérébrale. « Les systèmes qui sont sur le marché actuellement mesurent l’accélération mais cela ne suffit pas et peut même conduire à des résultats erronés », a déclaré Jake Merrell, le principal auteur de l’étude. Il s’agit essentiellement d’accéléromètres ou de gyroscopes attachés au casque du joueur, ou intégrés dans un protège-bouche. Ces systèmes surveillent le mouvement de la tête ou du casque, mais ne mesurent pas directement l’énergie d’impact.
Une mousse intelligente + un casque relié en bluetooth
Les ingénieurs américains ont donc développé puis testé une mousse nanocomposite qui peut être placée dans le casque et qui mesure l’impact grâce à des signaux électriques. L’étude parue dans les Annals of Biomedical Engineering en septembre explique concrètement que lorsque la mousse est comprimée, les nanoparticules de nickel frottent contre la mousse, créant une charge électrique statique, comme lorsque l’on frotte un ballon contre des cheveux. Cette charge est ensuite collectée par une électrode puis mesurée. Et plus le choc est violent, plus la tension est importante.
Ces données collectées en temps réel sont ensuite envoyées via un système sans fil à une tablette ou un smartphone.
Cette mousse intelligente mesure 3 variables :
- l’accélération
- la force
- la vitesse
Précis à 90%
Ce qui permet de déterminer la nature du choc :
- sa sévérité
- sa localisation précise
- avec 90% de précision.
Cette technologie a déjà commencé à être utilisée dans les gilets de taekwondo. D’autres outils de dépistage rapide des commotions cérébrales sont en plein développement. La Fédération anglaise de rugby vient par exemple de s’associer avec des universitaires qui cherchent à identifier des marqueurs biologiques, qui pourraient se décliner en tests bons marchés.