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  • « Les pouvoirs publics doivent être proactifs et anticiper l’innovation » (O.Véran, député de l’Isère)

    Mercredi 7 mars 2018, Aromates organisait les 9e « Assises de la Santé numérique » à Paris sous le parrainage d’Agnès Buzyn sur le thème “Le numérique pour sauver notre système de santé ?”.

    Olivier Véran, député LREM de l’Isère et rapporteur général de la commission des affaires sociales, était chargé de conclure cette matinée d’échanges.

    H&TI vous livre une synthèse de son intervention. Il y parle des atouts de la France et de son système de santé – que de nombreux pays regardent avec envie – et des bouleversements engendrés dans les pratiques médicales par les nouvelles technologies. Il évoque les questions d’innovation organisationnelle ou encore d’IA.

    Il affirme que les pouvoirs publics doivent davantage travailler dans une démarche prospective, en étant proactifs vis-à-vis de l’innovation, pour mieux l’anticiper. Il milite pour l’intégration, dans les études médicales, de formations sur les technologies de la santé et sur l’évolution de l’éthique.

    Olivier Véran invite, enfin, les acteurs de la santé à ne pas hésiter à interpeller les parlementaires sur toutes ces questions, afin d’aider à faire bouger les lignes.

    Un système de santé en danger ?

    « En janvier 2018, j’étais en Chine, en marge du déplacement du Président de la République, je suis intervenu à Pékin sur le rôle de l’intelligence artificielle en santé, puis je suis allé à Shanghai présenter le système de santé français. Les Chinois nous regardent avec beaucoup d’intérêt et d’envie, notamment dans l’optique de créer des partenariats et de faire venir des investisseurs en France pour soutenir la filière des technologies de santé, biotech et medtech. À cette occasion, j’ai présenté la courbe publiée dans The Economist qui compare les systèmes de santé européens et américain :

    • La France consacre 11% de son PIB aux dépenses de santé, avec des résultats en matière d’offre de soins, d’inégalité de santé et d’espérance de vie qui la placent encore comme « la nation mondiale de la santé globale » ;
    • à l’inverse, le système américain consacre 20% du PIB aux dépenses de santé pour une espérance de vie inférieure et des conditions qui se dégradent.

    Si l’on considère que notre système de santé est en danger, comment prétendre servir d’exemple aux autres pays qui nous regardent avec envie, tant les statistiques et l’efficience médico-économique de notre système sont intéressantes ? En l’occurrence, ce n’est pas le numérique et les technologies de santé qui plombent le système de santé américain, c’est l’obésité (un Américain pèse 13 kg de plus en moyenne qu’un Français), la consommation excessive d’opiacés (overdoses et mortalité suite aux toxicomanies), mais avant tout, le morcellement des systèmes d’assurance : ça leur coûte beaucoup plus cher. Dans l’Ohio, un couple âgé de 55 ans, qui gagne 68 000 $ par an, consacre 33 000 $ à la complémentaire santé, soit 48% des revenus !

    Pour autant, notre système doit être amélioré et il faut se tourner vers l’avenir

    Il ne se passe pas une semaine sans que notre système de financement des dépenses de santé ne soit mis en tension, notamment du fait de l’innovation. En février dernier, le laboratoire Vertex Pharmaceuticals a annulé ses essais cliniques en France, parce que son traitement Orkambi, pour lequel 150 millions d’euros pour mille patients traités en 2017 ont été perçus, ne lui semble pas suffisant au regard de l’espoir qu’il avait mis dans son modèle économique. C’est une mise en tension très grave de notre système de financement de la sécurité sociale.

    D’autres laboratoires ou d’autres systèmes industriels de santé peuvent mettre en difficulté ce système de financement. Il faut être capable de penser le financement dans la durée pour pouvoir accueillir l’innovation, la financer, améliorer l’espérance de vie des Français, réduire les inégalités de santé. L’enveloppe budgétaire votée au Parlement est répartie entre tous les acteurs de la filière. Si un nouveau médicament coûte 800 millions d’euros en une seule année, c’est l’ensemble de la filière qui va devoir contribuer, et donc c’est tout le système de financement qui est mis sous tension.

    Les technologies bouleversent les pratiques médicales

    Attention à la façon dont on entre dans une ère nouvelle en matière d’innovation technologique. Exemple : le robot opératoire pour urologie DaVinci. Un certain nombre d’établissements de santé, pour être attractifs dans les territoires, davantage pour attirer les urologues que les malades, ont investi des millions d’euros pour acheter ce robot dont l’obsolescence programmée est de 7 ans ! L’Assurance Maladie, en tant que financeur, pose la question : quel est le gain pour les malades, que montrent les études, et finalement, combien ça coûte à l’arrivée ? Je suis très confiant sur l’accueil de l’innovation technologique, mais il faut aussi comprendre parfois certaines inquiétudes, certaines réticences de la part des organismes en charge de ces financements.

    Une démarche prospective : l’innovation organisationnelle

    Les professionnels de santé voient émerger ces innovations sans être toujours capables de s’en saisir, les comprendre et les anticiper. C’est un peu la même chose au niveau des pouvoirs publics. Chaque année, de nouveaux traitements émergent, de nouvelles phases 3 extrêmement prometteuses dans le traitement de maladies chroniques, le traitement de cancers, etc. Et nous ne sommes pas suffisamment capables de l’anticiper, et donc de les accueillir et de les financer.

    Les pouvoirs publics doivent travailler à une démarche prospective, en étant proactifs vis-à-vis de l’innovation, pour mieux l’anticiper. L’innovation organisationnelle doit nous permettre de gagner de l’espérance de vie, d’améliorer la prise en charge des malades chroniques, de limiter les hospitalisations et de réduire les coûts.

    (…) Les organisations des professions de santé doivent évoluer à mesure que les pratiques et les enjeux évoluent. Ce n’est pas si simple, qu’il s’agisse des pratiques avancées chez les infirmiers, du rôle du pharmacien d’officine, des silos entre médecine de ville et hôpital… Au lieu du paiement à l’acte ou à l’activité, l’idée est de confier aux acteurs de santé, au sein d’un territoire, une enveloppe financière pour la prise en charge d’un malade. Par exemple, si un pansement intelligent leur permet de réduire les coûts de prise en charge d’un patient diabétique, on leur donne les moyens de le faire. 

    Les expérimentations confiées aux acteurs de santé dans les territoires

    Jusqu’à présent, la DGOS, la CNAMTS et les ARS ont toujours dit aux professionnels de santé comment ils devaient fonctionner, en y allant progressivement. Cette méthode nous fait prendre du retard. Notre système peut être en danger. Dans le cadre du premier budget de la Sécurité sociale (article 5124), nous avons adopté la capacité demain, et sans limitation, d’expérimenter dans les territoires de nouvelles façons de soigner et de financer les soins. C’est un changement de paradigme total dans un pays jacobin qui subitement devient girondin. À présent, il faut convaincre ceux qui ont peur ou les plus réticents. Les acteurs industriels sont intéressés, convaincus de pouvoir réduire de 10 à 15% les hospitalisations indues dans certaines prises en charge… Dans l’Utah (Etats-Unis), Intermountain Healthcare a mis en place des financements dans le cadre de l’insuffisance cardiaque, qui ont permis de passer de 12 jours d’hospitalisation à moins de 3 jours, grâce à l’usage de l’internet des objets, des balances connectées et une meilleure coordination des soins.

    Les changements d’organisation vont de pair avec les innovations technologiques. Il faut être capable d’anticiper le temps pour éduquer, former les professionnels de santé, informer les patients et leur donner confiance vis-à-vis des technologies, car c’est un temps long. Le rôle des industriels est de solliciter les professionnels de santé aujourd’hui pour être prêts demain.

    Intelligence artificielle : allons-y !

    Dans le domaine de l’intelligence artificielle en santé, j’ignore si l’étape post-deep learning est pour bientôt, mais je sais que c’est extrêmement intéressant. A Montréal, au Canada, l’IA en santé est très développée. Les résultats sont prometteurs. Ils ont créé un écosystème qui développe énormément de choses. En France, nous avons de bons atouts : la meilleure école de mathématiques (avec les États-Unis), plus de 250 start-ups impliquées dans l’IA, c’est important au niveau stratégique et de l’emploi. Il faut y aller.

    Éthique : un débat sociétal

    En même temps, nous devons poser des jalons bioéthiques et juridiques par rapport à l’utilisation de tous ces dispositifs. Ce débat ne doit pas échapper au citoyen français, sinon il y aura toujours de l’inquiétude. On le voit dans le domaine des nanotechnologies : en même temps que vous progressez, des mouvements manifestent en prétendant que les nanotechnologies vont tuer l’humanité. Les précautions pédagogiques, l’information, sont nécessaires. Cette réflexion bioéthique se tient en ce moment même dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique. Ils vont aboutir à une loi d’ici 2019.

    La formation des jeunes médecins aux technologies de demain

    Il faut aussi interroger la place du médecin demain dans un système avec des algorithmes, de la robotique, de l’intelligence artificielle. Cela nécessite une formation très importante, notamment chez les jeunes. Dans le cadre de la réforme des études médicales annoncées par la ministre de la Santé, je souhaite l’intégration de formations, dès le premier cycle d’étude, sur ces technologies de la santé et sur cette question de l’évolution de l’éthique. Beaucoup de défis sont devant nous. Il ne faut pas hésiter à venir nous interpeller au Parlement sur ces questions. Nous sommes plusieurs à être passionnés par toutes ces questions.

  • Le CESE préconise de réformer le financement et l’organisation des Ehpad :« Vieillir dans la dignité »

    La question des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, de leurs moyens humains et financiers, a fait l’objet de plusieurs pétitions en ligne sur le site internet du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Ce dernier s’est donc saisi de la question de l’accompagnement des personnes âgées et de la dépendance. Il a entendu les porteurs de cinq pétitions en vue de publier un avis sur la question.

    Rendu public le mercredi 25 avril 2018 et intitulé « Vieillir dans la dignité », l’avis du CESE formule quinze propositions afférentes au vieillissement, structurées autour des trois axes suivants : « prévenir, anticiper et financement la perte d’autonomie » (axe 1), « adapter l’offre d’hébergement et de services aux besoins et aux attentes »(axe 2), « travailler ensemble autrement pour répondre aux exigences d’un accompagnement global et digne » (axe 3).

    Axe 1 : « Prévenir, anticiper et financer la perte d’autonomie »

    Le CESE préconise d’Agir Collectivement sur les facteurs de risque en :

    • renforçant la prévention, notamment au travail, pour limiter ou retard les effets liés au vieillissement (proposition 1) ;
    • évaluant la mise en oeuvre interministérielle et territoriale du plan national pour la prévention et la perte d’autonomie, dans le but de (re)mobiliser les acteurs concernés et identifiés les besoins de financement ou les difficultés d’accès au financement (proposition 1).

    Le CESE recommande de financer la perte d’autonomie de la manière suivante : 

    • en conforter le rôle des acteurs existants : ceci implique notamment d’accélérer la mise en place des conseils départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie et de renforcer leur rôle dans la programmation des moyens de la politique départementale de l’autonomie (proposition 2). 
    • susciter un débat public sur les sources de financement de la prise en charge collective de la perte d’autonomie (proposition 3). 

    Axe 2 : « Adapter l’offre d’hébergement et de services aux besoins et aux attentes »

    Pour réduire les inégalités territoriales dans l’accueil et la prise en charge des personnes âgées, le CESE recommande notamment de :

    • confier à la CNSA le soin de réaliser, en lien avec les départements, un travail de rapprochement du niveau de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) (proposition 4).

    Pour permettre aux Ehpad de mener à bien leurs missions actuelles et à venir, le CESE suggère de : 

    • revaloriser « immédiatement » le tarif soin ; 
    • compléter les critères pris en compte pour fixer les dotations aux Ehpad. Des facteurs tels que l’isolement géographique de l’établissement, le coût du foncier, etc. pourraient ainsi être intégrés au critère de fixation des dotations (proposition 5).
    • d’attribuer aux Ehpad des financements supplémentaires pluriannuels pour encourager les actions innovantes en matière de prévention, d’activités sociales ou culturelles, etc. (proposition 6).

    Le CESE recommande également de promouvoir des modes de financement alternatifs, qui impliqueraient :

    • de déterminer de manière collégiale les grands principes d’un financement solvable et pérenne des services d’aide à domicile, « qui préserve l’égalité de traitement des personnes bénéficiaires » (proposition 7) ; 
    • de disjoindre l’aide, au répit des aidants du mécanisme de l’APA, dans le but de lever les obstacles à l’usage effectif des dispositifs d’aide aux aidants (proposition 8).

    Axe 3 : « Travailler ensemble autrement pour répondre aux exigences d’un accompagnement global et digne »

    Le CESE propose de réaffirmer les droits des personnes âgées et de mieux insérer les établissements dans les territoires : 

    • en élaborant, un parcours coordonné qui intègre les différentes étapes du vieillissement et réponde aux besoins et aux attentes des personnes concernées (proposition 9) ; 
    • en utilisant des outils de planification urbaine pour anticiper l’implantation des nouveaux Ehpad en lien avec les besoins des populations (proposition 10) ; 

    Il importe également de recruter et requalifier en procédant ainsi : 

    • rendre opposable pour l’ensemble des Ehpad une norme minimale d’encadrement « au chevet » (aides soignant.e.s et infirmière.s) de 0,6 ETP pour un résident, « tout en confirmant l’objectif du plan Solidarité-Grand âge d’un taux d’encadrement de 1 pour 1 » (proposition 12) ;
    • financer des postes d’accompagnants éducatifs, sociaux et psychologiques pour intervenir auprès des personnes âgées quel que soit leur lieur de résidence (proposition 13) ; 
    • réaménager le temps de travail des personnels pour leur assurer des conditions de travail décentes (proposition 14) ; 
    • revaloriser les métiers pour tirer les conséquences des évolutions de missions et rendre les statuts plus attractifs (proposition 15).

    L’avis du CESE est consultable en intégralité sur le site internet du Conseil.

  • « Startup Lions » : un road trip entrepreunarial à la rencontre des start-ups africaines de la e-santé

    De 2014 à 2017, Samir Abdelkrim a sillonné les routes en construction de la tech africaine. Des hauts plateaux éthiopiens aux collines de Kigali, des techs hubs de Tunis ou de Lagos aux hackatons de Dakar, il a exploré les écosystèmes numériques de plus de 20 pays et rencontré plus de 185 entrepreneurs, dont un bon nombre dans le domaine de la e-santé.

    « Ce qui motive ces entrepreneurs, c’est de trouver des solutions aux problèmes de leurs pays, conquérir de nouveaux possibles, changer le monde des hommes grâce au pouvoir des bits », écrit-il dans l’ouvrage qu’il a écrit à la suite de cette aventure, Startup Lions, paru fin 2017 et destiné aux industriels qui souhaitent investir, aux personnes ayant un projet de start-up en Afrique, à ceux qui sont curieux de découvrir l’expérience de ces entrepreneurs, etc.

    Health&Tech Intelligence vous propose une chronique de cet ouvrage en mettant en avant les start-ups de la e-santé et les projets associés identifiés par Samir Abdelkrim.

    « Notre avenir s’invente aujourd’hui en Afrique »

    « D’après nos statistiques, le taux de mortalité infantile des bébés de moins d’un an est passé de 47‰ en 2009 à 31‰ en 2015 », explique Erick Gaju, directeur du département de télémédecine au ministère de la Santé du Rwanda. Il attribue cette réussite au déploiement de RapidSMS, première appli de télémédecine déployée à grande échelle en Afrique et utilisé jusque dans les villages les plus reculés. RapidSMS est l’une des nombreuses innovations mises en avant par Samir Abdelkrim dans Startup Lions. Selon cet entrepreneur également chroniqueur pour Le Monde, « notre avenir s’invente aujourd’hui en Afrique ».

    Il revient sur l’histoire de ce développement rapide et phénoménal des TIC en Afrique – « de l’hyperabsence du téléphone à l’hyperprésence du mobile » par exemple ou encore le déploiement des tech hubs – au nombre de 500 en 2017, seulement dix ans après le début de la révolution numérique. Il explique surtout que « contrairement à ce qui se passe en Occident, où l’innovation peut avoir tendance à privilégier une certaine élite technologique, en Afrique, l’innovation est radicalement inclusive ». Les considérations ethniques, religieuses ou de sexe n’entrent pas en compte pour la créations de start-ups comme de hubs.

    Start-ups de la e-santé de l’African tech

    Certes, les TIC en Afrique peuvent servir à communiquer, à gérer son bétail, à désenclaver les agriculteurs, à recenser le nombre de tracteurs ou surtout à payer ses factures via téléphone. Cependant, Samir Abdelkrim a aussi découvert lors de son enquête de nombreuses start-ups et des solutions numériques dédiées à « sauver des vies », parmi lesquelles :

    • Gifted Mom au Cameroun : cette appli créée en 2013 compte plusieurs dizaines de milliers d’utilisatrices. La start-up répond par SMS aux questions que se posent les femmes enceintes. Elle les accompagne tout au long de leur grossesse et les renseigne sur les dates de visites prénatales dans les hôpitaux. L’accompagnement se poursuit après la naissance de l’enfant. Gifted mom envoie des rappels sur les dates de vaccination du nouveau-né. Chaque utilisatrice reçoit au moins 3 SMS par semaine et dans les situations d’urgence comme un début d’hémorragie, l’équipe de Gifted Mom contacte l’hôpital le plus proche de l’utilisatrice et s’assure de sa bonne prise en charge.
    • MOS@N au Burkina Faso : cette start-up montée en 2013 se destine à résoudre les problèmes de santé maternelle et infantile auxquels sont confrontés les districts ruraux de la province de Kossi qui ne disposent pas d’infrastructures suffisantes. Il s’agit là aussi d’une appli mobile destinée à informer et conseiller les femmes enceintes afin de leur éviter des complications médicales. Un grand nombre d’entre elle ne sachant pas lire, l’envoi de SMS est doublé d’un système de messagerie vocale, décliné dans les langues locales. L’appli envoie chaque jour des messages de rappel aux mères : conduite à avoir en cas de saignements, règle sanitaires de base, nutrition du bébé, rappel des vaccins, etc.
    • Safe Delivery App en Ethiopie : cette appli est destinée à la formation des sages-femmes pour prévenir les complications liées aux grossesses. Elle leur apporte des conseils, de l’information médicale ainsi que plusieurs vidéos animées en langues locales pour perfectionner leurs compétences obstétriques par l’apprentissage de nouveaux protocoles. Une fois téléchargées, les vidéos sont disponibles offline, ce qui se révèle pratique au regard d’importantes restrictions qui frappent l’internet éthiopien. Les smartphones sont fournis gratuitement par l’équipe de Safe Delivery App et chaque sage-femme bénéficie d’une journée de formation pour bien comprendre les fonctionnalités des appareils.
    • Medtrucks au Maroc : cette start-up lutte contre les déserts médicaux en allant à la rencontre des Marocains souffrant d’insuffisance rénal. Les caravanes sont dotées de matériel médical d’occasion revalorisé et équipées pour dispenser des séances de dialyse. Grâce au big data, Medtrucks va mettre au point une plateforme de géolocalisation. Le but est de collecter des données géographiques et médicales propres aux déserts médicaux (points d’eau existants, centres médiaux d’urgence situés en zone rurale, etc). La start-up mettra ces données à disposition des centres de soins marocains souhaitant étendre leurs activités hors des zones urbaines. 
    • mPedigree au Ghana lutte contre les contrefaçons de médicament, très répandues en Afrique. L’appli développée permet de vérifier avec son téléphone qu’un médicament n’est pas une contrefaçon. Il suffit de gratter un code à plusieurs chiffres situé sur la boîte de médicament et de l’envoyer par SMS à une base de données pour vérification. mPedigree a signé des accords avec AstraZeneca, Sanofi-Aventis et Hewlett-Packard pour la base de données sécurisée en ligne. L’appli a séduit plusieurs pays africains et en 2015 un demi-milliard de boîtes de médicaments avaient été identifiées.
    • BeThree en Tunisie développe un bracelet connecté dont l’algorithme permet de prévenir les crises cardiaques. Ce bracelet intelligent peut détecter en temps réel des changements brutaux du rythme cardiaque et d’évolution de la pression artérielle. Lorsque les signaux biologiques du porteur du bracelet deviennent anormaux, le bracelet envoie un SMS aux proches du porteur et leur envoie les coordonnées GPS du malade, qui permettront aux services de santé d’intervenir au plus vite.
    • Ebola Care App au Nigeria, aide les professionnels de santé à « tracer » les porteurs du virus Ebola et à les contacter, en coordination avec les unités de soins les plus proches. L’appli inclut une option permettant de prendre des photos et d’obtenir un diagnostic à distance. Si la zone couverte n’est pas connectée à Internet, les données continuent d’être stockées sur l’appareil pour analyse ultérieure.

    Zips, les drones civils pour soigner les malades isolés

    Enfin, l’auteur décrit en détails l’expérience rwandaise des « Zips », ces drones qui depuis 2016, servent à soigner les populations les plus éloignées des services hospitaliers : poches de sang, médicaments et vivres peuvent être livrés à des malades vivant dans des villages difficiles d’accès.

    Le Rwanda a pour cela repensé entièrement son système de santé pour devenir le premier État à expérimenter, puis industrialiser l’usage d’une quinzaine de drones civils. Un projet développé grâce à l’aide de la start-up américaine de robotique Zipline et à l’ONG médicale Gavi.

    Startup Lions, Au cœur de l’African Tech de Samir Abdelkrim (auto-édité, 19,90 €). A commander via ce lien.

  • Le CHU Bordeaux teste le télé-suivi en chirurgie ambulatoire grâce à un partenariat avec Satelia

    La plateforme de Satelia, start-up qui vise à optimiser le lien patient-hôpital dans le cadre des soins en ambulatoire, est en train d’être testée au Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, rapporte un communiqué de presse de la société en date du 19 avril 2018.

    Surfant sur la vague du développement de la télémédecine, la plateforme proposée par Satelia, Satelia Ambu, propose un suivi des patients soumis à un acte de chirurgie dans les phases pré et post-opératoires en facilitant la communication et l’échange d’informations nécessaires propres à chacune de ces phases.

    La start-up souhaite déployer son outil dans d’autres services hospitaliers et l’implanter dans les établissements publics et privés.

    Un outil d’échange d’informations médicales

    Satelia, start-up lancée fin 2017, a mis au point une plateforme permettant au patient d’être en contact avec les professionnels de santé impliqués dans sa prise en charge en amont et en aval d’un acte chirurgical effectué en ambulatoire.

    En amont de l’intervention, le patient renseigne un formulaire à destination de l’anesthésiste via l’application Satelia. L’analyse de ses données débouche sur l’envoi d’instructions visant à lui indiquer les interdits, les point de vigilance et les modalités pratiques autour de l’opération.

    À la suite de l’intervention, à des périodes établies par les professionnels de santé responsables de son suivi (J+1, J+7, etc.), le patient reçoit un questionnaire qu’il doit remplir en procédant à une auto-évaluation des éléments tels le niveau de douleur, l’état du pansement, ou la présence de symptômes tels des vomissements, un saignement ou un œdème.

    Un tableau de bord de suivi de patients opérés en ambulatoire

    Les informations renseignées par le patient sont envoyées vers la plateforme à destination des professionnels de santé, à travers laquelle ces derniers visualisent les résultats.

    En cas de réponse pouvant porter à croire qu’un événement anormal affecte l’état de santé du patient, les algorithmes intégrés à la plateforme alertent le professionnel de santé, en faisant apparaître un voyant rouge ou orange dans le tableau de bord, permettant ainsi à l’infirmier chargé du suivi de prendre contact avec le patient afin de s’assurer de son état.

    Gain en temps et efficacité de l’accompagnement, mais un intérêt pour la recherche aussi

    Selon les fondateurs, Nicolas Pagès, interne en anesthésie-réanimation, et Paul Tiba, directeur d’une compagnie aérienne de rapatriement sanitaire, cet outil permet:

    • un gain de temps pour les professionnels de santé grâce au recueil ciblé des informations auprès des patients, aussi bien en amont qu’en aval de l’intervention ;
    • un accompagnement du patient grâce à un contact facilité et la disponibilité des informations en tout temps ;
    • le recueil de données médicales anonymisées aux fins de recherche.

    Test  : un suivi plus régulier et efficace grâce à une réponse spontanée

    Début mars 2018, grâce à un partenariat avec le CHU de Bordeaux, une phase test a été lancée. Au bout d’un mois, fin mars 2018, une cinquantaine de patients ayant subi une chirurgie au sein avaient déjà fait l’objet d’un suivi via les outils décrits.

    Un suivi sur une période de 6 jours s’étalant du à J-1 de l’opération et allant jusqu’à J+1 a permis d’avoir une réponse valide du patient dans 4 cas sur 5, alors que la méthode traditionnel de suivi par téléphone permettait d’atteindre 1 patient sur 2.

    Élargissement à d’autres spécialités, l’oncologie et la cardiologie étant les spécialités prioritaires

    Les fondateurs espèrent développer leur activité selon deux axes – en déployant leur solution dans les services d’autres spécialités, en visant dans un premier temps l’oncologie et la cardiologie, et en multipliant les établissements qu’ils soient privés ou publics.

  • L’Australie investit 34 M d’€ pour développer un centre de recherche coopératif sur la e-santé

    Le gouvernement australien vient de s’engager à verser 55 millions de dollars (34 M. € ; 42 M. US$) sur une période de sept ans pour développer un centre de recherche coopératif sur la santé numérique, le Digital Health Cooperative Research Centre (Digital Health CRC), lancé au cours du mois d’avril 2018.

    Le Digital Health CRC va chercher à améliorer les résultats de santé pour les Australiens grâce à l’utilisation de technologies numériques visant à faciliter l’accès à des soins de qualité, à réduire les coûts mais aussi à améliorer la compréhension et la sensibilisation des patients.

    Les partenaires du gouvernement et de l’industrie reliés à ce projet verseront au total 174,2 millions AUD (108,8 M. € ; 133,5 M. US$) au cours de la période.

    Donner plus d’autonomie aux patients et promouvoir les sociétés health tech

    Les programmes de recherche gérés par le Digital Health CRC auront différentes missions à accomplir, dont :

    • 1. permettre la découverte et l’application d’informations de santé ;
    • 2. identifier et gérer les risques pour la santé ;
    • 3. proposer une offre de soins d’une valeur plus développée et de meilleure qualité mais aussi améliorer l’accès à cette offre et la sécurité des soins ;
    • 4. renforcer l’autonomie du consommateur et l’inciter à adopter un comportement positif à l’égard de son traitement.

    Le centre examinera également les meilleures façons de partager les informations médicales sur les réactions indésirables aux traitements et de développer de meilleures applications d’aide à la décision.

    Ses objectifs comprennent enfin la promotion de l’économie ainsi que la création et le développement d’entreprises pour fournir des emplois et des solutions à grande valeur ajoutée sur un marché mondial en pleine croissance.

    Une alliance entre organisations gouvernementales, entreprises et universités

    Les différents acteurs du centre tenteront d’atteindre ces objectifs grâce à des travaux de R&D collaboratifs combinant des compétences multidisciplinaires, des connaissances de l’industrie, des technologies de pointes mais aussi divers réseaux et données de santé.

    Le CRC rassemblera de multiples partenaires du secteur de la santé et du bien-être australien.

    L’Université de Sydney, l’un des partenaires principaux du centre, a indiqué dans un communiqué que parmi les participants figuraient :

    • quarante organisations commerciales et gouvernementales opérant dans les secteurs de la santé, des soins aux personnes âgées et du handicap ;
    • vingt-quatre entreprises de technologie, de conseil et d’investissement établies et en démarrage ;
    • seize universités australiennes.

    Un centre soutenu par l’Agence de la santé numérique australienne

    Le centre bénéficiera du soutien de l’Agence de la santé numérique australienne et du Centre de croissance de l’industrie des technologies médicales et des produits pharmaceutiques (MTP Connect).

    Le programme CRC sera administré par AusIndustry, une division du ministère de l’Industrie, de l’Innovation et des Sciences australien.

    Le Pr. Tim Shaw de l’Université des sciences de la santé australienne et le Pr. Adam Elshaug, codirecteur du Centre des politiques de santé Menzies, ont été nommés chercheurs principaux du centre.

    « Le Digital Health CRC rassemble des partenaires de l’industrie et de la recherche pour faire progresser nos technologies médicales et de santé et les industries pharmaceutiques, de manière collaborative et multidisciplinaire, a déclaré la ministre de l’Emploi et de l’Innovation australienne, Michaelia Cash (source : Opengovasia.com). Le CRC abordera les problèmes de l’industrie en soutenant la pratique clinique, en améliorant l’accès à des soins de qualité, en favorisant des emplois de grande valeur et en développant le futur personnel de santé numérique de l’Australie. »

    « Les CRC relient les chercheurs à l’industrie et au gouvernement en mettant l’accent sur l’application de la recherche, a précisé Zed Seselja, vice-ministre australien de la Science, de l’Emploi et de l’Innovation. C’est pourquoi le programme du CRC [répond à] l’engagement du gouvernement de la coalition, soit améliorer la compétitivité, la productivité et la durabilité des industries australiennes. »

  • Australia to invest 34 million of euros to develop a Digital Health Cooperative Research Centre

    The Australian government has committed AU$55 million (€34m; US$42m) over seven years to develop a Digital Health Cooperative Research Centre (Digital Health CRC), launched in April 2018.

    The Digital Health CRC will seek to improve health outcomes for Australians through the use of digital technologies which can improve access to quality care, reduce costs and increase patient understanding and awareness.

    Government and industry partners will contribute a total of AU$174.2 million (€108.8m; US$133.5m) over the period.

    Improving patients’ empowerment and enhancing health tech businesses

    The research programs run by the Digital Health CRC will have different missions, including:

    • 1. Enabling information discovery and application;
    • 2. Identifying and managing health risk;
    • 3. Offering better value, quality, access and safety;
    • 4. Enhancing consumer empowerment and positive behavior.

    The center will also examine better ways to share medical information on adverse reactions and develop better decision support applications.

    Its goals also include advancing the economy and building and enhancing businesses to provide high value jobs and solutions in a growing global market.

    An alliance between government organizations, private companies and universities

    Center players will try to accomplish these objectives through collaborative research and development that combines multi-disciplinary skills, industry knowledge, technologies, networks and data.

    The CRC will bring together partners from Australia’s health and wellness landscape.

    In a press release, the University of Sydney, one of the lead partners in this new center, said participants include:

    • 40 commercial and government organizations operating across the health, aged care and disability sectors;
    • 24 established and start-up technology, advisory and investment companies;
    • 16 Australian universities.

    The CRC has the support of the Australian Digital Health Agency

    The center is supported by the Australian Digital Health Agency and the Medical Technologies and Pharmaceuticals Growth Center (MTP Connect). 

    The CRC program is administered by AusIndustry, a division within the Department of Industry, Innovation and Science.

    Prof. Tim Shaw from the Faculty of Health Sciences and Professor Adam Elshaug, co-director of the Menzies Centre for Health Policy, are named lead investigators in the center.

    « The Digital Health CRC brings together industry and research partners to advance our health and medical technologies, and pharmaceutical industries, in a collaborative and multidisciplinary way, » Minister for Jobs and Innovation Michaelia Cash said (source: Opengovasia.com). « The CRC will address industry issues by supporting clinical practice, improving access to quality care, fostering high value jobs and developing Australia’s future digital Health workforce. »

    « CRCs link researchers with industry and government with a focus towards research application, » Assistant Minister for Science, Jobs and Innovation Zed Seselja added. « This is why the CRC Program continues to be at the forefront of the Coalition Government’s commitment to improving the competitiveness, productivity and sustainability of Australian industries. »

  • Tests génétiques grand public : Prenetics (Hong Kong) acquiert DNAFit (UK) pour 41 M€

    Prenetics, soutenu par Alibaba Hong Kong, a acquis en avril 2018 DNAFit (Royaume-Uni), l’un des leaders mondiaux dans le secteur des tests génétiques à destination du grand public, avec des ventes assurées dans plus de quarante pays.

    Avec un tour de financement de plus de 50 millions de dollars US (40,8 M. €) mené par Alibaba Hong Kong Entrepreneurs Fund et Ping An Insurance Group, cette opération est la première acquisition d’entreprise de Prenetics.

    Prenetics développe son activité B2C

    Prenetics, une société de premier plan dans le domaine des tests génétiques et de la santé numérique, a développé ses activités au niveau mondial, aussi bien à Hong Kong, à Singapour, en Malaisie, en Thaïlande, au Vietnam, aux Philippines et à Taïwan qu’en Afrique du Sud, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

    Via l’acquisition de DNAFit, Prenetics ajoute une chaîne B2C à son activité, complétant sa force actuelle dans les offres de partenariat produit B2B assurées par le biais d’alliances avec de grandes compagnies d’assurances et entreprises.

    Donner plus d’autonomie à des millions de personnes via des données génétiques

    Cette acquisition va permettre à Prenetics de réaliser son objectif principal : donner davantage d’autonomie à des millions de personnes dans le monde entier grâce à l’utilisation d’informations génétiques puissantes et exploitables.

    Avec le développement de services personnels sur le marché de la génétique – rendu possible grâce à une croissance exponentielle -, Prenetics est l’une des seules sociétés de tests génétiques à jouir d’une présence mondiale.

    Tests génétiques grand public : le marché mondial atteindra les 50 Mds USD en 2026

    Selon une étude sur le secteur des tests génétiques chez les consommateurs réalisée par le cabinet de conseil en stratégie Arthur D. Little, la taille annuelle du marché mondial devrait passer de 1,3 milliard de dollars américains (1,1 Md €) en 2019 à 50 milliards de dollars US (40,8 Mds €) en 2026.

    Cette demande a déjà été observée avec des millions de personnes dans le monde entier « génotypés » par des sociétés telles que 23andMe et Ancestry.com (États-Unis).

    DNAFit : « Un pionnier dans le secteur du test génétique direct »

    « Notre mission est de donner à chacun le pouvoir d’être maître de sa propre santé, a déclaré Danny Yeung, P.-D.G. et co-fondateur de Prenetics (source : Businesswire.com). DNAFit est un pionnier dans le secteur du test génétique direct auprès des consommateurs et a développé une solide réputation au sein de l’industrie. Nous sommes très heureux d’avoir DNAFit dans le cadre de notre stratégie de croissance internationale pour aider les gens à mener une vie plus saine et plus active en leur donnant des informations génétiques personnalisées, préventives et exploitables. »

    DNAFit est une société de génétique centrée sur le bien-être qui s’adresse à la fois aux individus ordinaires et aux sportifs de haut niveau pour les orienter vers des programmes de nutrition et de conditionnement physique adaptés à leur ADN.

    L’entreprise va étendre sa portée au bien-être de l’entreprise et développera son activité grand public après l’acquisition. Ayant déjà travaillé en étroite collaboration avec un certain nombre de grandes sociétés, telles que LinkedIn, Talk Talk (une société britannique qui fournit des services de télévision payante, de télécommunications, d’accès à internet et de réseau mobile), Channel 4, Disney Europe, Puma, BNP Paribas et Alexander McQueen, DNAFit a déjà réussi à implanter avec succès ses produits dans des programmes de ressources humaines afin d’améliorer la santé des salariés dans le monde entier.

    Prenetics Limited devient Prenetics Group Limited

    DNAFit continuera à exploiter sa propre marque. Avi Lasarow, membre de l’équipe fondatrice et principale de la société, continuera à diriger l’entreprise. Il a par ailleurs été nommé P.-D.G. de Prenetics International et membre du conseil d’administration de Prenetics.

    Avec cette acquisition, Prenetics Limited devient officiellement Prenetics Group Limited. Le P.-D.G. du groupe, Danny Yeung, supervisera une équipe de plus de cent-vingt personnes réparties dans dix pays.

  • L’Institut Santé officialise sa création pour « refonder notre système de santé »

    Inauguré en avril 2018 par Frédéric Bizard, l’Institut Santé est organisme de recherche qui se donne pour ambition de refonder « notre système de santé ».

    Avec l’aide de personnalités de la santé et de la société civile, l’Institut Santé entend « construire un programme de refondation pour redonner à notre système de santé sa place référence mondiale ».

    Les propositions formulées à ce jour par l’institut portent sur la gouvernance du système de santé, l’organisation des soins et le financement de l’assurance maladie.

    Organe pluridisciplinaire fondé en avril 2018 et composé de médecins, d’économistes, de philosophes, de pharmaciens et de chercheurs, l’Institut Santé poursuit trois objectifs explicité sur le site internet de l’institut :  

    • bâtir un projet de refondation du système de santé « adapté au XXIème siècle », au bénéfice de tous les citoyens et dans le respect des principes républicains ;
    • sensibiliser l’ensemble des parties prenantes en santé sur les enjeux, « l’urgence et le contenu de la refondation » ;
    • promouvoir un programme de refondation auprès des autorités publiques pour en faire une priorité politique à brève échéance.

    Trois axes de réforme pour structurer la refondation de notre système de santé

    La gouvernance, l’organisation des soins, le financement solidaire sont les trois leviers de transformation à activer concomitamment, selon Frédéric Bizard, membre fondateur de l’Institut Santé.

     Gouvernance : Pour une démocratisation de la santé

    Constat : un état « trop interventionniste » en santé

    « La gouvernance de notre système de santé doit sortir de la logique étatiste qui a prévalu ces 20 dernières années et qui a échoué » affirme l’Institut Santé. Le modèle de gouvernance a conduit à une hyper-administration des soins « qui paralyse l’activité médicale et paramédicale de terrain ». 

    L’Institut recommande d’investir l’Etat d’une mission de pilotage de la santé publique et d’élaboration de la Stratégie nationale de santé, qu’il ferait voter au parlement avec le budget annuel des dépenses.

    S’agissant de la répartition des compétences entre l’Etat et les acteurs de terrain, l’Institut santé préconise : 

    • de déléguer la gouvernance de l’ensemble des soins en ville, à l’hôpital et des soins médico-sociaux à une nouvelle assurance maladie dotée d’un Conseil composé des représentants des acteurs du système dans le but « d’unifier de la gouvernance des soins et de redonner du pouvoir aux acteurs de terrain dans l’organisation des soins pour faire revivre une vraie démocratie sanitaire ».

    Constat d’une politique de prévention insuffisante

    L’absence de politique de prévention tient selon l’institut santé, au « déficit de pilotage de ce bras prévention dans notre système de santé pour passer d’un système de soins à un système de santé ».

    L’institut santé recommande à ce titre :

    • de créer un poste permanent de Haut-Commissaire à la Santé Publique, sous l’autorité du Premier Ministre en charge du pilotage interministériel d’une politique de santé publique ambitieuse, pour « marquer l’avènement d’un pôle Prévention fort ».

    Organisation des soins : réformer les ordonnances Debré de 1958 pour renforcer la médecine ambulatoire

    L’institut santé recommande : 

    • de réformer les ordonnances Debré de 1958 afin de reconnaître à la médecine de ville un statut équivalent à l’hôpital d’enseignement et de recherche.
    • « d’universitariser » la médecine de ville en procédant à la reconnaissance de 1000 centres ambulatoires universitaires, dans lesquels les jeunes médecins de ville seraient majoritairement formés et des projets de recherche clinique seraient menés.
    • de faire de ces centres « des pôles d’excellence dans la prise en charge des pathologies chroniques et des services de prévention ».

    « Cette refonte des ordonnances de 1958 viserait aussi à reconstruire un modèle ambitieux de centre hospitalier universitaire qui conserverait un rôle majeur en enseignement et en recherche mais dans un modèle de spécialités choisies (et non plus généraliste), plus ouvert et collaboratif avec la médecine de ville », d’après le site internet de l’institut santé.

    Financement de l’Assurance maladie

    S’agissant du financement de l’assurance maladie, l’institut santé préconise : 

    • d’instaurer un régime unique universel de santé marquant le passage à une protection sociale universelle assise sur la personne et non plus sur les statuts professionnels ;
    • de consacrer le principe d’un seul financeur assurantiel par prestation ; 
    • d’organiser le financement privé selon les principes d’un modèle mutualiste concurrentiel régulé. « Ce système fonctionnerait sur les bases d’une affiliation exclusivement individuelle pour toute la population (actifs et inactifs) » ;
    • de créer un contrat homogène standard pour comparer efficacement la performance des opérateurs ;
    • de réguler l’assurance santé pour éviter toute sélection de risques par les opérateurs, à travers notamment l’utilisation de données personnelles de santé de plus en plus abondantes avec la santé numérique. 
    • d’instituer une autorité de régulation de l’assurance santé privée pour garantir la protection des droits des assurés.

    Composition du comité d’orientation stratégique et du bureau de l’Institut Santé

    Le Comité d’orientation stratégique comprend les personnalités suivantes :  

    Catherine Audard, Philosophe, London School of Economics, Spécialiste des questions de justice sociale
    Perle Bagot, Hub Institute, Directrice associée ; Spécialistes des nouvelles technologies et des innovations disruptives
    Evelyne Bersier, Professeure de Droit, Spécialiste du droit de la santé, Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education d’Aix-Marseille
    Frédéric Bizard, Économiste, Sciences Po Paris, Président Fondateur de l’Institut Santé
    Alain Coulomb, Ancien Directeur général de la Haute Autorité de Santé
    Alain Deloche, Professeur émérite Paris V, Chirurgien cardiaque, fondateur de l’association « La Chaîne de l’espoir », co-fondateur de « Médecins du monde » et de MSF
    Florence de Rohan-Chabot, Psychiatre, Maison Blanche, Ex Présidente de l’Inter Syndicat national des chefs de clinique et assistants (ISNCCA)
    René Frydman, Professeur de gynécologie Obstétrique, spécialiste de la santé de la femme et des questions éthiques
    Patrizia Paterlini-Bréchot, Professeur de biologie cellulaire, Université Paris-Descartes, Fondatrice de la société Rarecells
    Olivier Saint-Lary, Médecin généraliste, Professeur des Universités, Vice-Président du Collège Nationale des Généralistes enseignants (CNGE)
    Philippe Sansonetti, Professeur au Collège de France, Chercheur à l’Institut Pasteur et à l’Inserm
    David Sourdive, Co-Fondateur de Vice-Président de Cellectis ; Biotechnologies, cancer. 

    Le bureau est composé des personnalités suivantes : 

    Frédéric Bizard, Économiste, Sciences Po Paris, Expert au Sénat, Spécialiste des questions de Santé et de protection sociale, Président Fondateur
    Nathalie Pons-Kerjean, Praticien Hospitalier, Chef du service de Pharmacie, AP-HP, Secrétaire Générale
    Richard Hasselmann, Président de Libr’Acteurs, Administrateur  

    Les publications de l’Institut Santé sont consultables à l’adresse suivante : www.institut-sante.org

  • Data : Ineon Biotech propose une solution logicielle SaaS pour la gestion des composés chimiques

    Ineon Biotech a annoncé le 17 avril 2018 la commercialisation de sa solution de gestion de chimiothèque en mode SaaS, reposant sur la technologie du cloud, à destination des laboratoires de recherche académiques et privés.

    Fruit d’une collaboration d’experts issus de diverses disciplines scientifique, elle est censée apporter davantage de fiabilité dans le suivi des composés et permettre leur traçabilité complète en faveur d’une meilleure sécurité dans la gestion des stocks.

    Remplacer les feuilles Excel et réduire les risques d’erreur

    Le logiciel de gestion de chimiothèque est destiné aux chercheurs, scientifiques et autres professionnels des laboratoires de recherche dans le domaine de la pharmacie, de la chimie, de la cosmétique ou aux acteurs d’autres secteurs faisant appel aux composés chimiques dans le cadre de leur production industrielle.

    Ineon Lab Management Software (ILMS) est, selon ses fondateurs, une réponse à la problématique de gestion des composés chimiques pour laquelle il n’existait pas de solution logicielle adaptée et pour laquelle un outil comme une feuille d’Excel constituait la solution par défaut. Bruno Sargueil, conseiller scientifique d’Ineon et lui-même chercheur au CNRS, affirme que de nombreux chercheurs rencontrent de véritables difficultés chronophages au moment de rechercher les réactifs, ou lorsqu’ils souhaitent connaître leur disponibilité et établir un budget dans le cadre d’un projet.

    1,5 million d’euros pour une solution disruptive en mode SaaS

    Ineon Biotech est né sur les fondations d’un logiciel développé par la société Blue Soft. La confiance des investisseurs tel BNP Développement ou Bpifrance ayant permis à l’équipe de réunir 1,5 million d’euros a été cruciale pour le rachat du logiciel de base.

    De là, le logiciel a été repensé pour devenir une plateforme disponible en mode SaaS, basée dans le cloud, et dotée de fonctionnalités innovantes le toute placé dans une interface simple et ergonomique.

    Directement connectée au système d’information du laboratoire, elle permet d’assurer la traçabilité complète des composés et de leurs flux tout en réduisant les erreurs dans le cadre de projets globaux parfois gérés depuis plusieurs sites.

    Ineon Biotech propose son logiciel sous forme d’une version gratuite et ce avec des plug-ins sectoriels permettant une offre adaptée. Son président, Thierry Boccara, pense que la start-up a des perspectives de développement importantes, notamment grâce aux opportunités de vente indirecte via les fabricants de robots.

  • Biosency lève 800 000 euros pour sa solution de télé-suivi de patients souffrant de BPCO

    Biosency, start-up qui a développé un bracelet connecté de télé-suivi et de prévention dédié aux insuffisants respiratoires chroniques, a annoncé fin mars 2018 avoir bouclé une levée de fonds à hauteur de 800 000 euros.

    La levée de fonds, menée par Go Capital amorçage II, le Crédit agricole Ille-et-Vilaine Expansion, et des investisseurs privés de l’Ouest, doit permettre à Biosency de passer à l’industrialisation de son dispositif médical. Par ailleurs, l’expertise de nouveaux actionnaires la fera bénéficier d’un réseau de compétences dans le développement de sociétés médicales.

    Biosency vise la commercialisation de son dispositif dès janvier 2019 après obtention du marquage CE.

    Télé-surveiller, permettre des études cliniques et prévenir grâce au bracelet connecté

    La finalité première du dispositif mis en place par Biosency consiste dans le télé-suivi et la prévention en ambulatoire des patients souffrant d’insuffisance respiratoire et notamment de BPCO  (bronchopneumopathie chronique obstructive).

    L’objectif poursuivi par la start-up est d’améliorer la qualité de vie de ces patients et de faciliter leur prise en charge clinique en mesurant les paramètres cardio-respiratoires au repos et à l’effort des patients en ambulatoire.

    En parallèle, le dispositif peut être utilisé pour la constitution d’une cohorte de patients suivis en continu dans leurs conditions de vie réelles. Enfin, il s’inscrit également dans une démarche de prédiction et de prévention grâce à l’exploitation de données biométriques recueillies qui peuvent servir à prévenir les crises aiguës.

    Réduire les séjours à l’hôpital en facilitant le suivi à distance ou en les évitant grâce aux méthodes prédictives sont les autres objectifs poursuivis par Biosency.

    Étude clinique et conquête du marché européen

    Les prochaines étapes de développement sont la conduite d’une étude clinique et la soumission d’un dossier de demande d’autorisation de commercialisation en vue de l’obtention du marquage CE.

    Après le lancement sur le marché français, la start-up vise le marché européen et plus particulièrement des pays de l’Europe du Nord.