Des chercheurs de l’école de médecine de Pennsylvanie ont montré que la télémédecine pouvait augmenter le nombre de patients bénéficiant de consultations de génétique.
L’étude*, dont les résultats ont été présentés le 1er juin 2018 au congrès annuel de l’Asco (American Society of Clinical Oncology), met dans le même temps en évidence, que seulement un peu plus de la moitié des patients ayant bénéficié de ce conseil à distance ont effectivement subi des tests génétiques.
Tout patient souffrant d’un cancer doit pouvoir bénéficier d’une consultation d’oncogénétique. En France, ces consultations sont accessibles dans 147 sites répartis sur l’ensemble du territoire et 25 laboratoires réalisent les tests. Ces dernières accueillent aussi des membres de la famille des malades afin qu’ils fassent des tests de prédisposition génétique. Malgré ce bon maillage territorial, les délais de rendez-vous pour obtenir une consultation d’oncogénétique peuvent donc parfois atteindre un an. Aux États-Unis, si tous les malades traités dans des hôpitaux universitaires bénéficient de consultations d’oncogénétique, ce n’est pas le cas de ceux qui sont pris en charge dans des centres de santé communautaires.
Favoriser l’accès aux soins via la vidéo ou le téléphone
La télémédecine semble donc un moyen de combler cette lacune. Des chercheurs de l’Abramson Cancer Center de Pennsylvanie ont donc mené un essai randomisé, contrôlé pour savoir si des patients soignés dans des centres de soins bénéficieraient davantage de tests génétiques s’ils avaient accès à une consultation d’oncogénétique à distance, par téléphone ou vidéo.
Un groupe de 115 malades a donc été randomisé en deux groupes : un groupe a eu droit à une consultation de génétique par télémédecine et un groupe contrôle bénéficiait de la prise en charge habituelle. Les résultats de cette étude ont été présentés le 1er juin 2018 au congrès annuel de la American Society of Clinical Oncology qui s’est tenu à Chicago entre le 1er et le 5 juin 2018.
Résultats
Lors de la consultation d’oncogénétique par télémédecine, les malades étaient informés de la manière dont ils pouvaient accéder effectivement à un test.
- Sur 71 patients ayant bénéficié de ce conseil à distance, 55 d’entre eux (77%) sont allés au bout de la démarche et ont donc eu droit à une consultation d’oncogénétique.
- Sur les 36 patients du groupe contrôle, seulement 2 d’entre eux (6%) sont allés en consultation d’oncogénétique.
- 55% des malades appartenant au groupe télémédecine ont effectivement procédé à des tests génétiques contre 17% dans le groupe contrôle.
Par ailleurs, les participants du groupe contrôle bénéficiaient de l’information sur la consultation d’oncogénétique par téléphone ou par vidéo. Les auteurs de l’étude ont noté que la vidéoconférence favorisait davantage l’acquisition des connaissances et était associée à une diminution plus importante de la dépression chez les malades ayant pu en bénéficier comparé aux malades suivi par téléphone.
Les limites du conseil à distance
« Les données montrent clairement l’impact des services génétiques à distance, et cette étude met en lumière que cette approche de télémédecine améliore ce que les pratiques communautaires peuvent faire par elles-mêmes, a déclaré le Dr Angela Bradbury, auteur principal et professeur adjoint d’hématologie. Cela étant dit, il convient de noter que seulement 56% des patients qui ont bénéficié d’un conseil à distance ont subi des tests génétiques. Cela montre que nous avons encore du travail à faire pour aider les patients à obtenir cette information, qui peut sauver la vie dans certains cas. »