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  • Etude : la télémédecine facilite l’accès aux consultations d’oncogénétique (Asco)

    Des chercheurs de l’école de médecine de Pennsylvanie ont montré que la télémédecine pouvait augmenter le nombre de patients bénéficiant de consultations de génétique.

    L’étude*, dont les résultats ont été présentés le 1er juin 2018 au congrès annuel de l’Asco (American Society of Clinical Oncology), met dans le même temps en évidence, que seulement un peu plus de la moitié des patients ayant bénéficié de ce conseil à distance ont effectivement subi des tests génétiques.

    Tout patient souffrant d’un cancer doit pouvoir bénéficier d’une consultation d’oncogénétique. En France, ces consultations sont accessibles dans 147 sites répartis sur l’ensemble du territoire et 25 laboratoires réalisent les tests. Ces dernières accueillent aussi des membres de la famille des malades afin qu’ils fassent des tests de prédisposition génétique. Malgré ce bon maillage territorial, les délais de rendez-vous pour obtenir une consultation d’oncogénétique peuvent donc parfois atteindre un an. Aux États-Unis, si tous les malades traités dans des hôpitaux universitaires bénéficient de consultations d’oncogénétique, ce n’est pas le cas de ceux qui sont pris en charge dans des centres de santé communautaires.

    Favoriser l’accès aux soins via la vidéo ou le téléphone

    La télémédecine semble donc un moyen de combler cette lacune. Des chercheurs de l’Abramson Cancer Center de Pennsylvanie ont donc mené un essai randomisé, contrôlé pour savoir si des patients soignés dans des centres de soins bénéficieraient davantage de tests génétiques s’ils avaient accès à une consultation d’oncogénétique à distance, par téléphone ou vidéo.

    Un groupe de 115 malades a donc été randomisé en deux groupes : un groupe a eu droit à une consultation de génétique par télémédecine et un groupe contrôle bénéficiait de la prise en charge habituelle. Les résultats de cette étude ont été présentés le 1er juin 2018 au congrès annuel de la American Society of Clinical Oncology qui s’est tenu à Chicago entre le 1er et le 5 juin 2018.

    Résultats

    Lors de la consultation d’oncogénétique par télémédecine, les malades étaient informés de la manière dont ils pouvaient accéder effectivement à un test.

    • Sur 71 patients ayant bénéficié de ce conseil à distance, 55 d’entre eux (77%) sont allés au bout de la démarche et ont donc eu droit à une consultation d’oncogénétique.
    • Sur les 36 patients du groupe contrôle, seulement 2 d’entre eux (6%) sont allés en consultation d’oncogénétique.
    • 55% des malades appartenant au groupe télémédecine ont effectivement procédé à des tests génétiques contre 17% dans le groupe contrôle.

    Par ailleurs, les participants du groupe contrôle bénéficiaient de l’information sur la consultation d’oncogénétique par téléphone ou par vidéo. Les auteurs de l’étude ont noté que la vidéoconférence favorisait davantage l’acquisition des connaissances et était associée à une diminution plus importante de la dépression chez les malades ayant pu en bénéficier comparé aux malades suivi par téléphone.

    Les limites du conseil à distance

    « Les données montrent clairement l’impact des services génétiques à distance, et cette étude met en lumière que cette approche de télémédecine améliore ce que les pratiques communautaires peuvent faire par elles-mêmes, a déclaré le Dr Angela Bradbury, auteur principal et professeur adjoint d’hématologie. Cela étant dit, il convient de noter que seulement 56% des patients qui ont bénéficié d’un conseil à distance ont subi des tests génétiques. Cela montre que nous avons encore du travail à faire pour aider les patients à obtenir cette information, qui peut sauver la vie dans certains cas. »

  • Cap French Tech 2022 : soutenir les start-ups de la deeptech s’attaquant aux problèmes sociétaux

    Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au numérique a annoncé le 25 mai 2018 les priorités de la French Tech à horizon 2022 :
    • soutenir la croissance et notamment le changement d’échelle des start-ups de la deeptech (« start-up à forte intensité technologiques ») ;
    • lancer de nouvelles instances et de nouveaux programmes ;
    • établir une nouvelle feuille de route de la French Tech avec des actions échelonnées d’ici janvier 2019.

    La nouvelle feuille de route doit être publiée en septembre 2018 et un nouvel événement en faveur de la consolidation de l’écosystème est prévu, le sommet annuel de la French Tech, dont la première édition est fixée au janvier 2019.

    Créer un contexte favorable au changement d’échelle des start-ups françaises

    La priorité pour la mission French tech est de créer un contexte favorable à la croissance des start-ups technologiques dans l’objectif de faire de l’écosystème des start-ups français une référence en Europe et contribuer ainsi à asseoir à échelle européenne « l’Europe Tech ».

    Cela passera notamment par l’inscription dans l’action publique de mesures visant à :

    • soutenir les start-ups qui proposent de solutions aux grands défis sociétaux actuels et agissent en faveur du bien commun ;
    • accompagner les passages à échelle des start-ups à fort potentiel et capables de porter l’excellence française au niveau international.

    Les enjeux d’aujourd’hui et de demain de la French Tech

    Il y a aujourd’hui plus de 10 000 start-ups en France affichant une croissance de 30% chaque année depuis 4 ans.

    Néanmoins, les start-ups sont confrontées aux défis suivants :

    • une croissance difficile à mettre en œuvre  ;
    • une éparpillement d’acteurs et un besoin de consolidation du secteur ;
    • seulement quelques start-ups valorisées à plus d’un milliard de dollars – des « licornes ». Elles sont  extrêmement peu nombreuses en France (entre 3 et 7) alors qu’il y en a plus de 200 dans le monde ;
    • un système de financement et d’investissement peu développé comparé aux pratiques dans d’autres pays européens, bien qu’il soit en développement ;
    • un manque d’acteurs exploitant les innovations de rupture (réalité augmentée, IA, etc.).

    C’est pourquoi au sein de chaque ministère compétent, des correspondants start-up/innovation seront nommés afin d’intensifier le support des acteurs publics.

    Les acteurs de la nouvelle French Tech

    Une nouvelle organisation interne

    La mission French Tech se restructure également. Une nouvelle directrice a officiellement été nommée le 30 mai 2018 – Kat Borlongan. Elle aura pour rôle d’animer les programmes d’accompagnement public.

    Des comités des métropoles et des Hub French Tech seront organisés tous les 6 mois et portés par le secrétaire d’État au numérique.

    Par ailleurs, une concertation permanente en ligne sera ouverte afin d’encourager les initiatives et associer tous les acteurs à la définition des actions.

    Des partenaires historiques tels Bpifrance, Business France, la Caisse des dépôts et consignations, la DGE et d’autres continueront à soutenir les actions de la Mission.

    Une nouvelle feuille de route en septembre 2018

    Les grandes orientations de l’action publique étant fixées, l’élaboration d’une feuille de route détaillée de la nouvelle French Tech constitue l’étape suivante.

    Voici d’autres étapes importantes qui rythmeront le travail de la mission French Tech :

    • juin-août 2018 : des consultations et des groupes de travail seront organisés par la mission French Tech ;
    • septembre 2018 : présentation de la feuille de route French Tech 2022 ;
    • automne 2018 : relance des appels à projet pour les métropoles et les Hub French Tech ;
    • janvier 2019 : organisation du premier sommet annuel de la French Tech, un nouveau moment et un espace d’animation et de consolidation de l’écosystème.

  • PHW18 : Le GCS Sesan s’associe à MNH Group pour sa nouvelle plateforme régionale de télémédecine

    À l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, MNH Group, spécialiste de la télémédecine, a annoncé avoir remporté le marché du Groupement de Coopération Sanitaire Ile-de-France, GCS Sesan, en vue du déploiement de la nouvelle plateforme régionale de télémédecine pour la région Ile-de-France.

    C’est la solution Acetiam, née de la fusion d’Accelis et Etiam, qui a été retenue pour mettre en œuvre la plateforme ORTIF de seconde génération.

    L’appel à projet, ouvert en juin 2017 par le GCS SESAN visait à trouver une solution afin d’élargir le périmètre fonctionnel de la plateforme actuelle, Ortif. Elle permettra de couvrir de nouveaux usages dans le champ des urgences et du sanitaire, du médico-social et de l’ambulatoire pour des spécialités telles les urgences neurologiques, la télémédecine en Ehpad, l’autisme et poly-handicap, l’onco-dermato, le dépistage de la rétinopathie diabétique, etc.

    Elle permettra également d’accompagner les nouveaux usages en télémédecine des établissements sanitaires et des structures médico-sociales, des GHT, des structures publiques et privées et du secteur libéral ainsi que dans le cadre de l’ambulatoire.

  • Appels à candidatures : bourses d’étude sur l’IA ou le Big Data en santé par OpenHealth Institute

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, le 31 mai 2018, l’OpenHealth Institute (OHI) a annoncé le lancement de deux nouveaux appels à candidature pour des bourses de recherche sur l’IA ou les Big Data en santé.

    L’institut précise que ces bourses seront exclusivement attribuées pour des projets s’inscrivant dans « le domaine de la collecte ou de l’analyse des données massives [par des approches innovantes] à des fins de santé publique » ; les projets de « travaux faisant appel à des méthodes d’études classiques en épidémiologie et recherche clinique sont hors champ de cet appel ». 

    Ces bourses s’adressent à des étudiants ou à de jeunes professionnels qui se dédient à la recherche comme :
    – des étudiants en Master 2, en stage de recherche pour une durée de 4 à 5 mois ;
    – des Doctorants à la recherche de soutiens économiques leur permettant de mener leurs travaux de thèse ;
    – des jeunes chercheurs (post-Doctorants) en besoin de financements nécessaires à des missions au sein de laboratoires de recherche à l’étrangers, ou à la présentation de leurs travaux de recherche dans des conférences internationales.

    L’appel à candidature de l’Openhealth Institute 

    L’OpenHealth Institute mène chaque année depuis trois ans une campagne d’appel à candidatures pour l’attribution de bourses de recherche, d’un montant pouvant atteindre 7 000 euros : depuis sa création l’Institut a porté une vingtaine de projets de recherche, réalisés dans des laboratoires de santé publique, d’épidémiologie, de data science et sciences sociales d’Universités françaises ou internationales.

    Ces vingt travaux relèvent de thématiques diverses (du « traitement automatisé du langage naturel » comme de l’apport de la « téléphonie mobile dans l’estimation de la diffusion spatio-temporelle des épidémies », par exemple).  D’après le communiqué de l’Institut daté du 31 mai 2018, cette diversité de sujets illustrerait « la valeur que les données de santé peuvent générer concernant l’amélioration des connaissances en santé publique et l’amélioration de l’efficience des systèmes de santé ».

    Critères d’éligibilité et processus de sélection 

    La sélection des projets est réalisée par le Conseil Scientifique de l’OpenHealth Institute, réunion d’experts issus des secteurs de la santé, des sciences sociales et des data-sciences, composé de :

    • Pr Jacques Demongeot, directeur du pôle santé publique au CHU de Grenoble, président du conseil scientifique de l’Institut OpenHealth ;
    • Noël Bonneuil, directeur d’études à l’EHESS et directeur de recherche à l’INED ;
    • Dr Philippe Combes Praticien hospitalier au CH de Montperrin Aix-en-Provence ;
    • Pr Bruno Falissard, professeur de biostatistiques à la faculté de médecine Paris-Sud, directeur d’unité Inserm ;
    • Pr Marius Fieschi, professeur honoraire de santé publique à la faculté de médecine de Marseille, président de l’Institut OpenHealth ;
    • Pr Roch Giorgi, professeur de santé publique à la faculté de médecine de Marseille, directeur du SESSTIM ;
    • Pr Christian Hervé, directeur du laboratoire d’éthique médicale de l’université René-Descartes (Paris 5) ;
    • Pr Pierre Le Beux professeur honoraire de santé publique à la faculté de médecine de Rennes ;
    • Pr Christian Roux, directeur de la recherche et de l’innovation de l’Institut Mines-Telecom ;
    • Pr Christophe Tzourio, professeur à l’université de Bordeaux, directeur d’unité Inserm ;

    La sélection est fondée sur des critères :

    • de pertinence scientifique du projet ;
    • d’innovation : les projets retenus ont un caractère innovant ;
    • de qualité : maîtrise du sujet, méthodologie proposée, rigueur ;
    • de faisabilité : objectifs réalistes, faisabilité technique, faisabilité dans les délais ;
    • concernant les résultats attendus du projet ;
    • liés au candidat : formation et cursus, publications, laboratoire d’accueil, environnement scientifique.

    Candidature

    Peuvent se porter candidats, pour l’année universitaire 2018-2019 :

    • des étudiants en thèse ou en recherche de post-doc, avant le 7 septembre 2018;
    • des étudiants en Master 2 porteurs d’une approche innovante, avant le 16 novembre 2018. 

    Les candidatures doivent être déposées en ligne sur le site de l’OpenHealth Institute avant les dates limites indiquées ci-dessus.

    Plus de détails concernant les candidatures sont consultables sur le site de l’Institut via ce lien.

  • L’Institut Droit et Santé (Paris V) publie les supports de colloques sur le Big Data et la e-santé

    L’Institut Droit et Santé de l’Université Paris-Descartes organisait en mai 2018 deux colloques portant sur le Big data en santé (« du discours aux applications pratiques ») et sur « le rôle des organisations professionnelles dans le développement de la e-santé », dont les actes et supports de présentation ont été mis en ligne sur le site de l’Institut.

    L’Institut Droit et Santé met à disposition des internautes les supports des colloques et interventions organisées au printemps 2018 sur le Big Data en Santé et le développement de la e-santé : 

    • « Big Data en Santé : du discours aux applications pratiques » : le colloque était structuré en trois tables-rondes, portant sur « les acteurs du Big data en santé », « les applications du Big data en santé », « l’encadrement juridique des pratiques d’aujourd’hui et de demain ». Le programme et les comptes-rendus des tables-rondes sont accessibles en suivant ce lien.
    • Le rôle des organisations professionnelles dans le développement de la e-santé (3 mai 2018). Le jeudi 3 mai 2018, dans le cadre des Entretiens Droit et Santé, l’Institut Droit et Santé (IDS) a reçu Armelle Graciet, secrétaire de l’Alliance eHealth France. Cet entretien a été animé par Lydia Morlet-Haïdara, Maître de conférences HDR, membre de l’Institut Droit et Santé, Inserm UMR S 1145.

    L’Institut Droit et Santé réalise également une veille juridique bimensuelle, qui recense les évolutions législatives, règlementaires et de doctrine sur les sujets concernant la santé.

  • La Commission européenne veut stimuler l’adoption des services numériques en santé – communication

    La Commission européenne a publié en mai 2018 un document intitulé « Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions : permettre la transformation numérique des services de santé et de soins dans le marché numérique ; donner aux citoyens les moyens d’agir et construire une société plus saine ».

    Au « constat politique » proposé par la Commission s’ajoutent des « mesures supplémentaires à prendre par l’Union européenne » pour encourager l’adoption de solutions numériques en santé, pour garantir « l’accès sécurisé des citoyens aux données de santé et partage de ces données », pour contribuer à « l’amélioration de la qualité des données dans le but de promouvoir la recherche, la prévention des maladies et la personnalisation des soins de santé » et pour promouvoir « l’autonomie du patient » et « des soins centrés autour du patient ».

    Constat initial : « La santé et les soins dans un monde en mutation numérique »

    Au sein de l’Union européenne, les systèmes de santé sont confrontés à de nombreux défis comme le vieillissement, la multi-morbidité, les pénuries de main-d’œuvre, les maladies non transmissibles évitables, les affections neurodégénératives, les maladies rares et la résistance accrue aux antibiotiques. Les dépenses publiques consacrées à la santé augmentent régulièrement au sein des États membres de l’UE.

    La Commission européenne associe aux services numériques en santé de nombreux bénéfices 

    • Les outils numérique en santé peuvent permettre de trouver des solutions à ces problématiques. 
    • Ils sont également susceptibles de changer radicalement la manière dont les services de santé et de soins sont fournis aux patients.
    • Ils peuvent contribuer à assurer la continuité des soins au-delà des frontières, participer à la promotion de la santé et à la prévention des maladies, y compris sur le lieu de travail.
    • Ils peuvent soutenir la réforme des systèmes de santé et faciliter le passage de systèmes hospitalo-centrés à des structures de soins plus proches des patients et mieux intégrées.

    La Commission identifie toutefois des obstacles compromettant l’adoption des services numériques en santé

    Cependant, des freins existent encore pour l’utilisation des outils numériques : « les systèmes de santé ne disposent pas des informations essentielles qui leur permettraient d’optimiser leurs services, et les prestataires éprouvent des difficultés à générer des économies d’échelle pour proposer des solutions numériques optimales dans le domaine de la santé et des soins », rappelle la Commission.

    Mesures annoncées par la Commission pour galvaniser l’adoption des outils numériques en santé

    Il convient donc, d’après la Communication de la commission européenne, de prendre des mesures supplémentaires à l’échelle de l’Union pour accélérer l’usage optimal de solutions numériques dans le domaine de la santé publique et des soins de santé en Europe. Ainsi, la Commission prévoit plusieurs actions, notamment soutenir la coopération pour stimuler l’offre et l’adoption de services de santé numérique, ainsi que soutenir l’échange de pratiques innovantes et de bonnes pratiques. 

    Elle propose également de « mettre sur pied un mécanisme de coordination volontaire des autorités et parties prenantes permettant le partage des données et des infrastructures à des fins de prévention et de recherche ». La liste exhaustive des mesures annoncées par la Commission sont accessibles en suivant ce lien.

    La Commission annonce par ailleurs « soutenir toutes les actions (…) en mobilisant des fonds au titre d’Horizon 2020 et du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (haut débit et technologies de l’information et de la communication) issus des enveloppes actuelles, et envisager un soutien supplémentaire au titre du prochain cadre financier pluriannuel ».

  • PHW18 : La télémédecine et la fin de la T2A emportent l’adhésion des sondés – Baromètre santé Odoxa

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, l’institut de sondage Odoxa a présenté les résultats de la 12ème vague de son « Baromètre santé 360° ». Intitulé « Perception des Français et des Européens sur l’hôpital et la santé aujourd’hui et attentes pour l’avenir », le sondage regroupe les avis de plusieurs populations : des Français, des Européens (Allemands, Britanniques, Espagnols, Italiens), des personnels hospitaliers et des médecins.

    Il ressort du sondage que les sondés ont une perception globalement positive des professionnels de santé, qu’ils sont favorables à la suppression de la T2A et à l’introduction de modes de rémunération forfaitaires, et qu’ils plébiscitent l’usage de la télémédecine, du big data et des innovations en santé.

    Les professionnels et les établissements de santé bénéficient d’une image favorables auprès des patients

    Image globale des acteurs de santé 

    Le sondage montre que les personnels hospitaliers, notamment les infirmières, bénéficient d’une « excellente » réputation auprès des patients français, italiens, espagnols et allemands. En France, 94% des Français ont une bonne perception des professionnels de santé, « soit 10 points de plus que la moyenne européenne ».

    Perception des médecins et des infirmières 

    Les médecins sont jugés « privilégiés » (52%), « conservateurs » (59%), « corporatistes » (63%) et pas assez disponibles. Les infirmières bénéficient d’une meilleure réputation auprès des sondés. Mais médecins et infirmiers sont perçus par plus de 75% des Français comme des professionnels « compétents », « courageux » et « sympathique ». Ils reconnaissent à ces deux professions le fait d’être « débordées » (88% à 89%) et « insuffisamment reconnues »  (60% et 82%).

    Recommandation de la profession hospitalière

    50% des personnes interrogées envisagent de recommander à leurs enfants de s’orienter vers la profession de médecin. Les sondés sont moins favorables en ce sens à la profession hospitalière : 82% d’entre elles ne conseilleraient pas à leurs enfants de suivre cette voie professionnelle. 

    Perception quant à la rémunération des acteurs de santé 

    La majorité des sondés estiment correctement la rémunération des différents personnels de santé. Plus de 8 personnes interrogées sur 10 estiment que la rémunération des infirmières et des aide-soignantes est « largement insuffisante », rapporte Odoxa.

    Les acteurs de la santé sont « toujours très appréciés »

    • 85% des sondés disent avoir une bonne opinion des établissements de santé privés et publics ; 
    • 84% des Français jugent globalement « bonne » la qualité des soins en France ; 
    • la France se place en première position sur ces sujets.

    La nature de l’établissement, précise le sondage, « n’est pas le critère fondamental de choix des patients…c’est bien la recommandation de leur médecin qui prime, et c’est en fonction d’elle qu’ils choisissent leur établissement ».

    Interrogés sur leurs souhaits quant à l’avenir de l’hôpital, les Français « demandent toujours plus d’argent pour un hôpital toujours plus équitable plutôt que performant »

    Les sondés français se démarquent des autres sondés européens en ce qu’ils : 

    • considèrent que la justice et l’équité doivent l’emporter sur la performance (65%) ;
    • pensent que leur pays investit peu dans la santé alors la France est l’un des pays qui dépensent le plus en matière de santé ; 
    • sont convaincus qu’il faut accorder plus de moyens à la santé, « quitte à devoir réduire les investissements publics dans d’autres domaines » ; 
    • pensent que l’amélioration de la situation des établissements de santé doit passer par l’augmentation des effectifs, des moyens et des personnels ; 
    • privilégient les hôpitaux mieux dotés et regroupés (et plébiscitent en cela les GHT) ;
    • demandent un changement de gouvernance.

    Les Français sont prêts et accueillent favorablement les développements de la e-santé et l’essor du Big data en santé

    Les Français pensent que le développement de la e-santé va avoir un impact positif sur le parcours de soin du patient et sur la rémunération du médecin. Par ailleurs, les notions nouvelles de télémédecine, téléconsultation, télé-expertise et télésurveillance suscitent l’adhésion des personnes interrogées, malgré la persistance de certaines craintes concernant l’usage de la télémédecine.

    Par ailleurs, 82% des sondés approuvent l’accès en ligne à leurs données médicale, voulue par Agnès Buzyn, et 75% se disent près à y accéder dès qu’ils en auront la possibilité. 80% des répondants craignent toutefois les risques de piratage mais un peu plus de la moitié d’entre eux (55%) ont confiance dans les institutions pour protéger les donnés de santé.

    Les Français sont favorables à une évolution des modes de rémunération 

    Parmi les éléments marquants du sondage : 

    • Rémunération des médecins : 2/3 des médecins et près d’un sondé sur deux sont favorables à la fin de la tarification à l’acte et à l’introduction d’une forme de rémunération forfaitaire ;
    • Les 2/3 des sondés sont favorables à la suppression de la tarification à l’acte à l’hôpital ;
    • Une majorité de Français et de médecins sont favorables à la rémunération de la téléconsultation et de la télé-expertise.

  • Le CH Eure-Seine s’ouvre au numérique et initie un programme d’expérimentation en e-santé

    Le Centre Hospitalier Eure-Seine, dans un communiqué daté du 31 mai 2018, s’est affirmé comme « terrain d’expérimentation et d’expertise en e-santé ». En effet, le centre annonce le lancement d’un projet qu’il juge « majeur en terme d’aménagement du territoire, au regard des problématiques relatives à la santé, à la formation et au développement économique dans l’Eure ».

    La composante baptisée « Emergenc-e » du projet permettra notamment de mettre prochainement en place un parcours numérique du patient aux urgences. 

    Le Centre Hospitalier espère que la réalisation de ce projet permettra de répondre aux besoins des professionnels de santé eurois et de la population locale. Il souhaite également, par le caractère innovant de ce projet sur le territoire, se positionner comme précurseur et expert dans le domaine de la e-santé.

    Contexte et Partenariats

    Dans une démarche de développement et d’innovation, la récente mise en place d’un Centre d’innovation, de recherche clinique et d’innovation (CIRCE-NEV) en Normandie a fait émerger la nécessité de développer dans la région un axe numérique dans le domaine de la santé, axe de développement en cohérence avec la politique nationale de santé et les préconisations du rapport Villani.

    Pour développer des solutions numériques en santé dans la région, un partenariat a été recherché par le Centre Hospitalier Eure-Seine avec des collectivités territoriales telles que le Conseil Départemental de l’Eure, Evreux Portes de Normandie, Seine Normandie Agglomération. Le CH s’est par ailleurs associé à des établissements d’enseignement supérieur en lien avec le numérique et la santé, comme l’Université de Rouen et l’INSA de Rouen. Une collaboration avec l’union régionale des médecins libéraux a également été initiée pour développer le projet avec des professionnels de la santé.

    Un projet articulé en trois axes d’actions de e-santé 

    Le CH prévoit de déployer des outils numériques selon trois axes :

    • s’impliquer dans l’enseignement : dans le cadre de cet axe, un diplôme universitaire lié à la thématique « les soignants et l’environnement numérique » sera mis en place, à destination des étudiants du campus ébroïcien, en collaboration avec l’Université de Rouen ;
    • entretenir des liens avec le secteur économique de la e-santé : dans le cadre de cet axe, un congrès de dimension européenne dédié à la e-santé baptisé MedConnect sera organisé. Ce think thank sera mis en place en lien grâce au concours de deux agglomérations (Evreux et Vernon), et destiné aux professionnels de la santé et industriels de ce domaine. Il est prévu que ce congrès se tiendra au cadran d’Evreux, le 16 octobre 2018 ;
    • développer le projet EMERGENC-e, projet applicable aux services d’urgences, permettant d’aborder, sous un angle éventuellement expérimental et toujours ancré dans le tissu socio-économique et les besoins réels des soignants ou patients de la région, des thématiques de développement d’outils numériques et d’exploitation des données.

    Emergenc-e : développer un parcours numérique de prise en charge aux urgences

    Que permet de développer Emergenc-e dans les services d’urgences ?

    Emergenc-e est conçu pour proposer aux patients qui le souhaiteront une prise en charge numérique aux urgence, et ce de la procédure d’admission dans le service jusqu’au suivi post-urgence, a indiqué l’établissement dans le communiqué. « Une attention particulière sera portée à l’accompagnement du patient dans son parcours ainsi qu’à l’ergonomie et la facilité d’utilisation des outils numériques utilisés directement par le patient afin de faire en sorte que ce projet puisse s’adresser à la population la plus large possible », a-t-il ajouté.

    L’assise académique du projet

    « À chaque étape du parcours, il sera possible de mesurer et d’analyser les apports du numérique à l’exercice des soignants et à l’expérience des patients », a noté le CH.  En effet, ce projet comporte un volet expérimental : l’élaboration et l’étude du parcours impliqueront les laboratoires académiques de mathématique et d’informatique de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Rouen (Seine-Maritime). Ainsi, le CH espère non seulement comprendre les apports éventuels du projet à la prise en charge de patients en urgence, mais également qu’Emergenc-e ait un impact sur la formation des étudiants (internes, paramédicaux), en leur donnant la possibilité d’évoluer dans un environnement atypique à la pointe de la technologie numérique.

    Emergenc-e et socio-économie

    Les interactions avec le tissu socio-économique, notamment avec des partenaires tels que des entreprises spécialistes de la e-santé à l’échelle nationale ou régionale, seront fortement privilégiées via l’accès à un living-lab, déployé tout au long du parcours.

    Par ailleurs, ce projet est déposé dans le cadre de l’appel à manifestation intitulé « e-Santé Normandie », de la région Normandie. Il fait en outre l’objet du soutien de la Société française de médecine d’urgence et d’entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies.

  • Prise de rendez-vous en ligne au service de gynécologie : le CHU de Rouen s’associe avec Doctolib

    Dans un communiqué de presse Doctolib a annoncé le 29 mai 2018 que sa plateforme de service de prise de rendez-vous médicaux est désormais disponible pour les patientes du Centre Hospitalier Universitaire de Rouen souhaitant y recourir pour les consultations en gynécologie-obstétrique.

    Un service pour mieux piloter les consultations

    Le service est disponible depuis la plateforme de Doctolib, depuis le site du CHU de Rouen dans la rubrique de prise de rendez-vous à la maternité, mais également depuis le site de maternité dédié à l’obstétrique ouvert récemment par le CHU (www.maternité.chu-rouen.fr) afin de faciliter l’accès à ses spécialistes par les patientes.

    Le service inclut comme dans le cadre des déploiements précédents en CHU, un service de rappel de rendez-vous par sms ou mail pour prévenir les retards ou les oublis.

    Les praticiens hospitaliers peuvent via la plateforme de Doctolib gérer les priorités en recevant les patientes adressées par les confrères libéraux ou de l’hôpital en urgence. Ils peuvent également interagir avec elles en leur envoyant des instructions au préalable à la consultation (venir à jeun, apporter de la documentation, etc.) afin d’optimiser l’issue de la consultation.

    Pour Véronique Desjardins, la directrice générale du CHU de Rouen, ce partenariat s’inscrit dans la politique de modernisation de l’établissement et dans l’évolution des usages et des rapports avec le public via les outils numériques.

  • PHW18 : L’amélioration de la qualité de vie et l’IA, deux nouvelles notions dans l’évaluation (HAS)

    À l’occasion d’une table-ronde sur l’évaluation des solutions e-santé organisée lors du salon Paris Healthcare Week le mercredi 30 mai 2018, les questions suivantes ont été abordées :

    • la prise en compte de la valeur d’une solution et de l’amélioration de la qualité de vie des patients qu’elle apporte comme critères d’évaluation qui sont bien intégrées au processus de l’évaluation de la Haute Autorité de Santé (HAS) ;

    • l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur les modalités d’évaluation, où la validation du processus de fabrication semble se profiler comme méthodologie d’évaluation en accord avec les normes internationales.

    Sur ces questions, une contribution significative a été apportée par la représentante de la HAS, CNEDiMTS, Isabelle Adenot. Outre les clarifications sur la prise en compte des ces nouveaux critères lors du processus d’évaluation des solutions innovantes, elle a également dévoilé des travaux menés actuellement sur l’IA au sein de la HAS.

    Les financeurs doivent fixer un cadre

    À l’heure actuelle, l’évaluation des dispositifs repose sur des critères solides impliquant les fonctionnalités qui les caractérisent. Mais les valeurs médicale, organisationnelle et économique relatives à une solution innovante peuvent être difficile à juger, car souvent difficile à identifier à ce stade. Elles trouvent par ailleurs difficilement leur place dans les critère d’évaluation.

    C’est ainsi qu’ont émergé les critères d’évaluation ICHOM visant à définir la valeur d’une solution technologique à l’ensemble des acteurs du systèmes de santé, il s’agit de l’impact positif d’une solution.

    L’amélioration du pronostic du patient comme l’amélioration de sa qualité de vie sont des critères importants pour juger d’une solution, mais les financeurs sont ceux qui doivent décider comment ce deuxième critère peut être valorisé en définitive. Et les industriels doivent remplir leur part de contrat en fournissant des preuves du bénéfice apporté.

    La qualité de vie est-elle un sujet pour les évaluateurs ?

    La présidente de la Cnedimts a insisté sur le fait que la HAS tient bel et bien compte de l’apport quant à l’amélioration de la qualité de vie des solutions évaluées.

    Elle a également dévoilé pour le souligner un travail collaboratif en cours entre toutes les commissions de la HAS en vue de publier à la fin de l’année 2018 une étude sur les gains apportés par une solution en termes de qualité de vie du patient. Cet aspect va rentrer de plus en ligne en ligne de compte aussi bien du côté des financeurs que du côté des évaluateurs.

    Isabelle Adenot dévoilait également qu’au cours de ses évaluations, chaque commission de la HAS associait désormais aux membres qui la composent un spécialiste des nouvelles technologies, un geek, portant ainsi à 21, le nombre de participants à l’évaluation.

    L’IA dans l’évaluation: suivre les normes internationales et façonner un cadre

    La position de la HAS a déjà été formulée dans le cadre des états généraux sur la loi de la bioéthique. Le pré-requis pour l’acceptation de l’IA est de gagner la confiance des patients, du corps médical, des autorité et tous. Les dispositifs ayant recours à l’IA sont difficiles à évaluer car ils sont en constante évolution et perpétuel changement, et leur fonctionnement est insaisissable à un instant précis.

    C’est ainsi que se profile la méthode de l’évaluation du processus de fabrication, qui correspond aux normes internationales en train d’émerger. Mais, tout reste encore à faire de façon globale, comme à l’échelle nationale. C’est l’existence des normes de fabrication d’IA et une garantie de non-régressivité des logiciels qui rassurera les professionnels de santé et qui de ce fait ne verront pas d’inconvénient à y recourir. 

    Par ailleurs, actuellement à la HAS, des travaux pour proposer des principes d’évaluation méthodologique de l’IA sont en cours. Des chefs de projet de la HAS constituent une bibliographie pour faire un état des lieux de ce qui existe dans d’autres pays et un groupe de travail composé de méthodologistes et de spécialistes en IA a été constitué. Une publication couronnant ces travaux est attendue pour fin 2018.