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  • Visuchir : une appli de la Cnam et l’ATIH pour évaluer le développement de la chirurgie ambulatoire

    La Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) et l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) lance Visuchir, une application dédiée aux acteurs de la santé pour les aider à mesurer le potentiel de développement de la chirurgie ambulatoire, ont annoncé les deux organisations le 12 décembre 2018 lors d’une conférence de presse.

    Accessible en libre accès sur ordinateur, smartphone ou tablette via le site Scansante.fr de l’ATIH, le dispositif rassemble les données du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) des quelque 1 000 établissements de soins et sites hospitaliers pratiquant la chirurgie ambulatoire, avec un seuil minimum de 100 actes par an. Au total, 36 millions d’interventions chirurgicales ont été compilées dans les centres concernés entre 2014 et 2017.

    Visuchir va permettre aux établissements d’analyser de manière exhaustive leur activité chirurgicale et de se comparer entre eux au niveau national et régional mais aussi avec des établissements ayant un statut juridique équivalent (CHU, centres hospitaliers, centres de lutte contre le cancer, établissement de santé privés d’intérêt collectif, cliniques privées) ou une activité chirurgicale comparable (case-mix*), le but étant de les aider à tendre vers l’objectif de 70 % de chirurgie ambulatoire annoncé en 2017 par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn.

    L’idée est de proposer « une boîte à outils » par le biais d’une datavisualisation ainsi qu’un « outil de dialogue« , à destination à la fois des établissements et des Agences régionales de santé, a précisé Annelore Coury, directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins à la Cnam.

    Visuchir a été développé par la Cnam et la direction régionale du service médicale de la région Bourgogne-Franche-Comté, la visualisation des donnés par l’éditeur de solutions analytiques SAS.

    Visuchir contient :

    • environ 1 000 établissements chirurgicaux ;
    • 4 années de données ;
    • 24 millions de séjours chirurgicaux ;
    • 36 millions d’actes CCAM.

    L’application permet d’analyser l’activité d’un site à un niveau de granularité allant du taux brut de chirurgie ambulatoire au détail par interventions chirurgicales selon la classification commune des actes médicaux (CCAM).

    L’établissement peut ainsi se comparer à d’autres établissement de façon géographique, avec une carte faisant apparaître le volume et le taux de chirurgie ambulatoire des établissements et des sites voisins, mais aussi de façon tendancielle via une base de données 2014-2017.

    Deux indicateurs : performance et potentiel

    Le dispositif fait notamment apparaître :

    • l’indicateur de performance de chirurgie ambulatoire développé par la Cnam et l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), qui prend en compte :
      • le volume d’activité (50 %) ;
      • le case-mix (30 %) ;
      • l’innovation en chirurgie ambulatoire (20 %).
    • un indicateur de potentiel ambulatoire pour comparer les pratiques d’un établissement avec celles des 20 % d’établissements les plus avancés en chirurgie ambulatoire.

    Ce deuxième indicateur comporte une partie statistique globale et le potentiel ambulatoire par actes selon des « dires d’experts » sur le potentiel de chaque établissement : distinction entre 18 gestes marqueurs, les 55 gestes des procédures de mise sous accord préalables (MSAP), et les actes relevant de la chirurgie orthopédique, colo-proctologique ou générale et digestive.

    Il permet également de cibler les marges de progressions par le biais d’une typologie des patients éligibles à la chirurgie ambulatoire.

    « En croisant la performance et le potentiel, [nous avons] pu établir une matrice pour identifier les établissements ayant du potentiel et peu de performance, pour pouvoir les accompagner avec les ARS et l’assurance maladie », a commenté Annelore Coury (source : Ticsante.com).

    Un développement envisagé vers d’autres domaines que la chirurgie

    La Caisse de l’assurance maladie cherche aussi à transposer l’application Visuchir à d’autres domaines que la chirurgie, comme la pertinence des soins, afin d’accompagner la stratégie de transformation du système de santé annoncée par le gouvernement par le biais du plan « Ma santé 2022 ».

    Une formation spécifique

    • Des formations ont été mises au point au sein de l’École nationale supérieure de sécurité sociale (EN3S) afin de garantir une bonne maîtrise de l’outil Visuchir. Elles devront notamment accueillir des représentants des Agences régionales de santé (ARS).
    • Des discussions sont également en cours avec l’École des hautes études en santé publique (EHESP) pour aider les élèves-directeurs à appréhender l’application.
    • Un programme d’e-learning est par ailleurs accessible sur le site Scansante.fr.

    La Cnam a indiqué qu’elle allait poursuivre les procédures de MSAP à destination des établissements les plus en recul pour développer en leur sein la chirurgie ambulatoire.

  • Étude : le machine learning pourrait prédire qui va vieillir en bonne santé (Genome Biology)

    Des chercheurs américains du Salk Institute for biological studies (La Jolla, Californie) ont développé une méthode d’apprentissage automatique qui prédit l’âge avec une erreur de 4 ans, surpassant les méthodes utilisées précédemment. Ils ont analysé des cellules de la peau et ont recherché des signatures moléculaires pouvant prédire l’âge. Les résultats de leurs travaux* ont été publiés le 20 décembre 2018 dans la revue Genome Biology.

    Distinguer âges biologique et chronologique

    L’âge biologique et l’âge chronologique ne sont pas toujours identiques. Bien que l’alimentation, l’activité physique et d’autres facteurs jouent un rôle dans le vieillissement, de nombreux autres contributeurs expliquent pourquoi et comment certaines personnes vieillissent mieux que d’autres mais ils restent mal identifiés. Or, c’est un défi majeur qui consiste à identifier les biomarqueurs moléculaires et cellulaires du vieillissement car ils pourraient prédire la durée de vie et être utiles pour évaluer les changements de mode de vie et les stratégies thérapeutiques dans la poursuite du vieillissement en bonne santé.

    Des chercheurs en biologie appartenant au Salk Institute for biological studies, situé à La Jolla en Californie, ont développé une méthode de calcul pour prédire l’âge biologique de l’expression des gènes dans des cellules de la peau appelés « fibroblastes », en utilisant un ensemble de classificateurs d’apprentissage automatique.

    Ils ont généré un vaste ensemble de données sur le séquençage de l’ARN de lignées cellulaires de fibroblastes issues de 133 individus en bonne santé âgés de 1 à 94 ans. Ils ont choisi ce type de cellule pour deux raisons : premièrement, les cellules sont faciles à obtenir avec une simple biopsie cutanée non invasive ; deuxièmement, des études antérieures ont indiqué que les fibroblastes sont susceptibles de contenir des signatures de vieillissement.

    Des algorithmes pour prédire le vieillissement

    « Cette expérience a été conçue pour déterminer s’il existe des signatures moléculaires du vieillissement sur toute la durée de la vie, a expliqué Saket Navlakha, professeur adjoint au laboratoire de biologie intégrative du Salk Institute et auteur principal des travaux. Nous voulions développer des algorithmes permettant de prédire un vieillissement en bonne santé et un vieillissement en mauvaise santé, et essayer de trouver les différences. »

    Pour valider l’algorithme, l’équipe a utilisé des fibroblastes de 10 patients atteints de progéria, une maladie génétique caractérisée par un vieillissement accéléré.

    Un système d’apprentissage automatique (machine learning) a permis aux chercheurs d’adopter une nouvelle approche qu’ils ont qualifiée « d’évier de cuisine ».

    « Plutôt que de nous lancer dans cette recherche avec une idée de ce que nous voulions trouver, nous avons décidé d’examiner l’évolution de l’expression de tous les gènes codant pour les protéines et de laisser les algorithmes résoudre le problème, a déclaré Jason Fleischer, premier auteur de l’étude. Nous avons utilisé ce que l’on appelle une méthode d’ensemble d’apprentissage automatique d’ensemble. »

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 20 décembre 2018 dans Genome Biology.

    Résultats : une marge d’erreur de 4 ans

    • Les algorithmes ont permis de prédire l’âge de 133 autres individus avec une erreur médiane de 4 ans, un résultat bien plus précis que les algorithmes précédents utilisés pour prédire l’âge à partir de biomarqueurs.
    • Sur la base de l’analyse des signatures moléculaires des patients atteints de la progéria, âgés de 2 à 8 ans, le modèle a prédit qu’ils auraient environ 10 ans de plus que leur âge calendaire.

    Les auteurs de ces travaux estiment que le niveau de performance de prévision utilisant peu d’échantillons est encourageant mais que les performances de leur méthode augmenteront avec des échantillons supplémentaires.

    D’autres travaux sont donc nécessaires pour tester ce système de machine learning. Cependant, l’ensemble des données était beaucoup plus vaste que toutes les recherches de ce type jamais réalisées auparavant car il incluait un nombre considérable de personnes représentant plusieurs décennies. Les chercheurs ont d’ailleurs rendu les données publiques pour que d’autres chercheurs puissent les utiliser.

    En outre, la méthode d’ensemble a prédit que les patients atteints de progéria étaient significativement plus âgés que les témoins du même âge, ce qui suggère que les prédictions effectuées peuvent refléter l’âge biologique plutôt que l’âge chronologique.

    Le machine learning au service de la prévention

    Les chercheurs soulignent aussi que le fait que quelque chose soit prédictif du vieillissement ne signifie pas pour autant qu’il s’agit de la cause du vieillissement. Malgré tout, si les résultats sont validés, les médecins pourraient utiliser ce type d’analyse pour déterminer quand commencer le dépistage des affections liées à l’âge de leurs patients et les conseiller sur les choix de vie appropriés.

    Davantage de recherche doit être réalisée avant que des traitements préventifs puissent être développés. L’une des prochaines étapes consistera à rechercher ces signatures dans d’autres types de cellules.

  • L’appli MCI Connect et l’e-réfrigérateur LifeinaBox, prix Galien 2018 dans la catégorie « e-santé »

    MCI Connect, une application d’accompagnement pour les patients atteints de la maladie de Crohn portée par l’association Afa Crohn RCH France, et LifeinaBox, le mini réfrigérateur connecté pour le transport des médicaments fragiles développé par Lifeina, sont les lauréats « e-santé » du prix Galien 2018, dont la cérémonie s’est tenue le 12 décembre 2018.

    6 autres projets ont été couronnés :

    • volet « dispositif médical » : UrgoStart, un pansement pour faciliter le traitement des plaies chroniques – Urgo Medical ;
    • volet « accompagnement du patient » : 20Ans1Projet, une association qui accompagne les jeunes adultes gravement malades vers leur futur, scolaire ou professionnel, pour leur permettre de se projeter dans leur vie d’adulte après la maladie ;
    • volet « médicament » :
    – catégorie « médicaments utilisés en thérapeutique ambulatoire » : Hemlibra (émicizumab), un traitement pour l’hémophilie A – Roche France et Chugai Pharma France
    – catégorie « médicaments destinés aux maladies rares » : Spinraza (nusinersen), un traitement de l’amyotrophie spinale 5q – Biogen
    • volet « travaux de recherche » :
    – Prima, un implant pour restituer une vision bionique chez des patients atteints de DMLA sèche  – Pixium Vision ;
    – recherche sur le remplacement des voies aériennes par une matrice aortique supportée temporairement par une endoprothèse – Pr Emmanuel Martinod.

    Deux solutions de e-santé décrochent le prix Galien

    Catégorie « applications & sites web » : MICI Connect (FA Crohn RCH France)

    Développé par l’association AFA Crohn RCH France, MICI Connect est une plateforme d’accompagnement en ligne pour les patients atteints de la maladie de Crohn visant à améliorer leur parcours de soins et leur qualité de vie.

    Le dispositif propose :

    • un accompagnement personnalisé pour chaque patient avec des suggestions de contenus adaptés à sa situation et à son parcours ;
    • un accès à un carnet de santé en ligne ;
    • des scores d’activité de la maladie, de fatigue et de qualité de vie pour assurer un meilleur suivi entre deux consultations ;
    • un espace « bien-être » avec des séances de relaxation ou d’auto-hypnose ;
    • un espace « patient-chercheur » pour participer à des enquêtes et améliorer les connaissances sur les maladies et le « vivre avec » ;
    • un espace « prévention » pour sensibiliser à l’activité physique, à l’arrêt du tabac, le tabagisme aggravant la maladie de Crohn, à une bonne alimentation et à la prévention des cancers.

    Les utilisateurs peuvent également échanger entre malades ou proches grâce à une messagerie privée.

    Catégorie « objets connectés » : LifeinaBox (Lifeina)

    Conçu par la société Lifeina, LifeinaBox est un mini réfrigérateur connecté conçu pour le transport et la gestion du stockage des médicaments fragiles, comme l’insuline, un problème de conservation pouvant entraîner une perte d’efficacité du médicament et donc représenter un danger potentiel pour la santé du patient.

    Le dispositif, qui présente une autonomie pouvant aller jusqu’à 24 heures, est connecté à une application qui suit la température des médicaments en temps réel ainsi que la durée de vie des batteries et qui envoie des rappels de prises de médicaments à l’utilisateur.

    L’objectif est de faciliter la vie des patients et d’améliorer l’observance de leurs traitements médicamenteux lors de leur déplacement, notamment à l’étranger.

  • Aeras

    Assurer et Emprunter avec un risque aggravé de santénull

  • Note aux abonnés : bonnes fêtes de fin d’année, reprise de la publication le 7 janvier 2019

    Chers abonnés,

    L’équipe de Health & Tech Intelligence vous souhaite de joyeuses fêtes de Noël et de fin d’année. Nous aurons le plaisir de vous retrouver dans notre rythme quotidien de publication à compter du 7 janvier 2019, et vous réservons pour 2019 encore plus de contenus et de nouveaux sujets. La plateforme reste accessible pendant les fêtes pour que vous puissiez consulter la base de données.

    Bonnes fêtes à tous,

    L’équipe H&TI

  • Éclairer la survie des personnes atteintes de cancer pour améliorer leur assurabilité (rapport)

    Améliorer les connaissances sur l’impact des différents cancers en matière de santé publique, tel est l’objectif du rapport publié le 18 décembre 2018 par l’Institut national du cancer, le réseau des registres des cancers Francim, le service de biostatistique des Hospices civils de Lyon et Santé publique France.

    Le but de ce document, portant sur la survie des personnes atteintes d’un cancer en fonction du temps écoulé depuis le diagnostic, est plus particulièrement de nourrir l’évolution de la grille de référence de la convention Aeras et de faciliter l’accès aux assurances des personnes ayant eu un cancer.

    Il s’agit du premier rapport basé sur la survie nette et conditionnelle. La survie nette correspond à la survie observée si la seule cause de décès est le cancer. La survie conditionnelle fournit des informations complémentaires sur l’évolution du pronostic. La probabilité de survie est actualisée afin d’établir un pronostic dynamique. Elle permet d’étudier la survie à long terme avec plus d’efficacité.

    L’étude se base sur les données issues des registres des cancers métropolitains pour la période 1989-2013, sur les 15 tumeurs les plus fréquentes chez la femme et les 17 chez l’homme.

    Il en ressort par exemple que pour une série de cancers (ORL, mélanome, col utérin, ovaire, sein, système nerveux central), le risque de décès augmente durant la 1ère et la 2ème année suivant le diagnostic avant de diminuer.
    Pour d’autres cancers, le risque de décès à la cinquième année suivant le diagnostic reste supérieur à 10 %,  comme pour la moitié des cancers étudiés chez les hommes (cavité orale, foie, hypopharynx, œsophage, oropharynx, pancréas, poumon, système nerveux central).

  • Les prothèses ludiques d’e-Nable France décrochent le prix « Nouvelles technologies » de Klésia

    L’association e-Nable France est le premier lauréat de la catégorie « Nouvelles technologies 2018 » des prix 2018 « Klésia accompagnement et handicap », remis début décembre 2018. Grâce aux technologies de l’impression 3, le projet du vainqueur, nommé « Donner la main à un enfant« , favorise l’autonomie des enfants amputés des doigts ou de la main, ou nés sans membres. L’équipe d’e-Nable conçoit et fabrique des appareils d’assistance et les met à disposition des jeunes personnes handicapées concernées. Ces prothèses ludiques et coloriées sont renouvelées au fur et à mesure de la croissance des enfants.

    Le prix « Nouvelles Technologies » récompense un projet qui, par un outil ou équipement technique, technologique ou numérique, améliore concrètement la qualité de vie des personnes handicapées et de leurs proches. Il s’agit de la nouveauté de la 11ème édition des « Prix Klésia accompagnement handicap ». Chaque année, le groupe de protection social Klésia couronne des associations ou fondations qui agissent pour les personnes en perte d’autonomie, handicapées ou dépendantes.

    Les trois autres catégories étaient :
    • « Emploi » : pour des actions en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap ;
    • « Avance en âge » : pour des actions de prévention ou d’accompagnement du vieillissement des personnes en situation de handicap ;
    • « Aide aux aidants » : pour récompenser une action de soutien destinée aux proches aidants des personnes en situation de handicap.

  • MSSanté : l’Asip Santé propose un kit d’accompagnement en ligne pour les établissements de soins

    L’Asip Santé met à la disposition des établissements de santé un dispositif d’accompagnement en ligne pour guider les professionnels « dans chaque étape de leur projet MSSanté », annonce l’opérateur public dans un communiqué publié le 10 décembre 2018. Le kit se compose de dix modules, allant de l’installation de la solution technique à l’utilisation de la messagerie électronique sécurisée dans les services. Ils sont disponibles en libre consultation et téléchargement sur la plateforme de formation de l’Asip.

    L’outil a été déployé à la suite du retour d’expérience mené par l’équipe d’accompagnement auprès de 1 500 établissements de santé.

    L’Asip Santé pilote depuis 2015 le déploiement du système MSSanté auprès des centres de soins. Actuellement, 2 000 établissements ont entrepris la démarche d’une intégration, 1 000 sont raccordés à l’espace et plus d’un million de messages sont échangés chaque mois en moyenne.

    Les 10 modules de formation proposés :
    • cadre juridique de la santé numérique ;
    • cadre d’interopérabilité : des systèmes d’information communicants pour favoriser la coopération des professionnels ;
    • politique générale de sécurité : un cadre commun pour garantir la sécurité des systèmes d’information de santé ;
    • sécurité opérationnelle des systèmes d’information de santé ;
    • service Signalement-santé.gouv.fr : portail de signalement des événements indésirables graves ;
    • service Simphonie : simplification et dématérialisation du parcours patient ;
    • outil d’évaluation multidimensionnelle (CNSA, Maia) : évaluation des personnes âgées : comprendre le fonctionnement de l’instrument InterRAI Home Care, système d’évaluation de soins à domicile ;
    • l’écosystème : les acteurs de l’écosystème de la e-santé ;
    • messageries sécurisées de santé (MSSanté) : les systèmes de messageries sécurisées interopérables de santé ; 
    • données de santé et hébergement : le cycle de vie de la donnée de santé.

  • Rencontres FHP 2018 : la santé numérique comme vecteur d’humanisation des soins

    La plénière sur la santé numérique des Rencontres FHP, qui se se sont tenues les 13 et 14 décembre 2018, a posé la question des conséquences des avancées technologiques pour les acteurs de santé.

    Pour les trois intervenants – Dominique Pon, directeur de la clinique Pasteur de Toulouse, le Pr Guy Vallancien, chirurgien, et le Pr Stanislas Lyonnet, directeur de l’Institut des maladies génétiques Imagine -, le développement de la santé numérique impose un changement de perspectives notamment en ce qui concerne :

    • le modèle de financement : les partenariats scientifiques et financiers sont à envisager de manière globale, coopérative, associant le mécénat privé, les partenariats industriels et publiques ;
    • l’organisation : plus collective, transversale et créatrice de valeur pour une concurrence efficace face aux GAFA ;
    • l’anticipation des besoins en termes de formation des médecins à ces technologies et à ce qu’elles changent dans le rapport aux malades. 

    D’ici 10 ans, la santé numérique, notamment l’intelligence artificielle appliquée au secteur des soins, réduira les besoins en termes de médecins spécialistes aux cas les plus complexes et re-sacralisera le colloque singulier, recréera du lien et bénéficiera à la médecine globale, c’est-à-dire aux médecins généralistes, estime le Pr Guy Vallancien. La santé numérique serait alors un vecteur de (ré)humanisation des soins.

    Santé numérique : quelles avancées pour la médecine, quelles conséquences pour les acteurs de santé ?

    Durant cette session des rencontres de la FHP, trois conséquences des avancées technologiques au service de la santé ont été débattues.

    Un modèle partenarial pragmatique

    L’institut Imagine a choisi un modèle qui intègre le soin et la recherche, créatrice de valeur ajoutée, en basant sa coopération scientifique sur des partenariats publics/privés. Grâce à cette approche, il a obtenu le label d’institut hospitalo-universitaire.

    Selon le Pr Stanislas Lyonnet, cette approche leur a permis d’attirer des partenaires privés comme la plateforme de data science Dr Warehouse. Cette proximité soins-recherche a également favorisé l’obtention d’un contrat de recherche universitaire d’envergure sur les maladies cœliaques, basé sur l’intelligence artificiel.

    Cette recherche de valeur ajoutée, y compris dans la diversité des partenariats, est un atout à l’heure où les GAFA investissent massivement dans la santé.

    L’autre raison d’être optimiste, d’après Dominique Pon, est la richesse de la recherche et de l’innovation en France, qui entraîne la création de nombreuses start-ups. « Il y a de la matière et de l’imagination. Nous créons de la valeur sans pour autant copier les modèles anglo-saxons », explique-t-il.

    Une organisation plus collective

    Cet optimisme se tempère dès que l’on parle de bien commun. « Nous sommes entre le fantasme et la frustration », note Dominique Pon. Les innovations, les outils, les solutions existent et sont efficaces mais la pensée collective semble plus difficile à développer. « Nous manquons de projet numérique humaniste alors que cette évolution est aussi importante que celle de l’imprimerie », souligne le directeur de la clinique Pasteur de Toulouse. Une piste de solution serait d’aller vers une gouvernance collective, avec une répartition clairement définie des différents acteurs, et des normes communes. Selon Dominique Pon, c’est le collectif qui créera du sens.

    Une anticipation du changement de rôle des médecins

    L’université est-elle en adéquation avec cette évolution du soin, de la prise en charge ? Guy Vallancien estime qu’elles restent sur leurs acquis et n’anticipent pas. « Nous sommes dans un vieux monde qui n’a pas encore compris la puissance que gère le numérique », déclare-t-il. Les technologies de santé et l’intelligence artificielle vont devenir un outil d’aide au diagnostic majeur mais aussi d’acte, comme pour la chirurgie « téléguidée », détaille-t-il, ajoutant que c’est la combinaison de la capacité de calcul de l’ordinateur et du savoir médical de l’Homme qui donnera la meilleure réussite.

    Dans ce modèle, la valeur ajoutée de l’expertise des hyper-spécialistes est la plus remise en cause par les capacités informatiques et le transfert de tâches techniques à la machine. « La médecine globale, c’est-à-dire le médecin généraliste, sera d’autant plus nécessaire, pour les cas non-programmés mais surtout pour retrouver la primauté du lien », explique le chirurgien. Le développement de la santé numérique permettrait paradoxalement, selon lui, de libérer les professionnels de la technique et de réhumaniser le soin, avec comme intégrateur de ce lien, le médecin généraliste.

    Une réflexion qui amène le Pr Guy Vallancien a appeler à la réduction du nombre d’étudiants en médecine pour ne pas « créer de futurs chômeurs » et à l’injection de personnels médico-techniques qui accompagneront l’usage de ces technologies de santé.

  • Une capsule connectée via Bluetooth pour administrer la bonne dose de médicament au bon moment (MIT)

    Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), de Draper et du Brigham and Women’s Hospital ont conçu par impression 3D une capsule à ingérer pouvant être contrôlée à distance via Bluetooth afin de suivre et d’adapter avec davantage de précision un traitement médicamenteux sur une personne donnée ou encore de surveiller certains signes vitaux. Les résultats de leurs travaux* ont été publiés le 13 décembre 2018 dans le magazine Advanced Materials Technologies.

    La capsule est à même de rester dans l’estomac pendant au moins un mois, précise le MIT dans un communiqué. Elle a été mise au point pour transmettre des informations sur le smartphone de l’utilisateur et répondre à des instructions.

    Le dispositif peut être personnalisé pour ajuster la dose du traitement, en particulier dans les cas où le médicament doit être pris sur une longue période (VIH, paludisme…). Il peut aussi servir à détecter des infections, des réactions allergiques ou autres pour ensuite libérer dans l’organisme un médicament en réponse.
    Ses concepteurs indiquent que la capsule pourrait aussi être capable de communiquer avec d’autres dispositifs médicaux portables et implantables afin de regrouper des données et de les envoyer sur le smartphone du patient ou du médecin.

    L’idée est de « fournir une surveillance et un traitement en boucle fermée », synthétise Giovanni Traverso, chercheur invité au département de génie mécanique du MIT et l’un des principaux auteurs de l’étude.

    Une capsule dotée de bras contenant divers médicaments

    Une capsule en forme de Y qui se loge dans l’estomac

    L’équipe de chercheurs a élaboré en 2016 un dispositif en forme d’étoile à six bras qui se replient pour ensuite s’enfermer dans une capsule lisse. Après avoir été avalée, la capsule se dissout et les bras s’étendent, permettant à l’appareil de se loger dans l’estomac. Basé sur le même fonctionnement, le nouveau dispositif se déploie en forme de Y après avoir été ingéré, un procédé lui permettant de se loger dans l’estomac pendant environ un mois, avant de se diviser en petits morceaux et de passer dans le tube digestif.

    Des compartiments qui pourraient être ouverts à distance

    L’un des bras en question est doté de quatre compartiments pouvant contenir divers médicaments, qui peuvent être emballés dans des polymères pour ensuite être libérés progressivement sur plusieurs jours. Les chercheurs prévoient également de concevoir des compartiments pouvant être ouverts à distance via Bluetooth.

    Des capteurs pour détecter des signes vitaux

    L’appareil peut également être équipé de capteurs afin de surveiller l’environnement gastrique de la personne et de transmettre les données recueillies par le biais d’un signal sans fil.

    Dans des travaux passés, l’équipe de Yong Lin Kong, professeur assistant à l’université de l’Utah et auteur principal de l’étude, a élaboré des capteurs capables de détecter des signes vitaux tels que la fréquence cardiaque et le rythme respiratoire. Dans ce nouvel article, elle a démontré qu’un capteur pouvait indiquer quelle était la température de l’utilisateur en envoyant l’information sur un smartphone à portée de main.

    Protection de la vie privée : l’importance d’une puissance de connexion limitée

    Le fait de limiter la portée de la connexion « est une amélioration de sécurité souhaitable », note Yong Lin Kong, qui précise que « l’isolement automatique de la puissance du signal sans fil dans l’espace physique de l’utilisateur pourrait protéger l’appareil des connexions non désirées, offrant ainsi un isolement physique pour une sécurité et une protection de la vie privée accrues. »

    Un outil pour obtenir un diagnostic précoce

    Les chercheurs envisagent d’utiliser ce type de capteurs afin de diagnostiquer les signes précoces d’une maladie donnée pour ensuite réagir en conséquence en administrant le médicament approprié.

    • L’appareil pourrait par exemple permettre de surveiller les conditions de santé de certaines personnes présentant un haut risque d’infection, comme les patients recevant une chimiothérapie ou des médicaments immunosuppresseurs. Si une infection est détectée, la capsule commencerait à libérer des antibiotiques.
    • Il pourrait aussi être conçu pour libérer des antihistaminiques lorsqu’il détecte une réaction allergique.

    La version actuelle de l’appareil est alimentée par une petite pile en oxyde d’argent. L’équipe de Yong Lin Kong étudie la possibilité de remplacer la batterie par d’autres sources d’alimentation, telles qu’une antenne externe ou un acide stomacal.

    D’autres capteurs en train d’être testés

    Les chercheurs travaillent au développement d’autres types de capteurs pouvant être intégrés aux capsules.

    Dans ces travaux, ils ont testé le capteur de température sur des porcs et estimé qu’ils pourraient peut-être commencer les expérimentations sur des patients humains dans environ deux ans. Ils ont d’ailleurs lancé une entreprise qui travaille au développement de la technologie à usage humain.

    La recherche a été financée par la Fondation Bill et Melinda Gates et les National Institutes of Health par l’intermédiaire de Draper.