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  • Étude : un algorithme mesure les chances de réussite des thérapies cognitives par internet (AJP)

    Des chercheurs suédois du Karolinska Institute ont mis au point un algorithme semi-automatisé qui évalue le risque d’échec d’un traitement de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) par internet. Chez les patients les plus à risque d’échec, l’adaptation du traitement s’est traduite par une réduction plus importante des symptômes. Les résultats de cette étude* publiée le 30 janvier 2019 dans l’American Journal of Psychiatry suggèrent qu’un algorithme permet d’améliorer les chances de réussite des TCC en ligne.

    Les TCC par internet : efficaces mais pour qui ?

    Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) par internet se sont avérées efficaces dans le traitement de la dépression, des attaques de panique, des troubles du sommeil et d’autres troubles psychologiques. Au cours des 20 dernières années, de nombreuses études ont montré que ces techniques faisaient jeu égal avec les traitements traditionnels en face à face. En Suède, cette approche a d’ailleurs été largement adoptée en pratique clinique.

    Cependant, comme n’importe quel traitement, les bénéfices des TCC en ligne sont variables selon les patients mais les facteurs de réussite d’une telle stratégie n’ont pas encore été identifiés.

    Un algorithme pour prédire les échecs

    Des chercheurs suédois du Karolinska Institute ont donc souhaité mener des travaux afin d’évaluer les bénéfices d’un traitement adaptatif chez les patients les plus à risques d’être en échec, et ce en utilisant les données de base et les données des premières semaines de traitement pour prédire le résultat final.

    Cette prédiction permettait alors au thérapeute d’intensifier et de personnaliser le traitement, sans attendre d’être en échec.

    Concrètement, après 4 semaines de thérapies cognitivo-comportementales par internet (sur un programme de 9 semaines), les scientifiques ont procédé à une évaluation structurée du risque individuel d’échec à l’aide d’un questionnaire et d’un outil fondé sur un algorithme. Les patients ont ensuite été classés comme faisant face à un risque faible ou élevé d’échec, c’est-à-dire des bénéfices insuffisants. Les personnes à haut risque ont été assignées au hasard soit au traitement, soit à un soutien supplémentaire et à un traitement ajusté.

    Les résultats de cet essai contrôlé randomisé incluant 251 patients souffrant d’insomnie ont été publiés le 30 janvier 2019 dans l’American Journal of Psychiatry.

    Résultats

    • L’algorithme a permis de classer 102 patients comme étant à risque d’échec du traitement.
    • 71 % des participants ont fourni l’ensemble des données permettant d’établir la prédiction.
    • Les patients qui n’étaient pas à risque présentaient des réductions de score de gravité de l’insomnie plus importantes que tous les autres groupes.
    • L’adaptation de la TCC par internet permettait de réduire davantage les symptômes d’insomnie que la poursuite du traitement standard (par internet également).
    • L’intensification du traitement nécessitait en moyenne 14 minutes supplémentaires de temps entre thérapeute et patient lors de la semaine restante.
    • 1,2 % des patients se sont détériorés sans traitement adapté et 0 % avec adaptation.

    Un premier pas vers la personnalisation des TCC par internet

    « Les résultats indiquent qu’il existe une évaluation précise des patients susceptibles ou non de bénéficier de la quatrième semaine de traitement », a déclaré Erik Forsell, psychologue et doctorant au département de neurosciences cliniques du Karolinska Institute. Les chercheurs considèrent donc cette étude comme une première étape dans la personnalisation de la thérapies cognitivo-comportementales par internet.

    Une des limites de ces travaux est que les thérapeutes étaient conscients que les patients à risque risquaient d’être en échec thérapeutique, ce qui pourrait affecter leur performance (les obligeant à abandonner ou à faire un effort supplémentaire). Cependant, cet effet est moins probable dans le contexte du traitement fourni en ligne de cette étude, dont une grande partie est normalisée et pour lequel les thérapeutes sont supervisés en termes de temps passé.

    Une autre limite est que le temps passé à envoyer du matériel aux patients du groupe de traitement adapté ou d’essayer, mais sans succès, de joindre quelqu’un au téléphone n’a pas été mesuré. Les patients à risque bénéficiant de soins standard recevaient globalement moins de temps, probablement parce qu’ils étaient inactifs.

    Vers une validation de l’algorithme

    Quant à l’algorithme, il n’avait pas été préalablement validé. « Si cela avait été le cas, la prédiction aurait pu être plus précise et donner ainsi des résultats plus clairs, soulignent les chercheurs. Bien que les résultats de cet essai soient déjà assez clairs, des études supplémentaires sont encore nécessaires pour optimiser et automatiser de tels algorithmes afin de maximiser leur utilité. »

  • EIT Health : appel à candidatures pour entrer dans le programme European Health Catapult

    EIT Health, avec le soutien de Health Axis Europe*, lance un appel à candidatures pour le European Health Catapult (EHC), un programme de formation et un concours visant à stimuler le développement de jeunes entreprises européennes les plus prometteuses. Les candidats doivent présenter une solution centrée sur la biotech, la medtech ou la santé numérique.

    Les dossiers doivent être déposés en ligne sur Eithealth.optimytool.com avant le 27 mars 2019.

    EHC récompense les meilleurs concepts commerciaux issus des domaines des technologies médicales, des biotechnologiques et de la santé numérique en Europe. Au total, le programme soutient 42 start-ups européennes, qui bénéficient d’une formation de haute qualité en matière de conception de business plan, de négociation de contrats et de coaching pour apprendre à pitcher, ainsi que d’un accès facilité à des investisseurs de haut niveau.

    EIT Health est un réseau d’innovateurs de premier plan en matière de santé, soutenu par l’Union européenne.

    Qui peut participer ?

    European Health Catapult (EHC) est ouvert aux micro et petites entreprises (moins de 50 employés), aux spin-off et aux start-ups (déjà développées) de toute la communauté de l’EIT Health qui :

    sont actives dans les domaines des technologies médicales, de la biotechnologie et de la santé numérique

    sont déjà développées et opèrent dans un pays de l’UE

    ont des concepts commerciaux innovants

    recherchent un financement de série ou de série A d’au moins 500 000 euros

    Avantages pour les lauréats

    En intégrant le programme EHC, les participants ont la possibilité de rejoindre « un forum unique pour les innovateurs », indiquent les organisateurs sur le site officiel de l’European Health Catapult.

    • Formation 360 ° : optimiser son business modèle et renforcer sa capacité à se présenter devant des investisseurs de haut niveau et des experts du secteur ;
    • visibilité : pitch devant des investisseurs faisant partie des leaders mondiaux du secteur des technologies médicales, des biotechnologiques, de la pharmaceutique et de l’informatique ;
    • connexion entre pairs : avec des entreprises en démarrage innovantes du secteur de la santé de toute l’Europe et un programme riche d’anciens élèves avec des événements de suivi en réseau ;
    • services : accès à l’écosystème et aux services uniques de l’EIT Health Accelerator dans des domaines cruciaux tels que la validation clinique (living labs et bancs d’essais) et la préparation du marché à l’internationalisation (GoGlobal), etc.
    • prix : 40 000 € pour le gagnant de chaque catégorie.

    Déroulé du concours et montant des prix

    Des prix seront remis aux gagnants des trois étapes du EHC.

    • Présélection : lors des présélections régionales, 42 équipes au total (14 par catégorie) seront nommées pour les demi-finales. Les demi-finales comprendront : l’examen du business plan, la formation sur le terrain ainsi qu’un accès à des experts et à des investisseurs. Les équipes recevront une subvention de voyage pour les demi-finales.
    • Demi-finales : lors des demi-finales spécifiques à chacune des trois catégories, 21 équipes seront nommées pour la finale et recevront une invitation à se présenter à l’EIT Health Summit en décembre. Ils recevront une bourse de voyage. Pour une visibilité accrue, chacun des 21 finalistes reçoit une somme consacrée à la production d’une vidéo de présentation qui sera incluse dans les relations publiques EIT Health.
    • Finale : lors de l’EIT Health Summit, les « best of the best » business plans  des catégories medtech, biotech et santé numérique seront sélectionnés par un panel d’experts.
      • Le montant total des prix attribués par EIT Health sera de 210 000 € :
        • 1ère place : 40 000 € (pour chaque catégorie) ;
        • 2ième place de 20 000 € (pour chaque catégorie) ;
        • 3ième place : 10 000 € (pour chaque catégorie).

    Calendrier du concours

    • sélections régionales : avant la fin mai 2019 ;
    • demi-finales :
      • biotech : Delft (Pays-Bas), 24-26 septembre 2019 ;
      • medtech : Saint-Sébastien (Espagne), 30 septembre-2 octobre 2019
      • santé numérique : Londres (Angleterre), 8-10 octobre 2019 ;
    • finale : EIT Health Summit, 3-4 décembre 2019.
  • Lyon Métropole : un pôle santé et numérique ouvrira à l’été 2019 au Bioparc Lyon

    Bioparc Lyon est un parc d’entreprises technologiques dédiées aux sciences de la vie situé au cœur du quartier hospitalier de Lyon. Le site continue son développement et accueillera notamment le centre de santé Médicina et Bioserra, un bâtiment collectif consacré à la recherche en santé. Bioparc Lyon passera de 400 collaborateurs actuellement à près de 1 000 dans les secteurs de la santé et du numérique.

    Il accueille déjà la pépinière d’entreprises Laënnec, qui héberge des start-ups et des jeunes entreprises spécialisées dans les domaines des sciences de la vie et des biotechnologies. Laënnec abrite également le Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes (Clara).

    Médicina, une nouvelle organisation de la médecine de ville

    Le site de 3,4 hectares verra 40 000 m² de surface de locaux déployés une fois l’ensemble des travaux terminés. Les aménagements, sous l’impulsion de la Métropole de Lyon, auront nécessité 14 millions d’euros d’investissement. Le site regroupe deux types d’activités : la santé et le numérique.

    Médicina ouvrira ses portes à l’été 2019 au sein d’un bâtiment de 6 000 m2.  « Il propose une nouvelle organisation de la médecine de ville via la création d’entreprises de santé pluridisciplinaires (ESP) avec une concentration de professionnels de santé, médicaux et paramédicaux, tous libéraux, au sein d’un ensemble immobilier adapté à leurs activités », explique le Dr Luc Fontaine, à l’origine du concept (communiqué).

    Medicina santé crée et gère des entreprises de santé pluridisciplinaires (ESP). Ces ESP proposent une nouvelle organisation professionnelle au cœur de la médecine de ville, en regroupant un grand nombre de professionnels de soins autour d’un  projet de santé globale et intégrant une dimension entrepreneuriale par la mise en œuvre de structures de gestion et de coordination.

    L’offre se définit par  :

    • la mise en en œuvre d’une médecine préventive :
    • la prise en charge pluridisciplinaire des pathologies chroniques ;
    • la mise en place d’un partenariat ville/hôpital ;
    • la mise en œuvre de conditions de travail adaptées aux attentes légitimes des professionnels de santé.

    Une centaine de professionnels est attendue. Le site abritera également un centre de remise en forme, un institut de beauté et un centre de balnéothérapie, notamment pour la rééducation physique.

    Bioserra : 7 000 m² pour les biotechs

    Quatre entreprises s’installeront à partir de mai 2019 sur ce site composé de trois bâtiments sur quatre niveaux reliés par une passerelle et spécialement conçus pour les entreprises de biotechnologie : Erytech Pharma, Edelris, AB Sciences et Enyo Pharma.

    Des bureaux, des laboratoires (de niveau de sécurité P1 et P2), des espaces et des services communs seront proposés à ces entreprises.

    Dès septembre 2019, plus de 200 chercheurs travailleront dans Bioserra.

  • La téléconsultation connue mais peu pratiquée – sondage Harris Interactive-Livi (janvier 2019)

    86 % des Français ont entendu parler de la téléconsultation mais 41 % ne savent pas qu’elle est réalisée au même tarif qu’une consultation classique. Les enseignements de l’étude* menée par la plateforme de téléconsultation Livi et l’institut de sondage Harris Interactive montrent que la mise en pratique de cet acte doit dépasser des freins d’images ou méconnaissances pour entraîner un réel usage de la part des Français.

    La téléconsultation, une connaissance encore perfectible

    De manière générale, la plupart des Français ont déjà entendu parler de la téléconsultation médicale (86 %). Ils sont encore plus nombreux parmi les personnes âgées de 50 ans et plus (94 %), celles issues de catégories aisées (91 %) et les plus diplômées (93 %). Les évocations spontanées les plus associées à la notion de téléconsultation sont ses aspects « pratique » et « rapide », ainsi que sa capacité à apporter une solution au problème des « déserts médicaux ».

    La majorité des Français semble connaître les grands principes de la téléconsultation médicale :

    • 84 % d’entre eux savent qu’elle est réalisée par un médecin diplômé ;
    • 73 % qu’elle est remboursée par la Sécurité sociale (effectif depuis septembre 2018) ;
    • 70 % qu’elle permet d’obtenir une ordonnance médicale ;
    • 69 % qu’elle permet d’obtenir et réaliser un rendez-vous médical en quelques minutes.

    En revanche, le prix appliqué (seuls 59 % savent que la téléconsultation est réalisée au même tarif qu’une consultation classique) et les horaires possibles d’une téléconsultation (51 % pensent qu’elle permet d’obtenir un rendez-vous médical à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit) ne sont pas connus.

    Par ailleurs, le statut et la légitimité de la téléconsultation posent question : seuls 36 % des Français considèrent qu’elle a la même valeur qu’une consultation classique.

    Une pratique jugée plutôt positive pour fluidifier le système de santé

    De façon générale, la téléconsultation bénéficie d’une bonne image d’ensemble, car elle est perçue comme une solution possible permettant de pallier certaines des difficultés actuelles du système de santé.

    81 % des Français estiment que son développement serait efficace pour permettre aux personnes de consulter un médecin plus facilement et 73 %, dans la même logique, pour lutter contre les déserts médicaux. Par ailleurs, 72 % estiment qu’elle permettrait de lutter efficacement contre l’engorgement des services d’urgences des hôpitaux, en proposant une solution alternative.

    Au final, 60 % des Français estiment que le développement de la téléconsultation médicale serait efficace pour améliorer le fonctionnement du système de santé. Un résultat positif mais nuancé qui montre que la téléconsultation est perçue comme une solution au moins partielle à certaines difficultés mais non comme un « remède miracle » à tous les problèmes du système de santé. D’ailleurs, 63 % des Français se déclarent favorables au développement de cette pratique.

    Des barrières à lever pour encourager le recours à la téléconsultation

    Si 63 % des Français se disent favorables au développement de la téléconsultation, il reste un hiatus entre cette posture et le fait d’envisager réellement de recourir à ce mode de consultation pour soi-même : un peu plus d’un Français sur deux (52 %) se dit prêt aujourd’hui à réaliser une téléconsultation.

    Si le recouvrement n’est donc pas total entre les deux populations, on constate néanmoins que les catégories de personnes les plus favorables à son développement sont également celles qui se montrent les plus intéressées par le fait d’y recourir à titre personnel : soit les Français de 35 à 49 ans (60%) ainsi que les cadres et les professions libérales (68%) notamment.

    Notons que ceux qui ont des habitudes chez un médecin mais à qui il arrive régulièrement de consulter ailleurs se montrent également plus ouverts que la moyenne à l’idée de recourir à la téléconsultation (60 %).  

    Dans le détail, face à différents cas de figure précis, la plupart des Français trouvent au moins une raison d’envisager une téléconsultation, évoquant notamment des motifs avant tout d’ordre pratique ou relativement mineurs, soit :

    • la demande d’un conseil médical (72 %) ;
    • le renouvellement d’une ordonnance (71 %) ;
    • la consultation lors d’une absence du domicile (67 %) ;
    • l’indisponibilité du médecin traitant (66 %) ;
    • les problèmes de santé jugés peu graves (66 %).

    Les Français sont beaucoup moins nombreux, en revanche, à pouvoir envisager la téléconsultation pour un enfant malade (43 %) ou un problème de santé dont ils ont peur de la gravité (31 %), des situations suffisamment importantes selon eux pour ne pas pouvoir se passer d’un rendez-vous « en direct » avec un médecin.  

    Parmi les éléments qui pourraient le plus inciter à pratiquer une téléconsultation, on retrouve trois arguments majeurs :

    • ne pas avoir à se déplacer (32 %) ;
    • pouvoir consulter un médecin en dehors des horaires d’ouverture habituels des cabinets (26 %) ;
    • pouvoir se rassurer rapidement sur un possible problème de santé (25 %).

    L’absence de contact en direct avec un médecin et l’impact supposé que cela a sur la qualité de la consultation médicale est un des principaux frein au recours à la téléconsultation.

    En effet, l’impossibilité de se faire ausculter directement par le médecin (50 %) et le besoin d’avoir un contact direct avec le praticien (36 %) sont les deux raisons citées comme pouvant le plus dissuader de pratiquer une téléconsultation.

    Ces deux arguments sont mis en exergue par ceux qui n’envisagent pas aujourd’hui de recourir à la téléconsultation (respectivement 56 % et 48 %).

    Le sentiment d’être moins bien pris en charge que lors d’une consultation classique représente également un frein important (29%).

    Présente notamment chez les femmes, cette crainte peut être également liée au fait de ne pas pouvoir choisir le médecin que l’on va consulter (22 %).

    Les considérations d’ordre plus technique, comme la sécurité des données et des échanges (18 %), la crainte de se faire escroquer par une application non fiable (16 %) ou encore la crainte de ne pas maîtriser suffisamment les outils numériques (12 %, un argument davantage mis en avant par les plus âgés) constituent des freins secondaires bien que non négligeables.

    L’importance du contact en direct, dont l’absence est mise en avant comme premier frein à la téléconsultation, est également illustrée par le fait que, s’ils doivent faire l’arbitrage, en l’absence de leur médecin traitant, entre une consultation chez un autre médecin et une téléconsultation, la plupart des Français opteraient, à ce stade, pour la consultation physique (72 %).

  • La DSI de Vivalto santé obtient une certification internationale pour la sécurisation des données

    La direction des systèmes d’information (DSI) de Vivalto santé, soit le GIE Vivalto santé services partagés, a obtenu début janvier 2019 la certification internationale ISO 27001, qui porte sur la sécurité de l’hébergement des données dans le cadre des services qu’elle propose aux cliniques du groupe.

    Cette certification garantit que la société est conforme aux exigences de la norme ISO 27001 relative au déploiement d’un système de management de la sécurité de l’information.

    Elle couvre quasi toutes les activités de la DSI, précise le groupe français dans un communiqué publié le 21 janvier 2019, soit l’hébergement d’infrastructure, l’infogérance, la conception de systèmes d’information (SI) et l’interopérabilité des systèmes d’information (SI), le pilotage projet, l’assistance utilisateurs, le contrôle de gestion et les achats sur le périmètre SI et télécommunications.

    Le groupe indique que la DSI souhaite désormais obtenir la certification d’hébergeur de données de santé (HDS), qui a remplacé en 2018 l’agrément d’hébergeur délivré par le ministère de la Santé.

  • Appel Pfizer Healthcare Hub France : Ad scientiam, Kiwifab, Lucine et Sêmeia lauréats

    Ad scientiam, Kiwifab, Lucine et Sêmeia sont les 4 start-ups retenues (parmi 32 dossiers reçus) par Pfizer France et l’Incubateur et pépinière d’entreprises Paris-Salpêtrière (Ipeps) dans le cadre de l’appel à candidatures lancé fin 2018 pour rejoindre le Pfizer Healthcare Hub France, un programme d’accélération qui vise à soutenir le développement de solutions numériques en santé conçues pour apporter des bénéfices aux patients.

    Ce dernier a été fondé en septembre 2018 par l’antenne française du groupe pharmaceutique, en partenariat avec l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) et son incubateur l’Ipeps.

    Les 4 start-ups ont été sélectionnées pour le potentiel de leurs solutions, centrées sur 3 thématiques majeures :
    • l’amélioration du parcours de soins ;
    • la qualité de vie du patient ;
    • une meilleure coordination entre les différents acteurs de la santé.

    Les lauréats vont s’installer à partir du 11 février et pendant 9 moins dans les locaux de l’incubateur Ipeps-ICM.
    L’Institut du cerveau et de la moelle épinière, qui réunit chercheurs, cliniciens et entrepreneurs pour faire avancer la recherche fondamentale et explorer ses applications, apportera avec Ipeps son savoir-faire dans l’accompagnement des start-ups du secteur.
    De son côté, Pfizer, par le biais d’un programme de mentorat dédié, partagera son expertise des sujets médicaux, pharmaceutiques, cliniques et réglementaires, et sensibilisera les jeunes sociétés aux réalités du marché pharmaceutique et notamment de son accès.

    Le jury de l’appel était composé d’une vingtaine d’experts de Pfizer et de l’ICM ainsi que de spécialistes de la health tech.

    « Notre choix s’est porté sur des startups suffisamment matures et structurées qui nourrissent un projet viable ou sont en phase de test sur une nouvelle technologie, commente Henriette Rosenquist, présidente de Pfizer France (communiqué). L’objectif est de soutenir et d’accélérer leur développement, pour que ces startups puissent envisager une commercialisation de leur produit ou service au terme des 9 mois d’accélération. »

    Présentation des 4 start-ups

    Ad scientiam

    Ad Scientiam est implanté à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) et dans l’incubateur Ipeps-ICM. Elle regroupe ingénieurs, médecins et chercheurs.

    La start-up, spécialisée dans le domaine des données en vie réelle, a développé MSCopilot pour améliorer le suivi des personnes atteintes de sclérose en plaques.

    Le dispositif, disponible sur smartphone, propose 4 tests afin d’objectiver et de quantifier le périmètre de marche, la dextérité, l’acuité visuelle et la cognition. Les données recueillies sont ensuite transmises au neurologue du patient, qui peut suivre l’évolution de la maladie de manière précise.

    Kiwifab

    Kiwifab est une start-up en phase de démarrage qui développe des produits et des services de santé connectés pour faciliter la prise de traitement ainsi que le bon usage des médicaments.

    Sa première solution élaborée est Ki-Di, un distributeur intelligence de comprimés et de gélule qui permet de planifier et de sécuriser les prises de médicaments dans le cadre d’un traitement complexe.

    L’ouil peut ajuster le dosage ou l’heure de prise en temps réel.

    À terme, l’objectif de Kiwifab est que les données générées et recueillies par Ki-Di puissent permettre aux professionnels de santé de mieux suivre le parcours de soins des patients.

    Lucine

    Fondé à Bordeaux, Lucine est composé d’une trentaine de collaborateurs aux profils pluridisciplinaires.

    Son objectif est de reproduire à domicile les méthodes utilisées dans les centres anti-douleur.

    L’application, basée sur un système d’intelligence artificielle (IA), analyse et identifie les douleurs grâce à un questionnaire simple, couplé à une reconnaissance faciale des émotions.

    Lorsque la douleur est définie, l’outil propose différentes techniques pour soulager les symptômes.

    Sêmeia

    Sêmeia conçoit des solutions d’accompagnement basées sur l’IA (deep learning).

    La start-up a mis au point une plateforme de suivi qui propose un accompagnement numérique personnalisé. Elle regroupe informations sur la pathologie, conseils, e-learning et données physiologiques (tensions, sommeil, fatigue, bilan sanguin).

    À n’importe quel instant, le patient peut entrer en contact avec le personnel de santé par l’intermédiaire de différents canaux de communication (SMS, appels avec une infirmière, chats avec un pharmacien, etc.).

    Cet accès facilité aux données de la personne permet au praticien d’identifier les patients à risque en repérant en amont les ruptures potentielles dans leurs parcours de soins.

  • Grades Pulsy : e-parcours, perspectives en Grand Est, le 25 avril 2019 en Meurthe-et-Moselle

    Pulsy, le groupement régional d’appui au développement de la e-santé (Grades) en Grand Est, organise une rencontre dédiée à la santé numérique le 25 avril 2019 sur le thème « E-parcours : perspectives en Grand Est« . L’événement se tiendra à Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, à partir de 9h30.

    La journée sera rythmée par des ateliers et des démonstrations concrètes, organisés le matin, et par une séance plénière l’après-midi avec des échanges et des tables rondes.

    Tous les acteurs de la santé peuvent participer, aussi bien les professionnels des établissements de santé, des structures médico-sociales et sociales, et de santé libéraux, que les réseaux de santé, les personnes intéressées par la e-santé, etc.

    Le programme détaillé sera communiqué ultérieurement.

    Pour tout renseignement, contacter le Grades Pulsy par email à communication@pulsy.fr

  • Réforme du financement du système de santé : la task force recommande un modèle de paiement combiné

    Les paiements respectivement dits « au suivi » (pathologies chroniques), « à la qualité et à la pertinence« , « pour la structuration du service« , « à la séquence de soins » ainsi qu’ »à l’acte et au séjour » sont les 5 modalités de paiement proposées par la task force « réforme du financement du système de santé » dans un rapport remis le 29 janvier 2019 à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Health & Tech Intelligence a assisté à la séance.

    Pilotée par Jean-Marc Aubert, la task force a travaillé pendant 9 mois en partenariat avec les équipes du ministère des Solidarités et de la Santé, ainsi que celles de l’Assurance maladie. Elle a mené diverses concertations et échanges avec plusieurs acteurs et organisations du secteur afin « de recueillir de nombreuses idées et de vérifier tant leur pertinence que leur faisabilité ».

    Le groupe d’experts souhaite que cette concertation évolue vers une méthode de co-construction des mesures, comme c’est déjà le cas pour certaines d’entre elles qui seront mises en œuvre en 2019.

    Vers un paiement combiné d’ici 2022

    « La task force ne peut revendiquer être à l’origine de beaucoup des propositions présentées ci-dessous, précise-t-elle dans un communiqué publié sur le site du ministère. Nous reconnaissons que la plupart nous ont été apportées (…) par nos différents interlocuteurs. Nous assumons néanmoins la responsabilité de leur sélection et sommes convaincus de leur intérêt pour améliorer notre système de santé au bénéfice des patients. »

    Le rapport s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation du système de santé, lancée en février 2018 par le Premier Ministre Édouard Philippe et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Un premier rapport intermédiaire, remis en juillet 2018, présentait les premières orientations de la mission menée par la task force, notamment les mesures de court terme, dont la plupart sont en train d’être déployées.

    Selon la task force, la réforme du financement doit répondre à 4 enjeux centraux :

    • favoriser, avec la progression continue des maladies chroniques, le suivi au long cours des patients ;
    • accroître globalement le niveau de qualité des prises en charge et, en particulier, améliorer la pertinence des soins en réduisant les soins inadéquats ou inutiles ;
    • maintenir la réactivité du système tout en responsabilisant les acteurs sur leurs pratiques ;
    • créer les conditions de la transformation de l’offre de santé pour répondre à des besoins par nature évolutifs, en prévoyant notamment d’expérimenter de nouveaux modèles d’organisation de manière permanente.

    Les 5 modalités de paiements proposés

    Le paiement au suivi

    Le paiement au suivi peut prendre la forme de « forfaits de prise en charge avec un suivi d’indicateurs de qualité pour s’assurer de l’amélioration des résultats », explique la task force.

    L’objectif est d’encourager les professionnels à se concentrer sur la prévention et sur les résultats de santé obtenus plus que sur le nombre d’actes ou de séjours réalisés « en leur donnant plus de souplesse dans le choix des modalités de prise en charge ».

    Ce type de paiement est « particulièrement adapté » aux pathologies chroniques, estime l’équipe d’experts, puisqu’il favorise « un suivi au long cours, orienté sur les résultats obtenus pour le patient et la prévention des complications ».

    • Création en 2019 pour les établissements de santé :
      • d’un forfait diabète dit “de transformation”
      • et d’un forfait concernant la maladie rénale chronique.
        De tels forfaits pourront également être mis en place « très rapidement » pour la médecine de premier recours par voie conventionnelle. Pour le médecin généraliste, un forfait de prise en charge globale des patients diabétiques pourra ainsi se substituer aux consultations actuellement réalisées.

    Le paiement à la qualité et à la pertinence

    Selon la task force, le paiement à la qualité et à la pertinence répond à une double nécessité :

    • donner une place plus importante aux résultats pour les patients et pouvoir ainsi garantir à chacun une prise en charge de qualité ;
    • garantir la pertinence des soins réalisés, qui doivent à cet effet être centrés sur l’intérêt du patient.

    Ce type de paiement vise à devenir « un compartiment de financement à part entière pour améliorer les résultats du système de santé », est-il précisé dans le rapport. Cette modalité de paiement aura « progressivement vocation à concerner l’ensemble des structures et des professions ».

    Le paiement pour la structuration du service

    Le paiement pour la structuration du service doit permettre d’organiser l’offre et de favoriser l’accès aux soins et la réponse aux besoins des populations sur les territoires. Le but est de faire intervenir le niveau régionale pour répondre aux besoins particuliers de chaque territoire, indique la task force.

    Il existe différentes applications à ce mode de financement :

    • dotation populationnelle pour répondre à la demande de soins psychiatriques ;
    • dotation socle pour des activités structurantes au niveau territorial, etc.

    Une attention particulière a été portée dans ce cadre au domaine de la santé mentale et de la psychiatrie. Jean-Marc Aubert précise que la ministre avait demandé à la task force de placer ce champ précis parmi ses priorités.

    « Ainsi, en lien avec les axes stratégiques de la feuille de route santé mentale et psychiatrie, et afin de garantir une offre en psychiatrie accessible, diversifiée et de qualité, il est proposé d’instaurer un financement cohérent pour l’ensemble des établissements de psychiatrie, reposant sur une dotation populationnelle ainsi que des modalités de financement incitant à la qualité, la réactivité et au développement de nouvelles activités et à la recherche », est-il spécifié dans le rapport.

    Le paiement à la séquence de soins

    Le paiement à la séquence de soins correspond à ce que les anglo-saxons appellent le « bundled payment« , soit le « paiement groupé ». « Il s’agit de rémunérer conjointement une séquence de soins (intervention/rééducation par exemple) à des acteurs qui aujourd’hui sont financés séparément, explique la task force. Ce type de paiement requiert que les acteurs œuvrent conjointement sur la qualité et la pertinence de la prise en charge du patient et qu’ils s’accordent sur la meilleure répartition du financement commun. »

    Les expérimentations menées dans le cadre de l’article 51 sur trois interventions chirurgicales vont permettre de tester le caractère opérationnel d’un mode de financement unifié pour une séquence donnée de soins ville-hôpital et d’évaluer les organisations les plus innovantes et efficientes.

    En cohérence avec ces expérimentations et au regard des premiers retours observés, des paiements groupés pourront être mis en place afin d’inciter à la structuration de filière de soins en aval de l’hospitalisation de court séjour.

    Le paiement à l’acte et au séjour

    Le paiement à l’acte et au séjour restera « une modalité importante du financement », soulignent les auteurs du rapport. « En effet, celui-ci garantit la réactivité globale du système et demeure la modalité plus adéquate pour les épisodes uniques de soins qui représentent environ 55 % des séjours hospitaliers », détaillent-ils, précisant que « cette modalité de paiement doit toutefois évoluer pour favoriser plus directement la pertinence et la diffusion de l’innovation dans le système de santé. »

    Afin d’atteindre cet objectif, le lancement d’une démarche de révision puis de maintenance active des nomenclatures est proposé pour que ces dernières « soient plus proches de l’état de l’art scientifique et facilitent la diffusion des innovations, soient cohérentes entre les secteurs et n’incitent pas à des recours plus fréquents que nécessaire à certains actes ou techniques ».

    • En 2019, une première étape d’évolution des modalités de tarification à l’hôpital est suggérée pour favoriser des pratiques ambulatoires « aujourd’hui pénalisées par l’échelle relative des tarifs ».
      • Un processus de révision des nomenclatures médicales et paramédicales sera engagé sur 3 ans
      • et les processus de maintenance seront revus en parallèle pour une plus grande réactivité.
      • Enfin, de nouvelles méthodes de constitution des nomenclatures hospitalières et de valorisation des séjours pourraient être expérimentées pour remettre la logique médicale et l’intensité des soins au cœur des financements.
    • Cette transformation sera accompagnée d’une réforme des outils de la régulation pour que celle-ci puisse être « plus prospective, plus pro active et plus compréhensible » pour les usagers et l’ensemble des acteurs (établissements, professionnels libéraux et agences régionales de santé).

    « La transformation sera nécessairement progressive et supposera une adaptation forte des systèmes d’information », note l’équipe d’experts.

  • Analyse : l’IA pourrait améliorer la communication médecin-patient mais pas avant 10 ans (BMJ)

    Une équipe de chercheurs britanniques et américains a exploré les capacités de l’intelligence artificielle (IA) à améliorer le colloque singulier. S’ils prévoient des progrès rapides dans l’utilisation de l’IA dans la communication médicale, ils soulignent cependant que l’application de la reconnaissance vocale posent des difficultés particulières en ce qui concerne les soins. Leur analyse* a été publiée le 18 janvier 2019 dans le British Medical Journal.

    La reconnaissance vocale dans le colloque singulier

    Aujourd’hui, nous pouvons donner des ordres à nos smartphones, parler à des appareils tels que des haut-parleurs intelligents et leur demander de nous tenir informés de la météo et de la circulation. Ils ne fonctionnent pas parfaitement, bien que leur capacité à comprendre le langage humain et à y réagir progresse rapidement.

    « Combien de temps pourrait s’écouler avant que la reconnaissance vocale, l’apprentissage automatique et d’autres développements en matière d’intelligence artificielle (IA) offrent des outils pour la médecine, et comment ces outils pourraient-ils donner un aperçu de ce qui se passe entre les cliniciens et les patients ? ». Telles sont les questions que se sont posé des chercheurs du Trinity College de Dublin (Irlande), de l’université d’Édimbourg (Écosse), et du Darmouth Institute for Health Policy and Clinical Practice, du New Hampshire (États-Unis). Ils ont publié leur analyse dans le British Medical Journal (BMJ) le 18 janvier 2019.

    Le potentiel de l’IA dans ce domaine est particulièrement intéressant à mesurer puisque la pratique de la médecine implique une communication complexe – souvent stressante – entre les prestataires de soins de santé, les patients et leurs familles.

    En outre, « les compétences en communication de nombreux cliniciens n’étaient pas évaluées auparavant, que ce soit à l’école ou en début de pratique. Et en même temps, tout indique que les cliniciens ont souvent du mal à communiquer avec leurs patients. Il est difficile d’améliorer quelque chose quand vous ne recevez aucun feedback « , a déclaré Glyn Elwyn, auteur principal de ces travaux et professeur au Dartmouth Institute.

    3 technologies pour révolutionner la communication

    Selon l’équipe de chercheurs, l’apprentissage automatique (machine learning) pourrait avoir un effet important sur la médecine et trois applications commencent à émerger dans le secteur de la santé.

    • L’analyse automatisée de mots et des phrases.
      Elle pourrait permettre de savoir si les patients et les soignants se sont compris, comment leurs modes d’expression ont convergé, si les médecins prenaient des exemples appropriés, utilisaient un jargon… L’intelligence artificielle pourrait également être utilisée pour analyser les conversations en temps réel et inciter les prestataires à envisager des diagnostics qui pourraient ne pas être évidents ou à offrir une gamme plus large d’options de traitement.
    • Les chevauchements de paroles.
      Ce type d’analyse examine les proportions de temps passé par les patients et les soignants à parler et si le prestataire s’interrompt pour permettre au patient d’exprimer ses préoccupations ou de poser des questions. Selon les auteurs de cette étude, cette approche est intéressante car plus le patient aura le temps de parler, mieux il adhèrera au traitement, moins il sera angoissé.
    • Ton et style dans les interactions.
      Dans le secteur de l’aviation, les compétences clés des pilotes en matière de communication ont été évaluées à l’aide d’algorithmes permettant d’analyser leur hauteur et leur énergie vocales. L’adaptation de telles méthodes au secteur de la santé pourrait aider à détecter les situations à haut risque lorsque les cliniciens sont soumis à un stress ou à des charges de travail pouvant affecter la qualité de leur communication.
      • Une analyse automatisée de la hauteur de la voix, du timbre et du rythme du débit de parole pourrait permettre une détection rapide des situations présentant un risque accru de poursuites pour faute professionnelle.
      • Les vocalisations non verbales peuvent aussi être pertinentes. Le rire, par exemple, a été associé à une probabilité réduite de faute professionnelle.
      • L’analyse des schémas vocaux pourrait également fournir des informations sur la santé physique et mentale des patients. Par exemple, les épisodes dépressifs peuvent être marqués par des changements systématiques dans le ton de la voix.

    Des progrès dans une dizaine d’années

    Les progrès sont visibles mais les chercheurs ne s’emballent pas. Ils estiment qu’une analyse systématique et en routine de l’intonation et des chevauchements de parole (turn-talking) sera possible dans quelques années. En revanche, pour une analyse plus complète du contenu, y compris des conseils en temps réel sur le diagnostic et les plans de traitement, il faudra sans doute être plus patient.

    Le colloque singulier entre un patient et un malade pose des problèmes spécifiques à l’IA : deux personnes qui parlent, souvent avec des discours qui se chevauchent, des temps très différents (salutations, rappel des antécédents, diagnostic…), des médecins qui adaptent leur style de communication aux besoins de leurs patients, un vocabulaire technique inhabituel … « À l’heure actuelle, même les systèmes d'[intelligence artificielle] les plus avancés sont incapables d’analyser et d’évaluer la complexité des interactions cliniques dyadiques », estiment les auteurs de cette analyse.

    Comment les soignants vont adopter ces outils ?

    Ils ne sont pas défaitistes pour autant. « Il y a cinq ans, l’idée d’utiliser l’IA pour analyser la communication clinique aurait été considérée comme impossible », reconnaissent ces chercheurs. Et la technologie avance à grands pas car « il existe un marché de masse pour cette technologie : la technologie Siri d’Apple, par exemple, gère plus de deux milliards de commandes vocales chaque semaine. » Il sera intéressant de voir si les systèmes de santé peuvent tirer parti de ces derniers développements et si les cliniciens seront ouverts à l’utilisation de tels outils.

  • L’Ehpad de demain, plongée dans l’expérience danoise (Nørresundby)

    Créée en 2014, la maison de retraite médicalisée de Nørresundby, dans la commune d’Aalborg au nord du Danemark, constitue le modèle des Ehpads du futur. Elle associe nouvelles technologies, interdisciplinarité et ouverture sur la société pour le bien-être des résidents mais aussi la qualité de travail des équipes de soins. Elle a été conçue en partenariat entre la commune, des entreprises privées et un organisme de formation des professionnels de santé.

    Ehpad : des différences d’approche entre la France et le Danemark

    Si les Danois vivent en moyenne moins longtemps que les Français, ils vivent plus longtemps en bonne santé. L’approche de la vie en maison de retraite médicalisée n’est pas la même qu’en France. Les résidents danois sont locataires d’un logement public, avec un bail de location de location en bonne et due forme. À Aalborg, les logements sont d’ailleurs plus grands qu’en établissements français et organisés en petits appartements, comme à la maison, avec une kitchenette et un lave-linge.

    Au Danemark, la construction des maisons de retraite est subventionnée par le gouvernement

    Au Danemark, la construction des établissements est subventionnée par le gouvernement et l’investissement dans les équipements est important. Ces technologues encouragent l’autonomie des résidents, dans le cadre d’une réflexion éthique et sociétale.

    Ainsi, le résident n’est pas uniquement considéré comme un membre de la maison de retraite mais comme partie intégrante de la société.

    Des capteurs, des élévateurs et des toilettes à la pointe

    • Première innovation notable, les sols des chambres sont équipés de capteurs pour signaler les chutes et anticiper la dégradation de l’état du résident. La technologie ne bénéficie donc pas uniquement à la qualité de vie immédiate. En effet, les capteurs fournissent des données de mouvement de la personne dans la pièce. Si elle va plus souvent aux toilettes, ou bouge moins, les données peuvent être utilisées en interne pour évaluer ces changements de comportement et suivre son état général. Un groupe de travail a été constitué pour accompagner cette démarche. Les résidents peuvent d’ailleurs choisir ou non d’activer cette option.
    • De plus, toutes les chambres sont équipées par défaut de rails pour installer des élévateurs facilitant les déplacements dans la chambre et la salle de bain. Les résidents ont le choix de faire poser les élévateurs.
    • Autre exemple, les salles de bain sont toutes équipées de toilettes lavantes et séchantes ainsi que de sièges de toilette releveur pour développer l’autonomie des résidents en même temps que l’hygiène.

    Une tablette multi-fonction pour chaque résident

    Ces équipements sont complétés par une tablette fournie à chaque résident pour régler l’éclairage de sa chambre, envoyer des mails, effectuer des appels vidéo, etc..

    Le terminal est également équipé d’un calendrier ou encore du programme des activités de l’établissement. L’outil encourage donc aussi le lien.

    Ce contact humain n’est pas oublié avec la présence d’une cinquantaine de bénévoles.

    Autre originalité, au sein de l’établissement, un restaurant est ouvert aux clients extérieurs. Il symbolise cette intégration dans la société.

    Un living lab pour observer l’évolution de l’utilisation des nouvelles technologies

    La maison de retraite de Nørresundby est un modèle du genre et reflète bien l’usage des nouvelles technologiques dans les maisons de retraites médicalisées danoises. À Aalborg, un living lab travaille à la constante évolution de leur usage pour développer des soins aux personnes âgées.

    Du personnel formé et valorisé

    L’apprentissage de l’utilisation des technologies du bien-être dans les formations est intégré à la formation initiale des équipes de soins danoises.

    Ces professionnels les voient donc comme un support pour résoudre de manière innovante aux problèmes de la maison.

    Les technologies déployées au sein de l’établissement rendent également leur métier plus attractif et améliorent leurs conditions de travail. Elles jouent un rôle de prévention pour le personnel et le résident en réduisant les transferts et donc les troubles musculosquelettiques grâce aux élévateurs.

    Vidéo de présentation de la maison de retraite d’Aalborg, au Danemark :

    © Fremtidens Plejehjem