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  • Medusims lance une plateforme d’entraînement médical dédiée à la prise en charge de la douleur

    Medusims, la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD), ainsi que l’organisme de formation continue Pratico Santé développent une plateforme numérique d’entraînement médical dédiée à la prise charge de la douleur.

    Les trois partenaires ont en effet mené un projet de simulateur médical numérique sur la prise en charge de la douleur à destination des infirmiers, avec pour objectif d’étendre le champ des compétences dans un deuxième temps à l’ensemble des équipes de professionnels de santé, précisent-ils dans un communiqué publié le 30 janvier 2019. L’outil sera intégré à la plateforme d’entraînement aux soins infirmiers Hospisims, mise en place en 2018 par Medusims.

    Les premières phases de tests se dérouleront au mois de février dans plusieurs établissement de santé publics et privés en France, soit au sein de centres hospitaliers, de centres hospitaliers universitaires, de centres anti-douleurs, de l’Institut de formation aux soins infirmiers (IFSI) et de cliniques.
    Le lancement officiel de la plateforme Hospisims Douleur aura lieu lors des Universités infirmières de la SFETD, qui se tiendront du 24 au 26 mars 2019 à Lyon.

    Environ 12 millions de Français concernés par la douleur chronique (SFETD)

    Selon la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD), près de 12 millions de Français seraient concernés par la douleur chronique.

    « [L’]évaluation [de cette dernière] est complexe, l’objectivation de la douleur nécessite de prendre en compte les différentes composantes de la douleur : sensori-discriminative, affective et émotionnelle, cognitive et comportementale », est-il indiqué dans le communiqué.

    Medusims, la SFETD et Pratico Santé estime que la prise en charge de la douleur doit être « globale et transverse » et recourir aux traitements médicamenteux ainsi qu’aux autres thérapies interventionnelles ou psychocorporelles.

    Une formation médicale en évolution

    la formation médicale relative à la prise en charge de la douleur évolue avec l’intégration de la médecine de la douleur dans le Centre national des universités, notent les trois partenaires.

    Ils ajoutent qu’un autre défi est à relever pour faire évoluer les pratiques, soit de replacer la préparation des équipes à la prise en charge de la douleur « au cœur des services hospitaliers et au centre du quotidien de l’ensemble des équipes soignantes ».

    C’est pour cette raison qu’ils ont décidé de concevoir un simulateur médical numérique dédié à ce domaine particulier.

    Objectif : développer et maintenir les compétences médicales dans le temps

    « L’apport de la simulation médicale numérique est de développer et de maintenir les compétences médicales dans le temps via la modalité de l’entraînement médical, qui prône une haute fréquence et une faible intensité d’utilisation de l’outil afin d’atteindre les résultats attendus, expliquent les trois organisations dans leur communiqué. Le numérique constitue ainsi un levier efficient pour diffuser les nouvelles pratiques professionnelles qui font référence.

    Par ailleurs, l’entraînement médical via la simulation numérique contribue à fédérer les équipes soignantes et à améliorer la coordination des soins, s’inscrivant ainsi dans la perspective de « Ma Santé 2022″. »

  • Reso : le numérique au service des patients atteints de dermatoses inflammatoires chroniques

    L’organisation de médecine collaborative Reso a été créée il y a 3 ans par le Dr François Maccari, dermatologue, et Dalila Simonian, anciennement directrice d’une association de patients, pour apporter aux patients souffrant de dermatoses inflammatoires chroniques des réponses adaptées, basées sur une médecine collaborative au service de tous.

    Après 10 ans de travail collaboratif au sein de ResoPso (psoriasis uniquement), Reso représente actuellement 5 réseaux de soins (psoriasis, eczéma, urticaire, maladie de Verneuil et vitiligo), 590 professionnels de santé, dont 90 % de dermatologues, un réseau ville hôpital ancré avec 49 centres référents, 2 groupes de recherche, et plusieurs dizaines de publications nationales ou internationales.

    Des objectifs partagés fédèrent ces acteurs, soit :
    • offrir aux patients une stratégie thérapeutique adaptée ;
    • offrir aux professionnels de santé les conditions d’un exercice de qualité ;
    • offrir aux chercheurs publics et privés les moyens de leur recherche.

    À la mise en place d’une application mobile collaborative (Resoconnex) au développement de la téléconsultation et de la télé-expertise, l’organisation place le numérique au cœur de sa stratégie, indiquent à Health & Tech Intelligence le DrMaccari et Dalila Simonian, qui reviennent en détail sur l’offre proposée.

    Contexte : plus de 9 millions de Français atteints d’une maladie de peau

    Les maladies de peau sont mal connues et incorrectement documentées, leurs conséquences sur les personnes atteintes – plus de 9 millions de Français – touchent à la fois le domaine médical, social (isolement) et économique (présentéisme et absentéisme).

    Ces patients sont malheureusement souvent confrontés à une errance thérapeutique pouvant se comptabiliser en années (difficulté d’accès aux dermatologues, spécialisations de la profession).

    Le Dr François Maccari a fondé Reso pour mieux faire face à cette situation.

    Resoconnex : une application mobile collaborative

    Au sein de Reso, le numérique est la clé, précisent ses dirigeants :

    Au-delà des outils « classiques » , soit 6 sites internet dédiés aux patients ou aux professionnels, et des formations médicales continues (FMC) digitales (sur les 690 dermatologues ayant bénéficié de FMC, 120 l’ont effectué en digital), Reso a mis à disposition des professionnels une application mobile collaborative répondant à toutes les exigences actuelles de sécurité : Resoconnex (www.resoconnex.com).

    L’application fédère aujourd’hui plus de 200 dermatologues et permet le partage d’expériences au sein du réseau ville/hôpital de l’organisation afin de mieux prendre en charge les patients, notamment pour accompagner l’arrivée des nouvelles thérapeutiques.

    L’appli, gratuite pour les dermatologues, a été conçue pour répondre à 3 objectifs centraux :

    • partager : faciliter le partage d’expérience entre confrères sur tout le territoire ;
    • soutenir : soutenir les médecins isolés dans les déserts médicaux ;
    • soigner : améliorer le parcours de soin des patients.

    Lorsque qu’un dermatologue se trouve face à un cas complexe, il peut, en le soumettant à Resoconnex :

    • obtenir une réponse rapide en posant des questions simples et pratiques ou en soumettant des cas complexes ;
    • utiliser la fonctionnalité « Help », qui permet d’être contacté en moins de 24 heures par un dermatologue télé-expert en cas de besoin d’une information qualifiée ou d’une aide rapide pour orienter un patient vers un centre référent Reso spécialisé dans les dermatoses inflammatoires chroniques.

    Prochaines étapes : un institut dédié, de la téléconsultation et de la télé-expertise

    La SAS ResoMed poursuite l’ambition de Reso pour aller plus loin dans l’accompagnement des patients, avec en particulier la mise en place d’une organisation coordonnée et agile autour d’un institut de professionnels de santé : l’Institut des dermatoses inflammatoires, qui verra le jour en septembre 2019.

    Cette organisation interviendra sur trois axes :

    • la coordination et l’optimisation de la prise en charge du patient ;
    • la formation des professionnels de santé et l’éducation thérapeutique du patient ;
    • la recherche sur les dermatoses inflammatoires chroniques.

    La téléconsultation sera l’une des activités phares de l’institut, prenant toute sa place dans le suivi de ces patients chroniques, pour qui l’accès au dermatologue qualifié reste souvent un réel challenge.

    Une ouverture à d’autres spécialités

    D’autres spécialités s’impliquent dans ces prises en charge et participent maintenant à Reso : allergologues, proctologues, chirurgiens (25 membres), infirmiers pour le traitement des plaies dans le cadre de la maladie de Verneuil et pour l’éducation thérapeutique du patient, rhumatologues, médecins du travail. D’autres professionnels, comme les pharmaciens, pourraient intervenir.

    Les facteurs clé de succès :

    • un partenariat médecins/patients ;
    • un engagement médical fort, fédérateur ;
    • un projet scientifique collectif : devenir la 1ère base de données dans les maladies inflammatoires de la peau.

    « La télémédecine est une réalité, à nous d’en faire une opportunité » (Dr Maccari)

    « La télémédecine est une réalité, à nous d’en faire une opportunité pour accompagner la transformation de notre métier et répondre ainsi à des enjeux de santé publique, commente le Dr Maccari. La prévalence du diabète, de l’obésité notamment, est plus fréquente chez ces patients. Il est donc urgent d’agir ! »

    « Le projet sera sans aucun doute porteur d’impact réel sur la parcours de soins » (D. Simonian)

    « Après 8 ans de constats établis au sein de l’association France Psoriasis et un travail d’emblée collaboratif avec le réseau ville/hôpital, ResoPso, en 2007, j’ai adhéré d’emblée au projet proposé par le Dr Maccari au sein de Reso, commente de son côté Dalila Simonian. Un projet concret, cohérent pour apporter une réponse claire à des enjeux désormais bien identifiés de tous. Avec un réseau Île-de-France bien implanté et très actif, le projet sera sans aucun doute porteur d’impact réel sur le parcours de soins des malades, leur prise en charge thérapeutique et l’évaluation de la télémédecine comme un outil complémentaire indispensable pour fluidifier le parcours de santé. »

  • Axa Venture Partners lève 157 millions € pour investir notamment dans des start-ups e-santé

    Axa Venture Partners (AVP), la branche de capital risque du groupe d’assurance français, lance un deuxième fonds en phase de démarrage de 150 millions de dollars US (environ 131M€) pour un objectif maximum de 180 millions USD (157 M€), dont le closing final est prévu en milieu d’année.
    Axa est le principal contributeur, accompagné par des investisseurs institutionnels.

    AVP prévoit d’investir dans des entreprises spécialisés dans les secteurs de la santé digitale, de la fintech, de l’assurtech mais aussi de la cybersécurité et des logiciels. « Nous recherchons essentiellement des sociétés technologiques qui vont transformer le métier d’assureur mais nous pouvons aussi investir dans des start-ups intervenant dans des domaines différents », précise Sébastien Loubry, partner d’Axa Venture Partner (AVP) en charge du développement, dans un communiqué publié le 22 janvier 2019.

    Plus important que le premier, ce nouveau fonds investira 500 000 à 6 millions de dollars (435 000 – 5,2M€) , contre 300 000 à 5 millions (261 000 – 4,4M€) pour son prédécesseur en 2015, dans des sociétés basées aux États-Unis, en Europe et en Israël. Ce tour de table porte désormais à 600 millions de dollars (522 M€) les actifs sous gestion d’Axa Venture Partners.

  • L’IA et l’analyse des données massives au centre de la stratégie d’innovation d’Unicancer (bilan)

    « Notre dernière enquête* montre que le patient a changé : [il est] plus exigeant, plus connecté et aussi extrêmement concerné par le cancer », commente Patrice Viens, président d’Unicancer, dans le dernier rapport annuel de la fédération, indiquant que la e-santé fait partie des domaines sur lesquels la cancérologie française doit miser.

    À l’occasion d’un petit déjeuner presse qui s’est tenu le 31 janvier 2019, et auquel Health & Tech Intelligence a assisté, le responsable a notamment insisté sur les avantages de l’outil Consore (Continumm soins-recherche), un logiciel basé sur intelligence artificielle (IA) permettant de retrouver et d’ordonner des informations disséminées dans les milliers de dossiers patients issus des centre de lutte contre le cancer (CLCC).
    Une dizaine de CLCC sont déjà équipés et une quinzaine devraient l’être d’ici la fin 2019. L’idée est de proposer à d’autres établissements l’outil car les résultats seront d’autant plus intéressants que si son utilisation est étendue.
    « Il s’agit d’un vrai travail collectif de longue haleine, regroupant médecins, informaticiens, etc. », précise Pascale Flamant, déléguée générale d’Unicancer.

    Côté numérique, 40 applications et solutions connectées sont proposées par les centre de lutte contre le cancer. La fédération ajoute qu’elle propose des achats mutualisés aux CLCC pour leur permettre d’acquérir des équipements de pointe.
    Cependant, pour aller plus loin, Pascale Flamant insiste sur le fait que les contraintes financières qui pèsent sur les centres doivent « finir par s’arrêter ».

    Patrice Viens a par ailleurs annoncé qu’Unicancer allait proposer un plan stratégique qui devrait être officialisé au cours du printemps 2019, « en avril probablement ».

    Consore : un outil de recherche puissant des données patients

    Patrice Viens a mis en avant la volonté d’Unicancer de poursuivre le développement des nouvelles technologies au sein de ses centres afin d’optimiser le parcours de soins.

    Le président de la fédération est notamment revenu sur les ambitions de Consore (Continumm soins-recherche), mis en place en 2015.

    Le logiciel « lit » les dossiers informatisés, soit « les données en full text« , afin de former des groupes de patients selon des critères établis (type de maladie, âge, sexe, etc.). Si les établissement acceptent de publier les données, il sera possible de mieux travailler sur le dépistage (tel cancer plus important dans telle ou telle région, traitement efficace plutôt dans telle région, etc.), explique le responsable.

    « Il s’agit d’un outil de fouille de données sur l’ensemble des données des CLCC visant à répondre à une interrogation sur un sujet donné », précise Pascale Flamant.

    « La masse gomme les biais »

    L’intérêt d’une analyse d’un grand nombre de données est que « la masse gomme les biais », poursuit Patrice Viens. Elle vient selon lui en complément des essais cliniques, qui, eux, sont utiles pour dégager des modèles à partir de données « pures ».

    En effet, « quand les données analysées concernent 20 000 à 50 000 patients, s’il y a 2 ou 3 % de biais, ils sont gommés par la masse, explicite-t-il. En revanche, lorsqu’il s’agit d’un essai mené sur 200 à 300 patients, ces biais faussent les résultats ». 

    Les résultats générés par Consore viennent ainsi en complément car ils permettent d’avoir un regard continu sur l’efficacité d’un traitement après sa mise sur le marché, par exemple, et sur ses potentiels effets secondaires.

    Un outil utilisé pour dégager les taux de mortalité des centres

    Le président de la fédération explique qu’Unicancer va se servir de Consore pour « sortir » les taux de mortalité des différents établissements. L’organisation est en effet la seule à avoir pour projet la publication des taux de mortalité, une transparence essentielle selon son responsable.

    Mettre un terme à la baisse des tarifs hospitaliers

    En 2018, la politique du groupe a été axée autour du développement de la marque « Unicancer ». 11 centres ont changé leur appellation l’année dernière pour faire apparaître « Unicancer » dans le nom de leur établissement.

    « Il ne s’agit pas que d’un concept marketing mais d’une volonté de montrer que nos centres sont dédiés à la prise en charge de la patientèle « cancer », dans une optique de prévention et de dépistage renforcés », argumente Patrice Viens.

    Informations clés sur le développement d’Unicancer :

    • En 2018, le GCS, qui rassemble tous les CLCC et leur fédération, est devenu le premier opérateur de recherche clinique en cancérologie en Europe et se positionne désormais au 5e rang mondial.
    • Unicancer a la volonté, en 2019, d’obtenir des certifications internationales, au moins en Europe. La fédération est pour l’instant le seul réseau en France à avoir décroché la certification ISO 9001 pour la recherche clinique.
    • Unicancer observe une décélération de l’augmentation de l’activité de ses centres. En 2018, l’augmentation est de 1,5 %, contre 3,5 %, en 2017.

    Côté financier, le président d’Unicancer a rappelé que la fédération souhaitait un arrêt de la diminution des tarifs hospitaliers, voire, « pourquoi pas », une « petite hausse ».

    Il estime globalement positif le rapport portant sur la réforme du financement du système de santé, remis le 29 janvier 2019 à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, par la task force pilotée par Jean-Marc Aubert. Il salue notamment le fait que l’essentiel des mesures ne soient pas exclusivement basées sur l’activité et que la qualité ait été introduite au centre de la stratégie.

  • Crédit Agricole Assurances lance une plateforme e-santé pour salariés et employeurs

    Crédit Agricole Assurances annonce le lancement de « Crédit Agricole Ma Santé », plateforme e-santé ciblant les salariés et leurs employeurs. Il s’agit d’une application mobile « tout-en-un » qui propose aux salariés des services clés en main en matière de santé pour :
    • gérer de manière numérique leur contrat d’assurance ;
    • accéder à la téléconsultation médicale ;
    • bénéficier de programmes de coaching santé ;
    • géo-localiser un professionnel de santé ;
    • accéder aux actualités de Santé Magazine, etc.

    Cette nouvelle plateforme vise à maintenir le lien avec l’assuré grâce à une approche par « moment de vie » en fonction de la santé du salarié sur des questions telles que « j’ai un problème de vue », « je dois aller voir un dentiste », « je vais être hospitalisé », etc.

    Les services sont accessibles aux salariés assurés en santé collective auprès de Crédit Agricole Assurances et sont disponibles sur Android et iOS (Google Play et Apple Store) ainsi que sur le web depuis l’adresse www.ca-masante.fr. Ce lancement intervient alors que AXA a décidé de fermer son application Mon Axa, ouverte depuis 4 ans.

    Une offre intégrée de 10 téléconsultations

    Le Crédit Agricole s’est rapproché de Mondial Assistance (Allianz Worldwide Partners) pour la téléconsultation.

    10 téléconsultations remboursées par an

    Les assurés peuvent bénéficier de 10 téléconsultations médicales remboursées par an via cette application.

    Mondial Assistance dispose de 80 médecins salariés joignables 7j/7. Pour accéder à un médecin, qui peut prescrire une ordonnance, le patient expose son problème à un infirmier qui décide ou non de le renvoyer vers un télé-médecin.

    Chatbot, simulateur… de nouvelles fonctionnalités à venir

    Un chatbot pour répondre aux questions des assurés

    Un chatbot va être mis en place et contextualisé en fonction de l’actualité ou des périodes de l’année. Par exemple, de nombreuses questions sur la carte de tiers payant sont posées par les assurés à la rentrée et le chatbot sera programmé pour y répondre. Aucune date n’a été donnée sur le lancement de cet outil.

    Un dispositif pour simuler le reste à charge

    Les équipes du Crédit Agricole Assurances développent aussi un système pour que les assurés puissent comprendre « les restes à charge ». Ce service devrait être disponible dans le courant de l’année 2019 puisque ces restes à charges devraient évoluer en fonction du calendrier législatif. Le but est que les assurés puissent simuler le reste à charge en fonction de la tarification d’un acte médical. L’application pourra aussi émettre des recommandations en proposant à l’assuré de se tourner vers un autre professionnel de santé ou un autre contrat.

  • Le CHU de Bordeaux s’allie avec la start-up Synapse Medicine pour développer l’IA

    Le CHU de Bordeaux va collaborer avec la start-up bordelaise Synapse Medicine, issue du CHU et spécialisée dans le développement de l’intelligence artificielle (IA) en santé. Les deux organisations ont signé le 16 janvier 2019 un accord-cadre pour que les équipes de recherche du centre de soins puissent exploiter la solution développée par Synapse.

    La start-up a mis au point une plateforme basée sur IA permettant à un médecin d’accéder aux dernières informations relatives à l’usage des médicaments dans un contexte donné pour les aider à prescrire les bons médicaments, à la bonne dose et en tenant compte de tous les facteurs. Ils peuvent ainsi analyser instantanément l’ordonnance d’un patient, simplement en la prenant en photo, soit des dizaines de minutes gagnées, indiquent le CHU dans un communiqué publié le 24 janvier sur Reseau-chu.org.

    Les services de médecine gériatrique seront les premiers à utiliser le système, « dans le cadre d’un ambitieux projet de recherche clinique », précise le centre de soins.

    Il s’agit de la « première mise à disposition » de cet outil à travers « un protocole de recherche, pour aider quotidiennement des médecins dans leur travail », indique par ailleurs l’établissement.

    « C’est un évènement très important. Il s’agit d’un des tout premiers accords de ce type en Europe : entre un hôpital de la taille d’un CHU et une start-up spécialisée en intelligence artificielle médicale, commente le Dr Clément Goehrs, co-fondateur et P.-D.G. de Synapse Medicine (communiqué). La force de Synapse aujourd’hui, c’est d’avoir su implémenter ces technologies dans un produit concret, directement utile pour les médecins, et donc pour les patients. Les possibilités futures sont immenses. »

  • Servier annonce sa volonté d’investir dans des solutions IA pour découvrir de nouveaux médicaments

    Servier et Iktos, une société spécialisée dans le développement de technologies d’intelligence artificielle (IA) appliquée à la chimie, viennent d’annoncer le succès de leur première collaboration, « qui avait pour objectif l’évaluation par Servier de la technologie Iktos sur sa capacité à accélérer l’optimisation de molécules d’intérêt pharmaceutique » par le biais d’un système basé sur IA, précisent les deux partenaires dans un communiqué publié le 29 janvier 2019.

    Les résultats de cette collaboration ont été présentés conjointement par Servier et Iktos au dernier congrès de l’European Federation for Medicinal Chemistry (EFMC), qui a eu lieu en septembre 2018.

    Les deux organisations annoncent également leur volonté de poursuivre leur partenariat dans les mois à venir. Dans ce cadre, Servier explique vouloir investir dans des solutions d’intelligence artificielle permettant la découverte de nouveaux médicaments.

    Un système de deep learning pour analyser plus de 800 molécules

    La technologie conçue par Iktos est basé sur un système d’apprentissage profond (deep learning). En analysant les données déjà générées dans un projet de recherche, elle permet de concevoir et d’optimiser in silico des molécules sur l’ensemble des paramètres du cahier des charges d’un projet.

    L’objectif est de pallier l’optimisation multicritères (MPO), l’un des principaux problèmes rencontrés dans la phase amont de la R&D pharmaceutique. Concrètement, il s’agit de la recherche d’une molécule qui satisfait simultanément à tous les critères in vitro requis pour un candidat préclinique (activité pharmacologique, sélectivité, ADME absence de toxicité) », est-il expliqué dans le communiqué.

    Un test concluant mené par Servier

    Dans le cadre du partenariat entre Servier et Iktos, l’algorithme a été utilisé pour analyser un jeu de données de plus de 800 molécules testés sur 11 critères, dont aucune ne répondait à l’ensemble des critères du cahier des charges du projet en question.

    La solution d’Iktos a proposé 150 molécules optimisées virtuellement sur tous les objectifs, dont 11 ont été synthétisés et testées par Servier, et ce avec de « bons résultats », indiquent les deux sociétés. En effet, les 11 molécules ont en moyenne atteint plus de 9 objectifs.

    « La capacité de l’algorithme à proposer, sur un délai très court, de nouvelles molécules répondant au cahier des charges est intéressante, a commenté Françoise Gellibert », directrice du pôle d’expertise chimie à Servier (communiqué), précisant que le groupe souhaite désormais « évaluer le gain de temps que cette technologie peut apporter sur le cycle de vie d’un projet de recherche avec un jeu de données plus restreint ».

    « Nous sommes particulièrement heureux de ces résultats qui apportent une validation de la technologie Iktos en vie réelle, et qui constituent la première démonstration de la valeur apportée par l’IA pour trouver des solutions à des problématiques d’optimisation chimique », a déclaré de son côté Yann Gaston-Mathé, président d’Iktos.

    Servier va utiliser l’IA Iktos pour accélérer l’identification de candidats précliniques

    Les deux partenaires ont annoncé leur volonté de poursuivre leur collaboration. L’idée cette fois est d’exploiter la technologie d’Iktos pour accélérer l’identification de candidats précliniques. Dans cette optique, la start-up va fournir son logiciel Makya en bêta-test à un groupe d’utilisateurs chimistes et chemo-informaticiens de Servier.

  • MPO

    Multi-parametric optimizationnull

  • ADME

    Absorption Distribution Métabolisation Excrétion ( absorption, distribution, métabolisme et excrétion)null

  • Étude : un algorithme mesure les chances de réussite des thérapies cognitives par internet (AJP)

    Des chercheurs suédois du Karolinska Institute ont mis au point un algorithme semi-automatisé qui évalue le risque d’échec d’un traitement de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) par internet. Chez les patients les plus à risque d’échec, l’adaptation du traitement s’est traduite par une réduction plus importante des symptômes. Les résultats de cette étude* publiée le 30 janvier 2019 dans l’American Journal of Psychiatry suggèrent qu’un algorithme permet d’améliorer les chances de réussite des TCC en ligne.

    Les TCC par internet : efficaces mais pour qui ?

    Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) par internet se sont avérées efficaces dans le traitement de la dépression, des attaques de panique, des troubles du sommeil et d’autres troubles psychologiques. Au cours des 20 dernières années, de nombreuses études ont montré que ces techniques faisaient jeu égal avec les traitements traditionnels en face à face. En Suède, cette approche a d’ailleurs été largement adoptée en pratique clinique.

    Cependant, comme n’importe quel traitement, les bénéfices des TCC en ligne sont variables selon les patients mais les facteurs de réussite d’une telle stratégie n’ont pas encore été identifiés.

    Un algorithme pour prédire les échecs

    Des chercheurs suédois du Karolinska Institute ont donc souhaité mener des travaux afin d’évaluer les bénéfices d’un traitement adaptatif chez les patients les plus à risques d’être en échec, et ce en utilisant les données de base et les données des premières semaines de traitement pour prédire le résultat final.

    Cette prédiction permettait alors au thérapeute d’intensifier et de personnaliser le traitement, sans attendre d’être en échec.

    Concrètement, après 4 semaines de thérapies cognitivo-comportementales par internet (sur un programme de 9 semaines), les scientifiques ont procédé à une évaluation structurée du risque individuel d’échec à l’aide d’un questionnaire et d’un outil fondé sur un algorithme. Les patients ont ensuite été classés comme faisant face à un risque faible ou élevé d’échec, c’est-à-dire des bénéfices insuffisants. Les personnes à haut risque ont été assignées au hasard soit au traitement, soit à un soutien supplémentaire et à un traitement ajusté.

    Les résultats de cet essai contrôlé randomisé incluant 251 patients souffrant d’insomnie ont été publiés le 30 janvier 2019 dans l’American Journal of Psychiatry.

    Résultats

    • L’algorithme a permis de classer 102 patients comme étant à risque d’échec du traitement.
    • 71 % des participants ont fourni l’ensemble des données permettant d’établir la prédiction.
    • Les patients qui n’étaient pas à risque présentaient des réductions de score de gravité de l’insomnie plus importantes que tous les autres groupes.
    • L’adaptation de la TCC par internet permettait de réduire davantage les symptômes d’insomnie que la poursuite du traitement standard (par internet également).
    • L’intensification du traitement nécessitait en moyenne 14 minutes supplémentaires de temps entre thérapeute et patient lors de la semaine restante.
    • 1,2 % des patients se sont détériorés sans traitement adapté et 0 % avec adaptation.

    Un premier pas vers la personnalisation des TCC par internet

    « Les résultats indiquent qu’il existe une évaluation précise des patients susceptibles ou non de bénéficier de la quatrième semaine de traitement », a déclaré Erik Forsell, psychologue et doctorant au département de neurosciences cliniques du Karolinska Institute. Les chercheurs considèrent donc cette étude comme une première étape dans la personnalisation de la thérapies cognitivo-comportementales par internet.

    Une des limites de ces travaux est que les thérapeutes étaient conscients que les patients à risque risquaient d’être en échec thérapeutique, ce qui pourrait affecter leur performance (les obligeant à abandonner ou à faire un effort supplémentaire). Cependant, cet effet est moins probable dans le contexte du traitement fourni en ligne de cette étude, dont une grande partie est normalisée et pour lequel les thérapeutes sont supervisés en termes de temps passé.

    Une autre limite est que le temps passé à envoyer du matériel aux patients du groupe de traitement adapté ou d’essayer, mais sans succès, de joindre quelqu’un au téléphone n’a pas été mesuré. Les patients à risque bénéficiant de soins standard recevaient globalement moins de temps, probablement parce qu’ils étaient inactifs.

    Vers une validation de l’algorithme

    Quant à l’algorithme, il n’avait pas été préalablement validé. « Si cela avait été le cas, la prédiction aurait pu être plus précise et donner ainsi des résultats plus clairs, soulignent les chercheurs. Bien que les résultats de cet essai soient déjà assez clairs, des études supplémentaires sont encore nécessaires pour optimiser et automatiser de tels algorithmes afin de maximiser leur utilité. »