«Les objets connectés conçus pour capter nos données de sommeil sont plutôt fiables pour évaluer le temps de sommeil passé » mais « pas très efficaces pour nous aider à bien dormir ». C’est la conclusion d’une étude réalisée pour la Fondation Maif par le Lati (Laboratoire Adaptations Travail Individu) de l’université Paris V Descartes et la société de conseil en ergonomie Ergo-Centre.
Des résultats modestes, voire négatifs
« La qualité du sommeil, impression subjective, s’est légèrement détériorée avec tous les dispositifs, pour les testeurs, en moyenne », affirme l’étude, soulignant que les indicateurs produits par les objets connectés « sont rarement interprétés ou expliqués, laissant l’utilisateur dans l’impossibilité de comprendre aisément les résultats de sa nuit ».
«Durant la période de test, la durée moyenne d’endormissement a augmenté de 10% », ajoutent les chercheurs, précisant que les dispositifs étudiés « créent une forme d’anxiété appelée ‘orthosomnie’ liée à la quête de l’atteinte d’un sommeil ‘idéal’» qui aboutit à l’inverse du résultat escompté. « Focaliser l’attention de l’utilisateur sur son sommeil est la meilleure façon d’altérer ce dernier » résume la Fondation Maif : « résultats et score sont des notions qui cohabitent mal avec le lâcher prise que suppose l’endormissement ».
«Très peu de conseils personnalisés et pratiques sont apportés aux utilisateurs pour tenter de résoudre leurs difficultés ». Sur les sept produits étudiés, un seul obtient une note d’utilisabilité (facilité d’usage) supérieure à 80 sur 100, et la moyenne du groupe s’établit à 64 sur 100, ce qui correspond à une utilisabilité « faible à modérée ».
Les auteurs affirment qui plus est que seuls deux des sept systèmes étudiés s’appuient sur des études de validation scientifique, et conclut que les autres appareils sont « susceptibles de produire des résultats imprécis, voire faux » .
Des utilisateurs diversement satisfaits
Cette efficacité modeste se reflète dans le ressenti des utilisateurs. Interrogées sur leur sommeil, à peine 22% des personnes utilisant des objets connectés depuis plusieurs mois déclarent mieux dormir, tandis que 42% déclarent l’inverse. Seuls 18% de ces utilisateurs estiment que la qualité de leur réveil s’est améliorée, contre 41% qui pensent que non.
Parmi les services proposés par ces objets, certains sont en revanche très appréciés des utilisateurs, comme par exemple la possibilité, en fonction de la courbe de sommeil de chacun, d’être réveillé au meilleur moment pour se sentir frais et disponible.
Conclusions
L’étude recommande par conséquent d’établir précisément les objectifs visés, dès avant l’acquisition d’un de ces objets : l’acheteur potentiel doit savoir s’il veut traiter un trouble du sommeil ou juste améliorer son bien-être ou en savoir plus sur son sommeil.
Sur la base de ces résultats, les chercheurs du Lati et d’Ergocentre ont commencé à développer une interface pour smartphone qui utilisera les données collectées par les objets connectés et les traduira sous forme visuelle, leur associant également des recommandations.