Bien que la téléconsultation ait été rapidement adoptée en réponse à la crise sanitaire, son intégration durable et structurée reste incertaine, surtout dans les établissements de santé publics. En effet, malgré le remboursement des consultations par la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam), plusieurs obstacles freinent son développement.
D’une part, les plateformes de téléconsultation revendiquent la possibilité de facturer des frais supplémentaires, ce qui introduit un débat sur l’accessibilité et l’équité des soins, d’autant plus que la Cnam s’y oppose fermement. D’autre part, les initiatives innovantes comme les cabines de téléconsultation suscitent des questions quant à leur acceptabilité, leur efficacité clinique et leur impact sur la relation patient-soignant.
Notre étude propose d’analyser non seulement les défis logistiques et économiques que pose la téléconsultation, mais aussi les enjeux éthiques et organisationnelles qu’elle implique, en interrogeant la pérennité de ce modèle de soins dans un système de santé centré sur l’hôpital public. Comment, dans ce contexte, la téléconsultation peut-elle se développer sans compromettre l’universalité et la qualité des soins, tout en répondant aux exigences de modernisation et de rationalisation des services hospitaliers ?
Analyses
Contexte : entre promesses de l’innovation et incertitudes sur une intégration durable dans le parcours de soins en France
En 2023, la téléconsultation représente 2,7 % des dépenses de soins des généralistes, 0,5 % des soins spécialisés et 33 % des actes médicaux en France. Cela témoigne d’un écart entre l’innovation et son intégration concrète dans les pratiques médicales. L’utilisation croissante des plateformes de téléconsultation souligne cependant le potentiel d’adaptation et de diversification des soins.
👉 Un état des lieux et les chiffres clés de l’environnement de la téléconsultation est accessible dans cet article.
Evolutions réglementaires de la téléconsultation : limiter le risque d’une “ubérisation” de la médecine ?
Qualité des soins, erreurs médicales, remboursement, risque d’une médecine à deux vitesses : l’essor récent de la téléconsultation a amené des interrogations et des impératifs de régulation. Depuis la convention médicale du 26 août 2016, qui en pose les bases, la réglementation continue de s’adapter pour encadrer cette pratique.
👉 Cet article revient sur les différents enjeux éthiques et réglementaire autour de la téléconsultation, avec une synthèse des initiatives et des positions de différentes institutions et acteurs du secteur de la santé.
Review : quelle efficacité de l’examen physique virtuel pendant une téléconsultation ?
Malgré certaines inquiétudes exprimées, patients et professionnels de santé sont globalement satisfaits des examens physiques virtuels réalisés pendant une téléconsultation. C’est en tout cas ce que rapporte une nouvelle review* réalisée par une équipe de chercheurs australiens, avec des résultatys positifs pour la plupart des examens virtuels (oculaires, respiratoires et musculosquelettiques).
👉 Pour consulter la synthèse de cette étude de la portée sur les examens physiques virtuels (EPV), veuillez suivre ce lien.
Entretien expert avec Jean-Pascal Piermé, président du LET :
“Des parcours hybrides et une étroite collaboration avec les territoires pour améliorer l’accessibilité des soins”. Dans un contexte de pénurie de ressources expertes au niveau des territoires, la téléconsultation suscite toujours des interrogations quant à son intégration dans les pratiques. A quels défis les opérateurs de la téléconsultation sont-ils confrontés et quelles sont les solutions envisageables pour lui garantir un avenir durable et efficace ? Entretien avec Jean-Pascal Piermé, président du LET.
👉 Cet entretien, publié le premier octobre 2024, est accessible sur ce lien.
Visualisation
Cartographie de 37 entreprises de téléconsultation présentes en France :
Plateformes généralistes (Medaviz, Qare) ou spécialisées en santé mentale (Eutelmed), gynécologie (Ginger) ou pédiatrie (Doudoucare) et cabines connectée (Tessan, Medadom) : en France, au moins 37 entreprises investissent le marché de la téléconsultation. Si cette innovation de parcours s’impose comme une solution aux déserts médicaux, plusieurs interrogations se posent sur son modèle économique.
👉 L’article consacré à la compréhension du marché de la téléconsultation et la cartographie des entreprises présentes en France est disponible ici.
Les investissements dans la téléconsultation se restructurent après une période post-Covid record
Les années 2023 et 2024 enregistrent un recul dans le financement du marché de la télémédecine, dont la téléconsultation reste le segment la plus actif. Elle concentre près de la moitié des levées de fonds, réalisées majoritairement aux Etats-Unis.
👉 Dans cet article, un tour d’horizon international des principales opérations menées en 2023 et 2024.
Panorama des partenariats entre organismes assureurs et plateformes de téléconsultations :
24h/24 et 7j/7, les assureurs, mutuelles et complémentaires santé proposent quasiment tous des prestations de téléconsultation pour leurs assurés (indépendants, PME/TPE, grands groupes, familles). Leurs offres sont plutôt homogènes en termes de services (facilité d’usage, zéro reste à charge, disponibilité), et rencontrent un grand succès. Tour d’horizon des offres et des partenariats.
👉 Un benchmarking synthétique des différentes initiatives des organismes d’assurance de santé est accessible via ce lien.








