La transformation de l’innovation en valeur économique nécessite des capitaux. Dans le secteur de la e-santé, les besoins en investissements sont d’autant plus importants que l’innovation naît souvent dans des start-ups et que le temps de développement des dispositifs peut être long.
Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé a annoncé le 23 Janvier 2016 que l’État portait de 100 à 340 millions d’euros la dotation d’un fonds d’investissement pour soutenir les start-ups innovantes en santé.
Le soutien des pouvoirs publics a été marqué par un tournant en 2006 avec la loi de programme pour la recherche et réforme du crédit d’impôt recherche (CIR). Puis, en 2008, a été lancé le programme des investissements d’avenir (PIA) qui a pour mission de soutenir des projets de recherche innovants et de grande ampleur dans le domaine de la santé. Sur un budget de 47 milliards, 3 sont consacrés à la santé. Et quelques 57 millions d’euros ont déjà été débloqués pour 14 projets de e-santé. C’est le CGI qui gère ce budget et qui est donc l’interlocuteur des porteurs de projet en recherche de financement.
D’autres organismes tels que BPI France peuvent apporter des solutions de financement. En 2015, 200 millions d’aides ont concerné la santé, notamment dans la Silver économie et la médecine individualisée.
La DGE s’investit elle aussi dans l’innovation. Elle accompagne les entreprises et octroie des aides importantes, à condition d’avoir des fonds propres à hauteur de la moitié de la subvention publique. Les SATT disposent elles aussi d’un fonds d’investissement de 860 millions d’euros. Dans ce paysage, les porteurs de projet peuvent aussi faire appel à des sociétés d’investissement ou à des business angels spécialisés dans la santé.
Aujourd’hui, si les capitaux ne manquent pas dans les premières phases de développement, les investissements à long terme permettant de transformer une start-up en PME sont eux plus difficiles à trouver. Or, ce sont eux qui vont assurer la phase de commercialisation. En 2015, quand les États-Unis réussissaient à mobiliser 4 milliards de dollars en capital risque, ce montant n’atteignait que 115 millions d’euros pour toute l’Europe.
Conseils à suivre
- Les acteurs sont donc nombreux et il apparaît essentiel d’être guidé pour trouver le bon partenaire. En effet, il sera différent selon le projet, le montant de l’investissement nécessaire ou encore le niveau de fonds propres.
- Toujours pour accélérer l’accession au marché, le CGI conseille, quant à lui, de bien calibrer dès le début les financements nécessaires. Beaucoup d’entrepreneurs s’épuisent à faire des levées de fonds tous les ans. L’Institut Montaigne estime, dans son rapport « Santé : le pari de l’innovation » que » les investisseurs français sont incapables d’investir à hauteur de dizaines voire de centaines de millions d’euros comme le font par exemple les fonds américains. »
- « Il est important d’approcher et d’être au contact des investisseurs assez tôt, en amont des phases actives de levée de fonds, et de passer du temps à partager ses avancées avec eux », conseille de son côté France Biotech dans son rapport annuel 2015.
- Pour ceux qui développent un dispositif médical et visent donc le remboursement, aller à la rencontre des investisseurs institutionnels peut ouvrir des portes. La DGE, par exemple, est présente au Comité économique des produits de santé, et peut ainsi faire valoir la vision de l’industriel le moment venu.