Pilotage

  • Australie : des millions de données de santé menacées par une faille de sécurité

    Le ministère de la Santé australien vient de révéler avoir commis par inadvertance une infraction potentiellement grave à la loi sur la protection des informations personnelles en publiant de manière insuffisamment sécurisée des données liées au programme national d’assurance sociale (Medicare). Le fuite concerne des médecins généralistes et trois millions de leurs patients.

    Cette annonce a été faite par la ministre de la Santé, Sussan Ley, lors de la conférence annuelle du Royal Australian College of General Practitioners (29 septembre-1er octobre 2016), la plus importante organisation professionnelle de médecins généralistes du pays.

    Cette nouvelle survient alors que le gouvernement est en pleine négociation avec les médecins à propos de la réduction des dépenses dans le secteur.

    Une faille au niveau de l’anonymisation des données privées

    Pour aider les chercheurs à fournir de meilleures analyses et à contribuer à l’élaboration de nouvelles politiques de santé, le ministère de la Santé australien avait rendu public des dossiers de réclamations « dépersonnalisés » concernant des indemnités d’assurance-maladie et certains avantages pharmaceutiques du régime social. Ce procédé concernait un échantillon aléatoire représentant 10 % de la population australienne.

    Problème : sans le vouloir, le ministère a laissé paraître suffisamment d’informations au sein de ses algorithmes pour permettre à un logiciel malveillant adapté de décrypter les numéros brouillés censés remplacer les numéros officiels des médecins, qui sont alors devenus potentiellement identifiables.

    Des analystes du département informatique et des systèmes d’information de l’Université de Melbourne ont mis seulement quelques jours à contourner le dispositif de cryptage. La ministre a révélé que les chercheurs en question avait signalé début septembre à son département l’existence d’une « vulnérabilité » à propos de ces données chiffrées et « que les fournisseurs de soins [logiquement anonymisés] pourraient éventuellement être ré-identifiés ».

    Aucune information sur les patients n’aurait été compromise

    Le département de la gestion des risques du ministère de la Santé fait actuellement l’objet d’importantes discussions au sein du gouvernement afin de savoir comment la divulgation d’informations précieuses a pu être si mal gérée.

    Madame Ley assure aux médecins qu’il n’y avait « aucun nom de fournisseurs de soins dans l’ensemble des données » et qu’aucune information sur les patients n’avait été compromise. Les analystes qui ont signalé le problème indiquent cependant que la ré-identification était possible ; ils ont simplement décidé de ne pas la faire.

    « Nous prenons bien évidemment tout ceci au sérieux et nous présentons nos excuses aux praticiens pour les problèmes que cela pourrait leur causer », a déclaré la ministre aux médecins.

    Une loi pour condamner l’utilisation de données ré-identifiées

    Elle a ajouté que le procureur général, George Brandis, était en train de mettre en place une loi visant à considérer comme une infraction pénale toute publication de données ré-identifiées ou toute action visant à conseiller, faciliter ou encourager leur publication ou communication.

    En réaction à l’annonce de la faille signalée par l’Université de Melbourne, M. Brandis a annoncé que la loi allait être votée au plus vite et que son effet serait rétroactif.

    Dans un article paru le 8 octobre dans The Saturday Paper, la journaliste Karen Middleton se demande pourquoi le gouvernement a attendu plusieurs jours avant d’alerter les médecins et les autres personnes concernées par la faille, alors qu’il est légalement tenu d’avertir immédiatement les individus touchés par une violation de leur vie privée. Le ministère n’a pas encore réagi.

    Pour l’heure, l’ensemble de données concernées n’est plus en ligne. La ministre a indiqué que les informations « ne seront de nouveau accessibles que lorsque tous les problèmes liés à leur potentielle vulnérabilité seront résolus ».

    La protection des données de santé préoccupe l’Australian Privacy Foundation

    > Cette annonce de la ministre de la Santé survient quelques semaines après les critiques émises par le Dr. Bernard Robertson-Dunn, président du comité de santé de l’Australian Privacy Foundation (APF) : l’expert pointe du doigt le dossier numérique de la santé australien, My Health Record (MyHR), qui, selon lui, serait « inutile » et mettrait « en danger les données privées des utilisateurs ».

  • Cancer, diabète, hôpital, télémédecine, IBM Watson Health multiplie partenariats et investissements

    Depuis sa création en avril 2015 IBM et sa filiale Watson Health multiplient les partenariats et les initiatives dans la santé:

    • Institutions publiques (Tekes en Finlande),
    • hôpitaux (aux Etats-Unis et en Chine),
    • industriels (Medtronic, Siemens).

    Les secteurs visés sont multiples :

    • Cancer,
    • Diabète,
    • Logistique hospitalière,
    • Big Data
    • Télémédecine.

    Watson Health donne accès via une plateforme cloud à Watson, le super ordinateur d’informatique cognitive d’IBM, pour l’analyse de données de santé à des fins de recherche médicale et thérapeutique.

    Retrouvez ci-dessous la liste des partenariats, initiatives et acquisitions d’IBM et de sa division Watson Health sur les 4 dernières années et les dernières actualités concernant Watson Health dans notre dossier.

    Dossier: L’écosystème IBM Watson Health

  • PTA en Aquitaine et à La Réunion : plusieurs centaines de patients pris en charge

    Saint Pierre, 36 H CHRONO OCEAN INDIEN.

    Marie-Noëlle Billebot en charge du projet TSN ( territoire de soins numériques) pour l’ARS Nouvelle Aquitaine et Pierre Magnin, directeur médical de la plateforme territoriale d’appui OIIS à la Réunion ont présenté un point d’avancement lors de l’étape à la Réunion de la campagne « Faire avancer la santé numérique » le 5 octobre 2016.

    Selon la DGOS, les 5 territoires expérimentateurs de TSN ont maintenant ouvert leurs services et ont tous mis en place leur plateforme territoriale d’appui. Parmi elles, c’est celle de l’Aquitaine qui est la plus avancée et prend en charge à fin septembre plus de 1000 patients sur le département des Landes.

    L’évaluation des programmes TSN aura lieu fin 2017. La DGOS souhaite sans attendre généraliser les PTA à l’ensemble du territoire selon le décret n°2016-919 du 4 juillet 2016 sur les PTA.

    Ces deux plateformes de coordination reposent sur la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire composée de :

    Plateforme Territoriale OIIS (La Réunion)

    •        4 Coordinatrices d’appui territorial, 1 Directeur médical, 1 Assistante
    •        3 Animatrices territoriales e-santé
    •        10 médecins généralistes expérimentateurs
    •        11 patients inclus à fin septembre.

    Principaux usages :

    Plateforme Santé Landes (Nouvelle Aquitaine)

    • 1 infirmière Coordinatrice
    • 3 infirmières
    • 3 travailleuses sociales
    • 1 médecin référent mi-temps
    • 1 Administratrice mi-temps.

    Principaux services :

  • Le GCS Tesis (La Réunion) met en place des méthodologies d’innovation pour ses projets e-santé

    « La Ruche », tel est le nom de l’espace dédié à la e-santé mis en place par Le GCS Tesis Réunion Mayotte à La Réunion.

    Mettre en place des systèmes d’information et outils numériques qui génèrent de l’usage et soient adoptés par les professionnels de santé et les patients nécessite une adaptation des outils aux besoins et pratiques des utilisateurs.

    Pour y parvenir, grâce à l’impulsion donnée par l’attribution de 30 M€ dans le cadre des projets Territoire de soins numériques, Antoine Lerat, directeur de Tesis, a conçu un espace de cocréation intégrant architecture, technologies et methodologie pour inciter à l’intelligence collective.

    Cette démarche de coconstruction est soutenue par l’Agence Régionale de Santé Océan Indien.

    Concrètement la démarche repose sur l’embarquement par des formats ludiques et participatifs et des techniques de management collaboratif de publics qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble.

    L’espace propose :

    • Un show room des innovations proposées par des start-up du territoire,
    • Un espace de coconstruction dédié aux séances collaboratives doté d’ecrans digitaux et interactifs,
    • Des bureaux partagés en plug and work

    La communication et le management transversal sont des clés du fonctionnement de l’espace.

    Dans le cadre des rencontres Esanté qui se sont tenues du 4 au 7 octobre 2016, plusieurs GCS d’autres régions ont pu expérimenter l’utilité de « la Ruche ».

  • Wearables : Fitbit ouvre une base de données d’études utilisant les données de ses utilisateurs

    Fitbit research Libray est une base de données regroupant 164 études utilisant les données collectées auprès des utilisateurs d’appareils Fitbit. Le fabricant d’objets connectés la met à disposition du public depuis le 6 octobre 2016 sur le site Fitabase.com.

    Les différentes études, dont certaines remontent à 2012, portent sur des sujets allant des conséquences sociales et physiques de l’utilisation d’un capteur d’activité aux effets sur des personnes obèses ou diabétiques.

    Selon le fabricant, ses capteurs auraient collecté plus de 2 milliards de minutes de données à des fins de recherche à ce ce jour.

  • Propositions du G5 Santé pour la prise en charge des patients et la compétitivité des entreprises

    Bâtir une alliance pour les 5 prochaines années entre pouvoirs publics et industriels de santé français pour garantir une bonne prise en charge des patients tout en protégeant la compétitivité des entreprises de santé, c’est l’objectif des propositions formulées le 10 octobre 2016 par le G5 Santé à l’occasion de ses 5e Rencontres.

    Le G5 Santé qui rassemble les entreprises bio-Mérieux, Guerbet, Ipsen, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier et Théa a présenté son livre blanc 2017-2022, «Faire de la France un grand pays des industries de santé; réformer, investir et innover au service des patients».

    Il propose 20 mesures afin d’engager un débat constructif dans le cadre des programmes électoraux de 2017, et notamment de :
    – Déterminer des prix responsables pour les produits de santé : prendre en compte lors de l’évaluation et dans la fixation du prix des innovations thérapeutiques toutes leurs conséquences, notamment de leur impact sur l’organisation des soins, de l’efficience apportée au système de santé et des économies potentiellement générées dans toute la chaîne de soins.
    – Développer la politique de prix facial pour les médicaments largement exportés depuis la France, afin de préserver les installations industrielles sans surcoût pour l’assurance maladie, grâce au versement de remises produit «spécifiques export».
    – Prendre en compte les investissements réalisés en France et dans l’Union Européenne dans la fixation et la révision des conditions de prix du médicament.
    – Améliorer l’efficience du système de santé en prenant en compte les conséquences organisationnelles de l’arrivée des innovations de rupture, qui modifient les prises en charge : mieux utiliser les tests de diagnostic, adapter les parcours de soins, développer la médecine et la chirurgie ambulatoire.
    – Afin d’accroître les partenariats, renforcer le dialogue entre acteurs publics et privés de la recherche médicale, en s’appuyant particulièrement sur ARIIS et AVIESAN, et lancer un Plan national pour l’innovation, notamment pour développer les médicaments de thérapie innovante (MTI).
    – Bâtir une Alliance pour les 5 prochaines années entre pouvoirs publics et industriels de santé français afin d’accroître la compétitivité du territoire national et la représentation de la France dans la politique européenne de santé publique et dans les appels à projet européens, voire mondiaux.

  • La start-up TreatMD veut mondialiser la télémédecine

    Poursuivre son internationalisation et créer un réseau transfrontalier de télémédecine, telle est la stratégie que la société américaine TreatMD a dévoilée le 28 septembre 2016.

    TreatMD affirme que sa plateforme de télémédecine à la demande est déjà présente dans 22 pays et disponible en 30 langues. Outre son implantation dans de nouveau pays, la société vise à long terme sur la mise en place d’une infrastructure permettant aux professionnels de santé de collaborer à l’échelle mondiale et aux patients d’accéder aux offres de soin au-delà de leurs frontières.

    « Pourquoi un patient souffrant d’une maladie comme le cancer en Floride ne pourrait-il pas communiquer avec un médecin en Allemagne ou n’importe quel autre pays, pour un nouveau traitement ou obtenir un deuxième avis? Nous manquons de collaboration médicale à l’échelle mondiale. Nous pensons que ce type de collaboration peut conduire à de nouveaux médicaments et traitements », a déclaré Bryan Lenett, co-fondateur de la société.

    La solution de TreatMD inclut une plateforme de télésanté (audio/vidéo) basé sur la géolocalisation, ainsi que des outils de gestion de rendez-vous, de visites à domicile et du télésuivi mSanté.

  • Theranos ferme ses laboratoires et ses centres de bien-être et licencie 340 personnes

    La fermeture de ses laboratoires de recherche clinique et ces centres de bien-être en Arizona, Californie, et en Pennsylvanie, c’est ce qu’annonce Elizabeth Holmes, présidente de Theranos, dans une lettre ouverte à ses actionnaires le 5 octobre 2016. Cette décision devrait impacter environ 340 personnes (soit près de 43% de ses employés), indique Elizabeth Holmes dans sa lettre.

    Avec cette décision, Theranos souhaite recentrer ses activités sur le développement de son produit de traitement de données médicales minilab lancé en août 2016.

    Theranos, qui a été valorisée jusqu’à 9Mds $ (8,14Mds €) et était présentée comme une des start-up les plus prometteuses de la Silicon Valley, est par ailleurs sous le coup de poursuites judiciaires au niveau fédéral pour avoir «mis en danger la vie de ses clients» en leur fournissant des résultats d’analyses erronés. Ces problèmes avaient été soulevés par une série d’articles parus dans le Wall Street Journal à partir d’octobre 2015.

  • Cybersécurité : une faille de sécurité découverte dans une pompe à insuline de Johnson & Johnson

    Une faille de sécurité exploitable par des hackeurs dans l’une de ses pompes à insuline — Animas OneTouch Ping — c’est ce sur quoi alerte Johnson & Johnson le 3 octobre 2016 dans une lettre envoyée à des médecins et à environ 114 000 patients aux Etats-Unis et au Canada.

    La faille pourrait être exploitée par des hackeurs afin d’augmenter artificiellement les doses d’insuline. Le laboratoire précise toutefois que le risque reste très faible et qu’il n’a à ce jour connaissance d’aucune attaque sur l’un de ces appareils.

    Dans le courrier — dont l’agence de presse Reuters a eu une copie —, la société indique par ailleurs à ses clients comment régler le problème, notamment en limitant l’usage de la télécommande mise en cause, ou en indiquant les dosages maximum directement sur la pompe.

    Cette annonce intervient alors que la FDA se prépare à rendre public un guide sur la sécurité des dispositifs médicaux et leur conception. J&J explique qu’il a consulté la FDA à ce sujet avant de rédiger le courrier.

    • La faille a été décelée en avril 2016 par Jay Radcliffe, un chercheur spécialiste du piratage des dispositifs médicaux, lui-même diabétique.
    • L’Animas OneTouch Ping est vendu avec une télécommande qui permet aux patients de contrôler leur dose d’insuline sans utiliser l’appareil lui-même.
    • Radcliffe a identifié plusieurs façon pour un hackeur de prendre le controle de la communication entre la télécommande et l’appareil afin de forcer les dosage d’insuline. La communication entre la télécommande et l’appareil n’est pas encryptée.
  • Télémédecine en Chine : 2,18Mds€ investis dans la relation patients-docteurs (chiffres 2014)

    En Chine, les relations entre patients et praticiens sont tendues. Un problème en grande partie lié à l’engorgement des hôpitaux de niveau 3A : le temps d’attente avant d’être pris en charge est très important et le temps de consultation très court.

    Le développement de la télémédecine (le gouvernement chinois affirme avoir investi 2,18 Mds€ dans le secteur en 2014) est l’une des solutions actuellement envisagées par la profession pour tenter d’améliorer l’offre de soins (réduction de l’attente, meilleure répartition des malades…) et ainsi l’échange entre patients et médecins.

    L’un des 1ers problèmes des hôpitaux chinois : la mauvaise relation patient-médecin

    Selon la Commission nationale chinoise de la santé et de la planification familiale (NHFPC), le nombre d’attaques envers le personnel médical a légèrement baissé depuis quatre ans au sein du pays mais elle reconnaît que les incidents restent trop importants.

    Les incidents de sécurité dans les hôpitaux chinois sont courants

    • En 2014, 1 425 personnes ont été arrêtées et 4 599 incidents de sécurités ont été recensés dans des hôpitaux chinois, rapporte l’agence de presse nationale chinoise Xinhua.
    • En 2015, un rapport de la CMDA indiquait que près de 60 % du personnel médical en Chine avait été confronté à de la violence verbale et environ 14 % avait été agressé physiquement.

    Conséquence : en juillet 2016, plusieurs départements du gouvernement chinois ont exigé la présence d’agents de police armés dans les hôpitaux afin de contrer les éventuelles attaques violentes envers les médecins et le personnel médical.

    « Les patients se sentent frustrés quand une consultation ne dure que quelques minutes alors qu’ils ont attendu en salle d’attente pendant des heures », expliquait cet été Chen Penghui, un médecin du Fujian Medical University First Hospital (Xinhua).

    Comment la télémédecine peut apaiser les tensions

    En réduisant le temps d’attente physique

    Dans les grandes villes chinoises, un patient est parfois contraint de faire la queue pendant cinq, sept heures ou plus pour prendre un rendez-vous et espérer bénéficier d’une consultation en début de soirée, rapporte régulièrement les médias nationaux.

    L’une des priorités des entreprises privées qui ont investi le secteur est de réduire au maximum ce temps d’attente.

    • En 2010, Tencent investit un peu plus de 80 millions d’euros dans Guahao, un service de santé en ligne permettant de prendre rendez-vous via son smarpthone. Il couvre déjà 900 hôpitaux chinois.
    • Au cours de l’été 2014, Alibaba lance Alipay « Future Hospital », un service mobile permettant aux utilisateurs de prendre un rendez-vous médical à distance en sélectionnant un praticien et une date. Grâce à ce système, une visite peut durer une heure, voire moins, indiquait à Businessweek en juin 2014 le directeur de communication du centre médical pour femmes et enfants de Guangzhou, la troisième ville la plus peuplée du pays qui a testé parmi les premiers l’application.
    • Au niveau du secteur public : lancé en 2011, le online booking system (OBS) sera obligatoire à Pékin d’ici janvier 2017 pour les hôpitaux de niveaux 3A. Via ce système de réservation, les patients reçoivent par SMS un code de rendez-vous après avoir entré leurs informations personnelles.

    En améliorant l’accès aux soins dans les zones rurales

    En 2014, environ 750 millions de Chinois vivaient dans une zone urbaine, contre 620 millions dans une zone rurale, indique le portail de statistiques Statista. Ce n’est qu’en 2011 que la population urbaine de la Chine a dépassé le nombre d’habitants des zones rurales pour la première fois dans l’histoire du pays.

    Près de 80 % des institutions médicales sont concentrées dans les villes et les praticiens les plus spécialisés du pays résident dans les zones urbaines, précise le magazine Nursing Sciences (n° septembre 2014).

    Les « Family doctor programs » ont été introduits au début des années 2010 dans plusieurs provinces et régions chinoises afin de réduire la fréquentation des grands hôpitaux et d’assurer une égalité dans l’accès aux soins. En 2013, Luzhai County a été choisie comme zone pilote pour tester ce programme dans le Guangxi Zhuang, une région autonome du sud de la Chine.

    Le principe : les familles issues des zones rurales signent un contrat avec les médecins généralistes dans les cliniques du canton. Les praticiens offrent un service personnalisés aux patients, une prestation de soins basiques et des consultations médicales.

    À Xi’an City, dans la province du Shaanxi, plus de 2,5 millions de résidents locaux ont signé un contrat avec un médecin de famille, et dans la province de Liaoning, plus de la moitié de la population rurale a rejoint le programme.

    C’est dans ce cadre qu’Ali Health (filiale santé d’Alibaba) a lancé une application mobile à Pékin pour relier les médecins des institutions médicales de base et les riverains. Ainsi, les patients n’ont qu’à prendre leur téléphone pour interagir avec un médecin.

    « La [télémédecine] pourra-t-elle tous les problèmes liés aux tensions observées dans les hôpitaux chinois ? Absolument pas. Mais elle permet de libérer des chambres et, au minimum, d’offrir un peu de répit à certains patients dont les soins peuvent être raisonnablement livrés en dehors du système hospitalier », expliquait dans Forbes en mars 2015 Benjamin Shobert, spécialiste du marché de la santé de Chine et d’Asie du Sud-Est.

    Télémédecine : le gouvernement chinois commence à légiférer

    Construire un réseau national uniforme de télémédecine

    La commission de santé et du planning familial de chaque province chinoise (PHFPC) encourage la création de sites web simplifiant le lien entre patients et médecins.

    En août 2014, le NHFPC a publié une série de documents afin d’établir quelques lignes directrices à propos du développement des services de télémédecine en Chine. En 2015, il va plus loin en présentant le Technical Guideline for Telemedicine Information System Construction (2014), un guide mettant en avant un plan ambitieux dans l’optique de construire un réseau national uniforme de services de télémédecine dans le pays.

    Le document pointe du doigt différents problèmes : les dispositifs de télémédecine actuellement mis en place en Chine ont été construits de manière indépendantes, sans suivre des normes techniques nationales, et n’établissent pas de connexion réelle entre les hôpitaux et les plateformes de soins de santé régionaux.

    La construction de ce réseau national sera basée sur l’ouverture, l’uniformité, l’inter-connectivité et l’égalité géographique, précise le rapport.

    En résumé

    Le gouvernement chinois a investi environ 16,36 milliards de RMB (2,18 Mds€) dans le secteur de la télémédecine en 2014 (derniers chiffres communiqués). Bilan à la fin de cette année-là :

    • 72 millions d’utilisateurs chinois consultaient un médecin en ligne, signale la revue Perspectives chinoises.
    • 50 % des hôpitaux de province et 42 % des hôpitaux de soins primaires disposaient d’un centre de télémédecine en Chine, selon un rapport publié par le cabinet Research and Markets (Telemedicine and Online Healthcare Industry in China – 2015)

    « La Chine est résolument sur la bonne voie pour devenir l’un des plus grands marchés de la télémédecine dans le monde », analyse le cabinet d’avocats Foley & Lardner LLP, spécialiste du secteur de la santé.