Pilotage

  • Apple recrute un directeur de recherche sur l’intelligence artificielle

    Ruslan Salakhutdinov, professeur associé en machine learning à l’université Carnegie-Mellon a été recruté par Apple pour diriger ses recherche sur l’intelligence artificielle le 17 octobre 2016.

    Les autres initiatives d’Apple dans l’intelligence artificielle:

    • acquisition de Turi en août 2016.
    • acquisition d’Emotient en janvier 2016.
    • acquisition de VocalIQ en octobre 2015.
    • acquisition de Perceptio en octobre 2015.

    L’annonce du recrutement de Ruslan Salakhutdinov intervient peu de temps après l’annonce de la création du « Partenariat pour l’intelligence artificielle au bénéfice des citoyens et de la société », (Partnership on Artificial Intelligence to Benefit People and Society), lancé par Google, Deepmind, Amazon, Facebook, IBM et Microsoft, le 28 septembre 2016, et dont Apple était absent.

  • Watson for Oncology en Corée du Sud : « Notre intérêt est grandissant dans toute l’Asie » (IBM)

    The Gachon University Gil Medical Center d’Incheon, en Corée du Sud, adoptera prochainement la plateforme IBM Watson for Oncology. Une première au sein du pays.

    Avec ce nouveau contrat, IBM poursuit le déploiement de sa filiale Watson Health en Asie.

    Farhana Nakhooda, directrice du service santé et services sociaux à IBM pour la région Asie-Pacifique, présente à H&TI les intentions du groupe dans la région.

    Un hôpital coréen séduit à son tour par IBM Watson for Oncology

    The Gachon University Gil Medical Center traite chaque année environ 50 000 patients atteints du cancer. Dans un premier temps, les équipes médicales utiliseront la plateforme d’IBM pour tenter de mieux traiter les cancers du sein, du poumon, du côlon, du rectum et les cancers gastro-intestinaux.

    IBM collaborera avec l’établissement afin d’adapter son offre au contexte local en suivant les directives médicales coréennes et les besoins linguistiques du pays.

    Selon les chiffres officiels, près de 255 000 nouveaux cas de cancers et plus de 75 000 décès liés à cette maladie devraient être recensés en Corée du Sud pour l’ensemble de l’année 2016.

    21 hôpitaux chinois envisagent eux aussi d’adopter Watson for Oncology. Le dispositif a déjà été mis en place en Thaïlande (Bumrungrad International Hospital) et en Inde (Manipal Hospital). La liste des partenariats devraient prochainement encore s’agrandir.

    E-santé : « nous collaborons aussi bien avec les pays en développement que les pays développés »

    Thaïlande, Inde, Chine et maintenant Corée du Sud… Pourquoi un grand groupe comme IBM a-t-il décidé d’investir dans l’e-santé en Asie ?

    IBM a intégré le secteur de la santé depuis longtemps en Asie-Pacifique. Par exemple, le groupe a mis en œuvre, et a possédé, le premier système de gestion électronique des patients à Singapour il y a environ vingt-cinq ans donc nous connaissons bien le marché.

    Mais depuis la récente création du pôle Watson Health aux États-Unis, nous avons décidé d’aller plus loin en introduisant sur le marché sud-asiatique de nouvelles solutions high-tech, dont Watson for Oncology. IBM a remarqué que les systèmes de santé en Asie étaient prêts à adopter des innovations technologies de pointe telles que celles développée par Watson dans le milieu hospitalier. Il y a donc eu très tôt une forte demande dans cette région. En Corée du Sud par exemple (plus de 50 millions d’habitants), il existe tout un programme national autour de l’innovation technologique et médicale.

    Nous avons également constaté que nos partenaires en Asie-Pacifique appréhendaient généralement les innovations high-tech en se projetant sur le long terme. The Gachon University Gil Medical Center, par exemple, perçoit les nouvelles technologies comme une opportunité pour transformer l’offre de santé aujourd’hui mais encore davantage au cours des prochaines décennies.

    L’hôpital Manipal (Inde) utilise Watson pour étendre la portée et l’impact de leurs oncologues afin d’aider plus de patients. En Inde, il y a une importante pénurie d’oncologues, de chirurgiens oncologues et de radiothérapeutes. Le rapport oncologues/patients atteints du cancer en Inde est de 1/1600, contre 1/100 aux États-Unis (source : A fresh look at oncology facts on south central Asia and SAARC countries. South Asian J Cancer 2012, Noronha V, Tsomo U, Jamshed A, Hai MA, Wattegama S, Baral RP, et al.).

    Certes, il y a des centres d’excellence en Asie, dans lesquels les patients reçoivent des soins de classe mondiale mais Watson for Oncology peut aider les médecins à rester au meilleur niveau face à la prolifération des données médicales : la plateforme peut les aider à normaliser la qualité et l’efficacité des soins en leur assurant de prendre des décisions fondées sur des preuves pertinentes envers un patient spécifique.

    Envisagez-vous d’introduire Watson for Oncology dans d’autres pays ?

    Oui. Notre intérêt est grandissant dans toute l’Asie. IBM travaille actuellement avec plusieurs organisations de santé en Corée du Sud, en Australie, en Inde et à Singapour mais aussi dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est qui envisagent l’adoption de Watson for Oncology pour apporter un soutien à leurs équipes médicales et améliorer leurs systèmes d’information.

    Quel est le contenu des partenariats formés avec ces hôpitaux ? Quel est l’avantage de tels contrats en termes de business modèle ?

    Le système Watson for Oncology est géré par des physiciens au Memorial Sloan Kettering Cancer Center (MSK). Le MSK et IBM entraînent la plateforme à analyser à la fois la littérature scientifique et l’historique médical de chaque patient afin de fournir aux médecins des options de traitement spécifiques adaptées à chaque malade. Ces options sont classées en fonction du niveau des preuves qui les soutiennent.

    Ce service peut être utilisé dans le cadre d’un second opinion pour les hôpitaux de la région. Par exemple, l’hôpital de Manpal utilise l’outil pour ses propres patients mais aussi pour les patients extérieurs à leur réseau hospitalier qui souhaitent obtenir l’avis médical de MSK comme second opinion mais qui ne veulent ou ne peuvent pas se déplacer jusqu’aux États-Unis.

    LLes données cliniques accessibles via Watson for Oncology sont uniquement mises à la disposition des médecins. Watson ne stockera jamais de dossiers médicaux ; seules des données de patients anonymisés seront éventuellement diffusées en cas de besoin pour des analyses spécifiques.

    Un logiciel en tant que service (Software as a Service) est avantageux car ainsi les organisations utilisatrices n’ont plus à financer les dépenses d’investissement (capex) pour acheter tout un dispositif pour leur hôpital – elles paient simplement les dépenses d’exploitation (opex). De plus, vous pouvez mettre en place de manière très rapide un nouveau système dans un hôpital et accélérer ou freiner son développement selon vos besoins tout aussi rapidement.

    On parle beaucoup de Watson for Oncology en ce moment dans le secteur de l’e-santé. Avez-vous d’autres projets sur ce marché pour les années à venir ?

    L’Asie-Pacifique est un marché unique sur lequel nous essayons de collaborer aussi bien avec les pays en développement que les pays développés. Certains besoins sont communs aux deux marchés, mais beaucoup sont spécifique à chaque pays. Sur les marchés en développement, les hôpitaux sont par exemple plutôt à la recherche de systèmes ERP (Enterprise Resource Planning – système pour faciliter la gestion du personnel, l’organisation des plannings…).

    Il y a un certain nombre d’hôpitaux en cours de construction dans la région. IBM les aide à élaborer leur matériel informatique pour qu’ils disposent des bonnes applications, entre autres.

    • La santé mobile. Nous assistons à une grande augmentation de l’intérêt pour nos solutions relatives à la santé mobile, qui répondent à la fois aux besoins cliniques à l’intérieur et en dehors de l’hôpital. Nous voyons cette évolution comme un moyen d’améliorer l’accès aux soins dans les pays en développement mais aussi d’aider les hôpitaux à rester connecter à leurs patients et à améliorer leur expérience, y compris après leur départ de l’hôpital.
    • La gestion des big data. L’analyse des données de santé est une priorité pour la plupart des pays développés, qui disposent de données suffisantes et qui sont désireux d’utiliser ces informations pour mieux prévenir certaines maladies. Il y a tellement de données non structurées dans le domaine de la santé (on estime à environ 80 % le taux d’informations de santé pertinentes pour les médecins qui ne sont pas structurées) qu’il y a une énorme opportunité à saisir ici pour tenter de transformer ces informations désordonnées en réelles pistes de réflexion.
    • Au cœur du marché : les solutions IT. Nous vivons actuellement les premières années d’une ère informatique qui va durer encore plusieurs décennies : nous sommes non seulement en train d’étudier ce qui est possible mais aussi ce qui sera utile et économiquement viable à l’avenir.

    > Les différents projets Watson Health en développement en Asie :

    • Watson Developer Cloud. Dans un futur proche, nous estimons que des millions de personnes utiliseront Watson comme un « self-service ». C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons ouvert notre technologie au monde entier via Watson Developer Cloud.

    Pour chaque bonne idée que nous avons, notre communauté solide et diversifiée de développeurs pense au-delà de ce que nous pouvons imaginer. Mettre entre leurs mains la puissance de l’informatique cognitive aidera l’humanité à mieux comprendre le monde et, au final, nous aidera à prendre des décisions plus éclairées.

    • L’analyse de données en temps réel. Watson commence à être utilisé dans la pratique pour aider les cliniciens à évaluer les options de traitement et à être adopté par des organismes gouvernementaux pour mieux informer les citoyens. IBM travaille notamment avec Parkway Health, à Singapour, pour assurer un suivi proactif et une prise en charge précoce des patients grâce à l’analyse de données en temps réel et l’envoi de notifications aux infirmières en prévision d’événements critiques.
    • L’échange d’informations de santé. Une société australienne appelée Health& a de son côté développé une application grâce à la technologie Watson afin de proposer un accès facile à l’information sur la santé publique.
    • IBM’s Watson Care Manager. Nous remarquons aussi que des pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Singapour cherchent à intégrer de nouvelles solutions dans leurs systèmes de santé et services sociaux afin de mieux sensibiliser la population à certains types de comportements néfastes pour leur santé et mieux gérer les soins pour les populations les plus malades. IBM’s Watson Care Manager a suscité beaucoup d’intérêt dans la région pour faire face à certains de ces enjeux.
    • IBM Research. Il y a aussi un certain nombre de projets liés à l’informatique cognitive menés par IBM Research. Par exemple, IBM travaille avec l’Institut australien sur le mélanome (Melanoma Institute Australia) pour permettre aux chercheurs d’identifier de manière encore plus précoce l’apparition d’un mélanome via la technologie cognitive.

    À l’avenir, vous verrez beaucoup d’autres solutions de ce genre générées par Watson se développer dans le but d’améliorer la prise de décision des médecins, des infirmières, des administrateurs et des consommateurs.

  • Watson for Oncology in South Korea: « Interest is growing across the region » (IBM)

    The Gachon University Gil Medical Center of Incheon, in South Korea, will adopt IBM Watson for Oncology. This partnership is a first one in the country.

    The American group continues to expand in the Asian eHealth market with this new deal.

    Farhana Nakhooda, Director, Healthcare & Social Services IBM (APAC), describe to H&TI group’s plans in the region.

    IBM Watson for Oncology: a Korean hospital seduced in turn

    The Gachon University Gil Medical Center treats annually about 50 000 patients suffering from cancer. Initially, medical teams will use the platform IBM to try to better treat cancers of the breast, lung, colon, rectal and gastrointestinal cancers.

    According to official figures, nearly 255,000 new cancer cases and over 75,000 cancer deaths are excepted in South Korea in 2016. The colon, rectal, stomach, lung, liver and thyroid are the most common in men; cancer of the thyroid, breast, colon, stomach and lung cancers in women.

    Twenty-one Chinese hospitals are also considering to adopt Watson for Oncology. The device has already been set up in Thailand (Bumrungrad International Hospital) and in India (Manipal Hospital). The list of partnerships should soon expand.

    E-health: « we are dealing with both developing and developed countries in the region »

    China, Thailand, India and now South Korea… Why a major company as IBM have decided to invest in eHealth in Asia?

    IBM has been in healthcare for a long time in Asia Pacific – for example IBM owned and implemented the first patient management system in Singapore and that dates back to about 25 years ago so we are no stranger to this market. However, with our recent announcement of the Watson Health business unit in the US – we are now introducing new cutting edge solutions into the Asia Pacific market including Watson for Oncology.   IBM has found that health systems in Asia are eager to bring cutting edge technology innovations such as Watson into clinical practice, so there has been high demand in this region very early. For example in Korea (population 50M), there is a national agenda around innovation in technology and medicine. 

    We’ve also found that partners in the Asia Pacific region often bring a long term vision to their approach to technology adoption. Gachon University Gil Medical Center, for example, sees technology as an opportunity that is transforming healthcare today – and will have even greater impact over the coming decades. Manipal Hospital is using Watson to expand the reach and impact of their oncologists to help more patients.In India for example, there is an acute shortage of oncologists, surgical oncologists and radiation therapists. The ratio of oncologists to cancer patients in India is 1:1600 compared to 1:100 in the United States. (Source: Noronha V, Tsomo U, Jamshed A, Hai MA, Wattegama S, Baral RP, et al. A fresh look at oncology facts on south central Asia and SAARC countries. South Asian J Cancer 2012;1:1-4)

    Certainly there are centers of excellence here in Asia where patients receive world-class care – but whether at an academic medical center like Gachon University Gil Medical Center, Bumrungrad Hospital in Thailand or a hospital in rural China, Watson for Oncology can help doctors stay on top of the proliferation of medical data, and can help standardize the quality and efficiency of care, ensuring decisions are based on evidence that is relevant to a specific patient.

    Are you planning to introduce Watson for Oncology in other countries, in Asia or elsewhere?

    Yes. Interest is growing across the region. IBM is now working with more health organizations in Korea, Australia, India and Singapore and additional countries in South East Asia who are considering adopting this technology to provide support to their medical teams and enhance their information systems.

    What is the content of these partnerships with hospitals? What is the advantage in terms of business model?

    The Watson for Oncology system is trained by physicians at Memorial Sloan Kettering Cancer Center. MSK and IBM trains Watson to evaluate scientific literature and the unique medical history of each patient to provide treatment options to physicians during every patient visit.

    Based on this analysis, Watson provides clinicians with potential treatment options, ranked based on the level of evidence supporting them. This can be provided as a 2nd opinion service for hospitals in the region. Manipal Hospital for example, is not only using Watson for Oncology for it’s own patients but it is also offering Watson for Oncology to patients from outside their hospital network who would like a 2nd opinion from MSK and don’t want to travel all the way to the US.

    Watson for Oncology is provided as a Software as a Service technology that provides clinical decision support to doctors. It provides potential treatment options to clinicians based on large volumes of data – but it ultimately the role of the physician to determine the best treatment for the patient. The clinical data is only available to doctors. Watson will never store clinical records, and will only access de-identified patient data for purposes of analysis.

    The advantage of Software as a Service is that organizations no longer have to pay capex to buy a whole system for their hospital – they just pay opex. In addition- you can get the system up and running very quickly in a hospital and scale the system up or down very quickly as well.

    We talk a lot about IBM and Watson for Oncology in the healthcare sector. What are your projects in this market in the coming years?

    Asia Pacific is a unique market in that we are dealing with both developing and developed countries in the region. Some of the needs are common to both markets but many are unique. Hospitals in developing markets are looking at ERP systems, procurement systems, talent management and ERP systems as an example.

    There are a number of new hospitals being built across the region and IBM is involved in helping design their IT as well as helping to source the right applications and implement the new hospital.

    • Mobile health. We are seeing a huge rise in interest in our mobility solutions which address both clinical needs in a hospital as well as clinical needs outside the hospital. We are seeing this as a way to help increase patient access in developing countries but we are also seeing it as a way for hospitals to stay connected to their patients and improve the patient experience even after their patients leave their hospitals.
    • Big data management. Health analytics is a focus for mostly developed countries who have sufficient data and are keen to use the data to predict and prevent disease – and also look at real time analytics in a hospital to identify gaps in care. In addition – there is so much unstructured data in healthcare (in fact 80% of healthcare data which is relevant to doctors is unstructured) that there is a huge opportunity to use natural language processing to turn that unstructured data into actionable insights.
    • IT solutions. We are experiencing the first years of a computer age that will last for decades: we are not only studying what is possible but also what will be useful and economically viable the future.

    > Different Watson Health current projects in Asia:

    • Watson Developer Cloud. We are in the early years of a computing era that will last for decades to come – and we are currently considering not only what is possible, but what will be useful and have economic value in the future. In the not too distant future, we envision millions of people using Watson as ‘self-service’ AI – this is one of the reasons we opened our technology to the world via the Watson Developer Cloud.

    For every good idea we have, our robust and diverse developer community is thinking up many more. Putting the power of cognitive computing into their hands will help mankind better understand the world, and ultimately, help us make more informed decisions about how we live in it.

    • Real-time data analysis. Watson is beginning to be used in practice to help clinicians evaluate treatment options and also by government agencies to help citizens better access public information. IBM is working with Parkway Health in Singapore to provide proactive patient monitoring and early intervention through real-time data analysis and notifications to nurses in anticipation of critical and life-threatening events.
    • Health Information Exchange. An Australian company called Health& has developed an application with Watson technology to provide easy access to public health information. Watson cognitive computing allows people to ask questions in a natural way and then provides answers in natural language.
    • IBM’s Watson Care Manager. We are seeing countries such as Australia, New Zealand and Singapore all looking at integrating health and social services with care management and population health management solutions which prevent the healthy from getting sick and manage care for the very sick and vulnerable populations. IBM’s Watson Care Manager has been getting a lot of interest in the region to address some of these issues.
    • IBM Research. There are also a number of cognitive computing projects being led by IBM Research. For example, IBM is working with Melanoma Institute Australia to help further advance the identification of melanoma using cognitive technology. This research builds on IBM’s existing research agreement with Molemap, which uses advanced visual analytics to analyse more than 40,000 data sets including images and text. IBM Research plans to analyse dermatological images of skin lesions to help identify specific clinical patterns in the early stages of melanoma.

    In the future, you’ll see many more Watson solutions that are designed to improve the decision making of doctors, nurses, administrators, and consumers.

  • UniHA choisit Enovacom pour la connexion des dispositifs biomédicaux

    UniHA, réseau coopératif d’achats groupés pour les hôpitaux, a choisi Enovacom pour connecter les appareils biomédicaux, selon un communiqué d’Enovacom du 18 octobre 2016. L’objectif est d’intégrer les données vitales des patients dans les dossiers de soins informatisés, et faire ainsi gagner du temps aux soignants tout en garantissant la qualité des informations.

    Ce choix a été fait à l’issue de l’appel d’offre « Informatisation d’un Service de Réanimation, de Surveillance Continue avec intégration au SIH et connexion des équipements Biomédicaux » lancé par le réseau UniHA et coordonné par le Centre Hospitalier de Libourne.

    L’appel d’offre était constitué de deux lots:
    • Un premier concernant le logiciel de réanimation IMD Soft et la possibilité de choisir le logiciel Enovacom Patient Connect pour connecter les appareils biomédicaux aux dossiers informatisés de l’hôpital pour collecter et intégrer les données vitales des patients,
    • Un second lot pour l’achat du seul logiciel Enovacom Patient Connect.

    Les 67 établissements adhérents du réseau UniHA dont plusieurs ont déjà déclaré leur intérêt pourront donc bénéficier de cet accord.

  • Blockchain : son potentiel pour transformer la santé (livre blanc, IBM)

    Résoudre les problèmes fondamentaux de sécurité, d’interopérabilité, de protection de la vie privée et d’échelle, c’est ce que permettrait la technologie blockchain selon un livre blanc d’IBM, « Blockchain: The Chain of Trust and its Potential to Transform Healthcare. Our Point of View », rendu public le 31 août 2016 dans le cadre du défi lancé par l’ONC et le département de la santé américain en juillet 2016 pour explorer le potentiel de la technologie Blockchain dans la santé et la recherche médicale aux États-Unis.

    Le constat d’IBM :

    • Le système de santé est complexe, comptant de nombreux acteurs et des interactions sensibles et imbriquées,
    • Cela conduit à des problèmes de sécurité et de protection des données personnelles et à des dysfonctionnements,
    • La propriété et l’accès sécurisé aux informations médicales et administratives sont essentiels,
    • Le procédé doit être simplifié et à moindre coût.

    La blockchain comme solution :

    La blockchain permet aux membres d’un réseau d’échanger des objets et ou des informations de valeur via une base de données dont chaque membre possède une copie et dont le contenu est toujours synchronisé.
    Ses coûts réduits et sa fiabilité reposent sur plusieurs concepts-clés :
    • Un cryptographie qui assure l’intégrité de la base en accord avec les exigences de l’HIPAA
    • Le consensus grâce auquel la majorité des nœuds de la chaine confirme la validité de la transaction.
    • Les smart-contrats qui autorisent et certifient les transactions.

    Blocages et solutions

    Limites de la Blockchain

    • La blockchain n’est pas adaptée aux transactions très rapides (qui se traitent en millisecondes) en dehors d’un réseau ou pour remplacer des copies de base de données. Elle est inutile comme remplacement d’un simple processus transactionnel et inadéquate pour de gros volumes de transactions à faible valeur.
    • La modularité et les questions d’échelle représente un défi important. Il existe des différences entre les blockchains publiques et les blockchains privées:
      • Dans les blockchains publiques comme Bitcoin, des milliers de nœuds stockent les copies du contenus, fixant une limite sur les transactions afin de préserver la décentralisation.
      • Dans les blockchains privées, seuls les nœuds qui ont un intérêt direct dans le succès des transactions fonctionnent.
    • Les blockchains ne sont pas idéales pour les échanges trop fréquents à cause du facteur asynchrone de la relation pair-à-pair.
    • Il existe des problèmes de débit et de capacité de stockage liés aux permissions, ainsi que des problèmes d’intégration avec des systèmes existants.

    Possibles cas d’usage

    • Certification/ authentification: enregistrement de dossiers médicaux électroniques, assurances et autres dossiers médicaux.
    • Economie collaborative: forums de services, transparence des prix, échanges de propriété.
    • Prévention et détection de la contrefaçon : solutions pour améliorer la logistique pharmaceutique.
    • Recherche génétique: accès à des données génétiques sécurisées.
    • Approche populationnelle de la santé: Un système de dossier médical partagé mesurant les informations des patients et déclenchant les actions correspondantes (cas de grippes et campagnes de vaccinations).
    • IoT: les données de santé des patients peuvent être mixées avec celles issues des wearables grâce à l’accessibilité des données et les interconnexions avec les dossiers médicaux.
    • Validation et paiements : réduction du temps de traitement.
    • Paiements basés sur les résultats : assigner au patient une identité numérique unique correspondant aux données de la blockchain.
    • Essais cliniques : Améliorer la transparence dans le process de reporting.
    • Dossiers médicaux électroniques: administration du stockage et de l’accès de dossiers médicaux personnels, à l’aide de clés d’identification pour les médecins et autres parties prenantes autorisées.
    • Certification de documents : certificats d’assurance, résultats de tests, ordonnances, etc.
  • Directeur d’innovation, une nouvelle mission dans la santé

    Manager l’innovation en e-santé, anticiper les changements, en maîtriser les processus, c’est le profil de dirigeants d’entreprises innovantes ou des directeurs d’innovation.

    Dans un contexte de forte compétitivité, la pérennité des entreprises et l’adaptation des établissements de santé passe par la montée en puissance de ces missions.

    Des professionnels issus d’horizons divers présentent pour H&TI leur parcours, leur vision et leur méthode pour faire naître l’innovation.

    L’e-santé stimule le recrutement de ces professionnels

    Si les objets connectés, le Big Data, l’ingénierie logicielle sont au cœur du nouvel écosystème qui se développe dans tous les secteurs de la santé, les experts de l’innovation liée au digital ont souvent été formés pour d’autres industries. Leur intégration au sein des entreprise et des structures de la santé repose sur leur capacité à transférer leur savoir-faire vers les cultures et les référentiels de la santé.

    A défaut de recruter, les groupes pharmaceutiques optent pour des partenariats avec les géants du numérique (alliances Sanofi et Verily, filiale santé de Google – ex. Google Life Science, au bénéfice de la prévention contre le diabète, ou encore Roche et Qualcomm pour le traitement connecté de la BPCO) ou les start-up innovantes en e-santé (adhésion de Sanofi à France e-Health Tech, association de start-up de l’e-santé).

    D’autres entreprises ont commencé à introduire ces profils convoités encore rares, à l’instar de Mercer France, qui s’est dotée il y a quelques mois d’un directeur de l’innovation chargé de développer la digitalisation dans son offre santé et prévoyance.

    La dynamique globale de l’e-santé va stimuler le recrutement de ces professionnels.

    Au carrefour d’enjeux stratégiques, marketing, techniques et commerciaux

    Interface entre les décideurs et les équipes opérationnelles, le directeur innovation oriente et pilote la politique recherche et développement dont il contrôle les paramètres : coût, investissement, stratégie, priorités.

    Sa vision est prospective : il doit savoir analyser les tendances issues du digital, repérer les usages émergents dans son environnement, identifier les signaux faibles, connaître l’état de l’art pour définir une stratégie interne porteuse d’innovation, en lien avec les services marketing et commercial. Il doit également savoir instiller une culture de l’innovation, pour accompagner les changements qu’elle induit.

     Un profil polycompétent

    Expert technique de son domaine d’activité et de son marché, le directeur innovation maîtrise aussi les méthodologies projet et les processus de gestion du changement, dans un climat contributif étendu. Il endosse le rôle de médiateur entre contraintes opérationnelles et enjeux politiques, et fait preuve d’une grande capacité de dialogue avec des interlocuteurs issus de disciplines professionnelles diverses.

    Titulaires de masters techniques doublé éventuellement d’un 3ème cycle marketing/ commercial, ou de diplômes d’ingénieurs, les cadres de l’innovation en santé sont présents dans les grandes entreprises et PME, mais également dans les organismes publics et les jeunes entreprises innovantes. Le plus souvent rattachés hiérarchiquement à la direction générale, ils ont une expérience significative de l’encadrement d’équipes de recherche notamment, et un positionnement fonctionnel dans l’organigramme. Leur salaire annuel moyen se situe autour de 75000 Euros bruts.

     

     

     

     

  • Partenariat Watson Health et Best Doctors pour aider les employés d’IBM souffrant d’un cancer

    Venir en aide à ses employés américains souffrant d’un cancer en leur offrant un accès à Watson Health via un partenariat avec Best Doctors, c’est ce qu’annonce IBM le 11 octobre 2016.

    Les employés d’IBM -couverts par l’assurance santé de la société- et les membres de leur famille, vont pouvoir accéder aux services de Watson Health à compter du 1er janvier 2017.

    Partenariat avec Best Doctors

    • Les équipes de Best Doctors recueilleront les dossiers médicaux des patients, avec leur consentement, et intégreront les informations pertinentes dans Watson.
    • Watson produira un rapport qui sera analysé par les experts du réseau de Best Doctors.
    • L’avis final sera ensuite partagé avec le patient et son médecin traitant.

    Les services inclus dans cette offre

    • Watson for oncology fournit aux médecins des recommandations de traitement pour les cancers du sein, des poumons, de l’estomac et colorectaux.
    • Watson for Genomics analyse les profils génétiques des tumeurs et informe les médecins sur les possibles mutations et leur fournit des conseils sur des thérapies ciblées.
    • Watson for clinical trial matching aide les médecins à mettre à relation les patients avec des essais cliniques correspondants à leur pathologie.
  • Santé populationnelle : collaboration de 3M et Verily pour développer une technologie de SP

    Un accord stratégique pour développer une technologie d’approche populationnelle en santé pour la gestion de la performance clinique et financière des professionnels de santé et des financeurs, c’est ce qu’annoncent Verily Life Sciences et 3M Health Information System le 11 octobre 2016.

    Une plateforme technologique commune

    • La plateforme analysera des données relatives à la qualité et à la performance au sein de systèmes de soins et de populations de patients. Ces informations plus précises pourront être utilisées pour améliorer la qualité et le coût des soins.
    • Elle s’appuiera sur l’expertise de 3M dans le codage et la classification des données de santé, et sur sa méthodologie de stratification du risque. Verily apportera ses compétences en analyse de données, développement de logiciels et d’algorithmes afin de rendre ces données utiles et utilisables.
    • La plateforme incluera des outils mesurant les complications, les réadmissions, la mortalité ainsi que les coûts (durée de séjour, services spécifiques, etc.).
    • Elle mesurera plusieurs indicateurs de performance.

    Les deux sociétés ambitionnent de transformer les données de population en informations utiles pour que les hôpitaux, systèmes de santé, financeurs et institutions puissent évaluer leurs performances et identifier des marges de progression en terme de qualité et de coûts.

  • « Galen Growth va devenir le catalyseur du marché de la health-tech en Asie » (J. de Salaberry)

    Familier de la région Asie-Pacifique depuis une quinzaine d’année, Julien de Salaberry est un investisseur et expert international reconnu dans le domaine de l’e-santé. Aujourd’hui basé à Singapour, il est le fondateur et P.-D.G. de The Propell Group, une société à capital risque et de conseils centrée sur les innovations health tech.

    Dans un entretien accordé à H&TI, l’homme d’affaires revient en détail sur son expérience du marché et notamment sur :

    1. le développement de Galen Growth Asia, une entreprise qu’il a fondée avec cinq confrères dans le but de faire mûrir les réflexions sur le secteur de la health-tech en Asie ;

    2. les spécificités de l’investissement en Asie ;

    3. la complexité d’établir un business modèle durable.

    Galen Growth Asia : un concept novateur pour booster les innovations en e-santé

    Fin 2015, vous avez cofondé Galen Growth Asia, une société visant à faire avancer le débat dans le secteur de l’e-santé. Comment vous est venue cette idée ?

    Galen Growth Asia est le résultat d’un constat établi par plusieurs investisseurs et entrepreneurs – dont je fais partie – qui se retrouvaient régulièrement lors de conférences dédiées à la health-tech :

    • 1. On s’est aperçu que l’on avait tous la même vision du secteur et que l’on évoquait les mêmes sujets dans notre petit coin ;
    • 2. On a rapidement réalisé que le niveau de qualité des conférences auxquelles on participait était limité.

    Nous avons donc décidé à six – trois entrepreneurs, deux investisseurs et un consultant – de fonder Galen Growth Asia. Notre but : devenir le catalyseur de l’écosystème de la health-tech en Asie. Nous souhaitons pour cela créer davantage de dialogue entre les six groupes de stakeholders du marché, qui sont les entrepreneurs et leurs start-up, les investisseurs, les grosses boîtes de santé comme Medtech & Pharma (qui vont attirer les clients), le gouvernement, les médias mais aussi les experts médicaux, généralement oubliés, qui sont souvent les utilisateurs de ces nouvelles technologies.

    Nous favorisons la discussion entre ces six groupes clés en organisant des événements. On en a mis en place déjà deux-trois depuis notre création, il nous en reste deux avant la fin de l’année, dont le Asia’s HealthTech CEO Summit (le 9 décembre). On compte y réunir tous les P.-D.G des sociétés health-tech les plus importantes de la zone Asie-Pacifique. Ce genre de sommets existe déjà aux États-Unis mais c’est une première en Asie.

    Avez-vous d’autres projets en tête pour faire progresser le secteur ?

    En parallèle de cette partie événementielle, nous avons pour objectif de monter une base de données unique pour tout le secteur de la health-tech en Asie. C’est assez difficile parce que les bases disponibles en Chine ou en Corée par exemple sont uniquement accessibles dans les dialectes locaux. On avance donc doucement afin de parvenir à un service de qualité. Le dispositif devrait être lancée en septembre 2017.

    Nous passons aussi du temps à élaborer des rapports de qualité, centrés sur des sujets très spécifiques de l’e-santé. En ce moment, nous nous concentrons sur le pré-diabète, un phénomène qui va toucher Singapour de plein fouet d’ici cinq-dix ans, le taux de pré-diabétiques (12 % de la population adulte selon les chiffres officiels) étant actuellement quasiment aussi grand que celui de diabétiques (12,8 % selon l’International Diabetes Federation).

    Nous essayons de démontrer que la health-tech peut jouer un rôle important. Elle peut par exemple encourager les pré-diabétiques à modifier leur mode de vie pour éviter qu’ils ne deviennent diabétiques. La technologie existe déjà (applications mobiles, capteurs…) mais tout l’enjeu est de savoir comment il serait possible de s’en servir de manière optimale et comment créer une meilleure adoption de ces outils parmi les consommateurs.

    Le rapport consiste au final en la réalisation d’une propale. Ce sera ensuite aux acteurs de l’écosystème de décider si, oui ou non, ils souhaitent l’adopter. Par le biais de cette étude, nous essayons de mettre en relation les six stakeholders ciblés par Galen Growth pour les faire travailler ensemble et ainsi établir une sorte de consensus.

    « Le patient sera le driver du marché de l’e-santé en Asie »

    Comment percevez-vous le marché de l’e-santé d’ici dix, vingt ans ?

    Je reste optimiste, même s’il y a des obstacles à surmonter.

    Le coût important de la santé fait notamment ralentir la croissance dans certains pays asiatiques. Si on s’intéresse à la pyramide des salaires, dès qu’on passe en dessous des 5 % les mieux payés, le niveau de rémunération baisse rapidement. La moyenne se situe alors entre 3 000 et 15 000 dollars par an, soit un salaire minime. Aux États-Unis, si tu proposes à cette tranche de la population un code de remboursement au moment du lancement d’un produit, tu es quasi certain d’avoir de la demande derrière. Ici, c’est plus complexe car le patient doit payer par ses propres moyens, excepté dans certains États comme l’Australie, le Japon ou Singapour.

    Malgré ce système très privatisé, il y a quand même une demande de santé équivalente à celle de l’Europe et des États-Unis. Elle croît même tous les ans en raison de l’augmentation des maladies cardio-vasculaires et respiratoires, du diabète, etc.

    Je suis donc globalement confiant parce que la croissance démographique est élevée et parce que les patients recherchent du choix comme ils paient eux-mêmes pour leurs frais de santé. Un autre atout est l’importance du taux de pénétration de la téléphonie mobile et de l’achat sur mobile. L’Asie est le leader mondiale dans ce domaine. La m-santé fait ainsi partie des secteurs les plus encourageants.

    Je pense que ce sera le patient, l’individu, qui sera le driver de ce marché de l’e-santé en Asie.

    Le patient peut être un driver ou un frein… En Europe et aux États-Unis, les risques liés à l’utilisation par un tiers de données personnelles reviennent régulièrement au centre du débat sur l’e-santé. Les patients asiatiques vous semblent-ils plus enclins à accepter toutes ces nouvelles technologie ?

    L’Europe se cache toujours derrière la question de la privatisation des données. Ici, notamment parce que l’âge moyen est plus faible, les gens sont moins frileux sur ce sujet. Cela signifie que les acteurs de l’industrie ont davantage accès aux données des patients.

    On se rend compte qu’il y aussi une vraie demande à exploiter dans le domaine des data. En Inde par exemple, environ 8,6 % de la population adulte était touchée par le diabète en 2015 et plus de 52 % de ces malades étaient non-diagnostiqués, estime l’International Diabetes Federation. Cela signifie que plus de la moitié des bientôt 120 millions de diabétiques en Inde (d’ici 2020 selon les chiffres officiels) n’ont pas accès aux informations nécessaires à la compréhension de leur maladie et ne bénéficient donc d’aucun traitement. Cela représente un marché énorme pour ceux qui s’intéressent au marché du diabète.

    Avec des outils health-tech adaptés, on a les moyens d’éduquer de manière plus efficace les malades.

    Comment s’y prendre concrètement ?

    Le plus grand frein, c’est le business modèle. On a besoin de trouver un modèle permettant d’offrir de manière durable ces solutions technologiques aux patients sans avoir recours aux fonds philanthropiques, une option qui fonctionne très bien mais uniquement sur le court terme.

    Les gros groupes doivent notamment revoir leur façon de fonctionner. Leur base de coûts est tellement élevée qu’ils ont l’habitude de vendre leurs produits très chers. L’ennui est que lorsqu’on leur présente une solution low cost pour, par exemple, permettre un meilleur diagnostic d’une maladie donnée dans une petite ville, ils ne peuvent pas se permettre de la vendre parce qu’ils ne feraient aucun profit. Il faut donc trouver une solution, un business modèle viable via lequel chaque acteur impliqué puisse gagner un minimum d’argent dans le processus de vente.

    3 conseils aux start-up européennes qui envisagent de s’étendre en Asie :

    Pourriez-vous nous donner un exemple de start-up prometteuse sur le marché asiatique ?

    Avec The Propell Group, on a entre autres investi dans ConnexionsAsia, une boîte aujourd’hui bien connue à Singapour. Ils ont levé leur Série A au mois de janvier 2015, environ 8 millions d’US dollars, soit une Série A assez importante pour la cité-État et cet écosystème.

    ConnexionsAsia, c’est tout d’abord un dispositif permettant aux employeurs de fournir une assurance santé à leurs employés via une plateforme électronique. Les trois acteurs sont ainsi reliés via un seul et même outil.

    Ce dispositif est nécessaire au fonctionnement du deuxième service lancé par Connexions Asia : un market place proposant aux employés différents produits dans le domaine de la health-tech.

    La plateforme en question inclut notamment MyDoc, un service de télé-médecine, et GlobeTrekker, un programme encourageant le bien-être en entreprise. Dans ce cadre, les employés peuvent par exemple choisir d’être équipés d’un bracelet Fitbit (podomètre) et essayer de réaliser chaque jour en équipe un certain nombre de pas tout en suivant un régime alimentaire équilibré. Le but est d’améliorer la santé des employés de façon fun mais aussi maîtrisée.

    Il y a toute une série de services de ce type disponibles en ligne. L’employé peut ainsi acheter sur ce market place des produits de santé en passant directement par l’assurance. Ce fonctionnement réduit la paperasse : chacun gagne en temps et en simplicité.

    Les start-up sont-elles nombreuses à échouer dans le domaine de l’e-santé en Asie ?

    Il n’y a pas un taux d’échec plus important qu’ailleurs dans le monde mais oui, il y a eu des échecs. Des boîtes qui ont mal fait leur devoir, qui sont arrivées en Asie mal préparées aux réalités du pays ; d’autres qui sont arrivées trop tôt. Certaines sociétés spécialisées dans l’e-santé présentent des idées trop précoces, le marché n’est pas encore prêt pour leur solutions. Mais c’est la même logique dans toutes les régions du monde.

    Le théoricien suisse Alex Osterwalder, inventeur du Business Model Canvas, synthétise bien le concept. Il explique que ce n’est pas simplement un bon produit qui vous permettra d’avoir une bonne place sur le marché mais la combinaison d’un bon produit et d’un bon business modèle. C’est exactement ça. Il ne suffit pas d’avoir le meilleur produit health-tech pour que son entreprise perce dans le secteur, il faut savoir la vendre de la bonne manière et au bon moment. C’est le b.a.-ba, une base qu’il est bon de se remémorer régulièrement.

  • MyHR : « Le gouvernement australien prend très au sérieux la sécurité des données » (porte-parole)

    En août 2016, le dossier numérique de santé australien My Health Record (MyHR) a été pointé du doigt par le Dr. Bernard Robertson-Dunn, président du comité de santé de l’Australian Privacy Foundation (APF), une ONG visant à protéger le droit à la vie privée des Australiens.

    Parmi les principales critiques émises par l’expert : l’inutilité du système et la mise en danger des informations personnelles des patients.

    Un porte-parole du ministère de la Santé australien a accepté de répondre à H&TI pour tenter de mieux comprendre le fonctionnement de MyHR. Il nous en dit plus sur l’état actuel du dispositif, les moyens mis en place pour assurer la sécurité des données collectées, les coûts réels de l’outil et les aspects à améliorer.

    My Health Record : retour sur les fondamentaux

    À quoi sert My Health Record ?

    My Health Record est le dossier de santé numérique national australien (il a été lancé en juillet 2012). Il permet à un individu et à ses médecins de partager en ligne de manière sécurisée des informations importantes sur la santé du patient, comme ses antécédents médicaux, les médicaments qu’il prend actuellement, ses allergies, etc. Ce système est surtout bénéfique pour les personnes prises en charge par différents professionnels de la santé ou qui suivent un traitement continu dans le cas de maladies chroniques ou complexes.

    Avec un dossier MyHR, les patients n’ont également pas à répéter sans cesse leurs antécédents médicaux face à un nouveau médecin. Cela peut aussi faciliter les démarches en cas d’urgence médicale : les fournisseurs de soins, comme les hôpitaux connectés au système MyRH, ont un accès direct aux informations du patient.

    Qui peut avoir accès aux données accessibles via MyHR ?

    Les organismes de santé tels que les hôpitaux publics et privés, les médecins généralistes et spécialistes, les pharmacies et les prestataires de santé connexes peuvent tous visualiser et télécharger des documents cliniques stockés sur un dossier personnel MyHR. Les particuliers peuvent eux aussi consulter et télécharger des données relatives à leur santé sur leur dossier.

    En vertu de la Loi 2012 relative à My Health Record, les données de santé de chaque MyHR peuvent être recueillies, utilisées et divulguées « à n’importe quelle fin » à condition d’obtenir le consentement du bénéficiaire des soins. L’une des fonctions du système est « de préparer et de fournir des données anonymisées à des fins de recherche et de santé publique ». Avant que cette loi puisse être mise en œuvre, un cadre législatif pour l’utilisation secondaire du dispositif doit être établie.

    Réponses aux critiques du Dr. Robertson-Dunn

    Selon le Dr. Bernard Robertson-Dunn, MyHR « met en danger les données personnelles de patients ».

    Le gouvernement prend très au sérieux la confidentialité et la sécurité des données personnelles des individus. Le système My Health Record dispose d’outils similaires à ceux utilisés pour la sécurisation des données bancaires, y compris de puissants logiciels de cryptage, des pare-feux et des connexions sécurisées.

    L’outil fonctionne en conformité avec les normes australiennes de sécurité et subit des contrôles indépendants réguliers permettant d’assurer la conformité du système à ces différentes règles et d’évaluer son niveau de vulnérabilité. Ces normes de sécurité sont régulièrement mises à jour pour tenter de contrer au mieux les nouveaux types de cyber-menaces.

    Outre les contrôles techniques du système actuellement en place, il existe toute une série de sanctions pénales et civiles prévues par la Loi 2012 relative à My Health Record, applicables envers ceux qui utilisent délibérément à des fins malveillantes les données de santé d’un individu.

    Le ministère de la Santé australien a révélé l’existence d’une faille de sécurité lors de la publication d’informations de santé anonymisées, a indiqué le 8 octobre 2016 The Saturday Paper. Les données de médecins et de millions de leurs patients seraient concernées.

    Le président du comité de santé de l’APF assure aussi que très peu d’Australiens utilisent MyHR et que, parmi les personnes enregistrées, une minorité se servirait de l’outil. Combien de citoyens utilisent réellement My Health Record ?

    Il y a actuellement plus de 4,2 millions d’Australiens, soit environ 18 % de la population du pays, qui possède un dossier MyHR. Au 18 Septembre 2016, ces personnes avaient téléchargé plus de 111 000 documents sur leurs comptes, dont 70 000 bilans de santé, plus de 30 000 notes de santé personnelles et près de 12 000 directives préalables à certains soins.

    Il y a par ailleurs plus de 9 000 organisations de fournisseurs de soins enregistrées via le système MyHR. Au 18 Septembre 2016, ces prestataires ont téléchargé plus d’1 million de documents cliniques via le dispositif, dont près de 314 000 bilans de santé partagés, plus de 533 000 bilans de sortie d’hôpital, 108 000 bilans de rendez-vous médicaux et plus de 25 000 lettres de spécialistes.

    Le Dr. Bernard Robertson-Dunn reproche notamment au gouvernement « de n’avoir jamais dit [aux Australiens] comment [MyHR] améliorait le système de soin, ni de quel manière il permettait de réduire les coûts de santé ». Que lui répondez-vous ?

    L’outil a le potentiel pour améliorer l’efficacité du système de santé australien et réduire les coûts dans le domaine de santé :

    • en améliorant l’accès aux informations de santé ainsi que leur qualité (meilleure prise de décision clinique) ;
    • en réduisant le risque de prise de traitement indésirable ;
    • en diminuant le nombre d’hospitalisations évitables ;
    • en réduisant la duplication inutile des examens médicaux ;
    • en améliorant la coordination et la qualité des soins de santé.

    Il peut aussi aider les praticiens à être plus efficaces en réduisant la paperasse (moins d’utilisation de papier, moins de télécopie de dossiers entre collègues, etc.).

    [Aucun chiffre n’a été communiqué par le ministère sur ce point.]

    Combien coûte le dispositif ? Le Dr Robertson-Dunn évoque une dépense annuelle de 400 M AU$ (271 M €). Ce chiffre est-il correct ?

    Non. Dans le cadre du budget 2015-2016 « My Health Record : une nouvelle orientation pour les dossiers électroniques de santé en Australie », le gouvernement australien a annoncé un financement de l’ordre de 455,1 millions de AU$ (308,5 M €) pour poursuivre l’utilisation de MyHR, améliorer le système, renforcer les dispositifs nationaux relatifs à la santé numérique et soutenir les phases d’essais entreprises dans certaines régions. Ce programme de financement doit s’étaler sur trois ans.

    Il point également du doigt le manque de praticité de My Health Record. « Les données sont pour la plupart présentées dans des fichiers PDF (…) [et le dossier doit être complété.] Cela signifie que les notes et les données de chaque visite chez le médecin devraient être répertoriées, ainsi que les résultats de tous les tests effectués (…) »

    La majorité des documents accessible sur MyHR ne sont pas en format PDF, cela vaut notamment pour les bilans de santé partagés, les bilans de rendez-vous médicaux, les prescriptions et les dispenses de médicaments. Nous continuons à travailler avec les fournisseurs de soins et les professionnels de l’industrie pour faciliter encore davantage l’utilisation du système.

    My Health Record est un résumé électronique des données de santé de chaque patient enregistré mis à la disposition de l’individu en question et des fournisseurs de soins concernés. Il ne s’agit pas d’un dossier médical complet : il ne remplace pas les dossiers médicaux détenus par les praticiens et ne modifie pas les obligations actuelles des prestataires de soins, qui doivent continuer à maintenir leurs propres dossiers cliniques détaillés pour chacun de leurs patients.

    MyHR fournit des informations de santé supplémentaires sur le patient dont le praticien peut ne pas avoir accès autrement, par exemple si l’individu a été reçu dans un autre hôpital qu’habituellement ou s’il a consulté un autre médecin.

    Chaque semaine en Australie, entre un à trois médecins prennent en charge un patient pour lequel ils n’ont que peu ou pas de renseignement du tout. Plus d’un cinquième des médecins généralistes font face à cette situation tous les jours. Avec My Health Record, un praticien se trouvant dans cette situation aura accès à au moins une partie des informations sur son patient.

    Avez-vous prévu certains changements pour améliorer l’efficacité du dispositif ?

    Il y a eu, et il y a aura encore, toute une série d’améliorations du système. Au cours de l’année 2015-16, des changements importants ont été apportés. Voici quelques exemples :

    • L’outil a changé de nom : le « Personally Controlled Electronic Health Record » est ainsi devenu « My Health Record ».
    • Son utilisation a été simplifiée pour le rendre plus accessible et permettre aux usagers de créer facilement un dossier mais aussi de mieux gérer le contrôle d’accès à leurs données.
    • Les patients peuvent désormais télécharger une copie de leurs documents de planification préalables aux soins via leur dossier MyHR.
    • Il y a eu aussi quelques changements pour encourager la participation aux essais en cours dans le nord du Queensland et dans la région de Nepean Blue Mountains en Nouvelle-Galles du Sud. Cela comprend notamment l’introduction d’un canal hébergé séparément pour les participants de la zone d’essai pour qu’ils puissent avoir le choix de refuser la création automatique d’un dossier à leur nom s’ils le souhaitent.
    • L’interface de l’outil a été améliorée et modernisée : elle s’adapte désormais automatiquement au type de terminal utilisé (ordinateur, téléphone portable ou tablette).