Pilotage

  • Pharma : du digital marketing au digital service – chiffres clés, avis d’experts et perspectives

    Le digital investit tous les domaines de la pharma et les nouvelles technologies se positionnent comme leviers de croissance future du secteur : fabrication de médicaments, campagnes de prévention et de sensibilisation, accompagnement des patients, formation des professionnels de santé, telles sont les activités digitales émergentes de l’industrie pharmaceutique aujourd’hui, prenant le relai de l’utilisation des outils digitaux pour la promotion des médicaments.
    Pour évaluer la « digitalisation » de l’industrie pharmaceutique, véritable révolution ou marché à peine émergent, Health&Tech Intelligence amorce la réflexion sur le rôle du digital dans l’industrie pharmaceutique actuelle.

    Nouvelles technologies et industrie pharmaceutique : du marketing à la stratégie de services 

    La première phase de digitalisation de l’industrie pharmaceutique a concerné la numérisation du marketing et de la communication : la communication web, les forums, le mailing… Tous les supports numériques de la communication et du marketing pharma forment une stratégie de communication multicanale, déjà utilisée depuis une dizaine d’années.

    La véritable révolution actuelle, celle qui anime l’industrie pharmaceutique, c’est la montée des nouvelles technologies dans le produit lui-même et le modèle de distribution. Réalité virtuelle, réalité augmentée, e-learning, serious games, applications destinées aux patients et aux professionnels sont autant de formes prises aujourd’hui par le Digital en pharma. 

    Le digital, partie prenante de la stratégie marketing des labos 

    Les stratégies digitales constituent de nouveaux leviers d’accès au marché pour l’industrie pharmaceutique. En 2015, 14 millions d’euros sont investis par les laboratoires dans le marketing digital1. On note une croissance significative du budget alloué au marketing digital dans les dépenses marketing des laboratoires : entre 5 à 7% en 2010, 12% en 2013 et entre 10 et 20% aujourd’hui. 

    Parmi le budget consacré au marketing digital :

    • 70% se dirige vers l’utilisation d’outils digitaux « standards » dans les activités de communication des laboratoires pharmaceutiques : site web, applications mobiles, web conférences, e-detailling, supports audiovisuels.
    • 30% concerne donc l’utilisation de technologies plus avancées  comme la 3D, la réalité virtuelle ou augmentée, l’e-learning pour la formation des professionnels ou les serious games pour les campagnes de sensibilisation et accompagnement des patients.2 

    Il s’agit d’outils digitaux encore émergents que les laboratoires choisissent en fonction de leurs objectifs de communication.   Tandis que la réalité virtuelle et la 3D sont adaptées à la simulation pour la formation des professionnels par exemple, les serious games ou encore la plateforme web sont plus utilisés pour communiquer vers les patients à propos de leurs pathologies. Les applications mobiles sont, elles, plus adaptées au suivi et à l’accompagnement. Ainsi, la répartition de l’allocation du budget digital entre technologies dites standards et technologies avancée semble s’équilibrer (50-50%)3. 

    En France en 2015, le palmarès des budgets marketing des laboratoires pharmaceutiques est :

    • Pierre Fabre (121 M€),
    • Servier (95 M€),
    • Novartis (81 M€),
    • Sanofi (76 M€)
    • AstraZeneca (67 M€)4.

      Ces budgets sont en faible augmentation annuelle, de l’ordre de 2 à 3%, mais se recomposent fortement au profit du digital. Les laboratoires investissent dans des médicaments de niche ou de spécialités, et mettent en place des opérations ciblées, impactantes et dont le ROI peut être évalué. Aujourd’hui, les outils technologiques et numériques innovants sont plébiscités par les visiteurs médicaux et par les professionnels prescripteurs.

    Le digital reste en support dans l’organisation des laboratoires

    La pharma étant historiquement plus lente à l’évolution compte tenu de sa culture, sa stratégie et son organisation6  la transformation digitale de l’industrie pharmaceutique est encore en cours. La plupart des laboratoires pharmaceutiques ont aujourd’hui créé une direction digitale qui insuffle notamment une nouvelle culture dans les laboratoires accoutumés à des cycles de développement long : celle de l’agilité et l’apprentissage par l’expérience (voire l’échec). 5 Le rôle de la direction digitale est également d’apporter un « support », une expertise, un « laboratoire d’idées » aux BU organisées par aires thérapeutiques au sein desquelles les équipes marketing conduisent des projets de plus en plus numériques.

    L’industrie pharmaceutique à l’ère du « beyond the pill » : la réponse par le digital

    Si l’industrie pharmaceutique est à l’origine fabricante de médicaments, elle se positionne aujourd’hui sur le « beyond the pill » dans le parcours de soins, et cherche à étendre  sa valeur « au-delà du médicament » en se positionnant sur l’accompagnement et l’observance des patients, et sur la formation des professionnels de santé.

    Aujourd’hui, 88% des entreprises ont des stratégies d’investissement dans les services numériques « patient-centred » et l’exploitation des données7. Le développement de services aux patients mais également aux professionnels de santé est un levier de compétitivité et de croissance pour les laboratoires. Pour répondre aux besoins de ces marchés, l’industrie pharmaceutique mobilise les technologies digitales.

    La réglementation stricte interdisant à l’industrie pharmaceutique de communiquer à propos d’une molécule disponible sur prescription a ouvert la voie au marché de l’information et de la prévention autour des pathologies ciblées par les molécules fabriquées. Diabète, maladies cardiovasculaires, allergies, infections, virus, maladie mentale : les pathologies deviennent le sujet de la communication pharmaceutique. La pharmacie tente de s’imposer comme acteur de la prévention, de la sensibilisation et même de l’accompagnement, en s’adressant directement aux patients.

    La formation et l’information du professionnel de santé 

    La relation des laboratoires avec les professionnels de santé : 

    • L’information des professionnels de santé : la baisse du nombre de visiteurs médicaux a favorisé la mise en place de pratiques digitales d’information des professionnels de santé
    • La formation des professionnels de santé par les congrès et les séminaires en présentiel est de plus en plus complétée par l’utilisation de la technologie aussi bien dans la formation initiale que continue (obligatoire tous les 3 ans) des professionnels de santé et pousse au développement du e-learning permet au professionnel de se former quand et où il le veut, ce qui constitue un gain de temps. Par ailleurs, les nouvelles technologies comme la réalité virtuelle, les serious games, la 3D, permettent de mettre en place des modules de simulation et constitue un élément différenciant dans la stratégie des laboratoires qui peuvent proposer, par exemple, des formations adaptées aux dispositifs médicaux qu’ils fabriquent. 

     

    Quelles les tendances du marché pour les agences digitales et fournisseurs de technologies ? 

    L’industrie pharmaceutique fait appel à des prestataires pour l’élaboration et l’intégration de la technologie, dans les projets d’accompagnement patient comme dans la formation des professionnels.

    Le choix d’un prestataire répond à des besoins essentiels pour les laboratoires :

    • l’expertise en santé, la connaissance sectorielle et la capacité à répondre aux contraintes médicales et réglementaires de la santé,
    • l’agilité de développement et la capacité d’innovation liée aux nouvelles technologies.8
    • l’échelle et le périmètre du projet influence le choix du prestataire.

    Les laboratoires pharmaceutiques font aujourd’hui appel à trois types d’acteurs majeurs :

    • les grandes agences de communication telles qu’Havas ou Publicis sur des démarches de marketing digitale globales,
    • des agences de communication plus locales tels que Troubat, Trois Prime, Interaction Healthcare, Jake, 14Eight et Ludomedic
    • des développeurs de technologies par exemple Serious Factory
    • les départements digitaux des intégrateurs tels que Accenture ou EY pour mener des grands projets à la frontière entre numérique et systèmes d’information.  

     

    Avis d’expert : Docteur Antoine Poignant, fondateur de l’Agence Troubat / EuroHealthNet

    Quelle est votre vision de la maturité digitale de l’industrie pharmaceutique en France aujourd’hui et comment pensez-vous qu’elle évolue ?

    Pour l’instant la digitalisation de la relation client est en cours (eADV, webinars, présence sociale…) mais la pharma est encore timide à créer de la valeur avec la data ou le digital (quelques incubateurs en Europe ou innovation lab), la notion de transformation digitale et l’économie de plateforme en elles-mêmes ne sont pas encore mises en oeuvre par l’industrie pharma.

    L’APHP vient de lancer une application pour les IST avec Janssen pour le grand public – un partenariat assez inédit pour l’institution, pensez-vous que l’industrie pharmaceutique soit un levier de co-financement de la prévention et de l’éducation à la santé ? 

    Oui bien sûr le cas des génériqueurs en est un exemple logique, mais des applications en éthique et au sein de spécialités devraient se multiplier. C’est une notion d’engagement corporate ou même de market access intelligent de la part des laboratoires.

    Les laboratoires se dotent de direction Digital ou directions Innovations, comment cela impacte-t-il les organisations et quels nouveaux types de projets voyez vous émerger ?

    L’innovation bien intégrée conduit à des applications dans des champs aussi divers que RH, digital et business process. Les projets d’accompagnement vont maintenant au-delà des Digital Académies et c’est une très bonne chose (mise en commun de best practices digitales par exemple)

    Le paysage des agences et prestataires des laboratoires, celui de la presse santé également, sont fortement impactés ces dernières années et de nouveaux acteurs, plus technologiques qui font leur apparition en force. Quels sont les acteurs qui font la différence aujourd’hui ?

    Au-delà de la maitrise des médias de la production digitale ou de l’écosystème digital, ce qui fait vraiment la différence aujourd’hui c’est la capacité à intégrer l’humain dans le change management lié au digital. L’éducation est primoridiale, mais la clé finale c’est l’application par les femmes et les hommes de l’entreprise, vers leurs clients et partenaires.

    En conclusion, si vous deviez donner une recommandation à une direction générale de laboratoire sur son investissement dans le digital, que diriez-vous ?

    Au delà d’un objectif d’investissement, se concentrer sur le change management et être convaincu qu’à terme, le digital représente une véritable (res)source de la relation client et de business. La courbe d’apprentissage de l’entreprise est une véritable valeur. Le digital doit être un des leviers du knowledge management et faire évoluer les pratiques business et RH de l’entreprise.

    Sources 

    1 : IMS health 2016
    2 : Source : entretien avec le laboratoire AstraZeneca
    3 : Idem
    4 : IMS health 2016
    5 : entretien avec le laboratoire Pierre Fabre
    6 : Source Accenture 2015 “Pharma’s growing opportunity in patient services”
    7 : Source McKinsey 2016, “Closing the digital gap in pharma”: taux de maturité digitale de la pharma 27%, pour 33% en moyenne dans les autres industries.  
    8 : Source : entretiens laboratoires Pierre Fabre, AstraZeneca, Novartis

  • EU eHealth Competition : 2 start up espagnoles, 1 irlandaise récompensées

    Santé mentale, pré-diagnostic et diabète, tels sont les 3 domaines d’activités des lauréats de la EU eHealth Competition annoncés le 4 mai 2017 à Barcelone. Les trois lauréats se partagent une aide financière de 1,1 million d’euros provenant des différents sponsors.

    Créée en 2012 par TICBioMed dans le but d’accompagner des PME dans le développement de leurs activités, d’améliorer leur visibilité et d’offrir des opportunités de partenariats, la EU e-Health Compétion, qui s’est déroulée à Barcelone, a annoncé, le 4 mai 2017 les trois meilleures solutions de cette année parmi une liste de 15 finalistes.

    La EU e-Health Competition

    Les critères de sélection des finalistes

    L’appel à projet, se terminant le 6 mars 2017, était ouvert aux start-up de toute l’Europe, de la Grande Bretagne à Israël. Le champ de la compétition concerne la e-santé, le bien-être et le diabète. Ainsi, étaient éligibles les TIC et m-santé mais les biotechs et les dispositifs médicaux en étaient exclus.

    Les critères de sélection étaient:

    • d’avoir un numéro de TVA,
    • d’être implantée en Europe (parmi les pays éligibles)
    • d’avoir moins de 150 employés 
    • d’avoir un chiffre d’affaires inférieur à 5 millions d’euros
    • de ne pas appartenir à un conglomérat ni être une filière d’une multinationale
    • de ne pas avoir déjà participé à la compétition

    L’édition 2017: arrivée de la catégorie diabète

    Dans les éditions précédentes, il y avait seulement deux catégories: les « champions » et les « promesses ». Ainsi, 10 start-up étaient en lice. En 2017, la catégorie « diabète » a apporté cinq entreprises supplémentaires. 

    Les trois lauréats de la compétition

    Les trois lauréats sont:

    • Catégorie Champion: SilverCloud Health, Irelande
    • Catégorie Promesse: MEDIKTOR, Espagne
    • Catégorie Diabète: MedicSen, Espagne

  • Québec 2017-2022 : 100 M$ pour développer un cluster en IA dans le Grand Montréal

    L’intelligence artificielle est la pierre angulaire du développement économique de la métropole montréalaise.
    Le gouvernement québécois a annoncé le 15 mai 2017 l’instauration d’un comité d’orientation chargé d’élaborer un plan stratégique permettant la création d’un cluster québécois en intelligence artificielle (IA).
    Le gouvernement oriente la métropole vers un positionnement sur ce créneau d’excellence et espère un rayonnement à l’international. Il se donne 5 ans pour développer le cluster et débourse 100 M$ (67M€) au développement du cluster.

    Il s’agit de donner davantage d’élan à l’émergence de l’innovation déjà soutenue par une recherche académique très centrée sur l’IA, animée par 250 chercheurs et doctorants. La présence de Google tire le secteur vers le haut avec un soutien financier annoncé à hauteur de 4,5 M$ (environ 3 M€) aux travaux de Yoshua Bengio, pionnier du deep learning, et la construction de son centre de recherche avec à sa tête Hugo Larochelle.

    Un contexte économique et académique favorable

    Le gouvernement s’appuie sur des données de l’agence de promotion économique du Grand Montréal pour injecter 100 M$ (environ 67 M€) au développement d’un secteur en croissance exceptionnelle – en 2016, 75% des investissements étrangers accompagnés dans la région de Montréal étaient destinés au secteur des hautes technologies, dont 20% à l’IA spécifiquement.

    Le gouvernement souhaite consolider le leadership régional et international du Québec dans le domaine du deep learning. Le cluster doit en accélérer le développement en optimisant la communication entre les acteurs de la recherche universitaire, les structures d’aide à l’accroissement du tissu industriel et les capitaux nationaux et internationaux.

    Le contexte de la recherche universitaire est particulièrement favorable, car les deux principales universités québécoises, l’Université de Montréal et l’Université McGill, réunissent 250 chercheurs et doctorants travaillant dans les domaines liés à l’IA. Il s’agit de la plus grande concentration d’académique dans ce domaine au monde. C’est par ailleurs, l’Université de Montréal qui accueillera le comité d’orientation.

    La présence de Google, Microsoft et les personnalités phares du secteur

    Google tient un rôle particulièrement important dans le développement du secteur et l’attraction de nouveaux acteurs internationaux.

    L’entreprise a déjà annoncé en octobre 2016 vouloir investir 4,5 M$ (3 M€)dans la recherche sur l’IA à Montréal et mettre à contribution des figures incontournables du domaine. Cette somme devrait financer les travaux de recherche de Yoshua Bengio, un des plus grands experts mondiaux dans l’AI. Pour diriger son centre de recherche sur l’AI et le deep learning, elle s’associe aussi avec Hugo Larochelle.

    Microsoft quant à lui s’est déjà installé dans la région et veut développer sa structure. L’entreprise s’est engagée à contribuer à la recherche académique des deux universités montréalaises en versant des subventions à hauteur de 7M$ (environ 4,7 M€).

  • E-santé : Health&Tech analyse l’efficacité des stratégies et des structures régionales (Etude)

    Identifier les meilleurs accompagnements territoriaux proposés aux entreprises de la e-santé, localiser et caractériser les entreprises de la e-santé : tels sont les principaux objectifs de l’étude Ecosystèmes territoriaux d’innovation dans la e-santé, publiée le 15 mai 2017.
    Health&Tech Intelligence publie cette première étude en partenariat avec la Caisse des dépôts.

    La première étude Health&Tech s’appuie sur une enquête auprès des structures territoriales d’accompagnement des entreprises (pôles de compétitivité, clusters, agences de développement et de l’innovation), en charge de la mise en œuvre des stratégies locales en matière d’innovation et de développement économique. Elle a été complétée par des entretiens qualitatifs auprès d’entreprises de la e-santé localisées sur différents territoires, et positionnées sur différents segments de la e-santé : télémédecine, dispositifs médicaux, m-santé…

    L’étude apporte des données inédites sur la localisation et la typologie des entreprises de la e-santé, et analyse l’efficacité des politiques d’accompagnement des entreprises mises en place par les collectivités après la réforme territoriale, autour d’une triple analyse :

    • stratégies territoriales en matière de e-santé : cadre légal d’intervention des collectivités depuis la dernière réforme territoriale, dispositifs de financement des entreprises, rôle des différentes structures d’accompagnement, outils mis en place ;
    • tissu territorial des entreprises de la e-santé : localisation, typologie, segments de marché adressés, perspectives de développement ;
    • apports réciproques entre stratégies territoriales et stratégies d’entreprises : fertilisation croisée des écosystèmes de la santé et du numérique, insertion locale des entreprises et ouverture à l’international.

    Cette étude s’adresse aux acteurs économiques et institutionnels des territoires, aux agences régionales de santé, aux décideurs nationaux.

     85 pages, Editée le 15  mai 2017. Tarif préférentiel pour les lecteurs de H&TI de 500 €HT au lieu de 700 € HT via le lien suivant.

  • « Le conduit auditif est le meilleur emplacement pour mesurer la santé » (Eric Bougerolles – Oticon)

    Eric Bougerolles, responsable audiologie chez Oticon France, a accordé une interview à Health&Tech Intelligence sur la nouvelle prothèse auditive connectée qui permet une connexion sans interface aux sources sonores du quotidien, ainsi qu à l’internet des objets intelligents, tout en pilotant des applications d’e-santé.

    Comment l’aide auditive permet-elle de contrôler les objets connectés de la maison ?

    La communauté ou encore plateforme IFTTT (If This Then That) permet de relier son dispositif d’aide auditive aux autres objets connectés. Aujourd’hui les objets connectés sont souvent connectés à un smartphone portable à partir duquel on peut fermer ses volets par exemple. Faire communiquer deux objets entre eux s’avère plus compliqué : prenons l’exemple d’une voiture allemande avec un téléviseur : les ponts à constituer sont difficiles à établir, les lignes de code de programmation sont différentes.

    L’idée originale de la communauté réside dans le fait de proposer des ponts entre différents objets connectés comme par exemple une sonnette et l’aide auditive : lorsqu’une personne sonne, quel que soit l’endroit où elle se situe, le signal est transmis, or il s’agit de deux marques différentes,sachant qu’il en existe entre 300 et 400. La difficulté réside dans le fait de faire correspondre l’instruction provenant de la sonnette transmise à la plateforme, à l’action réalisée par l’utilisateur de la plateforme : émettre un « bip » dans l’appareil auditif.

    L’action sur un objet doit provoquer une réaction sur un autre objet, ceci reposant sur des lignes de programmation. Pour ce faire, l’objet connecté est enregistré sur la plateforme : le bouton sonnette (« if ») est inclus sur une liste d’actions pré-établies.

    Comment s’effectue la connexion sans interface aux sources du quotidien, doit-on toujours avoir son portable sur soi ?

    L’aide auditive passe par le téléphone portable afin d’avoir accès à internet. Pour des raisons de consommation, étant donné que la pile intégrée à l’aide auditive qui ne dispose pas de technologie de détail ni de wi-fi, une box est nécessaire afin de fonctionner par Bluetooth avec son téléphone comme outil de pilotage.

    Puisque l’aide auditive centralise tous les objets connectés (téléviseur, babyphone), permet de recevoir un signal d’alerte d’une personne dépendante si sa pile est déchargée, l’aide auditive et le smartphone sont indissociables ?

    Le concept repose sur la notification sonore dans l’aide auditive lors d’une alerte, le rappel d’une prise d’insuline par exemple.

    Comment l’application téléchargée sur smartphone pilote t-elle l’aide auditive connectée ?

    L’aide auditive est connectée aux sources multimédias du quotidien : la télévision, l’ordinateur, le téléphone etc. et réceptionne le son de la source choisie.

    Comment sont réceptionnées ces sources ? À l’aide de capteurs ?

    Il existe une fonction intrinsèque au smartphone permettant de lire du texte lorsqu’une phrase est prononcée. Un programme permet que ce résultat audio soit transmis directement dans l’aide auditive. Par ailleurs le smartphone peut également télécommander la synchronisation d’un agenda et signaler via un rappel une réunion par exemple. On peut créer des configurations de réglages spécifiques pour ces situations.

    En pratique, le signal généré par le smartphone via l’application est traité à part, comme lorsque l’on utilise un casque Bluetooth. Par contre, parallèlement il existe un traitement spécifique de l’aide auditive pour compenser son environnement sonore afin de différencier une source de parole et une source de bruit. Il n’y a pas d’interférences entre ces deux types de sources, elles demeurent superposables.

    Existe t-il une hiérarchisation de l’information du signal ?

    Non, la pertinence de l’information varie selon l’instant, c’est le cerveau qui décide et non le DM.

    Quelle est la taille de ce dispositif ?

    Il mesure 2 cm en interne.

    Il se situe à la frontière entre l’implant et le dispositif externe ?

    Légalement c’est un dispositif externe car il se retire et se remet, et 98 % du dispositif est externe au corps humain.

    Où sont stockées toutes les données et comment sont-elles sécurisées ?

    L’utilisateur n’a pas la possibilité de changer les spécifications de l’aide auditive, cela n’est réalisable que par un audioprothésiste et nécessite un logiciel et une clef de programmation spécifiques. Pour établir la connexion vers les aides auditives et en modifier les caractéristiques il existe une procédure spécifique. La sécurisation réside dans le fait qu’il faut que la clef de programmation se trouve à 10 cm de l’aide auditive pour pouvoir l’allumer. Par contre l’utilisateur peut modifier seul le volume ou certains programmes, il existe plusieurs configurations.

    Quels peuvent être les apports du numérique dans le domaine de la prothèse auditive ?

    Dans ce secteur, le numérique est présent depuis 1998. L’évolution fut lente au départ puis s’est accélérée. Les appareils intelligents sont désormais capables de différencier la parole du bruit, ils peuvent être connectés séparément ou à l’IFTTT. Un simple boîtier permet de recevoir le son du téléviseur directement dans l’aide auditive sans passer par un intermédiaire.

    L’intégration de la e-santé dans les aides auditives c’est pour demain et cela fait partie des perspectives des centres de recherche. En effet le conduit auditif est le meilleur emplacement pour mesurer la santé : température, tension etc. A l’avenir l’aide auditive pourrait ne pas être simplement réduite à un simple récepteur permettant d’amplifier sélectivement certaines ondes. Elle pourrait être utilisée dans l’autre sens et récolter les informations. Il existe des prototypes réceptionnant les ondes alpha : selon l’attitude de l’utilisateur à un instant t, la stratégie utilisée par l’aide auditive pourrait s’adapter : selon le degré de concentration de l’utilisateur, l’information délivrée pourrait être modulée (ou selon le besoin d’information de l’utilisateur selon son niveau de concentration et donc son état de réceptivité).

    Prenons un autre exemple d’utilisation : une personne âgée fait une chute, son aide auditive étant capable de mesurer l’activité de la personne à l’instant t, appuyer sur un bouton pourrait déclencher une alerte. Ou encore appliquer la règle IFTTT à une personne dont le conjoint souffre de la maladie d’Alzheimer : dès qu’il y a déconnexion entre les aides auditives et le téléphone portable (ce qui peut signifier que la personne a quitté son domicile par exemple), le conjoint reçoit une alerte.

    Ce dispositif bénéficie t-il d’un marquage CE ?

    Oui, il est classé comme dispositif médical, par ailleurs son adaptation doit être réalisée par un audioprothésiste.

    Quelles sont les conséquences en termes de pratiques professionnelles ?

    Concernant le retour des praticiens, étant moi-même audioprothésiste depuis 30 ans, j’ai pu observer un changement de métier. On appareillait auparavant les oreilles en réponse à une perte d’audition, aujourd’hui on appareille des personnes pour leur perte d’audition, mais également pour leurs besoins, leur style de vie et en fonction des capacités cognitives de la personne : l’aide auditive doit s’adapter à la quantité d’information que le cerveau est capable de traiter. La profession a évolué, on ne parle plus simplement d’audiogramme et de déficit d’audition, aujourd’hui les aides auditives permettent de répondre à une gêne, un besoin de communication.

    Travaillez-vous avec des entreprises ou des start-up à la co-construction de solutions ?

    En interne il y a d’un côté la recherche fondamentale sur le fonctionnement du cerveau, des oreilles, du cognitif sur l’action de l’audition etc. réalisée par notre centre de recherche qui effectue un travail universitaire avec des facultés du monde entier (université suédoise de Linköping, américaine, le Boston Hospital également) avec qui nous avons des accords en fonction des spécificités de l’activité développée.
    Notre budget R&D s’élève à 100 millions d’euros par an.
    D’un autre côté en ce qui concerne la recherche appliquée, nous la développons en interne pour des raisons concurrentielles. Nous sommes une filiale française d’une société danoise et travaillons également avec des consultants de sociétés externes pour le développement de logiciel informatique par exemple.

    Collaborez-vous avec un centre de recherche français ?

    Oui, notamment avec l’université de Bordeaux et leur unité Inserm : cognition et déclin cognitif en fonction de l’âge (étude : une personne pagée non appareillée voit son déclin cognitif en fonction accéléré par rapport à une personne du même âge appareillée, Elain Nig travaille sur le traitement de l’aide auditive sur la mémorisation du message vocal – avec le Professeur Amieva).

    Quel est le marché visé ?

    Du début à la fin de vie, il existe un marché pédiatrique de par les enfants nés avec une perte auditive et les spécificités d’apprentissage du langage, mais la perte d’audition concerne en majorité les seniors. L’appareillage moyen a baissé ces dernières années, car il s’adressait à la perte auditive en elle-même et non à la perte de communication or aujourd’hui il y a beaucoup de communication, de médias, d’échange etc. l’appareillage permet d’aider à percevoir et interagir avec les appareils médicaux donc on appareille des personnes plus jeunes.

    Comment voyez-vous la croissance du marché ?

    En théorie c’est une croissance importante puisque la génération des baby boomers arrive à l’âge moyen du premier appareillage, ce qui représente une augmentation du marché. En revanche il existe une problématique d’accès à l’appareillage qui est plus compliquée : être équipé d’une aide auditive signifie en acheter les services pour 4 à 5 années, ce qui représente une somme à débourser en avance, même si à l’arrivée un appareillage auditif s’élève à un coût de 15 euros / mois.

    Comment se positionne la France sur ce marché ? Par rapport aux autres pays européens ?

    En ce qui concerne l’Europe, le taux d’équipement est faible en France par rapport aux pays scandinaves ou l’Allemagne. Il existe une étude satisfaction « EuroTrack » recensant tous les deux ans le taux d’équipement, de satisfaction dans les différents pays européens.

    L’application a-t-elle été labellisée ?

    Pas à proprement parler mais elle est disponible sur l’Apple store et le Google store qui est moins strict. Sur l’aspect sécurité des données l’application respecte les standards, de même pour la vie privée.

    Avez-vous identifié des freins au déploiement de ce dispositif connecté ?

    Ils sont surtout financiers, plus particulièrement au niveau de l’accès à une aide auditive. Cela serait différent si on pouvait mettre en place un abonnement mensuel. Cela relève de la problématique de la prise en charge et du remboursement qui reste à débattre. Par ailleurs il subsiste une image de la perte auditive : porter des lunettes est rentré dans les mœurs et n’est plus lié à l’âge ; l’aide auditive demeure encore dans cet esprit-là et est associée aux personnes âgées. Culturellement parlant il existe une grande différence entre les pays scandinaves et les pays latins ou péri-méditerranéens : l’image du malentendant demeure : celui qui n’entend pas est assimilé à celui qui ne comprend rien, c’est encore ancré dans les esprits : face à un malentendant on met d’abord en doute ses capacités intellectuelles et non la perception auditive..

        

  • 19e Salon des seniors 2017 – 2 villages dédiés aux Silver Tech

    À l’honneur de cette 19e édition du salon – la santé, avec le lancement du « parcours prévention santé » pour informer, prévenir et dépister, afin d’aider les visiteurs à anticiper l’avancée en âge.
    Deux villages avec leurs exposants sont dédiés à la e-santé: le village Nouvelles technologies réunissant des fournisseurs de services informatiques et le village Silver Lab avec la start-up développant des services innovants pour accompagner l’avancée en âge.

    Avec 45 stands et 244 exposants, des ateliers et animations sportives au programme:

    • Dix villages thématiques:
      • Nouvelles technologies
      • Mon logement
      • Bien vivre chez moi
      • Mes loisirs & mes voyages
      • Être en forme
      • Mes droits, ma retraite & mon patrimoine
      • Travailler après 50 ans
      • Place du marché
      • Associations
      • Culture
    • 40 conférences sur les thèmes de la santé connectée au service du bien-être, des solutions innovantes pour l’habitat, de la santé et bien-être, la prévention, la gestion du patrimoine et l’assurance, etc.

    Le programme complet des conférences et animations du Salon des Seniors 2017 est disponible ici.

    Des invitations gratuites sont téléchargeables ici.

    Tarif sur place: 10 euros.

  • Elivie : développement d’une agence pour appuyer le déploiement du télésuivi en Alsace

    Elivie, prestataire de santé à domicile, confirme son implantation dans l’Est de la France et annonce son ldéménagement et l’agrandissement d’une agence à Dachstein, dans le Bas-Rhin, en Alsace.
    Y sont implantés désormais les 38 employés parmi lesquels des infirmiers, des conseillers médico-techniques, des techniciens respiratoires, des diététiciens ainsi que des salariés des fonctions de support pour mieux répondre aux besoins des patients à domicile suivis dans la région dont 4 000 souffrant de l’apnée du sommeil.

    Prestataire de services spécialisé dans la santé à domicile, Elivie, dispose d’un réseau de 52 agences partout en France et accompagne au total 90 000 personnes dans le déploiement de leurs soins à domicile. La société dispose de 7 agences dans la région d’Alsace dont la plus importante est celle qui vient de voir le jour à Dachstein.

    Ses employés sont entre autres au service du déploiement d’un programme de grande envergure de télésuivi des patients à domicile pour proposer des conditions optimales d’accompagnement et d’intervention auprès de plusieurs milliers d’usagers et notamment d’une population de 4 000 patients souffrant de l’apnée de sommeil.

  • Malaisie : Accord BP Healthcare – Microsoft pour développer des services de santé numériques

    BP Healthcare Group,groupe de soins de santé primaire malaisien, a annoncé le 3 mai 2017 qu’il avait signé un partenariat avec Microsoft Malaysia pour transformer numériquement son continuum de soins et fournir de nouveaux services de santé autour de la plateforme Doctor2U.

    Doctor2U : un écosystème de santé élaboré sur une seule application

    Les efforts des partenaires vont se focaliser sur l’application de santé numérique Doctor2U, mise au point par Ali Health. Le but est de créer un écosystème de santé complet, intégré sur une seule application.

    Dans le cadre de cette collaboration, Doctor2U s’appuiera sur les services centrés sur le cloud de Microsoft afin d’intégrer l’intelligence artificielle et un système d’apprentissage sur sa plateforme. Ces technologies vont permettre à Doctor2U d’exploiter en profondeur les données des utilisateurs et de proposer des traitements plus efficaces aux patients.

    Le service principal du dispositif est un service appelé « Doctor House Call », qui permet de faire venir un médecin au domicile du patient dans les soixante minutes. L’appli dispose également d’une fonction de consultation vidéo et d’un service de livraison de médicaments.

    High tech : Microsoft fournit son expertise pour développer les services d’e-santé de BP Healthcare

    Doctor2U a été conçu sur Microsoft Azure, la plateforme de cloud computing du groupe américain, et utilise les technologies de la firme de Redmond pour son option live chat, via laquelle les patients peuvent échanger gratuitement avec des médecins, des pharmaciens et des nutritionnistes.

    Microsoft s’associera aussi à BP Healthcare pour promouvoir le service à travers une série de campagnes numériques.

    « Notre partenariat avec Microsoft nous a permis d’adopter une technologie de pointe qui nous donne la flexibilité d’étendre nos activités aussi rapidement que nous le devons. L’infrastructure de sécurité des données de Microsoft attribue également à notre application une dose supplémentaire de confiance et de fiabilité, ce qui est très important dans le secteur de la santé », a déclaré le cofondateur de Doctor2U, Keegan Flynn.

    « Alors que nous cherchons à étendre notre offre à échelle régionale et à élargir nos offres pour y inclure des services tels que des services d’ambulance, des soins infirmiers et de physiothérapie, nous travaillerons étroitement avec Microsoft pour tirer parti de leur expertise et de leurs solutions pour améliorer [nos activités]. »

  • Malaysia: BP Healthcare partners with Microsoft to improve its digital health services

    BP Healthcare Group, a Malaysian primary healthcare provider, announced on May 3, 2017 that it had signed a partnership with Microsoft Malaysia to digitally transform its continuum of care and provide new healthcare services.

    A Memorandum of Understanding to formalize this alliance was signed between Ali Health, a member of the BP Healthcare group of companies, and Microsoft.

    Doctor2U: a healthcare ecosystem developed on a single application

    Partner efforts will focus on the digital health application Doctor2U, developed by Ali Health. The goal is to create a entire healthcare ecosystem integrated into a single application.

    As part of this collaboration, Doctor2U will leverage on Microsoft’s cloud-based services to integrate artificial intelligence and machine learning into its platform. These technologies will enable Doctor2U to harness users’ data and offer more effective treatments plans for patients.

    The main service of the device is a service called « Doctor House Call », which allows to bring a doctor to the patient’s home within sixty minutes. The app also offers a video consultation feature and a medication delivery service.

    High Tech: Microsoft provides its expertise to develop BP Healthcare eHealth services

    Doctor2U is build on Microsoft Azure, the US-based group’s cloud computing platform, and uses the Microsoft’s bot framework for its live chat feature, that allows patients to exchange with doctors, pharmacists and nutritionists for free.

    Microsoft will also partner with BP Healthcare to promote the service through a series of digital campaigns.

    « Our partnership with Microsoft has helped us embrace cutting-edge technology that gives us the flexibility to scale our business as quickly as we need to. Microsoft’s data security infrastructure also provides our app with an added layer of trust and reliability, which is so important in the healthcare industry, » said Doctor2U co-founder Keegan Flynn.

    « s we look to expand regionally and broaden our offerings to include services such as ambulance, nursing and physiotherapy, we will work closely with Microsoft to leverage their expertise and solutions to improve our services. »

  • La Malaisie crée un entrepôt de données hospitalières et un centre d’expertise national Big data

    Le ministère de la Santé de la Malaisie a ouvert en mai 2017 le Malaysian Health Data Warehouse, un centre focalisé sur les données de santé recueillies dans les hôpitaux malaisiens.
    Le système commencera par stocker des informations sur la santé d’environ 2,5 millions de patients, provenant d’hôpitaux publics et privés du pays. Davantage de données seront collectées dans la deuxième phase du projet.

    Big data : aider les professionnels de la santé « à prendre des décisions plus éclairées »

    « [En utilisant] un meilleur [système d’]analyse, nous pouvons fournir un service et un traitement fondé sur des données probantes et plus rentables », a déclaré le ministre de la Santé malaisien, le Dr. S. Subramaniam, au site local The Star Online.

    Le Malais Health Data Warehouse vise à terme à aider les professionnels de la santé et les soignants « à prendre des décisions plus éclairées » afin de proposer les traitements les plus adaptés possibles.

    La confidentialité des informations personnelles des patients au centre des préoccupations

    La sécurité des données est une « priorité absolue », a ajouté le Dr. S. Subramaniam.

    Le Dr. Noor Hisham Abdullah, directeur général de la santé, a précisé de son côté que le système de données sur la santé de ce nouveau centre ne révélerait pas d’informations personnelles sur les patients, tels que leurs noms et leurs adresses. « Les noms sont tous [anonymisés]. Ce ne sont que les informations sur la santé [qui nous intéressent], comme les données relatives à une maladie et à un traitement. »

    Vers une surveillance de l’exploitation des données ?

    Le Dr. Milton Lum, un membre du Conseil médical de Malaisie, a cependant exprimé ses préoccupations au sujet des « implications éthiques et juridiques » liées à la confidentialité des informations du patient. Il a appelé à une « surveillance statutaire » sur le système de données sur la santé en question.