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  • Health Tech : le Chinois Ogawa crée un fond de 8M€ pour établir un centre d’innovation en Israël

    La société chinoise de santé et de bien-être Ogawa, l’un des leaders du marché, a lancé en février 2018 un fonds de 10 millions de dollars US (8 M€) pour investir dans de nouveaux produits en mettant l’accent sur les investissements en Israël.

    Le groupe envisage notamment de créer un centre d’innovation en Israël qui embauchera des ingénieurs ou des sous-traitants locaux pour développer des solutions de santé. L’établissement se concentrera en particulier sur la santé numérique, la surveillance à domicile des personnes et le suivi des performances sportives.

    Le fonds a été créé par l’intermédiaire de Comfort Enterprise, une filiale d’Ogawa basée à Hong Kong, en coopération avec le groupe d’investissement chinois RJ Group.

    Le 1er centre de santé 100 % chinois basé en Israël

    Il s’agira du premier centre médical en Israël entièrement géré par une entreprise chinoise. La société chinoise Fosun Pharmaceutical Group exploite certes un centre d’innovation au sein du pays depuis qu’elle a acquis en 2013 la société d’esthétique médicale israélienne Alma Lasers pour 240 millions de dollars (194 M€) mais l’activité de Comfort Enterprise en Israël sera la première provenant exclusivement d’une entreprise chinoise et non de l’acquisition d’une société locale.

    Un investisseur local influent dirigera les activités de Comfort en Israël

    Le responsable d’Ogawa en Israël est Rafi Aviram, ancien cadre supérieur d’un certain nombre de sociétés israéliennes spécialisées dans les équipements médicaux. Il a notamment été vice-président du marketing et du développement des affaires au sein du groupe israélien Telsys et de la société canadienne Mio Global, un développeur de montres connectés qui distribuait ses produits par l’intermédiaire du groupe Ogawa, créant ainsi une connexion entre M. Aviram et la société chinoise.

    Les entreprises chinoises investissent de plus en plus en Israël

    Les responsables du fonds d’investissement sont déjà en train de négocier avec un certain nombre de sociétés israéliennes. Comfort Enterprise est également en pourparlers avec d’autres entreprises dans le but de distribuer ou de fabriquer leurs produits en Chine. En dehors du secteur de la santé, l’ensemble du groupe est aussi intéressé par des investissements en Israël dans les domaines du web et de l’intelligence artificielle.

    16 Mds USD investis dans des entreprises israéliennes depuis 2013

    Les entreprises chinoises s’intéressent de plus en plus au marché israélien. Leurs investissements en Israël dans le secteur de l’high tech, dont celui de la health tech, approchaient le milliard de dollars US (807 M.€) en 2016, indiquent les experts du secteur (source : CNBC).

    Au cours des cinq dernières années, les entreprises chinoises ont investi quelque 16 milliards de dollars (13 Mds €) dans des entreprises israéliennes tous secteurs confondus, des opérations comprenant notamment le rachat en 2015 de l’entreprise de dispositifs médicaux Lumenis par le groupe chinois XIO (510 M.USD ; 412M.€) et le rachat d’Alma Laser par Fosun en 2013 (source : Nocamels.com).

  • La NHSA (UK) s’allie à l’accélérateur Zicom (Singapour) pour booster la medtech en Angleterre

    La Northern Health Science Alliance (NHSA), basée dans le nord de l’Angleterre, a signé début février 2018 un protocole d’entente avec l’accélérateur de technologies médicales singapourien Zicom MedTacc afin de renforcer le lien entre les entrepreneurs health tech des deux pays.

    Booster le développement mondial des sociétés medtech d’Angleterre et de SG

    • Ce partenariat signifie que les entreprises singapouriennes soutenues par Zicom MedTacc seront en mesure de baser leurs activités au nord de l’Angleterre lors du développement et l’internationalisation de leurs solutions health tech.

    Les sociétés anglaises seront en lien avec les partenaires stratégiques de la NHSA à Singapour

    • L’Angleterre, de son côté, pourra accéder à des technologies innovantes venues d’Asie et ainsi mieux soutenir le secteur de la e-santé dans le nord du pays.

    Concrètement, les sociétés de diagnostic et de e-santé de la région du Nord pourront utiliser les partenaires stratégiques de la NHSA à Singapour comme tremplin pour déployer leurs activités vers le marché singapourien et plus largement vers le marché d’Asie-Pacifique, dont la croissance est « phénoménale », commente le Dr. Hakim Yadi, P.-D.G. de la NHSA (source : Prolificnorth.co.uk ).

    NHSA et Zicom MedTacc : une collaboration née il y a deux ans

    La Northern Health Science Alliance est une alliance des huit universités, des trusts NHS et de quatre réseaux universitaires de sciences de la santé de la région. Basée dans le nord de l’Angleterre, elle couvre une population d’environ 15 millions d’habitants.

    « Nous travaillons avec Zicom MedTacc depuis deux ans, ce protocole formalise nos relations de travail existantes et nous aidera à établir un partenariat plus durable », a expliqué le Dr. Yadi.

    Zicom MedTacc fait partie de Zicom Innovations Group, une société qui regroupe tous les investissements technologiques avec les filiales d’ingénierie de précision de Zicom Holdings en un seul groupe.

  • NHSA (UK) teams up with Zicom accelerator (Singapore) to boost medtech in England

    The Manchester-based Northern Health Science Alliance (NHSA) signed a memorandum of understanding with Singapore medical technology accelerator Zicom MedTacc in early February 2018 to strengthen the link between health tech entrepreneurs in both countries.

    Fostering the international development of companies from northern England and Singapore

    • This partnership means that Zicom-supported Singapore companies will be able to head to the North of England when developing and internationalizing their medical technology solutions.

    UK companies to link with NHSA’s strategic partners in Singapore

    • North of England, for its part, will get access to innovative new technologies in order to help support the region’s medtech and digital sector.

    Concretely, Northern medtech diagnostic and digital health companies will benefit from the NHSA’s strategic partners in Singapore as a launching pad into the Singaporean and wider Asia Pacific markets, the Asia-Pacific market, both of which are growing « phenomenally quickly, » said Dr Hakim Yadi, CEO of the NHSA (source: Prolificnorth.co.uk).

    NHSA and Zicom MedTacc: a collaboration born two years ago

    The Northern Health Science Alliance is an alliance of the eight universities, NHS teaching trusts and four academic health science networks in the North of England. It covers a population of approximately 15 million people.

    « We have been working with Zicom MedTacc for the last two years, this MoU formalises our existing working relationship and will support us in establishing a more enduring partnership, » said Dr Yadi.

    Zicom MedTacc is part of Zicom Innovations Group, a company which brings all the technology investments together with the precision engineering subsidiaries under one group.

  • Chine : Ping An Ventures va lever jusqu’à 1,3 Md USD pour investir dans des sociétés de santé

    Début février 2018, la branche capital-risque du plus grand assureur chinois, Ping An Insurance Group, a annoncé qu’elle cherchait à lever jusqu’à 1,3 milliard de dollars US (1 million €) pour deux fonds axés sur la santé.

    Créé en 2012, Ping An Ventures investit principalement dans de jeunes start-up. Les nouveaux fonds permettront d’approfondir la pénétration du groupe dans le secteur des soins et de renforcer sa position au niveau des investissements dans les sociétés en phase de maturité.

    La plus importante levée de fonds réalisée par Ping An Ventures

    L’entreprise a pour objectif de lever entre 300 et 500 millions USD (245-408 M. €) dans un fonds en dollars américains et entre 4 et 5 milliards de yuans (500-650 M. € ; 630-790 M.USD) dans un fonds en yuans en faisant notamment appel à des sociétés de gestion de patrimoine et des investisseurs institutionnels. La récolte de fonds devrait être clôturée au cours de l’année, a indiqué à Reuters une personne proche du dossier.

    Si le but est atteint, il s’agirait des plus importantes levées de fonds réalisées jusqu’à présent par Ping An Ventures dans ces devises. Avec la somme recueillie, la société investira principalement dans des start-up centrées sur la santé, basées aussi bien en Chine qu’à l’étranger, précise Reuters.

    Ping An s’intéresse de plus en plus au marché de la e-santé

    Ce projet ambitieux de Ping An intervient alors que la valeur moyenne des investissements dans les entreprises en phase de maturité a augmenté de 40 % l’an dernier, selon la société de conseil Preqin. Les investissements de plus de 100 millions de dollars US (81,6 M. €) représentaient plus de la moitié de toutes les collectes de fonds mondiales en valeur en 2017, contre à peine 8 % en 2007.

    Cette initiative est aussi liée au fait que Ping An Insurance cherche à stimuler ses investissements directs et son expertise dans le secteur de la santé.

    Deux filiales santé du groupe devraient entrer en Bourse en 2018

    Deux filiales santé de Ping An devraient entrer à la Bourse de Hong Kong cette année : la plateforme de télé-médecine Ping An Good Doctor et Ping An Healthcare Technology, une entreprise de collecte et d’analyse de données médicales. Cette dernière a clôturé début février une levée de fonds pré-IPO de 1,15 milliard USD (940 millions €), a déclaré le groupe chinois, faisant monter sa valeur à environ 8,8 milliards de dollars (7,2 Mds €) selon certaines sources, indique Reuters.

    Par ailleurs, Ping An a lancé en 2017 Global Voyager Fund, un fonds de 1 milliard USD (800 millions €) basé à Hong Kong, dans l’optique de rechercher des opportunités financières dans les domaines de la santé et de la fintech aux États-Unis, en Israël et à Singapour.

  • China: Ping An Ventures will raise up to US$1.3 billion to invest in healthcare companies

    In early February 2018, the venture capital arm of China’s largest insurer, Ping An Insurance Group, announced that it is seeking to raise up to US$1.3 billion (€1m) in two healthcare-focused funds.

    Founded in 2012, Ping An Ventures is known to focus on early-stage investments. The new funds will deepen the group’s penetration into the healthcare sector and strengthen its position in later-stage investments.

    Ping An Ventures’ biggest dollar and yuan funds so far

    The company aims to raise between US$300 and US$500 million (€245-408m) in a dollar fund and between 4 and 5 billion yuan (€500-650m; US$630-790m) in a yuan fund. Wealth management firms and institutional investors are among the investors. The fundraising is expected to be completed within this year, told Reuters a person with direct knowledge of the matter.

    They would be Ping An Ventures’ biggest dollar and yuan funds so far. With the money raised, the company would primarily invest in healthcare start-ups in China and overseas, the source added.

    Ping An is increasingly attracted to the eHealth market

    Ping An project comes as the average value of late-stage investments globally surged by 40% last year, according to Preqin, a source of data and intelligence for the alternative assets industry. Investments of US$100 million-plus (€81.6m) made up more than half of all global VC fundraising by value in 2017, versus barely 8% in 2007.

    This initiative also come as Ping An Insurance, the largest insurance company by market value in China, is seeking to boost its direct investments and expertise in the healthcare sector.

    Two health subsidiaries should go public in 2018

    Two Ping An healthcare-related subsidiaries plan to go public in Hong Kong this year: Ping An Good Doctor, a telemedicine platform, and Ping An Healthcare Technology, a medical data collection and analysis business. In early February, the latter completed a US$1.15 billion (€940m) pre-IPO fundraising round, Ping An said, raising its value to about US$8.8 billion (€7.2b) according to sources, Reuters said.

    In addition, Ping An launched in 2017 Global Voyager Fund, a Hong Kong-based US$1billion (€800m) fund to scout for healthcare and fintech assets in the United States, Israel and Singapore.

  • Le NHS England envisage d’introduire le modèle américain des ACOs en Grande-Bretagne (Consultation)

    Le NHS England lance une seconde concertation publique à destination des professionnels de santé et des usagers du système de santé pour évaluer les modalités de transposition des Accountable Care Organizations (ACOs) au modèle britannique. Des voix se sont élevées en Grande-Bretagne contre ce mode d’organisation des soins.

    Introduits aux Etats-Unis pour Medicare par l’Affordable Care Act (2010), les ACOs sont des groupes de prestataires de soins (médecins, hôpitaux, etc.), qui se réunissent sur la base du volontariat pour dispenser des soins coordonnées de qualité à l’échelle d’un territoire et bénéficient de financements publics annuels.

    Les Accountable Care Organizations (ACO) aux Etats-Unis

    Le système de santé américain présente le niveau de dépense de santé le plus élevé au monde (17,2% du PIB en 2016 selon l’OCDE) et par habitant, pour des résultats de santé globalement inférieurs aux autres pays développés. Les ACOs ont été créées par le Patient Protection and Affordable Care Act (2010) pour Medicare pour tenter de contenir l’augmentation des dépenses de santé aux Etats-Unis.

    Le Center for Medicare and Medicaid Services (CMS) définit les ACOs comme des groupes de médecins, hôpitaux ou autres offreurs de soins, qui se réunissent volontairement pour délivrer des soins coordonnées de haute qualité à leurs patients Medicare. Les ACOs américains relèvent exclusivement du programme fédéral Medicare traditionnel (Part A & B) et s’adressent aux assurés pris en charge par des offreurs de soins payés à l’acte.

    Les participants de l’ACO, sélectionnés par le CMS à l’issue d’un appel à candidature annuel et signataires d’un contrat de trois ans, sont collectivement responsables (accountable) de l’intégralité de la prise en charge des patients qui leur sont assignés. Les prestataires de soins sont payés à l’acte par Medicare au cours des trois années. Le financement est indexé sur des indices de performance et de qualité. Les ACOs se démarquent des modèles d’organisation des soins antérieurs à plusieurs titres : 

    • une ACO est responsable de l’intégralité de la prise en charge de ses patients, que cette prise en charge soit assurée par un membre de l’ACO ou non;
    • 75% de l’instance dirigeante est constituée de professionnels de santé membres de l’ACO;
    • les modalités d’organisation internes sont laissées à l’appréciation de chaque ACO.

    Le CMS dénombre aujourd’hui 561 ACOs aux Etats-Unis, aux contours et formes variables. La France s’y intéresse de près, l’article 35 du Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 proposait d’offrir une base légale permettant d’expérimenter un dispositif d’ACO à la française. Un rapport administratif publié en novembre 2017 par le Ministère des Solidarités et de la Santé interrogeait les « modalités de transposition au système de santé français » des ACOs.

    La Grande-Bretagne envisage pour sa part de le transposer en droit britannique et de l’intégrer au système de soins national, non sans difficulté.

    Le NHS (re)lance une consultation sur la transposition des ACOs en Grande Bretagne

    Le National Health Service britannique s’est saisi de la question dès 2014, en faisant de l’intégration des offres de soins l’un des objectifs prioritaires de son programme Five Year Forward Review. Le gouvernement britannique juge que les ACOs constituent à ce jour l’un de vecteurs d’intégration des soins les plus pertinents.

    Chaque ACO signe un contrat pluriannuel définissant les objectifs qui lui sont assignés dans le respect du budget imparti. En août 2017, le NHS England a publié un projet de contrat permettant aux Clinical Commissioning Groups (agences rattachées au NHS en charge de la planification et de la délivrance des soins sur un territoire donné) de constituer des ACOs sur leur territoire respectif.

    Le gouvernement britannique a lancé une consultation publique de près de deux mois entre le 11 septembre et le 3 novembre 2017 pour amender la version initiale du projet de contrat établi par le NHS. Point de désaccord majeur : la clause qui prévoyait la dissolution du contrat qui relie un médecin généraliste au NHS s’il rejoint une structure ACO.

    Les membres de l’opposition parlementaire travailliste ont déploré l’insuffisance des débats autour des ACOs. Le 25 janvier 2018, le NHS a annoncé le lancement d’une seconde consultation de trois semaines aux termes de laquelle le contrat dans sa version amendée deviendra effectif. Deux procédures judiciaires ont été ouvertes contre l’initiative, illustrant les difficultés de transposition du modèle américain en Grande-Bretagne. Les réticences portent sur le contenu du projet de contrat et sur les modalités pratiques de consultation :

    • 999 Call for the NHS : les membres de cette campagne contestent la légalité du dispositif ACO. Le fait de substituer au mode de financement actuel fondé sur le paiement à l’acte, un budget annuel alloué à un ACO (comme le prévoit le projet de contrat) constitue à leur sens une violation de la législation en vigueur. 
    • JR4NHS : quatre requérants (médecins et/ou professeur de médecine) contestent la légalité de la procédure consultative engagée par le NHS entre septembre et novembre 2017.

    Les requérants seront auditionnés les 14 mars et 28 avril 2018. L’issue des auditions ne devraient pas compromettre la mise en oeuvre du contrat ACO, qui laisse présager d’évolutions profondes du système de santé britannique.

  • Santé populationnelle : est-elle transposable au modèle français ? La FHF s’interroge

    Un sondage rendu public le 6 février 2018 réalisé par le Deloitte Center for Health Solutions pour le compte de NEJM Catalyst, révèle que les financeurs et pourvoyeurs de soins américains concentrent désormais l’essentiel de leurs efforts sur le « population health management ». 

    Le concept de population health management (PHM) consiste à suivre la trajectoire d’une population présentant un même profil de santé et à adapter les stratégies de soins et de suivi en fonction de ses besoins. Si ce concept a été développé aux Etats-Unis, le Canada francophone, au début des années 2000, a adopté une notion similaire – celle de « responsabilité populationnelle en santé – dont la France et la Grande-Bretagne s’inspirent actuellement.

    La Fédération hospitalière de France a fait de la santé populationnelle une priorité politique pour la période 2017-2022. Elle élabore actuellement un guide sur le sujet à l’usage des acteurs du système de santé, à paraître en mai 2018.

    Dans un entretien accordé à H&TI en juillet 2017, Antoine Malone, directeur de projets à la FHF, définissait l’approche populationnelle en santé de la manière suivante : « La responsabilité populationnelle vise à suivre la trajectoire du patient sur l’ensemble de la chaîne de création de valeur, et à répondre ainsi au défi posé par la triple transition épidémiologique, démographique et technologique via des systèmes intégrés. Elle se distingue donc de la notion de parcours par une intégration complète de l’ensemble des services et acteurs autour des besoins des patients et de la population, avec eux et pour eux. »

    Genèse nord-américaine du concept de population health management 

    Un concept développé aux Etats-Unis pour structurer un système de soins intégrés

    Développé aux Etats-Unis au cours des années 1990, le concept de population health management (PHM) est l’extension du disease management (qui renvoie au ciblage de patients atteints d’une maladie définie) à une population spécifique pour une pathologie donnée, par exemple tous les assurés diabétiques d’une région.

    Le PHM est un mode d’organisation et de financement des soins, dont la finalité première est d’aider les professionnels de santé et les financeurs à évaluer le profil de santé et les besoins de populations présentes sur un territoire défini, dans une logique curative et préventive. L’objectif du PHM est de segmenter des populations de patients atteints de la même maladie, d’évaluer leurs besoins et de leur dispenser des soins adaptés.

    L’objectif financier du modèle, tel qu’il a été développé aux Etats-Unis, consiste à réduire les dépenses en prévenant les risques d’apparition de pathologies au sein de populations « bien-portantes » et d’améliorer le suivi et l’état de santé de populations atteintes de maladies chroniques. La logique inhérente au dispositif est préventive : le ciblage de population doit permettre d’identifier et de combler les failles dans la prise en charge de populations à risque ou « bien-portantes ».

    Rôle fondamental des outils numériques dans l’approche populationnelle

    Le concept de « Population Health Management » a été consacré en droit américain par le Patient Protection and Affordable Care Act (PPACA) promulgué le 30 mars 2010. Il repose sur plusieurs leviers technologiques, financiers et institutionnels : 

    • technologiques : le PHM repose sur de puissants systèmes d’agrégation et de traitement des données issues de sources multiples, permettant d’identifier et de segmenter les populations selon leur profil médical sur un territoire défini, d’analyser leurs besoins, de dispenser les soins appropriés, d’assurer leur suivi de long terme et de prédire l’évolution de leur état de santé. 
    • financiers : le système repose sur des indicateurs de performance et des leviers financiers incitatifs visant à encourager les médecins à faire porter leurs actions sur les populations les plus malades ou reléguées aux marges du système de soins (car défavorisées, ou mal informées, etc.).
    • institutionnels : les données permettant de faire émerger le profil sanitaire d’une population donnée à l’échelle d’un territoire proviennent de multiples sources : les acteurs institutionnels pourvoyeurs de données doivent accepter de mutualiser ces données et d’engager une dynamique partenariale.

    Une approche québécoise centrée sur la « responsabilité des parties prenantes » 

    Le Québec a développé au cours des années 2000 un concept proche intitulé « responsabilité populationnelle en santé », qui met en avant la notion de responsabilité des acteurs du systèmes de santé (médecins, assureurs, acteurs de la prévention). L’objectif de la « responsabilité populationnelle » est d’assurer un état de santé maximal chez la population d’un territoire, compte tenu des ressources disponibles. Elle est destinée à coordonner l’offre de soins et de services médico-sociaux en fonction d’une population donnée plutôt qu’en fonction d’un individu. 

    La notion de « responsabilité » constitue la clé-de-voute de ce modèle. Elle est fondée sur l’idée que les autorités locales ont une responsabilité vis-à-vis de leurs administrés, et doivent garantir l’accessibilité aux services concernés, mener des actions de prévention et prévenir les ruptures dans la prise en charge. La responsabilité populationnelle en santé et ses déclinaisons canadiennes ont fait l’objet de plusieurs travaux d’évaluation.

    L’imputabilité change avec la responsabilité populationnelle : les acteurs du territoire doivent s’organiser pour améliorer l’expérience de soins du patient et la santé de la population. L’approche populationnelle doit permettre de générer une triple amélioration de la prise en charge, du bien-être au travail et de l’équilibre budgétaire du système. C’est une modalité de transformation du système, comme l’expliquait Antoine Malone dans l’entretien accordé à H&TI en juillet 2017.

    Un concept transposable au contexte français ?

    La FHF s’est saisie de la question et l’a érigée en priorité politique pour la période 2017-2022

    La Fédération hospitalière de France (FHF) a repris à son compte le concept de « responsabilité populationnelle » – inspiré du modèle québecois.

    La FHF publiait le 28 mars 2017 sa « plateforme politique » pour la période 2017-2022, en vue d’impulser « un nouvel élan rassembleur au sein du système de santé » dans le contexte de l’élection présidentielle de 2017. La Fédération identifiait ainsi 12 priorités, dont la deuxième proposait « d’engager une révolution dans l’organisation de notre système en le fondant sur le principe de la responsabilité populationnelle ».

    La FHF a dégagé cinq lignes directrices permettant de mettre en oeuvre la santé populationnelle en France

    La responsabilité populationnelle recouvre plusieurs enjeux. La FHF en retient une définition analogue au modèle canadien. La responsabilité populationnelle en santé implique selon elle « l’engagement de l’ensemble des acteurs du territoire autour d’objectifs communs pour l’amélioration de la santé de la population sur leur territoire. Elle leur demande d’agir collectivement afin de rendre accessible un ensemble de services sociaux et de santé pertinents et coordonnés ».

    La Fédération dégage cinq lignes directrices pour traduire le concept de responsabilité populationnelle en action : aligner les standards de qualité sur les standards mondiaux, placer les professionnels de santé au coeur de la démarche populationnelle, intégrer la qualité aux objectifs des territoires de santé, développer « massivement » les enquêtes et recherches médico-économiques territorialisées, développer à l’échelle territoriale les outils incitatifs nécessaires à l’atteinte des objectifs qualité.

    Responsabilité populationnelle en santé dans le contexte français : un guide en préparation, à paraître en mai 2018

    Antoine Malone, directeur de projet à la FHF, prépare actuellement un guide dédié à la responsabilité populationnelle, à l’usage des professionnels de santé et des acteurs institutionnels. Elaboré en collaboration avec trois étudiants et un tuteur de l’Executive MBA Santé Paris Dauphine (Université Paris Dauphine), ce document examinera la mise en oeuvre pratique de la responsabilité populationnelle dans un contexte français. Ce guide sera rendu public en mai 2018, à l’occasion de Hôpital Expo.

    Ce guide interrogera les modalités de transposition de ce modèle nord-américain au contexte socio-sanitaire français et ses applications possibles en France à travers, notamment, les GHT.

  • Les complémentaires santé et leur offre de téléconsultation

    En 2018, les mutuelles sont de plus en plus nombreuses à proposer la téléconsultation à leurs adhérents.

    Cette offre est souvent incluse dans le contrat d’adhésion, sans coût additionnel.

    Axa a investi ce marché la première en 2015. Gan Eurocourtage (Groupama) est la mutuelle qui s’est lancée le plus récemment avec une offre disponible depuis le 1er février 2018.

    Health&Tech Intelligence vous propose un panorama des acteurs positionnés – nous en avons identifié 15 au 14 février 2018 – sur la téléconsultation en France, la plateforme avec laquelle ils ont signé un partenariat, l’offre proposée et le lien vers le site web.

  • Mutuelles : la Chaire Avenir Santé Numérique pour cerner les apports du numérique et ses usages

    Le 30 janvier 2018, au siège de la Mutualité Française, la Fondation de l’Avenir Pour la recherche médicale appliquée a lancé, en partenariat avec l’Université Paris-Est Créteil (UPEC), une Chaire Avenir Santé Numérique et un Fonds Avenir Santé Numérique pour les trois ans à venir.

    La Chaire créée est au service de trois objectifs et quatre axes de travail liés à l’efficacité du système de soin et au nouveau positionnement du patient-acteur de ses soins.

    Un fonds dédié a également été mis en place pour soutenir les projets innovants de la Chaire et conduire des études prospectives d’intérêt général principalement alimentées par les grandes mutuelles de la Mutualité Française.

    Objectifs et axes de travail autour de la santé numérique

    La préoccupation principale de l’organisation, à travers de la création de la Chaire mise en place, est l’amélioration de la qualité des soins à travers une approche pluridisciplinaire et pluri-institutionnelle. C’est pourquoi la Chaire va assumer les mission suivantes :

    • permettre le développement d’approches innovantes pour la conception de nouveaux produits ;
    • évaluer la performance d’une organisation de soins ;
    • évaluer l’émergence des modèles de soins intégrés avec patient devenant acteur-utilisateur.

    Les axes de travail visent :

    • l’évaluation de l’impact de l’intégration des nouvelles technologies sur un écosystème de soin et ses conséquences sur l’organisation de nouvelles filières de soins et de suivi, et la structuration du paysage sanitaire ;
    • l’encouragement de l’investissement et de l’intégration du patient aux interventions de santé grâce aux objets connectés afin de connaître l’environnement des patients et faciliter une organisation centrée autour du patient et de ses besoins ;
    • l’amélioration de la qualité des soins grâce aux technologies de l’information et de la communication tout comme l’amélioration de la coordination des acteurs, de la transmission des données et de la décision médicale ;
    • le développement de la co-fertilisation et de la co-conception de produits en infusant des technologies destinées au grand public (objets connectés, plateformes de communication, etc.). Des collaborations multidisciplinaires seront systématiquement recherchées pour l’évaluation des impacts médicaux, économiques, sociétaux, industriels et organisationnels de ces nouveaux outils, services, produits ou processus grâce à des expérimentations.

    Un cadre universitaire et des parties prenantes vouées à se multiplier

    La chaire rassemble une équipe pluridisciplinaire combinant les compétences du monde académique de la santé à celle du monde des technologies de l’information, sans oublier des compétences en sciences économiques et en sciences humaines.

    Une solution de e-santé doit être pérennisée dans un système économique viable et doit être acceptable vis-à-vis du patient. Cette notion d’acceptabilité est importante, car aujourd’hui les enjeux éthiques et d’appropriation sont considérés comme un frein majeur à l’expansion des solutions numériques dans le secteur de la santé.

    La chaire est portée par le docteur Tu Anh Duong et des chercheur de l’Inserm, mais d’autres acteurs seront ralliés à la cause.

    La Chaire a 3 missions :

    • évaluation des usages : méthodologie mixte quantitative et qualitative, sociologie, organisation des soins, etc. ;
    • un OpenLiving Lab qui traitera la gestion des risques, l’évaluation économique et l’évaluation des comportements ;
    • une Plateforme de recherche translationnelle faisant appel aux compétences en bio-informatique, système et réseau, construction de base de données, etc.

  • IoT : Generali s’associe avec Nokia pour renforcer son programme de prévention Vitality

    Dans le cadre de son programme Vitality, Generali a conclu un partenariat avec Nokia, annoncé le 8 février 2018.

    L’objectif du partenariat est de faire profiter les bénéficiaires du programme des objets connectés supplémentaires en proposant une réduction à hauteur de 40% dans le cadre de l’utilisation de deux objets connectés au cours de l’année (bracelets d’activité, montres, thermomètres ou tensiomètres connectés, etc.).

    Le programme Vitality a été lancé en septembre 2016, non sans susciter des controverses, car il récompense des pratiques et un mode de vie sain. Il invite les membres du programme à faire de l’activité physique et à suivre leur bien-être. Pour ce faire, ce nouveau partenariat vise l’ensemble des bénéficiaire, indépendamment de leur ancienneté ou leur statut dans le programme de bénéficier de réductions sur une large gamme de produits.

    En novembre 2017, Generali revendiquait 2 000 entreprises clientes qui auraient déjà adhéré au programme, ce qui représentait un total d’environ 40 000 salariés.

    Generali se félicite de ce partenariat avec Nokia, qui représente pour ce premier un acteur de référence des objets connectés en santé.

    Pour Nokia, il s’agit d’une façon de continuer à banaliser les objets connectés pour encourager une vie plus saine.