Mutuelles

  • CNNum : Marie Ekeland démissionne après 8 jours de présidence et une nouvelle équipe sera constituée

    Dans sa note suivant sa nomination à la tête du Conseil national du numérique publiée le 11 décembre 2017, Marie Ekeland exposait sa stratégie de travail et justifiait la composition de son équipe. Elle continue à justifier son choix dans sa note de départ publiée ce 19 novembre 2017 et regrette la manque d’ouverture du gouvernement et les attaques qu’elle juge infondées vis-à-vis de deux membres de son équipe, Rokhaya Diallo et le rappeur Axiom.

    « La crise, comme elle nomme l’emballement médiatique et politique violent autour de la liste des membres du CNNUm préparée par ses soins, lui a permis de tirer deux enseignements principaux :
    • le caractère indispensable des instances comme le CNNum pour protéger des espaces de discussion, d’échanges, longs, complexes et contradictoires, dégagés du jeu médiatique ;
    • la forme actuelle de nomination et de fonctionnement du CNNum portent à confusion et ne peuvent pas garantir son indépendance.

    Elle souligne néanmoins les efforts fait par le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, et les membres du CNNum pour trouver une solution, qui n’ont pas abouti. Elle réitère également l’importance de la mission dont est investi le CNNum autour de la révolution numérique pour tous les pans de la société française et affirme continuer de suivre de près la façon dont la transformation numérique affecte notre société, mais ailleurs et autrement.

    Le secrétaire d’État a prévu de constituer un nouveau collège avec un nouveau président pour début 2018.

  • Stratégie numérique du Québec : 100 % citoyens pourront interagir à distance avec les médecins

    Le 13 décembre 2017, le gouvernement québécois a révélé la « Stratégie numérique du Québec », un plan régional visant à accompagner la population et les entreprises vers une transformation numérique globale de la société afin de positionner la province comme leader du secteur d’ici cinq ans.

    La stratégie s’articule autour de sept orientations clés, dont l’une d’entre elles concerne « la santé connectée sur le citoyen ». Mission : « que 100 % des citoyens puissent interagir de façon numérique avec le réseau de la santé et des services sociaux et ses professionnels ».

    Deux objectifs vont définir les priorités d’actions dans le domaine de la santé :
    • déployer des services numériques offrant aux patients une meilleure prise en charge, ce qui inclut des dispositifs dédiés à la prévention et à la mise en place d’une expérience simplifiée, intuitive et efficace pour les patients ;
    • favoriser l’accès des citoyens à des services numériques évolutifs.

    Le projet comprend un axe dédié au développement de la e-santé

    Parmi les sept domaines sur lesquels se concentrera le gouvernement dans le cadre de ce programme figure celui de la santé. Le projet est résumé par l’intitulé suivant : « La santé connectée sur le citoyen : que 100 % des citoyens puissent interagir de façon numérique avec le réseau de la santé et des services sociaux et ses professionnels ».

    Deux objectifs définissent les priorités d’action dans le secteur pour les prochaines années :

    • déployer des services numériques permettant une meilleure prise en charge;

    • favoriser l’accès des citoyens à des services numériques évolutifs.

    Déployer des services numériques permettant une meilleure prise en charge

    Ce développement inclut le déploiement d’outils dédiés à la prévention et à la mise en place d’une expérience simplifiée, intuitive et efficace pour les patients.

    La transformation numérique du système de santé sera renforcée par l’instauration de services numériques évolutifs qui faciliteront l’accès aux informations de santé, amélioreront la communication entre les acteurs de l’industrie et favoriseront l’autonomie du citoyen et de ses proches aidants.

    Les services de soins développés seront optimisés grâce au numérique pour répondre aux différents besoins et conditions de vie des citoyens dans l’optique d’améliorer la qualité de vie, le bien-être physique, mental et social, le soutien, le suivi et la prise en charge de la santé de tous les Québécois.

    Vers l’adoption progressive d’une nouvelle culture de collaboration

    Le succès de cette transformation repose sur plusieurs facteurs :

    • la mobilisation et l’engagement de tous les intervenants du secteur de la santé et de tous les citoyens ;
    • le développement en continu de nouvelles connaissances et compétences ;
    • la mise en place progressive de nouveaux modèles de soins conditionnés par le numérique ;
    • l’adoption progressive d’une nouvelle culture de collaboration et de partage afin de faciliter les échanges entre les citoyens et les différents acteurs de l’industrie de la santé.

    L’analyse de données, l’IA et l’IoT font partie des domaines à développer

    Une grande majorité de médecins de famille du Québec utilisent un dossier médical électronique certifié par le ministère de la Santé et des Services sociaux grâce auquel est rendu possible un partage sécurisé des informations avec plusieurs systèmes centralisés du secteur de la santé et des services sociaux tels que le « dossier santé Québec », la « prise de rendez-vous en ligne avec un médecin de famille » et la « prise de rendez-vous en ligne avec un médecin spécialisé ».

    Selon le gouvernement, les nouvelles technologies serviront de leviers pour accélérer cette transformation numérique. Les efforts seront notamment concentrés sur l’analyse des données, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets. Grâce à des capteurs, à des applications mobiles et à une surveillance à distance, « le numérique pourra notamment fournir de l’information clinique en continu et permettre à tous les citoyens de bénéficier de services de santé à distance (télé-santé) ».

    Une numérisation des services de prévention du suicide

    Le plan prévoit également une numérisation des services de prévention du suicide dès le printemps 2018. Parmi les moyens via lesquels les professionnels de la santé pourraient se reposer afin de joindre plus facilement les personnes en détresse et mieux « équiper » leurs proches figurent les appareils intelligents, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et les plateformes de jeu en ligne.

    Favoriser l’accès des citoyens à des services numériques évolutifs

    Les services de santé numérique devront être accessibles à n’importe quel endroit et à n’importe quel moment de manière à n’isoler aucun citoyen.

    Une démocratisation des services de télémédecine

    La démocratisation des services de télémédecine permettra de rendre accessible à un maximum de personnes l’offre de soins, et ce, à moindre coût. « Ces services devraient se positionner graduellement comme alternatifs aux services dispensés de manière traditionnelle en raison de leur accessibilité et de leur capacité à rapprocher les citoyens de leurs intervenants de santé », précise le gouvernement québécois.

    Des services qui favoriseront la prévention et le suivi à domicile des patients

    Les services de santé numériques devront à terme évoluer de manière à soutenir les citoyens au niveau :

    • de la sensibilisation et de la prévention à l’adoption d’un mode de vie sain ;
    • de l’adoption et de l’utilisation de dispositifs facilitant le suivi de l’état de santé des patients, l’établissement de diagnostics et la prise en charge des malades ;
    • de l’utilisation de moyens pour compenser l’isolement et la perte d’autonomie d’une population vieillissante, tels que les projets de communautés connectées.

    L’analyse des big data au centre de la stratégie

    Tous ces services reposent sur des données accessibles, fiables et de qualité. « C’est pourquoi le gouvernement du Québec investit dans la « Stratégie québécoise des sciences de la vie » pour encourager l’exploitation et la valorisation des [big data] en santé, qui favoriseront l’innovation provenant des différentes parties prenantes impliquées dans le domaine de la santé, tels que les chercheurs, les entreprises et les startup ».

    L’exploitation des big data en santé est l’un des secteurs visant à être développés dans le cadre de la « Stratégie québécoise des sciences de la vie ». L’objectif du gouvernement est de valoriser certaines données afin de faciliter l’analyse de situations complexes et la prise de décision. Il comprend plusieurs spécialités, telles que la science des données, l’apprentissage profond (deep learning) et l’IA.

    La gestion des big data dans le secteur de la santé permettra notamment de mettre en place des technologies visant à améliorer la détection et l’établissement de diagnostics pour des maladies comme le cancer, mais aussi d’optimiser l’utilisation des ressources dans l’ensemble du système de santé et d’accélérer la découverte de nouveaux traitements.

    Action structurante : mise en place de services principalement centrés sur le citoyen

    Un premier ensemble de services numériques de santé sera prochainement proposé aux citoyens québécois.

    Dans un deuxième temps, ces services seront progressivement améliorés et complétés par d’autres fonctionnalités au cours des cinq prochaines années, puis d’autres services viendront s’ajouter à l’offre initiale afin de soutenir l’amélioration de la santé et du bien-être de la population.

  • SI : un nouveau guide « Mener un achat de solutions numériques complexes en santé » publié par l’ANAP

    Parce que l’amélioration des coordinations dans une logique de parcours s’appuie sur des outils et des services numériques dédiés mais que ceux-ci ne peuvent être satisfaits qu’au terme d’une stratégie d’achat répondant à certaines exigences, l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médicaux sociaux (ANAP) a publié le 13 décembre 2017 le guide « Mener un achat de solutions numériques complexes en santé ».

    Destiné à toute structure porteuse d’un projet d’achat de système d’information territorial, ce document s’appuie sur les retours d’expériences des 5 régions TSN et le témoignage d’industriels.

    L’ANAP y met en évidence les six étapes principales d’une stratégie d’achat et identifie un certain nombre de facteurs de succès pour sa mise en œuvre et pour l’exécution du contrat d’achat en résultant.

    Par ailleurs, des fiches pratiques élaborées par le groupement d’achat Resah complètent ce document pour accompagner la mise en œuvre de projets d’achat de SI complexes.

    Ce document a quatre objectifs :

    • présenter les éléments structurants de la définition d’une stratégie d’achat d’un système d’information complexe en santé ;
    • identifier les étapes de mise en œuvre de la procédure d’achat sous la forme d’un dialogue compétitif ;
    • souligner des points de vigilance dans le cadre de l’exécution d’un contrat d’achat de solutions numériques complexes ;
    • formuler un certain nombre de facteurs de succès d’ordre organisationnel pour la conduite d’un tel projet.

    Il est consultable ou téléchargeable sur le site web de l’ANAP.

  • Suivi à distance des patients : le japonais Murata acquiert la start-up Vios Medical pour 86 M€

    Vios Medical, start-up health tech qui fabrique des capteurs et des logiciels dédiés au suivi à distance des patients, va être racheté environ 102 millions de dollars US (86 M. €) dans le cadre d’un accord conclu en octobre 2017 avec le géant japonais de l’électronique Murata Manufacturing, qui détenait déjà une participation de 3,6 % dans la société.

    Vios facilite le suivi des patients à distance

    Fondé en 2012 à Saint Paul, aux États-Unis, Vios conçoit des capteurs à positionner sur le torse du patient pour contrôler ses signes vitaux, tels que son rythme cardiaque et son rythme respiratoire. L’entreprise a également développé un logiciel, connecté à ces trackers, par le biais duquel les fournisseurs de soins peuvent surveiller à distance et en temps réel les données de santé de leurs patients.

    La solution élaborée par la société américaine permet aux hôpitaux d’utiliser des tablettes et des ordinateurs standards pour suivre les malades, leur évitant ainsi d’investir dans du matériel spécialisé, a précisé Murata dans un communiqué annonçant l’accord.

    Des tests menés dans des hôpitaux américains et en Inde

    Le système a reçu fin 2015 une autorisation réglementaire américaine pour que la société puisse mener des essais cliniques. Vios teste depuis sa technologie dans des hôpitaux américains et en Inde, où elle possède une filiale.

    L’achat va permettre à Murata de développer ses activités de santé à l’étranger

    Le P.-D.G. de Vios, Amit Patel, a travaillé pour des sociétés de technologie médicale telles que Medtronic, basé en Irlande, et Heartflow Inc. (États-Unis) avant de prendre la direction de Vios.

    Cet été, l’entreprise a déclaré avoir recueilli près de 4 millions de dollars US (3,4 M. €) dans un tour de table débuté en 2015. Elle a par ailleurs récemment participé à l’accélérateur TMCx du Texas Medical Center, dédié aux start-ups spécialisées dans la e-santé.

    Un intérêt de plus en plus prononcé pour le secteur de la health tech

    Murata a généré un chiffre d’affaires annuel d’environ 10 milliards USD (8,5 Mds €) pour l’exercice clos en mars 2017. La société fabrique des produits pour un vaste panel d’industries, y compris des capteurs médicaux pour le marché des soins.

    Le groupe japonais a déclaré que cet accord était un « point de départ pour étendre ses activités [dans le domaine de la santé] à l’étranger ».

    Vios n’est pas la première entreprise health tech à avoir attiré l’attention du géant asiatique. Murata a également mené récemment un tour de table de 6 millions de dollars US (5 M. €) pour Prevent Biometrics, une entreprise américaine (Edina, Minnesota) à l’origine d’un protège-dents anti-commotion.

  • Patient-monitoring :Japanese Murata to buy health tech start-up Vios Medical (US) for US$102 million

    Vios Medical, a health tech start-up that makes patient-monitoring sensors and software, has reached a deal in October 2017 to be sold for about US$102 million (€86m) by the Japanese electronics giant Murata Manufacturing, which already owns a 3.6% stake in the company.

    Vios’ solutions makes it easy to track patients remotely

    Founded in 2012 in Saint Paul, USA, Vios designs chest sensors that track vital signs like heart and breathing rates. The company has also developed software that lets healthcare providers monitor patient data in real time.

    The solution created by the American start-up allows hospitals to use standard tablets and computers to track patients, avoiding them to invest in specialized equipment, said Murata in a statement announcing the deal.

    Tests are being conducted in U.S. hospitals and in India

    The system received a U.S. regulatory clearance in late 2015, allowing the company to conduct clinical trials. Vios is currently testing its technology at U.S. hospitals and in India, where it has a subsidiary.

    This purchase will allow Murata to develop its health activities abroad

    Vios CEO Amit Patel worked for medical technology companies such as Ireland-based Medtronic and Heartflow Inc. (USA) before taking over the direction of Vios. 

    This summer, the company said it has raised nearly $4 million (€3.4m) in a round that kicked off in 2015. It also recently participated in Texas Medical Center’s TMCx accelerator for eHealth start-ups.

    An increasing interest in the health tech sector

    Murata generated approximately US$10 billion (€8.5bn) in annual revenue for its fiscal year ended March 2017. It manufactures products for a wide range of industries, including medical sensors for the healthcare market.

    The Japanese group said in a statement that the deal would give it a « foothold for expanding its health care and medical business abroad. »

    Vios is not the first health tech company to have attracted the attention of the Japanese giant. Murata also recently led a $6 million (€5m) round of funding for Edina-based Prevent Biometrics, which is developing a concussion-detecting mouth guard.

  • Données de santé : le nouveau projet de loi sur les données personnelles laisse la CNIL dubitative

    Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a présenté au Conseil des ministres du 13 décembre 2017 au soir le projet de loi relatif à la protection des données personnelles.

    Le projet vise à transposer la réglementation européenne (Règlement 216/679 et Directive 2016/680) dans la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, qui doit entrer en vigueur avant le 25 mai 2018. Il porte modification à la loi en :
    • précisant les modes d’accès aux données ;
    • instaurant un contrôle a posteriori tout en renforçant les sanctions en cas d’infraction ;
    • renforçant la protection des données sensibles telles les données biométriques.

    La ministre a également fait savoir que les modifications annoncées seront codifiées, par voie d’ordonnance, dans la loi fondatrice de 1978 afin d’offrir un cadre juridique lisible à chaque citoyen et acteur économique.

    Le Conseil d’Etat et la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) ont émis leurs avis encourageants, mais avec des observations en vue d’optimiser le processus de la transposition.

    Les principaux points de modification

    Lors du Conseil des ministres, la ministre de la Justice a exposé les modifications à la loi fondatrice sur l’informatique et les libertés :

    • instauration de nouveaux droits pour les citoyens, comme le droit à la portabilité des données personnelles afin de renforcer la confiance des citoyens dans l’utilisation qui est faite de leurs données personnelles ;

    • remplacement du système de contrôle a priori, basé sur les régimes de déclaration et d’autorisation préalables, par un système de contrôle a posteriori ;

    • renforcement des pouvoirs de la CNIL et augmentation considérable des sanctions encourues par les acteurs économiques pouvant aller jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial consolidé ;

    • maintien de certaines formalités préalables pour l’utilisation des données les plus sensibles, à savoir les données biométriques nécessaires à l’identification ou au contrôle de l’identité des personnes ou le numéro d’inscription au répertoire national d’identification des personnes physique ;

    • protection renforcée des mineurs de moins de 16 ans dont les données personnelles pourront être traitées par les services de la société de l’information (réseaux sociaux) à condition de disposer du consentement des titulaires de l’autorité parentale ;

    • création d’un droit à l’information et d’un droit d’accès, de rectification et d’effacement des données à caractère personnel en matière pénale.

    Chapitre IX, « Traitements de données à caractère personnel dans le domaine de la santé »

    La Section 1 énonce les traitements des données personnelles de santé qui peuvent être mis en œuvre sans l’autorisation expresse de la CNIL et de l’INDS, comme étant les traitements :

    • permettant d’effectuer des études à partir des données recueillies, lorsque ces études sont réalisées par les personnels assurant ce suivi et destinées à leur usage exclusif ;
    • effectués à des fins de remboursement ou de contrôle par les organismes chargés de la gestion d’un régime de base d’assurance maladie ;
    • effectués au sein des établissements de santé par les médecins responsables de l’information médicale ;
    • effectués par les agences régionales de santé, par l’État et par la personne publique désignée par lui.

    La condition à satisfaire est l’établissement d’une attestation justifiant de la conformité à la réglementation en vigueur.

    • Tout autre traitement est soumis à autorisation expresse par la CNIL qui peut à cet effet saisir l’INDS. La décision doit être notifié dans un délai de 2 mois, délai renouvelable si besoin est. Une fois le délai écoulé, la demande est réputée acceptée.

    • Une dérogation existe pour une situation d’urgence, mais qui ne peur excéder un an de mise en oeuve depuis la création du traitement.

    • Concernant la transmission de données par les professionnels de santé:

    • « lorsque ces données permettent l’identification des personnes, leur transmission doit être effectuée dans des conditions de nature à garantir leur confidentialité » ;
    • « lorsque le résultat du traitement de données est rendu public, l’identification directe ou indirecte des personnes concernées doit être impossible » ;
    • « les personnes appelées à mettre en œuvre le traitement de données ainsi que celles qui ont accès aux données sur lesquelles il porte sont astreintes au secret professionnel sous les peines prévues à l’article 226-13 du code pénal » ;
    • le citoyen a le droit de s’opposer à la levée du secret professionnel concernant ses données ;
    • dans le cas où des données recueillies émanent de prélèvements biologiques identifiants, le consentement éclairé et exprès des personnes concernées doit être obtenu au préalable ;
    • les personnes délivrant des données et celles concernées par ces doonnées doivent être informés de l’usage qui en est fait ;
    • tout établissement où s’exercent des activités de prévention, de diagnostic et de soins donnant lieu à la transmission de données à caractère personnel doit mettre en place des actions d’information sur les obligations réglementaires en vigueur.

    La Section 2 régit les traitements des données à des fins de recherche et d’étude ou d’évaluation dans le domaine de la santé.

    Les règles précédentes s’appliquent également aux traitements automatisés de données à caractère personnel dont la finalité est ou devient la recherche ou les études dans le domaine de la santé ainsi que l’évaluation ou l’analyse des pratiques ou des activités de soins ou de prévention.

    En outre :

    • la CNIL, en concertation avec l’INDS ou autre organisme compétent, doit établir des méthodologies de référence ;
    • l’autorisation de la CNIL est soumise à l’émission préalable d’un avis du :
      • comité compétent de protection des personnes ;
      • comité d’expertise pour les recherches, les études et les évaluations dans le domaine de la santé, pour les demandes d’autorisation relatives à des études ou à des évaluations ainsi qu’à des recherches n’impliquant pas la personne humaine, dont la composition reste à être fixée par décret.

    La loi du 6 janvier 1978 amendée et non abrogée

    Alors que le Gouvernement affirme avoir décidé la préservation de l’architecture de la loi fondatrice sur l’informatique et la liberté de 1978 « dans un souci d’intelligibilité » et afin d’éviter la surtransposition des textes européens, aussi bien le Conseil d’État que le CNIL regrettent cette décision et craignent un manque de lisibilité du texte.

    L’avis du Conseil d’État pour « un code du numérique et des libertés »

    Selon le Conseil d’État, cette décision nuit à la lisibilité du droit positif et propose qu’une fois la loi publiée on procède à une remise en forme et en cohérence de la loi de 1978, mais aussi de textes voisins et liés de façon à garantir une meilleure accessibilité de l’ensemble du droit applicable au traitement des données personnelles.

    Il souligne par ailleurs l’absence de considération de réflexions éthiques, sans que celles-ci ne constituent une entrave à la compétition économique de la France sur la scène internationale, traduites en choix politiques et qui seraient susceptibles de structurer des normes juridiques robustes au regard des évolutions informatiques telles :

    • le traitement massif des données ;

    • la propriété (ou l’inappropriabilité) et la valorisation des données détenues ou élaborées ;

    • la maîtrise et le contrôle des algorithmes ;

    • la place de l’intelligence artificielle ;

    • les modalités d’assistance aux activités humaines procurées par les moyens informatiques, y compris en portant atteinte à l’intégrité du corps humain ou en modifiant ses capacités.

    Le Conseil suggère par ailleurs que le fruit de ces réflexions sous formes de règles applicables soit rassemblé dans un futur « code du numérique et des libertés ».

    La CNIL

    La CNIL confirme que l’objectif de l’harmonisation avec la réglementaire européenne est atteint et que ne sont maintenues que des dérogations nationales réellement justifiées, notamment en matière de données de santé. Elle salue par ailleurs:

    • la définition des pouvoirs de contrôle et les modalités de réalisation d’opérations conjointes avec d’autres autorités européennes ;
    • la clarification des conditions de traitement des données biométriques.

    Elle regrette néanmoins :

    • la non inclusion d’ajout de garanties supplémentaires lors de l’utilisation de traitements algorithmiques débouchant sur l’adoption de décisions administratives et l’adaptation de ses procédures pour lui permettre de faire face à l’augmentation d’activité liée au nouveau cadre européen et à l’élaboration de référentiels inscrits dans le projet de loi. Une observation que partage le Conseil d’État ;

    • le calendrier trop tardif retenu pour l’examen de ce texte et rappelle que ce projet de loi, ainsi que ses décrets d’application, devront impérativement entrer en vigueur avant le 25 mai 2018 ;

    • à l’instar du Conseil d’État, le risque important de manque de lisibilité des nouvelles dispositions du fait de modifications apportées « a minima » pour permettre la mise en œuvre du Règlement et de la Directive, en suggérant de renvoyer la réécriture d’ensemble de la loi du 6 janvier 1978 à une ordonnance ultérieure le plus rapidement possible.

  • Diagnostic et e-santé : le néerlandais LSP lève 280 M€ pour investir dans les sociétés medtech

    Le groupe d’investissement en sciences de la vie néerlandais Life Sciences Partners (LSP) a lancé en décembre 2017 le plus grand fonds en Europe dédié aux sociétés de technologie médicale en phase avancée de développement et spécialisées, entre autres, dans le domaine du diagnostic et de la santé numérique.

    Une participation du Fonds européen d’investissement

    Avec ce deuxième fonds (LSP HEF 2), LSP dépasse de loin le montant des autres fonds lancés cette année sur le marché.

    Cependant, contrairement à Medicxi Growth 1 (267 M. €) ou Gilde Healthcare IV Fund (250 M. €), LSP HEF 2 ne servira pas à financer les fabricants de médicaments mais se concentrera sur une quinzaine de sociétés med-tech privées européennes ou américaines.

    Comme pour le précédent fonds de LSP, LSP HEF 1 (112 M. €), qui a réalisé dix investissements depuis son lancement en 2012, les investisseurs comprennent des compagnies d’assurance maladie, des entreprises familiales et des investisseurs institutionnels mais aussi des gestionnaires d’actifs. Cette fois-ci, il inclut également le Fonds européen d’investissement (FEI).

    Sciences de la vie : LSP est l’un des plus importants investisseurs européens

    « Avec nos autres stratégies de fonds, LSP 1-5 investissant principalement dans le développement de médicaments et LSP Public dans les sociétés de santé publiques, nous couvrons l’ensemble du paysage des sciences de la vie, devenant ainsi l’un des plus importants investisseurs européens [du secteur] », a déclaré le Dr. Rudy Dekeyser, managing partner du LSP HEF 2.

    LSP attire les compagnies d’assurance

    Les fonds levés par LSP ont pour but de soutenir les innovations ayant le potentiel d’améliorer la qualité des soins tout en maîtrisant leur coût.

    C’est la raison pour laquelle ils attirent fortement les compagnies d’assurance. Ainsi, le fonds LSP HEF 1 a d’abord reçu un investissement de 50 millions d’euros de la part Achmea, le plus important groupe d’assurance santé des Pays-Bas, suivi par de plus petits investissements provenant de l’assureur néerlandais Menzis et d’autres compagnies d’assurance basées en France et en Allemagne (non divulguées).

    « Le principe [d’un développement de services de soins durables] est très attrayant pour les investisseurs qui s’attendent à un retour socio-économique en plus d’un retour financier », commente le Dr. Dekeyser.

  • Lancement d’un accélérateur d’e-santé au Cap en Afrique du Sud

    L’accélérateur d’e-santé Digital Health Cape Town (DHCT), dont le lancement est prévu en janvier 2018, a ouvert les candidatures pour son premier programme, conçu pour aider les entreprises à forte croissance et à fort impact social dans le domaine de la santé à percer sur le marché.

    Les dossiers pouvaient être envoyés entre le le 14 novembre 2017 et le 5 décembre 2017. Dix start-ups seront sélectionnées. Elles recevront un financement de 9 000 euros et participeront à un programme de dix semaines au cours desquelles différents acteurs du marché expérimentés les aideront à développer leurs idées en produits viables et à élargir leur réseau dans le secteur de la e-santé.

    Soutenir les start-up health tech pour transformer numériquement le secteur

    L’accélérateur a été mis en place en réponse aux besoins changeants des fournisseurs de soins et des patients dans le but de transformer numériquement le secteur en soutenant le développement des start-up de santé numérique novatrices.

    Un programme visant à stimuler la croissance locales des jeunes entreprises en e-santé

    « Le programme accélérateur du DHCT est l’occasion de découvrir un talent et une innovation exceptionnels en Afrique du Sud, a déclaré Karen Eksteen, responsable du développement des compétences à la Technology Innovation Agency (TIA), une société sud-africaine. La TIA a pris la décision de rejoindre le jury [du concours] parce que la stimulation de l’innovation technologique fait partie de notre mission et parce qu’il est important de contribuer à la croissance des start-ups locales de la e-santé. »

    Un mentorat en personne et en ligne

    Les participants disposeront d’un soutien aussi bien financier que stratégique. Ils bénéficieront :

    • d’un financement de 150 000 ZAR (9 340 € ; 11 086 US$) pour soutenir le développement de leur entreprise ;
    • d’un mentorat en personne et en ligne avec des entrepreneurs chevronnés, des leaders d’opinion dans le domaine de la santé et des universitaires dans l’optique d’améliorer leurs connaissances et leurs sens des affaires, des prémisses de la société à la mise en place concrète de ses activités, en passant par le déploiement de sa stratégie de développement ;
    • d’un accès à des ateliers spécifiques et à des réunions de réseautage pour échanger avec des acteurs clés de l’industrie et nouer des contacts avec des partenaires et investisseurs locaux.
  • Merck & Co. et Wayra UK continuent à investir dans les start-ups de la e-santé

    Le groupe pharmaceutique américain Merck Sharp & Dohme (MSD), connu sous le nom de « Merck & Co. Inc. », a révélé le 4 décembre 2017 qu’il allait de nouveau collaborer avec Wayra UK pour soutenir les start-ups de santé numérique du Royaume-Uni.

    MSD travaille depuis deux ans avec Wayra UK, une filiale de l’entreprise espagnole de télécommunications Telefonica, dans le cadre du programme d’accélération « Velocity Health ».

    Velocity Health 2018 aidera 2 sociétés utilisant l’IA et le machine learning

    Le projet Velocity Health vise à accélérer le développement des start-ups health tech pour qu’elles puissent répondre au plus vite aux défis de santé auxquels doit actuellement faire face le NHS.

    Pour cette deuxième édition du programme, Merck & Co. et Wayra UK recherchent des entreprises dont l’objectif est d’améliorer la prévention des maladies et qui utilisent des dispositifs basés sur l’intelligence artificielle et/ou l’apprentissage automatique (machine learning).

    « Les [récentes] percées dans l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique changent nos vies d’une manière jusqu’alors impossible, a déclaré Gary Stewart (source : Pharmaphorum.com), directeur de Wayra UK et de Telefónica Open Future (Royaume-Uni). Il est logique de rechercher des entrepreneurs capables d’exploiter la puissance des données [dont nous disposons] pour améliorer le NHS et les services de santé à l’échelle mondiale, transformant potentiellement la vie de milliards de personnes. »

    Un investissement total de 77 000 euros offert à chaque entreprise

    Deux start-ups seront sélectionnées pour suivre le programme d’accélération, d’une durée de dix mois.

    Un investissement total de 68 000 £ (77 000 €) sera offert à chacune d’entre elles. Cette somme comprend 50 % de fonds, le reste étant consacré à la mise en place de services d’accélération spécifiques, tels que l’accès à un réseau de mentors, de coachs et d’investisseurs influents.

    Les deux entreprises disposeront également de bureaux au sein de l’accélérateur de Wayra UK, situé dans le centre de Londres, mais surtout d’un accès à la clientèle potentielle de Telefónica (plus de 300 millions de personnes) et aux réseaux locaux et mondiaux de Merck & Co. et Wayra UK.

    Le programme débutera en février 2018

    Les candidatures ont ouvert le 4 décembre 2017. La date limite de dépôt des dossiers a été fixée au 4 janvier 2018.

    La finale aura lieu le 12 janvier 2018 et le programme débutera le mois suivant.

    Velocity Health a été créé pour soutenir l’innovation numérique en santé

    Le premier programme s’était concentré sur des sociétés spécialisées dans la prévention du diabète et du cancer.

    Velocity Health a été créé en 2015 pour renforcer les investissements dans l’innovation numérique en santé et aider l’industrie à surmonter les défis présentés dans le NHS Five Year Forward View, un rapport national qui a identifié la numérisation du système de santé comme un moyen clé permettant au NHS d’améliorer ses services délivrés aux patients et de réaliser des économies.

    D’autres rapports majeurs récemment publiés, dont Life Science Strategy and the government response to the Accelerated Access Review, considèrent également la technologie numérique comme essentielle à la viabilité future du service de santé.

    Merk & Co. mise sur la technologie numérique

    Merk & Co. fait partie des nombreuses sociétés pharmaceutiques majeures disposant d’un fonds d’accélérateur numérique, une stratégie nécessaire au vu du développement croissant de la technologie numérique dans le domaine des soins.

    Ces fonds permettent aux entreprises de se rapprocher des entrepreneurs numériques les plus prometteurs avec l’idée d’intégrer leurs solutions au sein de leur offre de services. L’un des exemples les plus notables en la matière est celui de Roche (Suisse), qui a racheté en juin 2017 la société de gestion numérique du diabète mySugr. Cette acquisition va permettre au groupe de créer un écosystème du diabète numérique.

    L’excellence numérique, « pierre angulaire du futur modèle du NHS »

    « Le NHS a fait de l’excellence numérique la pierre angulaire de son futur modèle et nous devons l’adopter si nous voulons avoir un système de santé adapté au XXIe siècle », a déclaré le Dr. Junaid Bajwa, directeur des services de soins de santé à MSD.

  • Diabète : Health2Sync (Taïwan) lève 6 M. USD et cherche à se développer au Japon

    La société de gestion du diabète taïwanaise Health2Sync a levé 6 millions de dollars (5 M. €) début décembre dans le cadre d’un ronde de financement de série B menée par Sompo Holdings, l’une des plus grandes compagnies d’assurance japonaises.

    L’entreprise a déclaré que ce nouveau fonds servira à développer ses activités au Japon mais aussi à améliorer ses services axés sur l’analyse de données et à créer des fonctionnalités spécifiques dédiées à ses partenariats avec les groupes d’assurance santé.

    Gestion du diabète : le Japon est l’un des marchés les plus attractifs au monde

    « Le Japon est l’un des plus grands marchés mondiaux pour les dépenses liées au diabète, a déclaré dans un communiqué Ed Deng, cofondateur et P.-D.G. de Health2Sync. Il est crucial d’avoir un partenaire local car il peut être perçu comme un marché difficile à pénétrer. »

    Des politiques favorables

    « D’après nos observations, le gouvernement japonais a mis en place des politiques et accordé des fonds pour les soins du diabète et la prévention des complications [de la maladie] », a précisé M. Deng au site MobiHealthNews.com.

    Health2Sync cible le Japon depuis 2016

    Health2Sync a été fondée en 2013. En août 2016, l’entreprise a recueilli 3 millions de dollars (2,5 M. €) dans le cadre d’un tour de table mené par un groupement d’entreprises de la Silicon Valley et d’Asie. Elle avait alors déclaré que cette somme serait utilisée pour étendre son programme en dehors de Taïwan et plus précisément dans les marchés environnants.

    La société avait anoncé qu’elle se concentrerait sur le marché japonais en raison du taux de pénétration élevé des smartphones et de l’importance des connaissances en matière de santé au sein du pays. La Chine l’intéresse également mais pas dans l’immédiat, avait-elle ajouté à l’époque.

    Health2Sync : une analyse des données de santé en temps réel

    Health2Sync fournit une plateforme de gestion du diabète comprenant une application pour les patients, un câble qui relie différents types de glucomètres à un smartphone et un moteur d’analyse de données qui utilise les données des patients pour établir des recommandations personnalisées.

    L’application envoie aux utilisateurs des alertes automatisées, permet d’effectuer une analyse des données comportementales du patient mais aussi d’utiliser un chatbot afin d’effectuer une analyse en temps réel de l’état de santé de l’utilisateur et donne accès à un support basé sur le web via lequel les fournisseurs de soins peuvent surveiller à distance leurs patients de manière efficace.

    Health2Sync : la glycémie moyenne des patients diminue de 22 % après trois mois d’utilisation

    Selon Health2Sync, la glycémie moyenne des utilisateurs présentant un haut risque de développer le diabète diminue de 22 % après une utilisation de son service pendant trois mois.

    Le diabète est très répandu en Asie. Le continent représente près de 50 % des cas du monde entier, note Health2Sync. En 2013, la Chine comptait le plus grand nombre de personnes atteintes de diabète au monde, selon une analyse réalisée par l’American Diabetes Association. L’étude révèle également que le nombre de personnes touchées par la maladie au Japon avait augmenté de manière significative depuis 1997, en particulier parmi la population masculine.

    Des partenariats avec des investisseurs publics et privés asiatiques

    Health2Sync, basée à Taipei, explique qu’il était avantageux pour elle de débuter ses activités à Taïwan car le gouvernement délivre des aides financières aux hôpitaux et aux cliniques pour leur permettre de lutter de manière efficace contre le diabète. Elle s’est associée avec le ministère de la Santé et du Bien-être du pays pour concevoir des services de soins en ligne dédiée à la gestion de la maladie.

    En 2016, l’entreprise a également travaillé avec des investisseurs publics et privés locaux mais aussi basés à Hong Kong, en Malaisie et à Singapour dans le but de réduire les coûts médicaux associés au développement de complications chez les personnes diabétiques.

    Health2Sync travaille de près avec les compagnies d’assurance

    La société travaille actuellement avec les compagnies d’assurance américaines MetLife et Cigna et d’autres assureurs pour offrir une protection et un engagement numérique aux diabétiques. Elle a également collaboré avec divers gouvernements asiatiques.

    « Comme l’assurance maladie nationale est le principal payeur dans certains pays [asiatiques] où le coût et l’efficacité [des soins] est critiques, notre système permet aux prestataires de soins de bénéficier d’une gestion [de la maladie] plus efficace et en temps réel, explique M. Deng (source : MobiHealthNews.com). Avoir un lien direct avec la population pour l’identification des risques est [primordial] pour les payeurs publics. »

    Fin novembre, Health2Sync a annoncé un accord avec Ascensia Diabetes Care (Suisse), une entreprise mondiale dédiée à l’amélioration de la santé et de la vie des personnes atteintes de diabète. Le partenariat combinera des offres pour les personnes atteintes de diabète, dont l’accès à un système de surveillance de la glycémie (Contour Plus ou Contour TS) et à l’application Health2Sync.