Medtech

  • Démocratie et numérique : enjeux et menaces, Cité Internationale Universitaire , 19-24 mars 2018

    La 4e édition de l’Université de la Paix, qui se tiendra du 19 au 24 mars 2018 à la Cité Internationale Universitaire de Paris, met à l’honneur le thème de la démocratie et du numérique à travers les enjeux et les menaces qu’ils charrient.

    Pendant cinq jours conférences, tables rondes, expositions et projections vont animer la réflexion sur les enjeux des nouvelles technologies et les menaces qu’elles peuvent entraîner pour la démocratie. Cybersécurité, algorithmes, robots, transhumanisme, big data et IA seront traités.

    Programme

    Une version actualisée du programme (susceptible de changer) est disponible ici.

    La révolution numérique est-elle une menace pour la démocratie, la paix, les libertés publiques ou la liberté des médias, et quels sont les défis soulevés par l’intelligence artificielle, le transhumanisme et la robotique sont des questions qui seront abordées.

    • Lundi 19 mars
      • Des robots et des hommes, Plénière d’ouverture, 19h, Fondation Deutsch de la Meurthe
        • Transhumanisme et médecine prédictive, Guy Vallancien, chirurgien, membre de l’Académie nationale de médecine, professeur honoraire des universités
        • Robotique, humanoïde et anthropologie, Denis Vidal, anthropologue, directeur de recherche à l’Institut français de recherche sur le développement, enseignant associé à l’École des hautes études en sciences sociales, à l’Université Paris-Diderot et au Musée du Quai Branly
      • La protection des libertés publiques à l’heure de l’intelligence artificielle, Conférence inaugurale, 20h, Fondation Deutsch de la Meurthe, Isabelle Falque-Pierrotin, Conseiller d’État, Présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés
    • Jeudi 22 mars
      • Révolution numérique en Allemagne : un enjeu intergénérationnel, Conférence-débat, 18h, Maison Heinrich Heine, Wolfgang Gründinger, conseiller en transformation numérique, Association fédérale allemande pour l’économie numérique, Lena Habrant, résidente de la Maison Heinrich Heine, étudiante en Master politiques publiques à Sciences Po Paris et Johannes Thiele, résident de la Maison Heinrich Heine, doctorant à l’Université Paris-Saclay dans un laboratoire du CEA
    • Vendredi 23 mars
      • Le numérique: de la sauvegarde des données personnelles à la liberté des médias, Table ronde, 18h, Collège néerlandais
      • Vie privée et sauvegarde des données personnelles, Sophie Kwasny, chef de l’Unité de protection des données personnelles du Conseil de l’Europe
      • Protection des données personnelles : antidote à l’hyperrationnalité, à l’auto-profilage et au conformisme du Big Data, Luca Bolognini, avocat, président de l’Institut italien pour la protection de la vie privée et la valorisation des données personnelle
      • L’information pour tous : les enjeux de la démocratie sanitaire à l’ère numérique, Conférence,19h, Fondation Argentine, Célia Boyer, directrice de la Fondation Health on the Net Modération, Angel Benitez Collante, doctorant en santé publique, Sorbonne Universités-Paris Descartes et María Griselda Gaiada, PhD en philosophie, Université nationale de la Plata-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

    Inscription

    L’inscription se fait via ce lien.

  • Etude : un patch qui réalise des ECG améliore le diagnostic de la fibrillation auriculaire

    Le patch Zio d’iRhythm qui réalise des électrocardiogrammes en continu a permis de multiplier par trois les chances de poser un diagnostic de la fibrillation auriculaire. Les résultats de l’étude* présentés le 10 mars 2018 lors du dernier congrès de l’American College of Cardiology, prouvent également que le dispositif portable favorise la mise sous traitement préventif chez des personnes à risque de fibrillation atriale.

    Le holter cardiaque contre le patch

    Les arythmies cardiaques sont rares et fugaces. Pour dépister ces épisodes et poser un diagnostic de fibrillation atriale, les malades doivent doivent porter un holter cardiaque. Ce dispositif portable enregistre en continu l’électocardiogramment, et ce pendant au moins 24 heures. Ce boîtier, doté d’au moins 5 électrodes reliée s à une unité centrale, n’est pas très confortable pour les patients.

    La société américaine iRythm a mis au point un patch appelé Zio : ce petit adhésif doté d’électrodes en hydrogel enregistre lui aussi l’activité cardiaque 24h/24 pendant deux semaines. Les données sont ensuite analysées grâce à un algorithme développé par des chercheurs de Stanford à partir des data de 30 000 patients ayant porté le patch Zio.

    Afin d’évaluer ce patch, l’essai mSToPS (Screening to Prevent Strokes) a été mené par iRhythm, l’assureur américain Aetna, le Scripps Translational Science Institute, et grâce au financement de Janssen Pharmaceuticals, de la Fondation Qualcomm et des National Institutes of Health. Les résultats de cet essai ont été présentés le 10 mars 2018 au congrès de l’American College of Cardiology qui se tenait à Orlando, en Floride.

    L’étude mSToPS avait pour but de comparer les performances du dépistage numérique de la fibrillation atriale grâce au patch Zio aux soins de routine. Quelque 1 732 patients à risque modéré de fibrillation atriale ont été équipés du patch. Deux sessions de surveillance cardiaque d’une durée de 14 jours chacune ont été organisées, espacées d’environ 3 mois. Le groupe contrôle était constitué de 3 476 patients témoins.

    Résultats : 3 fois plus de diagnostics

    Un an après le début de l’expérimentation, les résultats des deux groupes ont mis en évidence la fiabilité du patch Zio :

    – l’incidence de la fibrillation atriale dans le groupe Zio était de 6,3% contre 2,3% dans le groupe contrôle

    – le traitement anticoagulant a été inité chez 5,4% des patients ayant porté le patch contre 3,4% dans le groupe contrôle

    – 78,7% des patients du groupe Zio ont reçu des visites médicales de soins primaires contre 75% dans le groupe contrôle

    – 31,6% de consultations externes en cardiologie contre 23,6%

    En revanche, aucune différence significative n’a été enregistrée concernant le taux d’AVC et les visites aux urgences.

    Quel bénéfice clinique ?

    Les auteurs de cette étude ont indiqué que les patients allaient bénéficier d’un suivi supplémentaire de deux ans. « Nous aurons des données de suivi pour déterminer si la détection précoce de la fibrillation atriale se traduit par des avantages cliniques à long terme, y compris la réduction des accidents vasculaires cérébraux et des économies de coûts potentiels, » a déclaré le Dr Eric Topol, fondateur et directeur du Scripps Translational Science Institute. Ces données sont importantes dans la mesure où les programmes de dépistage sont controversés. L’utilité de poser un diagnostic chez un patient asymptomatique n’est pas démontrée.

  • Téléconsultation et usage de la e-santé : les Français plus frileux que les Américains (Etude Harris)

    Les santénautes, tels que les définit l’institut de sondage Harris Interactive, sont toutes les personnes qui utilisent le digital d’une façon ou d’une autre dans une optique de santé : de la consultation de sites web à l’utilisation d’applis en passant par les objets connectés.

    Harris publie depuis plusieurs années un baromètres des tendances chez les santénautes français. Le 13 mars 2018, elle a dévoilé une étude comparative entre les pratiques en France et aux États-Unis.

    Globalement, le taux d’équipement aux USA est plus important : que cela concerne la possession de montres connectées (18% en France, contre 33 % outre-Atlantique), les capteurs de mesures du sommeil (10 % contre 24 %) ou les tensiomètres (9% contre 26 %). En revanche, les deux populations se rejoignent sur les bénéfices qu’elles tirent de ces usages : « la e-santé aide à vivre plus sainement », « permet de suivre son activité physique » et « aide à suivre son traitement ».

    L’étude Harris Interactive a été menée courant juin 2017 auprès de 3 000 personnes dans les deux pays. Elle a été auto-administré en ligne.

    Premier enseignement : les Américains sont plus santénautes que les Français

    A la question « êtes-vous utilisateurs d’au moins trois outils digitaux en santé par semaine », 43 % des Français interrogés ont répondu par l’affirmative, contre 70 % des Américains. Dans les deux pays, la moyenne d’âge des utilisateurs est de 38-39 ans, mais la différence c’est qu’en France les femmes sont les plus grandes utilisatrices (55 %) alors qu’aux États-Unis ce sont les hommes qui plébiscitent ces outils numériques (53 %).

    Ici comme là-bas, le santénaute appartient à la classe moyenne ou élevée et l’utilisation des outils numériques concerne, le plus souvent, des couples avec enfants (34% en France et 46% aux USA).

    En France, les utilisateurs de la e-santé sont 30 % à souffrir d’au moins 3 pathologies ou maux chroniques (les plus cités sont le cholestérol, les allergies, les troubles du sommeil). C’est le cas pour 46 % des utilisateurs de e-santé américains (mal de dos, obésité, cholestérol, hypertension, diabète).

    73 % des répondants santénautes avérés des deux pays sont des personnes qui font attention à leur santé, qui font du sport et dorment suffisamment.

    Les dispositifs de e-santé utilisés

    97 % des santénautes recherchent des informations sur leur santé sur Internet deux à trois fois par semaine ; 84 % des Français et 93 % des Américains ont téléchargé des applis bien-être ou santé sur leur smartphone ou leur tablette, et 45% des Français et 62 % des Américains échangent sur les réseaux sociaux au sujet de leur santé. Là où l’écart se creuse, c’est dans l’usage des objets connectés : 36 % des Français contre 54 % des Américains sont équipés.

    Balances connectées, capteurs de mesure du sommeil, tensiomètres, brosses à dents connectés, lecteurs de glycémie, patchs de prise de la température et montres connectés : si Français et Américains ne sont pas équipés dans la même mesure, les utilisateurs des deux pays manifestent l’intention d’acquérir ces produits. Ainsi, 20 % des Américains non équipés pensent investir dans les 12 prochains mois, comme 7 à 16 % des Français.

    Il y a donc une forte demande de la part des personnes qui s’intéressent à leur santé.

    La perception des bénéfices de la e-santé

    Pour les Français (86 %) comme pour les Américains (91 %), le digital peut « tout à fait » aider « à développer ses connaissances en santé », « à vivre sereinement » (80 et 88 %), « à prendre de rendez-vous en ligne » (83 % et 88 %), « à suivre son activité physique » (78 % et 82 %), « à améliorer l’observance de son traitement » (79 % et 86 %) et « à partager ses données de santé » (77 % et 84 %). 

    Là où un décrochage se fait c’est pour la téléconsultation : les Français sont plus frileux que les Américains (67 % contre 86 %).

    Les types de recherches sur la santé sur Internet

    Elles interviennent à tous les moments du parcours de santé, mais les scores ne sont pas comparables dans les deux pays.

    • à la suite d’une actualité lue sur la santé 54 % (France) et 56 % (États-Unis) ;
    • suite à un symptôme : 59 % et 79 % ;
    • après avoir consulté : 55 % et 75 % ;
    • avant de revoir un médecin après un examen médical : 53 % et 70 %.

    Les sources d’information sont les moteurs de recherche, les sites spécialisés dans la thématique santé, les réseaux sociaux et, dans une moindre mesure, les sites des laboratoires pharmaceutiques et les blogs de médecins.

    Perspectives de la e-santé

    Selon l’étude Harris Interactive, 92 % des répondants français et 98 % des Américains estiment que le développement du digital dans la santé est « une bonne chose ». Ce développement va, selon eux :

    • aider à la compréhension des maladies (48 % des Français et 63 % des Américains) ;
    • permettre de mieux surveiller sa santé (46 %, 59 %) ;
    • lutter contre la désertification médicale (41 % et 47 %).

    L’étude Harris complète est disponible à l’achat via ce lien. 

  • Apnée du sommeil : Orkyn présente sa solution de télé-suivi qui « améliore l’observance des patients »

    Orkyn, prestataire de services de santé à domicile, revient dans le cadre d’une conférence de presse ce 13 mars 2018 sur son expérimentation de télé-suivi de 85 000 de patients apnéiques qu’il accompagne depuis 2013. La société a mis en avant un gain d’observance, la possibilité d’identifier les dérives d’observance et des patients plus motivés qui suivent mieux et plus longtemps leur traitement.

    Cette année, dans le cadre des expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé lancés par l’Assurance maladie visant les patients souffrant d’insuffisance respiratoire, Orkyn lance le télé-suivi de patients en ventilation non invasive (VNI).

    Prévenir les dérives d’observance et proposer un suivi personnalisé

    Orkyn a mené une étude clinique en 2016 sur quelques milliers de personnes, dont les résultats sont en cours de publication. Celle-ci a démontré l’effet bénéfique du télé-suivi chez les patients apnéiques en comparant les chiffres des prises en charges classiques. L’étude a permis de mettre en évidence un gain d’observance d’environ 30 minutes en moyenne par nuit chez les patients télé-suivis.

    Actuellement, ce sont 85% des patients apnéiques accompagnés par Orkyn qui bénéficient d’une prise en charge en télé-suivi. 

    Les patients apprécient la possibilité de visualiser leurs données et les courbes de modélisation qui constituent la matérialisation des progrès atteints.

    Des équipes entraînées veillent

    Des équipes composées de techniciens et d’infirmiers en fonction de la complexité de la pathologie du patient surveillé veillent sur les données de suivi prélevées par l’appareil au domicile du patient. Les équipes de télé-suivi sont dispatchées dans 5 centres régionaux d’alertes sommeil et une équipe nationale gère les alerte en ventilation.

    Les membres de ces équipes bénéficient tous d’une formation liée aux pathologies couvertes prodiguée en interne au sein du Centre de formation d’Orkyn et d’une formation aux dispositifs médicaux et appareillage utilisés.

    En fonction de l’événement survenant, les équipes en charge de la surveillance vont proposer des actions d’accompagnement adéquates qui peuvent aller d’un appel téléphonique à la proposition d’un rendez-vous au patient avec son prescripteur.

    Un suivi plus régulier et plus rapproché par le prescripteur pour une meilleure efficacité

    Dans la cadre de la méthode de suivi classique ne recourant pas à la télémétrie, le patient peut être en rupture de traitement pendant plusieurs mois sans que le prescripteur ou quiconque le sache. Avec le télé-suivi d’Orkyn, le prescripteur a un accès aux données du télé-suivi, aux alertes et à l’ensemble des interventions Orkyn.

    Grâce aux données et l’interface de visualisation, le prescripteur peut non seulement détecter les dérives d’observance, mais également les dérives d’efficacité du traitement, comme des problèmes de fuite au niveau du masque, et peut convoquer le patient ou faire appel au technicien pour comprendre ce que cela cache.

  • Indian BCCL media group invests $7.8 million in CallHealth to improve patient engagement

    CallHealth, the Indian company specialized in home care, raised US$7.8 million (€6.3m) mid-February 2018 from Bennett Coleman and Company Limited (BCCL or The Times Group), India’s largest media conglomerate.

    This deal allows CallHealth to invest for customer education and engagement and to trigger its next phase of growth and brand building by using BCCL’s multi-channel platforms.

    Giving more autonomy to patients

    The CallHealth digital platform offers a range of personalized home care services focused on prevention, assisted care and wellness. It aims to cover an urban population of approximately 450 million in India within five years.

    A platform launched in 2017

    The idea for CallHealth came out after Sandhya Raju, its founder, damaged a ligament in her leg. Her relatives took her to see a doctor to undergo various medical examinations.

    Inconvenienced and dependent, the young woman wondered how it would be if all the services she needed were made available at her doorstep. After completing a testing phase, she launched CallHealth home care platform in January 2017.

    BBCL’s omni-channel platforms will enable CallHealth to reach a wider audience

    « While we started with Tier-I cities, we are progressively heading towards Tier II and III cities and so on. The process of engaging with our potential customers would mean that we need to continuously educate them, keep them updated about the possibilities and all the interesting solutions we bring to the table, » said Hari Thalapalli, CEO at CallHealth (source: Yourstory. com). « We were looking at properties which will help us connect and communicate with the audience. Hence, BCCL with its brand capital and property brings an interesting proposition as it allows us to reach a wider audience. »

    More educated and engaged patients

    « CallHealth’s disruptive healthcare platform has the ability to string together various constituents of the healthcare ecosystem to bring greater convenience, access and affordability for consumers, » said Sivakumar Sankarappan, digital marketing executive at BBCL. « Our partnership with CallHealth is strategically directed towards bridging and enhancing outreach gaps and aiding healthcare transformation in India. The value for equity partnership with the Times Group’s Brand Capital will provide CallHealth the opportunity to adopt and leverage our omni-channel* platforms for consumer education and engagement-a prerequisite for a Healthy India! »

    * Omnichannel, also spelled omni-channel, is a multichannel approach to sales that seeks to provide the customer with a seamless shopping experience whether the customer is shopping online from a desktop or mobile device, by telephone or in a bricks and mortar store (source: Techtarget.com). 

  • Etude : l’e-learning aussi efficace que la formation traditionnelle chez les soignants ?

    Les connaissances, les compétences et les comportements des professionnels de santé formés via l’e-learning seraient équivalents à ceux ayant bénéficié d’un apprentissage traditionnel. La revue* Cochrane publiée le 22 janvier 2018 remet cependant en question certaines affirmations selon lesquelles l’e-learning serait plus efficace.

    La formation interactive à distance gagne du terrain

    L’e-learning se développe chez les professionnels de santé du monde entier. En France, cette nouvelle méthode d’apprentissage n’a pas encore pris toute sa mesure. Pourtant, le manque de professionnels de santé dans les établissements de soins les empêche souvent de se déplacer pour des sessions de formation. L’e-learning semble donc avoir de l’avenir. Pour favoriser son développement, la Haute Autorité de Santé (HAS) a d’ailleurs édité un guide sur l’amélioration des pratiques d’e-learning en 2015.

    Pour convaincre médecins et infirmiers de renoncer en partie au présentiel, encore faut-il que ces formations à distance aient démontré leur efficacité. Plusieurs études ont tenté de mesurer les effets de l’e-learning dans la pratique médicale, et cette méthode d’apprentissage a souvent été associée à de larges effets positifs par rapport à l’absence d’intervention et à de petits effets positifs par rapport à l’apprentissage traditionnel. Cependant, les résultats ne sont pas concluants.

    16 essais randomisés passés au crible

    Des chercheurs ont donc mené une revue systématique Cochrane afin de mesurer l’efficacité des programmes éducatifs interactifs en ligne chez les professionnels de santé. Leur but était d’évaluer leur impact sur les résultats des patients, mais aussi sur les compétences et les connaissances des soignants. Les auteurs de cette revue ont identifié 16 essais randomisés portant sur 5 679 professionnels de santé (infirmières, médecins, conseillers en santé infantile…)

    Résultats

    La comparaison e-learning/apprentissage traditionnel ne montre pas de différence significative concernant les résultats cliniques des patients. Que les soignants aient été formés en présentiel ou à distance, grâce à des vidéos, des cours en ligne, des forums interactifs, des MOOC ou toute autre technique de formation en ligne, la proportion de patients ayant un niveau de cholestérol à lipoprotéines de faible densité (LDL) inférieur à 100 mg/dL et la proportion de patients ayant un taux d’hémoglobine glyquée inférieur à 8 % était quasiment la même.

    L’e-learning encore en manque de preuves

    Concernant les comportements des professionnels de santé, l’e-learning ne semblait pas changer la donne non plus en terme de traitement et de dépistage de la dyslipidémie. Enfin, les auteurs de la revue Cochrane déclarent « ne pas avoir pu établir avec certitude si l’e-learning améliore ou réduit les compétences des professionnels de santé. Même si l’e-learning pourrait être plus efficace que l’apprentissage traditionnel, en particulier dans des contextes de formation médicale, les affirmations générales selon lesquelles celui-ci est intrinsèquement plus efficace pourraient être erronées. »

    En fait, les études menées jusqu’à maintenant ne permettent pas de trancher la question. Les chercheurs soulignent que les preuves sont de faible certitude. La diversité des formations en e-learning rend bien évidemment l’évaluation compliquée. Une majorité des formations sont d’ailleurs mixtes : présentiel et à distance, pour ne pas faire totalement disparaître l’aspect humain.

  • Global health et innovation inversée en santé au congrès FAM x Paris, 31/05 et 01/06/18 à l’Unesco

    La Fondation de l’Académie de Médecine (FAM) x Paris, organisé par Doctors 2.0 & You, est une conférence internationale de deux jours – les 31 mai 2018 et 1er juin 2018 – rassemblant des représentants et participants du Brésil, de Russie, d’Inde, de Chine, du Sénégal, du Mexique, et d’autres pays d’Asie et d’Afrique, ainsi que d’Europe et d’Amérique du Nord, pour échanger autour des innovations développées dans des systèmes de santé des pays du Sud.

    Le thème est « L’innovation inversée en santé » : conçues par des systèmes de santé à faibles ressources des pays du Sud, des innovations en santé sont désormais adoptées partout, y compris dans les pays du Nord.

    Avec la participation de plus de 50 orateurs issus de 5 continents, FAM x Paris exposera de quelle manière l’innovation inversée pourrait permettre de relever les grands défis du système de santé tels que l’accès aux soins, l’optimisation des coûts, l’adoption de l’innovation. 

    12 « innovations inversées » seront à l’honneur, ainsi que des innovations françaises et des start-ups. 

    Entrée libre, inscription via le lien ci-contre.

    Le programme complet est disponible via ce lien.

    En voici un extrait :

    Jeudi 31 mai 2018

    9h40 Demi-journée : Des succès d’aujourd’hui pour des défis de demain (e-santé, organisation des soins, politiques de santé)

    10h50 Le concept de « global health » permet-il d’aborder les enjeux sanitaires du monde contemporain et à venir ?

    14h 2e demi-journée : Les innovations inversées une réponse aux déserts médicaux (télémédecine, unités mobiles, m-santé)

    15h30 Etude de cas : « Innovation et réorganisation du parcours de soins d’un malade »

    16h Table ronde : «Les déserts médicaux : Comment lever les blocages aux mutations ?»

    Vendredi 1er juin 2018

    9h 3e demi-journée : Les innovations frugales, optimiser les coûts en santé : rêve ou réalité ?

    11h Table ronde : « Quel seuil d’acceptabilité pour transposer les innovations frugales en France ?

    14h 4e demi-journée : L’innovation inversée, créatrice de nouveaux rôles pour les professionnels de santé

    16h Table ronde : « Innovations inversées et évolution des rôles respectifs des professionnels de santé »

  • Les TIC permettent de faire davantage attention à sa santé, pour 61 % des Français (étude Opinionway)

    « Les Français et la prévention augmentée », tel est le titre de l’étude Mazars réalisée en partenariat avec Opinionway qui sera rendue publique au Salon Santé pour tous, organisé par l’Association médecine pour tous (AMT) du 9 au 11 mars 2018, à Paris.

    Les résultats de ce sondage en ligne montrent que les Français « sont prêts à basculer dans une santé et une prévention 4.0 qui répond notamment à des enjeux d’accompagnement et de personnalisation », assure le cabinet Mazars. L’IA séduit les répondants, qui restent néanmoins préoccupés par la notion de protection des données.

    L’étude a été menée entre le 31 janvier et 1er février 2018 via un questionnaire auto-administré en ligne auprès d’un échantillon de 1 010 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

    Les Français prêts à recourir à l’IA

    Après une première partie consacrée à la perception de leur état de santé – 82 % des répondants se déclarent « en bonne santé » -, et des questions liées à la prévention en matière de santé au sens large, Mazars a voulu savoir si les Français étaient « ouverts » à l’utilisation des nouvelles technologies dans le domaine de la santé.

    Premier enseignement : 61 % des répondants – et 72 % des 18-24 ans – estiment que « grâce aux nouvelles technologies (Smartphone, objets connectés), chacun peut faire davantage attention à sa santé ».

    50 % des répondants sont également prêts à recourir aux logiciels d’intelligence artificielle pour interpréter des données médicales, avec une part plus forte chez les 18-24 ans (65%). Par ailleurs :

    • ils sont près de 70 % à être favorable à la consultation en ligne de leur dossier médical ;
    • un tiers des Français (33%) se dit prêt à effectuer une consultation médicale à distance via une plateforme marchande type Amazon. Pour les 18-24 ans, on atteint un taux de 48 % ;
    • 76% des Français estiment que l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies peuvent être utiles pour les personnes fragiles souffrant d’une affection particulière ou les personnes âgées ;
    • ils considèrent également qu’elles « permettraient un suivi et des recommandations personnalisées » (74%), qu’elles « pourraient sauver des vies » (74%) et qu’elles constituent « une réponse aux problèmes du système de santé comme les déserts médicaux » (67%).

    Les TIC : une menace ?

    Les personnes interrogées restent toutefois vigilantes sur les dangers du recours à ces technologies. Elles sont 60% à penser que celles-ci sont une menace pour la vie privée et 45% à estimer qu’elles constituent une menace pour le travail des médecins. Enfin, 46 % affirment qu’elles pourraient « mettre notre santé en danger ».

  • Etude : une appli permet de diminuer le taux de réadmission hospitalière après un infarctus

    La première appli de cardiologie de la plateforme Apple CareKit semble favoriser l’éducation thérapeutique des patients ayant été victimes d’un infarctus.

    D’après les résultats d’une étude présentée fin février 2018 au congrès de l’American College of Cardiology à Las Vegas (USA), l’appli « Corrie » a permis de faire chuter le taux de réadmission hospitalière de 19 à 3%.

    Le poids des réadmissions hospitalières après un infarctus

    Après un infarctus, les patients doivent être suivis médicalement sur la durée. Cette prise en charge nécessite une implication de la part des malades : s’informer sur leur maladie, prendre les rendez-vous médicaux de suivi post-opératoire, faire preuve d’observance en matière de traitement… Plus le patient respectera ces nouvelles règles de vie, moins il risquera une rechute. Or, après un infarctus, les réadmissions hospitalières sont monnaie courante. C’est un poids pour les malades mais aussi pour le système de santé. Aux Etats-Unis, le coût est estimé à plusieurs milliards de dollars, et bien souvent ces dépenses pourraient être évitées.

    « Nous avons constaté qu’il existe de nombreuses lacunes dans les soins prodigués aux patients qui se remettent d’un infarctus, » a déclaré le Dr William Yang, médecin à l’Université John Hopkins de Baltimore. Pour les aider à « s’impliquer dans leurs propres soins et les aider à passer de l’hôpital à la maison », une équipe de médecins du John Hopkins Hospital a donc décidé de développer une application mobile.

    Corrie : pour faciliter le retour à la maison

    L’appli « Corrie », développée pour IPhone, est la première en cardiologie à intégrer la plateforme Apple CareKit. Elle est conçue pour :

    • informer sur la pathologie cardiaque avec des vidéos ;
    • planifier les rendez-vous médicaux et faciliter le programme de réadaptation cardiaque ;
    • rappeler les différentes prises de médicaments mais aussi les séances d’activité physique ;
    • surveiller sa fréquence cardiaque, suivre son rythme de marche, avec un tensiomètre en bluetooth ;
    • conserver des documents essentiels tels que la carte de porteur de stent.

    L’appli Corrie, développée par les médecins du John Hopkins Hospital, a ensuite été évaluée en conditions réelles. Soixante patients ayant été victimes d’une crise cardiaque ont accepté de participer à une étude. Dotés d’un iPhone et de l’appli (30% seulement des patients possédaient déjà un iPhone), les malades ont utilisé l’appli pendant 30 jours après leur sortie de l’hôpital. Les résultats de cette expérimentation ont été présentés fin février au congrès de l’American College of Cardiology à Las Vegas.

    Résultats cliniques et économiques

    • 3% des patients ayant utilisé l’appli « Corrie » ont été ré-hospitalisés dans les 30 jours, contre un taux moyen de 19% au John Hopkins Hospital ;
    • cette baisse du taux de réadmission hospitalière représente une économie de 211 200 € (soit 262 500 $). Les hôpitaux américains ne reçoivent pas de remboursement de Medicare pour les réadmissions dans les 30 jours.

    L’appli est en évolution permanente. Dans une version antérieure, chaque rappel de prise de médicaments apparaissait séparément. Les malades s’étaient plaints de cette avalanche de rappels. « Aujourd’hui, les patients reçoivent un seule alerte pour tous les médicaments à prendre en même temps », précise le principal auteur de l’étude. D’autres évolutions sont en chantier. Une section « notes » sera incluse dans la partie « rendez-vous » afin de pouvoir noter les questions à poser à son médecin. L’appel téléphonique en un clic au cabinet médical sera aussi possible.

  • HIMSS 2018 :« Utiliser les capacités des machines là où elles surpassent celles de l’homme », E.Schmidt

    « La technologie est prête mais la santé ne l’est pas : elle est en retard », a déploré Eric Schmidt, l’ancien président exécutif d’Alphabet Inc., en ouverture du congrès HIMSS18 à Las Vegas, lundi 5 mars 2018.

    Dans son allocution intitulée « Technology for Healthier future : Modernization, Machine learning and Moonshots », à laquelle H&TI a assisté, Eric Schmidt a expliqué que, parce que la santé est en train de devenir une science de l’information, le secteur de la santé doit massivement et rapidement migrer sur des systèmes Cloud, première étape essentielle à la sécurité des données et l’exploitation de celles-ci.

    Les données et le reinforcement learning

    L’échange de données conformes aux standards d’interopérabilité tel que FHIR (Fast Healthcare Interoperability Resources), d’une part, et la disponibilité des réseaux performants, d’autre part, constituent la seconde étape avant d’appliquer le deep learning aux données et exploiter ces dernières aux fin de prédiction.

    L’intelligence artificielle constitue une opportunité pour le monde la santé, qui devra faire face dans les prochaines années à des enjeux démographiques et de santé publique forts.

    Pour Eric Schmidt, plus que le deep learning, c’est le « reinforcement learning » (technologie de deep learning développée par Google) qui va permettre d’exploiter la quantité phénoménale de données produites chaque jour par les acteurs de santé et les capteurs de données de vie réelle des patients.

    Celles-ci submergeant les professionnels, « il faut utiliser les capacités des machines là où elles sont meilleures que celles de l’homme » pour améliorer la prise en charge, optimiser les processus de gestion et réduire les coûts, et enfin faciliter l’exercice des professionnels de santé dont celui des médecins notamment. L’ex-président exécutif d’Alphabet Inc. a pris pour exemple l’interprétation des images : un dermatologue peut identifier à 70% un cancer de la peau quand une machine atteint les 100%. Néanmoins, l’IA ne peut se substituer à la responsabilité médicale, et les outils et algorithmes devront être utilisés sous la vigilance des professionnels.

    Enrichir le DPI

    Enfin, les systèmes de reconnaissance vocale vont fortement modifier la relation des professionnels de santé aux dossiers patients informatisés. Ces systèmes sont aujourd’hui capables de reconnaître et de décrypter de nombreuses langues sans aucune base de données de références (voire d’apprendre complètement une langue) facilitant ainsi la transcription et la position du professionnel vis-à-vis de l’enrichissement du dossier patient informatisé.

    En conclusion, les enjeux du secteur de la santé peuvent être résolus par les technologies du type IA, encore faut-il que le secteur prenne conscience des choix stratégique forts à réaliser et accélère certains virages techniques.

    Par ailleurs, le constat qu’aujourd’hui 5% des publications de Google soient en lien avec le secteur médical témoigne de l’intérêt que Google porte au monde de la santé.