Medtech

  • China: GSK partners with eHealth service JD to offer integrated online medical services

    Chinese online retailer JD.com and pharmaceutical multinational company GSK have expanded their current strategic partnership in China.

    In early May 2018, the two companies signed a memorandum of understanding that will allow both partners to leverage each other’s complementary strengths in healthcare, pharmaceuticals and internet applications to create solutions that improve patient experience.

    Big data analytics and community programs

    A better data management to better manage chronic diseases

    GSK and JD plan to explore how to make the best use of medical information and big health data to develop new solutions for chronic disease management and improve health and wellness education.

    Community programs to facilitate access to medical services

    As part of the partnership, a bilateral plan will be rolled out to set up community programs in order to help people access medical services more easily for diseases such as HIV.

    Online care services: « A key link » in China’s national health strategy

    « Working with GSK, we can find better, clearer, faster and more transparent ways to get medicines and medical and health information to people when they need it, » said Lijun Xin, president of JD Home and Life (source: Enterpriseinnovation.net).

    « Internet-based healthcare is a key link in China’s national health strategy, » Thomas Willemsen, chariman of GSK China Investment, said. Through our strategic collaboration with JD.com, a pioneering leader in China’s online healthcare and pharmaceutical services, we are committed to exploring and developing ‘Internet + Healthcare’ solutions against the strategic backdrop of ‘Healthy China 2030’ [national program], and ultimately improving Chinese people and patients’ healthcare service quality and accessibility (…) »

  • Les robots au service du handicap et autres innovations au Festival Tous engagés, 22-23/06/18, Dugny

    La Croix-Rouge française organise les 22 et 23 juin 2018 le festival Tous engagés autour de l’innovation sociale à Dugny (Seine-Saint-Denis).

    Il s’agit d’explorer les possibilités d’exploitation de nouvelles technologies dans l’optique de leur  mettre les nouvelles technologies au service de la mission sociale.

    Un festival et 7 thématiques dont la santé et les nouvelles technologies

    Au travers des conférences organisées ainsi que des projets présentés sur le Village, 7 grandes thématiques chères à la Croix-Rouge française seront abordées :

    • L’engagement sous toutes ses formes : capter, valoriser & favoriser l’engagement dont les formes évoluent
    • La société inclusive : mieux associer les personnes accompagnées et leurs entourages pour plus d’impact social
    • La santé & le secourisme en mutation : demain, accès à la santé & citoyenneté secouriste pour tous ?
    • Les nouvelles technologies : mettre les nouvelles technologies au service de notre mission sociale
    • La résilience des territoires : redynamiser les territoires fragiles par de nouveaux modèles d’action
    • L’environnement & le développement durable : prendre part à la transition énergétique et solidaire
    • La jeunesse : les jeunes font aussi leur Festival avec les 3e Assises de la Jeunesse

     Conférences et tables-rondes

    Ce sont plus de 30 heures de conférences qui se dérouleront durant le festival et qui permettront de faire le plein d’idées nouvelles et de construire la Croix-Rouge de demain en répondant aux questions suivantes :

    • Demain, le citoyen sera-t-il l’acteur des premiers secours ?
    • Le pair-à-pair est-il l’avenir du solidaire ?
    • Les nouvelles formes d’accès à la santé pour les plus vulnérables
    • Quel accueil pour les réfugiés ?
    • 2030 : quel avenir pour l’humanitaire ?
    • Les robots au service des handicaps ?

    Un village dédié à l’innovation

    Plus de 100 projets seront présentés pour l’occasion.

    L’inscription est gratuite mais obligatoire pour des raisons de sécurité, sur https://www.festivaltousengages.fr/.

  • Zentrum Überleben (Allemagne) développe 2 applis pour le soutien médico-psychologique des réfugiés

    L’association allemande Zentrum Überleben (littéralement, « centre de survie »), basée à Berlin et spécialisée dans le soutien médical et psychologique des personnes en provenance de zones de conflit, a développé deux applis mobiles dédiées au public qu’elle accompagne, annonce-t-elle dans un communiqué publié mi-avril 2018 sur son site internet.

    La première, ALMHAR, propose un soutien aux réfugiés face aux problèmes psychiques qu’ils rencontrent les plus fréquemment (troubles du sommeil, symptômes dépressifs, sentiment de culpabilité, stress, etc.) et leur donne des conseils pratiques. Elle est disponible gratuitement en anglais, en arabe et en farsi, sur Google Play.

    La seconde, SMILERS s’adresse aux réfugiés arabophones présentant de signes dépressifs. Il s’agit d’une application d’auto-surveillance en sept étapes contenant des informations sur l’origine et la persistance des symptômes. Elle permet également une mise en contact rapide avec des intervenants en cas de crise. Elle n’est disponible que sur l’AppStore pour le moment.

    Les développeurs de l’application expliquent que ce projet a vu le jour en réponse au nombre croissant de réfugiés provenant de zones de conflit et qu’il constitue une réponse économique à la prise en charge thérapeutique. « De plus, les réfugiés peuvent accéder à ce soutien depuis n’importe quel lieu, du moment qu’ils ont leur smartphone », indique le communiqué. Mais ces applis ne constituent pas un substitut à la psychothérapie, et elles ne doivent pas empêcher les personnes atteintes de graves troubles de se rendre à l’hôpital.

    Plus d’infos sur http://almhar.org/ et http://ilajnafsy.bzfo.de/portal/en/

  • Orkyn déploie son offre de télésuivi de l’insuffisance respiratoire chronique

    L’entreprise Orkyn a conçu un dispositif médical de télésuivi de l’insuffisance respiratoire chronique. Elle annonce dans un communiqué du 14 mars 2018 la création d’une cellule experte d’infirmiers pour analyser les données des patients, gérer les alertes et suivre l’efficacité du traitement en temps réel.
    Orkyn entend ainsi renforcer l’accompagnement du patient dès l’initiation du traitement, améliorer son traitement et sa qualité de vie.

    Un algorithme d’alertes spécifique à la ventilation a été élaboré en partenariat avec des pneumologues pour identifier les problèmes liés au traitement (alertes techniques, d’observance ou lié à un événement médical). S’ils constatent un élément anormal, les experts d’Orkyn contactent immédiatement le patient pour le lui signaler et envisager d’éventuelles modifications à apporter dans l’usage de son dispositif. Le télésuivi se traduit ainsi par un accompagnement du patient, mais vise également à éviter les infections pulmonaires et les hospitalisations.

    Orkyn est, selon le communiqué, le seul acteur à proposer cette solution. En mai 2018, l’entreprise devient le premier prestataire de santé à domicile à s’inscrire dans l’expérimentation lancée par l’Assurance Maladie pour analyser l’impact de la télémédecine dans la prise en charge des patients atteints d’insuffisance respiratoire.

  • 3 projets e-santé et handicap primés au 2e Tunisia e-health Challenge

    L’Institut Supérieur des Technologies Médicales (ISTM) de Tunis sous l’égide de l’Université de Tunis El Manar et en partenariat avec le Pôle Elgazala des Technologies de la Communication a lancé en septembre 2017 la deuxième édition de Tunisia e-Health Challenge dans le but d’encourager la recherche et de récompenser l’innovation dans le domaine de la e-santé.

    25 candidatures ont été reçues parmi lesquelles 19 projets ont été retenus après la première phase de pré-sélection mettant en compétition 12 institutions tunisiennes académiques et de recherches. Lors de la finale du 25 avril 2018 qui s’est déroulée au Technopark Elgazala de Tunis, des prix ont été attribués à trois projets portant sur une main articulée, un système de pilotage de chaise roulante et un autre projet de chaise roulante pilotée via smartphone et dont les roues ont été fabriquées grâce à la technique d’impression en 3D.

    Les thématiques des projets retenus :

    • Système d’information clinique et hospitalier
    • Système médical embarqué
    • Télémédecine
    • Assistance médicale à distance
    • Mobile Health
    • Robotique médicale
    • IOT
    • Application médicale.

    Remise de prix

    Près de 200 personnes ont pu assister à trois sessions plénières assurées par des experts de renommées internationales. L’opportunité a ainsi été offerte aux sept finalistes d’exposer leurs projets devant un public réunissant des professionnels de santé, des académiciens et chercheurs universitaires, des industriels et des acteurs politiques.

    Les trois équipes gagnantes de la finale sont :

    • 1er prix (675 € ou 2 000 dinars) : la main articulée de Automatic reeducation system, portée par l’équipe Team Xseem de l’ISTMT composée de Fedia Ayari, Khawla Ben Gaied et Aymen Ben Allela ;
    • 2e prix (500 € ou 1 500 dinars) : le système de pilotage de chaise roulante via smartphone et les roues imprimées 3D de The Smart Wheelchair porté par l’équipe FwzTeam de l’ISTMT composée de Fedia Torkhani, Warda Jlassi et Zoubeida Ghorbal ;
    • 3e prix (340€ ou 1000 dinars) : le système de pilotage de chaise roulante MooVoBrain porté par l’équipe GeWinner de l’ISTMT composée de Khaoula Ben Ahmed, Souleima Ben Temime, Sirine Ayari et Ghofrane Ayari.
  • La Study Watch de Verily pourrait analyser la progression de la maladie de Parkinson

    La division santé d’Alphabet Inc, Verily Life Sciences, s’associe à la fondation « Michael J. Fox » pour la recherche sur la maladie de Parkinson (MJFF) afin de collecter des données sur cette maladie neurodégénérative. Telle est l’annonce faite par la fondation dans un communiqué du 9 mai 2018.

    La Study Watch de Verily collectait déjà les données du rythme cardiaque, de l’activité électrodermale (activité des glandes de la sudation et du système nerveux autonome), ainsi que les mouvements inertiels. Ces derniers semblent pouvoir être exploités afin d’analyser les tremblements des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. 

    L’objectif est de collecter, puis d’analyser les informations afin de refléter la vie quotidienne des personnes atteintes, et la progression de la maladie en dehors des zones médicalisées.

    Une étude conduite auprès de 800 malades

    La Study Watch sera portée par plus de 800 participants aux États-Unis dans le cadre de l’étude Parkinson’s Progression Markers Initiative (PPMI) menée sur deux ans. Les capteurs portés en permanence pourraient se révéler intéressants pour lutter contre la maladie de Parkinson. En effet, celle-ci provoque des réactions différentes d’une personne à l’autre, d’un moment de la journée à un autre, au sein d’un hôpital ou à l’extérieur.

    “La PPMI devrait nous permettre de mieux comprendre la maladie de Parkinson et ainsi aider au développement de nouvelles solutions thérapeutiques », explique Todd Sherer, CEO de la MJFF. 

    Le programme AMP PD

    MJFF et Verily ont également signé un partenariat pour le programme Accelerating Medicines Partnership Parkinson’s disease (AMP PD), une collaboration publique/privée entre la fondation, le National Institutes of Health (NIH) et cinq entreprises des sciences de la vie.

    Le programme AMP PD a été lancé en janvier 2018 afin d’élaborer l’empreinte moléculaire de la maladie de Parkinson.

  • Des chercheurs préconisent de systématiser les évaluations d’applications destinées aux diabétiques

    Une étude américaine publiée le 8 mai 2018 remet en cause l’efficacité des applications mobiles destinées aux patients diabétiques. Ses auteurs mettent en garde contre les dangers éventuels liés à leur usage et en appellent à la systématisation des études scientifiques les concernant.

    L’étude a analysé plus de 100 applications mobiles

    Objectifs : Publiée dans le Journal of General Internal Medicine le 8 mai 2018, l’étude cherche à évaluer l’efficacité des applications de suivi des patients diabétiques.

    Méthodologie : financée par l’Agency on Healthcare Research and Quality (AHRQ), l’étude a évalué plus d’une centaine d’applications mobiles utilisées par les patients diabétiques pour le traitement de leur pathologie. L’étude a été réalisée par une équipe de chercheurs basée à Portland, Oregon (USA).

    Résultats : nombre d’applications s’avèrent faiblement efficaces, voire potentiellement dangereuses

    • Peu d’applications jugées fiables : seules 11 applications ont été évaluées par la recherche scientifique et seules 5 d’entre elles ont été jugées efficaces, c’est-à-dire de nature à améliorer le suivi et l’observance des patients diabétiques et à abaisser leur taux d’hémoglobine glyquée.
    • Applications peu fiables : les auteurs de l’étude regrettent que si peu d’applications mobiles aient fait l’objet d’évaluations scientifiques. Elles sont ainsi peu plébiscitées par les médecins, car ils ignorent si elles sont efficaces ou non. 
    • Dangers liés à l’usage des applications : par ailleurs, les applications non évaluées peuvent induire leurs utilisateurs en erreur et conduire à de « sérieux problèmes de santé » voire à des risques mortels. Les auteurs en appellent donc à la systématisation de l’évaluation des applications de suivi des patients diabétiques.

    L’étude est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de l’Agency on Healthcare research (AHRQ).

  • Data : les serious games pour la prise en charge du diabète

    Après s’être développés dans le secteur du marketing, de la gestion ou de la culture, les champs d’application des serious games se sont étendus au secteur de la santé à la fois pour les patients, les médecins, les étudiants, les aidants, tant pour la prévention que la formation, le suivi de la prise en charge voire le traitement.

    Dans la rubrique Data du 16 mai 2018, H&TI répertorie 5 serious games disponibles en France pour les patients diabétiques (entreprises qui les développe, caractéristiques, public visé, prix pratiqués, etc.).

    Pour accéder à l’indicateur sur les serious games pour la prise en charge du diabète, suivre ce lien.

  • Essec Asia Workshop (1/2) : which business model to adopt in the digital health market?

    Various stakeholders from the healthcare industry gathered in Singapore on April 20 and 21, 2018 at a workshop held on the ESSEC Asia-Pacific campus on the theme: « Patient centered digital health & health care products industries: opportunities in Asia Pacific ».

    During the different talks, the following question often came up : How to develop a sustainable business model within the digital health sector? « Digital disruption can be fatal for some businesses, but it can be an opportunity, » said Prof. Jan Ondrus, associate professor and chair of networked business models at ESSEC Business School Asia-Pacific.

    Here are the highlights of his speech.

    From a horizontal business model to the digital platform model

    « It’s not just about technology but about creating a business model, » Prof. Ondrus said, adding that it’s important for every company to deploy a sustainable strategy before launching a new product on the market, as attractive as it is.

    The arrival of smartphone in our daily lives and the digital revolution in general had a considerable impact on the empowerment of consumers, he remained us. Initially, high-tech products were only affordable for companies, now they are more affordable for public. In less than ten years almost everyone has started using a smartphone.

    Threats for companies have risen with the high tech revolution

    It has been difficult for companies to adapt to this rapid evolution, and it still is. There has been a rise of threats for them, even for the big ones.

    Today, the life expectancy of a big company is only fifteen years. Pressure to change is high.

    Producer and consumer are at the same level

    The business model of health tech companies can no longer be build on the tradition value chain : you start from from the producer to the consumer through the manufacturer, the distributor and then the retailer, Prof. Ondrus added.

    A powerful digital triangular model has emerged : the platform business model. Here, the producer is directly connected to the consumer via a digital platform.

    This model has been adopted by many young successful companies such as Uber, the world’s largest taxi company which owns no taxis, Airbnb (doesn’t own real estate) or Netflix (doesn’t owns cinemas) and telemedicine companies like MyDoc in Singapore, a mobile app allowing patients to have access to online medical consultations.

    Network effects

    The main benefit of this model is that it tends to bridge industries which generate network effects. Indeed, 4 users can create 6 connections, 8 users 28 connections, etc. Companies can extract value from these connections.

    The goal is to have the biggest network, that is to say a lot of users to generate more and more connections and build a sustainable model. Every company fights to be #1, sometimes at the expense of the users (example: it’s very difficult to completely delete your account from this kind of platform).

    « You have to look beyond industry boundaries »

    « You have to look beyond industry boundaries, » Jan Ondrus said. The idea is to connect the dots. To build a sustainable business model, he identified six steps:

    • 1. Find a big purpose.

    Example: fighting diabetes or solving malnutrition. « Some entrepreneurs develop a solution and then try to find a problem to solve. It is important to first identify a problem and then develop a solution to overcome it. « 

    • 2. Identify the stakeholders (patients? Next of kin? Doctors? Pharmaceutical companies? Etc.)
    • 3. Assess pain point to better overcome your weaknesses and face competition.
    • 4. Design solutions.

    The use of digital technology can help to remove friction and create trust between the players by fostering collaboration and co-innovation.

    • 5. Share value equitably.

    It is important for the sustainability and the healthiness of the company.

    • 6. Share your purpose.

    « In conclusion, with the right business model and the right use of digital technology, it is not too late to surf the digital wave, » Jan Ondrus said.

    Funding: a central problem

    A discussion among the participants of the workshop led to several questions, some of which related to the patients’ data protection. To reassure consumers about the use of their personal data, industry has to focus on transparency, explaining who can access their data and for what purposes.

    Another concern is the usability of digital products. « Everyone should be able to use the application easily without specific knowledge, » Prof. Ondrus said. Easy of use is mandatory, especially if the solution is dedicated for the elderly people.

    Finally, there is the big question: who has to pay? This is one of the main challenges digital health entrepreneurs have to deal with. Among the speakers, Sze-Yunn Pang, head of Population Health Management at Philips ASEAN Pacific, said the biggest challenge lies with insurance companies. « How to convince them to fund [our] programs? »

    Those questions reflect the uncertainty of the digital health market, still young, but, according to the participants of the workshop, these problems can be overcome if industry players meet the new expectations of patients and use digital technology smartly.

  • Workshop Essec Asie (2/2) : focus sur les DSE de Singapour et du Japon

    Différents acteurs de l’industrie de santé se sont rassemblés à Singapour le 20 et le 21 avril 2018 à l’occasion d’un workshop organisé au campus de l’Essec sur le thème : « Industries numériques des produits de santé et de soins centrées sur le patient : des opportunités en Asie-Pacifique ». H&TI était présent.

    La deuxième journée était consacrée aux différents modèles de dossier de santé numériques (DSE) déployés en Asie-Pacifique et notamment à Singapour et au Japon, deux pays aux contextes différents et inspirants. Alors que Singapour s’apprête à lancer un dossier de santé unique pour l’ensemble du pays, le Japon réfléchit à l’établissement d’un business modèle adapté aux particularités de son système de santé.

    Singapour : un dossier de santé unique pour toute la cité-État

    Le gouvernement singapourien collabore avec IHiS (Integrated Health information System), une entreprise qui numérise, connecte et analyse l’écosystème de la santé de Singapour. « D’ici l’année prochaine, nous allons mettre en place un DSE pour tout le pays, a expliqué M. Chua Chee Yong, directeur de la division « Planning Group » à IHiS et responsable « IT Strategy and Planning » au sein du ministère de la Santé singapourien (MOH). Rejoindre la base nationale de données des patients électronique sera obligatoire à partir d’octobre 2018 pour tous les fournisseurs de santé du pays. »

    « Les ministères jouent un rôle clé » dans le changement que connaît actuellement le secteur de la santé en matière de numérique, insiste M. Chua Chee Yong. Cette transition est assurée par IHiS à travers une feuille de route concentrée autour de sept programmes :

    • 1. Le profilage de la population.

    L’idée est d’exploiter le potentiel des systèmes d’analyse des données pour connecter toutes les informations disponibles au sein du secteur de la santé.

    • 2. L’engagement de la population.

    Ce programme fournira aux consommateurs et aux soignants les connaissances, les idées et les capacités nécessaires à la gestion de leur propre santé et de leurs dépenses de santé mais aussi de celles des personnes à leur charge.

    • 3. La prévention et la continuité des soins.

    L’objectif est de développer un ensemble de capacités communes pour permettre aux systèmes régionaux de santé (RHS) d’exécuter des programmes de prévention au niveau des soins primaires, secondaires et tertiaires mais aussi d’intégrer différents systèmes informatiques de prestataires dans différents contextes afin d’assurer la continuité des soins aux patients.

    • 4. L’excellence des soins et des opérations chirurgicales.

    Le but est de permettre au secteur des soins primaires et intermédiaires et de longue durée disposant de matériel IT basique de se connecter avec les établissements de santé publique afin de partager plus facilement les informations sur les patients dont ils disposent.

    • 5. L’excellence au niveau financier.

    Ce programme assurera l’accessibilité financière des soins aux patients et améliorera la visibilité des coûts et des résultats afin de générer une meilleure rentabilité du secteur.

    • 6. L’établissement de politiques de santé publique.

    L’objectif est d’identifier les besoins d’information communs et de développer des capacités communes pour collecter et analyser les données de santé dans l’optique de soutenir la mise en place des politiques de santé publique et la gestion du secteur.

    • 7. Des fondements solides en matière d’IT.

    L’objectif est de développer des capacités informatiques fondamentales communes pour améliorer leur évolutivité et leur résilience.

    L’idée général du projet du MOH est de « digitaliser » toute la population pour créer une connexion entre tous les acteurs de l’industrie de santé, le tout « en déployant des stratégies adaptées à chaque secteur de soins », explique M. Yong. « Par exemple, si vous souhaitez inciter la population à marcher davantage et que vous ciblez la famille tout entière, en convaincant le père, vous convaincrez la mère (ou inversement), puis les enfants. »

    Une collaboration renforcée entre secteur public et secteur privé

    Le gouvernement singapourien collabore de plus en plus avec des start-up du secteur de la santé numérique et des institutions. « Dans certains cas, le secteur privé est plus à même de répondre aux attentes [de l’industrie] que le secteur public car ses acteurs sont plus efficaces, ils savent rendre commercialisable et profitable une idée. »

    Cette sollicitation des entreprises privées crée une certaine concurrence sur le marché, admet M. Chua Chee Yong, c’est pourquoi les acteurs du secteur ont un devoir de transparence. « Nous devons réfléchir à la manière dont nous collections les données, les utilisons et les partageons. Voilà pourquoi nous avons décidé de créer une plateforme nationale unique, [afin d’uniformiser les pratiques]. »

    Le modèle de DSE déployé par Singapour est certes, inspirant, mais sa réussite est peut-être en partie due à la petite taille du pays. Le même modèle serait probablement plus difficilement applicable à l’échelle d’un État plus vaste et plus peuplé.

    Japon : à la recherche d’un business modèle viable

    NDB : une base de données nationale encore imparfaite

    Au Japon, il existe plusieurs bases de données médicales. L’une des plus importantes est la NDB, la base de données nationale, recueillant plus d’1,8 milliard de données par an et environ 27 millions de données centrées sur les contrôles de santé chaque année.

    Les avantages de la NDB selon le Pr. Hiroshi Nakamura (Keio Business School) :

    • une couverture à quasi 100 % ;
    • un suivi possible même si les patients changent d’hôpital ;
    • la standardisation des données, garantissant une simplicité d’utilisation.

    Le principal point faible de la NDB :

    • la réclamation des informations : le nom de la maladie du patient n’est pas toujours disponible, tout comme la date à laquelle a été enregistrée l’information (le système d’enregistrement est mensuel).

    Vers une plateforme ouverte dédiée au bien-être de la population

    Le gouvernement entend également développer d’ici 2020 PeOPLE, une plateforme ouverte dédiée au bien-être des citoyens qui rassemble sur un même espace numérique des données de santé fragmentées et isolées afin d’améliorer l’analyse des dossiers de santé des patients et leur fournir des conseils médicaux davantage personnalisés.

    Une absence de business modèle

    « Le défi principal à surmonter est l’absence de business modèle, reconnaît le Pr. Nakamura. Comment financer les coûts de maintenance ? Au Japon, les hôpitaux paient généralement les frais liés aux dossiers de santé en espérant attirer davantage de patients et réduire les dépenses personnelles à travers le système d’assurance santé national mais, en réalité, nous avons besoin de développer un [nouveau] business modèle. »

    Depuis début 2018, les consultations médicales en ligne et les prescriptions électroniques commencent à être couverte par le système d’assurance santé nationale mais ce n’est qu’un début. Des alternatives doivent être trouvées par les acteurs du secteur de la e-santé et les gouvernements pour continuer à développer le numérique au sein de l’industrie de santé japonaise.