Medtech

  • Etude : pourquoi les applis mobiles de santé mentale sont sous-utilisées

    Les applications mobiles offrent un fort potentiel d’amélioration des soins de santé mentale mais sont sous-utilisées.
    Des chercheurs américains et australiens ont mené une revue de la littérature* afin de connaître les causes de ce faible engagement.
    Les résultats publiés le 5 juin dans Evidence Based Mental Health Month (groupe British Medical Journal, BMJ) mettent en évidence une conception médiocre des applis et des problèmes de confidentialité.

    L’intérêt de la psychiatrie pour la e-santé

    Deux-tiers des applications mobiles dédiées à une maladie portent sur un trouble psychologique. La grande majorité des applications mobiles qui s’adressent aux dépressifs relèvent du bien-être et non de la prise en charge médicale. Cependant, face au manque cruel de psychiatres, ces derniers s’intéressent de près aux applis mobiles d’aide au diagnostic ou de prévention. Contre les troubles anxieux par exemple, des conseils simples pour affronter des situations de stress permettent à chacun de renforcer ses défenses. De même, les carnets de jour sur lequel le patient répond régulièrement à des questions sur son humeur ou encore son sommeil permettent de faire une évaluation écologique instantanée (EEI), autrement dit de retranscrire la réalité de l’instant.

    Et même si ces outils ne remplacent pas la consultation en face à face, ils sont porteurs d’espoir à l’heure où la dépression est principale cause d’invalidité dans le monde et les taux de suicide augmentent. En dépit des preuves scientifiques de la pertinence de ces outils et des besoins croissants, l’utilisation clinique de ces applis reste limitée. C’est pour comprendre cette situation paradoxale que des chercheurs américains et australiens ont mené une étude de la littérature.

    Tout d’abord, les chercheurs soulignent que cette faible adhérence touche l’ensemble des applications mobiles de santé. Selon les études menées par les industriels eux-mêmes, 74% des utilisateurs cessent de se servir de leur appli après 10 usages.

    Résultats : 5 freins

    L’étude de la littérature a ensuite permis d’identifier plusieurs causes à ce manque d’intérêt sur la durée pour les applications mobiles de santé mentale. Les résultats ont été publiés le 5 juin dans Evidence Based Mental Health Month (groupe BMJ)

    • Des applis pas très « user friendly »

    La difficulté d’utilisation constitue un frein majeur. Une étude nationale a par exemple fait ressortir que le temps nécessaire pour rentrer les données personnelles était la raison la plus souvent avancée pour abandonner l’utilisation. Dans une autre étude, plus de 50% des personnes qui souffraient de dépression éprouvaient des difficultés à rentrer les informations concernant leur humeur. Globalement, les utilisateurs déclarent qu’ils avaient sous-estimé le temps nécessaire pour faire ces notifications.

    • Des applis éloignées des besoins des utilisateurs

    Ces outils qui visent l’autonomisation des patients ne répondent pas toujours à leurs attentes. Plusieurs études montrent que le suivi des symptômes – souhaité par les médecins- peut avoir une influence négative sur l’humeur des patients. Et ces derniers ne sont pas toujours désireux de remplir ce carnet de bord. Les patients sont demandeurs de fonctionnalités les aidant à résoudre des problèmes quotidiens tels qu’être capable de repérer des signes d’alerte précoce pour les bipolaires. Ils réclament aussi plus de soutien émotionnel.

    • Des applis peu respectueuses de la vie privée

    Les chercheurs ont constaté que beaucoup d’applis n’offrent aux utilisateurs aucune protection de leurs informations personnelles de santé et que certaines les vendent. Ils citent une enquête menée en 2017 qui révélait que seulement 30% des applications appliquaient une vraie politique de confidentialité. Une étude australienne, menée quant à elle en 2015, a montré que sur les 79 applis certifiées fiables par le NHS 89% transmettaient des données à un tiers et aucune ne disposait d’un système de cryptage… « 

    • Le manque de preuves d’efficacité

    Si les patients abandonnent leur appli de santé mentale rapidement, c’est sans doute aussi par défiance. Les auteurs de l’étude ont constaté que des publicités vantant les mérites de ces outils suscitaient un scepticisme certain chez les utilisateurs. « Bien que les preuves cliniques pour les applications soient minimes, le nombre d’applications directement téléchargeables aujourd’hui est énorme, plus de 10 000 applications rien que pour la santé mentale, » écrivent les auteurs de cette revue de la littérature.

    • L’inutilité en période de crise

    Les chercheurs notent également que ces outils ne sont d’aucune aide lors de moments de crises, tels que des pensées suicidaires. Les applications consacrées à l’automutilation seraient abandonnées pour ce manque d’efficacité au moment crucial. Les agents conversationnels ne sont pas suffisamment conçus non plus pour gérer ces crises.

    Comment favoriser l’adoption des applications

    Les auteurs de cette étude fournissent donc plusieurs pistes pour améliorer l’utilisation des applications mobiles de santé mentale.

    • impliquer les utilisateurs dans la conception de ces applis
    • concevoir des applis qui ne remplacent pas les professionnels de santé mais qui complètent la prise en charge
    • éduquer les patients aux technologies mobiles de la santé
    • développer des applis capables d’offrir un soutien en période de crise 

    Cependant, les auteurs de cette étude sont conscients que l’application la mieux conçue ne sera jamais utilisée si les usagers ne parviennent pas à faire leur marché. Ils appellent donc de leurs voeux une régulation du marché afin d’orienter les utilisateurs vers les meilleurs dispositifs.

  • Silver économie : les lauréats 2018 de la Bourse Charles Foix

    Silver Valley, écosystème de 300 acteurs de la Silver économie francilienne qui se donne pour but de soutenir les initiatives dans ce domaine, a dévoilé, le 13 juin 2018, les trois lauréats de la 15ème édition de la Bourse Charles Foix.

    Le jury, constitué d’experts et de séniors, a alloué un montant total de 45 000 euros à 3 entreprises françaises dont l’offre a été jugée particulièrement innovante sur le marché de la Silver économie :
    – Courseur, qui propose un service collaboratif de livraison à domicile ;
    – Neuradom, qui développe un programme innovant conçu pour aider les personnes âgées en situation de handicap à recouvrir leur autonomie ;
    – 2 Min Ensemble!, qui propose un jeu de société censé favoriser l’interaction entre générations.

    1er lauréat de la Bourse Charles Foix

    Courseur, service de courses collaboratives entre particuliers

    Le premier lauréat de la Bourse Charles Foix est l’entreprise Courseur, qui déploie une application du même nom, un service de courses entre particuliers. Ce service collaboratif veut prendre le relais des services de livraison à domicile que les magasins n’assurent que dans un court rayon autour des lieux de vente et ainsi venir en aide aux personnes en perte d’autonomie, incapables de subvenir à leurs besoins par leurs propres moyens.

    Fonctionnement de l’application

    Plus concrètement, l’application, disponible et téléchargeable sur smartphone, permet de :

    • se faire livrer : il est possible de choisir un créneau de livraison et des produits des magasins partenaires de Courseur avant de payer en ligne ces produits et le livreur ;
    • devenir livreur : le livreur peut indiquer sur l’application un créneau de courses. Les listes de courses de particuliers voisins du livreur utilisant Courseur lui sont alors envoyées via l’application. Un livreur reçoit un dédommagement de 2,5 euros par course et une contrepartie de 10% des courses réalisées.

    Perspectives

    L’entreprise souhaite étendre ses partenariats avec des magasins autres que Leaderprice, partenaire actuel de Courseur.

    2ème et 3ème places

    2ème lauréat de la Bourse Charles Foix : Neuràdom

    La deuxième place a été décernée à Neuràdom, qui propose AutonHome, un service innovant de rééducation complexe et de remise en condition physique à domicile destiné aux personnes atteintes d’un handicap transitoire : par ce service de télé-rééducation, Neuràdom se donne pour objectif de démocratiser la rééducation.

    Neuràdom s’adresse en particulier :

    • aux personnes victimes d’AVC présentant des séquelles telles que la paralysie, afin de faciliter leur rééducation ;
    • aux patients atteints par la maladie de Parkinson, pour favoriser le contrôle des mouvements ;
    • aux personnes souffrant de maladie d’Alzheimer afin de ralentir la progression de la pathologie et l’apparition de complications cognitives, motrices ou perceptives ;
    • aux personnes présentant des syndromes post-chutes pour améliorer leur autonomie, leurs facultés déambulatoires, et lutter contre les facteurs de rechute.

    Cette solution prend la forme d’un logiciel de vision 3D personnalisable, commandé par ordinateur et connecté au praticien, fondé sur les protocoles médicaux qui définissent les prises en charge dans les centres de soins.

    3ème lauréat de la Bourse Charles Foix : 2 Min Ensemble !

    Le jury a décerné la troisième place à l’entreprise 2 Min Ensemble, qui propose un jeu de société conçu pour favoriser les interactions entre les générations.

    Il comprend 52 cartes (associées à des souvenirs, des expériences, etc.), et ses règles sont censées aider les jeunes ou les anciens à rendre plus intelligibles aux oreilles de l’autre des éléments de leur vie passée ou présente.

    La récompense

    La récompense est d’abord financière :

    • 10 000 euros sont accordés au 3ème lauréat.
    • 15 000 euros sont accordés au 2ème lauréat.
    • 20 000 euros sont accordés au 1er lauréat.

    Il est également accordé aux lauréats :

    • une adhésion gratuite à Silver Valley pendant deux ans ;
    • un accès à 6 mois d’hébergement gratuits au sein de la plateforme Silver Innov.
  • La manche connectée de Quantmetry au CHU de Strasbourg pour prévenir le lymphœdème (cancer du sein)

    La start-up Quantmetry, spécialisée dans le développement d’algorithmes alliant big data et IA, a collaboré avec les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg pour mettre en place une manche connectée qui vise à prévenir les complications chez les patientes d’un cancer du sein, selon un communiqué de la start-up de fin mai 2018.

    La coopération entre les deux acteurs s’inscrit dans le projet « Lymphometry » mené depuis 2015 par le Dr Carole Mathelin dont l’objectif consiste à comprendre l’apparition du lymphœdème, conséquence d’une ablation des ganglions axillaires dans le cadre d’une chirurgie du sein à la suite d’un cancer.

    Le bénéfice de la solution va être testé au cours d’un essai clinique mené par les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg conduit en 2018 et impliquant une cinquantaine de patientes.

    Des capteurs étirables qui veillent

    Le dispositif mis en place par Quantmetry se présente sous la forme d’une manche que les femmes ayant subi une chirurgie à la suite d’un cancer du sein enfilent à leur bras. Les capteurs connectés qui composent la manche sont étirables de façon à s’adapter à la forme du bras et prennent des mesures de la circonférence du bras en vue de détecter un éventuel gonflement.

    Il s’agit d’un complication courante, le lymphœdème, qui peut intervenir après une chirurgie associée à une ablation des ganglions axillaires et la manche doit permettre sa détection la plus précoce possible afin de mettre en place des mesures préventives.

    Big data

    Les mesures effectuées sont recueillies dans une application et servent à des analyses plus approfondies.

    L’application permet d’autres actions comme le renseignement par les patientes des activités menées pour détecter si un type d’activité peut représenter un risque aggravant du phénomène.

    Les données recueillies sont toutes cryptées, désidentifiées et stockées sur un serveur certifié pour l’hébergement de données de santé.

    Quantmetry est spécialisée dans la valorisation des données grâce à la création de solutions fondées sur le machine learning, l’IA et le big data.

  • Les hôpitaux français, théâtres de transformations majeures – Conférence Grant Thornton & Cerner 1/2

    Les entreprises Grant Thornton et Cerner organisaient conjointement le 14 juin 2018 une conférence intitulée « Les systèmes d’information dans le domaine de la santé : réussir son virage stratégique ». 

    Catherine Greindre, Directrice général des Hospices civils de Lyon et Présidente de la Commission Innovations Technologiques et Organisationnelles au sein de la conférence des DG de CHU a ouvert cette journée de conférence en évoquant les principaux questionnements et défis se présentant actuellement aux directeurs généraux d’hôpitaux français. 

    Jean François Lefebvre, Directeur général du CHU de Limoges et Président de la Commission des Systèmes d’information et E-santé au sein de la conférence des DG de CHU lui a succédé, évoquant les cinq enjeux actuels du monde hospitalier français.

    Catherine Geindre : DG de CHU – Hôpitaux civils de Lyon, Présidente de la Commission Innovations Technologiques et Organisationnelles au sein de la conférence des DG de CHU.

    Lors de son intervention, Catherine Geindre a souhaité rendre compte des questionnements que se posent actuellement les directeurs généraux d’établissements hospitaliers français.

    Catherine Geindre rappelle que les hôpitaux sont aujourd’hui le théâtre de « transformations majeures ». Les innovations technologiques ont un impact immédiat et tangible sur l’organisation des établissements hospitaliers, sur la prise en charge des patients, et sur l’offre de soins.

    Ces transformations s’accompagnent d’évolutions sociétales : les patients sont de plus en plus connectés et exigeants quant à la qualité des soins et de leur prise en charge. Les directeurs d’hôpitaux doivent répondre aux nouvelles revendications et aspirations des jeunes professionnels de santé. Le contexte actuel est également marqué par des évolutions organisationnelles avec les groupements hospitaliers de territoire (GHT), et la transformation de la répartition de l’offre de soins. « La réponse aux besoins de santé doit dès lors être plus globale, transversale, décloisonnée, populationnelle ».

     Catherine Geindre relève par ailleurs les évolutions suivantes :

    • la raréfaction de l’expertise médicale ;
    • la réduction du temps des séjours hospitaliers qui nécessite de prolonger la prise en charge des patients dans leur domicile
    • l’autonomisation des patients, qui deviennent des acteurs de leur prise en charge.

    Les technologies et les systèmes d’information sont des leviers et des catalyseurs de transformations du système de santé, selon la directrice des hôpitaux civils de Lyon. Les systèmes d’informations doivent être plus communicants qu’ils ne le sont aujourd’hui, davantage sécurisés, performants, et intelligents.

    L’hôpital public doit par ailleurs s’ouvrir aux enjeux de l’intelligence artificielle. La création récente du health data hub s’inscrit dans cette dynamique. Il doit être en capacité d’intégrer les objets connectés et les enjeux de la médecine personnalisée. Enfin, dans un contexte économiquement contraint, les choix d’investissements sont majeurs et la marge d’erreurs des décideurs publics est très restreinte.

    Jean-François Lefebvre, Directeur général du CHU de Limoges, Président de la Commission des Systèmes d’information et E-santé au sein de la conférence des DG de CHU

    Les hôpitaux sont de plus en plus mobilisés dans les groupements hospitaliers de territoire. D’après Jean-François Lefebvre, les hôpitaux sont des accélérateurs de changement. En confiant la convergence des systèmes d’information hospitaliers à un établissement support la loi est également un élément clé de transformation des établissements hospitaliers. Le Programme « Hôpital numérique » est au même titre un accélérateur de changements, car il participe de l’évaluation de la performance de ces systèmes.

    Mise en garde contre le développement incontrôlé des technologies numériques

    J-F. Lefebvre met les auditeurs en garde contre le développement « débridé » du numérique, des objets connectés, dont on ignore encore tous les développements et usages possibles. Ils soulèvent des questions éthiques et juridiques, dont certaines n’ont pas encore été traitées par les chercheurs et acteurs concernées. 

    Le Directeur général du CHU de Limoges revient ensuite sur cinq enjeux actuels : 

    • 1.L’informatisation des flux et des parcours : les systèmes d’information doivent embrasser une logique de parcours et gérer les flux entre les différents professionnels de santé. Les nouveaux outils numériques sont d’ores et déjà exploitables et ont contribué à refonder la structuration des parcours.
      • La stratégie nationale de santé affiche un objectif d’évaluation, de mesure et de valorisation des établissements et professionnels de santé, qui implique de recueillir les informations et de les rapprocher à des fins d’analyse et de comparaison. Il convient par ailleurs de mieux penser et organiser l’amont et l’aval de la prise en charge des patients à l’hôpital, en utilisant notamment les données de santé du patient.
      • téléexpertise et télémédecine : leur degrés d’opérationalité est désormais important. Elles facilitent l’accès aux soins dans des territoires faiblement pourvus en médecins. Pour faire de la télémédecine un facteur d’accès à des soins de qualité, il doit bénéficier de l’accompagnement de l’Etat, souligne J-F Lefebvre.  
    • 2.Décalage entre les objectifs de convergence des systèmes d’information et la réalité des pratiques : il existe un consensus aujourd’hui sur les modalités logistiques à mettre en œuvre, tels que les entrepôts et les plateformes de partage de données.
      • Une question demeure : quelle répartition des rôles entre les Agences régionales de santé et les établissements hospitaliers ? Jean-François Lefebvre propose de laisser à l’Etat le soin d’organiser la coordination entre établissements de santé et aux GHT, la tâche d’assurer la convergence interne des systèmes d’information.
      • Mr Lefebvre identifie des résistances et des freins persistants « qu’il conviendrait de lever ». Les établissements auront besoins de 12 à 18 mois de travail supplémentaires pour atteindre l’étape intermédiaire de la convergence. « Il faut accélérer nos démarches », rappelle l’orateur, cette accélération étant portée par la demande médicale, et offrir aux médecins un accès facile aux données.
      • Pour les organisateurs des soins, l‘harmonisation des systèmes d’information est essentielle : harmonisation des protocoles, des pratiques médicales, et méthodes de travail seront facteur de qualité et d’amélioration des pratiques.
    • 3.Sécurité : l’ouverture des système d’information place l’enjeu de la sécurité au cœur des préoccupations des directeurs généraux de CHU : J-F Lefebvre constate qu’une culture sur la sécurité des systèmes d’information hospitaliers s’est développée au cours des dernières années.
    • 4.l’intelligence artificielle ouvre des perspectives intéressantes : l’annonce récente de la ministre s’inscrit dans ce sens, la création d’un health data hub est « un chantier vital ». L’IA en imagerie médicale est un enjeux majeur dans un contexte de raréfaction des radiologues.
      • S’agissant des CHU, ils doivent être promoteurs de l’IA en matière d’organisation des soins notamment : Mr. Lefebvre propose de mobiliser les CHU sur la question de l’IA. 
    •  5.facteurs humains : les DSI hospitaliers doivent avoir conscience des enjeux humains des évolutions technologiques, et s’impliquer dans des projets aux cotés des médecins, data scientists, etc. Enfin, des métiers émergent pour assurer la liaison entre les différents acteurs de l’hôpital : il convient à ce titre de mettre en œuvre une nouvelle politique de ressources humaines.

  • Samsung Health (Corée du Sud) lance avec Babylon (UK) une application payante de consultations vidéo

    La société sud-coréenne Samsung et le groupe anglais Babylon Health ont récemment annoncé avoir signé un partenariat pour lancer un service « ask an expert » (« demande à un expert »), qui permettra aux utilisateurs de vérifier leurs symptômes, de recevoir des informations sur la santé physique et les affections courantes mais aussi de prendre des rendez-vous pour des consultations vidéo avec leur médecin.

    Lancé le 31 mai 2018, le service sera disponible via l’application Samsung Health sur les appareils mobiles Samsung Galaxy compatibles.

    « ask an expert » : Un médecin accessible 24h/24

    Avec ce nouvel outil numérique payant, les utilisateurs ont accès à un médecin 24 heures sur 24 mais peuvent aussi gérer et demander des ordonnances en ligne.

    L’application coûte 50 livres (57 € ; 67 US$) par an ou 25 livres (28 € ; 34 US$) pour un rendez-vous unique.

    Babylon multiplie les partenariats avec les entreprises asiatiques

    Par ailleurs, Babylon a établi en avril 2018 un partenariat avec le géant de l’internet chinois Tencent pour l’aider à fournir des évaluations de santé personnelles et des conseils de traitement à travers la Chine continentale.

  • « La radiologie du futur reposera sur le machine learning » (Inserm, Inria, Université de Grenoble)

    Un programme permettant de localiser et de diagnostiquer des tumeurs cérébrales par analyse d’images d’IRM a été développé par une équipe de chercheurs issus de l’Inserm et de l’Inria sous l’égide de l’Université Grenoble Alpes, annonce l’Inserm dans un communiqué publié le 11 juin 2018.

    Le programme innovant a été testé au cours d’une étude sur des rats publiée dans la revue spécialisée en radiologie, IEEE Transactions on Medical Imaging (IEEE-TMI) de janvier 2018, qui a mis en évidence des résultats de haute fiabilité :
    • 100% de localisations exactes de tumeurs ;
    • plus de 90% de diagnostics corrects du type de tumeurs.

    L’équipe travaille à parfaire le développement des outils mathématiques destinés à l’amélioration des capacités d’auto-apprentissage du programme développé.

    L’usage de l’IRM quantitative améliorée par le machine learning à renforcer en usage clinique

    L’imagerie par résonance magnétique (l’IRM) est la technique d’imagerie qui permet d’obtenir l’image la plus fine du cerveau et des caractéristiques des tissus cérébraux. L’imagerie quantitative consiste à établir une cartographie précise de différents paramètres mesurables du cerveau tels le débit sanguin ou le diamètre vasculaire.

    Néanmoins, elle reste peu utilisée en IRM clinique. Emmanuel Barbier, le responsable de l’étude et chercheur de l’Inserm est parti de ce constat :

    « Aujourd’hui, l’obtention d’images quantitatives ne correspond pas à ce qui se fait en routine clinique dans les services d’IRM. Mais, ces travaux montrent l’intérêt d’acquérir ce type d’images et éclairent les radiologues sur les outils d’analyse dont ils pourront disposer prochainement pour les aider dans leurs interprétations. »

    Les chercheurs ont travaillé à la mise au point d’un programme capable de reconnaître les caractéristiques de cerveaux en bonne santé. Dans un deuxième temps, aux images issues de cette opération ont été confrontées des images de cerveaux présentant des tumeurs, ce qui a permis de localiser automatiquement des zones divergeant des images de tissus sains.

    Le travail des chercheurs ne s’arrête pas là, car le programme a été affiné : chaque image de tumeur rentrée dans le programme a été associée à un diagnostic. L’outil a donc été doté de la capacité à identifier les différents types de tumeurs.

    Le défi actuel de l’équipe en charge du projet consiste à rendre l’outil plus performant pour diagnostiquer plus finement et de façon plus fiable les tumeurs.

    Pour aller plus loin

    L’apport de la technique de l’IRM quantitative améliorée par le machine learning dans la cancérologie cérébrale est par ailleurs évaluée actuellement dans le cadre du Plan Cancer porté par l’Inserm, au sein du Programme Hétérogénéité Tumorale et Ecosystème.

    La contribution de ce type d’outils est également en train d’être testée dans le domaine du diagnostic de la maladie de Parkinson. Elle s’inscrit dans le cadre du projet pluridisciplinaire « NeuroCoG » mené par l’Université Grenoble Alpes et bénéficie du financement IDEX (Initiatives d’excellence (IDEX)) du programme des investissements d’avenir.

  • Etude : gagner 8 mois de survie grâce à une application dédiée au cancer du poumon (ASCO)

    Un oncologue français s’est distingué au congrès mondial sur le cancer, l’Asco, qui s’est tenu à Chicago (Etats-Unis) du 1er au 5 juin 2018. Le Dr Fabrice Denis, oncologue à l’institut interrégional de cancérologie Jean Bernard du Mans, a présenté les résultats d’une étude* portant sur une application mobile dédiée au suivi des malades atteints de cancer du poumon. L’algorithme a permis de mieux repérer les récidives et donc d’améliorer la survie de 8 mois.

    Un algorithme pour repérer les récidives de cancer

    Repérer précocement la récidive d’un cancer représente un vrai gain de chance pour le patient. Cette stratégie permet en effet d’entamer les traitements plus tôt et donc d’améliorer les chances de survie. Fort de ce concept, une équipe d’oncologues français a développé une application mobile avec un algorithme pour surveiller les symptômes du cancer du poumon.

    L’application Moovcare permet aux malades de notifier chaque semaine via son ordinateur, sa tablette ou son smartphone, l’apparition éventuelle de 13 symptômes (fatigue, toux, douleur, perte d’appétit, fièvre, etc). Les proches pouvaient également participer à la notification. Quand l’algorithme suspectait une récidive, un email était envoyé à l’oncologue qui pouvait alors vérifier l’état de santé de son patient et programmer un scanner rapidement si nécessaire.

    Résultats

    Quelque 121 patients atteints d’un cancer du poumon de grade III ou IV ont été inclus dans l’étude et randomisé en deux groupes : une moitié utilisait l’application mobile Moovcare et l’autre moitié bénéficiait d’un suivi traditionnel, soit un scanner tous les 3 mois. Des premiers résultats intermédiaires après un an de suivi avaient mis en évidence une amélioration de la survie de 7 mois dans le groupe Moovcare comparé au groupe contrôle (19 mois de survie contre 12).

    « Sur la base des résultats de notre analyse intermédiaire, nous avons émis l’hypothèse que le bénéfice était dû à la détection précoce des symptômes et des rechutes, ce qui a incité un traitement plus précoce et des soins de soutien », a déclaré le Dr Fabrice Denis.

    Lors de l’ASCO 2018, l’oncologue français a donc présenté les résultats définitifs d’un suivi de 2 ans des patients.

    • La médiane de survie était de 23 mois chez les patients suivis par Moovcare
    • Elle était de 14,8 mois dans le groupe contrôle (scanner tous les 3 mois)

    Une demande de remboursement pour l’appli

    Ces résultats définitifs montrent que la surveillance basée sur un algorithme et supérieure à celle de routine. Les résultats sont significatifs même après un suivi de 2 ans. En fait, comme l’avait déclaré le Dr Denis lors de la publication des résultats intermédiaires et de leur présentation à l’Asco 2016, « si la maladie rechute, ce n’est pas forcément le jour du rendez-vous avec l’oncologue ». En outre, les auteurs de l’étude ont cherché à savoir si l’utilisation de l’application suscitait une anxiété chez les patients. En réalité, ils ont déclaré qu’ils étaient rassurés par rapport à un suivi classique, car ils sont connectés directement à l’équipe médicale.

    L’application MoovCare a été développée par l’entreprise Sivan Innovation. Elle est en cours de déploiement dans des sites pilotes en France et bientôt aux Etats-Unis. Un dossier de remboursement a été déposé en mai 2018.

  • Bien-être : la société KaHa développe un t-shirt intelligent avec un institut singapourien

    KaHa, une société singapourienne à l’origine d’une plateforme IoT, a lancé courant mai 2018 un prototype de t-shirt intelligent centré sur l’amélioration du bien-être, conçu en partenariat avec le Singapore Institute of Manufacturing Technology (SIMTech).

    KaHa a travaillé aux côtés de SIMTech en tant que partenaire clé dans le cadre du développement de la technologie et de la chaîne d’approvisionnement pour le dernier projet de collaboration de l’institut de recherche (CIP) portant sur l’innovation dans les vêtements intelligents.

    CIP : un programme pour accélérer l’adoption des technologies avancées

    Le marché mondial de l’habillement s’élève actuellement à 3,6 milliards de dollars US (3,1 Mds €) et, selon le dernier rapport du cabinet de recherche anglais IDTechEx, le marché mondial de la technologie portable devrait atteindre les 160 milliards USD (137 Mds €) d’ici 2025, indique Enterpriseinnovation.net.

    Le programme CIP, axé sur l’électronique hybride flexible (FHE), vise à accélérer l’adoption de technologies avancées afin de tirer parti de l’énorme potentiel de l’électronique portable intelligente et améliorer l’écosystème local dans le domaine du smart wearable. Le secteur de la santé fait partie des domaines ciblés par les deux partenaires.

    Cinq mois pour aider les entreprises à maîtriser la technologie portable

    Au cours du deuxième semestre 2018, KaHa et SIMTech aideront les entreprises locales à comprendre la technologie portable et ses applications ainsi qu’à créer des prototypes intégrant la technologie des vêtements intelligents dans leurs produits.

    KaHa aidera les fabricants locaux à trouver des idées d’application et à les associer pour produire les prototypes du produit souhaité, comme des chaussures ou d’autres vêtements à destination d’un usage personnalisé dans le domaine des soins infirmiers et des soins basiques. L’adoption et l’adaptation des prototypes et des technologies de KaHa devraient réduire le temps de mise sur le marché initial ainsi que les coûts de recherche et de développement pour les fabricants.

    Flexible Hybrid Electronics : surveiller la fréquence cardiaque

    Le prototype de vêtement intelligent co-développé par KaHa et SIMTech se base sur la FHE, un système qui capte les signes vitaux du corps et les transmet à un module intelligent détachable sur les vêtements.

    Le module trie les données, qui sont ensuite partagées sur la plateforme IoT de KaHa pour être analysées.

    Une alerte envoyée aux utilisateurs quand leur fréquence atteint les 80 %

    Le dispositif surveille la fréquence cardiaque des utilisateurs et les alerte automatiquement lorsque leur fréquence maximale individuelle atteint les 80 %.

    Une application possible dans certaines industries spécialisées

    Il suit également les résultats de l’électrocardiogramme (ECG) intégré au produit et la capacité aérobie maximale (VO2 Max) de l’utilisateur.

    La technologie peut être étendue pour capter d’autres données biométriques, telles que la pression artérielle et la respiration. Les applications peuvent aller, par exemple, de la performance sportive au suivi de l’état de santé et du bien-être au quotidien mais aussi à l’élaboration d’uniformes pour des industries spécialisées où les employés doivent effectuer un effort physique important, comme dans le secteur de la construction.

    « La technologie portable devient invisible et intégrée dans les vêtements »

    « La technologie portable devient invisible et intégrée dans les vêtements, les bijoux et tous les accessoires portables, se félicite Pawan Gandhi, fondateur et P.-D.G. de KaHa (source : Enterpriseinnovation.net). En [le présentant de manière discrète] et en l’intégrant de façon transparente dans la vie quotidienne, nous apportons l’internet des objets aux consommateurs à un tout autre niveau. Dans le cas des vêtements de sport, cela aidera les gens à atteindre leur plein potentiel en matière de performance physique et de bien-être. Avec ce [concept de t-shirt], nous ouvrons la porte à de nombreuses applications possibles au-delà des vêtements de sport. »

  • Wellness: KaHa develops a smart t-shirt with a Singapore Institute

    KaHa, a Singapore-based end-to-end smart wearable IoT platform company, launched in May 2018 a prototype of smart wearable body and wellness-monitoring T-shirt, designed in partnership with the Singapore Institute of Manufacturing Technology (SIMTech).

    KaHa has been working alongside SIMTech as a key strategic technology and supply chain partner for the research institute’s latest Collaborative Industry Project (CIP) on smart apparel innovation.

    CIP: a program to accelerate the adoption of advanced technologies

    The CIP program, focused on flexible hybrid electronics (FHE), aims to accelerate the adoption of advanced technologies in order to take advantage of the huge potential of smart wearable electronics and contribute to improving the local smart wearable manufacturing ecosystem. Health and wellness sectors are among the main areas targeted by both partners.

    The global apparel market is currently stands a US$3.6 billion (€3.1bn) and the latest IDTechEx report predicts that the global wearable tech market to reach US$160bn (€137bn) ) by 2025, Enterpriseinnovation.net said.

    Five months to help businesses master wearable technology

    During the second semester of 2018, KaHa and SIMTech will help businesses understand wearable technology and their applications as well as create prototypes that integrate smart apparel technology into their products.

    KaHa will help guide local manufacturers, brainstorm for application ideas, and partner them to spin-off the prototypes for the manufacturer’s desired product, such as footwear or other clothing intended for customized use in nursing and healthcare. Adoption and adaption of KaHa prototypes and technologies reduce the initial go-to-market time as well as research and development costs for manufacturers.

    Flexible Hybrid Electronics: monitoring heart rate

    Co-developed by KaHa and SIMTech, the smart apparel prototype has printed Flexible Hybrid Electronics, a system that captures body vitals and transmits it to a detachable smart module on the apparel.

    The module cleans the data, which is then shared with KaHa’s IoT platform for analysis.

    An alert is sent to users when their heart rate reaches 80%

    The device monitors users’ heart rate and automatically alerts them when their individual maximum prescribed heart rate reaches 80%.

    A possible application in some specialized industries such as construction

    It also tracks ECG and maximum aerobic capacity (VO2 Max). The technology can be extended to cover other biometric data such as blood pressure and breathing patterns, which will have various applications, from sports performance to health and wellness, for example, and uniforms for specialized industries such as construction.

    « Wearable technology is becoming invisible and incorporated within clothing »

    « Wearable technology is becoming invisible and incorporated within clothing, jewelry and across all wearables, » said Pawan Gandhi, founder and CEO of KaHa (source: Enterpriseinnovation.net). « By becoming inconspicuous and seamlessly weaving it into everyday life, we are bringing the Internet-of-Things to consumers at an entirely different level. In the case of sportswear, this will help people reach their full potential in fitness performance and wellness. With this prototype T-shirt as concept, we open the door to many possible applications beyond sports apparel. »

  • Vivalto Santé lance une appli d’aide à la préparation de l’hospitalisation et au suivi des patients

    Vivalto Santé a annoncé, dans un communiqué daté du 31 mai 2018, le lancement d’une application de préparation et de suivi de l’hospitalisation destinée aux patients : Vivalto Santé mobile.

    Après la commercialisation de son serious game ChimioOrale en 2016, le groupe veut, par cette nouvelle application, poursuivre le déploiement de ses projets de digitalisation. Vivalto Santé rejoint ainsi dans ce domaine d’autres entreprises, qui ont également récemment choisi de développer des outils numériques d’accompagnement de l’hospitalisation, notamment Ramsay Générale de Santé (qui avait lancé, il y a un an, Ramsay services, plateforme numérique de services pour les patients et accompagnants des personnes hospitalisées) ou la start-up Satelia (qui déploie à Bordeaux une plateforme de télésuivi en chirurgie ambulatoire).

    Fonctionnalités de l’application Vivalto Santé Mobile

    Pour aider les patients à préparer leur hospitalisation, les suivre au cours de cette hospitalisation puis lors du retour à leur domicile, l’application propose :

    • d’« accéder à l’annuaire de tous les praticiens d’un établissement », de prendre rendez-vous en ligne avec ces professionnels recensés dans l’application et de suivre son « agenda synchronisé des rendez-vous de consultations » ;
    • de procéder à « son admission administrative complète en ligne » en prenant en photo les documents requis (justificatif d’identité, carte vitale) ;
    • de « préparer son séjour depuis son domicile » : par cette fonctionnalité, le patient peut s’assurer de la réception et de la complétude de son dossier, et éventuellement sélectionner certains services d’hôtellerie pour son hospitalisation (réservation d’une chambre individuelle, accès à la télévision, commande de repas supplémentaires pour les accompagnants, etc.) ;
    • de « garantir le suivi du parcours de soins », via plusieurs fonctionnalités d’Ambulis (Rhadius) (« recommandations et services liés à l’intervention ou l’hospitalisation en amont ou en aval du séjour ») que Vivalto Santé a intégrées à son application ;
    • de « régler le solde du séjour » par un paiement à distance.

    Modalités de fonctionnement de cet outil

    Supports de fonctionnement

    L’application est téléchargeable gratuitement. D’après le communiqué de Vivalto santé, elle fonctionne sur PC, Mac, smartphones et tablettes.

    Un réseau de partenariats formés entre Vivalto Santé et 26 établissements de santé (notamment en régions Bretagne, Normandie, Ile-de-France, Nouvelle Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes, soit 1 700 praticiens ou 3 800 lits, places et postes) alimente par ailleurs l’application.

    Interaction avec l’outil

    Outre l’affichage d’un agenda digital et la possibilité de payer en ligne, l’application permet :

    • d’échanger des informations par SMS avec les établissements ou les praticiens ;
    • de répondre à des questionnaires ;
    • de prendre des photos, tant pour réaliser son administration en ligne que pour enrichir le dossier médical du patient, ces photos pouvant « générer ou non des alertes auprès des équipes soignantes pour assurer un […] suivi du patient » ;
    • prendre des constantes, dans le cadre du suivi du patient.

    Le groupe Vivalto santé affirme par ailleurs que cette application est sécurisée.