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  • Australie : une appli mobile basée sur le cloud pour détecter l’autisme précocément

    Le Centre australien de recherche sur l’autisme Olga Tennison (OTARC) de l’Université de La Trobe (Melbourne) a lancé en 2016 avec la Fondation Salesforce une application aidant les parents à détecter à un stade précoce l’autisme chez leur(s) enfant(s).

    Le but n’est pas de remplacer l’évaluation professionnelle mais d’encourager les parents à consulter plus rapidement un médecin en cas de doute.

    Les premiers retours étant positifs, l’application est actuellement en plein essor. Après avoir été lancée début 2016 en Australie, aux États-Unis, en Russie et au Royaume-Uni, elle est sur le point d’être traduite dans différentes langues à travers le monde, aussi bien en Asie qu’en Europe.

    ASDetect : une appli pour inciter les parents à prendre RDV avec un médecin au plus tôt

    Un partenariat entre l’Université de La Trobe et la Fondation Salesforce

    Le 20 février 2015, les autorités de l’Université de La Trobe rencontrent Salesforce et lancent l’idée d’un partenariat. Objectif : créer une application mobile fonctionnant sous iOS et Android afin d’aider les parents à détecter les premiers signes de l’autisme chez leur(s) enfant(s). Son nom : ASDetect.

    Le programme a été commandité par la Fondation Salesforce, une ONG qui effectue des dons de technologies et de ressources. Huit employés de l’organisation issus du monde entier (Atlanta, Singapour, Washington…) se sont mobilisés pour le projet.

    L’objectif est de créer une application au design simple pour que les parents puissent l’utiliser sans formation poussée.

    Concrétement, ASDetect propose aux parents de suivre et d’enregistrer les données recueillies à partir de l’observation de leur(s) enfant(s) âgé(s) de 11 à 30 mois. Le service fournit une assistance et des conseils basés sur les recherches effectuées par l’OTARC sur les troubles du spectre de l’autisme (TSAs).

    Des vidéos d’évaluation pour aider les parents à détecter plus tôt l’autisme de leur enfant

    La fonctionnalité centrale de l’application est l’intégration de séquences vidéo présentant des évaluations cliniques réelles. Grâce à ces films, les parents peuvent ainsi mieux repérer quels sont les comportements qui doivent les alerter.

    • 1. Un questionnaire d’évaluation leur est proposé. Ils doivent s’interroger sur différents aspects du développement de l’enfant : répond-il au contact visuel lorsqu’on l’appelle par son prénom ? Quel est sa part d’engagement lorsqu’un jeu de simulation est lancé ? Etc.

    Pour chaque question, les parents peuvent visionner deux vidéos : l’une montrant un enfant atteint d’un TSA, l’autre présentant les réactions d’un enfant au développement normal.

    • 2. Les réponses au questionnaire sont ensuite envoyées à la base de données de l’OTARC. Le groupe de recherche les analyse puis envoie aux parents un e-mail personnalisé présentant les résultats. S’il perçoit un risque de TSA, il recommande aux parents d’aller consulter un médecin pour effectuer un diagnostic plus détaillé.

    Le Dr. Josephine Barbaro, chercheuse à l’OTARC, clarifie : ASDetect ne peut pas remplacer une évaluation professionnelle approfondie mais peut aider la parents à passer un cap, à oser demander l’aide d’un professionnel de manière plus précoce.

    L’appli ASDetect a été créée à la suite d’une étude menée sur le terrain

    Le trouble du spectre autistique (TSA) désigne l’ensemble des troubles de développement neurologique pouvant nuire à la capacité d’un individu à apprendre et à intégrer les codes sociaux de l’environnement qui l’entoure.

    Il est en général diagnostiqué quand l’enfant est âgé entre 4 et 6 ans.

    Le développement des enfants diagnostiqués dès 24 mois est meilleur qu’en l’absence de diagnostic

    Un dépistage plus précoce pourrait impacter de manière positive l’évolution du trouble et améliorer les conditions de vie de l’enfant. Des recherches menées par l’Université La Trobe portant sur 48 enfants diagnostiqués à l’âge de 24 mois et traités ultérieurement démontrent que les niveaux d’incapacité intellectuelle et de développement étaient beaucoup plus bas au moment où les enfants atteignaient l’âge scolaire : 64 % au moment du diagnostic contre 8 % deux ans plus tard.

    « Le cerveau est malléable, en particulier au début de la vie (…), a commenté le Dr. Barbaro lors du lancement d’ASDetect. Intervenir très tôt peut minimiser l’impact de l’autisme sur un enfant en développement, en particulier en ce qui concerne ses capacités d’apprentissage. Nous voulons que l’enfant grandisse et apprenne sans entrave. »

    ASDetect : du programme papier à l’application mobile

    Le Dr. Barbaro participe à des recherches sur le dépistage précoce des TSAs depuis 2006. Les résultats de ses travaux ont notamment mené à la mise en place d’un programme de dépistage précoce intitulé « Social Attention Communication Surveillance ».

    Son but : former les infirmières évoluant au sein du système de santé maternelle et infantile de Melbourne, en Australie, pour qu’elles puissent identifier les signes précoces de l’autisme chez les enfants âgés de 12 à 24 mois.

    Bilan : 81 % des enfants pour qui un risque d’autisme avait été signalé ont finalement été diagnostiqués atteints d’un TSA, précise le Pr. Cheryl Dissanayake, fondatrice et directrice de l’OTARC.

    Mais le programme se heurte à quelques problèmes, dont un central : le manque de praticité du support papier. « Beaucoup de parents ne pouvaient pas saisir le programme sur papier et, par conséquent, ne pouvaient pas répondre convenablement [au questionnaire d’évaluation] », a expliqué le Pr. Dissanayake à l’occasion d’une présentation d’ASDetect.

    L’équipe de l’OTARC réfléchit alors à une meilleure présentation du programme, permettant aux parents d’effectuer eux-mêmes la détection précoce de l’autisme chez leur(s) enfant(s). C’est alors que naît l’idée d’une application mobile intégrant les éléments des recherches réalisées par le Dr. Barbaro.

    ASDetect se développe à l’échelle internationale

    L’application a été lancée le 14 février 2016 en Australie. Depuis :

    • elle a été téléchargée plus de 10 000 fois dans le monde entier, de l’Australie aux États-Unis, en passant par le Royaume-Uni et la Russie ;
    • environ 4 500 enfants ont été évalués à l’aide de l’application. Une enquête de suivi indique que 60 % des parents dont l’enfant a été diagnostiqué par ASDetect ont ensuite pris un rendez-vous avec un médecin.

    Face à ces premiers résultats concluants, l’OTARC a reçu des demandes de collaboration de différents pays afin de traduire l’application dans plusieurs langues, notamment en bahasa indonésien, en mandarin, en japonais, en polonais et en espagnol, afin de toucher un public encore plus large.

  • Numérique : un poste d’expert de haut niveau créé à la Direction de la Sécurité sociale

    Un poste d’expert de haut niveau sur les questions relatives au numérique et à l’utilisation des données sur le champ de la sécurité sociale auprès du directeur de la Sécurité sociale a été créé et publié au Journal officiel du 6 janvier 2016.

    Assurant une fonction de « conseil et d’expertise », le titulaire de l’emploi aura notamment les missions suivantes :
    • coordonner le suivi des projets liés à l’e-santé au sein de la Direction de la Sécurité sociale ;
    • suivre les projets de développement du numérique dans le service public de la sécurité sociale et ceux concernant l’utilisation des données et leur politique d’ouverture.

    Le poste est ouvert aux fonctionnaires de catégorie A+, qui ont un délai d’un mois pour candidater.

  • Nantes inaugure son hôtel d’entreprises biotech

    Ambitionnant de devenir un véritable carrefour de la recherche et de l’innovation en santé à l’échelle nationale et européenne, la métropole nantaise a inauguré Nantes Biotech le 6 janvier 2017.

    Il s’agit d’un hôtel d’entreprises ouvert aux sociétés de la filière santé/biotechnologies, qui s’inscrit dans le cadre du projet de Quartier de la Santé, à proximité du futur CHU.

    L’immeuble a été conçu en adoptant la morphologie des bâtiments industriels innovants, pour répondre aux besoins spécifiques des entreprises de ce secteur. Certaines sont déjà en place (Ose immunotherapeutics, Atlangram, Horama et Olmix).

    Un Quartier de la Santé pour favoriser le continuum soin, recherche et enseignement

    Le CHU de Nantes est actuellement réparti sur neuf sites de l’agglomération. Le projet de nouvel hôpital, dont la construction est prévue pour 2020-2026, permettra de regrouper sur un site unique toutes les activités de court séjour, et de doter ainsi la métropole nantaise d’un véritable campus hospitalo-universitaire en cœur d’agglomération.

    Dans cette perspective, la métropole a inauguré en même temps que Nantes Biotech l’IRS 2, pôle de recherche dont les activités sont axées sur les maladies infectieuses et les biostatistiques.

    Financement des deux programmes immobiliers (en M€)

    • IRS 2 :
      • État : 5
      • Région Pays de la Loire : 2,334
      • Conseil Départemental de Loire Atlantique : 3,333
      • Nantes Métropole : 3,333
      • FEDER : 6
    • Nantes Biotech :
      • Région des Pays de la Loire : 8,5
      • FEDER : 1,7
      • FCTVA : 2

  • GHT : retour sur l’année 2016

    Périmètre des GHT, carte des logiciels de DPI et GAM utilisés par les établissements support de GHT, interviews de DSI… Health&Tech Intelligence vous propose une sélection de ses analyses sur la constitution des GHT en 2016.

  • Conseil stratégique du numérique en santé : installation prévue le 24 janvier 2017

    Le conseil stratégique du numérique en santé sera installé le 24 janvier 2017, selon des informations recueillies par Health&Tech Intelligence.

    Il comprendra 44 membres, représentant les professionnels et établissements de santé, les patients, les industriels, les administrations et opérateurs, la filière académique, et des personnalités qualifiées.

    Il devrait être présidé par la DSISS.

    La création du conseil stratégique du numérique en santé a été annoncée par Marisol Touraine, ministre de la Santé, dans le cadre de la présentation de la stratégie e-santé 2020 en juillet 2016.

    Les organismes faisant partie du conseil stratégique du numérique en santé sont les suivants :

    Professionnels et établissements de santé

    • Conseil national de l’ordre des médecins
    • Conseil national de l’ordre des pharmaciens
    • Conseil national de l’ordre des sages-femmes
    • Conseil national de l’ordre des chirurgiens-dentistes
    • Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes
    • Conseil national de l’ordre des pédicures-podologues
    • Conseil national de l’ordre des infirmiers
    • Fédération Hospitalière de France
    • Fédération de l’Hospitalisation Privée
    • Fédération des Etablissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne privés non lucratifs
    • Fédération Nationale des Etablissements d’Hospitalisation A Domicile
    • UNICANCER

    Patients

    • CISS (2 représentants)
    • Conférence nationale de santé

    Industriels

    • FEIMA
    • France e-health tech
    • LEEM
    • LESISS
    • SNITEM
    • Syntec numérique

    Administrateurs et opérateurs

    • DSISS
    • Délégué ministériel à l’innovation
    • Déléguée au service public d’information en Santé
    • Asip Santé
    • Direction générale de l’offre de soins
    • Direction générale de la Santé
    • Direction générale de la cohésion sociale
    • Direction de la Sécurité sociale
    • DREES
    • Direction générale des entreprises
    • ARS (1 représentant)
    • CNAM
    • CNSA
    • Santé publique France
    • ANSM
    • HAS

    Filière académique

    • Aviesan
    • Conférence des doyens des facultés de médecine
    • Fédération des spécialités médicales

    Personnalités qualifiées

    • Président du conseil national du Numérique
    • Président du CATEL
    • Président de la Société française de télémédecine
    • Président de l’association française d’informatique médicale

  • Pacte métropolitain d’innovation de Montpellier : 7,1 millions d’euros pour la santé

    Jean-Michel Baylet, ministre de l’Aménagement du Territoire et Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, ont signé jeudi 5 janvier un pacte métropolitain d’innovation. Il comprend notamment un volet innovation, avec 7,1 millions d’euros destinés à soutenir les projets de recherche en santé du territoire.

    Les projets soutenus dans le volet innovation sont :

    • Des incubateurs portés par le CHU ou l’ IGH en partenariat avec l’Inserm:
      • Incubasciences, un projet de pépinière, favorisant les collaborations entre chercheurs,cliniciens, industriels et étudiants.
      • Le Bio-incubateur CYBORG, une start-up de biotechnologie pour la médecine régénératrice et les thérapies innovantes
    • Des plateformes technologiques portées par l’université ou la métropole :
      • Reconfiguration de l’Université de Montpellier afin d’intégrer dans sa structuration un REDSAIM.
      • Création d’un pôle autonomie santé à Lattes, centre d’excellence européen de recherche autour de l’autonomie des personnes.
    • Des équipements innovants portés par l’ICM ou le CHU :
      • Achat d’un IRM innovant, Sunfair, pour associer des instituts et des entreprises et encadrer la recherche et la formation de l’ensemble des acteurs associées au programme.
      • Développement de la recherche et de l’innovation thérapeutique en neuroradiologie interventionnelle, par la création d’une salle d’angiographie cérébrale hybride unique en Europe.

    Le pacte entre l’État et les 15 métropoles françaises, signé par le Premier ministre le 6 juillet 2016,  prévoyait une démarche d’appui au déploiement de stratégies innovantes et des moyens financiers : en 2017, 150 M€ du FSIL seront consacrés par l’État aux pactes métropolitains d’innovation. Le pacte montpelliérain est le troisième signé.




  • Technologies médicales : fusion de deux associations européennes dans MedTech Europe

    Le regroupement des industries de technologies médicales en une seule entité européenne, c’est ce qu’a annoncé MedTech Europe le 4 janvier 2017.

    Les membres d’EDMA, syndicat de l’industrie du diagnostic in vitro à l’échelle européenne, et d’Eucomed, association regroupant des fabricants de technologies médicales, ont voté la dissolution de leurs associations européennes respectives pour créer MedTech Europe, nouvelle entité unique représentant le secteur européen de la technologie médicale, du diagnostic à la guérison.

    Medtech Europe se donne trois objectifs :

    • Être la voix européenne des industries de la technologie médicale.
    • Renforcer la reconnaissance du rôle de la technologie médicale quant aux solutions innovantes et efficaces face aux besoins croissants des patients et fournisseurs de soins de santé.
    • Être un des acteurs clés de la sphère européenne et un meilleur miroir de l’environnement de la santé.

    « MedTech Europe fournira une contribution constructive et essentielle à tout débat européen autour de la santé, étant donné que notre industrie se penche sur l’ensemble de l’écosystème de la santé et sur une approche entièrement axée sur le patient. MedTech Europe continuera de fournir services et expertise spécifiques en termes de diagnostic. Nous avons encore plus de raisons et de ressources pour nous engager davantage dans des thèmes de santé avant-gardistes, y compris la digitalisation et des technologies disruptives telles que l’impression 3D et les soins de santé intégrés », a déclaré Serge Bernasconi, PDG de MedTech Europe.

  • Achat hospitalier : l’innovation, une priorité (dossier)

    L’achat innovant est désormais une priorité clairement affichée tant du côté des pouvoirs publics que des acheteurs. Sourcing des innovations, nouvelles procédures d’achat, diffusion des innovations… Health&Tech Intelligence fait le point sur le sujet dans un dossier consacré à l’achat hospitalier.

    Au sommaire du dossier :

    • La porte d’entrée de l’innovation
    • Paroles d’experts
    • Une organisation empirique
  • La porte d’entrée de l’innovation

    L’hôpital est bien souvent synonyme d’innovation. C’est là que les dernières molécules ou technologies médicales sont expérimentées à travers la recherche clinique. Seules des politiques d’achat ambitieuses et volontaristes permettront une diffusion de masse d’une innovation, et au plus grand nombre d’y accéder. Préoccupation nouvelle, l’achat innovant est désormais une priorité clairement affichée tant du côté des pouvoirs publics que des acheteurs.

    Le rôle des groupements d’acheteurs hospitaliers

    La mesure 32 du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi affirme le principe de « l’Etat, acheteur exemplaire» afin de stimuler l’innovation et d’accompagner le développement des PME innovantes. Le  gouvernement s’est engagé à atteindre en 2020 un volume de 2% de la commande publique de la part de l’État, de ses opérateurs et des hôpitaux.

    Un décret du 26 septembre 2014 a également introduit dans le code des marchés publics le « partenariat d’innovation », un dispositif qui permet de faciliter la passation de marchés publics à visée innovante et d’aider les acheteurs publics à mieux utiliser leurs marchés pour stimuler l’innovation.

    Cette politique est mise en œuvre sur le terrain par les  groupements d’acheteurs hospitaliers tant publics que privés qui, à travers la mutualisation, jouent un rôle d’accélérateur en facilitant l’identification, l’évaluation et surtout la diffusion des innovations parmi leurs adhérents.

    Recenser les solutions innovantes

    La centrale d’achat francilienne ResaH a ainsi été le coordonnateur d’HAPPI (Healthy Ageing Public Procurement of Innovations), le premier appel d’offres transfrontalier lancé par sept centrales d’achat hospitalières européennes.

    Ce programme avait pour objectif de repérer au niveau européen les solutions permettant de prévenir et de guérir les chutes des personnes vieillissantes. Une plateforme a été développée pour recenser les solutions existantes ou en cours de finalisation, qui ont ensuite été évaluées ; les marchés ont attribués à trois PME innovantes, dont deux françaises.

    Le premier consistait en un système de détection de chute novateur, la solution « Visualisation et Alerte de Chute» (VAC) de la PME française C2S.  Le parcours de marche DM3 de la PME française Alter Éco Santé, atelier d’équilibre qui permet de recouvrer de l’autonomie et de réduire la peur de la chute, ainsi que le C-Mill, tapis de rééducation à la marche de Forcelink, ont été les deux autres titulaires des marchés HAPPI.

    Le Resah gère également les programmes d’achats innovants liés au programme TerriSanté, l’un des cinq programmes Territoires de Soins Numériques actuellement en expérimentation.

    La plateforme HAPPI est désormais utilisée sous le nom de www.innovation-sante-autonomie.fr, pour recenser les solutions innovantes dans le domaine de la santé et de l’autonomie.

    Les achats pré-commerciaux

    L’achat d’innovation ne pas que les seuls produits commercialisés. Il englobe également des achats pré-commerciaux. Dans ce cas, les procédures d’achat doivent être engagées avant même que le produit ne soit sur le marché. C’est le cas de RELIEF, lancé également par le ResaH, en partenariat avec des acheteurs suédois et espagnols, dans le but de susciter des solutions digitales permettant au patient de prendre en charge à domicile le traitement de la douleur dans les maladies chroniques.

    Il faut aussi signaler que le groupement francilien a été le premier opérateur à avoir appliqué dans le domaine de la santé le tout nouveau dispositif de partenariat innovation dans le domaine du numérique pour le compte du GCS Sesame d’Ile de France.

    30 000 € pour les start-up innovantes

    Intervenir le plus en amont possible, c’est aussi le souci d’UniHA, le groupement d’achat qui rassemble les CHU et les grands centres hospitaliers. Une somme de 30 000 € est ainsi consacrée chaque année pour aider les start up innovantes à documenter leur dossier, une pratique inaugurée avec succès récemment avec la start-up lilloise ATH Medical sur une solution de traçabilité permettant de recomposer de manière automatisée les boîtes d’ancillaires. Une sorte d’avance sur chiffre d’affaires qui a permis d’amorcer la pompe. « Un système gagnant/gagnant », se félicitent ses promoteurs.     

    Faciliter l’accès des établissements à l’innovation

    Du côté de l’UGAP, où le volume des achats concernant la santé et le médico-social représente le quart des commandes, on s’est doté récemment d’un pôle innovation avec des ressources dédiées. Depuis l’an dernier, l’UGAP lance également deux appels d’offres par an dédiés à l’innovation dans lesquels le caractère innovant compte pour 30% dans la note du candidat. Cela a permis d’identifier des solutions innovantes sur des sujets tels que la personne âgée, l’e-santé ou la télémédecine.

    En complément de la promotion de l’innovation technologique, la centrale d’achat public a également mis en place des formules de financement qui facilitent l’accès des établissements à l’innovation. C’est le cas du dispositif de « facturage collaboratif » qui permet à une start up d’être payée dans un délai d’1 jour, la centrale d’achat publique jouant ainsi un rôle de banquier. Signalons aussi des formules de location ou de crédit-bail intéressantes pour des établissements aux capacités d’investissement limitées.

    Enfin, depuis la fin janvier 2016, l’UGAP a ajouté à son catalogue une offre de conseil en organisation immédiatement actionnable qui permet à une innovation nécessitant un environnement organisationnel d’entrer rapidement dans l’établissement.

  • Paroles d’experts

    Dominique Legouge, directeur du GIP ResaH

    « Le rôle de l’acheteur est de gérer l’interface entre les industriels et les établissements de santé. Ce rôle doit commencer dès l’émergence d’un produit ou d’un service innovant. L’acheteur est pleinement légitime sur le sujet de l’innovation. Il n’intervient pas seulement lorsque le produit ou le service est sur le marché, il peut intervenir avant. Plus tôt il intervient dans la chaine de développement d’une innovation, plus il sera efficace. Il doit être capable sur un sujet donné de faire du sourcing c’est à dire d’identifier les solutions disponibles ou en cours de mise au point. Au ResaH on a fait une part importante à l’innovation dans les politiques et stratégies d’achat. La règlementation nous donne à cet égard tous les outils nécessaires ».

    Philippe MARCHAND, directeur de projet, spécialiste du monde hospitalier à l’Ugap

    « L’UGAP n’intervient pas au niveau de la maturation de l’innovation. Son rôle est  plutôt de faciliter l’accès aux marchés publics des solutions innovantes. Son positionnement est de détecter des solutions innovantes et de les promouvoir à travers son réseau commercial. A titre d’exemple nous étions présents lors de la dernière Paris Healthcare Week à travers un village d’Innovation avec plusieurs Start up. Nous leur permettons d’accéder au marché hospitalier ».

    Nicolas Roux, responsable achat stratégique UniHA

    « Nos axes pour juger une innovation, c’est la qualité du service rendu au patient, l’amélioration de l’attractivité de l’hôpital et de sa marge. C’est la combinaison de ces trois critères qui nous permettra de sélectionner une innovation ».