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  • L’Ordre des médecins met en demeure Qare « de faire cesser la publicité sur la télémédecine »

    Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a pris la décision de mettre en demeure la société Qare de cesser la publication d’encarts publicitaires relatifs à la télémédecine. L’instance a annoncé dans un communiqué daté du 8 octobre 2018 cette décision prise à l’occasion de sa session plénière tenue les 27 et 28 septembre 2018.

    L’Ordre a fait savoir qu’il se félicitait de l’entrée dans le remboursement de droit commun des actes de télémédecine mais rappelle qu’il condamnera toute tentative de publicité commerciale y étant relative.

    Cette mise en demeure s’inscrit dans la volonté du Cnom de maintenir son engagement contre toute action qu’il juge équivalente à de « l’ubérisation du système de santé via des moyens numériques ». Il rappelle également qu’il se permettra de « mettre en œuvre toute voie de droit nécessaire contre toute société qui s’affranchirait des dispositions précises de la réglementation en vigueur pour promouvoir des offres de nature commerciale ».

    Le Conseil national de l’ordre des médecins a considéré que la publicité mise en place par Qare était « fallacieuse quant à l’intégration des services proposés dans le parcours du soin pour tous les patients – et donc à leur prise en charge par l’Assurance maladie ».

  • Les pharmaciens déplorent l’absence du numérique dans le décret sur les services et les prestations

    Le 5 octobre 2018, après la parution au Journal officiel de la République française du décret n°2018-841 du 3 octobre 2018 relatif aux conseils et prestations pouvant être proposés par les pharmaciens d’officine dans le but de favoriser l’amélioration ou le maintien de l’état de santé des personnes (cf lien ci-contre), la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a déploré que n’aient pas été inscrits dans ce texte des services liés au numérique.

    Inscrit dans la loi HPST il y a neuf ans, ce texte avait pour objectif d’aider les pharmaciens d’officine à valoriser leurs compétences par des prestations facultatives non nécessairement conventionnelles. Les efforts de nombreux pharmaciens d’officine dans le domaine de la e-santé auraient justement pu relever de ces prestations facultatives. Voilà pourquoi le FSPF a « [regretté] que l’utilisation par le pharmacien d’officine des outils numériques ne soit pas abordée dans ce décret« .

    Si le syndicat aurait par ailleurs « souhaité que le décret intègre certaines missions susceptibles d’être exercées au domicile du patient par le pharmacien d’officine, comme la gestion de l’armoire à pharmacie, l’évaluation des besoins des patients en termes de matériel médical (MAD) ou la livraison à domicile », d’autres mesures telles que l’ajout de la mission de participation à des actions d’évaluation en vie réelle des médicaments, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique en collaboration avec les autorités sanitaires, confirment tout de même, aux yeux du syndicat, « le rôle du pharmacien d’officine en tant que garant de la sécurité des produits de santé« .

    Contenu du décret

    Comme le rappelle un article paru dans le Moniteur des pharmacies le 5 octobre 2018 après la parution du décret, celui-ci met en avant « 5 missions ». Ainsi, il pourra incomber au pharmacien :

    • de mettre en place des actions de suivi et d’accompagnement pharmaceutique visant à éviter l’iatrogénie, promouvoir le bon usage des médicaments et le suivi de l’observance, « en procédant à l’analyse des informations relatives au patient et à ses traitements », ces informations devant être formalisées et éventuellement, si le patient y consent, transmises au médecin traitant ;
    • d’être à l’initiative d’actions de prévention et de promotion de la santé « parmi les domaines d’action prioritaires de la stratégie nationale de santé » ;
    • de participer à l’évaluation en vie réelle de médicaments, de dispositifs médicaux et d’innovations thérapeutiques, en collaboration avec les autorités de sanitaires ;
    • de contribuer au dépistage des maladies infectieuses et des maladies non transmissibles ;
    • de prendre part à la coordination des soins.

    « Le texte précise que le pharmacien doit disposer de locaux permettant la confidentialité des échanges avec les patients. Il prévoit par ailleurs une obligation de formation et d’actualisation des connaissances pour chacune des prestations définies », explique par ailleurs le Moniteur des pharmacies.

  • L’ANFH veut mettre en place une formation aux risques et enjeux du numérique pour les hospitaliers

    L’Association nationale pour la formation permanente du personnel hospitalier (ANFH) a annoncé dans un communiqué publié le 26 septembre vouloir mettre en place un dispositif d’accompagnement des agents de la fonction publique hospitalière afin de les « prévenir » face aux risques numériques et « tendre vers un usage numérique responsable dans les établissements publics de santé ». Intitulé « Ethique 2.0« , il est porté par les délégations ANFH de Corse et de Haute-Normandie.

    L’outil comprendra des ateliers de sensibilisation en établissement pour tous les agents intéressés et une formation mobile learning donnant les clés pour un usage raisonné du numérique. Ils seront proposées à partir du début de l’année 2019.

    Le dispositif permettra par ailleurs aux directions et aux encadrants d’assister à des conférences managériales, qui seront présentées d’ici la fin de l’année.
    Il inclura également des conférences sur le « secret professionnel ou le devoir de réserve bafoué sur les réseaux sociaux », « l’atteinte à l’image du professionnel, des usagers ou de l’établissement sur les réseaux sociaux », « les risques numériques pour l’établissement (objets connectés mal utilisés, piratage, virus informatiques etc.) » ou encore « l’utilisation du smartphone pendant l’acte de soins ».

  • Présentation du projet de construction d’un nouveau CHU de Caen Normandie connecté et intelligent

    Le CHU de Caen Normandie a présenté le 21 septembre 2018 son projet de construction du Nouveau CHU de Caen Normandie, projet lancé officiellement en décembre 2016 par la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine dans l’objectif de « moderniser significativement l’offre hospitalière publique de la région Normandie ».

    Ainsi, les élus locaux et nationaux, les professionnels de santé de l’établissement et de la région présents lors de cet exposé ont ainsi pu apercevoir une volonté de modernisation de l’hôpital, qui sera connecté et devra permettre de « faciliter le lien avec ses partenaires », de garantir des parcours patients fluides notamment au moyen d’une organisation des flux « structurée et lisible ». Le développement des prises en charge ambulatoires figure également parmi les « éléments structurants du projet ».

    Entré en juillet 2018 en phase opérationnelle, ce projet de construction dont le budget s’élève à 502 millions d’euros devrait permettre, d’après le calendrier prévisionnel, d’engager de premiers travaux en 2020, et d’accueillir des premiers patients en 2026.

    Un nouveau CHU connecté et innovant

    Le CHU de Caen Normandie souhaite que ses prochains locaux soient « digitaux » et « performants« .

    En effet, l’automatisation des process et la conception de bâtiments intelligents répondant tant aux besoins des patients qu’à ceux des professionnels de santé devra favoriser « l’interaction entre les patients et les équipes soignantes à toutes les étapes de la prise en charge », explique le CHU dans un communiqué de presse émis le 21 septembre 2018. 

    En outre, le plateau technique du nouveau CHU sera composé de 35 blocs opératoires et de 26 salles d’imagerie mettant à disposition des professionnels des équipements de pointe, au bénéfice des patients. 

    Coordination du parcours patient et liaison-hôpital ville

    Le nouveau CHU sera construit dans des objectifs d’accessibilité, de simplicité et d’efficacité, explique le communiqué.

    Concrètement, l’objectif est de pouvoir garantir des parcours patients simples et adaptés, que la prise en charge requiert une simple consultation, une hospitalisation complète en service, aux urgence ou ambulatoire.

    Par ailleurs, l’ouverture de l’hôpital sur la ville constitue un enjeu important du projet visant à favoriser la cohérence des parcours liant les spécialistes hospitaliers aux acteurs de ville. « Le lien ville-hôpital […] sera renforcé et permettra in fine de rationaliser les interfaces pour que le patient bénéficie de la meilleure prise en charge », annonce ce même communiqué.

    Dans ce cadre et dès aujourd’hui, la mise en place de la télémédecine et du dossier patient partagé devrait permettre au CHU de Caen Normandie de développer l’accessibilité, le partage de l’information, la transversalité et un meilleur accès aux soins.

    Calendrier

    • 27 septembre 2010 : Annonce de la construction du nouveau CHU de Caen Normandie par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports
    • 16 décembre 2016 : Lancement officiel du projet de la construction du Nouveau CHU de Caen Normandie par Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé suite à l’aval du Copermo
    • Juin 2017 : Parmi les 20 candidats, sélection de 4 groupements pour la reconstruction du CHU de Caen Normandie : AIA Architectes, Groupe 6, MBA Architectes, Brunet Saunier
    • 2018-2019 : 27 mars 2018 : Sélection du groupement de maîtrise d’œuvre AIA Architectes par un jury composé de représentants de Caen La Mer, de la communauté médicale, soignante et universitaire du CHU de Caen Normandie et de trois architectes
    • 9 juillet 2018 : Finalisation et signature du marché de maîtrise d’œuvre avec AIA Architectes
    • Juillet 2018 – décembre 2019 : Phase d’études : avant-projet sommaire (APS) et avant-projet détaillé (APD)
    • Début 2020 : Pose de la première pierre
    • 2020 – 2026 : Le groupement de maîtrise d’œuvre AIA ARCHITECTES a la mission de concevoir et réaliser  le nouvel établissement qui accueillera ses premiers patients en 2026.
  • La 2e session du DU santé connectée de Paris Diderot et de l’AP-HP sera tournée vers l’international

    L’université Paris Diderot et le Centre de responsabilité santé connectée (CRSC) de l’hôpital Bichat-Claude Bernard (AP-HP) lanceront le 26 octobre 2018 une deuxième session du diplôme universitaire (DU) «  enseignement pratique multidisciplinaire de santé connectée », ouvert par les deux partenaires en septembre 2017 (voir article en lien ci-contre). Cette nouvelle année de formation sera tournée vers l’international, indiquent les responsables du DU, qui cherchent à mettre en place un diplôme franco-canadien.

    Autre information, les ateliers pratiques seront renforcés à travers la découverte du fonctionnement d’un objet connecté ou une initiation à l’électronique et au codage informatique ainsi que la production d’une émission de télé intitulée « Pour une meilleure santé connecté ».

    Les cours, essentiellement délivrés en ligne, débuteront le 21 janvier 2019. Il est possible de faire une demande d’inscription à l’université Paris Diderot en suivant le lien ci-contre.

    En dehors de cette activité pédagogique, l’équipe à l’origine du DU « e-santé » va s’impliquer dans plusieurs projets de recherche au sein de l’unité Inserm U1148, dirigée par le Dr Didier Letourneur, expert en imagerie moléculaire et en nanomédecine.

    Un DU à visée internationale

    122 étudiants s’étaient inscrits à la première session

    La première session du diplôme universitaire (DU) comptait 122 étudiants, répartis en 31 projets. 60 % des inscrits étaient des soignants, dont 20 % étaient issus du secteur paramédical, 20 % des personnes provenant de l’administration des établissements de santé et 15 % des étudiants en médecine, précise le Dr Boris Hansel, codirecteur du DU (source : APM International). Le reste des « élèves » était composé d’entrepreneurs et de juristes.

    Des Canadiens intégrés au comité pédagogique

    « Notre formation va maintenant s’adresser à des personnes vivant hors de la métropole », a indiqué le Pr Patrick Nataf, le deuxième responsable du diplôme (source : APM International), soulignant qu’avaient déjà été intégrés au sein du comité pédagogique des « collègues canadiens ». « Nous travaillons ainsi à la mise en place d’un diplôme franco-canadien », a-t-il précisé.

    Présentation de la formation

    • Responsables : le Dr Boris Hansel (spécialités : endocrinologie, diabétologie, métabolisme et nutrition) et le Dr Patrick Nataf (spécialités : chirurgie cardiaque), pratiquant à l’hôpital Bichat-Claude Bernard (AP-HP).
    • Durée totale : 100 heures, réparties sur une année.
    • Cible : la formation s’adresse à toutes les personnes impliquées dans le développement, la commercialisation, l’évaluation et le déploiement de programmes de e-santé, notamment les soignants et les ingénieurs.
    • Lieux de la formation : Université Paris Diderot, site Villemin, 10, avenue de Verdun, 75010 Paris.

    Les tarifs de la formation sont disponibles via le lien ci-contre.

    Objectif de la formation : « être capable de participer au développement et/ou au déploiement d’une solution de santé connectée », est-il précisé sur le site officiel de l’université.

    Contenu de la formation

    Organisation :

    Début des enseignements : 21 janvier 2019.

    En plus de l’enseignement en ligne (e-learning), des journées présentielles seront organisées en janvier (1 jour), en avril (2 jours) et en octobre (1  jour et demi).

    Des projets tutorés feront par ailleurs l’objet d’un mémoire.

    Dates des examens :

    Octobre 2019

    Contenu et enseignements :

    Le programme est divisé en cinq temps :

    • 1. les bases de la e-santé ;
    • 2. travaux pratiques « objet connecté en pratique » ;
    • 3. rencontres universitaires de santé connectée ;
    • 4. construire un projet de e-santé de A à Z ;
    • 5. présentation des travaux tutorés.

    L’ensemble du programme prévisionnel 2018-2019 est disponible via le lien ci-contre.

  • Axa et la région des Hauts-de-France ouvrent un espace de téléconsultation dans le Pas-de-Calais

    L’assureur Axa et la région des Hauts-de-France ont annoncé le 3 octobre 2018 par communiqué l’ouverture d’un espace de téléconsultation dans la clinique spécialisée en soins de proximité et en chirurgie ambulatoire de Marconne, une commune de 1 000 habitants du Pas-de-Calais touchée par une pénurie de médecins. Le service sera lancé en janvier 2019.

    Concrètement, le patient pourra prendre un rendez-vous pour une consultation vidéo via internet ou par téléphone. Ensuite, il devra se rendre dans l’espace dédié de la clinique – équipé d’outils connectés tels qu’un stéthoscope, un tensiomètre et un otoscope -, où un infirmier libéral indemnisé le guidera pendant la consultation.

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du partenariat signé le 3 octobre 2018 par Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, Thomas Buberl, directeur général du groupe AXA et Jacques de Peretti, P.-D.G. d’AXA France, dont l’objectif est de proposer « des solutions nouvelles, utiles et concrètes pour les habitants et les entreprises » dans 4 domaines clés : le développement de la télémédecine, la santé et le bien-être des TPE/PME, les emplois numériques et la cybersécurité des entreprises.

    Fonctionnement du dispositif

    • Le patient prendra rendez-vous par internet ou par téléphone et se présentera à la clinique à l’horaire convenu.
    • Il sera accueilli par l’infirmier, qui établira la connexion avec le médecin : ce dernier s’assurera du consentement du patient à une téléconsultation.
    • Le médecin pratiquera la consultation en ligne avec l’aide des outils connectés à sa disposition (stéthoscope, otoscope,tensiomètre…), manipulés par l’infirmier. Il échangera ensuite avec son patient pour établir son diagnostic.
    • Le médecin pourra établir une ordonnance (médicaments/examens complémentaires) et éditer une feuille de soin.

    Les patients ont la possibilité de réaliser la téléconsultation avec leur médecin traitant ou avoir accès à un médecin téléconsultant, à condition qu’il exerce dans les Hauts-de-France. Ils pourront par ailleurs effectuer une téléconsultation avec un médecin Axa Assistance si aucun praticien n’est disponible dans la région.

    Un parcours de soins coordonné

    Le dispositif, co-établi avec la communauté de communes des Sept Vallées – dont Marconne fait partie -,  s’inscrit en « conformité du parcours de soins coordonné », indique le communiqué. « Soit le patient consultera son médecin traitant, soit le médecin téléconsultant enverra un compte-rendu au médecin traitant (avec accord du patient), soit il sensibilisera le patient au parcours de soin coordonné. »

    Les téléconsultations seront à terme assurées à la maison de santé

    « On voulait un endroit neutre, la clinique nous semblait bien adaptée, explique le Dr Jean-Charles Boubert, médecin généraliste et président du directoire de l’établissement de Marconne (source : Le Quotidien du médecin). Pour l’instant, nous accueillons cet espace mais à terme, les téléconsultations devraient avoir lieu dans la maison de santé (MSP) qui devrait être construite par la communauté de commune sur le même site que le nôtre. »

    En attendant, la clinique recevra une indemnité pour l’usage de ces locaux. Son montant n’a pas encore été défini.

    Axa mise sur la téléconsultation depuis 2015

    En 2015, Axa a été le premier assureur à proposer l’accès à un médecin via téléconsultation 24 heures sur 24 et 7 jour sur 7. Jacques de Peretti, P.-D.G. d’Axa France, a par la suite confirmé l’arrivé de cabines de téléconsultation pour ses entreprises clientes en janvier 2018.

  • Télémédecine : initiation d’une négociation pour encadrer les pratiques en pharmacie

    Selon un article paru le 13 septembre 2018 dans Le Moniteur des pharmacies, les syndicats de pharmaciens et l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) ont lancé le mercredi 12 septembre 2018 une négociation sur la télémédecine. Cette négociation aurait plus particulièrement été ouverte sur la question du champ d’intervention des pharmaciens. 

    Le directeur de l’Uncam, Nicolas Revel, aurait proposé de faire de la pharmacie « un lieu de télémédecine comme établissement requérant dans le cadre d’une téléconsultation en appui du patient », cette évolution conférant au pharmacien un triple rôle de mise à disposition des matériels nécessaires, de coordination de l’acte de télémédecine entre un médecin et son patient et de guidage de ce patient.

    Le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), Philippe Gaertner, aurait alors demandé une modification du Code de la santé publique encadrant la conduite d’actes de télémédecine à l’officine par des professionnels de santé éventuellement non équipés, et une autorisation pour que les pharmaciens puissent réaliser des entretiens pharmaceutiques et des bilans de médication à distance, mener des actes de télé-expertise dans un contexte urgent ou réaliser des actes de télémédecine « dans le cadre de la permanence des soins, [afin de] formaliser des échanges avec le centre 15″, cette dernière proposition n’ayant pas été retenue par Nicolas Revel.

    Concernant les questions d’ordre économique, la participation financière de l’assurance maladie, sous la forme d’une indemnité à l’implantation d’un socle minimum d’équipements, aurait été décidée, et des discussions engagées à propos d’un socle d’outils spécifiques, de stratégies territoriales définies avec les ARS et du matériel connecté requis pour la réalisation des actes de télémédecine. 
    La rémunération du pharmacien pour la participation à ce type d’actes fera l’objet de prochaines réflexions.

  • Préfiguration du Health Data Hub

    Cette présentation du Health Data Hub, laboratoire d’exploitation des données de santé annoncé officiellement le 6 juin 2018 par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn suite à la remise du rapport Villani, résulte des travaux d’une mission de préfiguration pilotée par :
    – Dominique Polton, présidente de l’Institut national des données en santé (INDS) ;
    – Marc Cuggia, professeur d’informatique médicale et praticien hospitalier au Centre Hospitalier Universitaire de Rennes ;
    – Gilles Wainrib, président fondateur de la start-up Owkin.
    Elle a été publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES).

    Présentation du Health Data Hub

  • Éthique : le CCNE est en faveur d’un numérique en santé s’il est au service de la qualité du soin

    Après la tenue d’États généraux de la bioéthique au cours du premier semestre de 2018, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a publié le 25 septembre 2018 son avis 129 sur la révision de la loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique, avis qui consiste en « une table d’orientation, sur le contexte, les repères, les principaux sujets, les perspectives d’avenir […] conçue à la fois pour la société civile […] et aussi pour les acteurs publics qui s’apprêtent à construire, à proposer puis voter la nouvelle loi de bioéthique 2018-2019 ».

    Et si des innovations telle que l’intelligence artificielle a permis d’améliorer les capacités d’analyse, la méfiance de la société envers la science et la médecine s’accroît du fait d’un défaut d’information : les citoyens s’inquiètent de leur place future dans le système de soins dont ils redoutent la déshumanisation et qui devrait évoluer en conservant un équilibre intérêt collectif/bénéfices individuels menacé notamment par un traitement mal encadré des données de santé produites massivement.

    Les points marquants de l’avis du CCNE concernent :
    • la diffusion du numérique en santé ;
    • le droit fondamental à une information de qualité à propos des technologies innovantes ;
    • le recours au big data dans le cadre d’une médecine personnalisée grâce notamment à une plateforme nationale sécurisée de collecte et de traitement des données de santé ;
    • la formation d’un comité d’éthique spécialisé dans les enjeux du numérique.

    Le rapport complet ainsi que son résumé sont disponible via le lien ci-contre.

    Numérique et santé

    « Les sciences, technologies, usages et innovation du numérique en santé sont souvent vues, vécues ou subies comme des apports technologiques, parfois inutilement contraignants, mais désormais incontournables et accompagnant la numérisation globale de notre société. Si ceci est avéré, le rôle fondamental du numérique en tant que science et technologie du traitement de l’information en fait un élément primordial du traitement de l’information dans le cadre de la santé et la biologie« , affirme le CCNE.

    Cependant, les États généraux de la bioéthique ont tenu à recentrer la réflexion sur l’humain, cœur du système de santé et à alerter sur une possible déshumanisation de la relation soignant-soigné que fait craindre le numérique. De plus, d’éventuelles utilisations frauduleuses ou abusives des données de santé et les persistantes, voire nouvelles, inégalités d’accès aux soins ont également constitué des sujets problématiques abordés par les États généraux.

    Le numérique en santé génère connaissances, données et une décision médicale assistée

    « Le rythme rapide de diffusion du numérique au sein de notre système de santé est un fait majeur, irréversible« , affirme le CCNE.

    En effet, le numérique semble constituer une source d’avancées majeures tant pour l’augmentation de la qualité et de l’efficience du système de santé tant que pour l’accélération de la recherche et l’évolution de l’enseignement.

    Et l’ensemble des acteurs du système de santé – acteurs en ville, établissements de santé, structures médicosociales qui s’équipent en SI et robots, patients qui ont « accès immédiatement à quantité d’informations émanant de sources diverses [et] non hiérarchisées », etc. – est concerné par ce « mouvement d’innovations technologiques et de démocratisation en santé », qui bouleverse la relation entre usagers et professionnels du système de santé. 

    « S’agissant de l’évolution de la médecine elle-même, la part humaine dans la pratique médicale n’a cessé de se réduire depuis plusieurs décennies avec un développement important de la robotisation médico-technique (singulièrement en biologie,  en pharmacie [voire en chirurgie]) et, plus récemment, des logiciels d’aide à la prescription, voire d’aide à la décision médicale« , ajoute le CCNE.

    Aussi, cette diffusion du numérique concerne tous les domaines de la santé :

    • prévention
    • dépistage
    • soin
    • accompagnement
    • enseignement et recherche
    • gouvernance
    • organisation des systèmes de santé.

    Enjeux éthiques : entre respect des droits et amélioration de la qualité clinique

    « Une voie de passage éthique doit […] être trouvée entre l’impératif du respect des droits et libertés des personnes, la protection des données de santé et l’importance de leur partage pour renforcer la qualité clinique et l’efficience de notre système de santé », scande le CCNE.

    En effet, la progression de la médecine algorithmique s’accompagne, pour le CCNE, de deux enjeux éthiques principaux :

    • « le risque de priver le patient, face aux propositions de décisions fournies par des algorithmes, d’une large partie de sa capacité de participation à la construction de son processus de prise en charge » ;
    • « le danger d’une minoration de la prise en compte des situations individuelles dans le cadre d’une systématisation de raisonnements fondés sur des modèles qui peuvent être calibrés de façon à limiter la prise en compte de l’ensemble des caractéristiques spécifiques de chaque patient ».

    Recommandations principales

    Le CCNE propose :

    • de considérer comme prioritaire la diffusion du numérique en santé. Aussi, en l’état des recherches et du développement de ces technologies, il propose de circonscrire au maximum le recours au droit opposable ;
    • d’inscrire au niveau législatif le « principe fondamental d’une garantie humaine du numérique en santé, c’est-à-dire la garantie d’une supervision humaine de toute utilisation du numérique en santé, et l’obligation d’instaurer pour toute personne le souhaitant et à tout moment, la possibilité d’un contact humain en mesure de lui transmettre l’ensemble des informations concernant les modalités d’utilisation du numérique dans le cadre de son parcours de soins »;
    • d’informer préalablement toute personne afin de recueillir son consentement libre et éclairé face à un éventuel recours à l’IA dans son parcours de soins ;
    • de faire en sorte que les « citoyens du non-numérique » ne souffrent pas de nouvelles inégalités d’accès aux soins de santé ;
    • de créer une « plateforme nationale sécurisée de collecte et de traitement des données de santé » ;
    • d’aider à la préconfiguration d’un « comité d’éthique spécialisé dans les enjeux du numérique ».

    Neurosciences, cognition et psychiatrie

    Définition : les neurosciences sont liées au numérique

    « Les neurosciences ont pour objet l’étude du fonctionnement du système nerveux depuis ses aspects les plus fondamentaux (moléculaires, cellulaires, synaptiques) jusqu’à ceux, plus fonctionnels, qui concernent les comportements ou les processus mentaux. Elles constituent ainsi une vaste famille de disciplines de recherche, regroupant à la fois des spécialités cliniques (neurologie, psychiatrie, psychologie, neurochirurgie, etc.) et des spécialités fondamentales, […] touchent à l’identité même de la personne humaine, […] entretiennent […] des relations avec l’anthropologie et la sociologie, [et] soulèvent des questions philosophiques fondamentales », explique le CCNE.

    Ainsi, leur complexité les rend tributaires de l’évolution des techniques d’exploration du cerveau (imagerie mais également IA, etc.) ou de modification de son fonctionnement.

    Aussi, le CCNE a tenté de comprendre en quoi les neurosciences renforcent ou altèrent le concept de dignité humaine, ainsi que les principes d’autonomie, de non-malfaisance et d’équité, en étudiant notamment les interfaces cerveau-machine (dispositifs permettant d’établir une communication directe entre le cerveau d’un individu et un dispositif électronique) ainsi que les changements induits par l’IA et le Big data dans le domaine de la psychiatrie.

    Les big data dans les neurosciences

    « La recherche passe par des explorations cliniques et biologiques (par exemple, tests cognitifs standardisés, séquençage du génome et imagerie cérébrale) mais aussi par la collecte des données numérisées issues directement des patients ou de la population générale, y compris à partir des smartphones, pour être traitées dans des dispositifs d’analyse de données massives (big data) », explique le CCNE.

    Le CCNE s’est en particulier attaché aux études fondées sur le big data ayant pour objectif de combiner des données obtenues à échelle populationnelle et des informations recueillies à l’échelle individuelle. Ce type de travaux vise par exemple à orienter adapter des recommandations universelles à un cas particulier, dans le cadre d’une médecine personnalisée.

    Les interfaces cerveau-machine

    « Une interface cerveau-machine (ICM) est un dispositif permettant d’établir une communication directe entre le cerveau d’un individu et un dispositif électronique » comme une rétine artificielle, une prothèse robotisée ou des dispositifs qui génèrent des signaux en boucle fermée afin d’améliorer les facultés d’un sujet donné, explique le CCNE.

    Aussi, d’après le Comité, l’utilisation des ICM hors indication médicale poserait de nombreuses questions éthiques, qui relèvent du principe d’autonomie, de problèmes de responsabilité, de respect du consentement éclairé et de la vie privée, remettant en question la norme et risquant de « ne [valoriser] que les dimensions performatives » des individus.

    Recommandations

    Ces propositions concernent en particulier l’ouverture de l’accès aux données – sinon médicales au moins biologiques – à des professionnels non médicaux :

    • le CCNE se dit « très défavorable » à l’utilisation de l’IRM fonctionnelle dans le domaine judiciaire ;
    • il déconseille par ailleurs l’emploi de l’IRM fonctionnelle dans les applications autres que médicales telles que le neuromarketing, la sélection à l’embauche, les pratiques assurantielles, etc.
    • en outre, il souhaite « qu’une plus grande information autour des techniques de neuro-amélioration concernant des dispositifs non médicaux, soit délivrée à la population ».
  • Le Centre-Val de Loire compte désormais 8 CPTS

    Le 22 septembre 2018, l’agence régionale de santé (ARS) Centre-Val de Loire, la fédération des URPS et le président de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Sud 28 ont signé à Cloyes-sur-le-Loir le contrat de la huitième CPTS de la région Centre-Val de Loire, qui regroupe les professionnels de santé du Sud de l’Eure-et-Loir.

    Ce contrat de santé s’accompagne de 8 fiches d’actions, centrées sur différents objectifs comme le développement d’un système d’information entre professionnels, l’amélioration du parcours de santé des patients, « avec en particulier le développement des actions de prévention et la fluidification des relations réciproques entre médecine de ville et hôpital », ainsi que le renforcement de l’attractivité du bassin de vie concerné.
    Cette nouvelle CPTS « porte une volonté de coordination globale« , avec les établissements de santé publics et privés, le secteur associatif, le secteur du handicap, la maison départementale de l’autonomie, la future plateforme territoriale d’appui, etc., précise le communiqué.

    7 autres contrats du genre ont déjà été signés dans la région : trois en Indre-et-Loire, deux dans le Cher, un dans l’Indre et un autre dans le Loiret. D’autres sont en projet.

    Les CPTS constituent un « facteur d’attractivité »

    Lors de la signature du nouveau contrat de santé, les membres de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du Sud 28 ont souligné les avantages des CPTS « dans une région particulièrement concernée par des besoins importants en professionnels de santé ». Selon eux, ces communautés territoriales permettent :

    • d’améliorer le parcours des patients ;
    • de faciliter des exercices coordonnés ou en pratique avancée ;
    • de développer la prévention ;
    • de créer un environnement, un cadre d’exercice professionnel « plus coopératif, ouvert et accueillant » pour les professionnels qui ne souhaitent pas exercer de manière isolée.

    « Les CPTS constituent un facteur d’attractivité », insistent-ils.

    Deux financements possibles

    Les financements suivants sont envisageables :

    • Une subvention du Fonds d’intervention régional géré (FIR) par l’agence régionale de santé (ARS). L’ARS peut attribuer ces crédits FIR sur la base d’un contrat territorial de santé (article L.1435-8 du Code de la santé publique). Cette subvention vise à financer en partie la mise en place, le fonctionnement et les actions du projet de santé de la CPTS, lui-même validé par l’ARS dans un contrat territorial de santé.
    • Un financement européen, via le Fonds européen de développement régional (Feder), géré par le conseil régional Centre-Val de Loire, qui soutient entre autres les innovations dans le domaine du numérique.

    L’ARS Centre-Val de Loire « s’est engagée sur un financement stable des CPTS »

    L’ARS Centre-Val de Loire, sur la base d’une stratégie régionale claire, co-construite avec les représentants des professionnels, et décrite dans le Projet régional de santé 2, « s’est engagée sur un financement stable des CPTS, dans l’attente d’un financement de droit commun », précise le communiqué.

    Limite géographique des CPTS en Centre-Val de Loire

    La taille d’une communauté professionnelle territoriale de santé n’est pas la même s’il s’agit d’une importante agglomération, telle qu’Orléans ou Tours, ou d’une zone rurale ou semi-rurale d’un périmètre plus étendu.

    « En région Centre-Val de Loire, on peut ainsi compter 4 à 6 CPTS par département, indique l’ARS sur son site. Et certaines CPTS peuvent se déployer à cheval sur plusieurs départements, brisant ainsi les effets frontières. »

    État d’avancement des CPTS en Centre-Val de Loire